Rencontre autour de l’Évangile – 5ième Dimanche de Carême

« Moi, je suis la résurrection et la vie ;

et tout homme qui vit

et qui croit en moi ne mourra jamais. »

 

 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Jn 11, 1-45)

Jésus revient en Judée après avoir échappé durant quelque temps aux juifs qui voulaient l’arrêter. (Jn10, 39)

Faire lire le texte à plusieurs en répartissant les passages selon les personnages.

 

 Et soulignons les mots importants

Relevons dans ce passage les mots qui expriment « l’humanité » de Jésus, qui montrent combien il est proche de nous.

Cette maladie est pour la gloire de Dieu : que veut dire Jésus ?

Lazare s’est endormi : Pourquoi Jésus parle-t-il de la mort comme d’un sommeil ?

Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà : pourquoi cette précision ?

Relever dans le récit les phrases qui expriment la foi de Marthe ?

Ton frère ressuscitera : Quelle différence entre la mort de Lazare et celle de Jésus ?

« Je suis » la résurrection et la vie, celui qui vit et croit en moi ne mourra jamais : Quelle est la force de cette parole de Jésus ?

Père, je te rends grâce…Je savais que tu m’exauces toujours : comment Jésus se situe –t-il par rapport à son Père ?

Enlevez la pierre : Jésus manifeste son autorité

Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu : Que veut dire Jésus ?

Il cria d’une voix forte : Que peut signifier ce cri de Jésus ?

Pour l’animateur

– Jésus a des amis qu’il aime profondément. Il est très affecté par la mort de son ami Lazare. L’évangéliste Jean souligne qu’il est bouleversé d’une émotion profonde et qu’il pleure. Cette humanité de Jésus le rend proche de nous. A Béthanie, Jésus a donné une valeur divine aux larmes de l’amitié. Jésus était fraternel et fidèle. Sensible et délicat. Il a savouré les joies de l’amitié.

– Pourtant, quand il apprend que Lazare est gravement malade, il tarde deux jours avant d’aller auprès de ses amis.

– Jésus interprète par avance que la maladie de Lazare n’est pas pour la mort, mais pour la gloire de Dieu et de son Fils

Devant l’incompréhension des disciples, Jésus affirme que la mort de Lazare est pour lui un sommeil, ce qui laisse entendre qu’il peut « s’éveiller » s’il entend la voix de Jésus.

– Si l’évangéliste précise que le cadavre est depuis quatre jours au tombeau et qu’il sent déjà, c’est bien pour souligner que Lazare est bien mort et pour mettre en valeur le miracle de Jésus.

– Lazare qui sort du tombeau pieds et mains liés montre ainsi qu’il reste un être mortel. Jésus, à sa résurrection, a fait voler en éclats ce pouvoir de la mort. « Jésus ressuscité ne meurt plus. » Sa victoire sur la mort, il l’a remportée pour nous tous : à condition de lui faire confiance (Celui qui vit et croit en moi…)

La foi de Marthe, c’est d’abord sa confiance en Jésus : sa conviction que Jésus a pouvoir sur la mort. «Si tu avais été là… ».En présence de Jésus, elle confesse sa foi en disant : « Je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Elle reconnaît en Jésus un homme de Dieu, qui seul peut faire vivre. Puis elle adhère à la foi d’Israël : « Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour ». Et surtout, quand Jésus se présente comme « la résurrection et la vie », elle affirme : « Je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu. » C’est le sommet de la foi.

Marthe est présentée comme la figure du croyant qui reconnaît qu’en Jésus, c’est Dieu qui vient parmi les vivants. Tandis que Marie reste du côté du deuil dans son comportement et ses paroles : « Si tu avais été là ». Il manque la profession de foi. Elle fait corps avec le groupe des juifs en deuil. Elle joue le rôle de « pleureuse ». Marie est le symbole de l’homme abattu par la séparation de la mort.

– Jésus manifeste qu’il est en communion avec son Père pour ressusciter Lazare et il crie, pour tout le monde l’entende. C’est un signe public. Un cri aussi que tous les morts doivent entendre.

 

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Tu es la Résurrection et la vie, Seigneur Jésus. Celui qui croit en toi ne mourra jamais.

Quand nous sommes dans le deuil, tu n’es pas loin de nous. Nous sommes tristes, mais nous ne sommes pas accablés comme ceux qui n’ont pas d’espérance. Quand tu es là, la mort n’est pas victorieuse. Donne-nous de croire fermement à ta Résurrection et de croire aussi fermement que nous aussi nous allons ressusciter en Toi.

TA PAROLE DANS NOS MAINS :

Tu es la Résurrection et la vie, Seigneur Jésus. Celui qui croit en toi ne mourra jamais.

Quand nous sommes dans le deuil, tu n’es pas loin de nous. Nous sommes tristes, mais nous ne sommes pas accablés comme ceux qui n’ont pas d’espérance. Quand tu es là, la mort n’est pas victorieuse. Donne-nous de croire fermement à ta Résurrection et de croire aussi fermement que nous aussi nous allons ressusciter en Toi.

PRIONS

Seigneur Jésus Christ, toi qui as ordonné à Lazare de sortir vivant de son tombeau, toi qui en ressuscitant, as libéré tout homme de la mort, nous te prions humblement pour tes serviteurs qui se préparent avec joie au baptême et au festin de la vie : ne permets pas que la mort retienne en son pouvoir ceux qui, grâce à leur foi, vont prendre part à la victoire de ta Résurrection.

 

 

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Rencontre autour de l’Évangile – 4ième Dimanche de Carême

« J’étais aveugle

et maintenant je vois ! »

 

 

 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Jn 9, 1-41)

Jésus est à Jérusalem où il est monté pour la fête des tentes, fête de la Récolte : on y célébrait l’eau que les prêtes allaient chercher à la piscine de Siloé pour l’apporter au Temple qui était illuminé. Jésus en profite pour proclamer qu’il est la vraie lumière destinée non seulement aux juifs, mais au monde entier. Et alors une discussion vive et dramatique s’engage entre Jésus et les juifs. Et c’est alors que se situe le récit de l’aveugle-né que nous allons méditer.

 

 Et soulignons les mots importants

Lire les versets 1-5 (jusqu’à lumière du monde)

Quel est le personnage central de ce premier paragraphe ?

Aveugle de naissance: Comment les juifs considéraient cette infirmité ?

L’action de Celui qui m’a envoyé: Quelle est action ?

Je suis la lumière du monde : Quelle est l’importance des mots « je suis » prononcé par Jésus ?

Versets 6 et 7 : la guérison

Faire attention au geste (avec la boue) Jésus avait-il besoin de faire ce geste ?

et à la parole de Jésus : Est-ce que ce geste accompagné d’une parole nous fait penser à des gestes que fait l’Eglise ?

Siloé : Jean précise que ce mot signifie « Envoyé » : est-ce que ce mot nous apprend quelque chose sur l’attitude de l’aveugle ?

Versets 8-12 : L’aveugle et les voisins

Relever les  questions que les voisins se posent ou posent à l’homme qui voit. Quelles sont leurs attitudes ?

Noter sa dernière réponse à propos de Jésus.

Versets 13-34 : L’aveugle et les pharisiens et les parents

 « Cet homme est un pécheur » : Pourquoi Jésus est-il traité de pécheur ?

« Nous ne savons pas d’où il est. » Au fait d’où vient Jésus ?

Pourquoi les parents ont-ils peur des juifs ?

« Il m’a ouvert les yeux » : L’homme parle de la guérison de ses yeux. Vers quelle guérison est-il en marche ?

Versets 35-38 : L’entrée dans la communauté

L’homme a été exclu de la synagogue. Que se passe-t-il quand il rencontre Jésus ? quelle est sa seconde guérison ?

Versets 39-41 : Jésus donne le sens de ce qui s’est passé

Qui sont les véritables aveugles ? Pourquoi ?

Pour l’animateur

– Le personnage central du premier paragraphe c’est  Jésus qui voit  l’aveugle. Il interprète par avance ce qui va se passer. Les disciples comme tous les juifs considèrent que si cet homme est né aveugle, c’est qu’il subit une punition de Dieu pour un péché commis dans le sein de sa mère ( !) ou par ses parents.

La réponse de Jésus est claire et nette. Et il annonce que dans la guérison de cet aveugle, Dieu va réaliser son œuvre par son Envoyé : Jésus. En disant « je suis »  la lumière, Jésus laisse entendre qu’en lui Dieu est là pour libérer le monde aveuglé par ténèbres de l’erreur et du péché.

– Au lieu de déposer la salive directement sur les yeux, Jésus les couvre de boue ; il faut que l’aveugle aille se laver à la piscine de Siloé : cela signifie que l’aveugle « verra clair » peu à peu et sa guérison sera complète quand Jésus aura ouvert les yeux de son cœur par la foi. L’aveugle, « envoyé » par Jésus à Siloé obéit sans hésiter.

