29ième Dimanche du Temps Ordinaire – par Francis COUSIN (St Luc 18, 1-8)

 

« Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus,

Qui crient vers lui jour et nuit ? »

Pour être sûr que les lecteurs comprennent bien le sens de la parabole que Jésus va donner juste après, Luc commence par préciser celui-ci : « Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager ».

Rien que cette première phrase nous interpelle, parce que pour la plupart d’entre nous, ce n’est pas la grande quantité de nos prières qui risque d’importuner Dieu, mais bien au contraire le faible nombre de celles-ci.

Oh, bien sûr, nous prions Dieu : la messe du dimanche, une petite prière le matin, une autre le soir … et le reste du temps, on fait relâche, ou laisse Dieu tout seul là-haut dans le ciel, et nous, on s’occupe de nos affaires sur la terre.

Et on ne fait pas le lien entre nos affaires et Dieu. Comme si cela n’intéresse pas Dieu.

Pourtant, Jésus nous a dit : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28,20). Et si Jésus est avec nous, Dieu aussi est avec nous. Comment donc Dieu pourrait-il être avec nous sans s’intéresser à ce que nous faisons, sans qu’il n’écoute nos prières ?

Comment alors « Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? »

Crier vers Dieu jour et nuit … Prier vers Dieu jour et nuit …

C’est la même chose, à une lettre près …

Cela montre la nécessité de prier tout le temps. C’est ce que saint Luc met en exergue de l’évangile d’aujourd’hui : « La nécessité pour eux de toujours prier … ». Saint Paul le rappelait aux Thessaloniciens : « Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance » (1 Th 5,16-18).

Mais saint Luc ajoute : « sans se décourager ». C’est sans doute ce qui nous manque généralement : la persévérance dans la prière. Ou plutôt dans une prière ; ne pas avoir peur de faire plusieurs fois la même prière … jusqu’à ce qu’on ait une réponse de Dieu.

Trop souvent, nous voulons une réponse tout de suite. C’est un peu le mal du siècle. Comme si Dieu était à nos ordres. Mais le temps de Dieu n’est pas notre temps ; il attend le moment favorable pour nous, le temps peut-être que nous murissions notre projet, le temps que nous réitérions notre prière, une fois, deux fois, … x fois, pour être vraiment sûr que c’est cela que nous voulons, avant de nous donner une réponse.

C’est ce qui se passe avec la veuve de l’évangile. À force de réclamer la même chose au juge, celui-ci lui donne raison.

Saint Luc avait déjà parlé de l’insistance dans la prière, avec cet homme qui reçoit à l’improviste un ami en pleine nuit et qui n’a pas de pain à lui offrir. Il demande à un voisin de lui en donner, mais celui-ci refuse : « “Ne viens pas m’importuner ! La porte est déjà fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose.” Eh bien ! je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut » (Lc 11,7-8).

N’ayons donc pas peur de demander une chose à Dieu avec insistance, sans se décourager, persévérant envers et contre tout. C’est en faisant comme cela que va se manifester notre foi, l’épaisseur de notre foi.

Mais quand on voit le niveau général de notre persévérance dans la prière, on ne peut que comprendre l’inquiétude de Jésus : « le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il encore la foi sur la terre ? »

Seigneur Jésus,

Tu veux que nous te prions sans cesse,

que nous soyons toujours en relation avec toi.

Mais nous ne pensons à toi

que de temps en temps.

Nous t’oublions, souvent par paresse

plus que par rejet de toi.

Nous avons peur de te déranger,

alors que tu ne demandes que cela !

Parce que tu nous aimes.

 

Francis Cousin

  

 Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le titre suivant :

Prière dim ordinaire C 29°




29ième Dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN

 La prière 

Lc 18, 1-8

Le geste de Moïse dont on tient les bras levés vers Dieu pour la prière, durant une bataille, peut nous paraître naïf et proche de la magie. En fait, il contient une profonde vérité de foi : tout ce que nous faisons, c’est Dieu qui nous donne le pouvoir de le faire. Et Jésus ne nous dira pas autre chose : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ».

Moïse en était convaincu, il persévérait dans la prière tandis que Josué combattait dans la plaine, car la prière ne dispense pas d’agir, mais l’action ne dispense pas de prier.

 « Laisser tomber les bras ». Voilà une expression que nous employons encore pour parler de quelqu’un qui n’y croit plus, qui renonce : « Il a baissé les bras ». Moïse, lui, n’a pas baissé les bras, il a tenu dans la foi, il a persévéré dans la prière jusqu’au bout… Aussi, à travers ce geste de Moïse, c’est la question de la foi qui nous est posée.

Sur qui comptons-nous ? Sur Dieu ? Ou seulement sur nous-mêmes ? Est-ce-que nous nous estimons assez forts pour nous passer de lui ? Et c’est tout le sens de la dernière phrase de l’Evangile d’aujourd’hui. Une question à laquelle Jésus ne répond pas parce qu’il ne peut pas répondre à notre place.

« Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? »

A voir le petit nombre que nous sommes à prier, chaque dimanche, la question se pose en effet et nous-mêmes, dans nos journées, quelle place laissons-nous à la prière ?

Il faut avoir vécu en pays musulman, avoir été témoin de la prière d’un peuple, pour mesurer avec honte à quel point nos sociétés  occidentales  sont  des “déserts  de  Dieu”. Psichari, un officier français, écrivait  après  un voyage au  Maroc : « Tu ne sais  pas ce que c’est que de vivre dans un pays où tout le monde prie ». Et vous connaissez peut-être la maxime de Gandhi : « La prière est la clé du matin et le verrou du soir ».

Frères chrétiens, avons-nous un rendez-vous quotidien avec Dieu ? Oh ! Je sais, on dit « Je n’ai pas le temps », ayons plutôt le courage de reconnaitre « Je ne prends pas le temps ». Prier, c’est d’abord “prendre du temps pour Dieu”, lui accorder un peu de notre temps parce que nous estimons que c’est vital pour notre foi. Vous le savez bien, si on aime quelqu’un, on prend le temps d’être avec lui, de l’écouter, de lui parler, de l’aimer.

La prière est ce “Rendez-Vous” avec Dieu. Elle nous rend présents à Dieu, elle nous expose au rayonnement de son amour. On prend bien des “bains de soleil”. Certaines personnes passent des heures et des heures sur la plage pour bronzer-idiot. Il serait plus utile de prendre des “bains de Dieu”. Notre âme n’en sera pas bronzée, mais plus forte, plus solide dans sa foi.

