5ième Dimanche de Pâques (Jn 15, 1-8) – Francis Cousin

« Demeurer. »

C’est un verbe qui revient huit fois dans le passage d’évangile de ce jour. C’est dire s’il est important pour Jésus.

Mais c’est un verbe qui a deux sens, à ne pas confondre.

« Maître, où demeures-tu ? » (Jn 1,38). C’est la réponse d’André et son compagnon à la première parole de Jésus dans l’évangile de Jean : « Que cherchez-vous ? ». Ils cherchaient un lieu, une habitation … pour entrer en contact … C’est le sens courant, le sens géographique. Un sens statique.

Mais Jésus va leur parler … Ils seront séduits par ses paroles, et ils demeureront avec lui, et même lui amèneront d’autres connaissances qui demeureront aussi avec Jésus, et qui partiront avec lui sur les routes de Palestine. C’est le sens de connivence forte entre les personnes. Un sens davantage dynamique qui nécessite que l’on s’adapte continuellement pour rester sur la même longueur d’onde

C’est ce deuxième sens qu’il faut comprendre dans ce passage, avec cette différence qu’ici, il n’y a que les humains qui doivent s’adapter à la Parole éternelle de Jésus, qui lui, ne change jamais !

Et on le comprend bien dans l’évangile avec la comparaison avec la vigne, qui se fait en deux temps.

D’abord entre le Père et Jésus, qui s’assimile avec la vigne, et dont le Père est le vigneron, celui qui prend soin de la vigne, qui l’émonde, la taille, de manière qu’elle porte davantage de fruits.

Et ce commandement de Jésus : « Demeurez en moi, comme moi en vous. » parce que si on est séparé, coupé de la vigne, la sève ne vient plus jusqu’à nous, on ne peut pas porter de fruits, « car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. ».

Ensuite entre Jésus et nous, qui sommes les sarments, les tiges qui portent les raisins : « Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. ». Par contre, « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. ».

Ce sont des paroles fortes, et Jésus n’a pas l’habitude de dire des choses en l’air ! Et pourtant, il semblerait qu’on oublie souvent cette parole ; comme si on n’y croyait pas vraiment : « Ce serait trop beau si c’était vrai ! » … Sans doute parce qu’on ne demeure pas vraiment en Jésus, on écoute ses Paroles, mais on ne les assimile pas dans notre vie …

Jésus a encore dit ailleurs : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. » (Mt 7,7) …

Et ouvrez votre cœur quand Jésus frappe à sa porte : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. » (Ap 3,20) ; Et nous demeurerons ensemble …

En parlant de repas, une autre parole de Jésus : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. » (Jn 6,56)

Ce qui permet de dire que nous avons donc deux manières de demeurer en Jésus, et lui en nous :

– En écoutant et mettant en pratique les Paroles de Jésus.

– En communiant au corps et au sang de Jésus.

Nous retrouvons ici les deux tables liturgiques :

– la table de la Parole, l’ambon, où est proclamée la Parole de Dieu.

– la table de sacrifice, l’autel, où l’on commémore le sacrifice de Jésus.

Mais cela veut dire surtout qu’il faut que nous croyons vraiment à ce que nous disons. Que nous soyons vraiment en osmose avec Jésus, que ce ne soit pas seulement des paroles en l’air de dire que je demeure en Jésus … mais que nous ayons véritablement la volonté de le faire, et que nous le fassions !

Et puis, pour que la relation entre Jésus et nous perdure, pour qu’elle demeure, comme dans toute amitié, il est nécessaire de se parler. Souvent ! Dieu, Jésus nous parle … sans doute bien plus souvent qu’on ne le croit ! Mais il faut aussi que nous, nous parlions à Jésus, à Dieu … comme à un ami … C’est ce qu’on appelle la prière, tout le monde le sait, … mais est-ce qu’on prie assez souvent ?

Seigneur Jésus,

Tu n’as qu’un désir :

demeurer en nous pour que nous portions

les fruits de ton Évangile.

Mais il faut aussi que nous demeurions en toi,

à chaque instant de notre vie …

À nous de faire l’effort …

 

                                     Francis Cousin

   

 

 

Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le titre ci-après:

Image dim Pâques B 5°

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