Le geste et la parole « va te laver » nous font penser aux sacrements de l’Eglise (geste+parole)  qui sont des gestes du Christ pour nous guérir et nous ouvrir à la lumière et la vie de Dieu.

– Pour l’instant Jésus pour l’aveugle est un simple guérisseur. Il est bien celui qui était aveugle. Il ne sait pas qui est le guérisseur. Il a encore du chemin jusqu’à la foi en Jésus. Il lui faut passer de la lumière des yeux à la lumière de la foi.

– Mais déjà le miracle accompli par Jésus divise les hommes entre ceux qui accueillent le signe et ceux qui rejettent Jésus.

Jésus est traité de pécheur par les pharisiens parce que, selon eux, il ne respecte pas le sabbat. Donc il ne peut pas être exaucé par Dieu. Ils connaissent Moïse, mais pas Jésus. Ils refusent de savoir d’où il vient. Jésus vient de Dieu. Les parents, eux, refusent de se prononcer sur l’identité de Jésus par peur d’être exclus de la synagogue. Noter aussi : Croire en Jésus est une démarche personnelle : les parents ne peuvent pas décider à sa place.

– L’aveugle par contre est prêt à « voir clair » quand il se trouvera en face de Jésus. La seconde guérison préparée par la première, c’est celle qui lui permet de croire en Jésus et de se prosterner devant lui. Du coup, il entre dans la communauté des croyants.

– Les véritables aveugles sont, ce sont ceux qui refusent la lumière alors qu’elle a brillé. C’est le sens que Jésus donne à ce qui vient de se passer.

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Jésus, nous te remercions de nous avoir révélé que nos infirmités, nos maladies du corps ou de l’esprit ne sont pas des punitions pour nos péchés ou pour ceux de nos ancêtres. Mais il est vrai qu’à notre naissance nous sommes entrés dans un monde marqué par les ténèbres du péché. Par le baptême, tu nous as faire naître à ta lumière. Nous croyons que tu es la lumière du monde. Ouvre nos yeux, car bien souvent nous sommes encore aveugles.

TA PAROLE DANS NOS MAINS :

Les pharisiens qui croient voir grâce à la lumière de la Loi s’enfoncent dans leur aveuglement ; l’aveugle-né guérit entre progressivement dans le mystère de l’Envoyé du Père : celui qu’on appelle Jésus (9, 11), un prophète (9, 17), un homme de Dieu (9,33) et enfin à la lumière de sa parole, il « voit » le Fils de l’homme et se prosterne devant lui.(9, 35-38)

Nous vivons dans un monde où la foi est partout mise à l’épreuve : quelles sont les difficultés que nous rencontrons et qui ébranlent parfois notre foi ?

Est-ce que nous prenons le temps et les moyens d’éclairer notre foi, de la fortifier : quels sont les lieux et les moyens que l’Eglise nous offre pour cela ?

Parfois il faut avoir du courage pour affirmer sa foi, pour ne pas avoir peur de se compromettre pour Jésus-Christ : quand il est attaqué, quand on se moque de notre Eglise, quand les medias ridiculisent notre religion, quand notre entourage est hostile.

Croire, pour un chrétien, c’est s’engager tout entier, dans une décision personnelle, à la suite du Christ : Est-ce  ainsi que nous sommes  croyants ? Qu’avons-nous fait de notre baptême qui a allumé en nous la lumière du Christ Ressuscité ?

 

PRIONS

Chant : Ouvre mes yeux, Seigneur (Carnet paroissial p.183 c.1, 3 , 5)

Prière

Seigneur Jésus, qui rendis la vue à l’aveugle-né, à la piscine de Siloé, nous te prions :

Fais briller ta lumière sur le monde, arrache-nous aux ténèbres de la tristesse et du péché.

Tu as dit : « Je suis la lumière du monde », sois la lumière de ceux qui sont aveugles, et guéris la cécité de notre cœur, nous te prions prends pitié de nous. Toi qui vis et règne avec le Père dans l’unité de l’Esprit-Saint, pour les siècles des siècles.

 

 

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Rencontre autour de l’Évangile – 3ième Dimanche de Carême

« Si tu savais

le don de Dieu »

 

 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Jn 4, 5-42)

Nous sommes au chapitre 4 de l’Evangile selon saint Jean. De retour d’un pèlerinage à Jérusalem, Jésus passe par la Samarie pour rentrer en Galilée. C’est alors qu’il fit cette rencontre magnifique avec la Samaritaine.

 

 Et soulignons les mots importants

Samarie : Chaque fois qu’il est question de Samarie, de Samaritain, quelle est la position des juifs ?

Le puits de Jacob : Dans région faite de sécheresse et de désert, quel est le symbole du puits ? Connaissons-nous d’autres passages où le puits joue un rôle important ? (voir par ex. Gn 24, 11 ss ; Gn 29 ; Ex. 2, 15-22)

Jésus fatigué par la route, assis : Quelle est l’importance de ces mots ?

Une femme de Samarie : Savons-nous quelle était la mentalité de l’époque concernant la situation de la femme ?

« Donne-moi à boire ». Cette demande de Jésus déclenche tout.

« Si tu savais le DON de Dieu… et QUI est celui qui te demande à boire ».

« eau vive » : L’eau d’un puits est une eau saumâtre; Jésus parle d’une eau vive  dont il est lui-même la source :  quelle est cette eau vive ?

« source jaillissante pour la vie éternelle » nous savons quelle est cette eau vive qui jaillit en nous ?depuis quand ?

va chercher ton mari : Pourquoi cette demande imprévue de Jésus  à la femme ?

Adorer le Père.

Les vrais adorateurs  adoreront le Père  « en esprit et en vérité » : que veut dire Jésus ?

« Dieu est Esprit » : Pourquoi cette affirmation de Jésus est importante pour notre relation à Dieu ? Et les images, les temples, les églises… ?

Le Messie, celui qu’on appelle Christ

Je le suis moi qui te parle »

Pour l’animateur

– Le Royaume du Nord (capitale Samarie) tombe en 721 aux mains du roi de Babylone. Du mélange des habitants de Mésopotamie et des Israélites restés là, naîtra le peuple samaritain. Entre Juifs et Samaritains, les relations vont progressivement se détériorer. Les Samaritains vont construire leur propre temple sur le mont Garizim. C’est la séparation totale des deux peuples. Les juifs vont jusqu’à traiter les Samaritains de païens et d’impurs. A l’époque de Jésus, n’y a plus de rapport entre Juifs et Samaritains. Cela explique l’attitude de la femme.

– Jésus fatigué du chemin, assis, a soif et demande à boire. Un juif qui manifeste un manque (humanité et fragilité). Mais la demande n’est pas entendue par la femme. Et le refus de la femme va permettre à Jésus de rester assoiffé jusqu’à la fin et en même temps de prendre l’initiative de la rencontre : « si tu savais le don de Dieu …» et l’intérêt de la femme ne sera plus le puits, mais cet homme, ce juif fatigué, assoiffé, qui dans son manque se présente comme celui qui peut donner : et le don proposé n’a plus aucun rapport avec l’eau stagnante du puits : c’est une eau vive.

La Samaritaine, déstabilisée, change son regard sur Jésus. Elle l’appelle « Seigneur ». Elle a rencontré quelqu’un qui a rejoint ses aspirations les plus secrètes.

– Pourquoi Jésus lui demande-t-il d’aller chercher son mari ?

Le puits dans la Bible est le symbole des rencontres amoureuses. (Isaac et Rebecca, Jacob et Rachel, Moïse et Cippora). Cette femme est en face d’un homme pas comme les autres. Elle reconnaît progressivement en Jésus quelqu’un qui dépasse les cinq maris qu’elle a eu. Par sa parole Jésus lui a fait découvrir qu’elle existe autrement que par sa beauté éphémère et que sa dignité de femme est au-delà de sa puissance de séduction.

– En même temps Jésus, sans lui faire de morale, comme le faisaient les prophètes, révèle à cette femme que, par sa conduite, elle est en rupture avec la Loi. Jésus s’est révélé comme don de Dieu, celui par qui une loi nouvelle est proposée. Cette loi n’est pas extérieure à l’homme : elle dévoile sa vérité intérieure. La femme comprend si bien qu’elle en tire les conséquences :  « Je vois que tu es un prophète ».

– Le culte en Esprit et en vérité est celui que chaque croyant habité par l’Esprit rend au Père. C’est un culte intérieur parce qu’il est l’œuvre de l’Esprit : c’est l’adoration véritable que l’Esprit Saint qui est vérité suscite en nous.

Dieu n’est plus relié à une terre, ou un lieu, mais habite dans le cœur de tout homme ; en qui l’Esprit a fait sa demeure.

