Préparer la 2ième semaine de l’Avent avec les fiches du diocèse de la Réunion

BAPTISÉS ET ENVOYÉS :

TOUS MISSIONNAIRES !

 

Deuxième semaine

 

Évangile (Mt 3, 1-12)

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage. Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit digne de la conversion. N’allez pas dire en vous-mêmes : ‘Nous avons Abraham pour père’ ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

Réflexions

Je dis peut-être avec les Pharisiens et les Sadducéens l’ancien cantique « Je suis chrétien, voilà ma gloire… »

Mais qui suis-je à côté de « celui qui vient » ?

C’est dans mon désert intérieur que la prière peut tracer un chemin au Seigneur. Il attend que je lui ouvre ma porte et que j’accepte de vivre humblement sous son regard.

J’ai été baptisé dans l’Esprit-Saint et le feu pour révéler la proximité de Dieu, mais j’ai toujours besoin de me laisser évangéliser pour vivre cette proximité en actes, en paroles, en pensées, en rêves…

Prières

Seigneur,

Tu nous as placé hommes et femmes sur cette Terre afin que nous vivions ensemble les uns avec les autres.

Mais nous faisons de nos différences des frontières plutôt que des richesses, des peurs plutôt que des signes d’espérance.

Donne-nous Ta lumière, Seigneur, et que du haut du ciel, elle éclaire la Terre.

Seigneur tout-puissant et miséricordieux, ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de ton Fils ; mais éveille en nous cette intelligence du cœur qui nous prépare à l’accueillir et nous fait entrer dans sa propre vie. Lui qui…

Amen

 

Fiche préparée avec la Communauté des Frères à Sainte-Marie

 




2ieme Dimanche de l’Avent – par Francis COUSIN (St Matthieu 3, 1-12)

« Convertissez-vous ! »

Encore un mot qui n’est pas toujours bien compris. Il faut dire que les définitions de convertir dans les dictionnaires courants ne sont pas très bonnes : « Adopter d’autres opinions que celles auxquelles on adhérait auparavant. » pour le premier sens, « Amener ou ramener quelqu’un à la religion que l’on tient pour vraie. Changer de religion. » dans un deuxième sens, et enfin, en troisième : « Exprimer une grandeur à l’aide d’une autre unité. ».

Si l’on s’en tient au sens strict, à mon sens, c’est la troisième définition qui se rapproche le plus de la vérité, parce qu’elle met en avant l’objet du changement, le but de la conversion : on convertit des degrés fahrenheit en degrés Celsius, des inches en centimètres …

Pour les juifs de l’époque, pour les chrétiens d’aujourd’hui, les paroles de Jean-Baptiste étaient claires : il faut remettre Dieu dans notre vision des choses, et lui seul, et vivre en conséquence, en fonction de ce qu’il nous a dit, lui ou ses prophètes.

Il nous faut donc « [produire] un fruit digne de conversion » et non pas se contenter de dire : « Nous avons Abraham pour père » à l’époque, ou maintenant dire : « Mes parents étaient chrétiens, je suis baptisé. Donc je n’ai pas à me convertir. ». Car en disant cela, on regarde en arrière … et nous devons toujours regarder en avant, vers le but, c’est-à-dire vers Dieu qui nous attend au bout de notre chemin. Ce chemin qui nous est donné par la Parole de son Fils, par Jésus.

C’est ce que disait Jean-Baptiste aux juifs qui venaient vers lui … et c’est ce qu’il continue à nous dire maintenant : « Moi, je vous baptise dans l’eau en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales.  Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. »

Jean-Baptiste nous invite à regarder après lui, « celui qui vient derrière [lui] », le Messie, Jésus-Christ, celui qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14,6), celui qui nous amènera vers son Père, celui dont nous fêtons la naissance à Noël.

Ce Jésus annoncé fera le bien, car il ne peut faire que le bien, lui qui est, à l’instar de son Père, tout amour. Il fera le bien en « [nettoyant] son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. ».

Le blé, amassé dans le grenier, permettra, en temps voulu, de fabriquer le pain, qui nourrit matériellement l’homme, mais aussi le pain qui sera consacré, le pain de la vie éternelle qui nourrit les hommes spirituellement : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. » (Jn 6,51).

La paille sert parfois comme nourriture pour les animaux, mais surtout comme litière pour ceux-ci, et mélangée avec leurs excréments, elle est alors utilisée comme engrais pour nourrir la terre. Le reste de la paille, les éteules, sont soit brûlées, soit retournées avec la terre, et servent aussi comme engrais, pour amender la terre, lui apporter un plus.

Ainsi, le Messie annoncé par Jean-Baptiste tient dans la main la pelle à vanner pour faire le bien des humains, matériellement et spirituellement, et il leur proposera un baptême dans l’eau et dans l’Esprit. Ce baptême qui est celui que nous avons reçu.

Repensons à notre baptême … qui nous a plongé dans la source d’eau vive …

                                               … qui nous a donné l’Esprit d’amour de Dieu …

… qui a fait de nous des compagnons de route de Jésus, l’Emmanuel, Dieu avec nous …

… qui nous envoie pour être témoins de Jésus dans toutes les activités de notre vie …

Baptisés, envoyés : Tous missionnaires !

 

Seigneur Jésus,

tu es venu sur terre pour nous donner

un baptême d’eau et d’Esprit,

qui fait de nous des fils de Dieu.

Mais chaque jour nous devons

repenser à ce baptême,

à ce à quoi il nous engage,

pour vivre de ta vie

et nous approcher de ton Père.

 

Francis Cousin

  

 Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le titre suivant :

Image dim Avent A 2°




2ième Dimanche de l’Avent – Homélie du Père Louis DATTIN

Préparez-vous

Mt 3,1-12

« Frères, tout ce que les livres Saints nous ont dit, est écrit pour nous instruire afin que nous possédions l’Espérance ».

