Dimanche de Pâques – par le Diacre Jacques FOURNIER (Jean 20, 1-9)

 « Christ est Ressuscité ! » 

(Jean 20, 1-9)

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat,
ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place.
C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

 

Jésus fut crucifié « le jour de la Préparation » de la fête de Pâque, c’est-à-dire la veille. Or cette fête tombait cette année-là un jour de Sabbat, un samedi. Jésus mourut donc un vendredi après-midi. Mais « comme c’était la Préparation, les Juifs, pour éviter que les corps restent sur la croix durant le sabbat – car ce sabbat était un grand jour -, demandèrent à Pilate qu’on leur brisât les jambes et qu’on les enlevât » (Jn 19,31). Mais lorsque les soldats arrivèrent, ils virent que Jésus était déjà mort. Pour s’en assurer, l’un d’entre eux « de sa lance, lui perça le côté, et il sortit aussitôt du sang et de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage – son témoignage est véritable, et celui-là sait qu’il dit vrai – pour que vous aussi vous croyiez ».

            Jésus vient de mourir, et pourtant, St Jean, « le disciple que Jésus aimait », sait déjà reconnaître dans sa mort une promesse de vie. Comme tous ceux et celles qui étaient présents ce jour-là, il voit « le sang et l’eau » couler du cœur ouvert de Jésus… Mais il ne s’arrête pas au visible… Il en perçoit aussitôt la signification spirituelle. Si l’eau lave et purifie, elle est, en effet, indispensable à la vie. Et dans la culture biblique, « la vie de la chair est dans le sang », « la vie de toute chair, c’est son sang » (Lv 17,11.14). Le cœur de chair de Jésus était rempli de sang ; une fois transpercé, tout ce sang s’est répandu sur la terre. De même, le cœur spirituel de Jésus, le Fils Unique, est rempli de cette vie spirituelle qu’il reçoit du Père de toute éternité (Jn 5,26 ; 6,57). Or, « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15,13). C’est ce que Jésus vient de vivre sur la croix. Il a tout donné, tout son sang, toute sa vie… Il nous a donné par son offrande cette vie spirituelle qu’il reçoit du Père par « l’Esprit qui vivifie », « l’Eau Vive » de l’Esprit qui donne la vie (Jn 4,1-14 ; 7,37-39) …

            Le lendemain du Sabbat, pour nous, dimanche matin, Marie Madeleine va au tombeau pour s’occuper du corps de Jésus qui avait été déposé là en toute hâte vendredi en fin de journée… Mais « la pierre a été enlevée »… et « on a enlevé le Seigneur de son tombeau », dit-elle à Pierre et à Jean. Les deux courent… Pierre entre, « regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place ». Aucune réaction de sa part ne nous est transmise. Il voit la réalité visible mais semble s’arrêter là, perplexe… Jean, lui, entre, et voit ce que Pierre a déjà vu mais comme pour « le sang et l’eau » coulant du cœur ouvert de Jésus, il perçoit aussitôt le sens spirituel de ce qui s’offre à ses yeux : « Il vit et il crut »… Le regard d’amour qu’il porte sur les réalités terrestres lui permet d’aller au-delà : alors même qu’il ne voit rien de plus que Pierre, il sait déjà que le Christ est Ressuscité, et que sa Présence, invisible aux yeux de chair, habite dorénavant notre histoire jusqu’à la fin des temps : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20). Il est « avec nous » « pour nous », pour nous pardonner, pour enlever notre péché, pour nous guérir spirituellement et nous faire sortir des ténèbres, pour nous communiquer la Lumière et la Vie du Père, pour nous donner de participer dès maintenant, dans la foi et par notre foi, à sa victoire sur le mal, la haine, la mort…

            « Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont Il nous a aimés, alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous a fait revivre avec le Christ – c’est par grâce que vous êtes sauvés ! -, avec lui Il nous a ressuscités et fait asseoir aux cieux, dans le Christ Jésus » (Ep 2,4-6)…

Jacques Fournier

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