– « Je le suis » : c’est le titre même du Seigneur au Sinaï. (Ex.3,13-14). Le chemin intérieur que la femme a fait permet à Jésus de se révéler : il révèle qu’il est le Messie, à une femme, une samaritaine, comme il ne fera jamais ailleurs dans l’évangile de Jean. La femme peut abandonner sa cruche : dans sa soif de vivre et d’exister, elle a rencontré quelqu’un qui a mis en elle une source de vie.

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Jésus, nous te contemplons dans ton humanité avec ses limites : tu es fatigué, tu as soif, tu demandes à boire. Aide-nous à aimer notre condition humaine, puisque tu l’as épousée par solidarité et amour pour tous les hommes. Tu es resté libre dans ton cœur par rapport à tous les préjugés raciaux et religieux : c’est à une femme, une Samaritaine, qui en plus n’était pas des plus exemplaires, que tu as demandé à boire. Mieux que cela, tu as pris le chemin qui t’a conduit à son cœur pour qu’elle découvre en toi la Source d’Eau vive.

TA PAROLE DANS NOS MAINS :

Jésus a trouvé la route qui l’a conduit au cœur de la samaritaine : quelles sont les attitudes qui lui ont permis de trouver cette route ?

Qu’est-ce que nous admirons le plus dans la manière de faire de Jésus ?

Jésus, fatigué, assis et assoiffé, tout Fils de Dieu qu’il est, demande à boire : que nous inspire pour notre vie cette démarche de Jésus ? Aujourd’hui, aurait-il quelque chose à me demander ?

Comme la Samaritaine, beaucoup de personnes de notre temps, et dans notre entourage, ont « faim et soif »,  elles sont en manque :  de quoi manquent-elles ? Que nous faudrait-il faire pour les rejoindre ?

Jésus est-il pour nous ce don de Dieu, cette eau vive qui étanche notre soif de Dieu ? Prenons-nous le temps de puiser à la source ? Comment ?

Comment adorer le Père « en esprit et en vérité » comme Jésus nous le demande ?

 

PRIONS

Heureux les croyants, chrétiens, juifs ou musulmans, en recherche de vraie communion avec le Dieu Unique.

Heureux ceux qui ne s’enferment pas dans l’Eglise comme dans un ghetto. Heureux ceux qui vont à la rencontre de ceux dont l’Eglise est loin : non‑croyants, croyants d’autres traditions religieuses, pauvres et étrangers, hommes et femmes d’autres cultures.

Heureux ceux qui cheminent avec les autres et se rappellent la lenteur de leur propre cheminement.

Heureux ceux qui se croyaient exclus et qui se sont sentis écoutés et accueillis.

Heureux ceux qui savent écouter la richesse inédite des autres.

Heureux ceux qui, en parlant des pauvres et des exclus quand ils sont lointains, ne restent pas sourds à leurs cris et à leurs paroles quand ils sont proches.

Heureux ceux qui ne fuient pas les conflits mais qui cherchent à les gérer en refusant toujours de tuer, mépriser, avilir ou humilier leurs adversaires.

Heureux ceux qui acceptent d’aimer même ceux qui refusent de les aimer.

Heureux les humbles. Ils aimeront comme Dieu.

Heureux ceux qui espèrent toujours : ils trouveront la route qui conduit au cœur des autres et de Dieu.

 

 

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Rencontre autour de l’Évangile – 1er Dimanche de Carême

« Ce n’est pas seulement de pain

que l’homme doit vivre… »

 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Math 4, 1-11)

Aussitôt après son baptême, qui a été pour Jésus une révélation lumineuse de son identité de Fils bien-aimé du Père et de sa mission. De Serviteur, Jésus est poussé par l’Esprit-Saint au désert, et là, le Fils de Dieu fait homme est sérieusement mis à l’épreuve par l’Adversaire de Dieu.

 

 Et soulignons les mots importants

Après son Baptême : rappelons-nous ce qui s’est passé au baptême et la signification de la démarche de Jésus.

désert : Rappelons-nous l’histoire du peuple Hébreu au désert : a quelle tentation il avait succombé ? Quelle est la signification spirituelle du désert ?

pour être tenté : Quelle pouvait être la tentation principale de Jésus, lui le Fils du Dieu Saint ?

par l’Esprit : De quel Esprit s’agit-il ?

le démon : qui est ce personnage qui se met en travers de la route de Jésus ?

quarante : ce chiffre revient plusieurs fois dans la Bible : on peut chercher ensemble ?

Le tentateur: c’est le même que celui de la Genèse avec Adam et Eve. Son but avec Jésus est toujours le même : lequel ?

Si tu es le Fils de Dieu: Pourquoi le démon commence par ces mots

Il est écrit : Jésus cite les Ecritures. Le tentateur aussi. Pouvons-nous percevoir quelle est la différence d’attitude de l’un et l’autre par rapport aux Ecritures ?

Ce n’est pas seulement de  pain que l’homme doit vivre : Quel sens large pouvons-nous donner à ce mot  « pain »

Arrière, Satan ! Cette parole rappelle un passage de Jésus avec l’apôtre Pierre. A quel moment ?

Pour l’animateur

A son Baptême, rempli de l’Esprit-Saint, Jésus a eu une conscience claire de sa filiation divine. C’est par là que le tentateur va l’attaquer : « si tu es le Fils de Dieu » Jésus se voit ainsi tenté de vérifier à son profit la puissance qui est la sienne comme Fils de Dieu. C’est la tentation fondamentale de Jésus : au lieu de vivre sa mission de Fils de Dieu comme une soumission confiante au Père, en prenant le chemin du Serviteur, Jésus a été tenté de réaliser sa mission en utilisant sa puissance divine pour en tirer des avantages terrestres. Si Jésus est poussé par l’Esprit Saint, c’est que Dieu veut que son Fils commence sa mission en affrontant son adversaire pour le repousser.

Autrefois au cours des quarante années au désert le peuple d’Israël avait fait l’expérience d’un pain de misère pour qu’il ait faim de la Parole ; il avait fait également la triste expérience du doute à l’égard de la puissance divine et avait succombé à l’idolâtrie. Jésus cite précisément des paroles du Deutéronome (8, 3 et 6, 16) qui rappellent les tentations du peuple Hébreu, qu’il revit personnellement mais pour les repousser.

Mais tandis que Jésus cite les Ecritures par fidélité à la Parole de Dieu, le démon utilise les Ecritures dans une intention perverse, pour pousser Jésus à s’en servir de façon magique, à son profit : pour calmer sa faim, pour que Dieu vole à son secours, (piège du prestige) pour le pousser vers l’idolâtrie du pouvoir terrestre.

Jésus comme Fils de Dieu est « Messie Royal » : le diable lui fait l’offre d’un pouvoir et d’une puissance politiques. Tentation d’un messianisme politique et terrestre, que le Messie rejette comme une infidélité à son Père et une idolâtrie : il refuse de prosterner devant les forces ambiguës du pouvoir. C’est seulement de la main de son Père qu’il acceptera de recevoir tout pouvoir, quand il sera vainqueur de la mort.

Le tentateur, Satan, n’a qu’un seul but  depuis le début : tromper l’homme, le détourner de Dieu, l’entraîner sur le chemin de la suffisance et de l’orgueil, et ainsi d’essayer de faire rater le Projet de Dieu qui veut que l’homme réussisse sa vie en communion avec lui, dans l’humilité et la confiance. Jésus, l’homme-Dieu, déjoue les pièges de Satan.

La tentation du disciple de Jésus sera toujours de faire confiance à ses propres forces au lieu de s’en remettre à Dieu son Père. Tentation devenir esclave des nourritures terrestres (pain) (société de consommation et de confort) qui ne peuvent pas à elles seules combler le cœur de l’homme. Il lui faut le pain de la Parole de Dieu.

Il sera aussi tenté de mettre Dieu à l’épreuve pour vérifier si vraiment sa protection est assurée. « Je fais telle et telle démarche, je verrai bien si tu es vraiment Dieu ! »

Il sera aussi tenté de se prosterner devant le pouvoir humain  ou  tenté de tout sacrifier pour arriver au pouvoir et à la domination.

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Jésus, tu es le Fils bien-aimé du Père. En toi, l’Esprit-Saint a toujours été à l’œuvre pour te rendre fort contre l’Adversaire et fidèle à la volonté du Père. Nous te rendons grâce, nous te bénissons pour ce chemin que tu ouvres pour nous, tes disciples, les enfants bien-aimés du Père. Garde-nous de cette tentation de vouloir abandonner cette vocation première qui est la nôtre pour prétendre trouver ailleurs la réussite de notre vie.

TA PAROLE DANS NOS MAINS :

Comment se présentent dans nos vies, aujourd’hui, les trois tentations que Jésus a connues ? Autrement dit, comment notre vie de fils et de filles de Dieu sont mises à l’épreuve aujourd’hui ?

