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Rencontre autour de l’Évangile – 13ième Dimanche du Temps Ordinaire ( Mc 5, 21-43)

 » Talitha koum :

‘Jeune fille,

je te le dis, lève-toi’ « 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons (Mc 5, 21-43)

Juste avant notre épisode, Jésus était allé pour la première fois sur la rive Est du lac de Tibériade, en plein territoire païen, « au pays des Géraséniens. » Il y avait libéré « un homme possédé d’un esprit mauvais » qui vivait parmi les tombeaux, dans le royaume de la mort, et passait son temps « à crier et à se blesser avec des pierres »… Le Christ Sauveur revient ici en territoire d’Israël, certainement à Capharnaüm, pour continuer à manifester, en actes, sa victoire sur la mort. Le salut est donc offert à tout homme, qu’il soit Juif ou païen…

Le sens des mots

  • Jésus débarque à Capharnaüm. La synagogue est à moins de deux cents mètres. Une foule vient l’accueillir. Jaïre, « le chef de la Synagogue », la plus grande personnalité religieuse de la ville est là et, devant tout le monde, « il tombe aux pieds de Jésus et le supplie»… Quelle qualité de cœur manifeste-t-il ici ? « Viens»… Que fait Jésus ? Quelles qualités de cœur manifeste-t-il à son tour ?

  • Une femme avait des pertes de sang… Notez tous les éléments qui soulignent la gravité de son état. Or, on croyait à cette époque, que « la vie de la chair est dans le sang» (Lv 17, 11). Perdre son sang revenait à perdre sa vie et donc à être touché par la mort. Or tout ce qui tourne autour de la mort était considéré comme impur… Dans son état, la Loi permettait-elle à cette femme de toucher quelqu’un ? Mais quel désir l’habite ? Que fera-t-elle donc, pourquoi et comment ? Si un Pharisien l’avait su, quelle aurait été sa réaction à son égard ? Cela explique-t-il le fait que, découverte, elle se jette aux pieds de Jésus « craintive et tremblante, en lui disant toute la vérité » ? Mais Jésus, Lui, comment réagit-il ? Qu’est-ce qui est donc premier pour Lui ?

  • Dieu seul peut accomplir de telles guérisons… « Elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. Aussitôt, Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui »… Qui donc est Jésus ?

  • « Ta fille vient de mourir »… « Ne crains pas, crois seulement »… Au début, Jésus a obéi à Jaïre, et maintenant, qu’en est-il ? Qui prend les choses en main ? Pourquoi Pierre, Jacques et Jean sont-ils les seuls à pouvoir accompagner Jésus ?

            Notez la délicatesse et l’humanité avec lesquelles Jésus agit vis-à-vis du père, de la mère et de l’enfant… « Il pénètre là où reposait la jeune fille », dans le royaume de la mort, « il saisit la main de l’enfant », il établit le contact et lui dit : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! ». Quel unique moyen Jésus utilise-t-il ici ? Que vous rappelle cette manière d’agir ? De quoi ce miracle est-il le signe ? Que manifeste donc Jésus en tout ce passage ?

Pour l’animateur 

  • Jésus n’avait fait aucune étude religieuse de renom, contrairement à St Paul, élève du prestigieux Gamaliel à l’école des Rabbins de la capitale, Jérusalem (Ac 22,3). Aux yeux de tous, il est simplement « le fils du charpentier » (Mt 13,55), originaire d’une petite ville sans importance : « De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ?» (Jn 1,46). En tombant à ses pieds devant tout le monde, Jaïre, « le chef de la synagogue », manifeste son humilité et l’absence de tout ‘respect humain’… Sa démarche est authentique : elle vient du plus profond de son cœur, par amour pour sa petite fille…

                « Viens »… Jésus est toujours « bouleversé » de compassion « jusqu’au plus profond de lui-même » devant les souffrances des hommes (Lc 7,13 ; 10,33 ; 15,20). Touché au cœur lui aussi, il obéit à Jaïre et le suit… 

  • La Loi interdisait à cette femme de toucher qui que ce soit… Mais son désir de vivre est le plus fort ! Aussi va-t-elle « toucher » le vêtement de Jésus, « par derrière », en cachette… Sa confiance n’est pas déçue : en cet instant précis, elle vit ‘quelque chose’ d’unique et comprend qu’elle est « guérie de son mal. » Dans les Évangiles, les guérisons physiques sont toujours les signes visibles d’une guérison plus profonde, spirituelle, qui concerne toute la personne : cœur, âme et esprit… La maladie était comprise à tort à l’époque comme un châtiment du péché. Le péché sépare de Dieu ? « Guérie de son mal » et de toutes ses conséquences, elle lui est réconciliée… Il prive du Don de la Plénitude de sa Vie et plonge dans un état plus ou moins intense de mort spirituelle ? Elle est à nouveau vivifiée de l’intérieur par le Don de « l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63). En un mot, « elle est sauvée » dès maintenant par sa foi et dans la foi, et cela pour toujours si elle demeure fidèle à Jésus Sauveur. Heureusement, à la prière du Fils, le Père nous « garde du Mauvais », uni à Lui, tout contre Lui, « dans son Nom», grâce à sa Miséricorde toujours offerte dès que nous trébuchons (Jn 17,11-15)… Il suffit alors de tout lui offrir et de le laisser agir…

                Cette femme a désobéi à la Loi ? Un Pharisien se serait mis en colère et l’aurait sévèrement reprise. Jésus, Lui, ne lui fait aucun reproche. Bien au contraire, il la confirme dans sa démarche… Cette Loi, dénaturée par quantité de traditions humaines, était devenue « inhumaine ». Or la Loi a été faite pour l’homme, pour le guider et le soutenir dans l’épanouissement de sa vie, comme le fait un tuteur pour une plante. Jésus veut rendre à la Loi sa vocation première, toute au service de l’homme… Ce sera l’œuvre de « la loi de l’Esprit qui donne la Vie dans le Christ Jésus » (Rm 8,2), Esprit d’Amour et de Tendresse donné aux cœurs ‘de pierre’ pour qu’ils deviennent ‘de chair’, « humains » (Ez 36,26).

  • Jésus prend les choses en main… Pierre, Jacques et Jean l’accompagnent car Jésus veut faire d’eux ses témoins. Il ramènera à la vie la petite fille par sa seule Parole, à laquelle se joint toujours l’Esprit de force et de puissance. Son action est créatrice, comme dans la Genèse : « Il dit et cela fut ». Signe de la capacité de Dieu à ressusciter d’entre les morts, ce miracle manifeste la victoire de Dieu sur la mort… C’est ce que Jésus a fait en tout ce passage…

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Seigneur Jésus, tu es toujours bouleversé devant les souffrances des hommes. Si elles sont les conséquences de nos mauvais choix, tu ne cesses, pour notre seul bien, de nous inviter au repentir et à la conversion. Et dans tous les cas, tu frappes à la porte de nos cœurs et tu te proposes de porter avec nous nos fardeaux. Ainsi, grâce à toi, à ta Présence, ils deviendront légers et nous trouverons paix et soulagement pour nos âmes. Bien plus, ton seul désir est que nous participions dès maintenant à ta Vie en attendant ce Jour où par delà notre mort, nous te verrons. Nous te rendons grâces pour ta Miséricorde toujours offerte. Elle seule, en nous relevant et en habitant nos efforts de l’intérieur, nourrit notre espérance de partager un Jour ta Plénitude…

 

TA PAROLE DANS NOTRE VIE

  • Jésus n’est jamais insensible à la souffrance des hommes, et il répond toujours aux appels qui lui sont faits… Et nous, que pourrions-nous faire pour aller davantage vers celles et ceux qui souffrent, déjà dans notre famille, nos proches, mais aussi parmi nos voisins, vers les malades ou les personnes seules, âgées peut-être, de notre quartier ?

  • Cette femme qui souffrait de pertes de sang avait foi en Jésus, et sa confiance n’a pas été déçue… Qu’en est-il, de cœur, de la nôtre ? Comment vivons-nous les contrariétés, les épreuves de notre vie, la mort de nos êtres chers ? Les rejetons-nous par notre mauvaise humeur, notre révolte, ou essayons-nous de nous tourner de tout cœur vers Jésus pour ensuite, quoiqu’il arrive, porter et supporter tout cela avec Lui dans la prière ?

