26ième Dimanche du Temps Ordinaire – par Francis COUSIN (St Luc 16, 19-31)

« N’oublie pas les pauvres ! »

Cette phrase que le cardinal Hummes a soufflée à son voisin le cardinal Bergoglio lors du dernier consistoire qui a élu ce dernier pape, a eu une influence considérable sur celui-ci : d’abord son nom : François, comme le « poverello » et sur sa manière de diriger l’Église.

L’évangile de ce jour nous parle de deux personnes, un pauvre et un riche, dans leur vie terrestre, puis dans leur vie après la mort.

Serait-ce un reportage sur l’au-delà ?

Non ! loin de là !

Mais plutôt un enseignement sur notre manière de vivre sur cette terre : ici et maintenant !

Jésus est venu sur cette terre pour les pauvres, les malades, les affamés … les pécheurs, pour leur donner la vie éternelle.

Mais ici et maintenant, il y a toujours des pauvres … et des pécheurs.

D’ailleurs lui-même l’a dit, lors d’un repas chez Simon le lépreux : « Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous. », mais il ajoute aussitôt « mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. » (Jn 12,8), donc Dieu, Jésus, doit toujours être mis en premier. Ce qu’on retrouve dans l’évangile de ce jour : « Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! ». Ce sont ceux qui parlent de Dieu …

Cet évangile fait suite à celui de la semaine dernière, et l’invitation de Jésus : « Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête… » et nous montre ce qui risque de nous arriver si nous ne suivons pas ce conseil.

Le riche, dont on ne connaît le nom … mais qui peut être moi, … ou toi …, vit dans l’opulence : « vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. ».

Il ne voyait pas le pauvre Lazare (qui signifie « Dieu aide » … et la suite du récit montre comment il sera aidé, non pas dans sa vie terrestre, mais dans la vie la plus importante pour Dieu, la vie éternelle.).

Ou peut-être le voyait-il, mais comme un élément du décor, comme un arbre … Il ne faisait pas attention à lui ! Il l’avait ’’oublié’’ !

Seuls les chiens s’intéressaient à lui ! … et Dieu !

Les deux meurent !

L’un va au paradis, l’autre en enfer !

Mais les rôles sont inversés !

Celui qui vivait dans l’opulence n’a même pas une goutte d’eau pour se rafraichir dans la fournaise de l’enfer … et celui qui était abandonné se retrouve entourés d’amis dans le ciel … dans les demeures éternelles …

« N’oublie pas les pauvres ! »

Cet appel est d’autant plus important, pour chacun de nous, que souvent nous vivons dans notre monde, égoïstement, et ne faisons pas tellement attention aux plus démunis, ceux qui sont pauvres … et pas seulement financièrement …

Il y a tellement de sortes de pauvretés, … et les pauvretés morales, intérieures, de cœur, sont souvent invisibles … et on ne les remarque que quand il est trop tard (dépressions, divorces, suicides …)

« N’oublie pas les pauvres ! »

Et pas seulement les victimes de la mousson au Pakistan … ou de la famine à Madagascar ou ailleurs …

Mais ceux qui sont proches de toi … dans ta famille, tes amis, ton quartier …

« Prête l’oreille de ton cœur ! »

Et tu verras qu’il y en a plein autour de toi !

« Les pauvres ne sont pas des personnes “extérieures” à la communauté, mais des frères et sœurs avec qui partager la souffrance, pour soulager leur malaise et leur marginalisation, pour qu’on leur rende la dignité perdue et qu’on leur assure l’inclusion sociale nécessaire. Par ailleurs, on sait qu’un geste de bienfaisance présuppose un bienfaiteur et quelqu’un qui en bénéficie, tandis que le partage engendre la fraternité. L’aumône est occasionnelle ; tandis que le partage est durable. La première risque de gratifier celui qui la fait et d’humilier celui qui la reçoit ; la seconde renforce la solidarité et pose les conditions nécessaires pour parvenir à la justice. Bref, les croyants, lorsqu’ils veulent voir Jésus en personne et le toucher de leurs mains, savent vers qui se tourner : les pauvres sont un sacrement du Christ, ils représentent sa personne et nous renvoient à lui. » (Pape François, Message pour la 5e Journée mondiale des pauvres)

Mais il n’y a pas que les autres qui sont pauvres.

Nous tous nous devons nous considérer comme des pauvres : « Jésus a besoin de vous pour sauver le monde. Il est venu pour nous les pauvres, les petits, les blessés de la vie, les amers, pour nous combler de son amour. Si nous nous reconnaissons pauvres, nous reconnaissons un manque, alors Dieu pourra venir dans ce manque ». (Pape François, 15-11-21)

Seigneur Jésus,

souvent pour nous,

les pauvres sont les autres.

Nous aurions tellement honte

de nous considérer comme pauvres !

Et pourtant,

nous avons tellement besoin

que tu viennes en nous !

 

Francis Cousin

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