–  épreuve du matérialisme (tentation de chercher ses sécurités dans les choses, dans les biens matériels….oubliant que  « l’homme ne vit pas seulement de pain » (à l’opposé de la recherche du vrai sens de sa vie en se nourrissant de la Parole de Dieu)

–  tentation d’utiliser Dieu à son profit en voulant forcer son intervention en notre faveur moyennant des démarches religieuses intéressées. (à l’opposé de l’attitude filiale et confiante)

– tentation de vouloir réussir sa vie par la domination, tentation du pouvoir pour le pouvoir, de prétendre ne pas avoir besoin de Dieu… (à l’opposé de l’humilité et du service)

La tentation la plus grave : celle de désirer prendre un autre chemin que celui où le Seigneur nous a appelés : être ailleurs que dans mon Eglise si je suis chrétien, ailleurs que dans mon foyer, si je suis marié ; ailleurs que dans ma famille religieuse si je suis religieux ou religieuse, ailleurs que dans mon ministère si je suis prêtre …ailleurs que là où mes responsabilités me demandent d’être. Ce fut la tentation de Jésus : celle d’être sur un autre chemin que celui voulu par son Père : humble Serviteur et solidaire de ses frères.

 

PRIONS

Père, ne nous laisse pas succomber aux tentations communes : celle que ton peuple a connues jadis au désert ; celles de Jésus après ses quarante jours de jeûne ; celles que nous connaissons à notre tour, quand nous piègent l’argent, le prestige ou le pouvoir.

Mais surtout garde-nous de la grande tentation de notre époque : l’athéisme qui ne pose guère la question de Dieu, le grand silence autour du Christ, de son Évangile et de son mystère pascal.

Éloigne de nous  aussi cette tentation d’appeler bien ce qui est mal et mal ce qui est bien, de l’assoupissement de notre conscience.

Garde-nous, Père de la tentation suprême : celle de l’homme qui s’est tellement grandi qu’il ne Te reste aucune place. Père, délivre-nous de l’orgueil. Amen (Cf Cardinal Daneels)

 

Chant : Le Seigneur est notre secours p.186 (carnet paroissial)

 

 

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Rencontre autour de l’Évangile – 7ième Dimanche du Temps Ordinaire

« Aimez vos ennemis »…

 (Mt 5,38-48)

 

 

 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Math 5, 38-48)

      Le discours de Jésus sur l’accomplissement de la Loi se poursuit et arrive ici à son sommet avec des invitations qui resteront toujours pour nous comme un horizon que nous n’atteindrons jamais. Mais le cap est donné, un cap à prendre et à reprendre, tout au long de notre vie… Ces pages nous offrent aussi, indirectement, une magnifique révélation de Dieu car il est toujours le premier à mettre en pratique, et notamment à notre égard, ce qu’il nous demande…

 

 Et soulignons les mots importants

  • En Gn 4, 23, Lamek déclare : « J’ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure». Que pensez-vous de la Loi du Talion, « œil pour œil, dent pour dent » (Ex 21,23-25) dans un tel contexte ?

  • Sans jamais rendre le mal pour le mal, Jésus nous invite à aller encore plus loin : comment qualifier une telle attitude ?

  • « Donne à qui te demande ; ne te détourne pas de celui qui veut t’emprunter ». Comparer avec ces deux exemples ; conclusion ?

            1 – Lc 12,13-14 : « Du milieu de la foule, un homme demanda à      Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre           héritage. » Jésus lui répondit : « Qui m’a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages ? »

            2 – Jn 6,14-15 : « A la vue du signe que Jésus avait accompli     (la multiplication des pains), les gens disaient : « C’est vraiment lui      le grand Prophète, celui qui vient dans le monde. » Mais Jésus savait qu’ils étaient sur le point de venir le prendre de force et faire      de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira, tout seul, dans      la montagne. »

  • « Aimez vos ennemis »… Qui Jésus nous donne-t-il en exemple, et quand sommes-nous, à son égard, des « ennemis» ? Tout ennemi de Dieu est avant tout « qui» à ses yeux ? Et quel est le seul but que Dieu poursuit à son égard ? Quel qualificatif pouvons-nous donner à un tel Amour ? Et du côté de l’homme, par quelle attitude de vie ce but sera-t-il atteint ?

  • « Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ». Luc écrit : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6,36). De quelle perfection Jésus parle-t-il donc ?

Pour l’animateur

  • A l’époque, la Loi du Talion était un progrès. Elle visait à donner des critères de justice qui réprimeraient les folies d’une vengeance incontrôlée.

  • Avant que les Evangiles ne soient rédigés tels que nous les connaissons, St Paul écrivait : « Veillez à ce que personne ne rende le mal pour le mal, mais poursuivez toujours le bien, soit entre vous soit envers tous » (1Th 5,15 ; cf. Rm 12,17). Voilà donc un trait central de la vie chrétienne.

            En nous invitant à aller plus loin, Jésus nous trace le chemin de la Liberté. Personne ne prend, c’est nous qui donnons, avec surabondance, à l’exemple de Jésus : « Je suis le bon pasteur, le vrai berger. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis… Personne n’a pu me l’enlever : je la donne de moi-même » (Jn 10,11.18).

            « Laisser son manteau » à qui veut « prendre ta tunique » suppose la certitude de foi que Dieu sera fidèle à sa Parole : « Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : ‘Qu’allons-nous manger ?’ ou bien : ‘Qu’allons-nous boire ?’ ou encore : ‘Avec quoi nous habiller ?’ Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus le marché » (Mt 6,31-33).

  • Cette invitation n’enlève pas la nécessité du discernement. Nous sommes tous pécheurs : nos demandes peuvent donc ne pas être en accord avec la volonté de Dieu. L’Esprit Saint est là pour nous aider à voir clair (1Th 5,16-22) et à tirer les leçons de nos expériences malheureuses.

  • Jésus nous donne en exemple le Père de tous les hommes, Lui qui ne cesse de nous aimer, que nous fassions le bien ou le mal, car nous sommes avant tout à ses yeux ses enfants. Et il ne poursuit à l’égard de tous que notre bien, notre plénitude, notre paix… Voilà un Amour totalement Pur ! Mais ce but ne sera atteint que si nous acceptons de nous tourner de tout cœur vers Lui, pour recevoir le Don qu’il désire nous communiquer : l’Esprit Saint qui ne pourra que nous entrainer à aimer comme Lui aime…

  • La perfection en question est celle de la Miséricorde. « Jésus n’interdit ni de s’opposer dignement aux attaques injustes, ni, encore moins, de combattre le mal dans le monde » (note Bible de Jérusalem), le chrétien ne peut que pardonner à celui qui, de tout cœur, lui demande pardon…

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

  ” Vous serez parfaits ‘comme’ votre Père céleste est parfait ” (Mt 5, 48) ; ” Montrez-vous miséricordieux ‘comme’ votre Père est miséricordieux ” (Lc 6, 36) ; ” Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres ‘comme’ je vous ai aimés ” (Jn 13, 34). Observer le commandement du Seigneur est impossible s’il s’agit d’imiter de l’extérieur le modèle divin. Il s’agit d’une participation vitale et venant ” du fond du cœur “, à la Sainteté, à la Miséricorde, à l’Amour de notre Dieu. Seul l’Esprit qui est ” notre Vie ” (Ga 5,25) peut faire ” nôtre ” les mêmes sentiments qui furent dans le Christ Jésus (cf. Ph 2, 1. 5). Alors l’unité du pardon devient possible, ” nous pardonnant mutuellement ‘comme’ Dieu nous a pardonné dans le Christ ” (Ep 4, 32)… C’est là, ” au fond du cœur “, que tout se noue et se dénoue. Il n’est pas en notre pouvoir de ne plus sentir et d’oublier l’offense ; mais le cœur qui s’offre à l’Esprit Saint retourne la blessure en compassion et purifie la mémoire en transformant l’offense en intercession (Catéchisme de l’Eglise Catholique & 2842-2843).

TA PAROLE DANS NOS MAINS :

                                  l’exemple de Ste Thérèse de Lisieux

Il se trouve dans la communauté une sœur qui a le talent de me déplaire en toutes choses, ses manières, ses paroles, son caractère me semblaient très désagréables. Cependant c’est une sainte religieuse qui doit être très agréable au bon Dieu ; aussi ne voulant pas céder à l’antipathie naturelle que j’éprouvais, je me suis dit que la charité ne devait pas consister dans les sentiments, mais dans les œuvres ; alors je me suis appliquée à faire pour cette sœur ce que j’aurais fait pour la personne que j’aime le plus. A chaque fois que je la rencontrais je priais le bon Dieu pour elle… Je tâchais de lui rendre tous les services possibles et quand j’avais la tentation de lui répondre d’une façon désagréable, je me contentais de lui faire mon plus aimable sourire (Histoire d’une Âme)…

 

PRIONS

Dieu de Miséricorde infinie, tu veux que nous aimions ceux qui nous font souffrir ; apprends-nous à garder ton commandement nouveau en rendant toujours le bien pour le mal, en aidant les autres à porter leur croix. Nous te le demandons par Jésus, ton Fils, notre Seigneur. Amen.

