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14ième Dimanche du Temps Ordinaire– par Francis COUSIN (Lc 10,1-12.17-20)

L’évangélisation …

 

Cela commence au temps de Jésus …

Avec des gens ordinaires … Comme nous !

Jésus envoie les soixante-douze disciples, « en avant de lui » … pour préparer le terrain … car ce n’est pas nous qui convertissons, mais lui, avec son Père, et l’aide de l’Esprit Saint : « Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire. » (Jn 6,44)

Il les envoie avec quelques consignes … relativement peu … qui nous concernent encore aujourd’hui.

– La première : « Vous, vous n’êtes pas tout seul … car seul, vous ne pouvez rien : Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. ».

La première chose à faire est de se mettre en prière, prier le Père pour qu’il nous aide, et nous envoie l’Esprit Saint.

– La deuxième : « Attention ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. ».

Et les loups sont féroces. Ils n’attaquent pas toujours … mais …

Le christianisme est la religion la plus persécutée en ce moment …

On a encore en mémoire le souvenir des deux jésuites assassinés au Mexique il y a une dizaine de jours … les massacres dans deux églises du Nigéria … et toutes les autres exactions effectuées en Inde, au Pakistan, en Afghanistan, en Chine … ou dans bien d’autres pays …

Mais Jésus refuse que l’on réponde à la violence par la violence … même en paroles … car c’est là souvent que nous nous laissons aller …

Nous devons être comme des brebis, comme Jésus lui-même l’a été, lui l’Agneau de Dieu !

– La troisième : « Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales ».

Passons sur les sandales … peu de gens actuellement marchent pieds nus …

Mais pour le reste, ne nous encombrons pas de choses inutiles … mais qui nous paraissent nécessaires …

Comptons sur la Providence, … en priant Dieu de nous aider de la manière qui lui semble la plus appropriée dans notre relation avec les autres pour les évangéliser, ou que les autres se laissent évangéliser …

C’est souvent très déroutant quand, par la suite, on voit comment les choses ont évoluées sans qu’on y soit pour quelque chose … mais Dieu était là … et œuvrait à notre insu …

Comptons aussi sur la bienveillance de ceux que nous rencontrons … pour la nourriture, pour le gite … cela ne nous concerne peut-être pas directement, mais il faut avoir à l’esprit que rien ne peut nous manquer … « Dieu pourvoira à l’agneau pour le sacrifice. » (Gn 22,8).

– La quatrième, qui peut nous paraître un peu incongrue : « Ne saluez personne en chemin. ».

Il ne s’agit pas d’être impoli, loin de là, mais de bien conserver l’esprit d’évangélisation. Car souvent nous perdons du temps en bavardant de choses et d’autres qui nous éloignent du but. Gardons le cap.

– La cinquième : « Dites d’abord : Paix à cette maison. »

Soyons des ambassadeurs de paix … Que la paix soit en nous pour que nous puissons la porter aux autres … dans chaque maison.

La paix qui nous fait aller vers les autres sans peur, sans complexe …

La paix qui nous vient de notre relation à Dieu.

– Enfin : « Guérissez les malades. »

Là, on est mal ! … parce-ce qu’on n’est pas médecin … et que Dieu seul peut guérir les malades !

Alors, on peut demander à Dieu d’intervenir pour guérir telle ou telle personne … mais peut-être que nous ne croyons pas assez à la puissance d’intercession auprès de Dieu pour cela …

Et pourtant, Jésus a dit : « Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. » (Mc 16,18).

Et il n’y a pas que les guérisons physiques … mais aussi celles de l’esprit, ou de l’état d’esprit. On sait bien qu’après avoir vu un médecin, bien souvent on se sent soulagé, mieux en forme, avant même d’avoir pris un médicament …

On sait aussi qu’à Lourdes, s’il y a très peu de guérisons physiques reconnues, le nombre de guérisons psychiques ou de bien-être, bien qu’inquantifiables, sont de plusieurs centaines, voire milliers par an : des gens qui retrouvent la paix en eux …

Et cette paix-là, si on l’a en nous, on peut tous la donner aux autres …

En cette période où nous réfléchissons sur l’Église synodale, avec trois axes principaux : communion, participation, mission, l’évangélisation doit être totalement présente dans notre réflexion, au niveau interne (entre catholiques) et externe (vers les autres) … et à commencer par chacun de nous

Alors, nous pourrons entendre Jésus nous dire : « Réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »

Seigneur Jésus,

pour beaucoup d’entre nous,

évangélisation rime avec

« aller loin, vers l’étranger… »

alors que la première personne

que nous devons évangéliser,

                                                                c’est nous-même !

Donne-nous de faire l’effort

de notre propre évangélisation !

                                                                                   Francis Cousin

 

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14ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Luc 10,1-12.17-20)

« Le Règne de Dieu est tout proche »

(Lc 10,1-12.17-20).

En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin.
Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’
S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté.
Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” »
Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites :
“Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.”
Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville. »
Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. »
Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair.
Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire.
Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. 

        

     Peu avant, Jésus avait choisi les Douze parmi ses disciples et il les avait envoyés « proclamer le Règne de Dieu et faire des guérisons » (Lc 9,1‑6). Ici, « il en désigne encore soixante-douze » en leur disant : « Guérissez les malades et dites : « Le Règne de Dieu est tout proche de vous » ». Leur mission est donc identique. Or, les deux chiffres additionnés, douze et soixante douze, font en tout quatre vingt quatre, soit sept fois douze, et « sept » dans la Bible est symbole de Plénitude. C’est donc toute l’Eglise qui est envoyée en mission : ses responsables, les Douze, aujourd’hui nos Evêques et nos prêtres, et avec eux, nous tous ensemble, laïcs, diacres, religieux religieuses…

            Et ils sont envoyés ici « deux par deux » car, à l’époque, il fallait être deux au minimum pour témoigner de quoique ce soit (Dt 19,15 ; Mt 18,16). Jésus nous appelle donc à être les témoins de l’Amour et de la Miséricorde de Dieu, en nous soutenant les uns les autres. Souvenons-nous de St Paul : « Il m’a été fait miséricorde, et la grâce de notre Seigneur a surabondé… Elle est sûre cette parole et digne d’une entière confiance : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis, moi, le premier. Et s’il m’a été fait miséricorde, c’est pour qu’en moi, le premier, Jésus Christ manifestât toute sa patience, faisant de moi un exemple pour ceux qui doivent croire en lui en vue de la vie éternelle » (1Tm 1,12-17).