 Au milieu de l’agitation trépidante de notre vie, la prière est également un “bain de silence” qui permet une décantation de nous-mêmes, comme une eau qui lorsqu’elle est au repos, se clarifie peu à peu, et alors, mais alors seulement, nous pouvons entendre Dieu qui nous parle doucement.
Son Esprit nous souffle la direction à prendre, nous éclaire sur la voie à suivre, purifie notre regard et notre cœur, pour mieux voir et mieux juger ce que nous faisons et aussi ce que nous devons faire, en nous-mêmes et avec les autres. Nous découvrons alors l’action de Dieu  à travers les événements, à travers notre histoire à nous. La prière apaise notre cœur, nous remplit d’indulgence pour nos proches, fortifie notre volonté à les servir, la vraie prière nous relie à Dieu mais aussi aux autres…

 

Souvent nous avons une fausse idée de la prière : nous adressant à Dieu, nous croyons que notre prière va le fléchir, le faire changer d’avis, le mettre à notre service comme ce juge avec cette veuve qui insiste. En fait, ce n’est pas nous qui mettons Dieu à notre service, c’est le contraire qui se produit dans la vraie prière : nous nous mettons au service de Dieu. Nous ne changeons pas Dieu, c’est Dieu qui nous change, qui nous modifie, qui nous modèle à son image comme pour une nouvelle création intérieure. Ce n’est pas nous qui agissons sur Dieu, c’est Dieu qui agit sur nous, en nous, pour nous rendre un peu mieux, un peu plus : fils du Père. Si bien que dans une vraie prière, nous avons moins à parler qu’à écouter. « Parle Seigneur, ton serviteur écoute », disait Samuel à Dieu.

C’est à lui de parler, ce n’est pas tellement à nous ! Et Dieu n’attend que cette ouverture pour nous remplir de sa lumière, de son amour, de sa force. Julien Green, dans son journal, compare Dieu à l’eau arrêtée par le barrage de notre égoïsme et qui, dès que le barrage cède, s’engouffre avec force, avec fougue, dans la vallée de nos existences.
Mais c’est peut-être cela qui nous fait peur : n’être plus le maître de nos vies pour laisser le Seigneur l’envahir d’abord et ensuite la diriger : « Celui qui veut protéger sa vie la perdra, celui qui consent à l’exposer la sauvera ». Il sait de quoi nous avons besoin tout comme il savait pourquoi Moïse avait les bras levés tandis que Josué combattait mais il désire notre persévérance, notre insistance, notre foi dans la prière  comme cette veuve  avec ce juge qui pourtant n’est pas comme Dieu, puisque lui, c’est par lassitude qu’il consent à rendre justice à cette veuve, tandis que notre Père ne nous fera pas attendre pour nous rendre justice.

La prière est à la mesure de notre foi : elle se prolonge et dans ce cas, elle a raison du cœur de Dieu, comme pour Moïse qui avait bien de la peine à maintenir ses bras tendus vers Dieu. Dans la difficulté de la prière, aurions-nous tendance à baisser les bras ? Savons-nous nous ménager des moments de prière, seul, en foyer, mari et femme, en famille aussi avec les enfants ? Car ne l’oublions pas, il y a une grâce spéciale à prier ensemble : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ».

Chaque dimanche, l’Eglise nous rassemble pour la prière par excellence, celle de la messe, celle de l’Eucharistie où c’est Jésus-Christ lui-même qui vient au milieu de nous pour prier pour nous son Père du ciel. Prière variée que celle de la messe qui nous rassemble aussi pour le pardon, la louange, l’action de grâces, l’adoration.

Chaque semaine, l’Eglise nous apprend à donner du temps à Dieu dans une prière communautaire : que cela nous entraîne à une prière personnelle chaque jour.  AMEN




29ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Luc 18, 1-8)

Confiance en l’Amour (Lc 18,1-8) !

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager :
« Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes.
Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : “Rends-moi justice contre mon adversaire.”
Longtemps il refusa ; puis il se dit : “Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne,
comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.” »
Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice !
Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ?
Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

        

            « Dieu est Amour » (1Jn 4,8.16), un Amour infini, sans limite… Et « c’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour » (Ste Thérèse de Lisieux).

            Pour nous inviter à cette confiance, le Seigneur va prendre ici l’image d’un juge « qui ne respectait pas Dieu et se moquait des hommes ». Malgré sa fonction, rendre la justice était donc le dernier de ses soucis ! Mais une veuve, c’est-à-dire quelqu’un qui, dans sa vulnérabilité et sa fragilité, avait tout particulièrement besoin de justice, saura insister et insister encore pour que justice lui soit rendue. Et ce juge répondra finalement à sa demande, non pas pour être fidèle à sa charge, mais par pur égoïsme. Plus personne en effet ne viendra lui casser les oreilles, il sera enfin tranquille…

            Or Jésus emploie ici la technique du contraste pour faire grandir en nous la confiance en notre Dieu et Père. Si la justice a finalement été rendue dans un tel contexte, combien plus le sera-t-elle dans le cadre de notre relation à Dieu, Lui le seul vrai Juge, Lui qui n’est que Justice et qui n’a qu’un seul désir : accomplir toute justice. Or, ce qui est juste pour l’Amour, c’est que l’Être aimé soit bien, au sens fort du terme. Quelle que soit en effet la situation dans laquelle nous nous trouvons, l’Amour ne poursuit toujours qu’un seul et même but : notre bien le plus profond, un bien dont nous n’avons peut-être pas vraiment conscience et que nous découvrirons au fur et à mesure que nous l’expérimenterons. Et là nous comprendrons à quel point il est le fruit gratuit de l’Amour !

Le Seigneur nous invite donc ici à la confiance en son Amour : Lui sait mieux que nous mêmes ce qui est vraiment bon pour nous. Si nous demandons et demandons encore dans la prière ce qui nous semble bien pour nous ou pour un proche, et si ce que nous demandons n’arrive pas, osons nous remettre en question… Osons alors faire confiance en l’Amour : sa solution ne peut qu’être meilleure que la nôtre. Nous ne voyons souvent en effet que le bout de notre nez, alors que Dieu lui voit au-delà du temps et de l’espace… « Je vais prier pour que la Sainte Vierge diminue votre oppression », dit une Sœur à Thérèse de Lisieux, malade de la tuberculose. Réponse immédiate : « Non, il faut les laisser faire là haut »…

« À Celui dont la puissance agissant en nous est capable de faire bien au-delà, infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons demander ou concevoir, à Lui la gloire, dans l’Église et le Christ Jésus, pour tous les âges et tous les siècles ! Amen » (Ep 3,20-21).

                                                                                                                                  DJF

 

 




Rencontre autour de l’Évangile – 29ième Dimanche du Temps Ordinaire

“ Le Fils de l’homme, quand il viendra,

trouvera-t-il la foi sur la terre ?”

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Lc 18, 1-8)

Bien avant nous, les disciples de Jésus se décourageaient de prier. Or, au moment où Jésus leur parle, il monte à Jérusalem, vers son agonie, où sa prière éprouvera le silence du Père. Par conséquent, son invitation à la prière instante prend pour nous une force extraordinaire.

