16ième Dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN

Marthe  et  Marie

 Lc 10, 38-42

« Méfiez-vous ! » « On ne se méfie jamais assez ! »

Notre monde est plein de ce cri. « Méfiez-vous des patrons, méfiez-vous des ouvriers, méfiez-vous des étrangers, des arabes, des voisins, des gendarmes, des voleurs,… que sais-je ».

« Méfiez-vous ! » et si vous n’entendez rien, c’est que, plus subtilement, on vous dit : « Prenez une police d’assurance, achetez un antivol, défendez vos droits ». Derrière toutes ces expressions aussi, il y a la méfiance.

Mais peut-on faire autrement ? Dans un monde de plus en plus malhonnête, combinard et violent, est-il possible de ne pas être méfiant ?

Permettez-moi, avant de vous répondre, de vous raconter une petite histoire. On la raconte, paraît-il, aux petits Chinois qui demandent la différence entre le ciel et l’enfer…

L’enfer, leur dit-on, est un lieu où se trouve un énorme tas de riz délicieusement préparé. Autour, il y a des gens maigres, désespérément maigres, affamés, car, en enfer, on ne peut  manger le riz qu’avec de très grandes baguettes, plus longues que les bras et ces baguettes sont attachées à la main et on a beau tordre sa main dans tous les sens, comme les baguettes sont trop longues, il est impossible de déposer ce qu’elles portent, dans sa bouche.

Le Paradis est aussi, dit-on, un lieu où se trouve un énorme tas de riz délicieusement préparé, comme en enfer. Mais là, les gens sont  joufflus et bien portants. Pourtant, eux aussi, ont de grandes baguettes attachées aux mains, mais ils ont trouvé un truc : renonçant à se nourrir eux-mêmes, ils se servent de leur longue baguette pour nourrir leurs voisins et, comme on est au paradis, personne n’est oublié !

Souvent, on entend dire que la vie est un enfer, que les gens sont méchants, que beaucoup vivent dans la solitude. Alors je pense que nous avons des baguettes aux mains : la voiture, la case, la télé, le lave-vaisselle, les avantages acquis, les vacances, l’argent, la culture. Nous avons trop de choses à protéger : alors nous avons peur des autres. Nous ne leur faisons pas confiance, alors, nous nous isolons et c’est l’enfer !

Pourtant, aujourd’hui, le tas de riz est grand et il y a des richesses  à  partager,  mais  l’envie,  la  jalousie  et  la  méfiance sont là qui plantent la haine partout… et le malheur… En fait, l’homme est ainsi fait qu’il ne peut pas vivre seul : il nous manque toujours quelque chose. Nous avons besoin des autres, et si ce n’est pas aujourd’hui, ce sera demain et là, je l’affirme bien fort : sans les autres, nous ne pouvons rencontrer ni Dieu, ni le bonheur.

C’est bien ce qu’avait compris Abraham, dans la 1ère lecture. Il vit dans le désert, il est seul. Trois hommes se présentent : il pourrait les tuer, les voler, au moins se méfier. Non seulement, il les accueille, mais il leur donne ce qu’il a de meilleur. Il leur prépare un festin de roi. C’est déjà bien, mais allons plus loin : en fait, celui qu’Abraham accueille et qu’il ne connaît pas, c’est Dieu, Dieu lui-même.

A chaque fois, nous aussi, que nous accueillons quelqu’un, que notre cœur et nos mains s’ouvrent aux autres, c’est Dieu lui-même que nous accueillons. Jésus nous le rappelle dans l’évangile : « Qui vous accueille, m’accueille », et Dieu répond à l’accueil d’Abraham en accomplissant son désir le plus cher : il aura un fils, Isaac. A l’accueil, Dieu répond par le don. A celui qui saute dans l’inconnu, qui se risque, qui ne se méfie pas, Dieu donne le bonheur.

 Allons encore plus loin : voici maintenant dans l’évangile, Marthe et Marie, les deux sœurs. Marthe accueille Jésus de tout son cœur : l’hospitalité en Palestine, c’est sacré, même si l’on est très pauvre. Marthe veut faire voir au Seigneur tout l’amour qu’elle a pour lui. Jésus a certainement apprécié les allées et venues de Marthe et pourtant, il y avait mieux : c’était l’accueil de Marie, assise aux pieds du Christ.

Jésus nous rappelle dans l’évangile que l’on n’a pas à se soucier de ce qu’on doit dire pour se défendre, de ne pas se soucier pour la nourriture ou le vêtement. Tous ces soucis de la vie qui détournent de l’essentiel. Il y a une rencontre plus belle que celle de Marthe et du Seigneur, c’est celle de Marie avec Jésus. Elle écoute la parole de celui qu’elle accueille, elle sait que Dieu parle par lui, elle sent que Dieu veut nous parler et que l’accueillir, c’est d’abord accueillir son message, sa nouvelle d’amour, l’annonce de sa tendresse. Or, mystérieusement, toute personne a quelque chose à nous dire, si nous l’écoutons vraiment, même une personne ennemie.

Ce que Dieu promet, c’est le bonheur à tous ceux qui, en la personne de l’étranger, s’ouvrent à l’autre, sans méfiance, sans se faire de souci.

« Marie a choisi la meilleure part », dans celui qu’elle accueille, elle entend Dieu et en entendant Dieu, elle n’a plus aucun souci à se faire. Peut-être, vous direz-vous : « C’est impossible ». Dans la vie courante, chacun est bien obligé de se faire du souci et même parfois, de se méfier. C’est vrai, mais ce n’est pas l’idéal et nous devrions essayer de nous en sortir. 

Foi et confiance : ça va ensemble. On met sa foi en l’autre parce qu’on lui fait confiance. Sans confiance, notre foi est vaine. Qu’avons-nous admiré chez un Martin Luther King ? Sa foi, sa confiance et Dieu sait pourtant s’il a eu des épreuves : il en est mort.  Qu’admirons-nous chez la mère Theresa de Calcutta ? Est-ce sa méfiance ? A-t-elle pris une assurance-vie ? C’est son accueil, son respect, son amour des plus petits.

Qu’est-ce-qui nous frappe chez un Jean Vanier qui organise des villages entièrement gérés par des handicapés ? Chez un abbé Pierre qui a construit des milliers de maisons avec les chiffonniers d’Emmaüs pour des milliers de sans-logis ?