            L’Eglise est donc envoyée en témoin du Pardon de Dieu offert en surabondance à notre foi. Ici, le Christ demande le dépouillement : « Ni argent, ni sac, ni sandales » car il désire voir grandir la foi de ses disciples en cette Présence invisible du Père à leurs côtés, un Père qui sait très bien de quoi nous avons besoin avant même que nous ne lui demandions (Mt 6,8). Et il ne permettra pas que les ouvriers de sa moisson manquent du nécessaire (Lc 12,22‑32). « Avez-vous manqué de quelque chose », leur demandera Jésus plus tard ? « De rien », répondront-ils, ce qui est un nouveau témoignage de la proximité de Dieu et de son action efficace, par les uns, par les autres (Lc 22,35-38)…

            Puis il les libère de toutes les prescriptions alimentaires en vigueur à l’époque, car une seule chose compte : l’Amour reçu, l’amour donné…  « Messagers de la Paix, la moisson vous attend… Pour réconcilier le monde, n’emportez que l’Amour… A ceux qui vous accueillent, comme à ceux qui vous chassent, annoncez la Nouvelle : le Royaume de Dieu est là, tout près de vous »…                                                                                       DJF




14ième Dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN

Envoi des disciples

Lc 10, 1-20

Quand nous parlons des « disciples du Seigneur », tout de suite, ce sont les apôtres qui nous viennent à l’idée, les douze : Pierre et Jean, Jacques et André, … et les huit autres.

Aujourd’hui, le Christ désigne parmi ses disciples 72. Il devait donc en avoir beaucoup plus, toute une foule de personnes qui l’accompagnait, peut-être plusieurs centaines et ceux-là on n’en parle jamais, alors qu’on voit Jésus les envoyer deux par deux dans toutes les villes et les localités où il devait passer, pour dire aux habitants : « Paix à cette maison », « Le règne de Dieu est arrivé jusqu’à vous »

Nous aussi, quand nous pensons à l’Eglise, il nous arrive très souvent de dire : « le Pape, les évêques, les prêtres… alors que l’Eglise, c’est vous, c’est d’abord vous, toute cette foule de laïcs baptisés qui suivent le Christ, qui l’entourent, qui l’écoutent, qui se mettent à sa suite, et c’est vous aussi, qu’il envoie auprès des autres pour leur dire la paix et la tendresse de Dieu et leur annoncer que le règne de Dieu est arrivé jusqu’à eux.

Est-ce-que nous n’avons pas eu longtemps l’impression que l’Eglise c’était tous ceux qui portaient autrefois la soutane … le Vatican, l’évêché, le presbytère et que les laïcs, n’étaient au fond que des sympathisants, un brave troupeau de brebis bêlantes, qui n’avaient guère de droits au chapitre, guère de droits sinon celui de dire « Amen » et de se faire tondre… et de suivre les autres.

 Il fallait obéir aux pasteurs, suivre leur itinéraire ou obéir à leurs caprices et il était difficile ou hasardeux de prendre des initiatives, à plus forte raison de se sentir responsables, dans ce monde clérical et hiérarchisé à l’extrême. Ce point de vue est maintenant bien dépassé et chaque chrétien doit « se sentir membre à part entière » de la dynamique de l’apostolat de l’Eglise du Christ.

De douze, nous passons à 72. Or ce chiffre, dans la Bible, correspond à « la totalité du monde à évangéliser « . La Bible pensait, en effet, qu’il y avait dans le monde 72 nations païennes : elles sont énumérées au chapitre 10 de la Genèse et si Jésus a choisi 12 apôtres, pensant aux 12 tribus d’Israël qui devaient apprendre la Bonne Nouvelle, il envoie également 72 disciples devant lui, nous rappelant par ce nombre que c’est le monde entier qui doit être le bénéficiaire de l’annonce du Christ. 72 = toutes les nations, tous les pays, tous les continents, le monde entier. Telle est l’ambition missionnaire du Seigneur. Voilà pourquoi il dit aussitôt: « La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux » ; « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à la moisson ».

C’est non seulement l’univers tout entier qu’il désire sauver, mais aussi toutes les générations, les moissons successives, d’année en année, toutes les récoltes de siècle en siècle, toutes atteintes par l’annonce de la Parole de Dieu, toutes sauvées par elle.

Le Christ voit grand, le Seigneur voit loin. De 12, il passe à 72, il passe à la totalité des hommes : moisson abondante qui exige, à toutes les époques, des milliers et des milliers d’annonceurs de l’Evangile. Il est évident qu’il ne s’agit plus seulement d’évêques ni même de prêtres quand on parle « d’ouvriers pour la moisson » divine, mais de chaque chrétien baptisé et surtout confirmé.

Chacun doit se sentir investi de cette mission divine et tout laïc doit se sentir responsable de l’apostolat de l’Eglise et du travail de  l’évangélisation. Cette tâche n’est plus réservée à quelques-uns : elle  nous  concerne tous et tous, nous  avons  à la prendre en charge. Le Baptême déjà nous a appelé à participer aux pouvoirs du Christ : prêtre, prophète et roi ; la Confirmation, notre Pentecôte à nous, nous a rendus aptes à remplir ce rôle de témoins, de messagers de Dieu : l’Esprit Saint agit en nous.

Sommes-nous persuadés que, à nous, laïcs, chrétiens baptisés et confirmés, le Christ nous confie un rôle, une mission, une place irremplaçable ?

Et savons-nous quel est notre rôle ? Nous chantons : « Peuple de prêtres, peuples de rois, assemblée des saints, peuple de Dieu, chante ton Seigneur ! » Mais qui sont ces prêtres, ces rois, cette assemblée de saints, ce peuple de Dieu qui doit chanter son Seigneur ?

Frères et sœurs, c’est nous, c’est nous tous, c’est nous tous ensemble. L’apostolat, l’annonce de l’Evangile et du Royaume n’est pas réservé à quelques-uns, il est confié à chacun, et tous, nous devons nous en sentir responsables.

« Il les envoya devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller pour y préparer sa venue ».

Or, que faisons-nous pour être ses envoyés ? Que faisons-nous pour préparer sa venue ?

Est-ce-que dans les milieux où nous vivons, dans les quartiers que nous habitons, auprès des personnes que nous fréquentons, nous sommes sûrs que Jésus y sera bien accueilli parce que nous serons déjà passés auparavant et que nous aurons tout fait pour préparer cet accueil ?

Est-ce-que nous ne faisons pas de notre foi, et de notre vie chrétienne, une affaire trop 30personnelle qui ne regarde pas les autres, une  pratique  à usage interne au lieu d’un témoignage à usage externe ?

Ne sommes-nous pas trop timides, trop réservés, trop hésitants dès qu’il faut annoncer notre couleur, dire nos convictions et exprimer notre foi ?

Sur le chemin qui nous a conduit au Christ et que d’autres peut-être pourraient prendre, n’avons-nous pas mis cette pancarte : « chemin privé », chemin secret et herbeux qui mène à une bicoque parce que je suis seul à l’habiter ?

