3ième Dimanche du Temps Ordinaire (Mc 1, 14-20) – Francis Cousin

« Venez à ma suite. »

La semaine dernière, dans l’évangile selon saint Jean, nous avions déjà vu André et son comparse, souvent identifié avec Jean, frère de Jacques de Zébédée, se mettre à suivre Jésus, suite à la remarque de Jean-Baptiste : « Voici l’Agneau de Dieu ». Ils étaient restés avec Jésus un bon moment de l’après-midi ; et le lendemain, André amène son frère Simon à Jésus : « Nous avons trouvé le Messie ! ». C’était au bord du Jourdain, là ou Jean-Baptiste baptisait, un peu au nord de la mer Morte.

Aujourd’hui, dans l’évangile de Marc (comme dans les autres synoptiques), nous retrouvons Jésus en Galilée, après avoir été baptisé dans le Jourdain et passé quarante jours dans le désert, commençant à prêcher la Bonne Nouvelle. Ce jour-là, il passe le long de la mer de Galilée. Et c’est là qu’il appelle ses quatre premiers apôtres : Simon et André, Jacques et Jean.

On pourrait se dire : « Il y a un problème ! les évangélistes ne disent pas la même chose ! »

À moins qu’ils disent tous vrai.

Faisons une hypothèse :

Cela commence avec André et Jean, puis quelques autres Galiléens, des amis, de la famille : il y a nommément cités : Simon-Pierre, Philippe, Nathanaël (Barthélémy), à Béthanie de Transjordanie, auprès du Jourdain. Ils ont été en relation avec Jésus de manières diverses, ont parlé avec lui. Ils ont fait connaissance …

Après le baptême de Jésus, dans les synoptiques, Jésus, poussé par l’Esprit, part dans le désert pendant quarante jours, pour y être tenté par le Diable … Et les autres Galiléens rentrent chez eux, reprennent leur métier ; la vie continue …

Après le désert, Jésus remonte en Galilée et commence à enseigner … il va de village en village …

(Ne tenons pas compte des jours indiqués dans l’évangile de Jean : cela lui permet de situer les noces de Cana le septième jour après le premier témoignage de Jean-Baptiste, en parallèle au septième jour de la création du monde où Dieu se reposa, et suggéré ainsi que ce repas de noces préfigure le banquet messianique de la fin des temps.)

Un jour, Jésus passe par Bethsaïde, le village d’André et de Simon. On peut estimer à environ deux mois la durée entre la rencontre de Béthanie et ce jour-là (quarante jours de désert, trois jours pour remonter en Galilée, et deux semaines d’évangélisation en Galilée).

Passant le long du lac, il voit André et Simon qui jettent leurs filets dans la mer. Il les reconnaît tout de suite et les interpelle : « Venez à ma suite. Je vous ferais devenir des pêcheurs d’hommes. ».

Les deux hommes se retournent. Voient Jésus. Ils reconnaissent aussitôt celui dont les paroles les avaient tant émerveillées, leur avaient donné l’espoir d’une autre vie. Ils avaient réfléchi, avaient ruminé dans leur cœur toutes ces pensées que ces paroles avaient fait naître, et ils n’avaient qu’une hâte : le revoir ! Entendre de nouveau ses paroles bienfaisantes, pleines d’amour, d’espoir et de bonté …

Et le voici devant eux !

Ils attendaient tellement ce jour !

Sans attendre, ils laissent tout ce qu’ils faisaient, et partent avec lui.

Un peu plus loin, Jésus rencontre Jean et son frère Jacques, qui étaient dans les mêmes dispositions d’André et Simon … Et le résultat est le même …

Bien sûr, ceci n’est qu’une hypothèse … mais elle permet de comprendre pourquoi les ’futurs apôtres’ ont été aussi prompts à suivre Jésus.

Cette parole de Jésus, elle continue à nous être adressée : « Venez à ma suite. »

Je n’ajoute pas « Je vous ferais devenir pêcheurs d’hommes » car on risquerait de penser que c’est réservé aux vocations sacerdotales … Encore que … Tout le monde est appelé à sortir les pécheurs de leur univers et à les ramener dans le droit chemin … à commencer par nous !

« Venez à ma suite. », ce n’est pas seulement pour ceux qui ne croient pas, qui ne connaissent pas Jésus.

Tous, nous avons à nous mettre, chaque jour, à la suite de Jésus. À faire que nous mettions ses paroles en applications … à commencer par le commandement d’amour de Jésus : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimé. ».

C’est d’autant plus important en ce jour où se termine la semaine d’unité pour les Chrétiens. Baptisés du même baptême qui fait de nous des fils de Dieu, il est important que nous prions (et que nous fassions ce qu’il faut) pour que nos points de différences soient supprimés et que nous puissions nous dire véritablement comme frères en Jésus.

Et aussi que nous pensions à ceux qui ont (ou n’ont pas) d’autres religions … , qui ne pensent pas comme nous, mais qui sont aussi pour nous des frères (et des sœurs). Ainsi que nous l’a rappelé le pape François dans sa dernière encyclique : ’’Fratelli Tutti’’, ou en français ’’Tous Frères’’.

Seigneur Jésus,

Tu ne cesses d’appeler

les hommes à te suivre,

pour que ta Bonne Nouvelle

fleurisse sur la terre

et que la fraternité entre tous

soit quelque chose de réel,

que tu attends depuis longtemps.

Fais que nous te suivions …

en actes !

Francis Cousin 

 

 

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3ième Dimanche Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN

Conversion

Mc 1, 14-20

Sans doute, avez-vous remarqué, frères et sœurs, le thème commun aux trois lectures de cette liturgie. Dans les trois, on vous dit :

« Dépêchez-vous, le temps vous est compté » ; « Il est grand temps de vous convertir ».

Nous avons d’abord le prophète Jonas qui se promène dans une ville païenne, énorme puisqu’il faut trois jours pour la traverser, en criant : « Encore quarante jours et Ninive sera détruite ! ».

“Aussitôt” (retenons ce mot “aussitôt”, nous le retrouverons dans d’autres lectures), les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne et voyant leur réaction, Dieu renonça au châtiment.

« Encore quarante jours », proclamait Jonas.

St-Paul, dans la seconde lecture, est encore plus alarmiste : « Frères, je dois vous le dire : le temps est limité », « Ce monde tel que nous le voyons est en train de passer » et St-Paul, au lieu d’employer le mot “chrono” pour le temps, emploie le mot grec “Kaipos”. Carguer : on cargue ses voiles, c’est-à-dire qu’on les replie parce que le bateau arrive devant le port. St-Paul veut nous faire sentir par là que le chrétien doit être un homme en attente d’un événement ultime qui va arriver.

