31ième Dimanche du Temps Ordinaire – par Francis COUSIN (Marc 12,28b-34)

« Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. »

 

Moment rare dans les évangiles, un scribe interroge Jésus, non pas pour le mettre à l’épreuve comme cela arrive souvent, mais parce qu’il est intéressé par ce que dit Jésus. Il pose une question qui faisait débat chez les juifs pour qui il n’y avait pas que les dix commandements que nous connaissons, mais on en avait rajouté d’autres au fur et à mesure pour préciser ce qui était permis ou non, jusqu’à en avoir 613. Sa question : « Quel est le premier de tous les commandements ? ».

Jésus reprend les paroles de Moïse que nous avons entendues dans la première lecture, en disant : « Voici le premier », ce qui appelle déjà qu’il y en aura un second, « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. » en ajoutant cependant « de tout ton esprit ».

C’est la phrase clef pour les juifs, celle qu’ils récitent chaque matin et chaque soir, celle qu’ils écrivent dans des phylactères qu’ils mettent sur leur front. Et qui nous concerne nous aussi.

Mais on peut l’entendre de deux manières.

La première serait : « Ecoute bien ce qui va suivre, Israël, Dieu est l’unique … » et tu suis la loi sans trop réfléchir. C’est une manière d’entendre que Jésus n’aime pas, et il le dit souvent aux pharisiens.

La seconde serait : « Ecoute, sois à l’écoute de Dieu, l’unique … ». Et alors, on ne suit pas la loi sans réfléchir, parce que chaque événement de la vie doit être interprété en fonction de ce que Dieu dit, et que l’on comprend dans son cœur, dans son âme, dans son esprit (intelligence) et que l’on met en pratique avec toute sa force.

Parce que, contrairement aux idoles qui ne voient pas, qui n’entendent pas et ne parlent pas, Dieu est un Dieu qui voit (« J’ai vu la misère de mon peuple… »), qui entend ce qu’on lui dit (« Qui suis-je pour aller trouver Pharaon ? ») et qui parle (« Je serai avec toi … »).

C’est d’ailleurs le conseil que donne saint Benoît au tout début de sa règle : « Ecoute, O mon fils, les préceptes du maître, et incline l’oreille de ton cœur. ». Dieu nous parle dans notre cœur, c’est pourquoi il faut savoir faire silence pour pouvoir l’entendre.

Et Jésus ajoute aussitôt : « Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. ».

En reprenant ce que Jésus avait dit et en ajoutant : « cela vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices », le scribe montre qu’il est passé de la loi à la foi, qu’il se rapproche de Jésus.

Amour de Dieu, amour du prochain, pour Jésus c’est l’essentiel. Ce qui permettra à saint Augustin de dire : « Aime et fais ce que tu veux. ».

Dans un autre passage, Jésus dira : « Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. » (Jn 13,34), nous disant que notre amour pour les autres doit être à l’image de son amour pour nous. Et nous savons jusqu’où son amour pour nous l’a mené : la mort sur la croix.

Bien sûr, Dieu ne nous demande pas de mourir sur une croix, mais l’amour que nous devons avoir envers les autres nous amène à des situations aussi difficiles, avec des souffrances intérieures fortes qui nous oblige à nous dépasser. Comme, par exemple, quand Jésus nous dit : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. » (Lc 6,27-28).

Voilà un commandement fort, qui n’entre pas dans nos habitudes humaines. C’est pourquoi Jésus ajoute : « Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. … Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants. Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. » (Lc 6,32.35-36). Cela fait partie des croix que nous devons porter …

A nous de savoir si nous préférons ’’le confort du canapé’’ ou ’’les chaussures de marche’’ pour suivre Jésus sur le chemin de la Vérité et de la Vie.

Seigneur Jésus,

Tu nous veux ’Amour’ à ton image.

Mais comme c’est difficile à vivre

dans notre vie de tous les jours.

Ton chemin est trop dur, trop ardu.

Mais tu nous dis :

« N’aie pas peur, je suis avec toi.

Prend ma main ! »

Merci Seigneur.

 

Francis Cousin

 

 

Pour accéder à cette prière et à son illustration cliquer sur le titre suivant : Prière dim ord B 31° A6

 

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