  • Toute Loi, fut-elle religieuse, devrait être au service de l’homme. En avons-nous bien conscience ? Ne nous arrive-t-il pas parfois de critiquer, de juger, d’exclure peut-être quelqu’un parce que sa situation ne correspond pas à nos règles actuelles ?

ENSEMBLE PRIONS   

Dieu, Maître de la vie, toi qui as créé toutes choses pour qu’elles subsistent, nous te prions : ne laisse pas la mort l’emporter ; que Jésus, ton Fils, nous relève, que ton Esprit nous ranime, et nous serons à toi dès aujourd’hui, et pour les siècles des siècles. Amen.

 

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Rencontre autour de l’Évangile – 11ième Dimanche du Temps Ordinaire (Mc 4, 26-34)

 « La Parole est déjà à l’œuvre,

semence en l’homme pour qu’elle porte du fruit… « 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons (Mc 4, 26-34)

En Mc 4,1-34, l’Evangéliste nous offre une série de « paraboles » avec lesquelles Jésus enseigne les foules. Et il prend ensuite ses disciples à part pour bien leur expliquer le sens de ses Paroles. C’est ainsi que le lecteur de l’Evangile est invité, lui aussi, à devenir de plus en plus disciple de Jésus en comprenant de mieux en mieux « le mystère du Règne de Dieu » (Mc 4,11).

Le sens des mots

  • « Il en est du Règne de Dieu comme »… « A quoi pouvons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole allons-nous le représenter ? Il est comme… » En se basant sur les mots employés par St Marc, qu’est-ce donc « une parabole » ?

  • « Un homme jette le grain dans son champ »… « … une graine de moutarde, quand on la sème en terre… Mais quand on l’a semée»… Or, Jésus a commencé son discours en paraboles en disant : « Ecoutez ! Voici que le semeur est sorti pour semer… Le semeur, c’est la Parole qu’il sème » (Mc 4,3 ; 4,14). Qui donc est cet « homme qui jette le grain dans son champ » ? Que représentent « le grain » et « le champ » (ou « la terre ») ? Pourquoi Jésus dit-il « son champ », qu’est-ce que cela signifie ?

  • « Nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi ». Sur quels points Jésus insiste-t-il ici ?

  • « Une graine de moutarde, quand on la sème en terre, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères, et elle étend de longues branches ». Et ici, que souligne Jésus ?

  • En Jn 3,34, nous lisons : « Celui que Dieu a envoyé (Jésus, le Fils), prononce les Paroles de Dieu (le Père), car il donne l’Esprit sans mesure ». L’Esprit Saint est donc toujours donné avec la Parole… Et souvenons-nous de l’Annonciation (« L’Esprit Saint viendra sur toi, Marie, et la Puissance du Très Haut te prendra sous son ombre » (Lc 1,35)) ou de la Pentecôte (« Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins » (Ac 1,8). De plus, St Jean écrit : « L’Esprit vivifie » (Jn 6,63), et St Paul : « Si l’Esprit est notre vie, que l’Esprit nous fasse agir » (Ga 5,25).

            Ces versets nous permettent-ils de mieux comprendre les deux paraboles que Jésus nous a données dans cet Évangile de notre Dimanche ?

 

Pour l’animateur

  • Une parabole est une « comparaison », une « représentation », une image… Le mot vient du grec « para», qui a donné « parallèle » en français, et « ballô», un verbe qui signifie « placer, mettre ». Il s’agit donc de « mettre en parallèle » une image qui permettra de mieux comprendre la réalité évoquée… « On appelle parabole, depuis l’Eglise primitive, une histoire racontée par Jésus pour illustrer son enseignement… Jésus aime à parler en des paraboles qui, tout en donnant une première idée de sa doctrine, obligent à réfléchir et ont besoin d’une explication pour être parfaitement comprises » (Daniel Sesboüé, VTB).

            Ici, Jésus parle du « Règne de Dieu » (v. 26 et 30). Or, « Dieu est Esprit » (Jn 4,24), nous dit-il en St Jean. Il est donc par nature invisible à nos seuls yeux de chair, invisible et insaisissable… Les « images » qu’il emploie ont pour but de nous aider à prendre conscience des richesses de ce monde spirituel : Dieu, ce qu’il est, ce qu’il fait…

  • Cet « homme qui jette le grain dans son champ », c’est d’abord Jésus, « la Parole faite chair » (Jn 1,14), vrai homme et vrai Dieu. Le grain, c’est « la Parole de Dieu », une Parole que Jésus reçoit de son Père : « Père, les Paroles que tu m’as données, je les leur ai données» (Jn 17,8). Le « champ», « la terre », c’est l’homme tout entier, et donc tout particulièrement son cœur… « Son champ », car c’est Dieu qui nous a créés : tous les hommes sont ‘à lui’.

  • La première parabole insiste sur « la puissance même de Dieu, mystérieuse, irrésistible, qui fait naître et se développer son Règne sans que l’homme y soit pour quelque chose ». Et « il ne sait » pas même « comment » « Dieu mène à bien son entreprise » (Jacques Hervieux)…

  • La seconde parabole souligne la différence entre l’apparente petitesse de ce qui est semé, une Parole donnée par un homme simple, « le fils du charpentier», « doux et humble de cœur » (Mt 13,55 ; 11,29), et la grandeur exceptionnelle du fruit qu’elle portera… Deux mille ans après, un homme sur trois est chrétien…

  • L’Esprit Saint est donné avec la Parole… Quiconque accueille la Parole de tout cœur reçoit en lui l’Esprit, « Puissance du Très Haut », « Force de Dieu » qui se déploie au cœur de notre faiblesse (2Co 12,7-10). Cet Esprit est une Force de transformation, de purification, de sanctification, de croissance que Dieu offre gratuitement à tout homme pécheur. Aux yeux de Dieu, il est déjà son enfant. L’Esprit donné lui permettra de le devenir pleinement (Jn 1,12-13)… Reçu par la foi et dans la foi, il agira en lui « il ne sait comment» et avec une force telle que si, « pour les hommes », « être sauvé » « c’est impossible, cela ne l’est pas pour Dieu car tout est possible à Dieu » (Mt 19,23-26).

 

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Jésus Christ, tu nous l’as promis, tu es « avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20) et tu es « le même hier et aujourd’hui », comme tu le seras « à jamais » (Hb 13,8) : tu es « le Semeur » … Si nous acceptons de te donner du temps, de t’écouter (Mc 4,3), de nous tourner vers toi de tout cœur, tu nous dis et nous redis ta Parole, inlassablement. Avec elle, tu nous donnes ton Esprit de Vie et de Paix qui nous entraine dans un Mystère de Communion profonde avec Toi. Et tel est « le Règne de Dieu », « le Royaume des Cieux » (Rm 14,17) … « Là » est notre Plénitude, puisque tu prends plaisir à nous associer à la tienne (Col 2,10). Apprends-nous à l’accueillir et à la reconnaître. Dans toutes les épreuves de cette vie, elle sera « l’Ancre de notre âme, sûre autant que solide, et pénétrant par-delà le voile, là où est entré pour nous en précurseur Jésus » (Hb 6,19), « notre Seigneur et notre Dieu », notre frère…

 

TA PAROLE DANS NOTRE VIE

  • Consacrons-nous un peu de temps, chaque jour, à la lecture de la Parole de Dieu ?

  • Cette Parole accomplit son œuvre en nous, « on ne sait comment » … Accepterons-nous de lui faire assez confiance pour continuer à lui être fidèle, envers et contre tout ?

  • « Quand on l’a semée, elle grandit », puis vient « le temps de la moisson »Entre les semis et la moisson, des semaines, des mois s’écoulent… Il s’agit de « grandir», petit à petit, et cela demande du « temps» … Dans cette société qui veut tout ‘tout de suite’, acceptons-nous de « prendre du temps », de mûrir, de grandir « avec patience » ? Portons-nous le même regard sur celles et ceux qui nous entourent ?

  • Jésus est le Semeur… Ensemble, nous formons l’Eglise qui est « le Corps du Christ » (1Co 12,27 ; Ep 4,12), appelée à poursuivre la Mission du Christ et donc à semer la Parole à son tour… Que faisons-nous, très concrètement, pour participer activement à cette aventure ?