Il y a eu déjà le mystère pascal, le don de l’Esprit, les derniers temps sont advenus ; l’évènement ultime de notre histoire : la Résurrection du Christ après sa mort a déjà eu lieu. Dès lors, toute valeur, toute situation de vie concrète comme le mariage, la douleur, la joie, la possession de biens sont à situer par rapport à cette situation essentielle :

« Ce monde tel que nous le voyons est en train de disparaître ». Ce doit donc être aussi, par voie de conséquence, la mort du péché et la mort de la mort. Or, la mort de la mort, c’est la vie éternelle.

Passons à l’Evangile : Jésus ne va pas dire autre chose. Il disait (ce sont ses premières paroles en public dans l’Evangile de St-Marc celui que nous étudions cette année) : « Les temps sont accomplis, le Règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous, croyez à la Bonne Nouvelle ».

 

Quatre marins pêcheurs étaient là : “aussitôt” (voici que nous retrouvons ce mot), « aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent ». Ils partirent derrière lui.

En sélectionnant ces trois textes, l’Eglise, dans la liturgie d’aujourd’hui, a un message à nous livrer, quelque chose à nous dire, à nous les chrétiens de 2015 : “ Vous n’avez qu’une vie ”.

Frères, nous le savons bien, mais il faut parfois y penser, y repenser. Nous ne sommes pas éternels sur la terre, nous y sommes de passage, un “certain temps“, depuis le moment de notre naissance jusqu’à celui de notre mort et ce temps qui, de toute façon, est très court en regard de l’éternité, même si nous mourons centenaires, nous est donné par Dieu pour y faire nos preuves, pour nous préparer à vivre dans un temps sans temps où, comme dit le psaume « mille ans sont comme un jour ».

Jusqu’ici, la mort : ce fut toujours la mort des autres, mais il arrivera un jour où ce sera la mienne, la vôtre et nous ne savons pas quand cela doit arriver ; ça peut être dans trente ans, dans un an, ça peut être demain. On a comparé le temps à un sablier. Vous savez, ces deux sphères, l’une sur l’autre, où le sable de celle du dessus, grain par grain, tombe dans celle du dessous.

Mais le drame, c’est que nous ne pouvons pas voir le volume de celle du dessus, elle nous est cachée.

Y a-t-il encore beaucoup de sable à tomber ? Ou encore seulement quelques grains ? Nous n’en savons rien !

 En tous cas, quel qu’en soit son volume, les trois prophètes d’aujourd’hui nous disent tous les trois d’un seul cœur, Jonas, St-Paul, Jésus-Christ : « Les temps sont accomplis ». Le temps est limité « Encore quarante jours et Ninive sera détruite ». Et c’est vrai que la plupart du temps, nous remettons à demain parce que disons-nous « Nous avons toute la vie devant nous ». Qu’en sais-tu ? Elle est peut-être toute entière derrière toi ? Combien as-tu à vivre dans cette situation provisoire ? En cette situation d’attente ? Tu n’en sais rien ! Et c’est pourquoi nos trois prophètes insistent : « Si le temps est si court, si nous ne savons même pas sa longueur, alors quelles conclusions en tirer ? »

« Encore quarante jours et Ninive sera détruite ». Les habitants de cette ville païenne se convertissent : ils pratiquent un jeûne, du plus petit jusqu’au plus grand et prirent des vêtements de deuil. « Frères, je dois vous le dire, le temps est limité », répète à son tour St-Paul. Alors, tirez-en les conséquences : triez, éliminez, choisissez entre “les choses qui passent et celles qui ne passent pas“. Nous vivons tous les jours avec des éléments de notre vie : les uns sont éternels, les autres sont provisoires. Qu’allons-nous choisir ? Allons-nous arriver, surpris, dénudés, démunis sans aucune ressource parce que jusqu’ici, nous nous sommes attachés à du toc, à des fantaisies, à ce qui, demain, nous paraîtra sans valeur, sans consistance ? Ou bien avons-nous choisi d’arriver riches, équipés de toutes les valeurs évangéliques : pauvreté, douceur, justice, pureté, amour de Dieu et des autres, pardon sans condition, don de soi, lumière et vérité, liberté et discernement ?

Un chrétien témoignait qu’après son infarctus du myocarde, il ne voyait plus du tout la vie avec le même regard :

« Autrefois, disait-il, le temps pour moi n’était rien. Maintenant que je suis passé si près de la mort, j’accorde au temps beaucoup plus d’importance. Je goûte la vie avec plus d’intensité et je me mets à voir les autres avec un autre regard : ils ont une beaucoup plus grande importance à mes yeux ».

Et l’un d’eux, un professeur des beaux-arts, disait : « Depuis cette crise, la vie éternelle devient pour moi beaucoup plus présente et le sens de ma vie a changé ».

« Le sens de ma vie a changé » : c’est cela, ce que l’on appelle dans l’Eglise “la conversion”.

Quel est le sens de votre vie ? Avez-vous fait votre conversion ? Votre vie, où va-t-elle ? Dans quelle direction ? Quel est son cap ? Ou bien voulez-vous remettre encore à demain cette mise au point qui vous fait décider une vie différente, une décision, une vision différente de votre regard sur l’univers ? Essayez par exemple de prendre une journée ordinaire et de voir quel est votre emploi du temps.

Votre emploi du temps est une manière de dévoiler ce que vous êtes à l’intérieur de la vie actuelle. « Dis-moi quel est ton emploi du temps et je te dirai qui tu es ». Tous, depuis notre Baptême, nous sommes appelés par Jésus, à changer de vie, tout comme les apôtres sur le bord du lac : « Aussitôt laissant là leurs filets, ils le suivirent », Un peu plus loin, il vit deux autres disciples qui préparaient leurs filets, Jésus les appelle. “Aussitôt“, laissant dans la barque leur père et ses ouvriers, ils partirent derrière lui.

Tout comme pour nous : Dieu ne regarde pas la longueur d’une vie. Pour lui, le temps n’a pas d’importance si ce n’est pour attendre la conversion de quelqu’un.

Il regarde surtout sa qualité et sa dynamique. Des centenaires ont pu mener des vies médiocres et des jeunes, présenter au Seigneur une vie bien remplie, pleine de valeurs exploitées.

« N’essayons pas d’ajouter des années à notre vie, essayons plutôt d’ajouter de la vie à nos années ». AMEN




3ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER (Marc 1, 14-20)

” Dieu Amour est tout proche “

(Marc 1, 14-20)…

Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ;
il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »
Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs.
Il leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets.
Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite.