Et il faut aussi noter que les chrétiens pour qui Luc écrit son Evangile, vivent dans les persécutions, et le retour glorieux du Christ tarde à venir. Leur foi est mise à l’épreuve.

Et soulignons les mots importants 

veuve : Que représente cette veuve que Jésus met en scène dans sa parabole ?

Je ne respecte pas Dieu

Je me moque des hommes

Ses élus : Qui saint Luc désigne par ce mot ?

Qui crient vers lui : Dans la Bible la prière est souvent un cri : que signifie l’expression, “ jour et nuit ” ?

Sans tarder : Pourtant ne nous arrive-t-il pas souvent de penser que Dieu reste silencieux et tarde à nous exaucer ? Dieu serait-il comme ce juge dont parle Jésus ?

Le Fils de l’homme : De qui Jésus parle-t-il ?

Quand il viendra : De quelle venue parle Jésus ?

Trouvera-t-il la foi sur le terre ? Comment réagissons-nous devant cette interrogation de Jésus ?

 

Pour l’animateur  

  • Prier sans se décourager : la vraie prière chrétienne est un acte de foi, qui prend souvent la forme d’un combat : combat contre une fausse idée de Dieu que nous voudrions mettre à notre service, combat contre la paresse, contre la tentation de faire autre chose parce qu’on a l’impression de perdre son temps.

  • Dans la bible, la veuve, tout comme l’orphelin, est le type de la personne sans défense, qui n’a plus rien à perdre.  L’attitude de la veuve persévérante va transformer le comportement du juge qui “ ne respecte pas Dieu et se moque des hommes ”, c’est à dire qui  est sans foi ni scrupule pour qui la justice semble être le dernier de ses soucis. Il va répondre finalement à la veuve seulement pour avoir la paix.

  • Si un juge qui se moque de la loi divine et des détresses humaines fini par céder aux instantes prières d’une veuve, combien plus Dieu le juste juge écoutera-t-il les supplications et les cris incessants des  élus, c’est à dire des chrétiens.

  • Crier vers Dieu jour et nuit: si la réclamation persistante de la veuve a le don d’exaspérer ce juge sans scrupules, combien plus la prière persévérante n’aura-t-elle d’effet sur Dieu qui est un Père, plein de bonté, sensible aux cris de ses enfants, à leur tentation de désespoir.

Le Fils de l’homme : C’est le titre que Jésus se donne quand il parle du dernier jour,  quand il viendra dans la gloire à la fin des temps. Au début de l’Eglise, le retour de Jésus dans la gloire et la venue du Royaume se faisaient attendre et étaient sans cesse dans la prière des chrétiens. “ Marana tha ”.

Trouvera-t-il la foi sur la terre ?  Cette question de Jésus laisse transparaître son inquiétude. Pourquoi prions-nous ? Pour changer Dieu ? Ou pour que la prière nous transforme et nous aide à entrer avec foi dans son projet sur nous et sur les autres : et son projet n’est pas toujours dans la ligne de notre volonté. La perte du sens de la prière est le signe d’une diminution de la foi : et c’est cela qui justifie l’inquiétude de Jésus. Si la vie de foi des chrétiens n’est pas nourrie par une prière incessante, Jésus ne trouvera aucune fidélité parmi ceux qui prétendront être de son côté.

  • Sans tarder : Nous voulons être efficaces, voir vite le résultat de notre prière et de nos engagements. Nous sommes peut-être scandalisés par l’apparente indifférence de Dieu : que fait-il? pourquoi n’intervient-il pas pour…arrêter le terrorisme, la violence, la souffrance des innocents…? Dieu respecte la liberté humaine, et nous croyons que l’Esprit Saint travaille au cœur du monde…mais nous ne le voyons pas ! épreuve pour notre foi.

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Jésus, tu as crié vers le Père, avec des larmes, au jour de ton agonie. Ta prière, en apparence, n’a pas été exaucée dans la lutte et la solitude de Gethsémani. Mais, pas un instant tu as douté de l’amour de ton Père. “ Pas ce que je veux, mais ce que tu veux ”, c’était ton abandon confiant et total à son amour. Et il t’a répondu par la Résurrection d’entre les morts. Parfois nous nous décourageons dans notre prière. Nous avons besoin de crier vers toi avec un cœur de pauvre, sans nous lasser, comme cette veuve dont tu nous parles.

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS

La Parole aujourd’hui dans notre vie 

Prier est-il une priorité dans ma vie ? Quel temps je lui consacre ?

Ma prière est-elle persévérante comme celle de la veuve ?

Devant le silence de Dieu, l’abandon est une tentation : Quelle est notre attitude devant les lenteurs ou les silences de Dieu ?

Il est dur de vivre ce temps de la “ patience de Dieu ”, d’attendre “ les cieux et la terre nouvelle ”. Quelle est notre espérance ? “ Quand nous chantons à chaque messe “nous attendons ta venue dans la gloire ”, le croyons-nous vraiment ?

Mais cette venue de Jésus et de son Royaume ne doit pas nous laisser les bras croisés : est-ce que notre prière et notre espérance éclairent chacune de nos journées et nous aide à changer tout ce qui ne va pas dans notre monde ?

 Quelle est notre idée de Dieu ?

“ Dis-moi comment tu pries, je te dirai quel est ton Dieu ! ”

ENSEMBLE PRIONS 

  • Nous te prions, ô Maître, sois notre secours et notre soutien.

              Ref. Nous te prions Seigneur.

  • Les affligés, sauve-les, les humbles, prends-les en pitié. Ref.

  • Ceux qui sont tombés, relève-les, à ceux qui sont dans le besoin, révèle-toi.

  • Les malades, guéris-les, les égarés de ton peuple, ramène-les.

  • Rassasie ceux qui ont faim, délivre ceux qui sont prisonniers.

  • Que tous les peuples reconnaissent que tu es le seul Dieu,  que Jésus Christ est ton Fils, que nous sommes ton peuple et les brebis de ton pâturage.

 

Pour lire ou imprimer le document en PDF cliquer ici : 

29ième Dimanche du Temps Ordinaire

 




28ième Dimanche du Temps Ordinaire – par Francis COUSIN (St Luc 17, 11-19)

« Suivre la loi … ou rendre grâce. »

Une bande de dix lépreux : neuf juifs et un samaritain.

Les lépreux, du fait de la contagion possible, ne pouvaient pas vivre avec les autres gens ; et pour s’aider les uns les autres, et peut-être se soutenir le moral, ils avaient l’habitude de se rassembler. Ce qui peut expliquer qu’on trouve un samaritain dans le groupe, car habituellement, « les juifs ne fréquentent pas les samaritains » (Jn 4,9). C’est la maladie, leur exclusion de la société qui a fiat qu’ils se retrouvent ensemble.