Chez Sœur Emmanuelle qui a vécu sur la plus grande décharge des ordures du monde, au Caire, en Egypte ? Elle nous donne la réponse : « Un soir, raconte-elle, j’étais dans ma cabane. J’entendais une chanson. C’était Fauzeya, ma voisine, une femme misérable, vivant dans une saleté indescriptible, battue, ne sachant ni lire, ni écrire. Elle chantait les versets de l’Evangile, les paroles de la vie : elle était sûre de son salut, sûre que le Christ l’aiderait, elle, et ses nombreux enfants ».

Pour elle, comme pour nous, l’échec, le mal, la souffrance, la mort, tout cela est écrasé par la Résurrection ! Avec foi, avec confiance, nous aussi, accueillons les autres. C’est la meilleure façon de recevoir Dieu dans ma maison.  AMEN




16ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Luc 10,38-42)

« Ecoute »

(Lc 10,38-42)…

En ce temps-là, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut.
Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. »
Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses.
Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

        

         Marthe reçoit Jésus chez elle et commence à accomplir son devoir de maîtresse de maison avec toutes les obligations qu’elle pense être indispensables en de telles circonstances. Sa sœur Marie, elle, ne fait rien. « Assise aux pieds du Seigneur, elle écoute sa Parole », ce qui laisse supposer que Jésus parle, et que Marthe ne l’écoute pas… Elle ne le peut pas, elle a trop à faire ! Et elle est scandalisée par l’attitude de sa sœur, scandalisée et surprise que Jésus ne le soit pas lui aussi ! Elle est en effet si sûre de son bon droit qu’elle se permet de lui faire des reproches : « Cela ne te fait rien ? ». Qu’il retrouve donc son bon sens et qu’il corrige avec elle cette Marie insouciante en lui demandant de venir « l’aider » dans « les multiples occupations du service » !

            Mais non ! Ce n’est pas Marie qui se trompe… Et Jésus va interpeler Marthe en l’appelant deux fois par son nom, comme Dieu le fait lorsqu’il invite quelqu’un à le servir : « Marthe, Marthe », « Moïse, Moïse » (Ex 3,4), « Samuel, Samuel » (1Sm 3,10), « Saül, Saül » (Ac 9,4)…

            Mais Marthe est déjà, semble-t-il, à son service ! Semble-t-il, car ce qu’elle fait pour Jésus correspond-il vraiment à ce qu’il attend d’elle ? « Tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses »… Ces « choses », qui lui a demandé de les faire : le Christ, ou bien elle-même, ou une tradition toute humaine (Mc 7,1-13) ?

            N’aurait-elle pas dû d’abord demander à Jésus ce qu’il attend d’elle ? Qu’aurait-elle « fait » alors ? Elle se serait assise à ses pieds, comme sa sœur Marie,  et elle aurait « écouté sa Parole ». Alors, en se tournant vers lui, elle aurait compris qu’il est lui-même tout entier tourné vers le Père (Jn 1,18), à l’écoute de sa Parole, avec un seul désir : accomplir sa volonté (Jn 4,34 ; Lc 22,42). Et quelle est-elle ? « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés » (1Tm 2,4), gratuitement, par Amour…  Aussi, est-il venu les inviter, avec son Fils et par Lui, à manger à sa Table au grand festin de la Vie (Lc 14,15-24), et Lui-même les servira (Lc 12,37) !

            Marie s’est laissée invitée… Que Marthe fasse donc de même ! Alors, en accueillant cette Parole donnée par le Fils (Jn 17,8), elle recevra aussi avec elle « l’Esprit donné sans mesure » (Jn 3,34), « l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63) en communiquant « la vie éternelle » (Jn 6,47 ; 6,68), cette Plénitude d’Être et de vie qui est celle de Dieu Lui-même ! Telle est « la meilleure part » qui ne leur sera pas enlevée, car Dieu nous a tous créés pour elle…                                                   DJF




Rencontre autour de l’Évangile – 16ième Dimanche du Temps Ordinaire

“ Le Christ est au milieu de vous ”

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Lc 10, 38-42)

Jésus est en route vers Jérusalem. Il demande l’hospitalité. Il fait une halte chez des amis, Marthe et Marie.

Et soulignons les mots importants 

Marthe le reçut : Quelle est l’attitude de Marthe à l’égard de Jésus ?

sa maison: Selon notre propre expérience, qu’est-ce ce que la “ maison ”  évoque?

Seigneur : Ce nom donné à Jésus signifie quelque chose : quelle est l’intention de Luc?

Marie …assise aux pieds du Seigneur : Marthe fait plein de choses. Marie apparemment ne fait rien. Mais elle “ fait ” quelque chose d’essentiel en réalité! Quoi ? Que signifie son attitude ?

Accaparée : Par quel autre mot pourrions-nous remplacer ce mot ?

Tu t’inquiètes et tu t’agites…: Est-ce que Jésus ne reconnaîtrait pas le dévouement de Marthe?

La meilleure part : De quelle part il s’agit ?

 

TA PAROLE DANS NOS COEURS

Représentons-nous la scène. Regardons Jésus qui demande l’hospitalité. Il se passe toujours quelque chose d’important quand on accueille le Seigneur Jésus. Sa présence remet de l’ordre dans la vie de celui qui l’accueille et lui consacre du temps pour l’écouter.

“ Voici, je me tiens à la porte et je frappe, dit le Christ ressuscité. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi. ” (Ap. 3.20)

Pour l’animateur 

  • Jésus est en voyage et il a demandé l’hospitalité. Marthe, la maîtresse de maison, se montre accueillante, à la manière des femmes de l’Ancien Testament qui accueillaient les prophètes. La maison, dans notre expérience évoque la famille, le repos, l’hospitalité.

  • Cependant, Marthe “ s’enferme ” dans le rôle traditionnel des femmes de l’époque : au service des hommes. Et elle veut que sa sœur n’agisse pas autrement qu’elle. Le soin qu’elle porte aux choses pour améliorer l’accueil prend trop de place par rapport à l’essentiel, et l’essentiel est d’être auprès de Jésus et de l’écouter. Elle ne voit pas le risque de laisser les soucis et même le dévouement, étouffer en elle le besoin de la Parole. Elle est trop  “ accaparée ”, “ prisonnière ” de l’idée que la société se fait du rôle de la femme.

  • Jésus reconnaît que Marthe est tout à son service et à celui des disciples. Il est sensible à tout le mal qu’elle se donne. Il n’est pas question de la déprécier, ni de l’opposer à Marie

Mais Jésus  lui reproche d’accorder la priorité au service de la table, tandis qu’il justifie Marie qui fait passer l’écoute de sa parole avant toute considération.