Au lieu de cela, pensons à une foule qui, ayant remporté la victoire, passe massivement, glorieusement, sous l’Arc- de- Triomphe et descend les Champs-Elysées, à toute cette foule qui acclame et qui  suit leurs héros. C’est plutôt cela l’Eglise !

C’est ce Peuple de Dieu victorieux depuis Pâques et qui avance en clamant sa joie et qui entraîne avec elle tous ceux qui ont faim et soif de vrai bonheur.

Ne nous dit-on pas à la fin de l’Evangile, que « les 72 disciples revinrent tout joyeux et qu’ils étaient étonnés eux-mêmes de ce qu’ils avaient pu faire ». A quoi le Seigneur leur répond :

« Réjouissez-vous parce que vos noms sont déjà inscrits dans les cieux ».  AMEN

 

 




Rencontre autour de l’Évangile – 14ième Dimanche du Temps Ordinaire

“ La moisson est abondante, 

les ouvriers peu nombreux.

Priez le Maître de la moisson ”

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Lc 10, 1-12, 17-20)

Jésus vient de prendre avec courage la route de Jérusalem, et il prépare ses disciples au rôle missionnaire qu’ils auront à remplir après leur départ, auprès des nations païennes.

Et soulignons les mots importants 

Soixante douze : ce nombre a-t-il une signification particulière ?

Deux par deux : Que signifie pour nous cette consigne de Jésus ?

La moisson : Qu’est-ce que Jésus exprime par cette image de la moisson ?

Priez : On s’attendrait à ce que Jésus dise qu’il faut tout de suite organiser une opération pour trouver des ouvriers. Et voilà qu’il dit “ priez ”. Qu’est-ce que cela nous inspire comme réflexion ? Qu’est-ce que cela nous apprend de la relation de Jésus à son Père ?

Le maître de la moisson : Qu’est ce que cette expression nous dit du projet de Dieu ?

Allez ! Je vous envoie : Que signifient ces paroles de Jésus pour la mission de l’Eglise et pour les missions particulières dans l’Eglise ?

Paix : Ce mot dans l’Evangile est lié à l’envoi en mission. Que peut signifier ce mot qui semble si important pour Jésus ?

Guérissez : Les guérisons ont tenu une place importante dans le ministère de Jésus. Quelle est la signification profonde de ce mot “guérissez les malades” par rapport à l’annonce du Règne de Dieu ?

Le Règne de Dieu : Ce fut l’objet de la mission de Jésus et sa grande passion : ensemble partageons en quoi consiste ce “Règne” ou encore ce “Royaume de Dieu ”.

 

Pour l’animateur 

  • Les soixante-douze disciples sont un chiffre symbolique qui veut dire que la mission est grande et c’est l’affaire de toute l’Eglise, et pas seulement de quelques-uns (les Douze). Selon la Genèse (Gn 10) il y avait 72 peuples : l’Evangile est donc pour tous les peuples.

  • Deux par deux: Jésus souligne l’importance et la force de l’équipe pour la mission. D’autant plus que de son temps, pour qu’un témoignage soit valable, il fallait qu’il fût porté par deux témoins. (Cf Actes : Paul et Barnabé, Barnabé et Marc, Paul et Silas…)

  • Cela est valable pour nous: le témoignage d’une équipe qui vit l’évangile, qui parle d’une même voix pour annoncer Jésus Christ, aura plus de force qu’un témoignage

  • La moisson: dans la Bible la moisson est traditionnellement utilisée pour exprimer le jugement de Dieu et les moissonneurs représentent Dieu et ses anges

Or, dans cet évangile la moisson représente la mission et ce sont les disciples qui moissonnent. C’est le rassemblement des derniers temps qui commence. Pour que tous les hommes soient sauvés, il faut des ouvriers d’Evangile (semeurs et moissonneurs) afin que la moisson soit belle et  réussie pour tous.

  • Priez: Le projet de salut est d’abord l’affaire du Père. Jésus nous révèle que lui-même, l’Envoyé du Père, il ne fait rien sans le prier afin d’agir  toujours  selon sa volonté. Dans l’évangile, nous le voyons souvent plongé dans la prière avant d’entreprendre une action importante. La prière précède la mission. L’immensité de la tâche missionnaire, c’est d’abord l’affaire du Père. Le prier, c’est reconnaître que lui seul peut résoudre le problème du manque d’ouvriers.

Car le Maître de la moisson, c’est lui. Les ouvriers du Royaume ne travaillent pas pour leur compte, mais pour son compte à lui. Le reconnaître nous empêche de nous considérer comme les propriétaires : la mission, nous la recevons du Père par Jésus. Le Père est le Maître. Jésus est le contremaître qui envoie. Pareillement, dans l’Eglise on ne se donne pas soi-même une mission. On la reçoit du Christ par les pasteurs de son Eglise. Accueil et service dans l’humilité : voilà les attitudes qui conviennent..

Ce que le missionnaire annonce, c’est la paix : ce mot n’exprime pas seulement l’absence de conflit, mais la plénitude de vie que Jésus nous a obtenue et qui est le cœur de l’annonce de l’Evangile.

Cette plénitude de vie comprend aussi le rétablissement intégral de l’être humain dans sa dignité et la libération de tout ce qui l’empêche de se tenir “ debout ” : c’est le sens des guérisons faites par Jésus. Et des maladies, il y en de toutes sortes !  Jésus a demandé aux apôtres de poser, comme lui, des signes qui montrent que le Règne de Dieu, c’est un monde totalement libéré du mal et de tout ce qui diminue et détruit la personne humaine. Un monde rempli de cette plénitude de vie apportée par Jésus.

Nous disons  “Que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite !”

 

TA PAROLE DANS NOS COEURS

Ensemble regardons Jésus

En silence, regardons-le envoyer ses disciples. Ecoutons-le nous dire : “ La moisson est abondante…priez…Allez ! Je vous envoie…comme des agneaux au milieu des loups ”. Ce n’est pas une tâche facile que d’être les missionnaires du Règne de Dieu dans un monde d’argent et de violence. Ecoutons-le nous dire “Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : Paix à cette maison ”. Jésus souhaite que je sois un ami de la paix ”.

TA PAROLE DANS NOS MAINS

L’Evangile aujourd’hui dans notre vie

  • A l’image du Christ envoyé par le Père, à l’image des disciples envoyés par le Maître tout chrétien, baptisé et confirmé, est envoyé en mission par l’Eglise.

Est-ce que nous nous considérons vraiment comme des “ ouvriers ” du Règne de Dieu ? (On peut inviter des membres du groupe à donner un témoignage ; on peut aussi se donner des idées pour vivre en témoin de l’évangile dans sa famille, dans son quartier, dans son travail…)

Un ouvrier doit être qualifié : avons-nous le souci de nous former pour devenir  un bon témoin de l’Evangile ?