 

         Nous avons ici les premières paroles de Jésus dans ce qui fut le premier Evangile jamais écrit, celui qui servira de modèle à Matthieu et à Luc : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1,15).

            « Les temps sont accomplis »…  Avec Jésus et par Lui, Dieu est intervenu de manière décisive dans l’histoire de l’humanité : toutes les prophéties de l’Ancien Testament qui annonçaient la venue du Messie sont désormais réalisées. Et Dieu est allé au-delà, car avec Jésus, c’est le Fils en personne, « né du Père avant tous les siècles, Dieu né de Dieu » qui s’est fait homme. Avec Lui, c’est donc Dieu Lui-même qui nous adresse la Parole et qui nous dit tout ce qui est nécessaire à notre salut… Et que nous dit-il ici ? « Le Règne de Dieu est tout proche ». La Bible l’affirmait depuis longtemps déjà, notamment dans le Livre de la Genèse (Gn 9,8-17), où, pour la première fois, Dieu emploie le vocabulaire de l’Alliance pour évoquer ses relations avec les hommes. Et il déclare qu’il vit en « alliance éternelle » avec « toute chair ». Dieu est donc proche de tout homme depuis que l’homme existe, et cela gratuitement, pour son seul bien…

            Tel est « l’Evangile », un mot qui en grec signifie « Bonne Nouvelle », car ce Dieu « tout proche » « est Amour » (1Jn 4,8.16) et le propre de l’Amour est de se répandre, de se donner, gratuitement, par amour… « Le premier pas que Dieu accomplit vers nous est celui d’un amour donné à l’avance et inconditionnel. Dieu nous aime parce qu’il Est Amour, et l’Amour tend de nature à se répandre, à se donner » (Pape François, 14 juin 2017). Et nous avons tous été créés pour accueillir ce « Don de Dieu » (Jn 4,10), et trouver avec Lui une Plénitude de Vie et de Paix…

            Pour accueillir ce « don gratuit », encore faut-il que nous acceptions de nous tourner de tout cœur vers Celui qui nous le propose, ce qui, au même moment, ne peut qu’être renoncement à tout ce qui lui est contraire. D’où l’appel lancé ici par Jésus : « Repentez-vous », retournez-vous de tout cœur, et « croyez à la Bonne Nouvelle », accueillez le Don de Dieu… Et ce retournement, cette ouverture seront encore en nous, pécheurs, le fruit de la grâce. « Pour exister, la foi requiert la grâce prévenante et aidante de Dieu, ainsi que les secours intérieurs du Saint Esprit qui touche le cœur et le tourne vers Dieu, ouvre les yeux de l’esprit et donne à tous la douceur de consentir à la vérité » (Concile Vatican II, Dei Verbum &5). Et comme l’écrit St Bernard, « consentir, c’est être sauvé »…      DJF

 

           




2ième Dimanche du Temps Ordinaire (Jn 1, 35-42) – Francis Cousin

« Où demeures-tu ? »

Dans la première lecture, Samuel entend la voix de Dieu, mais ne sait pas que c’est lui : « Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée. ».

Il va vers son maître Eli qui le renvoie se coucher. Et cela par trois fois.

Patience de Samuel qui répond à chaque appel, mais se trompe d’interlocuteur …

Patience de Dieu qui ne cesse d’appeler, jusqu’à ce qu’on lui réponde …

Et il le fait encore avec nous …

Oh, bien sûr, nous n’avons sans doute jamais entendu Dieu nous parler directement … mais il peut nous parler par la bouche (ou les écrits) d’autres personnes …

Ici, c’est Eli qui fera le lien entre la parole entendue et Dieu : « Va te recoucher, et s’il t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” », et qui amène Samuel à prendre contact directement avec Dieu … et de cette rencontre nocturne naîtra pour Samuel toute une manière de vivre au service de Dieu … même si cela doit lui coûter vis-à-vis de Eli …

Dans l’évangile, c’est Jean-Baptiste qui sera le déclencheur pour les futurs disciples de Jésus. La veille, il avait déjà dit : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était (…) Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint. Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu.’’ ».

Sans doute ses disciples avaient-ils réfléchi pendant la nuit : « C’est quoi l’Agneau de Dieu ? Il y a celui qui a été donné par Dieu à Abraham pour remplacer son fils Isaac sur le bûcher … Il y a celui dont parle Isaïe, « un agneau conduit à l’abattoir … Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes. ». Ils ne comprenaient pas bien … mais leurs esprits étaient éveillés …

Alors, ce jour-là, quand Jean-Baptiste revoit Jésus qui marche devant lui, et sans doute pris par l’émotion, il redit : « Voici l’Agneau de Dieu. », les deux disciples, André et son comparse veulent en savoir davantage sur cet homme, et se mettent à le suivre.

Jésus sent qu’on le suit. Il se retourne et demande : « Que cherchez-vous ? ».

Surpris par la question, pris au dépourvu, les deux disciples répondent : « demeures-tu ? ». Mais on sent malgré tout une volonté de mieux connaître celui qui est appelé Agneau de Dieu, de l’écouter, d’échanger avec lui …

La réponse est bien du style de Jésus : « Venez et vous verrez. »

C’est une invitation à faire connaissance, sans aucune contrainte : Jésus propose …

Et pour nous aussi il fait pareil : Jésus propose son discours, son Évangile …

Ensuite, c’est à chacun de faire son choix. Le voir amène à croire … ou pas …

Pour nous, bien sûr, le voir n’est pas possible, mais Jésus a dit : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » (Jn 20,29) …

On ne sait pas ce qu’ils se sont dit … mais ils ont été convaincu par Jésus, et ils ont quitté Jean-Baptiste pour suivre Jésus, pour demeurer avec lui.

La rencontre avec Jésus était primordiale pour le suivre … et c’est encore vrai aujourd’hui …

Mais les deux disciples n’en sont pas restés là : devenus disciples de Jésus, ils ont soif de faire connaître celui qu’ils ont rencontré, et le lendemain même, André voit son frère Simon pour lui dire : « Nous avons trouvé le Messie », et il le conduit à Jésus. Ils deviennent missionnaires

De cette rencontre, Simon ressort transformé. D’abord dans son cœur (mais on n’en dit rien), et surtout dans son nom : « Tu t’appelleras ’’Kèphas’’ – ce qui veut dire : pierre », ou rocher, roc …

« Que cherchez-vous ? »

La question nous est posée à nous aussi.