ENSEMBLE PRIONS 

Dieu notre Père, ta Parole donnée par ton Fils est Source de Lumière et de Vie. Aide-nous à l’accueillir, donne-nous la force de lui être fidèle, jour après jour, et apprend nous à la donner à notre tour… Ainsi, lorsque le temps de la moisson sera venu, nous pourrons nous réjouir avec toi et avec tous nos frères d’être pleinement tes enfants vivants de ta Vie… Nous te le demandons, par Jésus, ton Fils, notre Sauveur. Amen.

 

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Rencontre autour de l’Évangile – 10ième Dimanche du Temps Ordinaire (Mc 3, 20-35)

 « Voici ma mère et mes frères…

Quiconque fait la volonté de Dieu, 

Celui-là m’est un frère,

une sœur, et une mère… « 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons (Mc 3,20-35)

           « La première étape de l’Evangile (Mc 1,14-3,12) nous a campé Jésus dans son activité de libérateur. Par sa Parole puissamment efficace, il est porteur d’une Bonne Nouvelle qui n’a pas fini d’étonner. Cette deuxième étape (3,13-6,6) nous le montre continuant, par ses faits et gestes, à susciter la question : « Qui donc est cet homme ? », et ici, surtout dans la tête des disciples. Mc 3,13-35 nous présente Jésus qui, au delà de ses liens charnels, veut constituer une nouvelle famille ouverte à tous…

Le sens des mots

            Juste après avoir institué les Douze (Mc 3,13-19), les piliers de l’Eglise, dont nos Evêques sont aujourd’hui les successeurs, Jésus répond à une calomnie des scribes (les spécialistes des Ecritures) : « Il est possédé de Béelzéboul », qui veut dire « prince des immondices », c’est-à-dire des idoles : c’est Satan (un mot qui en hébreu signifie « l’adversaire, l’accusateur »), « le prince des démons », le diable (du grec « diabolos, diviseur »). Et Jésus va justement faire allusion à ce dernier sens : en effet, s’il est possédé par Satan et qu’il expulse Satan, cela veut dire que Satan est « divisé » contre lui-même : il est perdu de toute façon… Mais au v. 27, il suggère que s’il « pille » les affaires de Satan en expulsant les démons et donc en libérant celles et ceux qui étaient sous son emprise (Mc 1,21-28), c’est qu’il a d’abord « ligoté » cet « homme fort » : il est victorieux du diable, des démons, de toute influence mauvaise. Le croyons-nous vraiment ?

            Puis Jésus affirme : « Amen, je vous le dis : Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés. » En effet « Dieu Est Amour » (1Jn 4,8.16), il ne sait et ne fait qu’aimer, c’est-à-dire poursuivre inlassablement le bien de tous les hommes qu’il aime (Lc 2,14). Or, si les conséquences du péché sont « souffrance et angoisse » (Rm 2,9), « privation de la gloire de Dieu », et donc de sa Plénitude (Rm 3,23), « mort spirituelle » (Rm 6,23), un pécheur ne peut qu’être un souffrant par suite du mal qu’il commet. Il ne peut être vraiment « bien ». Et c’est cela que Dieu ne supporte pas pour lui. Aussi, ne va-t-il pas cesser, avec une infinie patience, de l’inviter à ne plus commettre ce mal qui, malgré les apparences, le rend malheureux. Il l’invitera donc au repentir en lui promettant, comme il le fait ici, que tous, absolument tous ses péchés seront pardonnés. Et pas un seul, en effet, ne peut le mettre en échec car il est Amour Tout Puissant, un Amour qui face au pécheur prend inlassablement le visage de la Miséricorde… Ce pardon sera mis en œuvre dans les cœurs par l’Esprit Saint, l’Esprit de Vérité et de Lumière : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis » (Jn 20,22). « Repentez-vous », disait St Pierre à ceux qui avaient contribué à la mort du Christ, « et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ pour le pardon de ses péchés ; vous recevrez alors le don du Saint-Esprit » (Ac 2,38). Avec l’Eau Vive et l’Eau Pure de l’Esprit, Dieu accomplissait ainsi ses promesses : « Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; de toutes vos souillures, de toutes vos idoles, je vous purifierai. Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon Esprit, je ferai que vous marchiez selon mes lois, que vous gardiez mes préceptes et leur soyez fidèles » (Ez 36,25-27). Et de fait, à celles et ceux qui avaient accepté cette démarche de tout cœur, St Paul écrivait : « Ne savez-vous pas que ceux qui commettent l’injustice ne recevront pas le royaume de Dieu en héritage ? Ne vous y trompez pas : ni les débauchés, les idolâtres, les adultères, ni les dépravés et les sodomites, ni les voleurs et les profiteurs, ni les ivrognes, les diffamateurs et les escrocs, aucun de ceux-là ne recevra le royaume de Dieu en héritage. Voilà ce qu’étaient certains d’entre vous. Mais vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés, vous êtes devenus des justes, au nom du Seigneur Jésus Christ et par l’Esprit de notre Dieu » (1Co 6,9-11), cet « Esprit Saint qui sanctifie » (2Th 2,13).

            Mais si quelqu’un, en toute liberté et en toute connaissance de cause dit « Non » à cet Esprit Saint qui, seul, peut mettre en œuvre dans son cœur le pardon des péchés, il ne pourra donc pas être pardonné… Ou encore s’il déclare que cet Esprit Saint « Eau Pure » est « boue infecte », et qu’il refuse bien sûr de le recevoir, il ne pourra pas être purifié de son péché. Tel est « le blasphème contre l’Esprit Saint ».

 Les différentes sens possibles de l’expression « frères de Jésus »

            Jésus, n’est-il pas « le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs, ne sont-elles pas ici chez nous ? » (Mc 6,3).

            Le mot « frère, ἀδελφός (adelphos) » peut avoir de multiples sens selon le contexte :

            1 – Frères de sang comme Simon et André, Jacques et Jean (Mc 1,16.19) : Comme il passait sur le bord de la mer de Galilée, (Jésus) vit Simon et André, le frère de Simon, qui jetaient l’épervier dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs.

Et avançant un peu, il vit Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, eux aussi dans leur barque en train d’arranger les filets…

             2 – Demi-frères comme Philippe et Hérode Antipas, avec un même père, le roi Hérode le Grand, mais avec deux mères différentes, Cléopâtre et Malthacé (Mc 6,17) : « C‘était lui, Hérode, qui avait envoyé arrêter Jean et l’enchaîner en prison, à cause d’Hérodiade, la femme de Philippe son frère qu’il avait épousée».

            3 – Cousins, parents éloignés comme « Joset et Jacques » (Mc 6,3) qui sont les fils d’une autre Marie qui sera présente elle aussi lors des évènements tragiques de la Passion (Mc 15,40.47) : Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé… Or, Marie de Magdala et Marie, mère de Joset, regardaient où on l’avait mis…

            4 – Disciples de Jésus, recevant par leur foi la même Vie éternelle que celle que le Fils Unique reçoit du Père de toute éternité. « « Qui est ma mère ?  Et mes frères ? » Et, promenant son regard sur ceux qui étaient assis en rond autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là m’est un frère et une sœur et une mère » » (Mc 3,31‑35). Et une fois ressuscité d’entre les morts, il dira à Marie de Magdala : « Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jn 20,17). Cette parole, adressée aux disciples, est valable à travers eux pour tous les hommes de tous les temps…

            Or, « la volonté de Dieu » est « que tous les hommes soient sauvés » (1Tm 2,3-6), qu’ils se repentent, qu’ils accueillent le pardon de leurs péchés, et avec lui le Don de l’Esprit Saint « Eau Pure qui purifie » (Ez 36,25-27), « Eau Vive qui vivifie » (Jn 4,10-14 ; 7,37-39). Ils ne pourront alors que constater que « l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5,5), une grâce d’amour qui leur permettra de grandir jour après jour dans la mise en œuvre du grand commandement chrétien : « Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15,12).