  • Etre missionnaire, ce n’est pas allé à la conquête pour convertir les gens, mais partir comme des agneaux, sans défense et avec un cœur de pauvre, pour être témoin de la paix du Christ. Est-ce que je suis un “ ami de la paix ? ”

Est-ce que nous nous montrons médiateurs de paix et éveilleurs de joie parmi nos frères ?

“ L’apostolat chrétien est moins l’effet de paroles retentissantes que de la puissance silencieuse de l’Amour.”

  • Notre Eglise manque vraiment “ d’ouvriers spécialisés ” : des prêtres, des religieux et religieuses, des diacres, des laïcs compétents pour l’animation des services diocésains (Catéchèse, Liturgie, Animation chrétienne des jeunes, Formation chrétienne des adultes, …) Est-ce que je me sens concerné par cette situation ? Est-ce que je prie pour les demander au Père ? N’est-ce pas cela prier pour les vocations ? Et puis, est-ce que j’encourage ceux qui veulent s’engager ? Et si c’était un de nos enfants ?

 

ENSEMBLE PRIONS   

Seigneur, fais de nous des ouvriers de paix.

Là où il y a de la haine, que je mette l’amour

Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.

Là où il y a la discorde, que je mette l’union.

Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.

Là où il y a les ténèbres, que je mette la lumière.

Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

 

 

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14ième Dimanche du Temps Ordinaire

 

 




13ième Dimanche du Temps Ordinaire– par Francis COUSIN (Lc 9, 51-62)

« Je te suivrai, Seigneur … »

 

Nous avons tous dit cela, à un moment ou à un autre … dans nos prières, … au moment de la première communion, … pour la confirmation, … et plusieurs fois encore … !

Et sans doute n’avons-nous pas compris tout ce que cela signifiait, dans l’immédiat …, mais surtout pour la suite !

Déjà, dans l’évangile de ce jour, Jésus répond à celui qui lui dit cela : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. », manière de dire : « Tu ne sais pas à quoi tu t’engages. ». Plus tard, il dira : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » (Mt 16,24) …

Se mettre à la suite de Jésus demande une certaine exigence vis-à-vis d’un avenir que l’on ne connait pas …

Et Jésus nous dit encore : « Que votre parole soit “oui”, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non”. » (Mt 5,37).

Il y en a qui ont répondu ’’oui’’ : les apôtres, … Matthieu, qui est surpris par l’appel de Jésus, mais qui le suit, et qui donne pour l’occasion « une grande réception dans sa maison ; il y avait là une foule nombreuse de publicains et d’autres gens attablés avec eux. » (Lc 5,29), ce qui fit scandale pour les juifs « Comment Jésus peut-il manger avec les pécheurs ? » … comme s’il n’y avait que les publicains qui péchaient !

Il y en a qui ont répondu ’’non’’ : par exemple le jeune homme riche, il faisait tout bien depuis sa jeunesse, mais quand Jésus lui dit : « Va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. », alors il partit car il avait de grands biens …

Mais souvent, dans le cœur des humains, il y a : « Oui … mais » ; et parfois « Non … mais ».

Déjà dans l’ancien testament on voyait cela : quand Elie va voir Élisée pour lui succéder, il jette son manteau vers lui, une manière de dire : « Viens, suis-moi, tu es à moi maintenant. ». Alors, quand Élisée lui dit « Laisse-moi embrasser mon père et ma mère. », Elie lui signifie qu’il n’y a rien entre eux : « Je n’ai rien fait. ».

Bien sûr, Elie aurait pu attendre le lendemain quand tout le champ aurait été labouré, puisqu’il était au dernier jour ! … mais la mission de Dieu n’attends pas !

Mais quand Elie voit que Élisée immole les deux bœufs avec le bois de l’attelage, et qu’il partage la viande du sacrifice avec les gens d’alentour, il l’attend parce que Élisée a d’abord pensé à Dieu, puis aux autres personnes !

À ceux qui disent « Oui … mais », Jésus leur répond : « Toi, pars, et annonce le règne de DieuQuiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu. ».

C’est une parole exigeante … que Jésus ne cesse de nous rappeler, de différentes manières, … en fonction des circonstances … et qu’il continuera à nous rappeler jusqu’à ce que nous acceptions d’entrer dans son amour, cet amour inconditionnel qu’il a pour tous les humains … jusqu’à ce que nous lui ouvrions la porte de notre cœur pour répondre à son amour …

            « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. » (Ap 3,20).

Garde-moi, mon Dieu :

j’ai fait de toi mon refuge.

J’ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu !

Seigneur, mon partage et ma coupe :

de toi dépend mon sort.

Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;

il est à ma droite : je suis inébranlable.

Tu m’apprends le chemin de la vie :

devant ta face, débordement de joie !

À ta droite, éternité de délices !

                           Ps 15

 

                                                                                   Francis Cousin

 

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13ième Dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN

Suis-moi

Lc 9, 51-62 

Il y a quelques années, frères et sœurs, nous étions en promenade paroissiale avec les fidèles de l’Assomption. Arrivés au pont de la « Rivière de l’Est », il nous a été proposé de nous lancer par-dessus le parapet, avec un élastique qui nous protégerait et nous rattraperait dans notre descente.

Nous sommes restés prudemment sur le pont, attendant de voir une ou deux personnes basculer, et puis, nous sommes repartis parce qu’elles attendaient trop longtemps pour prendre leur décision.

Tous les textes de ce dimanche nous proposent une aventure semblable : pour vivre à plein notre vie chrétienne, il nous faut, nous aussi, faire le saut, tenter l’aventure, lâcher nos petites sécurités et s’engager dans un risque que Jésus lui-même a assumé et qu’il nous propose à son tour. Mais, nous aussi, conscients de ce danger de la vie chrétienne qui doit passer par la Croix, par l’abandon de toutes certitudes humaines, de toutes nos sécurités matérielles, nous sommes là, sur le pont, à regarder s’il y en aurait peut-être un à se lancer, en attendant d’y aller nous-mêmes…

Reprenons la 1ière lecture : Elie, le prophète, est à la recherche d’un disciple pour lui succéder. Il croise Elisée, en train de labourer avec ses deux bœufs, il allait finir. Elie jette sur lui son manteau : c’est-à-dire, le choisit. Aussitôt, Elisée quitte ses bœufs, se met à courir derrière Elie et lui demande la permission d’aller embrasser son père et sa mère avant de partir ; demande bien naturelle, non ? Alors, Elie répondit : « Va, retourne à tes bœufs. Je n’ai rien fait ».

Le choix de Dieu, sa demande sur nous, est exigeante, immédiate, totalitaire. « Exécution immédiate ». Elisée comprend. Il sacrifie son gagne-pain, tue ses bœufs et les fait cuire avec le bois de la charrue et donne à manger à ses gens en signe de départ.