On cherche tous quelque chose, même si on ne sait pas toujours quoi …

Dans le domaine matériel, c’est assez facile … « Qui cherche trouve. » (Mt 7,8). Quoique !

Mais dans le domaine de la personnalité ou le domaine spirituel, c’est plus difficile.

Beaucoup de personnes ne sont pas satisfaites de telle ou telle chose, mais ils ne cherchent pas … pourquoi ? … comment ? … que faire ? …

Souvent, ils veulent bien chercher, mais ils n’ont pas la volonté de le faire ! Ils préfèrent attendre que les solutions viennent d’elle-même …

Ils préfèrent rester en chaussons dans leur canapé …

Quand on cherche, on ne cherche pas seul, et l’évangile nous le montre bien ! On va voir des personnes … on lit des livres … on réfléchit … on prie …

Des personnes nous mènent à Jésus … et Jésus nous invite à demeurer avec lui.

Et nous, que cherchons-nous en nous mettant à la suite de Jésus ?

Quelle recherche habite mon cœur ?

Pourquoi vais-je à la messe ? … et pour quel changement dans ma vie ?

Ai-je déjà rencontré Jésus, d’une manière ou d’une autre ?

Est-ce que je suis prêt à demeurer avec lui ? … chez lui … avec son Père …

Mais pour cela, il faut que j’accepte son amour … que je lui rende son amour … et que je le partage avec d’autres …

Seigneur Jésus,

Tu es comme un aimant qui attire

tous ceux qui te cherchent vraiment.

Quand ils te rencontrent,

ils ne veulent plus te quitter …

Mais il y a le Malin qui rode

et essaye de nous éloigner de toi…

et qui parfois y arrive.

Garde-nous fermes dans la foi.

Francis Cousin 

 

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2ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER (Jean 1, 35-42)

” Que cherchez-vous ? “

(Jean 1, 35-42)…

En ce temps-là, Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples.
Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. »
Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus.
Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? »
Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi).
André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus.
Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ.
André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.

Jean-Baptiste, avec deux de ses disciples, regarde Jésus qui passe tout près d’eux… Il va alors poser sur lui un regard de foi, un regard qui l’implique tout entier, « corps, âme et esprit » (1Th 5,23)… Et qui regarde-t-il ainsi ? Jésus, le Fils Unique qui « a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme »… « Né du Père avant tous les siècles, il est Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière » (Crédo). Il est cette « Lumière véritable qui éclaire tout homme » (Jn 1,9 ; 1Jn 1,5), qui se donne à tout homme… « Moi, Lumière, je suis venu dans le monde pour que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres, mais ait la Lumière de la Vie » (Jn 12,46 et 8,12). Sa Lumière illumine donc le cœur grand ouvert de Jean-Baptiste. Or, « par ta Lumière », nous dit le Psalmiste, « nous voyons la Lumière » (Ps 36,10). Grâce à elle, «  les yeux de son cœur sont illuminés » (Ep 1,17-18) et peuvent percevoir l’invisible : Jésus est « le Seigneur de la Gloire » (1Co 2,8), « l’Astre d’en Haut venu nous visiter dans les entrailles de Miséricorde de notre Dieu pour donner à » tous les hommes qui accepteront de l’accueillir de « connaître le salut par la rémission de leurs péchés » (Lc 1,76-79). Comme le déclare Jean-Baptiste, il est « l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jn 1,29)…

            Les deux disciples entendent cette Parole de Vérité à laquelle se joint toujours le témoignage silencieux mais doux et joyeux de l’Esprit de Vérité (Jn 15,26). Ils sont de bonne volonté, leur cœur est grand ouvert, ils accueillent cette « Joie de l’Esprit » (1Th 1,6) et se mettent à suivre Jésus… Pour l’instant, ils ne le voient que de dos, mais soudain, il se retourne : ils peuvent voir « sa face »… Or, dans la Bible, lorsque Dieu « montre sa face », il se révèle, il se dévoile, il se manifeste (Ps 4,7 ; 16,11 ; 17,15 ; 21,7…). Après Jean Baptiste, le Mystère du Fils Unique, « Lumière du monde » (Jn 8,12), s’offre donc à eux aussi au regard de leur foi. Mais est-ce bien Lui qu’ils cherchent ? « Que cherchez-vous » ? leur demande Jésus… « Maître, où demeures-tu ? ». Oui, c’est bien Lui qu’ils cherchent… Alors, « venez et vous verrez »…

            Or « venir à » Jésus prend souvent en St Jean le sens de « croire en lui » comme le suggère ce parallèle : « Je Suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif » (Jn 6,35). « Ils vinrent donc », ils crurent, « et ils virent où il demeurait ». Mais où demeure Jésus ? Dans « la Maison du Père » qui est Mystère de Communion avec le Père dans l’unité d’un même Amour (1Jn 4,8.16), d’un même Esprit (Jn 4,24), d’une même Lumière (1Jn 1,5)… Puisqu’ils ont cru, et donc accueilli ce Don que l’Amour ne cesse de faire de lui-même, l’Esprit de Lumière leur a permis de reconnaître l’invisible. Ils sont donc déjà, dans la foi et par leur foi, en communion avec Lui dans « l’unité de l’Esprit » (Ep 4,3), et c’est là qu’ils décident de « demeurer auprès de lui ce jour‑là ». Heureux sont-ils, car « le fruit de l’Esprit est amour, joie, paix » (Ga 5,22)…                                                                                                                      DJF

 

           




2ième Dimanche Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN

Appel des 1ers disciples

Jn 1, 35-42

Vous avez certainement senti, frères et sœurs, toute la beauté et la richesse de ce texte. Reprenons-le et essayons d’en dégager toute la leçon spirituelle : il s’agit de la rencontre de Jésus avec ses premiers disciples. Avez-vous rencontré quelqu’un cette semaine ? Sans doute avez-vous croisé plusieurs personnes, causé avec quelques-unes, jasé avec votre voisin : cela a porté sur le sport, la politique, le climat, le cyclone, le coût de la vie. Il se peut aussi que vous ayez fait quelques mauvaises rencontres… Oui, sans doute, vous avez entrevu pas mal de monde, mais avez-vous “rencontré” quelqu’un ? Ce n’est pas si facile ! Très souvent, les gens vivent ensemble des semaines, des années même et ne se rencontrent pas vraiment!

Ils s’entrevoient seulement, “Bonjour-Bonsoir”, ils coexistent. Même dans les familles, maris et femmes ont de la difficulté à se rencontrer ! Pareil entre parents et enfants : car “rencontrer” quelqu’un, c’est plus que causer, c’est communiquer vraiment avec une autre personne dans ce qui fait le fond de nos vies, nos projets, nos joies, nos peines ; dans ce qui nous fait vivre … C’est avoir confiance en l’autre pour pouvoir se montrer à lui sans masque. D’une telle rencontre, on en sort plus confiant dans la vie. On en sort changé.