 

ENSEMBLE PRIONS  

Seigneur, source de tout bien, réponds sans te lasser à notre appel : inspire-nous ce qui est juste, aide-nous à l’accomplir. Nous te le demandons par Jésus, ton Fils, notre Seigneur, qui vit et règne avec toi dans l’unité d’un même Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

 

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Rencontre autour de l’Évangile – Le Saint Sacrement (Mc 14, 12-16 ; 16, 22-26)

 « Prenez, ceci est mon corps.

Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance. »

 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

 Situons le texte et lisons (Marc 14, 12-16 ; 16, 22-26)

La fête de la Pâque juive est toute proche. Jésus va entrer dans la grande semaine de sa Passion et de sa mort. Et comme tous les Juifs, il se prépare à prendre le repas pascal avec ses disciples.

Soulignons les mots importants

La fête des pains sans levain : Pour les juifs, pourquoi mangeait-on des pains « azymes » pour la fête de Pâque ?

L’agneau pascal : Quel événement de leur histoire les juifs célébraient en mangeant l’agneau pascal ?

Manger la Pâque : le repas pascal était célébré en famille la veille de la fête et c’est le père qui présidait. Quel sens Jésus va donner à ce repas pascal avec ses disciples ?

Jésus prit du pain : Que signifie le symbole du pain ? Est-ce que cela nous rappelle une parole de Jésus prononcée à Capharnaüm après la multiplication des pains ?

Prononça la bénédiction : Cette prière de bénédiction faisait partie du rituel juif pour le repas pascal. A qui Jésus adresse la bénédiction ?

Le rompit et le leur donna : Que signifie ce geste du pain rompu et donné ?

Prenez, ceci est mon corps : Qu’est-ce que les apôtres tiennent et voient dans leur main ? Et Jésus ne dis pas « ce pain » est mon corps, il dit « ceci » est mon corps : Qu’est-ce qu’il faut comprendre ?

Prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna : Pareillement Jésus ne dit pas « ce vin » est mon sang, mais « ceci » est mon sang : ce qui veut dire ?

Le sang de l’alliance : A quoi Jésus pense en prononçant cette parole ?

Un vin nouveau dans le Royaume de Dieu : Qu’est-ce ce vin nouveau du Royaume de Dieu ?

 

Pour l’animateur   

La fête des « pains sans levain » (Azymes ) était la plus grande fête juive de l’année : en rappelant la libération d’Égypte (le pain avait été cuit à la hâte sans levain), durant 7 jours l’usage du pain fermenté était interdit, on mangeait l’agneau pascal en célébrant les bienfaits de Dieu dans l’espérance du salut messianique. Pratiquement, la Fête des pains azymes et la Pâque était la même chose.

Jésus, en mangeant la Pâque avec ses disciples, faisait de sa mort et de sa résurrection, la Pâque nouvelle : la libération du Mal et de la Mort. L’apôtre Paul a pu dire : « Le Christ notre Pâque a été immolé. Célébrons la Fête non avec du vieux levain… mais avec des azymes (pains sans levain) de pureté et de vérité » (1 Co 5,7-8).

A Capharnaüm Jésus, après avoir multiplié les pains, disait aux juifs : « Je suis le pain de vie » « le pain descendu du ciel ». Le pain est symbole de la nourriture dont nous avons besoin pour vivre, quelle que soit la forme que peut prendre cette nourriture.

La prière de « bénédiction » tenait beaucoup de place dans la prière d’Israël : on bénissait Dieu pour toutes les merveilles qu’il avait accomplies en faveur de son peuple. Bénir, c’est dire du bien. On disait du bien de Dieu, on lui rendait grâce. En tenant le pain, puis la coupe, par sa bénédiction, Jésus rend grâce à son Père. Quand nous célébrons le « Repas du Seigneur », ou l’Eucharistie, nous célébrons le mémorial de la Pâque : c’est une grande action de grâce, pour les merveilles accomplies par Dieu pour et par son Fils, en particulier pour la grande merveille de la résurrection de Jésus et la libération de la mort qu’il nous a obtenue.

Le sang de Jésus, c’est le sang versé, sa vie donnée pour rétablir une amitié définitive et profonde entre Dieu son Père et les hommes. C’est l’alliance nouvelle et éternelle qui passe par le cœur. Jésus met fin à tous les sacrifices d’animaux de l’ancienne Alliance. C’est lui « l’Agneau pascal ».

Jésus annonce que, après sa résurrection, il boira le vin des noces éternelles (le vin nouveau) avec tous ceux qui seront avec lui dans le Royaume de son Père. Dans chaque eucharistie : nous rappelons la mort du Seigneur, nous célébrons la délivrance qu’il nous apporte aujourd’hui parce qu’il est ressuscité et vivant au milieu de nous, et nous attendons la venue du Monde Nouveau, le Royaume de Dieu.

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Seigneur Jésus tu nous donnes le pain du ciel en nourriture : ton Corps et ton Sang de ressuscité, et tu nourris la vie éternelle qui est déjà en nous depuis notre baptême. Tu nous fais aussi participer à ton œuvre de libération de tous nos frères, en luttant contre tous les esclavages. Seigneur Jésus, fais grandir notre foi en ta présence réelle dans l’Eucharistie.

TA PAROLE DANS NOTRE VIE :

Quelle est la place de l’Eucharistie dans notre vie de foi ?

Quelle est la qualité de notre participation au « Repas du Seigneur » ?

Quelle est notre attitude quand nous passons devant le Tabernacle ?

A quoi nous engage le fait de communier au Corps du Christ ?

 

ENSEMBLE PRIONS  

Je crois en l’Eucharistie

Je crois en l’Eucharistie,

Sacrement du Christ ressuscité, source d’un monde nouveau,

Nourriture pascale d’un peuple en marche vers son Royaume,

Force des baptisés qui ne croient plus en la fatalité du mal.

Je crois en l’Eucharistie,

Sacrement de l’amour librement offert, source de toute vie donnée,

Nourriture d’un peuple qui apprend à aimer,

Force des témoins de la puissance cachée de l’amour.

Je crois en l’Eucharistie,

Sacrement de la libération de l’esclavage du péché,

Source de la liberté nouvelle de l’homme,

Nourriture d’un peuple qui construit un monde de justice,

Force des témoins qui refusent toute forme d’aliénation

Qui blesse le cœur de Dieu et la dignité de l’homme.

Je crois en l’Eucharistie,

Sacrement de la réconciliation, source de la paix,

Nourriture d’un peuple qui préfère le dialogue à la guerre,

Force des témoins qui inventent les paraboles vivantes de pardon. 

 

 

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Rencontre autour de l’Évangile – La Sainte Trinité (Mt 28, 16-20)

 « De toutes les nations faites des disciples.

Baptisez-les au nom du Père,

et du Fils, et du Saint Esprit. »

 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

 Situons le texte et lisons (Math 28, 16-20)

Le passage que nous allons méditer est la finale de l’Evangile de Matthieu. C’est le couronnement de son évangile ; il comprend :

  • Une révélation : Jésus est Seigneur du ciel et de la terre,

  • Une mission : allez, enseignez, baptisez,

  • Une promesse : « Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde ».

Soulignons les mots importants

 Les Onze disciples : Dans l’évangile de Matthieu il est toujours questions des « disciples » : Qu’est-ce qu’un disciple ? Après le départ de Judas, le groupe est réduit : que fera Pierre après l’Ascension de Jésus et la Pentecôte ?

En Galilée : A quel moment Jésus a-t-il donné rendez-vous à ses disciples ? (Rappelez-vous ce que Jésus a dit aux femmes le matin de Pâques). Quelle a été l’importance de la Galilée dans le ministère de Jésus ?

La montagne : Quel est le sens symbolique de la montagne ? (citer quelques montagnes célèbres de la Bible)

Ils se prosternèrent : Que signifient ce geste des disciples ?

Certains eurent des doutes : Comment cela peut-il se faire ?

Jésus s’approcha : Pourquoi cette démarche de Jésus ?

Tout pouvoir…: De qui Jésus a-t-il reçu son pouvoir ? Quel est ce pouvoir ? (on peut se rappeler ce que le diable promettait à Jésus lors de sa tentation)

Allez donc : Que pensez de cet envoi ? A qui s’adresse-t-il ?

De toutes les nations : Quelle est l’importance de cette parole quand on sait que Matthieu écrivait son évangile pour des chrétiens d’origine juive ?

Baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit : Quelle est la volonté de Dieu pour ce monde ? Quelle est la mission pour Matthieu ?

Apprenez-leur à garder tous les commandements : Quel est la loi qui résume tous les commandements de Jésus ?

Et moi, « Je suis » avec vous … Rapprocher cette parole avec le nom qui est donné à Jésus dans l’Annonce à Joseph (au début de l’évangile de Mt).

 

Pour l’animateur  

 Les onze disciples : Matthieu parle des « disciples » et non des « apôtres », parce que pour lui, au moment de l’envoi, ils sont toujours des « élèves ». Après la Pentecôte, Pierre aura le souci de rétablir le groupe des « Douze » par le choix de Matthias.

Au matin de Pâques, les femmes furent envoyées comme messagères pour dire aux apôtres que Jésus Ressuscité leur donnait rendez-vous en Galilée. C’est là, dans ce carrefour où se croisaient des gens de partout, que Jésus avait commencé sa mission et c’est de là qu’il envoie ses disciples pour la mission universelle (« de toutes les nations »).

La « montagne », symbole de la rencontre avec Dieu, nous fait penser ici à la montagne où le démon montrait à Jésus tous les royaumes de la terre, à la montagne des béatitudes où le Maître proclamait la charte du Royaume, à la montagne de la Transfiguration où le Fils de l’homme manifesta sa gloire, et aussi au mont Nébo où Moïse fit ses adieux à son peuple avant son entrée dans la terre promise.

Jésus s’approcha : cette démarche de Jésus exprime que c’est toujours lui qui fait le premier pas et qui a l’initiative. Les disciples se prosternent : geste de foi ; pour certains la foi hésitante ; les doutes montrent bien que le cheminement de la foi n’est pas terminé ; la foi reste un risque et c’est en s’engageant dans la mission que leur foi va s’affermir.

« Tout pouvoir » : le pouvoir que Jésus a reçu du Père, c’est de donner la vie de Dieu à tous hommes. Tous les hommes sont invités à mettre leur existence sous son autorité pour devenir ses disciples.

Allez donc ! : cet envoi en mission s’adresse non seulement au Onze mais à tous les disciples qui vont naître de leur prédication. Pour Matthieu, la mission n’est pas une conquête. Elle consiste pour les disciples à faire d’autres disciples : des hommes et des femmes qui, grâce au témoignage des disciples, font l’expérience que l’enseignement de Jésus, changent leur vie et deviennent à leur tour ses disciples en vivant selon la loi d’amour, qui résume tous les commandements.

Et l’accueil du Maître et de ses commandements s’expriment par le baptême qui enracine le croyant dans une communauté d’appartenance « au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit ». Au début de l’Evangile, Jésus reçoit le nom « d’Emmanuel » : Dieu-avec-nous. En terminant son évangile, Jésus promet qu’il sera toujours l’Emmanuel, « Dieu avec-nous » – « Je suis » avec vous « jusqu’à la fin du monde ».

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Seigneur Jésus fais grandir notre foi en ta Résurrection et en ta présence avec nous jusqu’à la fin du monde. Que ton Esprit-Saint nous aide à vivre en vrais disciples, pour que, grâce à notre témoignage, d’autres disciples se lèvent et le suivent. Merci d’être avec nous tous les jours. Sans toi nous ne pouvons pas faire grand-chose ! Oui, reste avec nous.

TA PAROLE DANS NOTRE VIE :

Nous avons reçu la mission d’enseigner, puisque nous sommes l’Église, les disciples du Ressuscité : Enseignons-nous par notre exemple ? Ceux qui nous voient vivre peuvent-ils pressentir que nous vivons de la présence de Jésus et de l’amour du Père, du Fils et de l’Esprit ?

Enseignons-nous aussi par la parole ? L’Église a besoin de catéchistes formés, d’éducateurs de la foi, capables de témoigner de leur foi auprès des enfants, des jeunes, des adultes…

Nous avons été baptisés au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit : Qu’avons-nous fait de notre baptême : Vivons-nous de l’amour de la famille divine dans laquelle nous sommes plongés et qui est en nous. Quelle est la place du grand commandement de l’amour dans notre vie quotidienne ?

Jésus nous a promis d’être toujours présent à nos côtés : Que faisons-nous de sa présence ?

 

ENSEMBLE PRIONS  

Chant :   Reste avec nous  p. 320

               Dans la nuit se lèvera une lumière (Peuples de frères) p.514

 

 

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Rencontre autour de l’Evangile (Jn 15, 26-27.16,12-15) – La Pentecôte

« Quand viendra le Défenseur que je vous enverrai d’auprès du Père, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. »

 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX 

Situons le texte et lisons ; (Jn 15,26-27) ; 16, 12-15 

Dans le discours après la Cène, après avoir prévenu ses disciples que leur mission dans le monde ne sera pas plus facile qu’elle n’a été pour lui, Jésus leur promet l’assistance de l’Esprit-Saint. 

Le sens des mots

Le Défenseur :

Pourquoi les disciples auront-ils besoin d’un défenseur ?

Que je vous enverrai d’auprès du Père ?

Pourquoi faut-il que Jésus soit auprès du Père pour envoyer l’Esprit-Saint ? 

J’aurai encore beaucoup de choses à vous dire :

Comment comprendre cette parole de Jésus ? 

L’Esprit de vérité :

Pourquoi Jésus nomme t-il ainsi l’Esprit ? 

Il rendra témoignage :

Quel sera le rôle de l’Esprit par rapport à Jésus ? 

L’Esprit vous guidera vers la vérité tout entière, Il fera connaître ce qui va venir : Que veut dire Jésus ? 

Il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître : Quel sera le rôle principal de l’Esprit Saint auprès des apôtres ?

 

Pour animateur 

L’Esprit, le Défenseur (15, 26-27). Les disciples doivent savoir que dans les persécutions, ils ne seront pas seuls ; Le Défenseur sera à leur côté, l’Esprit de vérité qui témoigne pour Jésus. Comme les disciples porteront le même témoignage, on peut en déduire que c’est par les croyants que l’Esprit pourra porter ce témoignage.

Jésus doit passer par la mort et être glorifié dans la résurrection et l’Ascension, pour pouvoir communiquer aux hommes l’Esprit Saint. Dans sa condition terrestre, Jésus n’a pas encore la plénitude de l’Esprit pour pouvoir le donner.

L’Esprit, guide des disciples (16, 12-15) Jésus a donné l’essentiel de sa révélation. La richesse de son message est inépuisable. Il y a encore beaucoup de choses à découvrir dans ce qu’il a dit. L’Esprit fera comprendre ce qui s’est passé. Il conduira vers la vérité en faisant découvrir au fur et à mesure tout le contenu de la Bonne Nouvelle et la manière d’en vivre, de la mettre en pratique, dans l’existence quotidienne. Évoquons simplement Philippe qui, guidé par l’Esprit, donne à l’eunuque de relier Is 53,7-8 à Jésus (Ac 8,29).

L’Esprit fera connaître ce qui va venir, non en prédisant l’avenir ou en apportant une nouvelle révélation inutile après Jésus, mais en éclairant l’avenir à l’aide du mystère de Jésus. 

En définitive, l’Esprit poursuit ce que Jésus a fait : révéler aux hommes le mystère de Dieu. Jésus a été le dernier mot de Dieu aux hommes : mais la personne de Jésus reste en partie une énigme pour les hommes, tant que l’Esprit ne nous ouvre pas à l’intelligence profonde de son mystère. L’Esprit reprend ce que le Fils a été et ce qu’il a apporté, et tout cela vient du Père. C’est dans le Christ, interprété par l’Esprit, que le mystère de Dieu se dévoile.

Plus que personne, les parents de petits enfants savent combien l’être humain est fragile. Un banal refroidissement, une infection, une indigestion, cela suffit parfois, le pire peut arriver. La Bible nous le rappelle : nous sommes faits d’une chair fragile, la vie ne tient qu’à un fil. Il en est de même pour nos sentiments, car l’amour, lui aussi, est fragile. Comment pouvons-nous triompher du mal, alors que nous sommes si exposés ?