Tout choix de Dieu est un renoncement. Dieu ne veut, pas plus qu’Elie, d’un homme qui tergiverse, hésite, se donne et puis se reprend, un homme qui regarde son passé et qui attend avant de se lancer. Elisée renonce à sa profession pour suivre Elie, pour se lancer dans l’inconnu : inévitablement, l’appel de Dieu arrache l’homme à ses sécurités familiales, sociales, mutuelles, professionnelles. En notre siècle d’assurances renforcées,  de caisses de retraite, de réassurances et de protection de toutes sortes, Dieu exige pour l’homme qui le suit, une liberté totale, le saut dans l’inconnu de Dieu, sans même un élastique pour le retenir dans le vide.

Avons-nous fait, au moins une fois dans notre vie, cette expérience de lâcher nos sécurités pour suivre Dieu alors que notre raison et nos raisonnements nous prêchaient de faire le contraire ?

Dieu va-t-il trouver en chacun de nous cette disponibilité telle que dès sa demande, sans égoïsme, sans regard sur soi, sans regard sur le passé, je puisse lui répondre : « Oui, Seigneur, tout, et tout de suite ».

En  résumé  et  pour faire vite, posons-nous la question gênante : « Suis-je disponible à tout appel de Dieu ? Suis-je capable de lui  répondre « Bien sûr, Seigneur, je le fais immédiatement » ou vais-je me retirer, à pas feutrés, me mettre à réfléchir pour trouver des raisons  qui  vont  contrer  ma  générosité, des justifications de mon égoïsme et de mon inertie ?

Quand on vous demande un service, voyez-vous d’abord le service à rendre ou les obstacles qui vont vous empêcher ou vous permettre de ne pas rendre le service ? Toutes les raisons que nous trouvons et que nous accumulons pour faire écran à la demande de Dieu qui pourtant est insistante ?

 

 

 

Actuellement, sur le diocèse, il n’y a plus de séminaires, faute de vocations parait-il ! Je suis persuadé, que, des vocations, il y en a autant qu’avant et que bien des jeunes se sont entendus poser la question : « Veux-tu me suivre ? »

La question  est aussi présente et aussi pressante qu’autrefois. C’est la réponse qui fait défaut : « Oui, Seigneur, ce ne serait pas mal…mais, dans ton évangile, tu es trop exigeant, il faut tout quitter : mes bœufs, ma charrue, ma maison, mon écran, mes proches, ma petite amie, mon compte en banque et tout cela pour me conduire « Dieu sait où ? « Oui, « Dieu sait où » et nous, nous ne le savons pas ! C’est l’aventure, le risque, le pari de Pascal, le saut dans l’inconnu, la vie extraordinaire de St-Paul, d’un St-François d’Assise, d’un François Xavier, d’un père de Foucauld, de Martin Luther King, de la Vierge Marie qui a dit « Oui ».

Quant à Jésus, l’évangile de Luc nous dit : « Comme le temps approchait où il allait être enlevé de ce monde (et nous savons comment : par la Croix) il prit avec courage la route de Jérusalem : cette route, il sait où elle le mène : à Gethsémani, au prétoire de Pilate, au Golgotha, « il prit avec courage la route de Jérusalem ».

Si Dieu tient à vous, ce dont je suis sûr, et si vous, vous tenez à Dieu, ce qui  reste  à démontrer, malgré  votre bonne  volonté, il arrive toujours un moment, un moment crucifiant où il faut faire un choix : « le monde ou Dieu », « ma vie ou celle de Jésus ».

Est-ce un « chemin de promenade » ou la « route de l’aventure » ?

A voir certains chrétiens, si tranquilles, si peu inquiets du sort de leur société, si peu soucieux de leur avenir, on peut se demander :

– ou bien s’ils ont déjà fait ce choix et qu’ils ont tout largué,

– ou bien s’ils ne l’ont jamais fait et qu’ils ont tout gardé.

– S’ils ont eu le courage de dire oui et de tout laisser pour suivre le Seigneur, alors ils ont rompu les chaînes de l’esclavage dont nous parle St-Paul aujourd’hui. Ils  sont devenus des hommes libres car, oui, c’est vrai et nous devons le rappeler plus fortement à l’occasion de ce jubilé de la Miséricorde, le chrétien est un homme libéré par le Christ, au moment du Baptême. Alors, ne reprenons pas les chaînes de notre ancien esclavage : égoïsme, orgueil, mensonge, vengeance, rivalités, désunions, mépris des autres.

La véritable liberté intérieure, c’est dans l’Evangile, et c’est par la pratique évangélique que vous la trouverez. Ils me font sourire ceux qui croient que la liberté est une invention du 18e siècle et que les droits de l’homme datent de 1789 !

Il y a longtemps que le Christ et les chrétiens en vivent. Relisez l’évangile et St-Paul : vous y trouverez tous ces principes et ce n’est pas par hasard qu’ils ont été rédigés dans un pays qui a macéré dans 18 siècles de christianisme. Au pays d’un St-Irénée, St-Louis, Ste-Jeanne d’Arc, St-Vincent-de-Paul, d’un curé d’Ars, d’un frère Scubilion ou de l’abbé Pierre, de Jean Vanier, c’est facile de cueillir des fleurs sur l’arbre du christianisme et de les offrir au monde en disant : « Regardez comme c’est beau, c’est nous  qui  les  avons  produites : coupées  de  leurs racines, ces fleurs du christianisme que sont la liberté, l’égalité (vous êtes fils de Dieu), le fraternité (vous êtes tous frères), que vont-elles devenir sans l’esprit qui les anime ? Laïcisées, elles ne sont plus que des inscriptions gravées sur le fronton de nos mairies, avec en dessous, des hommes enchaînés, inégaux, et bien peu fraternels.

Contentons-nous, pour finir, de relire ce que St-Paul nous disait tout à l’heure : « Vous avez été appelés à la liberté », mais attention ! Que cette liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme.

Au contraire : « Mettez-vous par amour au service les uns des autres car toute la loi atteint sa perfection dans un seul commandement : Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Si vous vous mordez, si vous vous dévorez les uns les autres, prenez garde…Vous allez vous détruire les uns les autres. Je vous le dis. « Vivez sous la conduite de l’Esprit,  « l’Esprit de Dieu », alors vous n’obéirez pas aux tentations égoïstes du monde ».

En effet, vous le savez, frères et sœurs, il y a en nous, et il y a entre nous, un frein qui nous empêche de faire ce que nous voudrions. Mais si vous répondez « oui » ,de tout cœur, à l’invitation de l’Esprit qui est en vous, à l’appel du Christ qui vous dit : « Viens et suis-moi », à l’appel d’un Dieu qui vous dit : « Vivez en frères, car vous êtes tous mes fils », alors, prenez la route, prenez votre bâton de pèlerin de la vie pour aller vous aussi, en compagnie du Christ jusqu’à la Jérusalem Céleste, celle qui est au-delà de la croix.