Jésus veut éveiller Marthe à cette meilleure part d’elle-même, sa vocation à devenir pleinement disciple, pour qu’elle ne s’identifie pas à son rôle utilitaire. Jésus lui ouvre un chemin de dignité, de gratuité.

  • Marie est présentée par Luc à la communauté chrétienne (et à nous !) comme la disciple parfaite, disponible, assise aux pieds de Jésus pour écouter son enseignement. Et c’est une femme !

  • Marthe s’adresse à Jésus en l’appelant “ Seigneur ”: c’est le titre donné au Ressuscité par la première communauté chrétienne dans sa profession de foi. Luc veut enseigner que la communauté de disciples, l’écoute de la Parole de Dieu, l’intimité avec Jésus, doit être prioritaire sur les services d’ordre matériel.

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS

L’Evangile aujourd’hui dans notre vie

Quel accueil le Seigneur Jésus trouve-t-il dans notre maison ?

Et l’hospitalité ? Accueillir un frère ou une sœur, n’est-ce pas accueillir le Christ lui-même ?

Le Christ fait un reproche amical, mais vital, à Marthe. Il désire ce tête-à-tête pour nous combler de sa présence.

Quel temps nous accordons à l’écoute du Seigneur dans sa Parole ? Dans notre vie personnelle ? Dans notre famille ? Dans notre communauté chrétienne ? 

Les deux sœurs travaillent. Marie fait le “ travail ” le plus important ! Nous faisons des tas de choses, beaucoup d’activités ?

Nos activités, même généreuses, ne cachent-elles pas quelquefois un grand vide intérieur, une profonde absence de Dieu ?

Quand deux époux ne trouvent plus rien à se dire, quel malheur !

Et quand c’est la même chose entre le Christ et nous ?

ENSEMBLE PRIONS   

Seigneur Jésus, qui as dit :

“ Voici que je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper moi près de lui et lui près de moi ”.

Nous avons entendu ta vivante Parole, nous t’ouvrons la porte de notre cœur, de notre maison, de notre communauté, nous te prions : sois notre hôte.

Que chacun d’entre nous dans les joies et les peines de sa route, sente le réconfort de ta présence.

Par delà les ténèbres de ce monde, conduis-nous jusqu’au matin du Jour éternel où tu nous invites toi-même, au festin du Royaume que nous offre ton Père dans sa maison, pour les siècles des siècles. Amen !

 

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16ième dimanche du Temps Ordinaire

 

 




15ième Dimanche du Temps Ordinaire (Luc 10, 25-37 ) :    « Va, et toi aussi, fais de même. » (Francis Cousin)

 

   « Va, et toi aussi, fais de même. »

La parabole du bon Samaritain est bien connue de tous. Il n’empêche qu’il est important de la réentendre de temps en temps.

Cela commence par un docteur de la loi qui veut mettre Jésus à l’épreuve : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »

Dire en héritage, c’est déjà biaiser le problème : l’héritage, c’est quelque chose que l’on reçoit, mais qui a été construit par d’autres ; cela de dépend pas de soi. Alors dire « que dois-je faire » pour obtenir quelque chose qui ne dépend pas de moi, c’est qu’on n’a pas envie de faire quoi que ce soit.

Jésus l’a bien compris puisqu’il répond : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? ». Il y a l’écrit, et ce que l’on en fait. ’’Comment lis-tu ?’’, c’est une manière de dire : ’’Comment le comprends-tu ? Qu’est-ce que cela change dans ta manière de vivre ?’’ Et cette question que Jésus pose au docteur de la loi, elle concerne aussi chacun de nous ! Lire, d’écouter l’évangile, la Parole de Dieu, ne suffit pas : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique ! » (Luc 11,28). « Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique. » (Première lecture).

Le docteur de la loi, comme tout bon juif, répond en citant les passages où on parle de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain. Jésus répond : « Fais ainsi et tu vivras. », sous-entendu dans la vie éternelle, puisque l’homme est déjà vivant.

Mais le docteur de la loi pose une nouvelle question : « Et qui est mon prochain ? »

Sans doute voulait-il essayer de limiter la portée de l’amour du prochain afin de diminuer les exigences permettant d’obtenir la vie éternelle. Limiter l’amour, surtout quand l’amour est à la demande de Dieu, lui qui est tout amour, ce n’est pas possible. Dieu ne nous demande jamais l’impossible, mais il nous demande de faire tout ce qui nous est possible, avec son aide : « Cette loi que je te prescris aujourd’hui n’est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte. » (Première lecture).

Jésus entend bien la question, mais il va la modifier. À la fin de la parabole, il demande au docteur de la loi : « Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? ».

On assiste à un renversement : pour Jésus, ce n’est plus ’’qui est mon prochain ?’’, mais ’’de qui suis-je le prochain ?’’, ’’de qui est-ce que je me fais le prochain ?’’

Le prochain, ce n’est pas l’autre qui l’est, c’est moi qui le devient, c’est moi quand je fais un pas vers l’autre, quand je me préoccupe de lui, quand je prends part à ses problèmes, quand j’ai de la compassion pour lui.

Le prochain, ce n’est pas celui qui est le plus proche de moi, comme la prochaine station de bus, mais celui dont je me fais proche.

  Être le prochain n’est pas une situation géographique (même si ça peut être le cas), mais une position intellectuelle et spirituelle. L’exemple le plus accompli du prochain est sans doute sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui est devenue la patronne des missions, sans jamais quitter son carmel de Lisieux.

Être le prochain, c’est mettre en application les œuvres de miséricorde, qu’elles soient corporelles ou spirituelles.

Et il n’est pas nécessaire d’être baptisé pour cela : Dieu a mis son amour dans le cœur de tous les humains, et chacun peut répondre à cet amour en aimant les autres à son tour, en se faisant le prochain des autres. « Des Samaritains au cœur dilaté par l’amour, la planète en compte des millions, bénis de Dieu et de son Fils, quelle que soit la couleur de la foi qui les revêt. » (Père Zanotti-Sorkine).

Alors, « Toi aussi, fais de même. »

Seigneur Jésus,

Trop souvent nous nous conduisons

comme si la Vie Éternelle

nous était donnée en héritage.

Alors que tu nous demandes

de faire aux autres

comme si c’était toi qui étais là.

Tu nous demandes d’avoir

de la compassion pour les autres,

de nous faire le prochain de ceux-ci.

Et donc d’aller vers les autres.

Tous les autres.

Francis Cousin   

 

 

 

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Prière dim ordinaire C 15°

   

  

 

 




15ième Dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN

Le Bon Samaritain

 Lc 10, 25

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force et tu aimeras le prochain comme toi-même ». Nous savons cela par cœur ! Mais n’oublions pas que le mot “amour” a plusieurs sens en français.