Mais Jésus nous a donné un Défenseur, son Esprit, présent à tout son Peuple et à chacun de nous. L’Esprit nous ouvre l’intelligence à l’enseignement du Christ et nous rend capables de porter sa Parole et d’y trouver la Vérité de toute chose, qui est la présence du Dieu d’amour. 

La Pentecôte proclame ainsi que toute l’œuvre du Christ aboutit à une guérison de la faiblesse humaine. Lui-même a insufflé aux apôtres défaits le souffle d’une nouvelle création, son Esprit.

 

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

 Seigneur notre Dieu, nous te rendons grâce pour le don de ton Esprit. Qu’il nous aide à vivre selon la Parole de Jésus ton Fils. Qu’il nous conduise jour après jour à une meilleure connaissance et à un plus grand amour de Jésus. Que sa force nous permette de vaincre nos peurs pour que nous soyons en ce monde difficile ses témoins.

 

TA PAROLE DANS NOTRE VIE

Est-ce que je réalise que sans l’Esprit-Saint ma relation avec le Christ et avec son Père est impossible ? Sans l’Esprit-Saint je ne peux pas être « chrétien », c’est-à-dire appartenir au Christ et vivre de sa vie. 

Qu’est-ce que la « vie spirituelle » ? Un moment de prière par-ci par là, une cérémonie religieuse, telle dévotion… ? Et mon travail, ma famille, tout ce qui remplit mes journées… tout cela serait-il étranger à l’Esprit qui habite en nous ? C’est toute notre vie de baptisé qui doit être une vie « dans l’Esprit » : c’est toute notre vie alors qui est « spirituelle », si nous sommes dociles à l’Esprit qui nous inspire ce qui est bien, ce qui est vrai, ce qui est juste, ce qui est amour.

L’Esprit-Saint fait de nous des fils et des filles du Père, des apôtres, des témoins de Jésus. Où en sommes-nous ?

L’Esprit-Saint est l’âme de l’Église. Comment je considère l’Église ? Comme une simple organisation pour nos besoins religieux ou comme le Peuple de Dieu, le Corps du Christ et le Temple de l’Esprit ? 

ENSEMBLE PRIONS

Esprit-Saint, dès l’origine à l’œuvre sur la terre, tu parlais autrefois par la voix des prophètes. Puis tu vins sur Marie… C’est toi qui dirigeais tous les pas de Jésus. Par toi, Souffle de vie, Christ est ressuscité : les siens l’ont reconnu. Au jour de Pentecôte tu descendis sur eux dans le vent et le feu ; et le timide Apôtre Témoigne au monde entier de la gloire de Dieu. Tu a fais naître l’Église. Dans le cœur du croyant tu choisis ton séjour. Sans toi, nous ne pouvons nommer Dieu « notre Père », ni Jésus « le Seigneur ». Tu fais de nous des fils ; l’étranger devient frère et le monde est meilleur. En nous c’est toi qui pries, et par toi le disciple annonce Jésus Christ. Viens répandre ta vie. Viens ! Le temps de l’Eglise est le temps de l’Esprit.

 
 

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Rencontre autour de l’Evangile (Jn 15, 9-17) – 6ème Dimanche de Pâques

 «  Comme le Père m’a aimé, 

moi aussi je vous ai aimés. 

Demeurez dans mon amour. »

 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

 Situons le texte et lisons (Jn 15, 9-17)

 Nous continuons de méditer sur le grand discours d’adieu que Jésus adresse à ses disciples après la Cène.

 Après avoir lu le texte, l’animateur demande à ceux qui le veulent de redire la parole qui les a touchés.

Faire compter combien de fois les mots « aimer » – « amour » – « ami » sont employés.

 Est-ce que cela nous apprend quelque chose sur le climat de cette dernière réunion de Jésus avec ses disciples ?

  

Le sens des mots

Comme le Père m’a aimé : De quel amour Jésus nous aime-t-il ?

Demeurez dans mon amour : Ce mot « demeurez » est cher à saint Jean : Que veut dire Jésus à ses disciples ?

Mon commandement :

Que demande-t-il à ceux qui veulent le vivre ? « Comme je vous ai aimés » : De quelle manière Jésus aime-t-il ses disciples ?

Tout ce que j’ai appris de mon Père : Qu’est-ce que les disciples ont appris de Jésus ?

 C’est moi qui vous ai choisis : Que veut dire Jésus ?

« Pour que vous partiez, que vous le donniez du fruit : Tout ce que vous demanderez au Père, il vous l’accordera. »

Pour l’animateur

                Jésus s’adresse aux seuls disciples qui ont fait le bon choix. Dans ce passage seul demeurent les amis de Jésus. Par 12 fois le mot « amour » résonne c’est l’amour qui enveloppe tout ce discours. « Porter du fruit » équivaut à « aimer ». Dans l’instant où Jésus aime jusqu’au bout (13,1), il invite ses disciples à se greffer sur le même amour. La réciprocité qui est la loi de l’amour joue curieusement dans ce passage : comme le Père m’a aimé, je vous ai aimés…

                Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. La réponse de Jésus à l’amour du Père est dirigée vers les disciples. De même la réponse des disciples à l’amour de Jésus pour eux doit se porter sur leurs frères.

                Le « comme » répété deux fois est important, car il dit le mystère le plus profond de la révélation : ce n’est pas d’abord une comparaison ; c’est essentiellement un enracinement, un fondement. L’amour du Père et de Jésus s’exprime dans l’incarnation et la mort qui en dit l’aboutissement et le sens.

                Jean parle ici de cet amour intime entre le Père et le Fils, qui s’exprime sur la croix (Jn 3,16), modèle et référence, qui fonde la nouvelle communauté : « Quant à nous, aimons, puisque lui nous a aimés le premier » (1 Jn 4,19).

                Ici Jésus donne le critère pour reconnaître ses amis : ce sont ceux qui font ce que Jésus leur commande (v.14), c’est-à-dire qui s’aiment les uns les autres (v. 15-17). L’amour, dans l’évangile, reste ce qu’il est dans les textes bibliques : une exigence concrète, une fidélité dans les actes.  De serviteurs, les disciples sont devenus amis. Jésus leur a fait partager ce qu’il a de plus cher, la connaissance du Père  (17,26) dans sa totalité (16,15). Grâce à lui, ils sont comme lui, aimés du Père (16 ; 27). Cette proximité avec Dieu a été de tout temps le rêve des hommes. Dans l’Ancien Testament, quelques amis de Dieu, comme Abraham, ont rencontré Dieu comme une personne proche. Moïse aussi a vécu cette expérience mystique, lui « à qui le Seigneur parlait face à face comme un homme parle à son ami » (Ex 33,11). Ce qui n’était que le privilège de quelques-uns est donné, par Jésus, à tous ceux qui acceptent de devenir ses disciples.

                En vérité, cet amour ne saurait être le résultat de la seule décision du croyant : c’est Jésus qui choisit ses amis (6,70 ; 13,18). C’est un don gratuit dont l’homme n’a pas à s’enorgueillir.

 

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

 Seigneur Jésus, à tout l’amour que le Père a pour toi tu réponds en nous aimant jusqu’à donner ta vie pour nous. A notre tour, à tout l’amour que tu as pour nous, nous devons répondre en aimant nos frères. Fais-nous la grâce de demeurer dans ton amour en aimant nos frères.

 

TA PAROLE DANS NOTRE VIE

 – Travaillons-nous à faire connaître aux hommes cette amitié du Christ pour eux ?

 – Pour ce faire, nous conduisons-nous en amis de Jésus Christ par le témoignage d’une vie d’obéissance aux appels du Père, par un véritable amour fraternel les uns pour les autres, par une prière qui manifeste notre joie de passer du temps avec notre Ami ?

 

ENSEMBLE PRIONS

 Jésus nous dit : « Tout ce que vous demanderez au Père « en mon nom, il vous l’accordera ».

 Prions maintenant Dieu notre Père avec confiance en unissant notre prière à celle de son Fils Jésus.

 Tous : Par Jésus Christ ressuscité, exauce-nous Seigneur. 

  • Prions pour les personnes qui consacrent leur vie à faire connaître et aimer le Seigneur. 

  • Prions pour les couples mariés et qui recherchent dans le Christ, le modèle de leur amour. 