C’est de telles rencontres qu’il s’agit dans l’Evangile d’aujourd’hui : Jean-Baptiste se trouve au bord du Jourdain, comme la veille, en compagnie de deux de ses disciples, André et Jean. Le prophète alors lève le regard, il le pose sur Jésus et dit ensuite : « Voici l’Agneau de Dieu ».

 

Qu’est-ce-que ça veut dire pour un Juif ? Chaque famille juive, au jour de Pâques, immolait un agneau et marquait de son sang les portes de sa maison au cours d’un repas du soir qui s’appelait “Cène” : c’était le symbole de la libération d’Israël. En outre, le mot “agneau”, en araméen, la langue de Jésus, veut dire aussi “Serviteur” et chaque Juif avait en tête le “Serviteur de Dieu” qui « comme un agneau était conduit à la boucherie sans ouvrir la bouche, c’était nos péchés qu’il portait ». Cet agneau est couvert du sang qu’il a versé pour nous sauver du malheur. Les deux disciples entendirent cette parole et que font- ils ? Au lieu de rester avec Jean-Baptiste, « ils suivirent Jésus ». Voilà, très exactement le moment précis où l’on passe de l’Ancien Testament avec Jean-Baptiste, son dernier prophète, au Nouveau testament avec Jésus : « ils le suivirent », sans doute timidement, le cœur battant. Ils ne l’ont encore jamais vu. C’est un inconnu ! Que va-t-il se passer ?

C’est bien risqué de suivre un inconnu, c’est peut-être une aventure ? Jésus, à quelques mètres devant, a entendu les graviers sous leurs pas. Il se retourne : voici le 1er regard de Jésus posé sur des inconnus, « Que cherchez- vous ? ». Voici le 1er mot de Jésus : c’est une question ! Une question posée à tout homme, à chacun d’entre nous. Cette question, il me l’adresse encore aujourd’hui : « Que cherches-tu ? » Quel est le sens que tu donnes à ta vie ? Quel est ton désir ?

Le 1er mot de Jésus, c’est une interrogation ! Pour aborder Jésus, il faut être ouvert, en recherche d’un plus, en recherche d’un mieux. Il ne faut pas être enfermé dans un univers clos. Si on ne cherche rien, le dialogue tourne court.

Le début de la foi, c’est une recherche, c’est une question : « Qui es-tu, Seigneur ? » Celui qui sait tout, celui qui est bloqué dans ses certitudes, n’avancera jamais ! Tout ce que vous croyez… en êtes-vous bien sûrs ? Il y a un certain doute qui est la condition même de l’avancée de ma foi. Il y a aussi une certaine interrogation en nous-mêmes qui est la condition même de l’avancée de ma foi.

Péguy traduisait : « Il y a des âmes qui sont fermées, parfaites, il n’y a en elles aucun passage possible pour la grâce : elles sont imperméables ».

 Ils lui répondirent : « Rabbi, c’est-à-dire “Maître“, où demeures-tu ? ». Chercher, suivre, demeurer : trois attitudes essentielles de l’amour. Est-ce-que je continue à chercher Dieu ? Est-ce-que je suis à la trace de Dieu ? Est-ce-que je demeure avec Dieu ? Jésus leur répond : « Mais regardez ! » combien il respecte la liberté de ces deux jeunes : « Venez et voyez ! » Jésus ne m’embarque pas de force. Jésus n’est pas un propagandiste, un publiciste qui veut convertir à tout prix et de force si c’est nécessaire. Quelle différence avec les démarcheurs des témoins de Jéhovah, ou autres sectes !

Et moi, quelle est ma manière de proposer ma foi, si toutefois, j’ai eu l’occasion et le courage de la proposer ? « Ils l’accompagnèrent et ils virent où il demeurait et ils demeurèrent près de lui, ce jour-là, c’était environ la 10e heure ». Relisez ces mots que St-Jean ne cesse de répéter : ce n’est pas par pauvreté de vocabulaire, ce sont les mêmes mots qui désignent la recherche des étapes du chrétien : “chercher“, “venir voir“, “voir“, “trouver“, “suivre“, “demeurer“.

Jean s’en souvient d’une façon précise : comme l’heure d’un 1er rendez-vous de deux amoureux : « C’était la dixième heure ! (environ quatre heures de l’après-midi) ». Que se sont-ils dit, ce jour-là ?

Ils ont dû raconter leurs vies, leurs aspirations, leurs désirs, leur recherche ; lui, a dû dire ses projets, ses propres désirs.

Alors, André, qui était l’un de ces deux disciples et qui avait suivi Jésus va trouver son frère Simon et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie », autrement dit : « Le Christ ». Remarquez, frères et sœurs, une des caractéristiques de l’appel de Dieu : il se fait toujours par des relations humaines, par une troisième personne.

Le petit Samuel, dans la 1ère lecture, aurait-il pu dire : « Parle Seigneur ton serviteur écoute », si auparavant, le prêtre Elie ne lui avait dit : « C’est le Seigneur ». Il a fallu qu’il soit là !

André et Jean auraient-ils suivi Jésus si auparavant il n’y avait eu Jean-Baptiste pour leur dire :

« Voici l’agneau de Dieu ». Il a fallu qu’il soit là !

Et Pierre, qui ne s’appelle encore que Simon, aurait-il été mis en contact avec Jésus si André ne lui avait pas dit : « Nous avons trouvé le Messie ».

Après ce sera Philippe qui invitera Nathanaël.

La pensée me vient-elle que je pourrais éventuellement conduire quelqu’un à une rencontre avec Jésus ? Y a-t-il quelqu’un aujourd’hui qui est devenu chrétien grâce à mon témoignage, à mon intervention ? Pour cela, il faudrait que je sois préoccupé de ne pas garder pour moi ma découverte de Jésus. Jésus dit à Simon :

« Tu es Simon, tu t’appelleras “Képha” ce qui veut dire “Pierre” ». Pourquoi lui changer son nom ? Parce qu’il va changer de vie ; or “nommer” quelqu’un, dans la Bible, c’est lui donner une mission.

Etre disciple, c’est changer de vie, c’est devenir un être neuf : ce changement de vie a été pour les disciples un moment fantastique, ils avaient fait la rencontre de leur vie.

