8ième Dimanche du Temps Ordinaire – Claude WON FAH HIN

8e dimanche ordinaire – Année C – Luc 6 39–45

Dans l’Évangile de Matthieu, l’image de l’aveugle s’applique aux Pharisiens qui prétendaient « guider » les autres, alors qu’ils étaient eux-mêmes aveugles et égaraient leur peuple. Car ce qu’ils faisaient, ce n’était pas la volonté de Dieu. Chez Luc, l’aveugle désigne surtout les disciples et les responsables des communautés chrétiennes qu’il invite à plus de lucidité. Puisque nous sommes tous disciples, nous sommes amenés à « guider » quelqu’un, que ce soit un membre de la famille, des jeunes, des couples, dans le milieu du travail, etc…nous avons tous vocation à « guider ». Et c’est là que commencent les problèmes. Car pour guider, il vaut mieux ne pas être aveugle. Et on peut être aveugle à cause de la poutre qu’on a dans les yeux, et qu’on ne s’en aperçoit pas. Dans ce cas, on finira tous dans le fossé. Pour guider, il faut de nombreuses qualités : être attentif au bien des autres, savoir les écouter, avoir des connaissances, être bien formé et informé, avoir un minimum de sagesse et bien d’autres qualités. Et sur le plan spirituel, en tant que chrétien, nous devons avoir surtout une foi inébranlable en Jésus Christ, sachant que nous ne pouvons rien faire sans lui. Car c’est lui qui nous envoie l’Esprit Saint qui nous anime et qui nous fait en mouvement.

« Ôter la poutre de notre œil », l’expression peut être prise comme un reproche dont on ne veut pas entendre, mais si on veut progresser dans la foi, nous devons regarder cette poutre de plus près, et même à la loupe, car nous avons un énorme travail à faire en nous-mêmes pour combattre nos propres défauts, nos propres péchés qui nous détruisent, nous et les autres, souvent même sans en avoir conscience. Alors que nous avons de grosses difficultés à regarder nos propres défauts, les saints sont les premiers à reconnaître qu’ils sont vraiment tout petits devant Dieu, et bien loin de la perfection. Voici ce que l’abbé Pierre Descouvemont dit du Saint Curé d’Ars (Guide des difficultés de la foi catholique – P.482 : “En 1822, Dieu lui avait donné une très vive conscience de sa propre misère. « Il en fut si effrayé qu’il pria le Tout-Puissant de répandre une lumière moins vive sur son âme, de crainte d’avoir des pensées de désespoir. » C’est pourquoi il dira un jour à la baronne de Belvey : « Ne demandez pas à Dieu la connaissance totale de votre misère. Je l’ai demandée une fois et je l’ai obtenue. Si Dieu ne m’avait alors soutenu, je serais tombé à l’instant même dans le désespoir». Ne nous croyons pas plus saint que le saint Curé d’Ars. Et c’est justement parce qu’ils sont si proches de Dieu qu’ils reconnaissent plus vite leurs propres défauts et péchés. La grande lumière du Christ leur fait voir leur moindre défaut.