Connaissez-vous le petit poème de Prévert : « Tu dis que tu aimes les fleurs et tu les coupes, tu dis que tu aimes les oiseaux et tu les mets en cage, tu dis que tu aimes les poissons et tu les manges. Alors quand tu dis que tu m’aimes, j’ai peur ! »

Si tu m’aimes comme tu aimes les fleurs, pour t’en faire un ornement ; si tu m’aimes comme tu aimes les oiseaux, pour me garder en cage ; si tu m’aimes comme tu aimes les poissons ou les choux à la crème … je ne suis plus du tout d’accord !

« Que veux-tu dire au juste quand tu me dis “je t’aime” ? »

Et le Seigneur Jésus, que veut- il dire, au juste, quand il nous dit « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » ?

Une  première  réponse  se  trouve  dans  cette  belle histoire du “Bon Samaritain” imaginée par Jésus :

Aimer, ce n’est pas seulement affaire de belles paroles ou de bons sentiments ou de battements de cœur.

Aimer, c’est faire quelque chose pour les autres, c’est agir pour les autres, c’est se mettre au service des autres, quitte à y donner de son temps, de son imagination ou de son argent.

Regardez le Samaritain de la parabole : il s’approche du blessé qui est là, sur le bord de la route, il lui panse les plaies, il les désinfecte de son mieux, il le met sous la garde de quelqu’un de sûr qui prendra soin de lui… il avance l’argent nécessaire.

Au docteur de la loi qui l’interroge, Jésus  répond, deux  fois  de suite :

« Toi, aussi, fais ainsi » ; « Va, et toi aussi, fais de même ».

Il s’agit  toujours  d’agir, de  faire. Ce n’est  pas  seulement  dans ma tête que ma charité doit s’exercer, elle doit passer par mes mains ! Ce n’est pas simplement par des paroles que ma charité doit s’exercer, elle doit passer par des gestes précis, concrets.

D’ailleurs, même à propos de l’amour de Dieu, le Christ disait : « Il ne suffit pas de me dire ” Seigneur ! Seigneur ! Mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux ».

* La prière, c’est bien, mais l’action, c’est mieux.

* L’intention, c’est bien, mais l’exécution, c’est mieux.

* La bonne volonté, c’est bien, mais la volonté tout court, c’est mieux.

Le chrétien n’est pas le rêveur d’un idéal impossible et inatteignable : il est d’abord l’exécutant du possible et du concret : cet homme-là, mourait, sur le bord de la route.

Dieu ne nous demande pas des exploits de romans de cape et d’épée, il désire le petit geste humble, quotidien, discret à l’égard de ceux qui sont proches de lui et qu’il appelle le “Prochain”. Un de mes amis me dit parfois : « Ce qui m’intéresse dans les gens que je rencontre, ce n’est pas ce qu’ils disent ou ce qu’ils pensent, c’est ce qu’ils font et spécialement ce qu’ils font pour les autres, pour leur entourage, pour la société, comment ils s’engagent pour faire progresser la vie ».

AIMER : ce n’est pas profiter pour soi, ni annexer, ni accaparer les autres. Cela, c’est tout le contraire de l’amour dont le Christ nous a donné l’exemple. Lui, le Christ, il n’a cessé d’agir pour les autres, de prendre parti et de se compromettre pour les plus pauvres et les plus humiliés.

Reportons-nous à ce beau texte du Deutéronome dans la 1ère lecture de notre liturgie : « Ce que je te demande, dit Dieu, n’est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte, c’est simple, c’est facile à faire. La Loi de Dieu n’est pas réservée à des initiés ou à de grands savants, ni aux ceintures noires de la religion ; elle est à portée de tous, des petits enfants comme des adultes, des ignorants et des pauvres comme de ceux qui prétendent  tout  savoir. Elle n’est  pas  là-haut dans les  cieux, ni là-bas au-delà des mers. Cette Loi de Dieu, elle est tout près de toi, dans ta bouche, dans ton cœur et tu peux toujours la mettre en pratique ».

Notre religion, notre vie chrétienne, n’est pas un rêve impossible, pas une utopie irréalisable, pas même une loi extérieure. Elle est réalité quotidienne, à portée de mains, tout autour de moi. D’ailleurs quand on lit l’Evangile, on s’en aperçoit : ceux qui comprenaient le mieux l’enseignement de Jésus, c’étaient les gens simples, les pauvres, les sans culture et même, un jour. Jésus s’écria : « Je te dis merci, Seigneur Dieu, car tu as révélé toutes ces choses aux petits, aux ignorants, alors  que  les sages et les savants n’y ont rien compris ».

Il en a toujours été ainsi : les intellectuels et les savants cherchent dans la religion des choses compliquées, alors que les enfants et les gens simples vont d’instinct à l’essentiel à cause de leur foi, de leur humilité, de leur spontanéité, de leur fraicheur. C’est toute la théologie de la Vierge Marie, “le Magnificat” : il a regardé sa servante, dispersé les orgueilleux, jeté les puissants au bas de leurs trônes, il a élevé les humbles, comblé de biens les affamés ; les riches, il les a renvoyés les mains vides…

La voilà, la vraie révolution, annoncée par une jeune fille de 15 ans, dans un petit  village, il y a vingt siècles ! C’est bien plus subversif que les droits de l’homme ! Révolution de l’amour qui ne désire pas “qu’un sang impur abreuve nos sillons”, qui ne nous met pas des armes dans les mains, sinon celles de la douceur, du pardon, de la bonté, de l’attention aux besoins des autres autour de nous. Nous ne formons pas en bataillons, sinon pour gagner la bataille de l’amour et non celle de la haine, de la vengeance expiatoire. Pratiquement, que faire ? Que faire pour aimer ? C’est à chacun de voir et de trouver et pour voir, il faut ouvrir les yeux, être attentifs à ceux qui nous entourent et à ce qui se passe autour de nous.

Alors, pour beaucoup d’entre nous, AIMER, ce sera :

.  Être toujours prêts à rendre service à celui qui est dans le besoin

.  Être attentifs à la personne âgée qui habite à côté

. Accueillir les enfants de la voisine qui n’est pas encore rentrée du travail.