  • Prions pour les personnes qui souffrent de ne pas être aimées et cherchent à faire l’expérience de l’amour de Dieu. 

  • Prions pour les membres de notre groupe afin qu’ils donnent au monde le témoignage de l’amour fraternel.

 

Pour lire ou imprimer le document en PDF cliquer ici : 6ième DIMANCHE DE PAQUES

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Rencontre autour de l’Evangile (Jn 15, 1-8) – 5ème Dimanche de Pâques

 

 » Je suis la vraie vigne, et vous, les sarments.

Celui qui demeure en moi et en qui je demeure,

celui-là donne beaucoup de fruits « .

 

 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons (Jn 15, 1-8)

Dans l’évangile de Jean, il y a deux discours d’adieu de Jésus. Avec l’évangile de la Vigne commence le second discours. Jésus est avec ses disciples, au cours du dernier repas avant sa Passion et sa Mort.

Le sens des mots

Moi, je suis la vraie vigne : Dans l’Ancien Testament (Is 5,1-7 ; 27,2-5 ; Jr 5,10 ; 12,10-11) l’image de la vigne désigne Israël. Que veux dire alors Jésus en disant qu’il est « la vraie vigne ».

Mon Père est le vigneron : Par cette expression qu’est-ce que Jésus nous apprend de sa relation au Père ?

Demeurez en moi, comme moi en vous : Noter combien de fois ce mot ‘demeurer’ revient dans la bouche de Jésus. Qu’est-ce que cela nous dit d’important pour la relation qui existe entre Jésus et les chrétiens ? 

Vous (êtes)les sarments : C’est la même sève de vie qui circule entre le pied de vigne et les sarments : quelle est cette sève qui circule entre Jésus et nous  et qui fait que nous ne formons qu’un avec lui et nous tous ‘ un’ en lui ? 

Celui-là donne beaucoup de fruit: Quel est ce fruit abondant que produit celui qui demeure uni au Christ ? (On peut aller voir Galates 5,22) 

En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire : Quel est le sens de cette parole ? 

Les sarments jetés au feu et qui brûlent : Les sarments qui ne portent pas de fruits seront éliminés... A qui peut-on penser en cette dernière nuit qui précède sa Passion de Jésus?Quel est le sens de ces mots ?Est-ce qu’ils nous disent quelque chose du sort de ceux qui sont en rupture avec la communauté de l’Eglise ?

Vous serez pour moi des disciples : c’est quoi précisément être disciple de Jésus ?

 

Pour l’animateur 

Moi, je suis : Nous retrouvons ici cette expression qui laisse deviner l’identité de Jésus : il reprend le Nom de Dieu « Je suis » (Ex 3,14).

La vraie vigne : La Bible utilise souvent l’image de la vigne pour parler du peuple d’Israël. Mais cette vigne n’a jamais produit que des fruits de médiocre qualité. En se disant la « vraie vigne », Jésus prend le relais d’Israël et inaugure le peuple nouveau. L’appartenance à ce peuple n’est plus d’ordre ethnique, racial ou religieux, mais dépend de l’union étroite avec Jésus.

Jésus, le Fils du Père, est uni au Père dans l’obéissance : il se reçoit du Père et lui appartient.

Entre Jésus et ses disciples, une même sève, une même vie, circule : c’est la même vie qui unit Jésus à son Père, c’est  l’Esprit-Saint qui est dans les disciples depuis le baptême et qui les unit tous ensemble dans le Christ. La Vigne, c’est Jésus prolongé en ses disciples. C’est l’Église, mystère de communion. Le baptisé appartient à Jésus et par lui, au Père, comme le sarment appartient à la vigne. Demeurer dans le Christ, c’est vivre de sa présence, de son amour.

Qui se détache du cep se dessèche ; il est jeté au feu et il brûle : il ne faut pas voir dans cette expression une description de l’enfer et de ses châtiments. Cependant, cette perspective décrit la gravité de la situation de celui qui se coupe de Jésus. En cette nuit de la Passion, comment ne pas penser à Judas. Et dans la communauté chrétienne de Jean, il y a des « antichrists », (1Jn 2,19). Et dans nos communautés chrétiennes !? Il faut voir dans ces paroles de Jésus un appel à la conversion.

Mais demeurer lier à Jésus, c’est accepter de souffrir avec lui, d’être un sarment que le vigneron taille (nettoie) pour assurer la récolte à venir, tout comme Jésus, qui va  entrer dans sa Passion, chemin obligé de sa résurrection et de sa glorification par le Père.

Qui demeure lié à Jésus porte du fruit,  c’est vivre en disciple de Jésus : adhérer à Jésus dans la foi et l’amour, dans une attitude de conversion permanente, un amour qui soit signe pour le monde par sa qualité et son intensité.Communion au Christ pour une évangélisation qui porte du fruit.

En dehors de moi vous ne pouvez rien faire : S’il est vrai que Jésus est la Parole de Dieu, qui nous révèle de façon parfaite qui est Dieu et quel est son plan d’amour, alors il doit rester pour le croyant le repère incontournable, la référence obligée. Mais pour les croyants sincères d’autres religions, le Seigneur les éclaire de la façon que lui seul connaît.

 

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

 Inviter le groupe à redire l’une ou l’autre parole du texte, en  forme de méditation partagée, pour intérioriser cette belle page d’évangile.  

 

TA PAROLE DANS NOTRE VIE 

Est-ce que nous recevons les échecs, les souffrances, les coups durs, comme des épreuves par lesquelles le Père nous purifie et purifie nos engagements pour qu’ils portent du fruit ? 

La vigne, c’est Jésus uni à notre communauté d’Église : Est-ce que chacun de nous est un sarment uni aux autres,  un membre qui prend sa place dans la communauté ?

 

ENSEMBLE PRIONS  
Le Seigneur nous a aimés comme on n’a jamais aimé.
Il rassemble tous les hommes et les fait vivre de sa vie.
Et tous les chrétiens du monde sont les membres de son corps.
Rien ne peut les séparer de son Amour.
 

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Rencontre autour de l’Evangile – 4ième Dimanche de Pâques (Jn 10, 11-18)

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons (Jn 10, 11-18)

Après avoir prononcé la parabole de la bergerie et du pasteur (v.1-6) devant les juifs qui s’opposent à lui et le menacent, Jésus donne l’interprétation de la parabole (v. 7 et ss) parce que ses adversaires n’avaient pas compris ce qu’il voulait dire.

Le sens des mots

Je suis le bon pasteur : Quand Jésus dit « Je suis », il laisse entendre quelque chose de son identité  (Rappelons-nous le Nom que Dieu révèle à Moïse au Buisson ardent de l’Exode) On peut se rappeler d’autres paroles de Jésus qui commencent par « je suis ».

Berger mercenaire : Que signifie ce mot ? (on en parle quelque fois dans certains coups d’Etat)

Le loup s’empare des brebis et les disperse : De qui Jésus parle-t-il ?

Des mots très forts expriment les liens qui existent entre le bon berger et ses brebis : relever les expressions qui décrivent ces liens.

Moi, je suis le bon pasteur : Jésus est le bon pasteur pour deux raisons : lesquelles ?

« Je connais » mes brebis et mes brebis « me connaissent » : le mot « connaître » dans la Bible a un sens plus profond que dans notre langage courant. Comme le Père me connaît et je connais le Père : Qu’est-ce que Jésus nous révèle de la relation qu’il y a entre lui et ses disciples ?

Je donne ma vie pour mes brebis : Qu’est-ce Jésus annonce par ces mots ?

J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie…il faut que je les conduise : Qu’est-ce Jésus porte dans son cœur en disant ces paroles ?A qui pense-t-il ?

Elles écouteront ma voix : Quelle est la force de la parole de Jésus ?

 

Pour l’animateur

Les mots « je suis » qui précède bon pasteur nous permettent de réaliser que Jésus s’attribue le Nom même de Dieu. Dans l’Ancien Testament, les prophètes ont parlé de Dieu comme le pasteur de son peuple. Le prophète Ezéchiel en particulier a annoncé que Dieu lui-même, devant la conduite des mauvais pasteurs qu’il a donné à son Peuple, viendrait lui même prendre la tête de son troupeau. (Ez.34). Jésus réalise cette prophétie.