Cette parole de Paul, entendue tout à l’heure, nous invite aujourd’hui à une écoute attentive de l’Ecriture. Or, les textes d’aujourd’hui sont bien rudes, celui de l’Evangile en particulier : « Convertissez-vous ! Convertissez-vous ! » Celui qui martèle cet ordre sans échappatoire est un homme austère qui se contente d’une nourriture frugale ; il donne libre cours à sa colère contre les juifs bien- pensants :

« Engeance de vipère », leur dit-il.

A Jean-Baptiste, tout de suite, pour nous justifier, nous disons : « Je n’y peux rien, c’est mon caractère, je suis comme ça ! ». C’est ainsi que nous nous disculpons du mal qu’il nous arrive de commettre.

Est-il vrai qu’on ne peut pas changer, qu’on ne peut pas se convertir ? Est-il vrai que chacun de nous est enfermé dans sa génétique, son passé, ses habitudes ? Si cela est vrai, alors où est la liberté de l’homme ? En tous cas, aujourd’hui, Jean-Baptiste, avec une violence inouïe, nous dit le contraire :

« Vous pouvez changer ! Vous pouvez vous améliorer ! Vous le devez ! Il le faut ! »

Il nous dit : « Dieu va faire irruption dans notre monde. C’est bientôt ! C’est proche ! », et cette arrivée de Seigneur exige une conversion urgente. Jean-Baptiste n’est pas tendre pour ceux qui voudraient considérer la venue du Messie comme une bonne petite fête bien tranquille ou insignifiante car c’est la “colère “, le ” jugement ” qui vient !

« Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits (c’est nous, les arbres) sera jeté au feu et déjà la cognée est à la racine ! ».

Cette phrase décrit le moment précis où le bûcheron calcule son geste en posant sa hache à l’endroit où il va frapper … tant est grande la proximité du jugement et l’urgence de la conversion.

Une deuxième image vient renforcer cette nécessité de la conversion : Dieu vient pour faire un tri, pour séparer le blé de la balle : « Il tient une pelle à vanner dans la main et il va nettoyer son aire à battre le blé : il va séparer la balle qu’il va jeter au feu et mettre le blé dans son grenier ».

Ainsi, l’irruption de Dieu, c’est sérieux. Avec Jean-Baptiste, nous sommes loin des mièvreries de la crèche autour du “petit Jésus” et encore plus loin des cadeaux et des préparatifs gastronomiques qui envahissent les médias et les vitrines en ces jours qui précèdent Noël. Le “petit Jésus ” de la crèche, c’est quelqu’un ! Quelqu’un avec qui il va falloir compter ! Quelqu’un devant qui, il faudra prendre parti.

Quand le vanneur prend sa pelle pour trier le bon grain de la paille, c’est bien sûr une bonne nouvelle pour le blé qui va être nettoyé, purifié mais c’est une catastrophe pour la paille qui va être brûlée au feu ! Sommes-nous capables d’entendre ces paroles ?

 Nous voilà bien loin de la gentillesse superficielle d’une fête de Noël édulcorée ! Parmi les juifs qui allaient voir Jean-Baptiste, il semble qu’il y ait eu deux types de fidèles :

 –  les uns, très ordinaires sans doute, venaient confesser leurs péchés pour se préparer à la visite de celui que tout Israël attendait. On les devine, sortant de l’eau, résolus à porter du fruit, les fruits de leur vraie conversion.

–  les autres, pharisiens et sadducéens, viennent accomplir le rite avec un cœur encombré de leur fausse sécurité de “gens en règle “. Il n’y a rien de pire que des gens qui se croient ” en règle “. Puisqu’ils sont en règle, pourquoi changeraient-ils ? Pourquoi se convertiraient- ils puisqu’ils se croient déjà convertis ?! Ils peuvent donc se dispenser d’une demande personnelle de conversion.

Chacun de nous le sait très bien, il ne s’agit, pas seulement de quelques petites modifications dans mon style de vie, mais d’un changement radical. Il s’agit de passer des belles théories à la rude réalité de la pratique. Certains convertis ont avoué qu’il leur a fallu parfois des années pour passer de l’éclair de la vérité à l’engagement dans une vie vraiment nouvelle ! Et surtout, surtout ne nous excusons pas de ne pas nous convertir en pensant que nous ne sommes déjà pas si mal que ça ! Pourtant, lequel d’entre nous oserait dire qu’il n’a plus de progrès à faire ? Toujours, nous sommes en dessous de ce que le Christ attend de nous.

Aujourd’hui, Jean-Baptiste, comme un ouragan, nous crie que nous sommes capables d’aller plus loin, que nous avons tort d’être habitués, blasés, lassés.

« Allons ! Debout ! Avance ! Tu fais la révision de ton moteur, fais la révision de ta vie ! Repars à neuf ! Tu peux améliorer ta façon de vivre ! Renonce à ta médiocrité ! Deviens un bon arbre qui produit, pas simplement des feuilles mais de bons fruits » ; « Convertissez-vous ! Préparez le chemin du Seigneur ! Rendez droits ses sentiers car le Royaume de Dieu est proche ! »

  • Se convertir signifie se retourner, changer de mentalité ; ce qui suppose la transformation radicale de celui qui, renonçant aux sécurités antérieures et extérieures (l’orgueil, le pouvoir, le bien-être) se lance dans l’aventure de la foi. Il ne s’agit pas seulement de repeindre la chaloupe du bateau ni même de monter une voile supplémentaire, mais à ce bateau lui faire changer de cap!

