29ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER

” Jésus déjoue le piège des Pharisiens “

(Mt 22, 15-21)

  Alors les pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler.
Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens.
Alors, donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? »
Connaissant leur perversité, Jésus dit : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?
Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’un denier.
Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? »
Ils répondirent : « De César. » Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

 

              

        Les Pharisiens veulent trouver matière à accuser Jésus pour ensuite l’éliminer. Mais ils ne viennent pas eux-mêmes : en parfaits hypocrites, « ils envoient leurs disciples », ils se cachent derrière eux. Et ces derniers aborderont Jésus avec une attitude apparemment bienveillante : « Maître, tu es toujours vrai, tu enseignes le vrai chemin de Dieu, tu ne fais pas de différence entre les gens »… Mais Jésus, vrai Dieu et vrai homme, connaît leur cœur. Au-delà des apparences, ils sont à nu devant lui : « Hypocrites ! Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? ». Se laisseront-ils interpeler par Celui qui, en fait, ne recherche que leur bien ? Oseront-ils reconnaître qu’il « est » effectivement « toujours vrai » et que, de fait, ils voulaient lui tendre un piège ? Se poseront-ils alors la question : mais comment a-t-il fait pour connaître l’intention profonde qui nous habite ? Dieu seul sonde les cœurs ! S’ils avaient fait preuve d’un soupçon de bonne volonté, ils seraient aussitôt passés, grâce à sa Miséricorde, « des ténèbres à la Lumière, et de l’empire de Satan à Dieu » (Ac 26,18)…

            Mais non, le piège est lancé… « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? » Si Jésus répond « Oui ! », ils l’accuseront auprès du Peuple de collaborer avec l’ennemi et il sera aussitôt discrédité à leurs yeux. S’il répond « Non ! », ils iront l’accuser de rébellion auprès des Romains ( cf. Lc 23,2).

            « Montrez-moi la monnaie de l’impôt », leur demande Jésus. Les Grand Prêtres en avaient interdit l’usage dans le Temple de Jérusalem, en signe de résistance à l’ennemi. « Ils lui présentèrent une pièce d’argent », une pièce romaine, révélant ainsi au grand jour qu’ils commerçaient bien avec l’occupant ! « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? » Ils ne peuvent que dire l’évidence : « De l’empereur César », celui qui s’était autoproclamé « Dieu »… Et pourtant, la Loi interdisait toute image des idoles (Ex 20,1-4) !

            Or les images, les sculptures, étaient souvent employées à l’époque en signe de propriété. Au XIIIè siècle avant notre ère, le Pharaon Ramsès II avait ainsi fait graver son image dans le rocher, au nord de Beyrouth, à l’embouchure du fleuve du Chien, pour rappeler à tous sa souveraineté sur ce territoire. « Rendez donc à César ce qui est à César », leur dit Jésus. Et puisque tout homme a été « créé à l’image et ressemblance de Dieu » (Gn 1,26-27), rendez aussi « à Dieu ce qui est à Dieu » en vous tournant de tout cœur vers Lui dans un repentir sincère… Accepteront-ils cette démarche de vérité, à laquelle se joint toujours, avec Dieu, la Lumière de sa Tendresse, de sa Miséricorde, de son Amour ?    DJF

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