17ième Dimanche du Temps Ordinaire – Francis COUSIN (Jn 6,1-15)

« Il les distribua aux convives. »

 

Dans cet évangile, nous continuons à voir une facette de Jésus que nous avons déjà rencontrée ces deux dernières semaines : la sollicitude de Jésus vis-à-vis des personnes ; d’abord envers les apôtres, pour les laisser se reposer après leur retour de mission ; puis envers la foule qui était « comme des brebis sans berger » en les « enseignant longuement ».

Jésus avait pris soin d’eux en leur donnant ce qui leur manquait le plus : donner un sens à leur vie, leur redonner de l’espoir dans leur propre vie sur terre, mais aussi dans leur vie après la mort. Maintenant, après la nourriture spirituelle, il s’enquiert de leur nourriture physique.

Mais ici, nous quittons l’évangile selon saint Marc, qui est celui de l’année B, pour aller prendre la version de saint Jean. Or, celle-ci a deux grosses différences avec celles des écrits synoptiques.

La première est que c’est Jésus qui s’inquiète de cette foule à nourrir, et non les apôtres : « Il dit à Philippe : ’’Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ?’’ »

La seconde est que la distribution des pains et des poissons est faite par Jésus lui-même, et non par les apôtres : « Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient. »

Tout l’accent est mis sur Jésus qui est véritablement le maître d’œuvre, « car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire. ». Les apôtres, eux, sont là pour permettre à Jésus de faire le « signe » de la multiplication des pains et des poissons : ce sont eux qui s’inquiètent de la nourriture existante sur place, qui font asseoir les gens, et surtout qui « rassemble[nt] les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. » et qui « remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus. », un panier pour chacun d’eux, manière de dire : « Moi, j’ai fait le plus gros de travail, mais maintenant à vous de faire le reste, de continuer la mission d’assouvir la faim des gens comme je l’ai fait, spirituellement et humainement. ».

Le fait que saint Jean situe l’évènement peu avant « la Pâque, la fête des juifs » nous oblige à penser à ce qui s’est passé le jeudi saint, et à la phrase de Jésus : « Faites cela en mémoire de moi. » (Lc 22,19) pour la nourriture spirituelle, ou « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. » (Jn 13,14) pour la nourriture humaine.

Et puis aussi à cette phrase de Jésus, que saint Jean place un peu plus loin, dans le même chapitre, à la synagogue de Capharnaüm : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. » (Jn 6,53).

Nous aussi, nous sommes comme les apôtres des personnes qui doivent accepter de n’être que des ’’utilités’’, des personnes qui sont là pour permettre à Jésus, à Dieu, de faire le bien pour les gens, tout en restant humble, à savoir se reconnaître ’’tout petit’’ devant Dieu qui agit … et que nous devons remercier de nous aider à participer à son œuvre, dans la mesure des moyens qu’il nous donne.

Quand nous faisons quelque chose de bien, nous sommes tellement persuadés que c’est grâce à nous que nous nous en enorgueillissons … alors que c’est Dieu qui agit à travers nous.

Préférons la pensée du publicain à celle du pharisien. (cf Lc 18,10-14)

Seigneur Jésus,

aide-nous à rester humble,

à ne pas nous croire au-dessus

de toi ou des autres.

C’est ainsi que tu nous aimes,

faisant la volonté de ton Père.

                                                                                             Francis Cousin

 

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Priere dim 17° TOB

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