Je vous donne un exemple : Catalinas Rivas, une Bolivienne, ayant reçu les stigmates en 1994, a des visions de la Sainte Vierge à la sainte messe. Tous les messages qui lui ont été dit par Jésus ont été rassemblés en huit livres qui ont reçu l’imprimatur de l’archevêque de Cochabamba. A la messe, au rite pénitentiel, la Vierge lui dit : « du fond de ton cœur, demande au Seigneur de pardonner tes fautes qui L’ont offensé. De cette façon, tu seras en mesure de participer dignement au privilège d’assister à la Sainte Messe ». Catalina, en une fraction de seconde, se dit en elle-même : « Bien sûr que je suis en état de grâce avec Dieu car je me suis confessée hier soir ». La Sainte Vierge lui répondit alors : « Penses-tu que depuis hier soir, tu n’as pas offensé le Seigneur ? Laisse-moi te rappeler certaines choses. Quand tu es partie pour venir ici (à la messe), la fille qui t’aide s’est approchée de toi pour te demander quelque chose, et puisque tu étais en retard et pressée, tu n’as pas été très délicate dans ta façon de lui répondre. Il y avait un manque de charité de ta part et tu dis que tu n’as pas offensé Dieu… – Alors que tu étais en route pour venir ici, un autobus a empiété sur ta ligne et t’a presque frappée. Tu t’es exprimée d’une façon peu recommandable contre ce pauvre homme plutôt que de dire tes prières et te préparer pour la messe. Tu as manqué de charité et tu as perdu ta paix et ta patience. Et tu dis que tu n’as pas offensé le Seigneur ? Tu arrives à la dernière minute quand la procession du célébrant est déjà en route pour célébrer la messe…et tu vas participer sans t’être préparée ». Et La Sainte Vierge continue (P.15) : « Pourquoi devez-vous tous arriver à la dernière minute : Tu aurais dû arriver plus tôt pour être capable de prier et demander au Seigneur d’envoyer son Esprit Saint pour qu’Il t’accorde un esprit de paix et te purifie de l’esprit du monde, de tes préoccupations, tes problèmes et tes distractions afin de te permettre de vivre ce moment si sacré. Pourtant, tu arrives presqu’au moment où la célébration est sur le point de commencer et tu participes comme s’il s’agissait d’un événement ordinaire, sans aucune préparation spirituelle. Pourquoi ? C’est ici le plus grand des Miracles. Tu vas vivre le moment où le Dieu Très haut donne son plus grand cadeau et tu ne sais pas comment l’apprécier ». Et voilà un bon nombre de fautes commises rien qu’en venant à la sainte Messe, et tout se passe en quinze ou vingt minutes, le temps de quitter la maison pour arriver à la messe. Ce sont tous des poutres dans notre œil. Nous devons passer au peigne fin notre propre vie. Bon nombre de choses que nous faisons ne plaisent pas à Dieu par exemple : « travailler le dimanche ». Deux livres nous le déconseillent vivement : 1 – « Le Manuscrit du Purgatoire » P.39 (Imprimatur) où il est dit « Si vous voulez faire plaisir au Bon Dieu, ne faites rien le dimanche. Priez le plus que vous pourrez, c’est tout » ; 2 – « Gloria Polo a frôlé l’Enfer » (un livret de 46 pages, et 3mm d’épaisseur). Gloria Polo, une dentiste, Colombienne de Bogota, a témoigné à Fatima en 2007. Elle dit (P.40) : « Par le Troisième Commandement, Dieu nous ordonne de célébrer par le culte divin les jours de fête, c’est-à-dire les jours qui lui sont consacrés et de nous abstenir des occupations et des travaux corporels. Outre l’assistance à la messe, il convient que, les dimanches et fêtes de précepte, le chrétien s’adonne selon son pouvoir aux œuvres de piété et de religion, surtout en assistant aux cérémonies religieuses, aux prédications et au cours d’enseignement religieux » (P.41 du livret « Gloria Polo a frôlé l’Enfer »). Toutes ces actions ont de l’importance pour Dieu et nous en faisons peu de cas. Et c’est comme çà tout le long de la journée car nous n’avons pas Dieu en permanence en notre esprit. C’est la raison pour laquelle il faut prier en permanence quelque soient nos actions ou nos occupations, pratiquez la prière continuelle et vous verrez vous-mêmes les résultats en votre intérieur. La poutre existera sans doute encore, mais elle sera sûrement de moins en moins grosse. Parce que, par la prière continuelle, l’Esprit de Dieu sera aussi en nous en permanence et nous serons mieux armés pour le combat spirituel.