Le groupe arrive devant Jésus, et lui demande de l’aide. Alors Jésus les envoie se présenter aux prêtres, donc à Jérusalem, dans le temple. En leur donnant cet ordre, Jésus ne fait que suivre la loi de Moïse qui donne aux prêtres seuls le pouvoir d’attester de la guérison de la lèpre et rendre aux anciens malades toute leur dignité (cf. Lev 14,2-32).

Confiant dans la parole de Jésus, tous partent vers Jérusalem. En cours de route, tous sont purifiés. Les neuf juifs continuent leur route vers Jérusalem afin que leur guérison soit attestée. Ce faisant, ils obéissent à la loi et à l’ordre de Jésus, tout heureux de pouvoir être reconnus comme en bonne santé et enfin suivre une vie normale au sein de la société. Ils ne pensent qu’à eux-mêmes.

Quant au Samaritain, ayant été guéri et ayant donc retrouvé sa dignité, il ne continue pas vers Jérusalem où il aurait été sans doute malvenu. Il revient donc vers Jésus pour le remercier, « en glorifiant Dieu à pleine voix. ». Mais il ne va pas remercier Jésus à la sauvette, il se jette vers lui face contre terre en lui rendant grâce. Ce faisant, il reconnaît en Jésus le Dieu qui l’a guéri, il rend grâce à Jésus.

Bien sûr, Jésus est déçu que tous ne soient pas venus le remercier, et le fait savoir. Les neuf juifs auraient pu revenir en arrière pour le remercier et ensuite seulement partir à Jérusalem, … Ils n’étaient pas à quelques heures près vu le cadeau qu’ils avaient reçu …

Alors Jésus relève le Samaritain et lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. »

Quelle chance pour le Samaritain : non seulement il a été guéri, mais Jésus lui annonce que, dès maintenant, une place lui est réservée dans le Royaume des Cieux.

Tout ça, simplement pour un merci. Appuyé, certes, mais quand même …

Et nous, comment nous situons-nous ?

Ne sommes-nous pas trop souvent dans le groupe de ceux qui estiment normal que Dieu nous ait donné tout ce que nous avons : la naissance, la santé, divers dons : le chant, la danse, la peinture, nos capacités intellectuelles … et qui ne pensent pas à remercier Dieu pour ses bienfaits, ou si peu …

Ne considérons-nous pas souvent tous ces dons comme étant le fruit de notre travail : Si je chante bien, c’est parce que je m’entraîne, je prends des cours … si j’ai réussi mes examens, c’est parce que j’ai travaillé … et on oublie de se demander pourquoi j’ai une belle voix, pourquoi j’ai des facilités intellectuelles …

Comme nous avons du mal à dire merci, un vrai merci, pas un merci-par-habitude ! Que ce soit entre nous les humains d’abord … et aussi à Dieu !

Et pourtant, un merci peut changer tellement de choses ! La preuve avec le Samaritain !

Seigneur Jésus,

Tu es tellement généreux

que tu donnes sans compter,

à tous les humains …

et nous pensons que cela vient d’un tel,

ou même de notre travail, de nous-même.

Et nous oublions de te remercier !

Pardon Seigneur !

 

Francis Cousin

  

 Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le titre suivant;

Prière dim ordinaire C 28°




28ième Dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN

Les  dix  lépreux

Lc 17, 11-19

Les miracles de Jésus ne sont pas à mettre tous sur le même pied. Jésus ne veut jamais en faire une manifestation spectaculaire destinée à nous en mettre plein les yeux pour amener notre adhésion au Christ. Chacune des guérisons est opérée dans un contexte particulier. Le miracle, c’est d’abord une action à travers laquelle Dieu se révèle, à travers laquelle Dieu nous parle.

* Allons donc jusqu’à la signification profonde, théologique de ce miracle.

* Que signifie “la lèpre” ? Que signifie ce “retour” vers Jésus d’un seul des guéris ?

* Et  de  quelle  foi s’agit-il lorsque  Jésus  dit  « Ta foi t’a sauvé » ?

Aujourd’hui, il s’agit de dix hommes, lépreux, qui implorent leur guérison. La lèpre est une maladie comme les autres, aujourd’hui “assez facile à guérir”.

Mais attention, cette maladie est tout un symbole : dans la Bible, la lèpre est le symbole terriblement expressif du péché, ce mal qui défigure l’homme : plaies purulentes de la peau, membres rongés peu à peu, visages déformés. Elle a souvent été vue comme un signe du jugement de Dieu pour une faute grave. La lèpre excommunie le malade, il est obligé de s’isoler, de se mettre au ban de la société, obligé de crier “impur, impur” si quelqu’un se dirige vers lui, obligé aussi de vivre en bande, pour ne  pas mourir dans un coin. Dieu, en  créant l’homme, avait rêvé d’un être  beau, merveilleux, « à son  image et ressemblance ». Le vrai visage de l’homme, c’est de ressembler à Dieu qui est amour.

. Hélas ! Ces yeux faits pour s’ouvrir aux autres, les voici obscurcis par la lèpre du péché.

. Hélas, ces mains faites pour travailler et pour donner, les voici rongées par la lèpre de la paresse et de l’avidité.

. Hélas, ce cœur fait pour aimer, le voici défiguré par le hideux égoïsme et l’orgueil.

Le lépreux est un paria dans tous les sens : guérir un lépreux, ce sera donc le réintégrer dans la société, lui redonner ses droits de citoyen, c’est aussi l’absoudre : car cette maladie est le symbole d’un mal spirituel.

Plutôt que de les guérir tout de suite, Jésus va mettre leur foi à l’épreuve : tout comme Naaman, en la 1ère lecture, à qui il est demandé de se laver sept fois dans le Jourdain, Jésus leur dit : « Allez  vous montrer aux prêtres ».

Notez bien qu’ils ne sont pas guéris ! C’est donc un pur acte de foi que de quitter Jésus et d’aller vers Jérusalem, en étant toujours lépreux. Or, “en cours de route”, ils furent purifiés.

Au lieu de les guérir instantanément, il demande à ces pauvres malheureux de partir, comme ils sont, avec leur affreuse maladie. Jésus met leur foi à l’épreuve.

Souvent, pour nous aussi, nous demandons une grâce au Seigneur, mais tout ne vient pas tout de suite ! Il y a une mise à l’épreuve, traversée de nuits de souffrance, sans rien comprendre. A ces lépreux, que Jésus envoie sans les guérir encore, il semble dire : « Croyez-vous en moi ? » « Etes-vous capables de me faire confiance “sur parole” ? »

Il nous faut, nous aussi, poursuivre notre chemin avec “la seule” promesse de Dieu.

« L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en le remerciant ».

Ce geste de grande prostration, nous voyons le faire en Orient ou par des jeunes à Taizé par exemple. Nous, Occidentaux, nous avons perdu l’habitude de le faire et pourtant, c’est le geste typique de l’adoration. Dans  notre  société  sécularisée, technicisée, nous  finissons  par  penser  que  c’est  par nous-mêmes et grâce à notre compétence, à nos calculs, que nous devons ces biens dont nous regorgeons.