Voyez-vous, Dieu ne nous demande pas de faire des prouesses, ni d’escalader des montagnes, mais de tirer parti de toutes les choses très simples de notre vie quotidienne : en famille, dans le quartier, à l’école ou au collège pour les enfants, au travail, partout…

Pour beaucoup, AIMER, ce sera : prendre position en faveur d’un collègue de travail qui passe une période difficile, ce sera s’engager dans une association contre la faim, contre le sida, contre la torture, pour les vieillards, pour les handicapés.

Pour certains, AIMER, ce sera s’engager dans une action politique, non pas par ambition, mais pour mettre ses compétences au service de la commune, de la région, du pays.

Et pour nous tous, petits et grands, AIMER, ce sera développer ses  talents, ses dons de toutes sortes : dons artistiques, dons scientifiques, dons  d’animateurs  pour  mieux  se  mettre  au service des autres dans la paroisse, le quartier, la commune,…

On découvre alors à quel point, aimer, c’est vivre, c’est vivre à pleins bords. « Aime et tu vivras », nous dit Jésus.

Plus je mettrai d’amour dans mon existence, plus celle-ci sera pleine, active, débordante.

Celui qui n’aime pas, qui vit replié sur lui-même, se contente de vivoter, il est comme un bouton de rose qui refuserait de s’ouvrir et de fleurir comme s’il voulait se garder pour lui-même. Voyez au contraire, tous les grands amoureux, tous ceux qui vivent pour les autres et qui s’engagent avec les autres, ce sont en même temps de grands vivants, plein de vitalité et qui rayonnent la vie, la joie, la joie de vivre.

« Aime et tu vivras », « Replie-toi et tu végèteras ».

Faisons de notre vie cette existence pleine, dynamique, ouverte et l’amour nous dilatera, faisant épanouir notre personnalité.

Alors, nous découvrirons la vraie vie, celle qui a sa source en Dieu puisque Dieu c’est l’amour.  AMEN

 

 




15ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Luc 10,25-37)

Aime et tu vivras

(Lc 10,25-37)…

En ce temps-là, voici qu’un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? »
L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. »
Jésus lui dit : « Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. »
Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? »
Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté.
De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté.
Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion.
Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.
Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.”
Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? »
Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

        

 

            Par la question qu’il pose à Jésus, ce Docteur de la Loi révèle son attitude de cœur vis à vis de Dieu : « « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? ». Il s’agit donc avant tout pour lui de « faire », en obéissant à la Loi religieuse de l’époque. Et s’il « fait » bien, il aura en récompense, comme un dû, comme un salaire, cette vie éternelle qu’il pense mériter, après tous ses efforts ! Dans cette logique, Dieu n’a pas sa place. L’homme peut très bien se débrouiller tout seul et être son propre juge : « J’ai fait ceci et cela ; objectivement, c’est bien. Je suis quelqu’un de juste, un bon croyant. Je mérite donc la vie éternelle »… Dieu n’a rien à dire. Il ne peut qu’acquiescer et s’exécuter en silence en donnant ce qui lui revient : la vie éternelle. Telle est en fin de compte l’attitude de l’orgueilleux, seul avec lui-même.

            Finesse de Jésus. A sa question, il répond par une autre question, sur la Loi, et il sait très bien que ce Docteur de la Loi la connaît par cœur : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Comment lis-tu ? » Et il répond parfaitement bien : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. » Il ne s’agit donc pas de « faire » mais « d’aimer », de tout son être… Et le premier à « aimer », c’est Dieu, Lui qui, de son côté, ne cesse de nous aimer de tout son Être, puisqu’Il Est Amour (1Jn 4,8.16) : « Je trouverai ma joie à leur faire du bien, de tout mon cœur et de toute mon âme » (Jr 32,41). Notons le verbe employé : ici, c’est Dieu qui « fait », par amour, et non pas l’homme… Et que fait-il ? « Il nous a donné de son Esprit » (1Jn 4,13), un « Esprit qui vivifie » (Jn 6,63 ; 2Co 3,6), un « Esprit qui est vie » (Ga 5,25), vie éternelle…

            Dans un tel contexte, que faut-il donc faire pour avoir part à la vie éternelle ? Accepter la relation d’Amour que Dieu veut vivre avec chacun d’entre nous, nous laisser aimer tels que nous sommes, dans la vérité de notre être blessé, et le laisser agir en « médecin » (Lc 5,31), en « Bon Pasteur » : « La brebis perdue, je la chercherai ; l’égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la panserai. Celle qui est malade, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai » (Ez 34,16). Voilà qui est Dieu, et voilà comment « l’homme créé à son image et ressemblance » devrait être (Gn 1,26-28). Et c’est bien l’exemple que donne ici Jésus : un Samaritain, ennemi traditionnel d’Israël, « fut bouleversé de compassion » devant un Israélite blessé par des bandits. « Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin » Alors, « toi aussi : va, et, fais de même ! »                           DJF




Rencontre autour de l’Évangile – 15ième Dimanche du Temps Ordinaire

“ Que dois-je faire

pour avoir la vie éternelle ? ”

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Lc 10, 38-42)

Jésus est en route vers Jérusalem. Le chemin qu’il a pris pour se faire proche et solidaire de notre humanité de misère l’emmènera jusqu’au bout de l’amour.

Et soulignons les mots importants 

La Loi :  Dans la Bible, ce mot a un sens particulier : pouvons-nous le préciser ?

Docteur de la Loi : Nous connaissons les “ docteurs en médecine ”. On parle aussi de “ docteur en philosophie ou en théologie ” : que signifie ici le mot “ docteur ? ” Sur quoi porte sa question ?

Vie éternelle : Comment comprenons-nous ces deux mots ?

Tu aimeras … Nous pouvons partager sur la réponse du docteur de la Loi : comment la trouvons-nous ?

Prochain : Pour ce docteur de la loi et pour les juifs, qui était considéré comme “ le prochain ” ?

Un homme juste : Comment comprendre ce mot “ juste ” ?

Prêtre, lévite : quelles étaient les fonctions de ces personnages ?

Samaritain: rappelons-nous comment les juifs traitaient les gens de Samarie.

Il le vit : Ce verbe “ voir ” est employé pour les trois voyageurs. Mais quelle différence ! 

Fut saisi de pitié : Cette expression exprime un sentiment fort que Jésus a lui même éprouvé devant des gens malheureux ? Est-ce que nous pouvons citer quelques exemples dans l’évangile ?

Lequel a été le “ prochain ” ? Quelle est la manière nouvelle de comprendre le mot “ prochain ” que Jésus nous donne ?