  • Se convertir, c’est mettre totalement sa confiance dans un maitre dont les exigences n’ont pas d’autres justifications que l’amour qu’il nous porte. Au catéchuménat, la cellule d’église qui prépare les adultes au Baptême, j’ai entendu des mots très forts pour le dire : « Dieu est entré dans ma vie », me disait l’un d’eux ; et un autre, qu’on félicite de sa démarche, protestait : « Mais ce n’est qu’un commencement ! On n’est pas converti une fois pour toutes ! »

Je me demande parfois si certains, dans l’Eglise depuis leur berceau, ne se sont jamais convertis, une seule fois ? Et pire encore, s’ils se convertiront un jour ?… Il en est de notre foi au Christ comme des amours humaines : le jour du mariage, chacun des époux s’engage avec ferveur dans une vie nouvelle. Il est résolu à se confier totalement à l’autre tandis que l’autre se confiera totalement à lui.

Or, tous les vieux époux vous le diront, le tissu conjugal doit être remaillé au gré des saisons pour garder sa solidité. Le tissu de notre vie chrétienne, lui aussi, doit être remaillé à chaque saison.

Attention, à l’approche de Noël, ne nous contentons pas de bonnes intentions sinon nous aurons raté le Noël de cette année. Avant de parler, il faut poser des actes. Jean-Baptiste, lui a changé son style de vie ; il part au désert, il s’habille et mange de façon frugale : poils de chameau, miel sauvage, sauterelles frites.
Après quoi, il peut parler, et nous, prédicateurs d’homélies, catéchistes, chargés du message de Dieu, parents soucieux de l’éducation de leurs enfants, militants engagés dans la réforme de la société, n’est-il pas fréquent que nous nous contentions de beaux discours qui interpellent les autres, alors que nous n’avons pas, nous-mêmes, produit des fruits de conversion ? Où en sommes-nous en ce deuxième dimanche de l’Avent ? Quels fruits avons-nous porté ces derniers jours ?

Jésus veut demeurer chez nous : faisons-lui place !

En vérité, il nous accueille bien mieux que nous ne l’accueillons :

il nous convertit bien plus que nous ne nous convertissons.

Sachons, au moins, travailler avec lui !     AMEN




2ième Dimanche de l’Avent – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Mt 3, 1-12)

« Repentez-vous ! »

(Mt 3,1-12)

 

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée :
« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »
Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : ‘Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.’
Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage.
Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui,
et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés.
Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?
Produisez donc un fruit digne de la conversion.
N’allez pas dire en vous-mêmes : “Nous avons Abraham pour père” ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham.
Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu.
Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

 

                      La première parole de Jean-Baptiste est identique à celle que Jésus dira au tout début de son ministère : « Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche » (Mt 4,17).

            Le verbe grec employé ici, « métanoéô », signifie littéralement « connaître après », « prendre conscience de »… Et cette prise de conscience est la conséquence directe du fait que « le Royaume des Cieux est tout proche », ce qui est vrai depuis la création du monde. L’Ancien Testament l’affirme, en effet, dès le neuvième chapitre de la Genèse en présentant Dieu comme vivant en « Alliance éternelle avec toute chair » (Gn 9,8-17).

            Or, avec Jésus et par Jésus, le Fils, il nous est donné de pouvoir prendre conscience que « Dieu Est Amour » (1Jn 4,8.16), ce qui se traduit dans la relation éternelle Père – Fils par ce fondement exprimé par St Jean : « Le Père aime le Fils et il a tout donné, il donne tout en sa main » (Jn 3,35), tout ce qu’il a (Jn 16,15 ; 17,10), tout ce qu’Il Est. Et c’est par ce Don total de Lui-même que le Père engendre éternellement le Fils en « Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière » (Crédo). Nous découvrons ainsi, avec le Fils, le propre de l’Amour : être Don total et gratuit de Lui-même pour la seule vie de l’autre, pour son seul bien… Ainsi, de toute éternité, le Père dit au Fils : « Tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t’aime » (Is 43,4). Et puisque je t’aime, je me donne totalement à toi, gratuitement, pour ton seul bien, pour la Plénitude de ta vie, pour ta joie… Tel est le fruit concret de l’Amour du Père que le Fils accueille de toute éternité, un Don qui l’engendre en Fils, qui lui donne d’Être ce qu’Il Est, et Il Est Dieu, « exultant de joie dans l’Esprit Saint », et ne cessant de dire « Je te bénis Père » pour ce que Tu Es, pour ton Amour (Lc 10,21)…

            Or St Jean nous dit aussi « Dieu Est Lumière » (1Jn 1,5). L’Amour étant Don gratuit de Lui-même, Dieu est donc, depuis le commencement du monde, « la Lumière véritable qui éclaire tout homme » (Jn 1,9)… Grâce à elle, l’homme de bonne volonté peut « prendre conscience » du mal qui habite sa vie, de son cœur qui n’est pas totalement tourné vers son Créateur et Père. Et si tel est le cas, il ne peut pas bien sûr accueillir pleinement ce Don qui ne cesse de jaillir de l’Amour, il ne peut pas être pleinement heureux car nous avons tous été créés pour trouver le vrai bonheur en nous laissant combler par ce Don de l’Amour. « Le Père Lui-même vous aime »… « Si tu savais le Don de Dieu » (Jn 16,27 ; 4,10)…

            Alors, « repentez-vous », détournez-vous du mal, tournez-vous vers votre Dieu et Père, car il n’a qu’une seule Parole à nous dire : « Je t’ai créé gratuitement, par Amour. Je ne désire et ne poursuis que ton bien. Et tu le trouveras si tu acceptes de te détourner du mal et donc, au même moment, de te tourner vers moi de tout cœur pour te laisser combler par l’Amour, par le Don gratuit de l’Amour, par le Don de l’Esprit Saint. Telle est toute la mission de Jésus exprimée ici par Jean Baptiste : « Il vous baptisera dans l’Esprit Saint et le Feu » (Mt 3,11)…                                                                                DJF




Rencontre autour de l’Évangile – 2ième Dimanche de l’Avent

« À travers le désert, une voix crie :

Préparez le chemin du Seigneur,

aplanissez sa route. »

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Mt 3, 1-12)

Nous sommes au début du ministère public de Jésus. Le passage que l’Eglise offre à notre méditation pour le deuxième dimanche de l’Avent se situe juste avant le baptême de Jésus.

