4ième Dimanche de Carême – par Francis COUSIN (St Jean 9, 1-41)

L’aveugle-né, témoin de Jésus-Christ.

 

« Qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. »

Aussitôt, Jésus crache à terre et fait de la boue. « Puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle ».

Quelle a dû être la surprise de l’aveugle de sentir qu’on lui mettait de la boue sur ses yeux ! Il n’avait rien demandé ! Qui se permet de ’’jouer’’ avec lui !

C’est la deuxième fois dans l’évangile de Jean que Jésus prends l’initiative de guérir quelqu’un. La première fois, c’était pour le paralytique de la piscine de Bethzata, et c’était aussi un jour de sabbat !

Et voici qu’il entend une voix : « ’’Va te laver à la piscine de Siloé’’ – ce nom se traduit : Envoyé. »

On ne sait pas comment était la voix de Jésus. Mais elle devait sans doute être persuasive, car l’aveugle y alla sans rechigner. Et ce n’était pas à côté, il y avait du chemin à faire … Et peut-être y avait-il d’autre point d’eau plus proche … Pourquoi Siloé ? À cause de son nom : l’envoyé. Avec peut-être deux explications possible : L’envoyé peut s’appliquer à Jésus, qui est l’envoyé de Dieu son Père. Mais on peut aussi l’appliquer à l’aveugle qui, une fois guéri, deviendra l’envoyé de Jésus, le témoin de Jésus, d’abord auprès des pharisiens, et ensuite … on ne le dit pas, mais il est certainement resté disciple de Jésus.

Cette obéissance de l’Aveugle à la Parole de Jésus est une démarche de foi, celle qui précède habituellement les miracles de Jésus. En allant se laver dans la piscine de Siloé, c’est comme s’il allait vers la cuve baptismale pour y être lavé de ses péchés, et devenir un homme nouveau, témoin de Jésus, de sa miséricorde et de son amour pour les plus petits, les plus faibles …

« Quand il revint, il voyait »

Et c’est là que commencent les problèmes avec les autres : ses voisins et les autres mendiants pour commencer, puis avec les pharisiens : est-ce qu’il était vraiment aveugle ou qu’il faisait semblant ? Et puis comme c’était le sabbat, comment Jésus avait-il osé le guérir ? Avec cette autre question : Jésus est-il de Dieu ou un pécheur ? « Ainsi donc, ils étaient divisés. »

Pour l’ancien aveugle, pas de problème : « C’est un prophète. »

Après la convocation des parents pour certifier qu’il était véritablement aveugle, les pharisiens, bien remontés contre Jésus, reconvoquent l’ancien aveugle pour lui dire : « Rends gloire à Dieu ! ». Comme si l’ancien aveugle les avait attendu pour cela ; le fait d’affirmer que Jésus est un prophète, un envoyé de Dieu, était déjà une manière de rendre gloire à Dieu.

Mais en plus, ils disent : « Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. »

Une certitude ’’aveugle’’ qui ne repose sur rien, sinon leurs a-priori.

À laquelle réponds l’ancien aveugle : « Mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et à présent je vois. », ce qui est un fait absolument vérifiable, … et vérifié par tous.

Ce à quoi les pharisiens demandent de nouveau comment Jésus a fait pour le guérir.

La réponse de l’ancien aveugle est pour le moins plaisante et donne l’impression qu’il se moque de ces pharisiens : « Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? »

Réponse furieuse des pharisiens : « C’est de Moïse que nous sommes les disciples. ». Ce à quoi Jésus avait déjà répondu : « Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c’est à mon sujet qu’il a écrit. Mais si vous ne croyez pas ses écrits, comment croirez-vous mes paroles ? » (Jn 5,46-47).

L’ancien aveugle, qui n’était pas sot, leur répondit de manière claire, terminant par : « Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. », montrant bien ce qu’il pensait de Jésus, et qu’il confirmera quand celui-ci lui demanda s’il croyait au fils de Dieu : « – Qui est-il ? … – C’est moi qui te parle … – Je crois, Seigneur ! »

Résumons la relation entre Jésus et l’aveugle, du point de vue de l’aveugle, qui n’est pas sourd ; ce qui ne représente que quelques lignes dans ce long récit :

– Quand Jésus dit : « Va à la piscine de Siloé, et lave-toi », il écoute et obéit

– S’étant lavé : il voit physiquement.

– Quand Jésus le retrouve et dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? C‘est moi. », il écoute

– Et il comprend : il croit, c’est-à-dire qu’il voit avec son cœur.

Écouter, voir, croire … C’est tout ce que le Père disait aux trois apôtres sur le mont Thabor dans l’évangile d’il y a quinze jours …

L’aveugle était devenu un témoin de Jésus-Christ.

Puissions-nous en faire autant …

Seigneur Jésus,

quelle force morale dans cet aveugle

qui retrouve la vue :

il t’écoute sans broncher,

il fait ce que tu dis,

et il devient un formidable témoin

de ce que tu es …

Que nous sachions t’écouter

comme lui en tout ce que tu dis !

Francis Cousin

  

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Prière dim carême A 4°

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