« En cours de route, un homme dit à Jésus :

Maître, je te suivrai partout où tu iras ».

Sommes-nous capable de dire et de faire comme lui ? AMEN




13ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Luc 9, 51-62)

L’Amour des ennemis, illustré par Jésus

(Lc 9,51-62)

Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem.
Il envoya, en avant de lui, des messagers ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue.
Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem.
Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? »
Mais Jésus, se retournant, les réprimanda.
Puis ils partirent pour un autre village.
En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. »
Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »
Il dit à un autre : « Suis-moi. » L’homme répondit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. »
Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. »
Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. »
Jésus lui répondit : « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

        

 

          En 931 avant JC, à la mort du roi Salomon, le fils de David, Israël se coupa en deux, avec le Royaume du Nord et le Royaume du Sud. Puis, en 721 avant JC, le roi assyrien Sargon II annexa le Royaume du Nord. Beaucoup de païens vinrent alors s’installer au milieu des Juifs, apportant avec eux leurs pratiques idolâtriques qui, petit à petit, s’infiltreront jusques dans le culte rendu au Dieu d’Israël. Le Royaume du Sud, resté partiellement indépendant, se mettra donc à regarder avec beaucoup de méfiance ce Royaume du Nord, ces Samaritains, appelés ainsi du nom de leur capitale « Samarie ». Et à l’époque de Jésus, « les Juifs n’avaient pas de relation avec les Samaritains » (Jn 4,9). Les deux s’évitaient soigneusement… Et pourtant, à l’origine, ils ne formaient qu’un seul Peuple, le Peuple d’Israël, le Peuple de Dieu…

            Mais Jésus est venu réconcilier toute la famille humaine avec Dieu, et donc tous les hommes entre eux… Pour aller à Jérusalem, il n’évite donc pas la Samarie comme le faisaient ses compatriotes qui passaient par la mer ou par la Transjordanie. Il traverse leur territoire, s’approche d’un village et envoie des messagers devant lui. Délicatesse du Christ qui prévient de sa venue et ne s’impose pas. Mais en apprenant qu’il se « dirige vers Jérusalem », ils refusent de l’accueillir. Réaction immédiate et si humaine des disciples : colère, violence, que « le feu tombe du ciel et les détruise ». Mais Jésus les interpelle vivement : pas question… Eux aussi sont ses bien-aimés… Il reviendra plus tard, avec son Eglise « Corps du Christ » (1Co 12), pour leur proposer à nouveau avec elle et par elle son Amour, sa Paix, sa Lumière, sa Vie et sa Joie… Ressuscité, il dira en effet à ses disciples : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1,8). Et il est le premier à espérer que cette fois, ils accepteront de l’accueillir, pour leur seul bien. Car « à tous ceux qui l’ont accueilli, il leur a donné de pouvoir devenir » pleinement ce qu’ils sont déjà : « des enfants de Dieu » (Jn 1,12), « créés à son image et ressemblance » (Gn 1,26-28) et appelés à vivre de la Plénitude de sa Vie…

            Jésus va ensuite inviter ses disciples à le suivre avec encore plus de proximité. Qu’ils se dépouillent de tout attachement aux biens matériels, car « le Fils de l’Homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »  Qu’ils veillent avant tout à « annoncer le Règne de Dieu », car « là » est le vrai Trésor. « Le Royaume des Cieux est en effet justice, paix et joie dans l’Esprit Saint » (Rm 14,17), « l’Esprit qui vivifie » et apporte avec lui le vrai bonheur… DJF




Rencontre autour de l’Évangile – 13ième Dimanche du Temps Ordinaire

« Suis-moi ! »

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Lc 9, 51-62)

Peu avant notre passage, Jésus a demandé à ses disciples : « Pour vous, qui suis-je ? » « Le Messie de Dieu » a répondu Pierre au nom de tous. Et Jésus a aussitôt commencé à leur enseigner comment il serait le Messie : non pas glorieusement, en triomphateur, à la manière humaine, mais « en souffrant beaucoup, en étant rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, en étant tué et en ressuscitant » (Lc 9,22). Et il rajoutera ensuite : « Le Fils de l’Homme va être livré aux mains des hommes » (Lc 9,44)…

Et soulignons les mots importants 

  • A quel événement renvoie donc la première phrase de notre Evangile : « Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde » ? Et pourquoi St Luc précise-t-il que Jésus « prit avec courage la route de Jérusalem » ?

  • Les Juifs habitaient soit la Galilée, au Nord de la Palestine, soit la Judée, au sud, avec Jérusalem, sa capitale… Entre les deux, la Samarie… A la mort du Roi Salomon (931 av JC), fils de David (1010-970 av JC) le Royaume d’Israël s’était divisé en deux, le Nord et le Sud. Les Samaritains sont les lointains héritiers de cet ancien Royaume du Nord. Et avec le temps, la haine s’était établie entre Juifs et Samaritains. Pourquoi Jésus fait-il exprès de passer en territoire Samaritain ?

            « On refusa de le recevoir ». Il fallait s’y attendre… Les disciples veulent que le feu du ciel descende, comme pour Elie autrefois (2R 1). Mais « Dieu est Amour » (1Jn 4,8) et Il n’Est qu’Amour. Répond-il au mal, par le mal ? Que fera Jésus, sur la Croix, pour ceux qui le tuaient (Lc 23,34) ?

  • Trois conseils sont ensuite adressés à quiconque désire suivre Jésus. Si « le Fils de l’Homme n’a pas où reposer la tête», qu’en sera-t-il donc du disciple ? Quel style de vie doit-il être prêt à accepter ? Mais pour nous qui avons souvent charge de famille, comment traduire cette invitation dans les circonstances concrètes de notre vie ? A quelle attitude Jésus nous invite-t-il vis-à-vis des biens matériels ?

  • « Honore ton père et ta mère » disait la Loi (Ex 20,12). « Je ne suis pas venu abolir la Loi mais l’accomplir» dit Jésus (Mt 5,17) ! Est-il donc interdit à un disciple de Jésus d’aller enterrer son père ? Bien relire la réponse de Jésus : quelle invitation pressante lance-t-il ici en fait ?

  • Est-il donc également interdit de « faire ses adieux aux gens de sa maison » si l’on désire suivre Jésus ? Là aussi, bien relire la réponse de Jésus : contre quel danger met-il en fait en garde celui ou celle qui a décidé de se mettre à sa suite ?