Va et fais…

 

Pour l’animateur 

Dans la Bible le mot  Loi, en Hébreu, “ Torah ” (Enseignement) désigne les 5 premiers livres de la Bible : la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome. C’est le cœur de la Bible Hébraïque et au cœur de la Torah : le Décalogue (les Dix paroles de vie) et la première Parole : Ecoute Israël, le Seigneur Dieu est l’unique, tu aimeras….) C’est le fameux ‘Shéma Israël’ que tout juif pieux récite deux fois par jour.

Celui qui interroge Jésus éprouver ses connaissances, est un expert de la Torah, un sage et un savant,  et son rôle est de l’enseigner et de l’interpréter : il est Docteur de la Loi. Sa question porte sur le “ faire ” : “Que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? Cette vie en plénitude, c’est la Vie même de Dieu, cette vie qui est participation à l’Amour de Dieu, une “ vie pour toujours ”.

Et Jésus lui répond en l’interrogeant sur son interprétation de la Loi : “ Que lis-tu ? Comment lis-tu ? ” Le docteur de la Loi répond par le premier commandement et il ajoute le commandement de l’amour du prochain qu’il met au même niveau que l’amour de Dieu. Et Jésus le félicite et l’invite à mettre en pratique ce commandement d’amour à deux dimensions.

Mais dans l’interprétation des juifs de l’époque, le prochain était quelqu’un de la religion d’Israël, du même groupe religieux ou du même clan ; pas l’étranger, encore moins ces Samaritains qu’on traitait en plus d’hérétiques. Le docteur de la Loi veut montrer que sa vie est en accord avec la Loi, qu’il est un homme “ juste ”. C’est pourquoi il rebondit avec la question “ qui est mon prochain ? ”  Et Jésus répond par une  parabole qui va renverser complètement sa façon de voir les choses.

Jésus met en scène des personnages contrastés : d’un côté deux honorables serviteurs du Temple (prêtre et lévite) et de l’autre, un Samaritain, un étranger et un hérétique, puisqu’il ne reconnaît pas l’enseignement des autorités de Jérusalem. Quand à l’être humain à demi mort, c’est un anonyme !

Les trois le “ voient ”, mais Les deux premiers, soit disant “ juifs pratiquants ” sont indifférents et “changent de trottoir ”. Car c’est peut-être un cadavre, avec du sang : le toucher se serait se rendre impur ! Le Samaritain lui, le voit et est “ saisi de pitié ” : la pitié dont parle Jésus, c’est ce sentiment fort (pris aux entrailles)  qu’il a éprouvé lui-même devant la foule affamée, devant la veuve de Naïm, au tombeau de Lazare… Sentiment qui pousse à agir pour sortir l’autre de sa souffrance. Le Samaritain “ fait ” beaucoup de gestes qui expriment son amour, un amour qui se donne de la peine.

Et Jésus transforme la question du docteur de la Loi “ lequel des trois s’est montré le prochain de l’homme blessé ? ” Le prochain, ce n’est plus l’inconnu blessé, mais celui qui s’est fait “  proche ” de lui  et qui lui a manifesté de la miséricorde. Et le docteur de la Loi reconnaît que c’est le Samaritain, qu’il traite d’infidèle, qui s’est montré le véritable prochain. Jésus n’a plus qu’à lui dire d’inventer une pratique semblable s’il veut hériter de la vie de Dieu.

 

TA PAROLE DANS NOS COEURS

  • Nous regardons Jésus avec les yeux du cœur, en fermant les yeux du corps. Il accueille le docteur de la Loi, sa question. Il le félicite de sa réponse. Il se montre bienveillant à son égard.

Jésus se reconnaît dans le bon Samaritain qui s’est montré compatissant,  qui a aimé gratuitement, généreusement, sans calcul. Comme le Samaritain, Jésus est un “ étranger ”. La terre n’est pas son pays ! Il vient, et le cœur plein de miséricorde, s’approche du blessé. Et ce blessé, c’est nous, c’est moi, blessé par les difficultés de la vie, parfois abandonné…Il est seul à pouvoir me guérir de mes blessures profondes.

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS

L’Evangile aujourd’hui dans notre vie

  • Le Docteur de la Loi pose la question “ Que dois-je faire ” pour avoir en moi la vie de Dieu ? Les auditeurs de Jean-Baptiste et ceux de Pierre et des apôtres le jour de la Pentecôte sera la même : “Que devons-nous faire ?” Car il ne s’agit pas de connaître, il s’agit de mettre en pratique.

Ce savant en Ecriture connaît parfaitement le grand commandement : mais dans la pratique, il sépare l’amour de Dieu et l’amour d’autrui, quel qu’il soit. Et nous ?

  • On dit qu’il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ! Le prêtre et le lévite ont “ changé de trottoir ” ! Jésus nous invite à être le prochain de tous ceux qui ont besoin de nous, sans nous occuper de connaître leur race, leur religion, leur caractère…

Qui sont mes frères ? N’ai-je pas tendance à réserver ce nom à des gens qui sont proches de moi, ceux de mon milieu, de mon ethnie, de ma religion…. ? Est-ce que nous aussi nous ne choisissons pas notre prochain : des gens bien, intéressants, reconnaissants… ?

  • Jésus, dans la parabole, a amené le docteur de la Loi à comprendre qu’il peut recevoir une leçon d’un Samaritain, qu’il traite de païen.

Est-ce que je suis prêt à reconnaître que des gens qui ne sont pas chrétiens, qui pratiquent une autre religion, peuvent être pour moi des modèles, des témoins de l’amour de Dieu ? Comment nous considérons la générosité, la solidarité, le désintéressement, des gens qui ne croient pas comme nous ou qui sont incroyants ?

 

ENSEMBLE PRIONS  

  • Seigneur, fais de nous les bons samaritains de ceux que tu mets sur notre route. Qu’à travers notre attitude, ils expérimentent ton amour plein de tendresse pour eux.

  • Tu nous appelles à un amour parfait de charité. Change toi-même notre cœur.

  • Tu veux que nous soyons le sel de la terre et la lumière du monde : prends pitié de nous.

  • Fais nous la grâce, Seigneur, de te chercher dans l’amour de nos frères, de découvrir ton nom dans leur visage, de te rencontrer ainsi au cœur de notre vie.

 

Chant : Pour aimer du plus grand amour (P.116, carnet paroissial)

 

 

 

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15ème dimanche du Temps Ordinaire

 

 




14ième Dimanche du Temps Ordinaire (Luc 10, 1-12.17-20 ) :    « Le règne de Dieu s’est approché de vous. » (Francis Cousin)

« Le règne de Dieu

s’est approché de vous. »

Lors de l’envoi des soixante-douze disciples « en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre », Jésus ne dit pas « Le règne de Dieu est proche », ce qui donnerait l’impression que nous n’en sommes pas loin, et qu’il suffirait pour nous que nous fassions quelques pas pour que nous en faisions partie.