Verset 40 : « Tout disciple accompli, c’est-à-dire bien formé, sera comme son Maître ». On ne peut pas faire une chose et son contraire. Il faut être encore logique. Un aveugle peut-il guider un aveugle? se demande Luc. Guider des personnes, guider un peuple est une vocation. Concernant la crise des vocations, voici l’avis de deux personnages qui en parlent en connaissance de cause : un évêque irlandais, Mgr Seanus Hegarty qui faisait ce constat en 1990 (P.321 – l’Eucharistie à l’école des saints »): « Dans mon séminaire, sur 20 séminaristes, 19 proviennent de paroisses qui ont l’adoration perpétuelle » ; et Mère Térésa fera le même constat : (P.23-24 – l’Eucharistie à l’école des saints ) : « Depuis que nous avons introduit cette modification dans notre emploi du temps (30H d’adoration devant le Saint Sacrement au lieu de 4 H par mois), … le nombre de vocation a doublé chez nous ». Et on peut encore trouver d’autres témoignages de ce genre. Prier devant le saint Sacrement est important non seulement pour les vocations, mais aussi pour toutes les paroisses, pour les prêtres du monde entier et pour l’Eglise.

Les Evangiles nous disent qu’il faut prier et « prier sans cesse ». Tous les grands noms de la spiritualité nous rappellent l’importance du Rosaire. Combien, mise à part les groupes du Rosaire, sommes-nous à « prier sans cesse » et à dire le Rosaire soit 4 chapelets par jour ou même un chapelet par jour. Peut-être qu’on peut les compter sur les doigts d’une seule main. Si nous disons aux gens qu’il faut venir à la messe, et aux Colimaçons nous avons de très belles messes, une des plus belles chorales de l’île selon les dires des étrangers, de nombreux lecteurs et servants d’autel, une belle procession d’entrée, tout cela c’est très bien. Mais ce n’est pas suffisant si nous nous basons uniquement sur l’aspect extérieur de la messe, sur sa partie visible, car nous savons bien que ce qui compte c’est que chaque fidèle soit centré sur le Christ, et uniquement sur Lui, et c’est ce qu’il y a dans le cœur de chacun qu’il faut améliorer afin d’éliminer et la poutre et la paille. Il faut désirer s’unir au Christ du fond du cœur. Sinon la plus belle messe ne servira pas à grand-chose. Il faut se recentrer sur le Christ avec une grande sincérité, c’est ce qu’on appelle la « communion spirituelle ». Jean Paul II le disait dans son encyclique Redemptor Hominis (cité en P.9 dans « L’Eucharistie à l’école des saints » – Nicolas Buttet) : « Tous dans l’Église, mais surtout les évêques et les prêtres doivent veiller à ce que ce sacrement d’amour (l’adoration eucharistique) soit au centre de la vie du peuple de Dieu pour qu’on agisse, à travers toutes les manifestations du culte qui lui est dû, de manière à rendre au Christ “amour pour amour” et qu’il devienne vraiment la vie de nos âmes ». Et Nicolas Buttet conclue (P.9) : « Que d’indifférence devant le tabernacle et durant la messe, particulièrement à ce moment précis où l’Amour descend. Pourtant, le monde ne vit que par ce grand miracle: un bout de pain qui devient Dieu ». Et il n’a pas regardé si la messe est belle ou non, car il faut surtout veiller à « se centrer sur le Christ », pour que chacun participe à la messe avec cœur, toujours en lien avec le Christ, avec l’aide de l’Esprit Saint et de Marie pour la gloire du Père, car toute la messe est dédiée au Père, en présence de toute l’Eglise céleste. Nous avons tous besoin de beaucoup de prières pour que le Seigneur soit avec nous tous les jours de la vie, et à chaque moment de la journée. C’est bien le cœur des gens qu’il faut améliorer, et plus exactement chaque chrétien doit améliorer son propre cœur en s’unissant véritablement au Christ. Et pour cela, il faut absolument cesser de regarder les autres, de se comparer aux autres car dans la comparaison c’est presque toujours pour dire que l’autre est toujours moins bien que moi, que dans l’œil de l’autre il y a toujours la poutre et non pas dans le mien. Notre devoir de chrétien est de faire en sorte que la poutre disparaisse en chacun de nous ou tout au moins qu’elle diminue, et qu’elle devienne paille, pour mieux la faire disparaître ensuite par la grâce divine et avec l’aide de notre Sainte Mère, Marie car c’est par elle que nous viennent toutes les grâces divines.

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