4ième Dimanche de l’Avent (Jean 1, 6-8 ; 1-28) – P. Rodolphe Emard

Durant l’Avent, les évangiles nous donnent de méditer sur deux grandes figures. Dimanche dernier, il y a eu Jean le Baptiste et ce dimanche, nous avons la figure de Marie.
À travers Marie, c’est tout un portrait de Jésus qui nous est présenté. Nous avons proclamé le récit de l’Annonciation (Lc 1, 26-38), qui est très dense et très riche en informations, en ce qui concerne l’identité de Jésus. J’aimerais simplement reprendre avec vous quelques points qui me semblent importants.

Tout d’abord, l’ange Gabriel salue Marie comme la « Comblée-de-grâce ». On pourrait aussi traduire par : « Je te salue, la favorisée de Dieu ». Marie est la favorisée de Dieu : « tu as trouvé grâce auprès de Dieu ». Sa cousine Élisabeth dira qu’elle est « bénie entre toutes les femmes » (Cf. Lc 1, 42).
Mais pourquoi ? Dieu accorde une faveur inouïe à Marie, en la choisissant pour « concevoir et enfanter un fils » qu’elle nommera Jésus. Le nom même de Jésus dit tout : « Dieu sauve ». L’ange Gabriel va décrire la fonction que l’enfant va exercer : « Il sera grand » et il exercera un « règne qui n’aura pas de fin ».
Cela me permet de souligner que l’Église croit fermement que le Christ exerce un règne qui n’aura pas de fin. Ce temps de l’Avent nous rappelle que nous demeurons dans une attente, celle de la venue de Jésus dans la gloire, où il instaurera définitivement le Royaume de Dieu.

L’ange précise encore que l’enfant sera appelé « Fils du Très-Haut », « Fils de Dieu » et qu’il « sera saint ». Ce point est fondamental. Marie ne manque pas de préciser son état au moment de l’annonce : elle est « vierge ». Nous pointons ici un élément majeur de l’identité de Jésus : sa conception virginale par l’action de l’Esprit Saint : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ».
Le mystère de l’incarnation de Dieu est bien mis en évidence : Dieu, en la personne de Jésus, s’est fait homme. Dieu, le seul saint, ne pouvait pas prendre chair d’un corps indigne de lui. En Marie, Il a préparé une demeure digne de lui. L’Immaculée conception, que nous fêtons chaque année durant le temps de l’Avent (le 08 décembre) souligne ce fait : Marie a été conçue sans péché pour concevoir et enfanter le Fils de Dieu, le Fils du Très-Haut.


Ce récit de l’Annonciation nous dit l’essentiel de l’identité de Jésus. Nous voyons bien que celui dont nous allons célébrer l’anniversaire de la naissance à Noël n’est pas qu’un enfant parmi d’autres. C’est Dieu lui-même qui se fait petit enfant.

Et Dieu s’est fait homme pour nous sauver ; pour nous sauver du péché et nous rendre saints. Jésus nous sauvera par sa mort et sa Résurrection. Le mystère de Noël se comprend à la lumière du mystère pascal du Christ. L’enfant de la crèche est celui qui donnera sa vie sur la croix, pour sauver l’humanité.
L’appel est bien clair de nous ouvrir encore plus au mystère du Christ, un mystère qui nous dépasse. Il faut vraiment l’acte de foi pour entrer dans ce mystère. Il est unique et il échappe aux lois scientifiques : « car rien n’est impossible à Dieu ».

Frères et sœurs, à l’approche de la solennité de la Nativité du Seigneur, préparons réellement nos cœurs plus en profondeur pour accueillir le Christ dans nos vies. La Covid-19 va chambouler cette fête de Noël. Nous serons en plus petits comités. Que cela nous aide à redécouvrir l’essentiel, et en tout premier lieu, Jésus.
Que Marie soit avec nous et qu’elle nous aide à avoir plus de foi en son Fils. Elle est le modèle parfait du croyant : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole ».
Et que Joseph soit aussi avec nous. Je terminerai sur ce point. Dans l’Évangile, on mentionne Joseph comme le futur époux de Marie. L’Évangile précise également qu’il est « de la maison de David ». L’ange Gabriel précise que Jésus régnera, que Dieu « lui donnera le trône de David son père ».
La première lecture du deuxième livre de Samuel (2 S 7, 1-5. 8b-12. 14a. 16) nous aide à mieux le comprendre. Dieu promet une descendance au roi David, un successeur qui rendra « stable sa royauté », « [son] trône sera stable pour toujours ». Jésus va réaliser cette promesse. En ce sens, il est le fils de David.
C’est Joseph, de la descendance de David, qui va inscrire Jésus dans cette lignée de David, en recevant Marie comme son épouse et en veillant sur Jésus comme un père. Le 08 décembre dernier, le pape François a décrété l’année de saint Joseph. Ce 08 décembre, nous fêtions aussi les 150 ans de sa proclamation par le pape Pie IX comme patron de l’Église universelle.
Que saint Joseph nous accompagne de sa prière paternelle. Qu’il nous aide à accueillir Jésus comme il l’a fait, de façon disponible, sans réserve et dans une véritable confiance.
Belle montée vers Noël.

P. Rodolphe Emard

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