Jésus dit : « Le règne de Dieu s’est approché de vous ».

La démarche est toute autre : c’est Dieu qui vient vers nous, et nous n’avons (!!?) qu’à accepter de le recevoir (« Je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. » Ap 3,20), qu’à accepter d’entrer dans son royaume. Un royaume d’amour !

Nous n’avons qu’à accepter que Dieu nous aime !

Et c’est là que cela devient difficile. Ce qui paraît surprenant, parce que généralement les gens sont plutôt d’accord avec l’amour humain : on aime être aimé. Et on est parfois prêts à faire des efforts pour être aimé. Et aussi on a tous une propension à aimer ! Pas aimer toutes les personnes, mais au moins quelques-unes : on ne peut pas vivre sans aimer.

Mais l’amour de Dieu ! … Penser que Dieu nous aime ! Alors là ! Surtout pour ceux qui ne font pas un compte avec lui …, penser que lui les aime, eux …

Au lieu de cette acceptation de cette présence de Dieu près de nous, c’est nous qui cherchons Dieu. Nous le cherchons parfois loin : dans les philosophies, dans des pèlerinages lointains … Mais comme nous sommes envahis par nos problèmes domestiques, familiaux, professionnels, … nous n’avons pas le temps de l’entendre, et nous ne pensons pas non plus qu’il est dans les personnes que nous rencontrons …

Nous posons la question : « Dieu, où es-tu ? Que fais-tu ? ». De la même manière que des non-chrétiens nous disent : « Mais où est-il ton Dieu ? », reprenant sans le savoir ce qui est dit dans le psaume 41, verset 4. Comme quoi la question n’est pas nouvelle !

Pour beaucoup de gens, Dieu est un Dieu lointain, parfois même pour certains un Dieu absent. C’est une manière de ne pas se poser trop de question sur Dieu. En effet, dans la plupart des cas, c’est nous qui nous mettons loin de Dieu ; c’est nous qui mettons Dieu « aux abonnés absents » ou sur la liste des « messages indésirables ».

Alors que c’est Dieu qui ne cesse de nous appeler : « Où es-tu ? » (Gn 3,9), même après avoir fait des bêtises. Dieu ne cesse de vouloir renouer les liens entre lui et chacun de nous.

Et nous le savons … intellectuellement. Mais pratiquement, on l’oublie très vite.

Comme nous savons que : « Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses. » (Ps 33,7)

Comme nous savons qu’avec la venue de Jésus sur la terre, Dieu, qui est amour, s’est encore rapproché de nous, et que Jésus est « avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28,20).

Alors, ne l’oublions pas : « Le règne de Dieu s’est approché de vous », … de nous ! C’est d’ailleurs tellement important que c’est, après la salutation, le seul message que Jésus donne à délivrer aux soixante-douze disciples.

Encore une fois, « l’amour a fait les premiers pas ». Faisons-en un … pour entrer dans la danse avec Dieu.

Seigneur Jésus,

Comme nous sommes compliqués !

Nous cherchons au loin ce qui est proche :

ta présence, quand tu es en nous,

quand tu es en tous ceux que nous rencontrons,

quand nous communion à ton corps !

Ouvre nos yeux aux merveilles de ton amour.

Francis Cousin   

 

 

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Prière dim ordinaire C 14°

   

  

 

 




14ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Luc 10,1-12.17-20)

« Le Règne de Dieu est tout proche »

(Lc 10,1-12.17-20).

En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin.
Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’
S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté.
Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” »
Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites :
“Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.”
Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville. »
Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. »
Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair.
Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire.
Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. 

        

     Peu avant, Jésus avait choisi les Douze parmi ses disciples et il les avait envoyés « proclamer le Règne de Dieu et faire des guérisons » (Lc 9,1‑6). Ici, « il en désigne encore soixante-douze » en leur disant : « Guérissez les malades et dites : « Le Règne de Dieu est tout proche de vous » ». Leur mission est donc identique. Or, les deux chiffres additionnés, douze et soixante douze, font en tout quatre vingt quatre, soit sept fois douze, et « sept » dans la Bible est symbole de Plénitude. C’est donc toute l’Eglise qui est envoyée en mission : ses responsables, les Douze, aujourd’hui nos Evêques et nos prêtres, et avec eux, nous tous ensemble, laïcs, diacres, religieux religieuses…

            Et ils sont envoyés ici « deux par deux » car, à l’époque, il fallait être deux au minimum pour témoigner de quoique ce soit (Dt 19,15 ; Mt 18,16). Jésus nous appelle donc à être les témoins de l’Amour et de la Miséricorde de Dieu, en nous soutenant les uns les autres. Souvenons-nous de St Paul : « Il m’a été fait miséricorde, et la grâce de notre Seigneur a surabondé… Elle est sûre cette parole et digne d’une entière confiance : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis, moi, le premier. Et s’il m’a été fait miséricorde, c’est pour qu’en moi, le premier, Jésus Christ manifestât toute sa patience, faisant de moi un exemple pour ceux qui doivent croire en lui en vue de la vie éternelle » (1Tm 1,12-17).

            L’Eglise est donc envoyée en témoin du Pardon de Dieu offert en surabondance à notre foi. Ici, le Christ demande le dépouillement : « Ni argent, ni sac, ni sandales » car il désire voir grandir la foi de ses disciples en cette Présence invisible du Père à leurs côtés, un Père qui sait très bien de quoi nous avons besoin avant même que nous ne lui demandions (Mt 6,8). Et il ne permettra pas que les ouvriers de sa moisson manquent du nécessaire (Lc 12,22‑32). « Avez-vous manqué de quelque chose », leur demandera Jésus plus tard ? « De rien », répondront-ils, ce qui est un nouveau témoignage de la proximité de Dieu et de son action efficace, par les uns, par les autres (Lc 22,35-38)…

            Puis il les libère de toutes les prescriptions alimentaires en vigueur à l’époque, car une seule chose compte : l’Amour reçu, l’amour donné…  « Messagers de la Paix, la moisson vous attend… Pour réconcilier le monde, n’emportez que l’Amour… A ceux qui vous accueillent, comme à ceux qui vous chassent, annoncez la Nouvelle : le Royaume de Dieu est là, tout près de vous »…                                                                                       DJF




14ième Dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN

Envoi des disciples

Lc 10, 1-20

Quand nous parlons des “disciples du Seigneur”, tout de suite, ce sont les apôtres qui nous viennent à l’idée, les douze : Pierre et Jean, Jacques et André, … et les huit autres.