 

 

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Rencontre autour de l’Évangile – 6ième Dimanche du Temps Ordinaire

Une invitation pressante à se repentir,

Et cela au plus profond du cœur…

(Mt 5,17-37)

 

 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Math 5, 17-37)

       L’Evangile de ce jour est parfois difficile. Il est comme un versant d’une montagne, inséparable du versant opposé.

       Face à un pécheur, le Dieu d’infinie Miséricorde n’a qu’un seul désir : lui pardonner, le relever, le combler et le fortifier, pour qu’il ne tombe plus et ne perde plus la Plénitude de la Vie, de la Paix, de la Joie. « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades ; je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs au repentir ». Et Dieu cherchera le pécheur « jusqu’à ce qu’il le retrouve » (Lc 5, 31-32 ; 15,4-7), pour son seul Bien. S’il accepte de se laisser reprendre, relever, combler, « heureux » sera-t-il. Cet appel au Bonheur, neuf fois répété (les Béatitudes), précède notre texte. Tel est un versant de la montagne.

       Pardonné, relevé, fortifié, accompagné, le pécheur est invité maintenant à tout faire, avec le soutien de la grâce de Dieu, pour ne plus retomber et rester debout sur le Chemin de la Vie, pour son seul Bien… Tel est l’autre versant de la montagne, l’Evangile de ce jour…

 

 Et soulignons les mots importants

  • La Loi était une étape du cheminement vers la vérité tout entière. Voilà pourquoi Jésus ne l’abolit pas mais l’accomplit. Relire « les Dix Paroles » (Ex 20,1-17) puis ce texte de St Paul. En souligner avec lui la conclusion (Rm 13,8-10) : « Ne gardez aucune dette envers personne, sauf la dette de l’amour mutuel, car celui qui aime les autres a parfaitement accompli la Loi. Ce que dit la Loi : Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne commettras pas de meurtre, tu ne commettras pas de vol, tu ne convoiteras rien ; ces commandements et tous les autres se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. L’amour ne fait rien de mal au prochain. Donc, l’accomplissement parfait de la Loi, c’est l’amour ».

  • Quand Jésus parle de « rejeter» et « d’enseigner» puis « d’observer » et à nouveau « d’enseigner », qu’est-ce qui est toujours premier : l’acte ou la parole ? Conclusion pour chacun d’entre nous…

            Noter toutes les fois où Jésus passe de l’action extérieure, visible, à ce qui en fut d’abord la source : le cœur profond de l’homme. Qu’est-ce qui est donc important à ses yeux ? Où notre conversion doit-elle s’exercer en premier lieu ?

  • Maudire, c’est « la géhenne de feu », l’enfer. Mais alors, qu’est-ce que « le Ciel » ?

  • Qu’est-ce qui est premier pour Jésus : le culte ou le pardon fraternel ?

  • Jésus qui a guéri tant de malades et de pécheurs peut-il nous pousser à nous amputer de l’un quelconque de nos membres si ce dernier est pour nous une occasion de chute ? Que souligne-t-il en fait ? A travers toutes ces recommandations, si fortes ici, que veut-il nous éviter à tout prix ?

  • Souvenons-nous des deux versants de la montagne : à travers ces paroles, à interpréter dans le contexte de l’époque, à quoi Jésus invite ici les époux ?

Pour l’animateur

  • Celui qui aime accomplit la Loi. Tous créés à l’image et ressemblance de ce Dieu qui n’est qu’Amour (Gn 1,26-27 ; 1Jn 4,8.16), nous sommes invités à nous aimer les uns les autres « comme» Dieu nous aime (Jn 13,34 ; 15,12). Et Il nous aime, nous, pécheurs, avec une Miséricorde infinie. Alors « heureux les miséricordieux » (Mt 5,7) qui donnent l’amour comme Dieu le donne, gratuitement, avec joie. « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. Que celui qui exerce la Miséricorde le fasse donc avec joie. Heureux les miséricordieux » (Ac 20,35 ; Jn 15,11 ; Rm 12,8).

  • L’agir est toujours premier. Conclusion : ne jamais enseigner ce que nous ne sommes pas capables nous-mêmes de mettre en pratique (Mt 23,1-4).

  • L’important pour Jésus, ce n’est pas ce qui se voit, l’extérieur, la façade ; l’important, c’est le cœur, ce cœur que Dieu connaît encore mieux que nous-mêmes ! C’est là où nous sommes invités avec le secours de sa grâce, de sa miséricorde et de sa force, à nous convertir de tout cœur en rejetant tout ce qui est mauvaise pensée, avant qu’elle ne devienne parole, mauvais désir avant qu’il ne devienne acte… L’aventure est possible car la Miséricorde de Dieu est infinie : avec Lui, nous pouvons toujours recommencer et recommencer encore !

  • Le Ciel, c’est bénir. Dieu ne fait que bénir. En effet, « Dieu est Amour ». Or « aimer, c’est tout donner et se donner soi-même », un principe à prendre pour Dieu au pied de la Lettre. Dieu ne cesse de donner ce qu’Il est en Lui-même… « Dieu est Esprit » ? Il donne l’Esprit… « Dieu est Lumière» ? Il donne la Lumière… « Dieu est Amour » ? Il donne l’Amour, et avec ce Don, la Force d’aimer comme Lui il aime. Et donner ainsi, gratuitement, par amour, c’est cela bénir… « Le Seigneur Dieu est un soleil, il donne la grâce, il donne la gloire » (Ps 84(83),12).

  • Le pardon fraternel est premier. Être chrétien n’est pas une « étiquette» : c’est une réalité de cœur qui engage toute la vie (Pape François).

  • Non, bien sûr, Jésus ne peut nous inviter à nous amputer, Lui qui veut que l’homme soit pleinement lui-même, dans toutes les dimensions de son être ! Il insiste ici avec force sur la nécessité de la conversion, car le péché nous prive de la Plénitude de la Vie et du Bonheur, pour nous plonger dans la géhenne de feu : « Souffrance et angoisse pour toute âme humaine qui fait le mal» (Rm 2,9). C’est cela que Jésus ne veut pas, de toute la force de son Cœur !

  • Dieu invite ceux qu’il a unis dans son Amour par le sacrement du mariage, à tout faire, avec le soutien de sa grâce, pour rester fidèles l’un à l’autre, dans l’amour. Premier versant de la vie chrétienne. Mais si nous tombons, il fera tout pour nous relever et nous relancer. Tel est l’autre versant de la vie chrétienne, celui de la Miséricorde infinie de Dieu avec qui tout est toujours possible…

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

   « Voici que Dieu est maintenant le seul qui compte. Il est au centre du monde… Il m’envahit tout entier et ma pensée ne peut plus éviter Sa rencontre. Une main puissante m’a retourné. Où est-elle, que m’a-t-elle fait ? Je ne sais, car son action n’est pas comme celle des hommes, elle est insaisissable et elle est efficace ; elle me contraint et je suis libre, elle transforme mon être et je n’ai pourtant pas cessé de devenir ce que je suis. Puis la lutte est venue, silencieusement tragique entre ce que je fus et ce que je suis devenu. Car la créature nouvelle qui a été greffée en moi implore de moi une réponse à laquelle je reste libre de me refuser. J’ai reçu le principe, il me faut passer aux conséquences. Mon regard a changé, mais mes habitudes de pensée et de conduite n’ont pas changé : Dieu les a laissées là où elles étaient. Il me faut abattre, adapter, reconstruire les installations intérieures et je ne puis être en paix que si j’accepte cette guerre. Je suis moi-même émerveillé et étonné du changement que la grâce a opéré en moi. Comme le dit Claudel, « l’état d’un homme qu’on arracherait d’un seul coup de sa peau pour le planter dans un corps étranger, au milieu d’un monde inconnu », est la seule comparaison que je puisse trouver pour exprimer cet état de désarroi complet. J’ai trouvé la paix, mais en même temps la lutte, lutte perpétuelle qui me fait progresser et plus je progresse, plus je m’aperçois de ma misère et du chemin infini qu’il me reste à parcourir. Si je reste stationnaire, je redescends. Dans cette expérience principale qui vient de bouleverser ma vie, je découvre pour finir une exigence permanente de réforme spirituelle. La conversion engendre un esprit, et cet esprit m’apprend que la religion n’est pas le confort, mais qu’elle sera toujours en un sens une conversion. Mais Dieu est là ; en Lui, j’ai la force d’apercevoir et d’accomplir ce que je dois être, à son image. »

                              Jacques Fesch, condamné à mort et exécuté le 1° octobre 1957.

 

 

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Rencontre autour de l’Évangile – 5ième Dimanche du Temps Ordinaire

« Vous êtes le sel de la terre

Vous êtes la lumière du monde »

 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Math 5, 13-16)

Ce texte vient juste après les Béatitudes : ce sont elles qui vont donner tout leur poids aux paroles que Jésus adresse à ses disciples dans le passage court mais important que nous allons méditer.