Notre foi à nous ne sera vivante que si elle procède d’une “rencontre” personnelle avec Jésus. La prière, la méditation de la Parole de Dieu, l’adoration sont des lieux de rencontre, car alors, nous rentrons en contact avec sa pensée, nous acceptons que sa Parole nous interroge. Cette rencontre, c’est aussi celle de notre Eucharistie où le Christ me dit : « Que cherches-tu ?». Je lui réponds : « Maître, où demeures-tu ? », « Venez et voyez », « et ils demeurèrent avec lui ce jour-là ».

Notre foi vaut ce que valent nos rencontres avec le Christ. AMEN




Baptême de Notre Seigneur (Mc 1,7-11) – Francis Cousin

« Tu es mon fils bien-aimé, en toi, je trouve ma joie. »

L’épisode raconté par l’évangile de ce jour est important dans la vie de Jésus. Il est rapporté par les quatre évangiles, chacun à sa manière, dès le début de leur livre pour Marc et Jean, tandis que Luc et Matthieu parlent d’abord de l’enfance de Jésus.

Mais pour tous les quatre, c’est le point de départ de ce qu’on appelle la vie publique de Jésus : le baptême de Jésus par Jean-Baptiste.

Jean-Baptiste baptisait déjà depuis un certain temps dans le Jourdain, « un baptême de conversion pour le pardon des péchés » (Mc 1,4), et beaucoup de gens venaient à lui pour recevoir ce baptême. Certains pensaient même qu’il était le messie attendu … et sa renommée était grande.

« En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée … »

Né comme tous les hommes, vivant comme tous les hommes, Jésus a entendu parler de Jean-Baptiste. Comme tous les hommes, Jésus vient écouter Jean-Baptiste et se faire baptiser par lui. Matthieu nous signale que Jean-Baptiste refuse de le baptiser : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » (Mt 3,14), mais Jésus le convainc de le baptiser.

Les quatre évangélistes insistent sur le décalage qu’il y a entre Jean-Baptiste et Jésus : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. ».

Défaire la courroie des sandales de quelqu’un était en effet réservé au plus petit des serviteurs, un travail d’esclave, pour laver les pieds des invités. Cela veut dire que Jean-Baptiste se considère comme inférieur à un esclave, devant Jésus qui est considéré comme un invité important.

« Je ne suis pas digne » … C’est ce que dit le centurion de Capharnaüm (Cf Mt 8,8) …

« Je ne suis pas digne » … C’est ce que nous disons avant de recevoir l’Eucharistie …

Ce qui montre la différence entre Jésus, Fils de Dieu, et les humains …

« Qu’il revienne vers le Seigneur qui lui montrera sa miséricorde, vers notre Dieu qui est riche en pardon (…) Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. » (Première lecture).

Jean-Baptiste est conscient de cette différence entre Jésus et lui … comme nous-même le sommes aussi …

Et Jésus « fut baptisé par Jean dans le Jourdain. »

Cela aurait pu être comme pour tous ceux qui venaient se faire baptiser par Jean-Baptiste, … mais c’était sans compter sur le dessein de Dieu le Père : « Les cieux se déchirent et l’Esprit descend sur Jésus comme une colombe. Il y eut une voix venant des cieux : ’’Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie.’’ »

Manifestation du Dieu trinitaire :

– La voix du Père qui vient des Cieux, et qui s’adresse à son Fils Jésus : « Tu es mon fils bien-aimé ». Voix qui est entendu par tous ceux qui étaient présents à ce moment-là.

– L’Esprit qui descend du ciel, comme une colombe, et se place sur Jésus. Et vu aussi par tous les présents.

– Et Jésus qui sort de l’eau …

Première théophanie trinitaire, au vu et à l’ouïe de tous les présents … qui n’ont sans doute pas manquer de raconter l’événement à leurs familles et voisins …

Et cette voix restera gravée dans l’esprit et le cœur de Jésus … lien indéfectible entre le Père et lui …

« Confiance du Père pour son envoyé se faisant ’’péché pour nous’’. Confiance de Dieu à laquelle a répondu la totale confiance du Fils, accomplissant sa mission jusqu’au bout. » (Christian Delorme).

Point de départ de la mission de Jésus, pour le salut des hommes …

Nous aussi, nous avons été baptisés, du baptême de Jésus … avec l’onction du saint Chrême, qui nous a fait enfants de Dieu. Nous ne l’avons pas entendu, mais sur nous aussi Dieu a dit : « Tu es mon enfant bien-aimé en qui je mets toute ma confiance » …

Mais qu’avons-nous fait de notre baptême ?

Qu’avons-nous fait de la confiance que Dieu a mise en nous ?

Sommes-nous conscients que nous avons une mission à remplir ?

Oh, Dieu ne nous demande pas l’impossible … il connaît nos faiblesses …

Mais il attend un minimum de nous : mettre l’amour autour de nous … le prier … lui rendre grâce …

Le faisons-nous ???

Dieu notre Père,

lors du baptême de ton fils Jésus, tu lui a dit :

’’Tu es mon Fils bien-aimé’’,

et tu dis la même chose sur chacun de nous :

’’Tu es mon fils bien-aimé’’,

’’Tu es ma fille bien-aimée’’.

Mais bien souvent, nous oublions

l’amour que tu nous portes …

Et même, nous t’oublions …

Pardonne-nous.

Francis Cousin

 

 

 




Baptême de Notre Seigneur (Mc 1,7-11) – D. Jacques Fournier

Mc 1,7-11 

En ce temps-là, Jean le Baptiste proclamait :« Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ;je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe.

Il y eut une voix venant des cieux :« Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

 BaptèmeJésus (1)

A la suite de tous les rites de purification en usage dans l’Ancienne Alliance, Jean‑Baptiste proposait « un baptême de repentir » à tous ceux et celles qui acceptaient, en vérité, de se reconnaître pécheurs. C’est ainsi qu’il les préparait à accueillir Jésus, « le Verbe fait chair » (Jn 1,14), « Dieu né de Dieu », venu nous rejoindre jusques dans notre chair blessée pour nous offrir « le pardon des péchés » et avec lui, tout ce que nous avions perdu par suite de nos fautes : la vie de Dieu (Rm 6,23), sa paix, sa joie (Jn 14,27 ; 15,11). Et c’est le Don de l’Esprit Saint qui met tout cela très concrètement en œuvre dans le cœur et la vie de celles et ceux qui acceptent de le recevoir, par leur foi et dans la foi… « Convertissez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ pour le pardon de ses péchés ; vous recevrez alors le don du Saint-Esprit » (Ac 2,38).