 

Et soulignons les mots importants 

Jean “ le Baptiste ” : Savons-nous pourquoi on donnait ce “ surnom ” à Jean, le cousin de Jésus ?

“ Préparez le chemin du Seigneur ” : De quel chemin s’agit-il ?

“ Convertissez-vous ” : Comment comprendre ce message de Jean ? Et pourquoi il est urgent de se convertir ?

“ Le Royaume des cieux est tout proche ” : Par qui le Royaume de Dieu s’approche ?

 “ Se faisaient baptiser ” : Quel sens les gens donnaient à cette démarche ? 

 “ La colère qui vient ” : Que peut bien signifier cette expression dans la bouche de Jean ?

“ Produisez un  fruit qui exprime votre conversion ” : A quoi voit-on que quelqu’un s’est converti ?

“ Nous avons pour père Abraham ” : Pour Jean, qui est le vrai fils d’Abraham ?

“ Lui vous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu ” : A quoi nous fait penser cette expression ?

“ vanner- nettoyer- amassera le grain- brûlera la paille ” : tous ces verbes expriment de façon imagée la réalité d’un “ jugement ” nécessaire pour que notre vie soit purifiée de ses imperfections.

Pour l’animateur  

Jean est appelé “ le Baptiste ” : au moment où Jésus commence son ministère, il y avait plusieurs groupes qui pratiquaient le baptême dans l’eau, rite de purification qui s’accompagnait de l’espérance en la venue prochaine du Règne de Dieu. Jean avait avec lui tout un groupe de disciples dont Jésus avait fait partie. Il est le dernier prophète, qui oriente toute sa vie et sa prédication par rapport à celui qui doit venir.

Jean Baptiste est la voix et Jésus est la Parole. La voix crie dans le désert : “ préparez le chemin ” pour celui qui vient et qui dira “ Je suis le chemin ”

“ Convertissez-vous ”, ce mot résume le message : il s’agit de changer de vie. La raison décisive : c’est qu’avec Jésus le Royaume des cieux est déjà parmi les hommes. Se convertir n’est pas dire ou penser des choses justes sur le vrai Dieu, mais faire ce que Dieu attend de l’homme. Le vrai fils d’Abraham est justement celui qui fait la volonté de Dieu. Celui qui prépare le chemin pour accueillir Celui qu’il envoie.

La conversion que Jean réclame de tous doit s’exprimer dans des actes. C’est qu’il appelle “ le fruit ”.

L’accusation “ engeance de vipère ” est forte et s’adresse aux pharisiens et aux sadducéens : Jésus les accuse d’être fils du serpent ; il dénonce leurs pratiques comme fourberie de vipère, des marques de complicités avec l’attitude fausse et rusée du tentateur. (une allusion au serpent de la Genèse qui a produit chez Adam un fruit de péché et de mort) ;  mais cette expression signifie aussi la bouche dont on ne peut sortir que du poison.. A l’opposé, saint Paul parlera du “ fruit de l’Esprit ” (Gal 5, 22) des fruits de vie que nous produisons en devenant frère du nouvel Adam, le Christ.

L’expression “ la colère de Dieu ” est biblique : elle veut dire le jugement. Notre Dieu n’est pas un dieu de colère, mais le Dieu de la miséricorde, qui invite à la conversion. C’est une manière de dire que la sainteté de Dieu ne peut faire bon ménage avec le péché.

Et le baptême de Jean (tout comme celui de Jésus) ne sauve pas l’homme sans une démarche de changement de vie (“ produire du fruit ”).. Le vrai disciple de Jésus “ celui qui est baptisé dans l’Esprit-Saint et le feu ” (nous pensons à ce qui s‘est passé à la Pentecôte) c’est celui qui fait la volonté de Dieu.

Me faire baptiser, c’est accepter de donner à Dieu le droit de juger ma vie selon ses vues à lui, et non en fonction du simple titre de baptisé. On ne peut pas être chrétien à peu de frais ! Les verbes “ vanner ”, “ nettoyer ”, “ amasser dans le grenier, la paille qui brûle ” exprime  cette purification que Dieu fait dans notre vie, parce qu’il n’a qu’un désir : nous faire participer à sa sainteté.

 

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Une voix crie “ Préparez le chemin du Seigneur ”. Ce chemin qui doit conduire Jésus le Sauveur jusqu’au cœur de tous les hommes.

Une voix crie pour être entendue. “ Produisez un fruit exprime votre conversion ”.

Une voix crie dans le désert :  “ Attention au tentateur. Ne soyez pas ses complices ”.

Seigneur, donne-nous un cœur qui écoute.

TA PAROLE DANS NOS MAINS

La Parole aujourd’hui dans notre vie 

“ Convertissez-vous ”,“ préparez les chemins du Seigneur ”

Ces appels veulent dire la même chose : Comment y répondre concrètement, aujourd’hui, dans notre vie de tous les jours ?

Il peut arriver que nous nous disons chrétiens, alors que dans la vie nous acceptons des complicités avec des injustices, des “ la di la fé ”, des mensonges, avec des comportements contraires à l’Évangile de Jésus : le divorce, l’avortement… et autres désordres indignes des disciples de Jésus. 

Quel fruit produisons- nous vraiment ? Quelle transformation de notre cœur l’Évangile a produit ? En quoi notre vie est changée par notre appartenance au Christ ?

Acceptons-nous que Jésus, par son Evangile et son Eglise, ait un droit de jugement sur notre vie, non pour nous condamner, mais pour nous inviter à nous “  convertir ” quand il y a eu des dérapages 

 

 

ENSEMBLE PRIONS 

Chant : Aube nouvelle p. 150 (carnet des paroisses)

Tu viens sans cesse, notre Dieu incarné.
Tu viens de jour, tu viens de nuit.
On t’attend par la porte, tu viens par la fenêtre,

On t’attend dans la joie, tu arrives avec ta croix.