 

 Et soulignons les mots importants

Les disciples rassemblés autour de Jésus : Quel nom pouvons-nous donner à ce groupe ?

Le sel : A quoi sert-il ? (faire chercher toutes les vertus du sel dans l’expérience humaine)

Vous êtes le sel de la terre : Jésus ne dit pas « vous devez être » le sel, mais « vous êtes » : à quelle condition les chrétiens sont-ils sel ?

La lumière : au temps de Jésus, on parlait de « lampe », une lampe à huile qui brille dans la nuit : à quelle condition ?

Vous êtes la lumière du monde : Pareillement il ne dit pas « vous devez être » la lumière, mais « vous êtes » : à quelle condition les chrétiens sont-ils lumière ?

Que votre lumière brille devant les hommes : Selon Jésus, de quelle manière les chrétiens peuvent « briller » devant les hommes ?

Ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux : être sel et être lumière dans quel but ?

Pour l’animateur

Jésus a voulu regrouper ses disciples : c’est l’Eglise. Si Jésus a voulu son Eglise, c’est pour qu’elle brille au-dehors, comme une ville sur une montagne ou une lampe sur le lampadaire. Sinon, elle est inutile, car elle ne peut plus conduire les hommes à reconnaître Dieu comme leur Père.

Aujourd’hui comme hier, le sel est un condiment indispensable du repas ; il rend les aliments savoureux et les conserve.

De plus pour les anciens,  le sel donne du goût à l’existence : « Ayez du sel en vous même et vivez en paix les uns avec les autres » (Mc 9,50) et qualifie le langage fraternel : « Que votre langage soit toujours aimable, assaisonné de sel » (Col 4,6)

Jésus, en quelque sorte,  dit aux chrétiens : vous êtes mes disciples, vous êtes « enfants de Dieu » (1Jn 3,1) donc vous êtes sel et lumière. C’est votre identité et votre mission. Mais vous ne pouvez êtes sel et lumière que si vous vivez les Béatitudes.

En vivant selon l’esprit des Béatitudes, les chrétiens, sans faire de bruit, comme le sel, donnent au monde qui les entoure le goût des valeurs de l’Evangile : partage, humilité et pureté du cœur,  non-violence, compassion et pardon, fraternité, amour de la justice etc… Ils donnent saveur au monde et le conserve devant Dieu.

Jean-Paul II disait aux Réunionnais, le 2 mai 1989 dans son homélie : « Le sel est précieux. Quand Jésus déclare « vous êtes le sel de la terre : si le sel s’affadit avec quoi le salera-t-on ? », il veut dire : ce que vous avez reçu vous rend précieux pour le monde ; rien ne peut remplacer ce que vous apportez. Il vous appartient d’être ici-bas ceux qui empêchent la vie de perdre son goût. »

Vous êtes la lumière du monde : c’était la vocation de Jérusalem, ville-lumière placée sur la Montagne pour attirer les peuples vers Dieu, vocation d’Israël. (annoncée par Isaïe 42, 6), figure de l’Eglise qui a pris le relais.

Comme la lampe qui brille dans la maison et qui attire, chaque chrétien personnellement, et les communautés d’Eglise, aident les hommes à reconnaître que Dieu est amour et Père, en faisant du bien de mille manières. L’Eglise existe pour servir la croissance du Royaume de Dieu. Par enfouissement comme le sel et par rayonnement comme la lumière, elle transforme le monde « comme du dedans » et l’attire vers Dieu. (voir texte de Vatican II, ci-contre)

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Vatican II l’Eglise N°31. «… le monde ne peut se transfigurer et être offert à Dieu en dehors de l’esprit des Béatitudes. La vocation propre des laïcs consiste à chercher le règne de Dieu précisément à travers la gérance des choses temporelles qu’ils ordonnent selon Dieu. Ils vivent au milieu du siècle, c’est-à-dire engagés dans tous les divers devoirs et travaux du monde, dans les conditions ordinaires de la vie familiale et sociale dont leur existence est comme tissée. A cette place, ils sont appelés par Dieu pour travailler comme du dedans à la sanctification du monde, à la façon d’un ferment, en exerçant leurs propres charges sous la conduite de l’esprit évangélique, et pour manifester le Christ aux autres avant tout par le témoignage de leur vie, rayonnant de foi, d’espérance et de charité. C’est à eux qu’il revient, d’une manière particulière, d’éclairer et d’orienter toutes les réalités temporelles auxquelles ils sont étroitement unis, de telle sorte qu’elles se fassent et prospèrent constamment selon le Christ et soient à la louange du Créateur et Rédempteur.

Seigneur, que ces paroles inspirées par ton Esprit aux Pères du Concile,  soient gravées dans nos cœurs.

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS

La Parole aujourd’hui dans notre vie 

Nous savons ce que c’est qu’une personne qui n’a plus le goût de vivre, qui ne trouve plus de sens à son existence. Nous est-il arrivé de redonner la joie de vivre à quelqu’un, d’illuminer son cœur, lui faire retrouver, grâce à Jésus-Christ, le sens de son travail, de son foyer, de sa souffrance ?

 Etre sel de la terre et lumière du monde, c’est vivre selon l’esprit des Béatitudes. Après le partage de dimanche dernier, nous avons choisi de vivre une Béatitude : chacun est invité à dire ce qu’il ou elle a essayé de vivre.

Il arrive que par peur ou par tiédeur, nous ne rendons pas à l’Evangile un témoignage suffisant : pouvons-nous redire les uns aux autres quelle est la mission du fidèle laïc dans le monde  ?

Pour que notre lumière brille devant les hommes, non pas pour nous mettre en valeur, mais pour témoigner de l’amour du Père, qu’est-ce que nous pourrons « faire de bien » cette semaine ?

 

ENSEMBLE PRIONS 

Chant : Peuple de lumière (carnet p.320) Couplets 1, 2, 4, 5

Notre Père

Oraison : Seigneur Jésus, nous sommes vraiment enfants de Dieu. C’est pourquoi tu nous dis « vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde ». Nous te prions pour tous les baptisés. Accorde-leur la grâce de découvrir leur véritable identité et leur dignité ; et que partout où il y a des chrétiens, leur lumière attire les hommes vers le Père et le monde retrouve le goût de Dieu. Nous te le demandons à Toi, la Lumière du monde pour les siècles des siècles. Amen.

 

 

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Rencontre autour de l’Évangile – Présentation du Seigneur au Temple

Jésus, Messie du Seigneur,

Lumière pour éclairer les nations…

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Lc 2, 22-40)

Jésus vient de naître à Bethléem. Huit jours après, en obéissance à la Loi de Moïse, il recevra la circoncision (Lv 12,3). Puis, écrit St Luc, « l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception » (Lc 2,21 ; 1,31). N’oublions pas que « Jésus » vient de l’hébreu « Yéchoua » qui signifie « Yahvé sauve », « Dieu sauve ». Pour Jésus, vrai homme et vrai Dieu, c’est « le Père » qui « sauve »…

 

 Et soulignons les mots importants 

  • Dans les trois premiers versets de notre Evangile, le mot « Loi» intervient trois fois. A l’époque, la Loi était l’expression de la volonté de Dieu. Quelle est donc la seule préoccupation de Marie et de Joseph ? Et avec la Loi, quelle valeur fondamentale de la foi vivent-ils ? Noter les deux démarches qu’ils accomplissent ici…

  • Syméon signifierait en hébreu « a entendu ». Qu’est-ce que Syméon « a entendu », et qui lui a « parlé » ? Or, pour entendre Dieu, il faut être de tout cœur tourné vers Lui : noter les expressions qui, pour Syméon, nous l’indiquent.

            Comment arrive-t-il au Temple ? Quelle valeur fondamentale de la foi vit-il lui aussi ? Marie et Joseph ont vécu la même valeur avec la Loi, et tous se rencontrent : est-ce le fruit du hasard ?

  • Que signifie le mot ‘Messie’ (de l’hébreu Massiah ; en grec Khristos) ? Qu’est-ce que Syméon attendait ? Et que recevra-t-il dans ses bras ? Conclusion ? Noter en quels termes la mission du Christ sera évoquée par la suite. Noter aussi ce que nous dit indirectement de Jésus l’expression employée pour décrire ceux à qui la prophète Anne s’adressait.

  • Comment comprendre ces deux expressions :

            1 – « Il provoquera la chute et le relèvement de beaucoup » ?

            2 – « Il sera un signe de division. Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d’un grand nombre ».

  • Enfin, Anne nous rappelle deux valeurs de la vie chrétienne, lesquelles ?

Pour l’animateur 

  • La seule préoccupation de Marie et de Joseph est d’obéir à la volonté de Dieu, de la faire passer très concrètement dans leur vie. Ils vivent l’obéissance de cœur. « Être chrétiens, c’est vivre et témoigner de la foi dans la prière, dans les œuvres de charité, dans la promotion de la justice, dans l’accomplissement du bien » (Pape François ; Angélus, 25/08/2013).