 

Pour l’animateur 

  • Luc fait allusion à la mort de Jésus à Jérusalem, mais le vocabulaire employé a volontairement un double sens : les hommes, en tuant Jésus, vont « l’enlever de ce monde». Mais le Père, trois jours après, le ressuscitera d’entre les morts en déployant en Lui la Toute Puissance de l’Esprit Saint. Et il « l’enlèvera de ce monde » en le faisant asseoir à sa droite dans les cieux… St Luc nous racontera d’ailleurs l’Ascension de Jésus : « il emmena » ses disciples « jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. Tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et fut emporté au ciel » (cf. Lc 24,50-53).

            Et Jésus « prend avec courage la route de Jérusalem » car il sait qu’il va beaucoup y souffrir…

  • « Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils Unique afin que quiconque croit en lui ne se perde pas mais ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger (condamner) le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui ». « C’était Dieu, en effet, qui dans le Christ se réconciliait le monde » en lui offrant de « connaître la salut par la rémission de ses péchés grâce aux entrailles de Miséricorde de notre Dieu dans lesquelles nous a visités Jésus, l’Astre d’en Haut » (Jn 3,16-17 ; 1Co 5,19 ; Lc 1,76-79). Toute sa mission consiste donc à réconcilier les hommes avec Dieu et entre eux, leur apprenant le seul langage qui existe au Ciel, celui de l’Amour… Et dès que cet Amour circule entre les hommes, le Royaume des Cieux est là…

            L’Ancien Testament, dans son imperfection, présente parfois un Dieu vengeur ou violent. Les disciples connaissent bien cet épisode de la vie d’Elie où les envoyés d’Ochozias, un roi infidèle, le somment de venir au chevet de leur maître blessé. Et Elie de leur répondre : « Si je suis un homme de Dieu, qu’un feu descende du ciel et vous dévore », ce qui arriva, d’après le texte… Mais non, Dieu n’agit pas ainsi. Nous en avons la confirmation avec la réaction de Jésus, vrai Dieu et vrai homme… Il n’est pas accueilli ? Il va plus loin, et il reviendra plus tard, d’une manière ou d’une autre, pour leur offrir son Amour…

            Dieu est Amour, et il ne sait qu’aimer… Il répondra toujours au mal par l’Amour, ne cessant de chercher le meilleur pour celui qui fait le mal. Or le péché tue d’abord celui qui le commet en le privant de la Plénitude de la Vie divine pour laquelle nous avons tous été créés. D’où angoisses et souffrances profondes (Rm 2,9), ce que Dieu ne veut pas, Lui qui ne poursuit que le Bien de tous ses enfants. Il fera donc du bien à quiconque fait le mal en l’aidant à prendre conscience que ce qu’il fait est mal, en l’invitant à ne plus agir ainsi, de tout cœur, et en lui donnant en surabondance le pardon de toutes ses fautes passées. Il pourra ainsi repartir dans une Vie nouvelle, toute remplie de sa Paix et de sa Joie. Sur la Croix, Jésus priera ainsi pour tous ceux qui font le mal, tous ceux qui le tuent : « Père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34)…

  • Le disciple aussi risque bien de ne rien avoir pour reposer sa tête… Pensons aux missionnaires de l’Evangile qui ont tout quitté pour annoncer le Christ. Avec Jésus se révèle le Trésor de la Vie divine, Trésor d’Amour et de Paix qui ne demande qu’à remplir les cœurs. Face à ce Trésor, tout le reste devient fade… Certes, nous sommes tous pécheurs, mais le disciple de Jésus ne peut que montrer par la simplicité de sa vie, ou du moins par un certain détachement vis-à-vis des biens matériels, qu’il a trouvé avec Jésus ce Trésor de Paix et de Vie qui commence à le combler dès maintenant, par sa foi et dans la foi…

  • Non, le disciple de Jésus n’a pas à rejeter ses parents, bien au contraire ! Et Jésus donnera l’exemple en s’occupant de Marie, sa Mère, jusqu’au bout : juste avant de mourir, il l’a confiera à Jean, son disciple très cher (Jn 19,25-27). Ici, Jésus souligne l’urgence d’annoncer la Bonne Nouvelle du Don Gratuit de la Vie que Dieu veut accorder largement à tous les hommes, et cela d’autant plus qu’ils en sont privés par suite de leurs fautes : « Le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 6,23). En recevant ce Don, ils trouveront enfin le Bonheur qu’ils cherchaient en empruntant les chemins du mal. Or, c’est justement ce mal qui les en privait, sous ses apparences trompeuses d’abondance et de bien-être…

  • Enfin, Jésus connaît bien l’attachement si humain, si normal, si humainement normal que nous pouvons ressentir pour nos proches et nos amis. Les quitter pour le suivre est un réel sacrifice. Et comme le rencontrer, c’est répondre à l’appel d’une vie radicalement nouvelle, revenir en arrière peut aussi être synonyme de retourner à des comportements contraires au Royaume de Dieu. Non, le disciple de Jésus fait tout, avec le soutien de sa grâce, pour garder le regard de son cœur tourné vers Lui, en rejetant au même moment tout ce qui lui est contraire…

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS

L’Evangile aujourd’hui dans notre vie

  • Notre réaction face au mal, répondre par la force ? Où en sommes-nous ?

  • Suivre Jésus en choisissant une vie simple, en annonçant le plus largement possible autour de nous le Don de sa Vie, une Vie qui nous appelle nous aussi à changer notre vie : où en sommes-nous ?

ENSEMBLE PRIONS   

Tu as voulu, Seigneur, que la puissance de l’Evangile travaille le monde à la manière d’un ferment ; veille sur tous ceux qui ont à répondre à leur vocation chrétienne au milieu des occupations de ce monde : qu’ils cherchent toujours l’Esprit du Christ, pour qu’en accomplissant leurs tâches d’hommes, ils travaillent à l’avènement de ton Règne. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

 

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Dimanche du corps et sang du Christ – par Francis COUSIN (Lc 9, 11-17)

« Bénir et partager. »

 

Les trois textes de ce jour nous en parlent : d’abord bénir, puis partager.

Les situations ne sont pas toujours les mêmes, mais on retrouve ces deux actions.

Dans la première lecture, Melchisédech apporte du pain et du vin à Abram et bénit celui-ci. Ensuite, Abram partage ce qu’il avait conquis avec Melchisédech.

Dans la deuxième lecture, le récit de la cène où Jésus rend grâce à Dieu, le bénit, puis rompt le pain, et le partage avec ses disciples, et de même pour le vin.

Et enfin dans l’évangile où Jésus prononce la bénédiction sur les pains et les poissons et les donne aux apôtres pour qu’ils les partagent avec ceux qui étaient là.

Bénir et partager … et on pourrait ajouter : de nouveau bénir, en ce qui nous concerne, puisqu’après avoir communier à la messe, nous remercions Dieu de nous avoir donné le pain de vie, Jésus, sous la forme de l’hostie consacrée, et notre prière est une bénédiction puisque nous disons du bien de Jésus et de Dieu.