Le prosternement jusqu’à terre, dans la Bible, signifie qu’on reconnaît la gloire de Dieu et sa grandeur. Or, ici, le lépreux fait ce geste « devant Jésus » : il a senti qu’un grand mystère se cache derrière l’humanité si attachante de Jésus ; l’aurions-nous oublié ?

La seule chose qui comptait vraiment pour Jésus, c’est ce geste-là, aussi lui dit-il: « Ta foi t’a sauvé » et Jésus, remarquons- le, semble tout triste de constater que neuf sur dix de ces hommes n’ont  pas  accédé  à  cette  foi. « Les  lépreux  n’avaient-ils  pas  tous la foi ? » C’étaient  des  Juifs : ils  croyaient certainement “en Dieu” comme on dit, mais sur ces dix croyants, il n’y en a eu qu’un, un seul, à venir adorer Jésus, Dieu en Jésus. On ne le dira jamais assez, la foi chrétienne n’est pas seulement une foi en Dieu : les Juifs, les Musulmans et tant d’hommes qui ont une religion naturelle croient aussi en Dieu. Pour nous, chrétiens, ce qui fait le centre de notre foi et son originalité, c’est que nous croyons au “Corps du Christ” en qui habite corporellement la plénitude de la divinité.

Sommes-nous capables de nous mettre “la face contre terre” devant  l’apparence  d’une  petite  hostie ? « Mon  Seigneur et mon Dieu », geste humiliant pour nos suffisances humaines : geste de foi qui nous sauve, qui nous purifie de notre lèpre. « Les neuf autres, on ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu ». N’est-on pas en train de perdre actuellement tout ce sens de ce qui s’appelle “le culte”, l’adoration, la glorification de Dieu, la louange de Dieu. On a tellement insisté, et c’était nécessaire de le faire, sur l’amour du prochain, l’amour de l’autre, que l’on ne pense plus à la louange de Dieu lui-même. Cet abandon massif des chrétiens à la messe du dimanche n’est-il pas le signe de la perte de la louange  de Dieu ?

Il est vrai que nos liturgies ont encore beaucoup de progrès à faire pour être, ou essayer d’être, une louange digne de Dieu. Mais ce n’est pas la vraie raison. On dit encore : « Oh ! Les non-pratiquants sont meilleurs que nous ». Excellente raison, n’est-ce-pas pour faire nombre avec eux : cela nous dispensera de la messe du dimanche. Derrière tout cela, quelle ignorance de l’importance du culte et de la louange de Dieu ! Cette eucharistie à laquelle nous participons  est  devenue  l’action  de  grâce  par  excellence :

« Par lui, avec lui, en lui, par lui », Jésus devient la louange parfaite du Peuple de Dieu.

Merveille : nous avons été créés par Dieu.

Merveille : nous avons été recréés, sauvés par lui.

Alors, où est notre reconnaissance ? De quelle façon allons-nous l’exprimer ? On a dit que le concile avait renouvelé la liturgie, a négligé l’essentiel : c’est mal comprendre l’importance de l’action de grâces. Cette messe est la source et le sommet de toute vie chrétienne, c’est le cœur du message de Jésus : « Faites ceci en mémoire de moi ».

La   perte   du  sacré  est  tout  simplement  une  catastrophe : elle signifie  que  l’homme  ne  sait  plus  s’émouvoir  devant  la magnificence des dons de Dieu et quand on ne sait plus admirer son Seigneur, on n’est pas loin de l’indifférence, du mépris, de l’ingratitude.

Devant le petit nombre de chrétiens qui vivent de l’eucharistie, de 6 à 12% à la Réunion, on est tenté de dire, comme Jésus « Et les neuf autres où sont-ils ? N’ont-ils pas été tous guéris ? Rachetés ? »

« Oui, Seigneur, tous ont été sauvés, mais il ne s’en est trouvé qu’un, quelques-uns, pour faire demi-tour pour venir manifester leur reconnaissance, pour t’adresser leur louange ».

Sommes-nous de ceux qui reconnaissent tout ce que Jésus a fait  pour nous ? Faisons-nous demi-tour pour venir l’adorer ? AMEN




28ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Luc 17, 11-19)

Jésus révèle « le Père des Miséricordes » (Lc 17,11-19)…

En ce temps-là, Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la région située entre la Samarie et la Galilée.
Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s’arrêtèrent à distance
et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. »
À cette vue, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés.
L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix.
Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain.
Alors Jésus prit la parole en disant : « Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ?
Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! »
Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »

        

           A l’époque de Jésus, les Samaritains, lointains descendants des Israélites du Royaume du Nord, étaient les ennemis jurés des habitants de la Galilée et de la Judée. Et nous voyons ici le Juif Jésus « traverser la Samarie » pour aller à Jérusalem ! « Dieu est Amour » (1Jn 4,8.16) et l’Humanité n’a qu’un seul Créateur et Père. Tout homme est enfant de Dieu, par le simple fait qu’il existe, et Jésus est venu reconstruire cette immense Famille pour lui donner de pouvoir se retrouver « là » où elle est si fortement attendue : dans la Maison du Père, conviée à s’asseoir à la table du Père pour une éternelle Fête de Famille…

            La maladie était regardée autrefois comme la conséquence du péché. Ces dix lépreux nous représentent donc tous. Ils s’approchent d’ailleurs de Jésus et lui disent, non pas « Guéris-nous », mais : « Jésus, Maître, fais-nous miséricorde ». Une telle prière ne peut qu’être exaucée : Jésus est venu pour cela, aussi grave que puisse être notre état. La Miséricorde de Dieu, en effet, est infinie, sans limite, inépuisable. Et ce sont les plus grands pécheurs, les plus grands blessés de la vie, qui, dans l’Amour, sont appelés à recevoir le plus. Les derniers sont déjà, pour Dieu, les premiers.

            Jésus ne va leur demander qu’une seule chose : la confiance. En effet, ils ne sont pas guéris tout de suite, et pourtant il va les inviter à partir vers les prêtres chargés de constater leur guérison (Lv 14) ! Et les dix vont croire et partir… Mais quel est l’objet de leur foi ? Croient-ils simplement que Jésus est un formidable guérisseur comme nous, nous pouvons faire confiance en tel médecin, en tel chirurgien ?

