23ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER (Mc 7,31-37)

Jésus Sauveur, en actes…

(Mc 7,31-37)

 

    En ce temps-là, Jésus quitta le territoire de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole.
Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler et supplient Jésus de poser la main sur lui.
Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, avec sa salive, lui toucha la langue.
Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! »
Ses oreilles s’ouvrirent ; sa langue se délia, et il parlait correctement.
Alors Jésus leur ordonna de n’en rien dire à personne ; mais plus il leur donnait cet ordre, plus ceux-ci le proclamaient.
Extrêmement frappés, ils disaient : « Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets. »

     

          

         Jésus est ici en plein territoire païen, car le Père appelle tous les hommes, ses enfants, au salut. Et il va le prouver… « On lui amène un sourd-muet, et on le prie de poser la main sur lui »… Mais Jésus sait ce qu’il a à faire ! Et il ne veut pas être mal compris. Le salut va bien au-delà d’une simple guérison physique. Aussi va-t-il emmener cet homme à l’écart et toucher ses organes malades… Le sourd-muet pourra alors deviner ses intentions et le laisser faire… « Il lui mit les doigts dans les oreilles, et, avec sa salive, lui toucha la langue ». En effet, dans la médecine de l’époque, la salive avait des propriétés curatives. En agissant ainsi, Jésus se présente donc comme un médecin…

            Mais la suite montre bien que nous ne sommes pas dans un cabinet médical. Jésus prie, « les yeux levés au ciel ». Il se tourne vers le Père, il lui présente le sourd-muet, à priori sans rien dire, car le Père sait bien ce qu’il a à faire ! Et il « soupire »… Il le sait, le Père a agi, et « tout ce qu’Il fait est admirable ! » Alors, « Ouvre-toi ! », lui dit-il. Et « ses oreilles s’ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia »…

Mais puisqu’à l’époque la maladie était comprise comme la conséquence du péché, le grand cadeau qui se révèle ici, en actes, est finalement le pardon des péchés : avec la disparition de la cause disparaissent aussi les effets… « Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés, je te l’ordonne, dit-il au paralysé, lève-toi, prends ta civière et retourne chez toi » (Lc 5,24).

La relation de cœur avec Dieu est donc rétablie par Dieu Lui-même : « Avec joie, vous remercierez le Père qui vous a mis en mesure de partager le sort des saints, dans la Lumière. Il nous a en effet arrachés à l’empire des ténèbres et nous a transférés dans le Royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons le pardon des péchés » (Col 1,11-14). Mais se laisser réconcilier avec l’Amour qui ne cesse d’œuvrer au bien de ses créatures, c’est, par rapport à la situation ancienne,  devenir une « créature nouvelle » (2Co 5,16-21), ouverte de cœur à Dieu et donc ouverte de cœur aux autres, vivant à nouveau sa relation avec Dieu et donc aussi sa relation avec les autres. C’est ce que dit ici la guérison de ce sourd bègue qui ne pouvait ni entendre ni dialoguer avec les autres. Et ouvert de cœur à Dieu, il ne peut qu’être comblé par tous les bienfaits que Dieu, dans son Amour, ne cesse de donner… « Si tu savais le Don de Dieu », commence par dire Jésus à la Samaritaine (Jn 4,10s), car accueillir ce « Don gratuit » (Rm 6,23) de tout cœur ne peut qu’être synonyme de bonheur profond. C’est ce que Jésus voulait pour la Samaritaine, c’est ce qu’Il veut pour nous tous…                                                      DJF

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