6ième Dimanche de Pâques – par Francis COUSIN

Évangile selon saint Jean 15, 9-17

 

« Amour ! »

 Après avoir vu la semaine dernière, pour pouvoir porter du fruit, qu’il était nécessaire d’être toujours en lien, nous qui sommes les sarments, avec Jésus qui est le cep de la vigne du Seigneur, le passage de l’évangile de cette semaine nous donne une autre condition pour porter du fruit : Aimer à la manière de Jésus.

Si on regarde les textes de ce jour, on remarque que le verbe ’aimer’ ou le nom ’amour’’ sont utilisés 9 fois dans la seconde lecture pour dix lignes et 10 fois dans l’évangile pour vingt lignes. C’est dire l’importance de ces deux termes.

            Par contre, on ne trouve pas ces mots dans la première lecture, ce qui peut paraître surprenant. En fait, si les mots ne sont pas cités, ils sont toujours présents dans ce qui se passe : l’Esprit-Saint, qui est le centre de l’événement qui permet la reconnaissance de l’action de Dieu envers les non-juifs, étant en effet le fruit de l’amour divin, amour du Père pour le Fils et du Fils pour le Père qui permet à l’Esprit-Saint d’être.

L’amour dont on parle ici n’est pas un amour humain, un amour utilisateur qui permet à l’humain de souvent croire aimer sans rien donner. L’amour est d’abord une relation entre deux personnes ou entre une personne et d’autres personnes. L’amour est d’abord don.

La phrase principale de l’évangile, répétée en partie une deuxième fois, étant : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. ».

L’amour que nous devons avoir les uns avec les autres est donc un amour divin, l’amour de Jésus pour ses apôtres qui est le même que celui du Père envers son Fils : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. »

Le Père aime le Fils, le Fils aime les apôtres, les apôtres aiment ceux qui les entourent … jusqu’à nous qui devons aimer ceux qui nous entourent …

L’origine de l’amour est le Père, qui nous a aimés le premier. C’est lui qui nous a créés, par amour. Dès le départ, la relation entre Dieu et les hommes est fondée sur l’amour de Dieu pour les hommes, un amour tel qu’il envoie son Fils unique, Jésus, « pour que nous vivions par lui » (2° lecture).

Mais aimer comme Dieu, comme Jésus, nous semble quasiment impossible. Si nous regardons notre comportement, on est bien obligé d’admettre que ce ‘premier commandement’ de Jésus, le commandement de l’amour, n’est pas souvent respecté, même chez les chrétiens !

La cause ? Parce que bien souvent nous mettons notre propre personne en premier au lieu d’y mettre Dieu. Notre égoïsme, notre volonté de ‘paraître’, notre affirmation de ‘notre’ pouvoir (ou supposé tel) nous met en dehors des pas de Jésus. Nous n’arrivons pas toujours à résister aux forces du mal, nous refusons parfois de reconnaître la puissance de Satan …

Jésus l’a combattu, dans le désert, dans les possédés, dans l’action des hommes qui l’a mené sur la croix … et nous a mis en garde contre lui : dans l’explication de la parabole du Semeur, il nous indique là où Satan essaye de nous surprendre : « Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole ; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. » (Mt 13,22).

Entendre et suivre la Parole de Jésus, c’est ce qui permet d’aimer comme Jésus. Saint Jacques nous le dit dans son épitre : « Accueillez dans la douceur la Parole semée en vous ; c’est elle qui peut sauver vos âmes. Mettez la Parole en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter : ce serait vous faire illusion. Car si quelqu’un écoute la Parole sans la mettre en pratique, il est comparable à un homme qui observe dans un miroir son visage tel qu’il est, et qui, aussitôt après, s’en va en oubliant comment il était. » (Jc 1,21-24).

Et comment montrer qu’on aime Dieu ? Saint Thomas d’Aquin le dit : « La miséricorde qui subvient aux besoins des autres lui agrée davantage, étant plus immédiatement utile au prochain. » (cf GE n° 106). Et le pape François continue : « Celui qui veut vraiment rendre gloire à Dieu par sa vie, celui qui désire réellement se sanctifier pour que son existence glorifie le Saint, est appelé à se consacrer, à s’employer, et à s’évertuer à essayer de vivre les œuvres de miséricorde. C’est ce qu’a parfaitement compris sainte Teresa de Calcutta : ’’Oui, j’ai beaucoup de faiblesses humaines, beaucoup de misères humaines […] Mais il s’abaisse et il se sert de nous, de vous et de moi, pour que nous soyons son amour et sa compassion dans le monde, malgré nos péchés, malgré nos misères et nos défauts. Il dépend de nous pour aimer le monde, et lui prouver à quel point il l’aime. Si nous nous occupons trop de nous-mêmes, nous n’aurons plus de temps pour les autres’’ » (GE n° 107).

 

Seigneur Jésus,

Ton commandement d’amour

est tellement simple … facile à dire.

Mais comme il est difficile à mettre en pratique.

Parce que l’amour gratuit, comme le tien,

n’est pas naturel à l’homme.

Il nous faut faire des efforts,

et rien ne peut se faire si tu ne nous aides,

si nous ne te demandons pas ton aide.

 

Francis Cousin

  

                      

Pour accéder à une prière illustrée, cliquer sur le titre suivant : Prière dim Pâques 6° A6

Si vous désirez une illustration du texte d’évangile commenté ce jour cliquer sur le lien suivant : Parole d’évangile semaine 18-18

          

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