Tu viens quand tu es désiré, et tu surgis quand on ne t’attendait pas.
Tu viens par ta Parole et ton Eucharistie.

Tu viens par tous ces visages rencontrés au long des heures.

Tu viens à chaque instant, mais mes yeux sont empêchés de te reconnaître,

Un jour tu viendras me prendre en ton Royaume. Amen

 

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Préparer la 1ere semaine de l’Avent avec les fiches du diocèse de la Réunion

BAPTISÉS ET ENVOYÉS :

TOUS MISSIONNAIRES !

Première semaine

    Évangile (Mt 24, 37-44)

    En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Comme il en fut aux jours de Noé,
ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme.
En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; les gens ne se sont doutaient de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme.
Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé.
Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée.
Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient.
Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

Réflexions

Si j’avais su… j’aurais fait attention

Je suis baptisé… mais je fais comme tout le monde

Je profite de la vie… jusqu’au gaspillage

Ma foi s’endort… et j’oublie le Seigneur qui vient

Noé, lui, s’est tenu prêt

Avant de savoir, je dois être prêt

J’ai besoin d’aide pour rester éveillé

J’ai besoin de me laisser éduquer pour prier

Prières

Seigneur, Tu nous as donné une terre afin que nous ayons une maison pour vivre. Mais nous oublions trop souvent que nous devons veiller sur elle et que son équilibre est fragile.

Donne-nous Ta lumière, Seigneur, et que du haut du ciel, elle éclaire la Terre.

Donne à tes fidèles, Dieu tout-puissant, d’aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur, pour qu’ils soient appelés, lors du jugement, à entrer en possession du royaume des cieux. Par Jésus-Christ…

Amen

Fiche préparée avec la Communauté des Frères à Sainte-Marie

 




1er Dimanche de l’Avent – par Francis COUSIN (St Matthieu 24, 37-44)

« Marchons à la lumière du Seigneur. »

Nous commençons aujourd’hui un nouveau cycle liturgique de trois ans, en suivant cette année l’évangile de Matthieu.

Comme tous les ans, l’année liturgique commence par l’avent, cette période de quatre semaines précédant Noël et la venue sur terre du Fils de Dieu.

On aurait donc pu s’attendre à ce que l’évangile parle de cette période. Or, l’évangile de ce jour reste dans la même idée que celui de la semaine dernière, avec une vision de la fin des temps.

En fait, cet évangile nous parle bien de la venue du Fils de Dieu, mais de la seconde venue, celle qui aura lieu à la fin des temps. Nous sommes donc bien dans le temps de l’attente, dans le temps de l’espérance, non pas d’une espérance passée (l’incarnation du Christ), mais d’une espérance vraie, future, celle qui nous permettra de nous tenir face à face devant Dieu …

Et c’est pour nous la seule espérance qui compte, sur laquelle nous bâtissons notre vie.

Mais pour que celle-ci soit, il fallait que Jésus s’incarne pour qu’il nous indique le chemin spirituel pour aller vers son Père. « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. » (Jn 14,6).

Bien sûr, Dieu avait parlé auparavant par ses prophètes : « Qu’il [le Dieu de Jacob] nous enseigne ses chemins, et nous irons par ses sentiers. » (1° lecture). Mais on remarquera que quand le Dieu de Jacob enseigne, indique le chemin, les hommes partent vers les sentiers, de petits chemins zigzaguant qu’il faudra redresser (« Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. » (Lc 3,4).

Jésus est le chemin, sa Parole nous conduit, sa Bonne Nouvelle est ce qui doit nous faire vivre.

Cela n’est pas toujours facile. Et même quand on fait le bien, quand on s’efforce de faire de son mieux pour suivre l’enseignement de Jésus, on n’est pas toujours dans la lumière. Parce qu’il y a toujours en nous une sorte d’égoïsme, de volonté de paraître qui nous empêche d’être totalement en adéquation avec la Parole de Jésus.

Ce n’est pas nouveau. Déjà saint Paul le dit aux Romains : « Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière. Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour. », avant de terminer par « revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ » (2° lecture).

Avent, temps de l’attente, temps de l’espérance, temps du renouveau intérieur, en suivant les conseils de saint Paul.

Temps de réflexion sur notre vie chrétienne, sur notre vie de baptisés … et de ce à quoi cela nous engage … vis-à-vis de nous-mêmes, mais aussi vis-à-vis des autres …

Et cela passe par notre mission de baptisés, à la suite du mois missionnaire d’octobre : « Baptisés et Envoyés : tous Missionnaires ! ».

Comment être missionnaire ? « J’ai déjà bien du mal à vivre moi-même en chrétien, comment pourrais-je aller dire aux autres de faire ce que je n’arrive pas à faire ! »

Sans doute pas avec de grands discours … mais en essayant d’être moi-même en adéquation avec la Parole de Jésus le plus possible. Par l’exemple …

Essayons, tous ensemble, de vivre ce que nous dit la première lecture : « Marchons à la lumière du Seigneur. »

 

Seigneur Jésus,

nous essayons de faire de notre mieux,

en suivant ce que tu nous as dit.

Mais les ténèbres nous entourent,

et il est parfois difficile d’y résister.

Aide-nous à marcher à ta Lumière.

 

Francis Cousin

  

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Image dim Avent A 1°




1er Dimanche de l’Avent – Homélie du Père Louis DATTIN

Attente

Mt 24,37-44

Cette semaine, après le dîner, le téléphone sonne : il s’agissait d’un jeune couple que j’avais marié il y a quelques mois et qui m’annonçait la grande nouvelle. La femme était toute émue, on le sentait au timbre de sa voix et le mari, lui aussi, parlait à son tour avec une voix plus grave qu’à l’ordinaire : « Père, ça y est, nous attendons un enfant ». On sentait dans cette annonce une joie contenue, une gravité dans l’importance de la nouvelle. Une vie, en eux, allait grandir, s’épanouir et l’on devinait que ces quelques mois qui les séparait du jour où ils allaient enfin le voir, serait une période privilégiée : un temps d’attente active, de préparation commune à la venue de ce petit qu’ils entouraient déjà de leur affection avant même qu’il ne soit visible à leurs yeux.