Or, ce Don n’est rien de moins que Celui qui jaillit du Père de toute éternité, « avant tous les siècles », pour « engendrer » le Fils en « Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu » et donc « de même nature que le Père » (Crédo). Telle est « la photo » que nous offre le baptême de Jésus sur son Mystère de Fils : l’Esprit jaillit du Père et il est donné en Plénitude au Fils, l’engendrant ainsi en Fils « vrai Dieu né du vrai Dieu »… Ceux qui ont reconnu cette réalité spirituelle manifestée ce jour-là dans les circonstances historiques de ce baptême, ont ainsi réalisé qu’ « en lui, dans son propre corps, habite toute la Plénitude de la Divinité », car « Dieu est Esprit » (Col 2,9 ; Jn 4,24).

Mais Jésus est « le Saint, le Juste » (Ac 3,14), « il n’a pas commis de péché » (1P 2,22). Alors, que fait-il dans ces eaux du Jourdain, recevant de Jean-Baptiste ce « baptême en vue de la rémission des péchés », au milieu des pécheurs qui acceptaient de « confesser leurs fautes » ? En « Bon Pasteur » (Lc 15,4-7 ; Jn 10), il nous encourage, il nous rejoint, il montre à tous le chemin, et il nous appelle tous à le suivre… Si nous acceptons d’aller avec lui dans ces eaux de la vérité de cœur et du repentir, nous verrons nous aussi le ciel de nos cœurs fermés se déchirer, s’ouvrir, se remplir de ce Don de l’Esprit Saint qui n’est que Lumière et Vie… Grande sera alors notre joie, car nous aurons part nous aussi à ce que le Fils reçoit du Père de toute éternité, et ce Don nous engendrera nous aussi, comme Jésus, en fils vivants de la Plénitude de la Vie du Père… Et telle est la vocation de tout homme sur cette terre, créé gratuitement par Amour, et appelé à partager tout aussi gratuitement, par Amour, la Vie de son Dieu et Père… « Que ta volonté soit faite ! »

                                                                                                                 DJF




Baptême de Notre Seigneur (Mc 1,7-11) – Père Louis DATTIN

Conversion

Mc 1, 7-11

Quand on est en avion, on oublie vite que l’on vole à 10 000 mètres d’altitude, à plus de 900 km/h et par moins 50°. Et puis tout à coup, sans que l’on s’y attende, et c’est en général le moment où les plateaux-repas sont servis, la voix feutrée d’une hôtesse de l’air vous annonce une zone de turbulence : il arrive alors que ce soit le charivari. Au fond, c’est une bonne occasion de réaliser qu’il n’est tout de même pas ordinaire de braver ainsi l’espace et le temps. Bienheureuse alerte qui nous donne l’occasion de comprendre qu’il faut s’adapter à la situation : attacher sa ceinture, ne plus fumer, arrêter de se promener. Bref, il faut changer de comportement.

Dans ce voyage sur terre qui est notre vie, c’est un peu pareil : passagers distraits, nous prenons de l’âge sans tellement nous étonner de vivre. Il est vrai que beaucoup ont des soucis énormes mais combien se comportent en enfants gâtés, en résignés, en indifférents, et puis voilà que survient un coup dur : une déception cinglante, échec traumatisant, amour manqué, grave maladie, accident. Intensément alors, on réalise le fait extraordinaire d’exister. On voit la vie autrement et la mort aussi. On n’a plus le même regard. On change de mentalité et la vie elle-même change !

Changer de vie” : c’est cela la “conversion”. Puisqu’en ce dimanche, nous célébrons le Baptême : “Baptême de conversion”, voulez-vous que nous nous demandions : « La vie que je mène, (ou qu’on me fait mener), ça mène à quoi ? », « Se convertir, qu’est-ce-que ça veut dire pour moi ? »

On parle souvent de conversion comme si c’était réservé aux non-chrétiens. Or, tout homme, toute femme qui désire vivre en plénitude est appelé à se convertir c’est-à-dire qu’il doit s’interroger sur le sens de sa vie pour se tourner autrement vers la vie, car tous, nous risquons d’être détournés du but de notre voyage sur la terre par des radars qui captent le pire ou le meilleur de nous-mêmes.

Prenons en exemple : le radar de l’argent. Combien mènent une vie pour gagner toujours plus d’argent ! Combien sacrifient une vie de famille ou un bonheur limpide pour une situation, une carrière, une ambition dont ils ne récolteront pas toujours les fruits !

Dans ce cas, se convertir, c’est retourner son cœur vers d’autres valeurs. Il y a, nous dit l’Evangile, des valeurs “qui passent” et celles “qui demeurent“. Il y a des valeurs humaines et des valeurs d’Evangile sur lesquelles il faut miser à tout prix. J’ai une nièce qui a comme situation d’être “analyste financière”. Tout son travail consiste à détecter les valeurs financières qui sont solides et qui ont de l’avenir, de celles qui se gonflent momentanément, mais qui sont hasardeuses ; tout cela pour conseiller “les agents de change ” et leur dire “achetez plutôt telle valeur et débarrassez-vous de telle autre qui n’est qu’une fausse valeur”.

Chrétiens, sommes-nous assez analystes, assez avisés pour faire le tri entre ce qui passe et qui n’est pas pour nous, et ce qui demeure et dont nous sommes toujours preneurs ?

Dans le langage de l’Eglise on appelle ça le “discernement“. Avons-nous assez d’esprit critique pour trier ce qui passe et ce qui doit rester ? On disait autrefois dans un langage populaire qu’il ne fallait pas “confondre les enfants du Bon Dieu avec les canards sauvages”. La télé, les médias, la pub nous ont tellement habitués à prendre des canards sauvages pour des enfants du Bon Dieu !

 

Ayons du bon sens. Ne soyons pas emballés par la dernière mode, la dernière vedette ou la dernière théorie. Soyons analystes, nous aussi.

 Et ne croyons pas qu’une conversion c’est l’affaire d’un jour, ça peut arriver : un St-Paul, un Père de Foucault, un St-François- d’Assise en sont les témoins. Claudel ou Clavel-Frossard ont eu ce genre de conversion spectaculaire : ils ont eu des coups de foudre à la manière d’une grande turbulence de l’Esprit en eux.

Mais l’Esprit de notre Baptême, de notre Confirmation ne souffle pas toujours à “force 9” dans la tempête : Dieu peut être également une petite brise et parler ainsi sans bruit, à tel point que l’on est obligé de faire silence, de s’arrêter de parler, pour l’écouter. Le plus souvent, la conversion est un délai de longue durée qui peut continuer une vie entière. Il faut parfois toute sa vie pour se laisser pénétrer par l’Esprit qui convertit pour que Dieu devienne réellement quelqu’un : quelqu’un de crédible, quelqu’un qui compte pour moi.

