6ième Dimanche du Temps Ordinaire – par Francis COUSIN (St Matthieu 5,17-37)

« Je ne suis pas venu abolir,

mais accomplir ! »

 

Nous continuons la lecture du chapitre 5 de saint Matthieu, le sermon sur la montagne, qui commence par les Béatitudes, phrases chocs sur ce que doit être le comportement des disciples de Jésus.

Sans doute ces phrases avaient-elles suscités quelques remous dans la foule pour que Jésus soit obligé de dire : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. », et il va donner dans ce long passage quelques exemples de situations qui risquent de nous concerner tous plus ou moins, à certains moments de notre vie.

Qu’est-ce qui va changer entre la loi précédente, celle qui a été donnée par Dieu à Moïse au mont Sinaï, et ce que dit Jésus ? Sur le fond : rien ! En effet, comment Jésus, Fils de Dieu, pourrait-il changer ce que son Père a établi comme nécessaire depuis deux mille ans ? Impossible, Dieu ne se contredisant jamais ! Par contre, dans la forme, dans l’esprit des recommandations, c’est totalement différent.

Surtout que depuis l’annonce des ’’dix paroles’’ de Dieu, elles avaient été modifiées, triturées, étendues ou étouffées par toutes sortes de commentaires rabbiniques aboutissant à une longue liste d’obligations et d’interdits que certains, notamment les pharisiens, se contentaient de suivre, pensant en cela être dans le bon droit et être agréable à Dieu ! Mais leurs manières de faire, totalement extérieures à leur cœur, de faisaient que donner le change aux hommes, mais pas à Dieu : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. » (Mt 15,8).

« La tentation de l’interprétation guette et poursuit inlassablement l’esprit humain toujours attiré par le dicté plus que par le discernement. Il est si facile de suivre ce qui est indiqué. Nul besoin de réfléchir, de peser les choses. Le travail est déjà fait. (…) Le Christ ne mange pas de ce foin-là ! (…) Le christianisme est subtil. Il appelle l’intelligence. » (Michel-Marie Zanotti-Sorkine).

En effet pour nous, les disciples du Christ, Jésus nous demande d’avoir un autre comportement, de faire en sorte que ce que nous faisons ne soit pas pour épater la galerie, pour le paraître, mais qu’il soit guidé par ce qui est le plus important pour les humains, par le cœur éclairé par l’âme.

Et qu’il n’y ait pas de différence entre ce que nous pensons et ce que nous faisons !

Et c’est là la grosse difficulté pour la plupart des gens : qu’il y ait une correspondance totale entre nos pensées et nos actions, entre nos pensées et nos paroles … et entre nos pensées et la Parole de Jésus …

Cela ne date pas d’hier ! Saint Paul nous le confie : « Mais moi, je suis un homme charnel, vendu au péché. En effet, ma façon d’agir, je ne la comprends pas, car ce que je voudrais, cela, je ne le réalise pas ; mais ce que je déteste, c’est cela que je fais. Or, si je ne veux pas le mal que je fais, je suis d’accord avec la Loi : je reconnais qu’elle est bonne. Mais en fait, ce n’est plus moi qui agis, c’est le péché, lui qui habite en moi. » (Rm 7,14-17).

Ce que nous demande Jésus, c’est une conversion pour changer nos cœurs, pour que nos cœurs sont en accord avec la Bonne Nouvelle de Jésus, et pour que nos actions soient en accord avec notre cœur ’’nouveau’’.

Vouloir changer son cœur, c’est reconnaître qu’il est ’’malade’’, qu’il est sous l’emprise du Mauvais. Et nous avons un choix à faire entre le bien et le mal, entre « l’eau et le feu », « la vie et la mort », selon « la sagesse du Seigneur » (première lecture). Et une fois que le choix est fait, il faut y rester fidèle : « Que votre parole soit “oui”, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non”. Ce qui est en plus vient du Mauvais. ».

L’exigence de Jésus est importante, et elle ne peut s’accomplir qu’avec l’aide de Dieu, avec l’aide du cœur de Dieu, c’est-à-dire avec l’aide de l’Esprit Saint, le défenseur.

C’est aussi ce que nous demandons chaque jour dans le Notre Père : « Ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. ».

N’oublions pas ce que nous dit Ben Sira le Sage : « Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle. » (Première lecture)

Seigneur Jésus,

tu veux que notre acceptation à ta Parole

soit le résultat d’un choix de notre part

de te suivre ou non,

dans la vérité de notre cœur.

Que ton Esprit nous aide

à vivre de ton amour chaque jour.

 

Francis Cousin

  

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