Reposant l’écouteur sur le téléphone, je me suis dit que j’allais vous annoncer la nouvelle à vous aussi, car aujourd’hui, nous les chrétiens, nous nous trouvons dans la même situation !  Un enfant nous est annoncé et pas n’importe lequel ! Et pas dans neuf mois ! Dans moins d’un mois ! La voix des anges nous réveillera comme les bergers et nous entendrons leurs chants joyeux :

 « Un enfant vous est né, un Sauveur-vous est donné », « Voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple », « Aujourd’hui vous est né un sauveur », « Il est le Messie, le Seigneur ! Vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire », et il y eut avec l’ange, un groupe céleste qui chantait et louait Dieu en disant :

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ».

Alors qu’allons-nous faire pour attendre cet enfant que Dieu nous envoie et qui est son fils ? Comment allons-nous vivre ce mois qui nous sépare de Noël ? Est-ce un mois comme les autres où nous ne changerons rien à nos habitudes, comme si cet enfant ne nous concernait pas, comme s’il n’y avait pas de naissance dans notre famille, comme si cette naissance du Sauveur n’était pas désirée ? Ou au contraire, allons-nous faire de ce mois, un temps de préparation, un temps d’affection, un temps d’activité pour que sa naissance, le 25 décembre, soit non seulement une fête mais un accueil, un évènement, une date dans notre vie et dans la sienne ?

Alors, pour cela, écoutons de nouveau la voix de St-Paul qui nous clame : « Frères, vous le savez, l’heure est venue de sortir de votre sommeil car le salut est plus près maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants. La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche ».

Le Christ “Soleil levant” va bientôt se lever pour une aube nouvelle et définitive.  C’est à  partir de maintenant, d’aujourd’hui, que  nous   devons préparer Noël. Oh ! Pas seulement en préparant la fête proprement dite ! Les jouets des enfants, la commande des huîtres, ou la préparation du boudin blanc ou la confection de guirlandes à mettre sur un sapin !

Non ! Préparer Noël, ce n’est pas cela, c’est d’abord pour les chrétiens, pour l’Eglise ” attendre l’enfant qui doit naître ” : attente active, intérieure, affective pour accueillir cet enfant au moment de sa naissance.

 

 

Pour Noël, le matériel compte peu : Jésus est né à l’improviste, dans une étable, sur de la paille, dans le froid. On ne peut pas dire que l’intendance qui ait suivi était au point. Ce qui doit être au point : c’est notre cœur, c’est notre amour, c’est notre accueil, c’est notre joie.

L’Eglise, c’est-à-dire nous tous, doit avoir le cœur d’une maman qui attend prochainement son enfant. Voilà la disposition qui doit être la nôtre. Une mère qui attend son enfant ne vit déjà plus seule ; elle vit à deux, avec celui qui doit venir. Elle pense à lui, elle lui parle intérieurement, elle prend des précautions pour qu’il s’épanouisse en elle et son mari est plein de prévenances pour celui qu’elle porte en elle.  Voilà l’attitude de l’Eglise pendant ce temps de l’Avent : elle vit à l’avance avec celui qui doit venir.  Nous ne vivons plus seuls : nous savons qu’il va venir. Nous pensons à lui qui va venir parmi nous, dans notre famille, dans notre communauté.

Nous pensons à lui qui doit se développer et grandir dans le cœur de chacun et de chacune d’entre nous. Nous lui parlons intérieurement et c’est la prière qui doit se renouveler et s’intensifier pendant ce mois.  Et nous aussi, nous modifions notre vie : nous vivons davantage selon l’Evangile pour que le jour venu, celui de Noël, notre cœur soit à l’unisson de celui qui naîtra parmi nous. Qu’il y ait entre nous et lui cet accord parfait qu’il devait y avoir entre le cœur de Vierge Marie et le cœur de celui qu’elle venait de mettre au monde.

L’approche de Noël doit nous reposer cette question :

« Est-ce que nous sommes chrétiens par habitude, un peu endormis par la routine ? Notre attente est-elle passive ? Notre désir de l’Avent est-il émoussé ? Peut-être même nous n’attendons rien de la vie ? »

Alors, c’est le temps de nous secouer, de nous frotter les yeux. Notre vie, à nous chrétiens, n’est pas derrière nous, elle est devant et l’avenir est dix fois plus important que tout ce que nous avons vécu jusque-là : un enfant attendu, c’est une vie nouvelle.  Noël, pour chaque chrétien, c’est une naissance et chaque fois que nous désirons quelque chose, ou encore mieux, quelqu’un, cette attente nous ouvre un avenir.  Nous sommes projetés en avant au lieu de rêver d’un bon vieux temps qui n’existe que dans des souvenirs que nous avons idéalisés.

Le secret de notre jeunesse intérieure, quel que soit l’âge que nous avons, c’est de vivre l’avenir, de ce qui va arriver, de préparer le futur.  Est vieux que celui qui se complait dans le passé et qui prend la vie qui vient comme une mauvaise suite de ce qu’il a vécu auparavant :

« Ah ! De mon temps ! Tout était mieux ! Tout était bien ! Tout le monde était beau ! Il était gentil ! »

Pour un chrétien, le temps, le vrai, est devant. Il vit dans l’espérance, dans l’à-venir, dans l’avant. Jésus-Christ est toujours devant nous et nous préparons sa venue. Cet enfant qui s’annonce est pour chacun d’entre nous le temps de la préparation, le temps de l’accueil, un temps qui nous permettra de faire des choses que nous ne faisions pas avant ; en un mot : créer du neuf. Or, l’enfant, c’est tout cela : c’est une page blanche, une histoire nouvelle qui commence, un avenir ouvert.