            « En cours de route, ils furent purifiés ». Jésus est réellement formidable, et l’aventure va s’arrêter là pour neuf d’entre eux… Un seul, un Samaritain – donné ici en exemple à un auditoire Juif ! – va revenir vers cet homme appelé Jésus « en glorifiant Dieu à pleine voix ». Avec lui, nous ne sommes donc plus dans la seule confiance humaine, mais dans celle qui, adressée à Dieu, s’appelle « la foi ». Et il se prosterne devant Jésus « la face contre terre » comme on le fait devant Dieu seul… A-t-il reconnu en Jésus ce Dieu Fils Unique venu nous rejoindre en notre humanité ? Le texte ne le dit pas… Mais quoi qu’il en soit, à travers sa relation avec le Christ, sa vie est maintenant tout entière tournée vers Dieu dans l’action de grâce. Il l’a reconnu à l’œuvre dans sa vie, il a été l’heureux bénéficiaire de sa Tendresse et de sa Bienveillance, il se tourne maintenant de tout cœur vers Lui pour lui dire : « Merci ! ». Et c’est dans cette attitude de cœur qu’il sera le seul parmi les dix lépreux guéris à entendre une parole qui va bien plus loin que la seule guérison physique : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. » Dorénavant, la Vie de Dieu, par sa foi et dans la foi, sera aussi quelque part la sienne, en attendant le plein accomplissement promis, au Ciel, dans la Maison du Père…            DJF




Rencontre autour de l’Évangile – 28ième Dimanche du Temps Ordinaire

“ Relève-toi et va :

ta foi t’a sauvé ”

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Lc 17, 11-19)

N’oublions pas que Jésus est en route vers Jérusalem où il va donner sa vie pour nous guérir de nos péchés et nous réconcilier avec le Père.

Et soulignons les mots importants 

Lépreux : Réalisons-nous quel était le sort des lépreux dans la société juive du temps de Jésus ?

S’arrêtèrent à distance : Pourquoi ?

Crièrent : Quel est le sens de ce cri ?

Prends pitié de nous : Quand est-ce que l’Eglise nous fait faire cette supplication des lépreux ?

Allez-vous montrer aux prêtres: Jésus ne dit rien d’autre aux lépreux, il ne fait aucun geste de guérison. Et les lépreux suivent ses instructions  et en cours de route ils sont purifiés : qu’est ce que cela nous apprend de la Parole de Jésus, et de la foi des lépreux ?

Purifiés : De quelle purification s’agit-il ?

La face contre terre  aux pieds de Jésus : que signifie ce geste? Qu’est-ce qui est admirable chez cet homme qui fait demi-tour et revient vers Jésus ? Pourquoi Jésus est surpris ?

Samaritain : Jésus dit de lui : “cet étranger ” : est-ce que nous nous rappelons pourquoi ?

Que veut souligner Jésus en admirant la reconnaissance du Samaritain ? Est-ce que cela ne nous rappelle pas une parabole ?

Rendre grâce, Rendre gloire à Dieu : Ces deux expressions expriment deux attitudes importantes des chrétiens. A quel moment surtout nous les exprimons ?

Ta foi t’a sauvé : Seul le Samaritain entend  cette parole de Jésus.  Etre guéri et être sauvé : quelle différence ?

 

Pour l’animateur 

  • Les lépreux : c’était les exclus les plus malheureux de l’époque, considérés comme des pécheurs maudits par Dieu, des hommes impurs. Ils devaient avoir les habits déchirés, les cheveux dénoués et crier “ impur ! impur !” quand ils rencontraient quelqu’un. La lèpre n’était pas considérée comme une simple maladie, mais comme une impureté religieuse liée à une vie de péchés. Ils vivaient en dehors de la communauté d’Israël.

  • La guérison d’un lépreux s’appelaitpurification et la loi juive chargeait les prêtres de faire un constat de guérison pour tout lépreux purifié de sa lèpre.

  • Pourtant Jésus ne fait aucun geste de guérison et la purification n’est pas instantanée. Jésus se soumet docilement aux autorités de son pays. Il faut donc déjà beaucoup de foi (confiance) à ces dix malades pour se rendre au Temple et faire constater une guérison qui ne s’est pas encore produite.

  • Saint Luc souligne aussi la puissance de la Parole de Jésus. Et la purification signifie également que ces hommes  sont désormais en paix avec Dieu.

  • Alors que neuf continuent leur marche vers le Temple pour se soumettre aux prescriptions de la Loi, un seul juge plus urgent d’aller d’abord remercier Dieu et Jésus. Il manifeste ainsi la vraie foi. Et surprise ! cet homme qui vient se prosterner devant Jésus et le remercier Jésus en glorifiant Dieu, c’est un Samaritain, un étranger, que les juifs méprisaient comme hérétiques. Nous pensons à la parabole (Lc 10, 29…) : c’est un samaritain qui est cité en exemple.

  • Et Jésus déclare que seul le Samaritain reconnaissant a été sauvé : car le salut est bien plus que la guérison. Car la guérison ne débouche sur le salut complet de tout l’être humain que s’il reconnaît l’initiative gratuite de Dieu à son égard,  et s’il répond en s’engageant dans une relation avec Jésus : voilà  la vraie foi. Se contenter de jouir de la guérison corporelle, c’est s’arrêter en chemin.

  • Dans l’Eucharistie, nous crions vers le Christ “Jésus, Prends pitié de nous” parce que nous sommes atteints par la “lèpre ” du péché, et nous glorifions le Père et nous lui rendons grâce parce que nous sommes purifiés et sauvés par Jésus qui s’offre pour nous. A chaque fois, Jésus nous dit : “ Relève-toi, va ta foi t’a sauvé ! ” Glorifier Dieu et rendre grâce, c’est l’attitude essentielle du sauvé !

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Jésus n’est jamais indifférent aux détresses humaines. Il est le Dieu plein de d’amour pour ceux qui souffrent. Il voit. Il entend. Il répond. Avec toute l’humanité souffrante, nous crions : “ Jésus, Maître, prends pitié de nous ”. Il voit plus loin que nos maladies corporelles. Il veut guérir notre cœur du péché,  ce mal qui le défigure, comme la lèpre défigure le visage. Le salut nous est acquis et offert par Jésus. Encore nous faut-il le reconnaître et l’accueillir.

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS

La Parole aujourd’hui dans notre vie 

  • Savons-nous comme ces lépreux nous avancer vers Jésus et crier vers lui notre misère de pécheurs ? Comment vivons-nous cette supplication de l’assemblée adressée au Christ au début de chaque eucharistie ? Comment vivons-nous le sacrement de Réconciliation qui nous ramène vers le Sauveur ? Quelle est le niveau de notre confiance en Jésus Sauveur ?

  • Nous sommes tous des hommes guéris par le Christ de la lèpre de nos péchés : comment lui manifestons-nous notre reconnaissance ? Quelle est la qualité de notre merci ? Le mot Eucharistie veut dire “Action de grâce ” : comment vivons-nous nos eucharisties ? 

  • On ne compte plus aujourd’hui les groupes qui prétendent faire des guérisons, et nombreux sont ceux qui font le tour de ces groupes pour chercher une guérison miraculeuse ! Où est la foi au Christ dans tout cela ? 

  • “ Relève-toi”, dit Jésus au samaritain guéri : en quoi cette invitation nous concerne, nous,  aujourd’hui ?