            Les deux démarches accomplies : la purification de Marie et l’offrande à Dieu du fils premier-né. Leur offrande souligne leur pauvreté.

  • Syméon a entendu de l’Esprit Saint « qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Messie du Seigneur». Il était « juste et pieux », et « l’Esprit Saint reposait sur lui », le Don de Dieu « reposait sur lui », comme la lumière du soleil repose sur une plante toujours tournée vers lui. « Le Seigneur Dieu est un Soleil, il donne la Grâce, il donne la Gloire » (Ps 84(83), 12), il donne la Lumière de l’Esprit Saint qui ne peut que reposer, de manière stable, sur quiconque demeure tourné de tout cœur vers Lui.

            Syméon arrive au Temple « poussé par l’Esprit ». Il est donc docile à l’Esprit, à ses inspirations, à son impulsion : il lui obéit. Or la signature de l’Esprit est « amour, joie, paix » (Ga 5,22)… Syméon fuit tout ce qui lui fait perdre la paix du cœur. Il n’éteint pas l’Esprit, il vérifie tout à sa Lumière, retient ce qui est bon et se garde de toute espèce de mal (1Th 5,19-22).

            Marie et Joseph obéissent à la Loi, et à travers elle, à Dieu. Syméon obéit à l’Esprit, et à travers lui, à Dieu. Et les trois se retrouvent au Temple dans « la Maison de Dieu ». C’est donc Lui qui est à l’origine de cette rencontre, grâce à l’obéissance de cœur des uns et des autres… Noter l’harmonie entre la Loi et l’Esprit : la Loi authentiquement vécue ne peut qu’aller dans le sens de l’Esprit Saint puisque c’est Lui qui l’a inspirée au cœur de Moïse (Comparer Ex 31,18 ; Lc 11,20 et Mt 12,28).

  • « Messie » vient de l’hébreu « massiah » ou « messiah », la langue de l’Ancien Testament, « celui qui a reçu l’onction ». « Christ » vient du grec « khristos », langue du Nouveau Testament, avec le même sens.

                Syméon attendait « la consolation d’Israël » ; il reçoit le Christ. La  mission  première  du  Christ  est  donc  de  « consoler »  tous ceux qui souffrent,  et  notamment  les pécheurs,  car le péché  n’engendre  dans les cœurs que « souffrance et angoisse » (Rm 2,9). Et le Christ sera « salut » pour « tous les peuples », « délivrance » notamment « de Jérusalem », « lumière pour éclairer les nations païennes et gloire d’Israël ton peuple.»

  • Il sera ‘chute’ pour les superbes appelés à descendre de leurs montagnes d’orgueil ; et ‘relèvement’ pour les humbles qui accepteront de recevoir de sa Miséricorde le pardon de leurs fautes, la guérison de leurs blessures intérieures, sa Vie qui sera Résurrection, Lumière et Paix. Et un orgueilleux qui se repent devient cet humble que le Seigneur relève…

  • « Les pensées secrètes », droiture de cœur ou non, loyauté ou non, acceptation de faire la vérité ou non, humilité ou orgueil, amour ou haine, tout cela se révèlera en Présence du Christ « Lumière du monde ». Alors, les hommes se diviseront d’eux-mêmes : ceux qui croiront ou non, ceux qui accueilleront le Christ et ceux qui le tueront, plongeant de cœur Marie sa Mère dans d’indicibles souffrances…

  • Anne nous rappelle « la prière et le jeûne », le jeûne notamment de tout ce qui nous empêche de vivre pleinement notre relation à Dieu.

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Je vous le demande : êtes-vous des chrétiens « d’étiquette » ou en vérité ? Et chacun répond à l’intérieur ! Non, pas des chrétiens d’étiquette, jamais ! Des chrétiens en vérité, de cœur. Etre des chrétiens, c’est vivre et témoigner de la foi dans la prière, dans les œuvres de charité, dans la promotion de la justice, dans l’accomplissement du bien (Pape François).

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS

La Parole aujourd’hui dans notre vie 

L’Eglise nous invite à être fidèles à l’Eucharistie dominicale, à partager avec ceux qui nous entourent, à vivre le jeûne et la prière pour la paix dans le monde. Avons-nous à cœur cette obéissance de la foi ?

ENSEMBLE PRIONS 

A la Vierge Marie, Porte du Ciel, demandons qu’elle nous aide à franchir la porte de la foi, à laisser son Fils transformer notre existence comme il a transformé la sienne, pour porter à tous la joie de l’Evangile (Pape François).

 

 

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Rencontre autour de l’Évangile – 3ième Dimanche du Temps Ordinaire

« Venez derrière moi,

et je vous ferai pêcheurs d’hommes.»

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Mt 4, 12-23)

Après avoir repoussé le Tentateur qui voulait lui faire prendre d’autres chemins que celui de son Père pour sa Mission de Sauveur, Jésus commence son ministère en Galilée, où il s’est retiré après la mort de Jean Baptiste par Hérode Antipas.

 

 Et soulignons les mots importants 

Galilée : Comment Isaïe appelle cette région ? Est ce que cela nous donne une indication sur la mission de Jésus ?

Il quitta Nazareth  pour Capharnaüm au bord du lac : Quel sens  Mathieu donne-t-il à ce déplacement de Jésus ?

Convertissez-vous : Cet appel précède l’annonce du Royaume : pourquoi ?

Le Royaume des  cieux est tout proche. Comment dire en quelques mots ce qu’est le « Royaume des cieux ».

Jésus vit deux frères…il vit deux autres frères. « Venez derrière moi…Il les « appela » : Quelle est la vocation fondamentale de tout homme ? Dans toute vocation, qui est-ce qui a l’initiative ?

Pêcheurs d’hommes : Que veut dire Jésus ?

Laissant leurs filets…laissant leur barque

Ils le suivirent : Dans l’évangile, l’expression « suivre le Christ » veut dire quelque chose de précis : le savons-nous ?

Jésus enseignait : C’était une part importante du ministère de Jésus.

La Bonne Nouvelle du Royaume : En quoi le Royaume est une Bonne Nouvelle pour les hommes ?

Guérissait toute maladie et toute infirmité : Quelle est la signification de toutes ces guérisons  dans l’annonce du Royaume de Dieu.

Pour l’animateur 

Jésus se retire en Galilée, carrefour des nations païennes. Il s’installe à Capharnaüm, ville de pêcheurs : la maison de Pierre devient un peu sa maison. Nazareth était le village de son « Incarnation », de son « enfouissement » dans la vie humaine ; Capharnaüm devient la base de son ministère de missionnaire du Royaume. Mathieu voit dans ce déplacement la réalisation de la prophétie d’Isaïe.

Convertissez-vous : Jésus commence par faire cet appel, parce que l’efficacité du Règne de Dieu dépend de l’accueil que l’homme lui réserve. La proclamation de la Bonne Nouvelle du Royaume  des cieux (ou du Règne de Dieu) sera le cœur, l’objet et la raison d’être de tout le ministère de Jésus : sa prédication, ses enseignements, ses attitudes, ses choix, ses gestes, ses miracles, sa Passion et sa mort. En sa personne, le Règne de Dieu s’est approché.

Jésus commence par « appeler » des hommes à le suivre. Dans toute la Bible, Dieu a l’initiative de l’alliance : il appelle (Abraham, Moïse, les prophètes…et finalement tout le peuple) et son appel met en mouvement. Jésus, l’Envoyé du Père, appelle : appel à la conversion, appel à le suivre, appel à collaborer à la venue du Règne de Dieu. Quelle puissance de séduction devait avoir le regard de Jésus et son appel, pour que des  hommes acceptent de tout quitter, ce qu’ils ont de plus cher, (« leur père ») pour le suivre. Ils laissent leurs filets, leur barque,  c’est à dire leur outil de travail pour devenir des « pêcheurs d’hommes » : C’est une annonce discrète de la mission chrétienne, l’engagement au service du Règne de Dieu parmi les hommes. Suivre le Christ, c’est devenir son disciple. C’est dans la mesure où l’on est disciple que l’on peut se prétendre missionnaire.

Ce Règne de Dieu pour autant n’était pas clair dans les esprits : de nombreux juifs du temps de Jésus espéraient que le Messie allait restaurer la royauté de la descendance de David en soumettant les peuples ennemis, d’autres espéraient que le Règne de Dieu viendrait des cieux dans un monde à venir car le monde présent est mauvais ; pour d’autres, la venue du Règne de Dieu supposait la conversion à la Loi.

Jésus apparaîtra tout au long de l’évangile de Mathieu comme le Maître qui enseigne, le nouveau Moïse. Les paraboles du Royaume seront nombreuses pour essayer de la faire comprendre.