 Dans l’évangile de ce jour, comme souvent, Jésus nous surprend. Alors que le soir tombe, les apôtres disent à Jésus : « Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert. »

Le désert est un endroit de la rencontre avec Dieu, et les gens sont nombreux pour y écouter Jésus ; et il a encore beaucoup de choses à leur dire. Alors, les renvoyer, Jésus ne peut y penser …

C’est là qu’il dit aux apôtres : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. ».

Réaction des apôtres : « Mais tu n’y pense pas : on n’a rien : juste cinq pains et deux poissons, c’est déjà pas assez pour nous. On ne peut quand même pas aller acheter à manger pour tous ces gens ! ».

Jésus ne répond pas à leur récrimination, mais il leur demande : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. ». Ce que font les apôtres. Ils ne cherchent pas à comprendre, ils obéissent.

 Ne nous arrive-t-il pas parfois devant une difficulté de ressentir une idée dans notre tête, et de se dire : « Mais non, on ne peut pas faire cela, c’est impossible … cela ne marchera jamais ! »

À nos yeux humains, sans doute … mais aux yeux de Dieu … « rien n’est impossible à Dieu. » (Lc 1,37).

Et les apôtres vont en avoir la preuve : Jésus bénit les pains et les poissons, et les leur donne pour qu’ils les partagent avec tous ceux qui sont là.

Et tous furent rassasiés … et même il en resta suffisamment pour emplir douze corbeilles, une pour chacun des       apôtres.

Pour toutes les personnes présentes ce jour-là, cette multiplication, comme on l’appelle, leur a permis de continuer à vivre … mais pour un instant, dans une vie ayant une fin …

Il n’en est pas de même avec le pain et le vin consacrés lors de la messe : pour tous ceux qui les consomment, cela leur permet de continuer à vivre, mais dans la vie éternelle …

« Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. » (Jn 6,53-56).

C’est ce que nous dit le pape François : « Dans notre ville affamée d’amour et d’attention, qui souffre de dégradation et d’abandon, face à de nombreuses personnes âgées seules, à des familles en difficulté, à des jeunes qui ont du mal à gagner leur vie et à alimenter leurs rêves, le Seigneur te dit : “ Donne-leur toi-même à manger”. Et tu peux répondre : “J’ai peu de choses, je n’en suis pas capable”. Ce n’est pas vrai, ton peu de choses est beaucoup aux yeux de Jésus, si tu ne le gardes pas pour toi, si tu le mets en jeu. Et tu n’es pas seul : tu as l’Eucharistie, le Pain du chemin, le Pain de Jésus. Même ce soir nous serons nourris par son Corps donné. Si nous l’accueillons avec le cœur, ce Pain libèrera en nous la force de l’amour : nous nous sentirons bénis et aimés, et nous voudrons bénir et aimer, en commençant par ici, par notre ville, par les rues que ce soir nous emprunterons. Le Seigneur vient dans nos rues pour dire-du bien, dire du bien de nous et pour nous donner du courage, nous donner du courage. Il nous demande d’être bénédiction et don. » (Homélie du 23-06-19)

Seigneur Jésus,

comme nous sommes timorés,

incapables de croire en ta parole,

de suivre les indications de l’Esprit

qui ne cesse de nous dire :

« Vas-y, fais ceci ou cela … »

et nous restons scotchés dans notre

« Je n’en suis pas capable ! »

Donne-nous la force d’agir !

 

                                                                                   Francis Cousin

Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le lien suivant : Image Saint Sacrement C




Le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Luc 9, 11b-17)

Le Corps et le Sang de Jésus

donnés pour notre Vie (Lc 9,11b-17)

En ce temps-là, Jésus parlait aux foules du règne de Dieu et guérissait ceux qui en avaient besoin.
Le jour commençait à baisser. Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert. »
Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. »
Il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. »
Ils exécutèrent cette demande et firent asseoir tout le monde.
Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule.
Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ; puis on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers.        

        

            Jésus vient d’envoyer les Douze en mission « annoncer la Bonne Nouvelle » du Royaume de Dieu « et faire partout des guérisons » (Lc 9,6). Et c’est à leur retour, après avoir parlé une fois de plus du « Règne de Dieu » et « guéri ceux qui en avaient besoin », qu’il va vivre avec eux cette multiplication des pains qui annonce l’institution de l’Eucharistie : son corps et son sang donnés pour la vie du monde… Jésus sent que sa fin approche… Et de fait, juste après, lors de sa Transfiguration, Moïse et Elie, « apparus en gloire, parleront de son départ qu’il allait accomplir à Jérusalem » (Lc 9,31). Jésus annoncera alors par deux fois sa Passion (9,22.44), et il invitera ses disciples à « se charger de leur croix chaque jour, à sa suite » (9,23). Puis il prendra « résolument le chemin de Jérusalem » (9,51) pour se livrer aux pécheurs, et mourir, de leurs mains, pour leur salut…

            La Fête du Corps et du Sang du Christ est donc, une fois de plus, celle de l’Amour. Jour après jour, la célébration de l’Eucharistie actualise en effet le don de Jésus « jusqu’à l’extrême de l’amour » (Jn 13,1). Il va « prendre sur lui nos infirmités, il va se charger de nos maladies » (Mt 8,17), il va « souffrir pour nous » en « portant lui-même nos fautes dans son corps » (1P 2,21-25). En silence, sans un mot, il va « enlever le péché du monde » (ce péché qui nous écrase, nous opprime, nous blesse et nous tue) en le prenant sur lui ! « Pour nous, c’est justice, nous payons nos actes », disait un des deux criminels crucifiés avec lui. « Mais lui n’a rien fait de mal… Jésus, souviens-toi de moi lorsque tu viendras avec ton Royaume ». Et il lui dit : « En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis » (Lc 23,39-43). La prophétie d’Isaïe s’accomplissait : « Il a été compté parmi les criminels, alors qu’il portait le péché des multitudes et qu’il intercédait pour les criminels » (Is 53,12).

            Ouvrir aux criminels repentants les portes du Royaume ! Tel est le Mystère qui se renouvelle en chaque Eucharistie où nous commençons tous par nous reconnaître pécheurs. Puis nous écoutons la Parole de Vie, la Bonne Nouvelle du Salut, et nous recevons gratuitement de l’Amour, le corps et « le sang de Jésus versé pour la multitude en rémission des péchés », ce sang qui symbolise sa Vie… Alors, purifiés par l’Esprit « Eau Pure » (Ez 36,25-27 ; 1Co 6,11), nourris de sa Vie par « l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63 ; 2Co 3,6), nous repartons fortifiés dans la vie pour mieux mener avec Lui le combat de la Vie !

DJF