ENSEMBLE PRIONS 

Seigneur, souvent nous sommes ingrat envers Toi : nous prions, nous communions, nous agissons, nous mangeons, nous jouissons d’une bonne santé, nous avons rencontré un bon médecin…mais nous savons si peu contempler, ni remercier…

Chant : Le Seigneur est notre secours (p.186 carnet des paroisses, c.1, 2, 4, 5)

 

On peut aussi inviter à une action de grâce spontanée avec le refrain : “ Tu nous as sauvés, Seigneur, nous te rendons grâce à jamais. ” (p.312)

 

Pour lire ou imprimer le document en PDF cliquer ici : 

28ième Dimanche du Temps Ordinaire

 




27ième Dimanche du Temps Ordinaire – par Francis COUSIN (St Luc 17, 5-10)

« Augmente en nous la foi. »

 

Voilà une demande bien surprenante, car comment peut-on augmenter quelque chose que ne peut pas se mesurer, parce qu’elle est du domaine abstrait.

Certains pensent avoir la foi … mais ceux qui les voient vivre ne s’en rendent pas compte !

D’autres pensent avoir perdu la foi, un peu comme on perd ses clefs. Est-ce toujours vrai ?

La réponse de Jésus est extraordinaire : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : “Déracine-toi et va te planter dans la mer”, et il vous aurait obéi’’. ». Il dit aux apôtres : « Si vous aviez la foi aussi petite que la plus petite graine, une foi minuscule, vous pourriez faire un miracle énorme, que nul homme ne peut faire ! »

En gros, il ne s’agit pas d’augmenter la foi. Car quel miracle pourrait-on faire avec plus de foi ? La foi, on l’a ou on ne l’a pas.

Au père d’un enfant envahi par un esprit mauvais qui lui demandait s’il pouvait faire quelque chose, Jésus a répondu : « Si tu peux”… ? Tout est possible pour celui qui croit. » (Mc 9,23).

Il est vrai que dans la vie courante on utilise souvent cette expression. Mais peut-être qu’on se trompe de vocabulaire. Avoir foi en Jésus, c’est croire en lui ; et comment se manifeste cette croyance, cette foi ? Dans la confiance qu’on a en Jésus, en Dieu.

La question de la foi se pose pour nous généralement quand il nous arrive des difficultés, et on se dit : « Pourquoi m’arrive-t-il cette chose ? », « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Ps 22,2), « Dieu oublierait-il d’avoir pitié ? » (Ps 76,10).

Et ces questions-là portent davantage sur la confiance qu’on a envers Dieu. Et on pourrait les remplacer par : « Mon Dieu, aide-moi à te faire confiance malgré tout. »

C’est ce que Jésus reproche à ses apôtres, le manque de confiance, lors de la tempête apaisée : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » (Mc 4,40).

Marie, « celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » (Lc 1,45), a permis un grand miracle : la conception de Jésus parle Saint Esprit.

D’autres saints ont été à l’origine de grands miracles par leur totale confiance en Dieu.

Confiance en Dieu, mais pas seulement : aussitôt après, Jésus parle du service comme une habitude à prendre : « Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir. ».

Qui sommes-nous devant Dieu ? Pas grand chose ! Nous devons accepter l’humilité de se reconnaître petit devant Dieu, et nous mettre à son service.

Croire, c’est avoir confiance en Dieu, et se mettre totalement au service de Dieu.

C’est ce qu’ont fait la plupart des missionnaires, ceux qui ont permis l’implantation de la Parole de Dieu dans de nouvelles contrées.

Ils ont mis leur confiance en Dieu pour oser partir dans ces régions inconnues, vers des gens qu’ils ne connaissaient pas, avec des langues inconnues et des manières de vivre inconnues.

Et une fois sur place, ils se sont fondus dans la vies des gens, en leur rendant service, au niveau sanitaire (création de dispensaires, puis d’hôpitaux), au niveau éducation (création d’écoles), et puis ils ont pu leur parler de Dieu, de celui qui les faisaient vivre, de celui qu’ils priaient, de celui qu’ils aimaient …

Confiance en Dieu, service des autres, amour de Dieu et des autres : c’est tout ce qu’il faut pour être missionnaire … même encore maintenant, dans nos familles, dans nos quartiers … parce que la mission n’est jamais terminée.

Seigneur Jésus,

Souvent nous crions comme les apôtres :

augmente en nous la foi !

Mais ce n’est pas toi qui peut le faire pour nous.

C’est à nous de faire les efforts

pour avoir une confiance totale en toi,

pour nous mettre à ton service,

pour t’aimer comme tu nous as aimés.

Nous allons essayer !

 

Francis Cousin

 

 

PRIONS: Père Céleste, Toi qui sonde les reins et les cœurs, Tu sais que bien souvent, même si notre orgueil nous pousse loin de Toi, nous voulons t’aimer.

   

 Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le titre suivant;

Prière dim ordinaire C 27°




27ième Dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN

Augmente en nous la foi

Lc 17, 5-10

Il semble bien que cette fois, les apôtres, qui pourtant ne comprennent pas toujours les paroles de Jésus, aient tapé dans le mille. Souvent, ils posent des questions à côté, souvent, ils interprètent mal. Souvent, ils ne comprennent pas et là, j’allais dire,  “pour une fois”, ils semblent poser la bonne question, la bonne demande : « Seigneur, augmente en nous la foi ! » Voilà le point central de notre vie chrétienne : tout dans notre vie devrait être régi, suscité, conduit par la foi.  A tel point qu’un chrétien qui baisse les bras, avoue aux autres : «  Je n’ai plus la foi », tandis qu’un autre qui redécouvre le Christ va dire : «  J’ai retrouvé la foi ». Seule la foi nous ouvre à cet autre monde dont nous sentons bien qu’il est déjà présent en nous et autour de nous. Elle nous ouvre à ces réalités divines et transcendantes, au-delà de toute rationalité scientifique et cette foi-là, il faut bien le reconnaître, elle n’est pas facile, elle n’est pas évidente et même telle ou telle personne de bonne volonté que nous avons rencontrée à côté de nous, nous a dit parfois : « Je cherche, je suis en recherche, mais je n’ai pas encore la foi ».

Car, voyez-vous, cette foi-là, elle ne vient pas de nous. Elle est un don, un don gratuit de Dieu. Elle ne peut être que la réponse de Dieu à une prière humaine : « Seigneur, donne- nous la foi », « augmente en nous la foi ». Regardez ces apôtres, comme dans l’évangile, ils nous paraissent lamentables ! Arrivistes, jaloux les uns des autres, peu intuitifs, lourdauds, pleins de dérobades et de reniements! Qui, sinon Dieu, les a rendus “témoins courageux”  jusqu’au  martyr ?