Donc, à chacun son bonhomme de chemin ; se convertir, c’est déjà se mettre en marche, prendre le chemin de celui qui est le chemin et petit à petit se laisser faire, se laisser conduire par l’Evangile. Sachez que ça n’ira pas toujours tout seul : il y aura des ruptures. On ne peut pas y arriver du jour au lendemain.

Vous le voyez, se convertir, c’est, sans se cabrer, prendre le pli des Béatitudes, un peu comme les arbres au bord de la mer qui penchent tous vers l’est parce que le vent dominant est à l’ouest. Se convertir, c’est prendre le vent de l’Esprit pour que ce soit lui qui nous donne un cœur nouveau. C’est ouvrir son cœur à Dieu et lui dire : « dispose-le comme vous voudrez ».

Il ne s’agit pas seulement de se défaire de ces défauts de fabrication que sont nos travers de caractère, ces inévitables penchants d’égoïsme, de vanité ou de colère. La conversion traverse tout cela et va bien plus loin ! Il s’agit d’acquérir les réflexes du Royaume, se mettre en forme, être en forme, en forme d’Evangile.

Or ce n’est pas facile car il n’est pas habituel d’avoir un cœur de pauvre, de présenter la joue droite quand on vous frappe sur la joue gauche et en dépit de nos idées généreuses de partage et de solidarité que nous affichons, notre compte en banque, notre épargne, nos vacances, nos loisirs, nos soucis parlent plus fort que les Béatitudes, que les appels de l’Evangile : pas facile de convertir notre cœur !

De nos jours, ce n’est plus le ciel qui se déchire pour faire entendre la voix du Père « celui-ci est mon Fils bien-aimé », c’est la terre, nos cinq continents qui s’ouvrent à nous pour faire sourdre au creux de notre désir de vivre, le murmure de cette source qu’est le Baptême :

   « Dis-moi, à travers ta quête de bonheur

     Quel voyage sur terre veux-tu faire ?…

     Que désires-tu vivre qui t’emmène loin, très loin ?…

     Car, au nom de Jésus-Christ, je te le dis…

     Si tu es sans désir,

     Si tu n’es pas cet homme de désir,

     Que signifie se convertir » ?       AMEN




Epiphanie du Seigneur – par Francis COUSIN (Math 2, 1-12)

« Ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. »

Par un autre chemin ??

Phrase banale, qui peut paraître superflue …

Leur chemin, surtout celui du retour … c’est pas notre problème …

À moins que …

De quel chemin parlons-nous ?

Le chemin géographique … celui qu’on suit sur une carte routière … ou à l’époque, en se guidant sur la position des étoiles … ?

Peut-être est-ce cela … Mais j’en doute !

Quel intérêt pour l’évangéliste de nous dire cela ? … À mon avis, il faut chercher ailleurs !

Le fait de ne pas retourner voir Hérode pour lui indiquer où vit l’enfant ne me semble pas une raison suffisante.

Voyons qui sont ces mages … des savants, des chercheurs, qui veulent trouver des réponses à leurs questions … qui veulent aller jusqu’au bout des choses …

Des gens capables de quitter leur confort … (rien qu’à voir les présents apportés à Jésus, … ils devaient avoir un bon standing de vie …) pour aller où ? …

Ils ne le savent pas … ils suivent l’étoile …

Pendant combien de temps … ? On ne le sait pas … une semaine, deux semaines, un mois, trois mois, … peut-être plus … puisqu’après leur départ, Hérode décide de tuer tous les enfants de moins de deux ans … On a du mal à imaginer la longueur des voyages à l’époque … Ils n’avaient pas d’automobiles, et encore moins d’avions …

Quand l’étoile disparaît, ils vont au premier palais qu’ils trouvent … c’est là que naissent les rois …

Mais il n’était pas là ! Malgré tout on leur donne une indication : à Bethléem !

En sortant du palais d’Hérode, l’étoile est de nouveau là ! « Ils se réjouirent d’une très grande joie. ».

« Ils entrèrent dans la maison ». La famille n’est plus dans une étable … Jésus doit avoir un peu moins de deux ans. Sans doute Joseph avait repris son travail de charpentier, de constructeur de maisons, et s’en était fait une pour sa famille …

Que voient les mages ? … une famille simple … vivant chichement, … mais où règne l’amour … entre les parents, … entre l’enfant et ses parents … une atmosphère sans doute peu ordinaire …

Ils cherchaient un roi … et ils trouvent un enfant … sans doute souriant … comme ses parents …

Ils s’attendaient au luxe … ils trouvent la simplicité …

Ils pensaient trouver un peu d’arrogance … ils trouvent l’amour …

Et sans doute ont-ils été un peu gênés, devant la magnificence de leurs cadeaux …

Ils auraient pu se fâcher : « C’est quoi ce roi ? » … mais ils ont été subjugués par cette famille que les accueille avec chaleur …

Ils ne pouvaient pas rester indifférents …

Cette rencontre a changé leurs cœurs … elle leur en a fait des « cœurs de chair » …

Sans doute ont-ils compris que ce ’’roi-là’’, c’était celui qui « délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours. Il aura souci du faible et du pauvre, du pauvre dont il sauve la vie. » (Psaume)

Ils sont repartis chez eux autrement qu’ils étaient arrivés … Ils ont été transformés …

« Ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. » … une autre chemin humain … peut-être même un autre chemin spirituel …

Et nous, quand nous regardons l’enfant dans la crèche : que voyons-nous ?

Un petit enfant bien sage entre ses parents ? … ou le fils de Dieu qui vient nous sauver, … qui nous a déjà sauvés par sa mort sur la croix … qui nous mène vers son Père par son évangile, par son enseignement … ?

Voyons-nous le tout-puissant dans le tout-petit ?

Faisons comme les mages … laissons-nous transformer le cœur … repartons chez nous par un autre chemin, un chemin de vie, un chemin qui nous mène vers le haut … vers le Père …

« Ne rentrez pas chez vous comme avant,

Ne vivez pas chez vous comme avant.

Changez vos cœurs, chassez vos peurs,

Vivez en hommes nouveaux ! »

Seigneur Jésus,

tu as transformé le cœur des mages,

tu as donné à ces savants

un cœur de tout petit.

Fais que moi aussi,

je ne laisse transformer le cœur

pour qu’il devienne un cœur de chair,

un cœur de petit,

attentif à ceux qui m’entourent.

                                            Francis Cousin

 

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