4ième Dimanche du Temps Ordinaire – par Père Rodolphe EMARD

Homélie du 4ème dimanche du Temps Ordinaire / Année C

 

Évangile de référence : Luc 4, 21-30

Frères et sœurs, l’extrait de l’Évangile que nous venons de proclamer fait suite à celui de dimanche dernier. Jésus, dans la synagogue de Nazareth, lit un passage du livre du prophète Isaïe : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. » (Lc 4, 18-19).

« L’homélie » de Jésus sera brève mais ne passera pas inaperçue : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » D’abord, tous lui rendent témoignage et s’étonnent « des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. » Mais le doute va vite s’installer en raison des origines modestes de Jésus : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »

L’Évangile de ce dimanche nous rappelle que la foi n’est pas automatique pour tous. Nous le voyons bien dans nos familles : untel a la foi, un autre non ou croit autrement… Nous ne devons pas oublier que la foi est avant tout un don de Dieu !

Nous ne pouvons pas connaître qui est vraiment le Christ si nous n’avons pas fait une réelle expérience de sa rencontre. C’est après avoir fait une vraie rencontre intérieure du Christ que nous pourrons le reconnaître comme le Fils de Dieu, le Seigneur.

Jésus est bien celui qui accomplit la parole d’Isaïe : il est le consacré du Seigneur pour annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume. Il est l’envoyé de Dieu pour libérer, sauver l’humanité. Cette foi de l’Église n’est pas une évidence pour tous ! À la fin de l’Évangile, saint Luc relate le rejet de Jésus par les Juifs de la synagogue. Ces derniers, furieux, chassent Jésus hors de la ville, tentant même de le tuer.

L’attitude de Jésus nous donne trois pistes pour mieux vivre notre mission de baptisé :

  • Jésus est libre : « Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin. » Jésus ira ailleurs pour annoncer la Bonne Nouvelle… La foi ne peut pas s’imposer. On ne peut pas forcer quelqu’un à croire. Optons pour cette liberté de Jésus, en nous rappelant que même si la Parole de Dieu peut être rejetée, elle doit être annoncée.

  • Cependant, n’insistons pas dans les milieux hostiles, même ceux de nos familles. Jésus montre que la manière de faire de Dieu n’est pas celle de la violence ou de la domination. Dieu opte pour l’humilité autant dans ses paroles que dans ses actes. La violence n’amène à rien de fructueux. Le respect de la liberté de l’autre dans ses convictions religieuses est toujours à promouvoir.

  • Jésus nous invite à ne pas perdre notre temps là où il ne faut pas, pour mieux vivre « l’aujourd’hui de Dieu » : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » En ce début de rentrée scolaire, en cette nouvelle année 2022, redécouvrons que le Christ est l’aujourd’hui de Dieu.

Nous menons parfois des rythmes effrénés dans nos vies. Nous sommes entourés de toutes sortes de bruits. Prenons conscience pour 2022 que sans le Christ, nous ne réussirons pas mieux ce que nous souhaitons entreprendre. Nous avons besoin de lui, de sa Parole, de son pain de vie.

Nous sommes parfois tendus entre la nostalgie du passé et le souci du lendemain, oubliant alors au cœur de nos agitations de vivre pleinement le présent. Programmons le Christ dans nos agendas de cette année, pour mieux demeurer dans son intimité. Nous verrons ainsi que notre relation à Dieu, notre relation aux autres et notre relation à nous-même seront meilleures.

« Accorde-nous, Seigneur notre Dieu, de pouvoir t’adorer de tout notre esprit, et d’avoir envers tous une vraie charité. »[1] Amen.

 

 

[1] Cf. Prière d’ouverture de la messe.

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