Vivons cet avant pour vivre Noël.     AMEN




1er Dimanche de l’Avent – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Mt 24, 37-44)

« Veillez  et priez »

(Mt 24,37-44)…

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme.
En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ;
les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme.
Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé.
Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée.
Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient.
Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.

         

            Jésus évoque ici sa venue au dernier Jour du monde ou de notre vie… « Alors, on verra le Fils de l’Homme venant sur les nuées du ciel avec puissance et grande gloire ». Et il insiste sur la soudaineté imprévisible de cet évènement : on ne « se doute de rien jusqu’à » son arrivée… « Vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra », « c’est à l’heure où vous n’y pensez pas » qu’il arrivera…

            Tout est donc centré sur Lui : c’est Lui que tous les hommes découvriront, resplendissant de Lumière, car « Dieu est unique, unique aussi le médiateur entre Dieu et les hommes ». Nous verrons alors « le Christ Jésus, celui qui est mort, que dis‑je ? ressuscité, qui est à la droite de Dieu et qui intercède pour nous » (Rm 8,34 ; 1Jn 2,1-2) car « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés ». « Voilà ce qui est bon et ce qui plaît à Dieu notre Sauveur » (1Tm 2,3-6)… Jésus, vrai homme et vrai Dieu, l’exprimait lui aussi dans sa prière à son Père, juste avant sa Passion, alors qu’il regardait ses disciples et à travers eux tous les hommes : « Père, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi » (Jn 17,24)…

            Mais cette réalité du ciel que nous attendons dans l’espérance se propose chaque jour à nos cœurs dans la foi. En effet, Jésus disait encore : « Que votre cœur ne se trouble pas. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures, sinon je vous l’aurais dit ; je vais vous préparer une place. Et quand je serai allé et que je vous aurai préparé une place, à nouveau je viendrai et je vous prendrai près de moi afin que là où je suis, vous aussi vous soyez » (Jn 14,1-3). Et où est Jésus, le Fils ? Uni de toute éternité à son Père dans la communion d’un même Esprit. Et c’est cet Esprit qu’il est venu nous communiquer gratuitement, par Amour, au nom de son Père, pour qu’en le recevant nous puissions « être » nous aussi « là où il est »… « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui », par l’Esprit et dans l’Esprit (Jn 14,23 et 17).

            Or cet Esprit est un Esprit de Lumière et de Paix… « N’éteignez donc pas l’Esprit… Vérifiez tout : ce qui est bon, retenez-le ; gardez-vous de toute espèce de mal » (1Th 5,19‑20), « veillez ! ». « Vivez dans la prière ; priez en tout temps dans l’Esprit ; apportez-y une vigilance inlassable » (Ep 6,18). Et si « notre cœur venait à nous condamner », nous nous abandonnerions aussitôt entre les mains du « Père des Miséricordes », « car il est bien plus grand que notre cœur et il connaît tout » (1Jn 3,20).

DJF




Rencontre autour de l’Évangile – 1er Dimanche de l’Avent

« Veillez donc, car vous ne connaissez pas l’heure où votre Seigneur viendra»

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Mt 24, 37-44)

Avec ce premier dimanche de l’Avent nous commençons une nouvelle année liturgique : l’Année A, avec la lecture continue de l’Evangile selon saint Matthieu. Nous allons méditer un extrait du discours de Jésus sur la fin au chapitre 24 : la parabole du Déluge.

 

Et soulignons les mots importants 

« Avènement du Fils de l’Homme » : Nous commençons à préparer Noël, et voilà que l’Evangile nous parle de « l’avènement du Fils de l’homme »: de quoi s’agit-il ? Et qui est ce « Fils de l’homme » ?

« On mangeait, on buvait, on se mariait » : En disant cela, Jésus ne parle pas de la mauvaise conduite des gens avant le Déluge. Mais qu’est ce qu’il veut souligner ?

« L’Arche » : Que symbolise l’arche de Noé ?

« Les champs, le moulin » : c’est la vie quotidienne des gens : que veut souligner encore Jésus ?

L’un est « pris », l’autre « laissé » : Pourquoi ce tri ?

« Veillez » :

« Le jour » du Seigneur : de quel jour s’agit-il ici ?

« Tenez-vous prêts » : Un cambriolage par nature est imprévisible. Et la venue du Seigneur ?

Pour l’animateur  

L’annonce de la Bonne Nouvelle du règne de Dieu qui vient, qui est déjà à l’œuvre avec Jésus paraît n’avoir rien changé dans le monde depuis Noé: hommes et femmes continuent de s’activer et de s’occuper de mille manières : manger, boire, s’amuser, se marier, travailler, courir après quoi ?

Pourtant le sens de la vie et de l’avenir du monde sont fondamentalement remis en cause par le fait que Jésus est venu et doit (re)venir. Ce que Jésus appelle l’avènement du Fils de l’Homme, ce sera sa venue dans la gloire à la fin des temps. Mais tant d’hommes ne se doutent de rien !

La venue du Fils de l’homme aura la même brutalité : elle tranchera dans les relations les plus quotidiennes (symbolisées par les hommes aux champs et les femmes entrain de moudre le grain.) L’un sera pris pour son salut, comme autrefois dans l’arche de Noé (symbole du salut) l’autre sera laissé à la perdition du déluge. On ne sait pas comment se fera le tri : ce qu’il faut c’est veiller, à cause du caractère surprenant de l’événement.