Jésus annonce le Royaume et il fait des gestes qui font reculer tout ce qui fait du mal à la personne humaine : maladie et infirmité doivent disparaître totalement dans le Royaume de Dieu. Dès maintenant, il faut lutter contre toutes les misères humaines. Dieu Règne quand les hommes sont libérés de toutes les formes de mal.

 

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Seigneur Jésus, avec toi, le Royaume des cieux s’est approché de nous. Change toi-même nos cœurs pour que le Règne de Dieu ton Père s’installe au plus profond de nous.  Fais de nous tes disciples, prêts à répondre à ton appel. Remplis nous de ton audace et de ton courage pour que nous proclamions, envers et contre tout, par nos paroles et par nos gestes, que Dieu aime tous les hommes et veut leur bonheur.

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS

La Parole aujourd’hui dans notre vie 

Nous vivons dans une société qui est de plus en plus un carrefour de croyants de toutes sortes, de toutes convictions, et aussi d’incroyants : une terre de mission.

Et nous sommes les disciples de Jésus dans notre famille, notre quartier, notre travail : comment avoir  la même audace que Jésus pour annoncer l’Evangile ?

Croyons-nous que le Christ continue d’appeler des hommes à le suivre ? Nous mettons-nous à son service pour cette tâche ?

Quels sont les gestes que nous pouvons poser pour faire avancer le Royaume faces aux « maladies et aux infirmités » de notre monde.

Quelle est notre préoccupation pour les vocations : de prêtres, de religieux et religieuses, de laïcs engagés au service du Royaume ?

 

ENSEMBLE PRIONS 

  • Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité : pour que l’Evangile pénètre nos vies  et nous aide à trouver le vrai visage du Christ, Prions le Seigneur.

  • Pour que les peuples, avec leur culture, puisse reconnaître comme Sauveur, Jésus Fils de Dieu. Prions.

  • « Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est là. » Pour que nous aidions les autres à découvrir le Christ dans tout ce qui est bon et bien. Prions.

  • Pour que nous nous engagions dans la mission de l’Eglise avec assez d’enthousiasme pour dépasser les échecs, prions.

 

 

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Rencontre autour de l’Évangile – 2ième Dimanche du Temps Ordinaire

« Oui, j’ai vu, et je rends ce témoignage :

 c’est lui le Fils de Dieu.»

 

 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Jn 1, 29-34)

Nous quittons un moment l’Évangile selon saint Mathieu pour lire dans l’Évangile selon saint Jean le témoignage de Jean-Baptiste. Le passage que nous méditons se situe après le baptême de Jésus que Jean ne raconte pas, mais qu’il évoque devant ses disciples.

 Et soulignons les mots importants 

Voici l’Agneau de Dieu : Nous connaissons bien cette parole de Jean Baptiste. Où est-ce que nous l’entendons ? Pourquoi Jésus est-il présenté comme « l’Agneau de Dieu » ?

Le péché du monde : En quoi consiste « le » péché du monde ?

Derrière moi vient « un homme » : Les yeux de chair de Jean Baptiste voient un homme : qu’est-ce qui lui permettra de voir en Jésus le Fils de Dieu ?

Avant moi il était  : Que veut dire cette expression  en parlant de Jésus ?

Je ne le connaissais pas : Deux fois Jean affirme qu’il ne connaissait pas Jésus. Pourtant Jean devait connaître Jésus qui était son cousin.  De quelle connaissance il s’agit ici ?

J’ai vu l’Esprit descendre comme une colombe : Dans l’Evangile de Mathieu, qui est-ce qui voit l’Esprit descendre ? Qui est-ce qui révèle à Jean Baptiste la véritable identité de Jésus ?

Demeurer sur lui : Ce mot demeurer est cher à saint Jean. Que veut-il souligner ici par rapport à Jésus ?

C’est lui le Fils de Dieu : Est-ce que Jean-Baptiste était capable d’une telle profession de foi ?

Pour Saint Jean, le verbe voir est très important et revient souvent dans son évangile. Combien de fois  est employé le verbe « voir » dans ce passage ? Le témoin, n’est-ce pas celui qui a vu ? Et alors quand nous disons que nous sommes « témoins » du Christ, quelle différence ?

Pour l’animateur 

Jésus est identifié comme « l’Agneau de Dieu » : nous pensons à l’agneau dont parle Isaïe 53,7  « comme un agneau traîné à l’abattoir, comme une brebis muette devant ceux qui la tondent » : Jésus est le Serviteur souffrant qui prend sur lui la condition pécheresse du monde. On peut penser aussi à l’agneau immolé de l’Apocalypse, capable d’être victorieux du péché (Ap.5, 6 ; 14,10) ou encore à l’agneau pascal (Jean 19,14) : Jésus est sacrifié à l’heure où les prêtres commencent à sacrifier les agneaux pour la fête de Pâques. Il ne faut pas oublier que l’évangéliste écrit après Pâques pour les croyants, pour nous.

Notons que l’agneau et la colombe sont deux images de non-violence et de douceur qui correspondent bien à la personne de Jésus.

Le péché du monde dont Jésus nous libère, c’est l’état de rupture du monde dans sa relation à Dieu, rupture due à l’orgueil de l’homme qui refuse de reconnaître son Créateur, qui veut être lui-même son dieu. Jésus, par son obéissance jusqu’au don de sa vie,  est venu remettre notre monde dans la grâce de Dieu.

Jean Baptiste avec ses yeux de chair voit Jésus, un homme, son cousin, qu’il connaît de manière humaine comme le fils de Marie. Mais il ne connaissait pas sa véritable identité. Il a fallu une révélation venant du Père qui par son Esprit lui a ouvert les yeux du cœur (c’est Jean baptiste qui voit l’Esprit descendre) : il a vu en Jésus le Fils de Dieu, celui qui existe depuis toujours, en qui l’Esprit habite. Ce que Jean Baptiste a vu, c’est ce qu’il a cru ;  pour saint Jean, voir, c’est voir avec le cœur ou croire.

Bien des gens ont vu le Christ durant sa vie terrestre, les pharisiens ont mangé avec lui… Mais ils ne l’ont pas rencontré. Pour qu’il y ait rencontre avec le Christ, il faut que le cœur ait le désir profond de la vie divine.

Nous aussi nous pouvons être témoins de ce que nous avons « vu » : en voyant des vrais croyants, de vraies communautés chrétiennes, nous « voyons » le Christ vivant, c’est à dire que nous croyons qu’il est là (« lorsque deux ou trois…) et nous sommes ouverts à sa présence. Nous pouvons dire à ceux qui nous interrogent « venez et voyez ».

 

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Jésus, tu es le Fils de Dieu. Avec Jean Baptiste et toute l’Eglise, nous reconnaissons en toi  « l’Agneau de Dieu », qui a été immolé, le Serviteur Souffrant sur qui l’Esprit demeure, qui a pris sur lui toute l’humanité pécheresse, l’Agneau vainqueur.

Prends pitié de nous pécheurs. Tu as dit « je vous envoie comme des agneaux au milieu de loups », « soyez candides comme des colombes ». Donne-nous de pouvoir témoigner aujourd’hui par toute notre vie : «  Jésus est le Fils de Dieu ».

TA PAROLE DANS NOS MAINS

La Parole aujourd’hui dans notre vie 

Il y a bien des façons de connaître Jésus. Un personnage de l’histoire. Un sage. Un grand qui fait des miracles…

Il y a une manière de le connaître qui consiste à entrer le plus possible dans le mystère de sa personne.

Quel Jésus connaissons-nous ?

Qui peut nous aider à entrer dans une véritable connaissance de Jésus ?

Nous récitons facilement des formules apprises au catéchisme : Jésus est le Fils de Dieu, il est venu nous sauver, etc… Mais qu’est-ce que nous connaissons de sa présence et de son action dans notre vie et dans le monde ?

Pouvons-nous dire comme Jean Baptiste : « J’ai vu et rends ce témoignage : c’est lui le Fils de Dieu » ?

 (Inviter les membres du groupe à partager une expérience où ils ont été témoins de Jésus comme d’une Bonne Nouvelle ?)

« Quand Jésus-Christ survient dans la vie d’un homme, il comble toutes ses aspirations au bonheur, à la joie et à la sainteté » (Jean Lafrance « Demeurer en Dieu »)

 

 

ENSEMBLE PRIONS 

Puisque tu as été baptisé dans la Pâque du Christ,

sois attentif aux murmures de son Esprit qui habite ton cœur.

C’est lui qui est ta lumière et ta vigilance intérieure

et qui fait de toi un veilleur dans la nuit.

 Ecoute l’Esprit, sois un veilleur:

tu accueilleras les sources de la vie,

de la paix et de la joie

et tu discerneras la face cachée et lumineuse des êtres et des choses.

 Ecoute l’Esprit, sois un veilleur:

tu entendras, dans le jardin de ton cœur, les pas discrets du Seigneur qui te cherche et tu pourras entrer dans son amoureuse Alliance dans la nouveauté de chaque matin.

 

 

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2ième Dimanche du Temps Ordinaire