La  foi  n’est  pas  une évidence, la foi n’est pas non plus une conquête, c’est l’humble accueil d’un don, d’une grâce : cela ne veut pas dire que l’homme n’a rien à faire, mais l’essentiel, pour lui, c’est être accueil. Accueillir est un acte humain éminemment actif. L’homme n’est pas la lumière, mais s’il ouvre les volets, la lumière viendra jusqu’à lui. Si au contraire, il décide de laisser les volets fermés, il n’y aura pas de lumière en lui, le soleil n’y peut rien. Il ne peut entrer dans une pièce que si on lui ouvre, tout grand, portes et fenêtres.

La foi, c’est d’abord l’humble accueil d’un don, d’une grâce. La foi est un soleil : il faut simplement s’y ouvrir, qu’elle puisse pénétrer, nous envahir, nous éclairer, nous faire voir toute chose dans sa vraie dimension, sous sa vraie couleur : un don de Dieu toujours offert à tous, mais il faut s’y ouvrir. Voilà pourquoi, la foi doit être sollicitée : « Seigneur, augmente en nous la foi », « donne-nous plus de lumière pour nous mettre dans la vérité, pour nous faire voir avec les yeux de la foi, tout ce monde spirituel dans lequel nous vivons, dans lequel nous sommes immergés, mais que nous ne soupçonnons parfois même pas ! » C’est vrai que la lumière, on ne la voit pas, c’est elle qui nous fait voir.  Entre une pièce qui est dans le noir et une pièce qui est dans le jour, il n’y a aucune différence, elles sont toutes deux semblables, mais l’une, on la voit, l’autre pas ! C’est la lumière qui nous fait voir qu’elle existe. De même, c’est la lumière de Dieu qui nous fait voir Dieu dans le cœur des hommes, dans les événements, dans la beauté des choses.

Nous vivons souvent comme des aveugles : nous sentons, nous palpons, nous devinons, mais nous ne voyons pas vraiment. Avec la lumière de la foi, au contraire, nous ne voyons plus le monde tel qu’il nous apparaît avec nos yeux de chair, mais tel qu’il est, en réalité, avec la lumière de Dieu qui nous fait voir les choses et les gens : autrement.

« Seigneur, augmente en nous la foi, mets en nous et autour de nous cette lumière qui nous fera voir toutes choses, non pas dans son apparence, mais dans sa réalité ».

La foi est le soleil et la prière est la fenêtre que l’on ouvre à la lumière de Dieu. C’est  pourquoi  les apôtres font cette prière :

« Augmente en nous la foi ». Il faut nous ouvrir au don de Dieu : « Seigneur, donne-moi la foi ! » A celui qui n’a pas la foi ou qui n’en a pas assez, on ne peut que lui conseiller la prière : « Seigneur, faites que je voie », « Va ta foi t’as sauvé » et Jésus nous répond comme aux apôtres : « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde (c’est-à-dire une des plus petites graines qui existent) vous diriez au sycomore que voici (le sycomore étant l’arbre le plus difficile à déraciner), déracine-toi et va te planter dans la mer et il vous obéirait ».

Jésus, bien sûr, ne nous conseille pas ici, de demander des miracles sensationnels, il n’a jamais, lui, transplanté des sycomores dans la mer et il a souvent refusé les signes merveilleux qu’on lui demandait. Mais il nous rappelle, avec force, par cette image, que la foi nous ouvre à l’impossible, que la foi nous ouvre à Dieu, autrement : le plus petit bout de foi est plus fort que toutes les entreprises humaines et nous vérifions cela avec les apôtres justement, après Pâques, après la Pentecôte. Eux, ces pauvres gens sans influence, sans pouvoir, sans moyens financiers, sans organisation, sans journal, sans télévision, sans rien, ils ont, de fait, changé le cours de l’histoire et transformé définitivement la mentalité du monde, en s’appuyant sur la seule foi, à laquelle on s’ouvre, par la prière.

* Regardez tout est changé par la foi : la Vierge attend un enfant, un homme est né de Dieu, le ciel est parmi nous, le peuple n’est plus seul.

* Il ne faudrait qu’”un brin de foi” et vous verriez les arbres dans la mer, les mendiants qui sont rois, les puissants renversés, les trésors qu’on partage.

* Regardez : l’eau se change en vin, le vin devient du sang, les pains se multiplient, le peuple n’a plus faim ; il ne faudrait qu’un brin de foi.

* Regardez : l’infirme peut marcher, l’aveugle voit le jour, les sourds entendent, le peuple n’a plus mal et vous verriez les arbres dans la mer, les bourreaux sans travail, les menottes rouillées, les prisons inutiles…

*  Il ne faudrait qu’un brin de foi, gros comme une graine de moutarde, pour voir les découragés qui reprennent espoir, les pécheurs qui se redressent, les chemins sans issues qui s’ouvrent, les guerres qui s’arrêtent, l’amour qui renaît, les montagnes déplacées : nos montagnes de peur, d’égoïsme, d’anxiété et de lâcheté.

*  Le monde est en crise, l’Eglise est en crise, la famille est en crise, l’école est en crise, l’économie est en crise ; la mort triomphe, mais la Croix est vide et nue, mais le tombeau du Christ est vide et nos tombes, un jour aussi, et l’homme se tient debout, le peuple n’a plus peur.

*  Il ne faudrait qu’un brin de foi et vous verriez les arbres dans la mer, les fusils enterrés, les armes au rebut et les montagnes qui dansent.

*  Si nous avions un brin de foi, nous en ferions des choses ! Les trésors du monde seraient pour tous, les bombes et les fusées inutiles. “Utopie” dira-t-on ! A quoi ça sert de dire cela ?

Alors que devant moi, pillages et violence, disputes et discordes se déchaînent !

« Si vous aviez un peu de foi ! » A quoi bon la foi ? Combien de temps faudra-t-il encore croire sans voir ? Appeler au secours sans que rien n’arrive. On le comprend : les lectures de ce jour lèvent de lourdes questions. Mais ce que dit le Seigneur, ce ne sont pas seulement des mots ; ce qu’il dit, c’est Jésus fait chair.

Je comprends que cet arbre planté dans la mer, c’est d’abord l’arbre de la Croix dressé au milieu des souffrances de l’homme (la mer, chez les juifs, c’est l’empire du mal). Si nous avions un peu de foi, nous verrions déjà que cet arbre de mort a refleuri et qu’il est le signe d’une victoire annoncée sur le mal.

Si nous avions un peu de foi, à la suite du Christ, nous aussi, nous planterions au milieu de ce monde ces signes faibles, mais nécessaires qui annoncent la victoire de Jésus sur le mal.

29« Ce n’est pas un Esprit de peur »  que Dieu nous a donné, nous rappelle  St-Paul, « mais un Esprit  de force, d’amour et de raison ».  Alors, animé par un tel Esprit, l’Eglise peut planter, au cœur des puissances de mort, la victoire pascale de Jésus : l’Arbre de vie dressé sur la mer du péché.  AMEN