3ieme Dimanche de l’Avent – par Francis COUSIN (St Matthieu 11, 2-11)

« Qu’êtes-vous allés voir au désert ? »

Jean-Baptiste est emprisonné sur ordre du roi Hérode. Il se souvient de son cousin Jésus qu’il avait été obligé de baptiser il y a quelques temps alors qu’il ne le voulait pas parce qu’il avait reconnu en lui le Messie et qu’il ne se sentait pas digne de dénouer les courroies de ses sandales.

Mais comme la plupart des juifs, il attendait un Messie triomphant qui redonnerait au peuple juif sa dignité, chassant les occupants Romains et établissant une nouvelle royauté.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les actions de Jésus n’allait pas dans le sens que Jean-Baptiste espérait : il avait bien une petite troupe avec lui, mais elle n’était pas nombreuse, et ses éléments n’étaient pas armés … Comment alors chasser les Romains ?

Et en plus, Jésus ne montrait aucune envie de devenir roi, pour prendre la place d’Hérode qui venait de le faire arrêter …

Alors Jean-Baptiste se pose des questions à son propos : « [Est-il] celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? ».

Aux envoyés de Jean-Baptiste venus lui poser la question, Jésus ne réponds pas en faisant de grands discours. Il se contente de rappeler ce qu’il a fait depuis son baptême par Jean-Baptiste : « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. » conformément aux prophéties d’Isaïe (première lecture).

Puis il s’adresse à ses disciples : « Qu’êtes-vous allés voir au désert ? »

Cette manière de s’exprimer de Jésus montre que parmi les foules qui l’écoutaient, beaucoup étaient des personnes qui étaient allés voir Jean-Baptiste au désert. On ne sait pas quelle a été la durée de la prédication de Jean-Baptiste … On a souvent l’impression que celle-ci a été de courte durée, en relation avec le temps dont on parle de lui dans nos assemblées dominicales, depuis l’annonce du Messie jusqu’au baptême de Jésus (environ un mois et demi).

Mais il faut se remettre dans le contexte de l’époque. Il n’y avait pas de réseaux sociaux fonctionnant pas internet … Les gens voyageaient à pied, et les nouvelles se répandaient au rythme de la marche à pied … C’est-à-dire lentement …

Alors, pour que l’on vienne de « Jérusalem, de toute le Judée et de toute la région du Jourdain » (évangile de dimanche dernier) pour se rendre près de Jean-Baptiste … il fallait du temps. Et pour que les pharisiens aillent l’écouter, eux qui croyaient tout savoir … c’est que son discourt les dérangeaient …il fallait encore du temps. Et puis quand on apprend que même le roi Hérode aimait bien entendre Jean-Baptiste, on peut penser que c’était lui qui avait fait venir plusieurs fois Jean-Baptiste auprès de lui et non l’inverse : cela n’aurait pas fait très classe … Il fallait donc encore du temps … On peut donc penser que la mission de Jean-Baptiste a duré plusieurs années.

« Qu’êtes-vous allés voir au désert ? Un roseau … un prophète ? »

Si Jésus revenait maintenant, peut-être dirait-il : « Qu’êtes-vous allé faire à la messe ? … voir un beau bâtiment ? … Chanter ? … Écouter la Parole de Dieu ? une homélie ? … Commémorer la sainte Cène ? … Communier au corps du Christ, le pain vivant descendu du ciel ? … Prendre des forces spirituelles pour pouvoir annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus, Fils de Dieu, mort et ressuscité ? … ».

Peut-être pouvons-nous nous poser la question ?

Seigneur Jésus,

tu nous poses parfois des questions simples,

mais auxquelles il est difficile de répondre.

Parce que chaque réponse entraîne

d’autres questions qui nous obligent

à clarifier notre regard sur toi,

à purifier notre relation vis-à-vis de toi.

 

Francis Cousin

  

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