20ieme Dimanche du Temps Ordinaire par le Diacre Jacques FOURNIER

 «Je suis venu jeter un feu sur la terre

(Lc 12,49-53)…»  

     Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !
Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !
Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division.
Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ;
ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »

Dieu est amour 2

L’image du feu renvoie souvent dans la Bible au Mystère de Dieu Lui-même… Ainsi lorsqu’il conclut une Alliance avec Abraham et ses descendants, c’est « une torche de feu » qui vint la sceller (Gn 15). Plus tard, au désert, Moïse fut attiré par un spectacle étrange : un buisson était embrasé, mais il ne se consumait pas. Et « Dieu lui apparut dans une flamme de feu » (Ex 3,1‑6)… Au Sinaï, la montagne sur laquelle il lui parlera par la suite « était toute fumante parce que Dieu y était descendu dans le feu » (Ex 19,18)… Et Elie, lui, montera au ciel dans « un char de feu » (2R 2,11)…

Huit fois dans la Bible, le chiffre de l’infinie perfection, Dieu est présenté comme « un Feu dévorant » (Dt 4,24 ; 9,3…). Ce Feu provoque la peur chez les pécheurs, car le mal ne peut tenir en sa présence : il brûle, il se consume et ceux qui lui sont liés craignent de disparaître avec lui… « Dans Sion, les pécheurs sont atterrés, un tremblement saisit les impies. Qui d’entre nous pourra tenir ? C’est un Feu dévorant » (Is 33,14)… Mais ce Feu ne détruit que le mal, un mal en fait qui blesse et défigure l’homme qui le commet (Rm 2,9). Alors, si ce dernier accepte de l’offrir de tout son cœur au Seigneur, il le verra disparaître, il sera purifié de tout lien avec lui (Is 6,1-6 ; 1Co 3,10-15).Ce Feu le guérira avec Douceur, et il expérimentera avec lui une Plénitude de Vie jusqu’alors insoupçonnée (Jn 10,10).

Car si « Dieu est un Feu dévorant », il est aussi « Amour » (1Jn 4,8) qui ne poursuit que le bien de l’être aimé, notre bien. Et le Père nous dit son Amour en se donnant Lui-même, un Don qui, pour nous pécheurs, sera la source de notre guérison intérieure. « Se donner », c’est ce que le Père fait vis-à-vis du Fils de toute éternité : « Le Père aime le Fils et il a tout donné en sa main » (Jn 3,35), tout ce qu’il est, « tout ce qu’il a » (Jn 16,15 ; 17,10). Et c’est en se donnant ainsi, gratuitement, par amour, qu’il l’engendre à la vie en Dieu né de Dieu… Or, dit Jésus à ses disciples, et à travers eux à tout homme : « Le Père lui-même vous aime… et il vous a aimés comme il m’a aimé » (Jn 16,27 ; 17,23). Autrement dit, le Père nous dit son amour en se donnant Lui-même, en nous donnant ce qu’il est en Lui-même, et « Dieu est Esprit » (Jn 4,24) et « Dieu est Feu »… Accueillir cet Amour, c’est donc vivre en son cœur une expérience incroyablement heureuse qui est de l’ordre du feu : « Notre cœur était tout brûlant au dedans de nous, quand il nous parlait en chemin » (Lc 24,32)…

« Dieu est Amour » qui se donne, il « est Esprit », il « est Feu », il donne « l’Esprit de Feu » qui nous dit son Amour, et nous communique au même moment « la force » d’aimer à notre tour avec l’Amour même de Dieu. Alors, répondre à son appel sera possible : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », grâce au Don de l’Amour, l’Esprit d’Amour et de Feu. En effet, « le fruit de l’Esprit est amour, joie, paix » (Ga 5,22)…DJF

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