19ième Dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Rodolphe EMARD

La liturgie de ce 19ème dimanche tombe à pic en ce temps de vacances pour réveiller certaines tiédeurs de notre foi. L’aventure de la foi n’est pas un long fleuve tranquille – loin de là -, nous devons consentir à mener un combat, avec cette conviction que Dieu ne nous abandonne pas.

Première lecture : le prophète Élie (1 R 19, 4-8 )

Dans la première lecture, le prophète Élie est obligé de fuir à cause de « l’hostilité de la reine Jézabel ». Il se réfugie au désert, épuisé, voire déprimé, à un point qu’il confie à Dieu son désir de mourir.

Dans un songe, l’ange du Seigneur le réveille et lui ordonne de manger : Dieu ne veut pas qu’il meure ! Une seconde fois, l’ange l’appelle à prendre des forces pour la route.

Qui d’entre nous n’a pas fait une fois dans sa vie l’expérience d’Élie ? Les déceptions, l’absence du goût de vivre, la tentation du désespoir… Oui, il faut mener un combat pour trouver des forces pour surmonter la lassitude.

Des forces peuvent réellement nous aider si nous les laissons agir : le soutien de nos proches et de nos amis, une parole qui croit en nous, un regard qui nous espère… Il y a aussi la force de la Parole de Dieu qui nous invite à ne pas baisser les bras…. Ces forces peuvent nous aider à rebondir pour sortir du marasme.

Psaume 33

Dieu n’est pas insensible à ce que nous vivons de pénible. Le psalmiste dans le Psaume 33 nous le rappelle. Dieu n’abandonne aucun de ses enfants dans les épreuves à condition de s’en remettre vraiment à lui.

« Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! Heureux qui trouve en lui son refuge ! » Dieu entend toujours le cri de détresse du « pauvre » et le « délivre » de ses « frayeurs ».

 

Deuxième lecture : l’exhortation de l’apôtre Paul (Ep 4, 30 – 5,2 )

Dans la deuxième lecture, Paul nous invite à mener un autre combat, celui pour l’unité. Pour cela, nous devons éliminer toutes les attitudes contraires au « Saint Esprit de Dieu » : « Amertume, irritation, colère, éclats de voix ou insultes (…) ainsi que toute espèce de méchanceté. » De même, Paul nous invite à vivre la « générosité », la « tendresse » et le pardon mutuel.

Chacun a son examen de conscience à faire en vérité. Chacun sait ce qui lui pèse le plus dans ces attitudes… Paul nous invite clairement à ne pas nous habituer ou nous résigner de ces attitudes.

Trop de méchancetés en nous, en les autres et autour de nous ! Trop de refus de pardon qui nous rongent un peu plus chaque jour… Il nous faut agir et ne pointons pas systématiquement trop vite les autres comme « bouc émissaire ». Nous pouvons aussi avoir notre part !

Alors oui, il nous faut agir ! Cela n’est possible que dans une remise radicale de soi. Il convient alors de dépasser son orgueil, ses « à priori », ses rancœurs, ouvrir son cœur… Nous devons tous agir ! C’est la contribution de chacun qui fera la différence ! À sens unique, nous ne pourrons rien faire !

Évangile : le discours de Jésus (Jn 6, 41-51)

Dans l’Évangile, les Juifs contestent l’affirmation que Jésus fait de lui : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. » la symbolique de l’Eucharistie est ici très forte !

Les Juifs en restent aux origines « modestes » de Jésus : « fils de Joseph » et de « sa mère » (Marie, dont le nom n’est pas prononcé). Jésus réplique en invoquant son lien intime avec le Père et le témoignage des prophètes : « Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. »

Jésus est bien de la nature de Dieu et il se donne à nous dans l’Eucharistie, en vue de « la vie éternelle », de notre propre résurrection. En sommes-nous convaincus ? Le combat à mener réside sans doute dans la fidélité à ce rendez-vous. Quelle est l’attitude de notre cœur dans l’accueil du Christ dans sa Parole et son pain de vie ?

C’est chaque jour que Dieu nous donne que nous devons choisir et dire « oui » au Christ. Jésus nous dit : « Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ». Avons-nous toujours conscience de cela ? C’est le Père qui nous attire au Christ ! Cela signifie que ce que Dieu veut pour nous, avant toute chose, c’est que nous nous attachions constamment au Christ !

« Jésus, fils de Joseph »

Avant de conclure, je ne peux pas ne pas faire un écho à Joseph mentionné dans l’Évangile, en cette année qui lui est consacrée. Dans sa lettre Patris Corde (« Avec un cœur de Père »), le pape François rappelle que Joseph a joué un rôle majeur dans le projet de Salut de Dieu.

Joseph a exercé une réelle paternité vis-à-vis de Jésus. Il a aimé Jésus avec un cœur de Père. Le pape écrit : « Jésus a vu en Joseph la tendresse de Dieu » ou encore : « Dans la vie cachée de Nazareth, Jésus a appris à faire la volonté du Père à l’école de Joseph. »

La paternité de Joseph renvoie à une paternité plus haute, celle de Dieu. François précise à ce titre : Joseph « a toujours su que cet Enfant n’était pas le sien mais avait été simplement confié à ses soins. »

Joseph a joué un vrai rôle protecteur vis-à-vis de Jésus et de Marie. Le pape écrit : « Dieu fait confiance à cet homme, comme le fait Marie qui trouve en Joseph celui qui, non seulement veut lui sauver la vie, mais qui s’occupera toujours d’elle et de l’Enfant. En ce sens, Joseph ne peut pas ne pas être le Gardien de l’Église ».

Alors confions-nous à sa prière. Que Joseph nous aide dans le combat de la foi. Le pape nous invite à avoir le courage créatif de Joseph « qui sait transformer un problème en opportunité, faisant toujours confiance à la Providence. » Voilà une attitude que nous devons apprendre à opter…

Je termine avec ces derniers mots du pape : « Joseph nous enseigne ainsi qu’avoir foi en Dieu comprend également le fait de croire qu’il peut agir à travers nos peurs, nos fragilités, notre faiblesse. Et il nous enseigne que, dans les tempêtes de la vie, nous ne devons pas craindre de laisser à Dieu le gouvernail de notre bateau. Parfois, nous voudrions tout contrôler, mais lui [Dieu] regarde toujours plus loin. » Ainsi soit-il !

                                                                                           P. Rodolphe Emard

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