4ième Dimanche de Carême par Francis COUSIN

« Voir … et écouter ! »

 

La première lecture nous donne une clé pour comprendre un peu mieux ce long épisode raconté dans l’évangile avec toutes ses péripéties : « Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. ».

Aussi, quand Jésus et ses disciples sortent du temple et qu’ils voient un aveugle de naissance, les disciples posent la question : « Qui a péché ? Lui ou ses parents ? » selon la mentalité de l’époque. Mais Jésus voit l’aveugle avec son cœur, avec tout ce qu’il a vécu depuis sa naissance, et il réagit comme Dieu son Père : « J’ai vu la misère de mon peuple, (…) j’ai entendu ses cris (…) je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer. » (Ex 3, 7-8). Et Jésus va le délivrer de sa cécité : il fait de la boue avec la terre et de sa salive, ce qui sort de sa bouche, lieu de la Parole créatrice, et en recouvre les yeux de l’aveugle, augmentant encore son impossibilité de voir (voir le parallèle avec Saül sur le chemin de Damas) ; puis il lui dit d’aller se laver à la piscine de Siloé.

Déjà se faire ‘enduire’ les yeux a dû surprendre l’aveugle, mais ensuite devoir aller à Siloé, à l’autre bout de la ville, pour un aveugle, avec la foule de la fête des tentes … il y a de quoi être décontenancé ! Et pourtant l’aveugle écoute cette Parole de Jésus, sans que celui-ci lui ait promis quoi que ce soit. il ’’y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait.’’

Dieu ne nous donne pas tout directement. Il nous demande de prendre notre part, d’entendre sa Parole, de croire en lui, pour ensuite nous exaucer.

C’est au retour que les choses ses compliquent pour l’ex-aveugle. Ses anciennes connaissances le voient, mais tous ne le reconnaissent pas. Ils sont divisés. Mais lui dit : « C’est bien moi. Je suis qui je suis. J’étais aveugle, et maintenant je vois ! Je vois l’œuvre de Dieu en moi, et je crois en lui.».

On l’emmène chez les pharisiens une première fois, et comme c’était sabbat, ils attaquent Jésus : « Il n’est pas de Dieu … Il est de Dieu ! ». Ils sont divisés. Ils voient l’ex-aveugle, mais ne l’écoutent pas, surtout quand il dit « C’est un prophète ».

Après l’épisode des parents, les pharisiens le convoquent une deuxième fois. Mais ils sont aveugles dans leur cœur : « Jésus est un pécheur ». Mais devant tant ‘’d’aveuglement’’, l’ex-aveugle prend de l’assurance et parle de manière de plus en plus incisive, car il sait bien ce qui lui est arrivé et comment sa vie a été transformée par Jésus : « J’étais aveugle, et maintenant je vois ! (…) Voulez-vous devenir ses disciples ? (…) Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs (…) S’il n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire ! ». Les pharisiens ne veulent pas l’écouter, refusent de voir la vérité, et le jettent dehors.

Apprenant cela, Jésus retrouve l’ex-aveugle et lui pose abruptement la question : « Crois-tu au Fils de l’homme ? ». Surpris par la question de celui qu’il voit pour la première fois, mais ayant tout de suite reconnue la voix qui l’avait envoyé à Siloé, il répond : « Et qui est-il, Seigneur ? ». « Tu le vois, c’est moi. ». « Je crois, Seigneur ! ».

Parce que l’aveugle a écouté Jésus, et a fait ce qu’il lui demandait, l’aveugle a pu voir, d’abord de manière physique, et par la suite de manière spirituelle. Il a vu en Jésus la lumière du monde.

« Lorsque nous regardons avec nos yeux, nous regardons toujours quelque chose, alors que c’est la lumière qu’il faudrait voir. Or, la lumière ne se voit pas, elle fait voir. (…) La foi ne consiste pas à regarder quelque chose, mais à voir la lumière. » (Père Guy Cordonnier).

Seigneur Jésus,

tu es la vraie lumière qui éclaire notre vie.

Si nous écoutons ta Parole

et suivons ton Évangile,

nous pourrons te voir,

et te voir dans les autres

avec les yeux du cœur.

Francis Cousin

 

 

 

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