2ième Dimanche de Carême – par Père Rodolphe EMARD

Homélie du deuxième dimanche de Carême / Année B

Frères et sœurs, en ce deuxième dimanche de notre Carême, les textes bibliques nous donnent clairement de réfléchir sur le terme de la foi. Les personnages mis à l’honneur dans les lectures sont de vrais témoins de la foi et ils nous disent ce qu’est la foi. La première chose qu’ils nous montrent, c’est que vivre la foi n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Vivre vraiment la foi comporte aussi son lot d’épreuves qu’il faut consentir.

Dans la première lecture, Dieu éprouve la foi d’Abraham qui fait preuve d’une confiance inébranlable. Ce que dit l’ange qualifie bien la foi d’Abraham : « Je sais maintenant que tu crains Dieu » : la crainte de Dieu, c’est reconnaître Dieu comme Dieu et nous comme sa créature. C’est se reconnaître ainsi totalement dépendant de Dieu. La foi d’Abraham est exemplaire, c’est pourquoi il est devenu notre père dans la foi. En ce temps de Carême, nous sommes questionnés : avons-nous cette crainte du Seigneur ?

Un deuxième point sur cette première lecture : La foi d’Abraham est source de bénédiction : il sera le père d’une descendance « aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable de la mer ». Croyons-nous fermement que donner notre foi à Dieu sera source de bénédiction pour nous aussi ?

 

Venons-en au Psaume. Le psalmiste est un croyant anonyme, déterminé dans sa foi, lui qui ait « beaucoup souffert » mais dont Dieu a « [brisé] les chaînes ». De ce fait, il se fait, le témoin de Dieu auquel il se remet : « Je crois, et je parlerai », « j’invoquerai le nom du Seigneur », « je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce ». Le psalmiste nous rappelle que l’expérience de foi comporte des supplications à Dieu et des actions de grâce à Dieu. C’est aussi se remettre totalement à lui. Notre foi en tient-elle compte ?

Dans la deuxième lecture, saint Paul nous donne de faire un pas supplémentaire, il nous rappelle en quel Dieu il met sa foi. Sa confiance repose en ce Dieu qui « n’a pas épargné son propre Fils, mais il l’a livré pour nous tous ». Pour Paul, c’est la preuve suprême que Dieu n’est pas contre nous et qu’il ne nous condamne pas. Le temps du Carême nous invite à revenir à Dieu de tout notre cœur, avec cette conviction que le désir de Dieu c’est qu’on revienne à lui. Personne n’est rejetée par Dieu !

Paul nous rappelle aussi le cœur de la foi chrétienne : « Le Christ Jésus est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, il intercède pour nous ». Toute la foi chrétienne repose sur ce mystère pascal du Christ : sa mort et sa Résurrection pour sauver l’humanité.

L’Évangile relate l’épisode de la Transfiguration. Cette Transfiguration annonce la Résurrection future de Jésus.  Cette Transfiguration révèle la gloire du Christ et elle a aussi pour but de fortifier la foi des trois apôtres : Pierre, Jacques et Jean. Cette Transfiguration les aidera à dépasser le scandale de la croix de Jésus. Il y a une leçon certaine pour nous : au cœur des épreuves, il nous garder toujours l’espérance de la Résurrection. Les épreuves, le mal et la souffrance n’auront pas le dernier mot ! Il s’agit bien de nous accrocher au Christ, de lui donner entièrement notre foi, afin de pouvoir mourir et ressusciter avec lui.

L’Évangile nous donne une dernière précision : la présence de Moïse et d’Élie est très symbolique. Moïse représente la Loi (ce que Dieu nous commande) et Élie représente les prophètes (ce que Dieu nous enseigne). Cela nous rappelle que vivre sa foi, c’est mettre en pratique la Parole de Dieu. Une foi qui n’est pas nourrie de la Parole de Dieu est asséchée…

Durant la semaine, il serait opportun de méditer à nouveau sur ces textes, de nous laisser inspirer par la foi des personnages que nous avons évoqués. Celle de Pierre, de Jacques et de Jean nous rappelle que nous n’avons jamais “trop” de foi, que notre foi a besoin d’être fortifiée par le Christ lui-même, c’est lui que nous devons suivre, comme la « voix » « de la nuée » nous le précise : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ! »

Pour conclure : dans son message pour ce Carême 2021, le pape François nous invite à vivre le Carême comme « un temps pour renouveler notre foi, notre espérance et notre charité ». Je termine avec son exhortation à la fin de sa lettre :

« Chers frères et sœurs, chaque étape de la vie est un temps pour croire, espérer et aimer. Que cet appel à vivre le Carême comme un chemin de conversion, de prière et de partage, nous aide à revisiter, dans notre mémoire communautaire et personnelle, la foi qui vient du Christ vivant, l’espérance qui est dans le souffle de l’Esprit et l’amour dont la source inépuisable est le cœur miséricordieux du Père.

 

Que Marie, Mère du Sauveur, fidèle au pied de la croix et au cœur de l’Église, nous soutienne par sa présence prévenante et que la bénédiction du Ressuscité nous accompagne dans ce chemin vers la lumière de Pâques. »

Puissions-nous entendre l’appel du Saint-Père. Belle montée vers Pâques à chacun et que notre foi au Christ soit plus vive. Demandons à saint Joseph, gardien de l’Église, de nous accompagner.

 

 

Source :

  • Genèse 22, 1-2. 9-13. 15-18 ;
  • Psaume 115 ;
  • Rm 8, 31b-34 ;
  • Marc 9, 2-10 ;
  • Message du Saint-Père pour le Carême 2021.

 

 

 

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