3ième Dimanche du Temps Ordinaire par Francis COUSIN

 

« Convertissez-vous,

car le royaume des cieux est tout proche. »

C’est Jésus qui dit cela, et c’est la reprise de ce qui disait Jean-Baptiste (Mt 3,2). Et il le dit au moment où Jean-Baptiste est ‘livré’, arrêté. Cela fait penser à la phrase de Jean-Baptiste :’’Il faut qu’il grandisse, et que moi, je diminue’’ (Jn 3,30).

On a comme un passage de témoin. On est juste après le baptême de Jésus et son séjour au désert, dans l’évangile de Matthieu.

Jean-Baptiste est arrêté, Jésus s’établit à Capharnaüm, en Galilée, la Galilée des nations que le Seigneur a couvert de gloire (cf 1° lecture), montrant ainsi dès le début de sa mission l’intérêt qu’il prend pour tous, et pas simplement pour celui des juifs. Si cela avait été le cas, il aurait commencé sa mission en Judée, à Jérusalem, la ville du Temple de Dieu. Et il aurait fait un grand coup d’éclat, ameutant tous les juifs à se révolter contre l’envahisseur Romain, tel que les juifs attendaient le Messie.

Et non ! Au lieu d’un coup d’éclat communautaire, il reprend la formule de Jean-Baptiste :’’Convertissez-vous !’’. Une injonction personnelle, une invitation à la réflexion et à la remise en cause de chacun :’’Revenez vers Dieu, apprenez qui est Dieu, non pas celui qu’on vous a appris faussement, mais le vrai Dieu, que vous connaissez, mais que vous avez oublié : un Dieu plein d’amour et de miséricorde, qui vous aime, qui grave votre nom dans la paume de ses mains parce que vous êtes importants pour lui (cf Is 49,16), qui prend soin de chacun de nous comme la prunelle de ses yeux (Cf Ps 17,8)’’.

Jésus n’a rien d’un va-t-en-guerre, il commence sa mission selon sa nature, humblement, sans faire de grands discours, mais en allant vers les gens, surtout les pauvres, les petits, ceux qui ne sont pas très estimés …

C’est ainsi qu’au cours d’une promenade, il rencontre des pécheurs, Pierre et André. Il ne fait pas de grand discours. Il les regarde, dans les yeux, et ce regard est tel que les deux pécheurs ne quittent plus ce regard : ils n’avaient pas l’habitude d’être regardés ainsi, avec humilité et amour, eux, deux pauvres gens qu’on voit sans les regarder …

Alors, quand Jésus dit :’’Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes’’, ils disent oui aussitôt, en réponse à ce regard qui les a pris au cœur, un regard vrai qu’ils veulent encore voir.

Et il en fut de même pour Jacques et Jean.

Tout tient dans le regard de Jésus.

La grande aventure de l’Église a commencé par un regard ! Mais quel regard !

Alors on peut se poser la question : Quel est le regard que j’ai vis-à-vis de mes semblables ?

Est-ce le regard de Jésus ?

Un regard qui regarde … ou simplement qui voit ?

Un regard sûr de soi (mais sans être obséquieux) … ou un regard craintif ?

Un regard humble, à l’image de Jésus, … ou un regard apeuré ?

Un regard qui montre de l’intérêt pour la personne elle-même … ou parce qu’elle peut m’être utile ?

Un regard aimant, avec toutes les nuances positives ou négatives qui peuvent être associées à ce type de regard … ?

Un regard qui parle au cœur … ou qui n’a rien à faire des gens ?

Cela dépend des circonstances, ainsi que des personnes rencontrées, mais la question est de savoir si l’image de mon regard pour les autres peut me permettre de rallier les gens autour de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.

C’est vrai tout le temps. Et c’est encore plus vrai cette semaine qui est celle de l’unité des Chrétiens.

Et n’oublions pas que ’’se convertir’’, c’est ’’changer son regard’’.

C’est ce que nous demande le Christ.

Seigneur Jésus,

Tu m’appelles à te suivre.

Je ne te vois pas,

mais je sens ton regard

qui me scrute et me connaît.

Saurai-je soutenir ton regard,

accueillir tout ce qu’il y a de bon en lui

pour marcher à ta suite ?

 

Francis Cousin

 

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