2ième dimanche de Carême – par Francis COUSIN

Évangile selon saint Marc 9, 2-10

 

Théophanies

 La première lecture de ce dimanche narre l’épisode bien connu du sacrifice d’Isaac par son père Abraham où l’on trouve déjà une première théophanie par l’intermédiaire de l’ange. En effet cet ange, ou ce messager céleste, comme tout bon messager dit fidèlement la parole qui lui a été confiée ; mais ici, il ne se contente pas de dire : « Dieu te dit » ou « oracle du Seigneur », mais il va jusqu’à utiliser la première personne du singulier, parlant au nom de Dieu : « Tu ne m’as pas refusé ton Fils, ton unique », puis : « Je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance… ».

Mais les similitudes entre la première lecture et l’évangile, qui nous parle de la transfiguration de Jésus, ne s’arrêtent pas là. En plus de la montagne, de la solitude (ou de l’écartement des autres personnes, serviteurs ou apôtres), c’est le sacrifice du fils unique, demandé dans la première lecture mais non réalisé, qui est au cœur de l’évangile de manière sous-jacente. En effet, dans ce passage, qui se situe entre les deux premières annonces de la Passion par Jésus (qui sont difficilement comprises par les apôtres), celui-ci demande aux apôtres de garder secret tout ce qui venait de se passer jusqu’à ce « que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts ». Or, le Fils de l’homme représente Jésus, « le Fils unique » envoyé par le Père pour sauver tous les hommes, qui mourra effectivement cette fois sur la croix.

Lors de la transfiguration, ou de la métamorphose chez Marc, les vêtements de Jésus « devinrent resplendissants, d’une blancheur telle qu’aucun foulon sur terre ne peut ainsi blanchir. ». C’est un blanc, plus blanc que blanc, qui n’est pas de la terre ; qui est donc du ciel, de ce qu’on connaîtra après la résurrection (cf Mt 27,2-3 : « L’ange du Seigneur… vint rouler la pierre et s’assit dessus…et son vêtement était blanc comme neige »). On est déjà dans une vision de ce que les trois apôtres, Pierre, Jacques et Jean, pourront voir après la résurrection de Jésus. Et voici que Élie et Moïse vinrent s’entretenir avec Jésus.

N’oublions pas que les trois apôtres étaient des juifs, qu’ils connaissaient les écritures, et donc Moïse et Elie qui représentent la Loi et les prophètes. Voir Jésus en compagnie de ces deux grands hommes de la Bible et discourir entre eux montre deux choses :

La première est la confirmation que Jésus n’est pas Élie qui revient sur terre, ni Moïse : « Jésus interrogeait ses disciples: ’Au dire des gens, qui suis-je ?’. Ils lui répondirent : ’’Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes’’. » (Mc 8,27-28). Ce que peut confirmer l’interrogation des apôtres en descendant de la montagne : « Ils l’interrogeaient : ’’Pourquoi les scribes disent-ils que le prophète Élie doit venir d’abord ?’’ » (Mc 9,11).

La seconde est que Jésus est bien dans la continuité de ce que nous appelons l’Ancien Testament : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. » (Mt 5,17).

Jésus n’est pas un hurluberlu comme d’autres qui ont tenté de se faire passer pour le Messie. Il l’est véritablement.

Pour ces trois pécheurs du lac de Galilée, c’est un moment extraordinaire qu’ils sont en train de vivre, un moment qu’ils n’auraient jamais pu imaginer : Moïse, Élie et Jésus, tous les trois, devant eux …

Ils ne savent pas quoi dire. Ils regardent, hébétées … et la seule idée qui vient à Pierre, dans une réaction très terre à terre, et qui peut paraître incongrue, très loin sans doute du discours des trois personnages, est qu’il faut que ce moment de grâce dure le plus longtemps possible. « Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie … et  nous, nous pourrons rester là à vous regarder, à vous admirer. »

Mais ce n’était pas les intentions de Dieu. Et après la confirmation que Jésus est bien le Messie (2° théophanie), c’est le Père qui entre en jeu. La haute montagne, la nuée qui survient, et la voix de Dieu qui parle à travers la nuée : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé… »

Contrairement au baptême de Jésus où il semblerait que Dieu s’adresse à Jésus seul : « Tu es mon Fils bien-aimé… » (Mc 1,11), ici la voix s’adresse à tous les présents, c’est-à-dire Jésus et les trois disciples, car quand la nuée se dissipe, « ils ne virent plus que Jésus seul avec eux ».

Non seulement, par la deuxième théophanie, Jésus s’inscrit dans la suite de l’Ancien Testament, mais Dieu, dans cette troisième théophanie, le désigne comme son Fils, mais surtout il ajoute « écoutez-le ! ». Ce qui veut dire en clair : « Sa Parole est ma Parole ; vous pouvez avoir confiance en ce qu’il dit, il ne fait que dire ce que je veux qu’il dise ». Ce que Jésus a dit autrement : « le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement. » (Jn 5, 19).

La transfiguration est bien une préfiguration de la gloire que Jésus aura après sa mort et sa résurrection. Mais c’est aussi pour nous une préfiguration de ce qui nous arrivera aussi. On ne va pas vers le néant, mais on sera transfigurés, métamorphosés dans un corps glorieux, avec tous les autres humains que Dieu acceptera dans son Paradis.

C’est ce à quoi nous sommes tous appelés par notre baptême, avec l’aide de l’Esprit Saint, à vivre après notre mort, mais aussi déjà avant celle-ci, sur cette terre où nous vivons, avec cette consigne que Dieu nous donne : « Écoutez-le ! », écoutez Jésus dans ses Paroles de l’Évangile, mais surtout, mettez en pratique ces Paroles.

Seigneur Jésus,

comme nous aurions aimé être là,

avec les trois apôtres,

pour te voir transfiguré.

Mais nous savons

que tu es auprès de ton Père,

avec Moïse et Élie, avec tous les saints,

et que tu nous attends.

Que ton Esprit nous aide sur ce chemin

que tu as tracé pour nous,

toi qui es le chemin, la vérité et la vie.

 

Francis Cousin                     

                       

                     

                       

               

                       

Pour accéder à une prière illustrée, cliquer sur le titre suivant : Prière dim carême B 2° A6

Si vous désirez une illustration du texte d’évangile commenté ce jour cliquer sur le lien suivant : Parole d’évangile semaine 18-08

          

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