Le Saint Sacrement – par le Diacre Jacques FOURNIER (Mc 14,12-16.22-26)

30« Le sang de la Vie »

(Mc 14,12-16.22-26).

 

          Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? »
Il envoie deux de ses disciples en leur disant : « Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre. Suivez-le,
et là où il entrera, dites au propriétaire : “Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?”
Il vous indiquera, à l’étage, une grande pièce aménagée et prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. »
Les disciples partirent, allèrent à la ville ; ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.
Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps. »
Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous.
Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude.
Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu. »
Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.

 

                              

         Le jour de la Préparation de la fête de Pâque, on immolait au Temple de Jérusalem les agneaux qui allaient être mangés le soir, lors du repas pascal. A travers tous ces rites, le Peuple d’Israël se rappelait sa sortie d’Egypte. Dieu les avait alors libérés de la souffrance de l’esclavage pour les conduire, par son serviteur Moïse, vers « l’heureux pays » de la liberté et de l’abondance (Dt 1,25). Et toute cette histoire d’Israël disait, en actes, ce que Dieu veut pour tout homme : qu’il soit délivré du mal, qui ne peut, finalement, que le plonger dans la souffrance (Rm 2,9), pour lui permettre de pouvoir partager sa Plénitude de Paix et de Joie (Jn 14,27 ; 15,11)…

            Pour St Marc, le dernier repas de Jésus avec ses disciples est « son repas pascal ». Et c’est à cette occasion qu’il instituera l’Eucharistie : « Prenez, ceci est mon corps… Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance répandu pour la multitude » (Mc 14,22-25). Jésus est donc l’Agneau pascal par excellence. Son unique sacrifice offert pour tous les hommes de tous les temps leur « obtiendra une libération définitive » des forces du mal. « Son sang purifiera notre conscience des actes qui mènent à la mort pour que nous puissions célébrer le culte du Dieu vivant » (Hb 9,14). Et telle sera l’œuvre de l’Esprit donné en surabondance à chaque Eucharistie : « C’est l’Esprit qui vivifie. La chair » et le sang « ne servent de rien » (Jn 6,63)… Purifiés par l’Esprit, nous goûterons alors de son fruit et il est « Amour, Joie, Paix » (Ga 5,22). Et dans l’action de grâce pour ce bonheur reçu, nous pourrons, par la Force de ce même Esprit, offrir à notre tour notre vie pour Dieu et pour nos frères…

          Tel est le fruit du « sang de l’Alliance répandu pour la multitude ». Cette expression n’apparaît qu’une fois dans l’Ancien Testament (Ex 24,8) lors du rituel de conclusion de l’Alliance entre Dieu et son Peuple. Dieu lui a donné « les Dix Paroles » (Ex 20). Le Peuple a manifesté son désir de lui obéir : « Tout ce que le Seigneur a dit, nous le ferons ». Moïse recueille alors le sang de jeunes taureaux offerts en « sacrifice de communion » et en verse la moitié sur l’autel, qui représente Dieu. Puis, au « Oui ! » d’Israël, il les aspergera du sang restant… Un même sang repose donc sur l’autel (Dieu) et sur le Peuple. Or « le sang, c’est la vie » (Lv 17,11). Une même vie les unit désormais… Jésus, en s’offrant tout entier, poursuivra le même but (Jn 6,32-63)…   DJF

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