Les premiers chrétiens comparaient la venue du « jour du Seigneur », c’est à dire le Jour de son retour en gloire pour juger le monde,  à  celle d’un voleur. Et dans cet évangile, le Fils de l’homme est comparé au voleur lui-même dont la venue est imprévisible. (Il était plus facile au voleur de percer silencieusement le mur fragile des vieilles cases de l’ancienne Palestine que de s’attaquer à la porte.)

Il faut donc se trouver prêt en tout temps.

L’AVENT

Se rassembler en famille, manifester l’affection qu’on porte aux siens et aux amis par des repas festifs et des cadeaux, embellir la maison avec un arbre de Noël,  une crèche, des lumières, des fleurs, prendre conscience que d’autres sont seuls, abandonnés, démunis, ressentir la nécessité de partager, de s’inviter, de présenter des vœux et des souhaits, autant d’attitudes, de gestes, de paroles, de communications qui manifestent le désir qui nous habite de vivre dans la paix, la joie, l’amitié et la fraternité. La plupart de nos contemporains partagent aujourd’hui ces valeurs et autour de la fête de Noël, on voit les écoles, les communes, les hospices, les comités d’entreprise, les administrations, proposer des partages de solidarité et des rencontres de convivialité. Les médias sont souvent au premier rang pour se faire l’écho de toute cette vie…Les chrétiens appellent ces semaines qui précèdent Noël le temps de l’AVENT. Et curieusement ils écrivent ce mot d’une façon qui montre que sans aucun doute il ne s’agit pas seulement de vivre un « avant » la fête.

L’Avent :  Un temps tourné vers ce qui vient

La Bible présente le Dieu Vivant comme celui qui est, qui était et qui vient. Dire que Dieu vient, c’est reconnaître qu’il est du côté de l’avenir et de l’espérance.. Bien souvent on vit en traînant le passé avec ses échecs, ses amertumes au point d’en devenir dépendant. Ou bien on garde la nostalgie du « temps longtemps », la mémoire chargée de regrets. Les chrétiens sont invités à chercher le sens profond de tout ce qu’ils vivent dans la certitude que la venue-naissance parmi nous du Fils de Dieu est le commencement des derniers temps qui s’achèveront dans la venue-retour du Ressuscité. Le temps de l’Avent réveille en nous  le désir de faire toute la place dans notre vie à Celui qui est venu dans la faiblesse marcher sur nos routes afin de préparer son dernier avènement dans la Gloire. Dès le départ de l’Avent, il y a donc la prise de conscience qu’un rendez-vous est donné, qu’il faut tout faire pour ne pas le manquer, pour être présent, pour ne pas passer à côté d’un événement important.

 

 

TA PAROLE DANS NOS COEURS

Le jour de notre baptême, nous avons reçu le cierge allumé avec la parole qui l’accompagne : « Recevez la lumière du Christ ». Depuis ce jour, nous sommes dans la lumière. Les baptisés sont des êtres de lumière, ils sont frères du Christ Jésus qui a dit : « Je suis la lumière du monde » et qui leur a dit : « Vous êtes la lumière du monde ».

Dieu notre Père que ta grâce nous tienne éveillés, de peur que notre cœur s’alourdisse dans les soucis de la vie. Donne-nous aussi de prier en tous temps afin de paraître debout lorsque viendra le Fils de l’homme.

TA PAROLE DANS NOS MAINS

La Parole aujourd’hui dans notre vie 

Vivre le temps de l’Avent n’est-ce pas savoir bousculer nos vies, nos habitudes, nos aises pour la venue de Jésus-Christ ?  Et aussi savoir préparer nos frères à l’accueillir avec nous ?

Veiller, c’est lutter contre le sommeil, surtout qu’on a bien mangé ! Dans le sens spirituel, c’est lutter contre tout ce qui, dans cette société de consommation,  peut endormir notre conscience, notre foi, notre volonté, notre attention à la présence du Christ dans notre vie. On  se laisse  submerger par les problèmes et les soucis.

L’Avent, n’est-ce pas le moment de réagir, de « se  réveiller », de sortir de notre engourdissement, de notre sommeil ? Ne sommes-nous pas nous-mêmes envahis par le laisser-aller, la torpeur générale  d’une société de consommation ? Le témoignage de notre foi et de notre espérance en la venue du Christ et de son Royaume sont-ils assez forts pour secouer l’indifférence générale ?

Veillez ! Un mot qui invite aussi à prendre garde, qui évoque la vigilance du portier qui surveille l’entrée de la maison. Que laissons-nous entrer en nous, en notre cœur ? Si nous ne prenons pas garde, des sentiments mauvais risquent de venir y installer leur demeure : jalousies, rancune, impatience, colère, orgueil.

Etre vigilant : c’est essayer de réagir quand l’un de ces sentiments essaie de franchir la porte de notre cœur. L’Evangile ne dit pas :  « Préparez-vous » ou « commencez les préparatifs ». Non ! Il dit « Soyez prêts ». Maintenant, c’est le moment ! L’heure est venue.

En ce temps de l’Avent, la Bonne Nouvelle, c’est la venue du fils de Dieu en nos vies, de sa visite en nos cœurs, comme s’il venait rencontrer chacun de nous personnellement. Le Seigneur désire entrer chez nous pour y demeurer : Comment préparer le chemin  qui le conduira jusqu’à notre cœur ?

 

ENSEMBLE PRIONS 

Chant : Aube nouvelle p. 150 (carnet des paroisses)

Tu viens sans cesse, notre Dieu incarné.
Tu viens de jour, tu viens de nuit.
On t’attend par la porte, tu viens par la fenêtre,

On t’attend dans la joie, tu arrives avec ta croix.

Tu viens quand tu es désiré, et tu surgis quand on ne t’attendait pas.
Tu viens par ta Parole et ton Eucharistie.

Tu viens par tous ces visages rencontrés au long des heures.

Tu viens à chaque instant, mais mes yeux sont empêchés de te reconnaître,

Un jour tu viendras me prendre en ton Royaume. Amen

 

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