Aujourd’hui, le Christ désigne parmi ses disciples 72. Il devait donc en avoir beaucoup plus, toute une foule de personnes qui l’accompagnait, peut-être plusieurs centaines et ceux-là on n’en parle jamais, alors qu’on voit Jésus les envoyer deux par deux dans toutes les villes et les localités où il devait passer, pour dire aux habitants : « Paix à cette maison », « Le règne de Dieu est arrivé jusqu’à vous »

Nous aussi, quand nous pensons à l’Eglise, il nous arrive très souvent de dire : « le Pape, les évêques, les prêtres… alors que l’Eglise, c’est vous, c’est d’abord vous, toute cette foule de laïcs baptisés qui suivent le Christ, qui l’entourent, qui l’écoutent, qui se mettent à sa suite, et c’est vous aussi, qu’il envoie auprès des autres pour leur dire la paix et la tendresse de Dieu et leur annoncer que le règne de Dieu est arrivé jusqu’à eux.

Est-ce-que nous n’avons pas eu longtemps l’impression que l’Eglise c’était tous ceux qui portaient autrefois la soutane … le Vatican, l’évêché, le presbytère et que les laïcs, n’étaient au fond que des sympathisants, un brave troupeau de brebis bêlantes, qui n’avaient guère de droits au chapitre, guère de droits sinon celui de dire “Amen” et de se faire tondre… et de suivre les autres.

 Il fallait obéir aux pasteurs, suivre leur itinéraire ou obéir à leurs caprices et il était difficile ou hasardeux de prendre des initiatives, à plus forte raison de se sentir responsables, dans ce monde clérical et hiérarchisé à l’extrême. Ce point de vue est maintenant bien dépassé et chaque chrétien doit “se sentir membre à part entière” de la dynamique de l’apostolat de l’Eglise du Christ.

De douze, nous passons à 72. Or ce chiffre, dans la Bible, correspond à “la totalité du monde à évangéliser “. La Bible pensait, en effet, qu’il y avait dans le monde 72 nations païennes : elles sont énumérées au chapitre 10 de la Genèse et si Jésus a choisi 12 apôtres, pensant aux 12 tribus d’Israël qui devaient apprendre la Bonne Nouvelle, il envoie également 72 disciples devant lui, nous rappelant par ce nombre que c’est le monde entier qui doit être le bénéficiaire de l’annonce du Christ. 72 = toutes les nations, tous les pays, tous les continents, le monde entier. Telle est l’ambition missionnaire du Seigneur. Voilà pourquoi il dit aussitôt: « La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux » ; « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à la moisson ».

C’est non seulement l’univers tout entier qu’il désire sauver, mais aussi toutes les générations, les moissons successives, d’année en année, toutes les récoltes de siècle en siècle, toutes atteintes par l’annonce de la Parole de Dieu, toutes sauvées par elle.

Le Christ voit grand, le Seigneur voit loin. De 12, il passe à 72, il passe à la totalité des hommes : moisson abondante qui exige, à toutes les époques, des milliers et des milliers d’annonceurs de l’Evangile. Il est évident qu’il ne s’agit plus seulement d’évêques ni même de prêtres quand on parle “d’ouvriers pour la moisson” divine, mais de chaque chrétien baptisé et surtout confirmé.

Chacun doit se sentir investi de cette mission divine et tout laïc doit se sentir responsable de l’apostolat de l’Eglise et du travail de  l’évangélisation. Cette tâche n’est plus réservée à quelques-uns : elle  nous  concerne tous et tous, nous  avons  à la prendre en charge. Le Baptême déjà nous a appelé à participer aux pouvoirs du Christ : prêtre, prophète et roi ; la Confirmation, notre Pentecôte à nous, nous a rendus aptes à remplir ce rôle de témoins, de messagers de Dieu : l’Esprit Saint agit en nous.

Sommes-nous persuadés que, à nous, laïcs, chrétiens baptisés et confirmés, le Christ nous confie un rôle, une mission, une place irremplaçable ?

Et savons-nous quel est notre rôle ? Nous chantons : « Peuple de prêtres, peuples de rois, assemblée des saints, peuple de Dieu, chante ton Seigneur ! » Mais qui sont ces prêtres, ces rois, cette assemblée de saints, ce peuple de Dieu qui doit chanter son Seigneur ?

Frères et sœurs, c’est nous, c’est nous tous, c’est nous tous ensemble. L’apostolat, l’annonce de l’Evangile et du Royaume n’est pas réservé à quelques-uns, il est confié à chacun, et tous, nous devons nous en sentir responsables.

« Il les envoya devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller pour y préparer sa venue ».

Or, que faisons-nous pour être ses envoyés ? Que faisons-nous pour préparer sa venue ?

Est-ce-que dans les milieux où nous vivons, dans les quartiers que nous habitons, auprès des personnes que nous fréquentons, nous sommes sûrs que Jésus y sera bien accueilli parce que nous serons déjà passés auparavant et que nous aurons tout fait pour préparer cet accueil ?

Est-ce-que nous ne faisons pas de notre foi, et de notre vie chrétienne, une affaire trop 30personnelle qui ne regarde pas les autres, une  pratique  à usage interne au lieu d’un témoignage à usage externe ?

Ne sommes-nous pas trop timides, trop réservés, trop hésitants dès qu’il faut annoncer notre couleur, dire nos convictions et exprimer notre foi ?

Sur le chemin qui nous a conduit au Christ et que d’autres peut-être pourraient prendre, n’avons-nous pas mis cette pancarte : “chemin privé”, chemin secret et herbeux qui mène à une bicoque parce que je suis seul à l’habiter ?

Au lieu de cela, pensons à une foule qui, ayant remporté la victoire, passe massivement, glorieusement, sous l’Arc- de- Triomphe et descend les Champs-Elysées, à toute cette foule qui acclame et qui  suit leurs héros. C’est plutôt cela l’Eglise !

C’est ce Peuple de Dieu victorieux depuis Pâques et qui avance en clamant sa joie et qui entraîne avec elle tous ceux qui ont faim et soif de vrai bonheur.

Ne nous dit-on pas à la fin de l’Evangile, que « les 72 disciples revinrent tout joyeux et qu’ils étaient étonnés eux-mêmes de ce qu’ils avaient pu faire ». A quoi le Seigneur leur répond :

« Réjouissez-vous parce que vos noms sont déjà inscrits dans les cieux ».  AMEN