A l’inverse du mercenaire qui est « payé pour » et pour qui les brebis ne comptent pas vraiment, entre le bon berger et ses brebis, il y a des liens très forts : les brebis lui appartiennent, les brebis comptent beaucoup pour lui, ils connaissent sa voix (v.4), il les connaît et elles le connaissent, c’est à dire il y a une connaissance du cœur, une communion, entre le bon berger et ses brebis. Il donne sa vie pour elles.

Cette connaissance de cœur et de communion entre Jésus et les membres de son peuple s’enracine dans la communion qui existe entre le Père et Jésus son Fils.

La parabole renvoie clairement à la mort de Jésus  (« Je donne ma vie pour mes brebis ») Jésus versera son sang pour la multitude (Mc 14,24). Son « corps sera donné pour vous » (Lc 22,19)

Le mercenaire abandonne ses brebis ; Jésus dira « Je ne vous laisserai pas orphelins » (Jn 14,18). Personne n’arrachera les brebis de sa main pour les disperser ; au contraire il va mourir pour « rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. » (Jn 11,52) Le loup représente tous ceux qui attaquent le troupeau et cherchent à le détruire ou à le diviser.

« J’ai encore d’autres brebis… » Jésus pense aux croyants  qui viendront du monde païen  et qui par l’intermédiaire des disciples, croiront en lui.

Elles écouteront ma voix : Le rassemblement se fera autour de Jésus et de sa parole. La Parole de Jésus est une force de rassemblement et source d’unité.

La disposition des derniers versets, ci-dessous, laisse voir l’intimité de Jésus avec son Père, intimité qui donne sens à sa vie et à sa mort. Le Père est à la source et à la fin de l’activité de Jésus. Tout vient de lui : le commandement n’est rien d’autre que l’expression de l’amour

La mort est un acte souverainement libre dans lequel Jésus accomplit le commandement du Père. Jésus reste maître parce qu’il accomplit ce que Dieu, dans son amour, a voulu pour apporter la vie aux hommes.

Le Père  m’aime : Parce que je DONNE ma vie pour la REPRENDRE ensuite  personne ne peut me l’enlever.

                             Je la donne de moi-même, j’ai pouvoir de la DONNER et le pouvoir de la REPRENDRE

                             voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père.

 

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Jésus, tu es le bon pasteur. Nous sommes les brebis de ton troupeau. Chacun de nous est important pour toi. Tu nous connais et tu nous invites à te connaître, comme des époux ou des amis qui s’aiment ; comme ton Père et Toi vous vous connaissez et vous aimez. Tu as donné ta vie pour le salut de tous les hommes. Comme ton Père, tu portes dans ton cœur le désir de faire entrer dans ton troupeau tous ceux qui ne te connaissent pas encore. Envoie des ouvriers de l’évangile pour faire entendre ta voix.

 

TA PAROLE DANS NOTRE VIE

Est-ce que nous nous laissons aimer et guider par Jésus, le Bon Pasteur ? Est-ce que nous cherchons à le connaître ? à connaître ses paroles ?

Cet évangile du Bon Pasteur nous l’entendrons le dimanche où l’Eglise prie pour les vocations, en particulier des vocations de prêtres. Quel est l’intérêt que nous portons à l’éveil des vocations ? Quelle serait notre réaction si l’un de nos garçons nous faisait part de son désir d’être prêtre ?

Pour faire vivre son peuple et pour faire connaître le salut qu’il offre à tous les hommes,  Jésus a besoin aussi de diacres, de religieux, de religieuses, de missionnaires, de couples chrétiens qui témoignent de l’amour de Dieu :  est-ce que nous portons dans notre cœur et notre prière toutes ces vocations ? Est-ce que nous rejoignons Jésus dans son désir de rassembler tous les hommes dans l’amour du Père ?

ENSEMBLE PRIONS 

Dieu, Père éternel et tout-puissant, guide-nous jusqu’au bonheur du ciel ; que le troupeau parvienne, malgré sa faiblesse, là où son Pasteur, Jésus Christ, est entré victorieux. Lui qui règne avec Toi, dans l’Amour de l’Esprit, pour le siècles.

Chant : Pasteur d’un peuple en marche

 

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Rencontre autour de l’Évangile (Lc 24, 35-48) – 3ième Dimanche de Pâques

 » C’est vrai ! Le Seigneur est ressuscité ! « 

 

 TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons (Luc 24, 13-35)

Luc est le seul évangéliste à nous rapporter cette rencontre des deux disciples avec Jésus Ressuscité sur le chemin qui va de Jérusalem à Emmaüs. Ces deux disciples ont fait, tout en cheminant sur la route, un chemin intérieur, une véritable expérience pascale, que nous allons découvrir ensemble.

Soulignons les mots importants

Le troisième jour après la mort de Jésus : Quel est ce jour ?

Jérusalem : Que représente cette ville pour les deux disciples qui font route vers Emmaüs ?

Jésus lui-même s’approcha : Qui est-ce qui a l’initiative de la rencontre ?

Il marchait avec eux : Comment interpréter ce compagnonnage ?

Leurs yeux étaient aveuglés : Qui est ce compagnon pour les deux disciples ? Pourquoi ne le reconnaissent-ils pas ?

Ils s’arrêtèrent tout tristes : Comprenons bien cette tristesse des deux disciples. Quel autre mot pourrions-nous utiliser pour dire leur état d’esprit ?

Quels événements ? Jésus fait semblant d’ignorer. Pourquoi les « événements de Jérusalem » sont-ils importants à interpréter ?

Libérateur d’Israël : Quelle était l’espérance des disciples à propose du Messie qu’ils attendaient ?

Vous n’avez donc pas compris ? Qu’est-ce qu’ils n’ont pas compris ?

Votre cœur est lent à croire : Pourquoi Jésus parle-t-il du « cœur » quand il s’agit de croire ?

Ne fallait-il pas que le Messie souffrit tout cela… : Où est-ce que Jésus a puisé pour donner un sens à sa souffrance ?

Moïse et tous les prophètes : Que représente cette expression ?

Jésus fit semblant d’aller plus loin : Comment interpréter cette attitude de Jésus ?

Il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et leur donna : Que nous rappelle ces paroles ? Quelle est l’intention de Luc ?

Leurs yeux s’ouvrirent : Qui est-ce qui a ouvert leurs yeux ? Et de quels yeux s’agit-il ? Il disparut à leur regard : Pourquoi ?

Notre cœur…brûlant : Quelle est l’expérience des deux disciples ; quel est le rôle des Ecritures ? Finalement quelle est la « clé » pour bien interpréter les textes de l’Ancien Testament.

Ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem : Pourquoi ce demi-tour ?

 

Pour l’animateur        

Le troisième jour après la mort de Jésus : c’est le premier jour de la semaine,  le jour de la Résurrection. Pour ces deux disciples, Jérusalem, c’est la ville de l’échec pour leur Maître, la ville de la déception pour ses disciples, la ville de la mort de leur espérance. Ils ont quitté le groupe réuni avec les Onze.

Jésus, comme dans toutes les apparitions pascales, prend l’initiative de la rencontre. La foi est un don de Dieu. Il prend le temps de marcher avec eux : cette marche sur le chemin symbolise le cheminement intérieur qu’il fera faire aux deux disciples.

Au début, pour les deux disciples, Jésus n’est qu’un pèlerin venu célébrer la Pâque à Jérusalem. Ils parlent de Jésus au passé, comme d’un mort. « Cet homme était…ils l’ont livré… » etc. Leur espérance est bien morte. Découragement. Déception. Déprime, désespoir…des mots qui disent leur tristesse. Ils attendaient un Messie triomphateur et libérateur.

C’est leur manque de foi en la Parole de Dieu annoncée par les prophètes qui les empêche de reconnaître qui est leur compagnon. Il faut dire également que les yeux de chair sont impuissants à reconnaître le Ressuscité, car il est entré dans une condition totalement nouvelle. Ce sera au Seigneur de leur ouvrir les yeux, l’intelligence, le cœur.

Les événements de la Passion et de la Mort de Jésus sont la base historique de notre foi en la Résurrection. Notre foi ne repose pas sur une légende, sur un mythe, une histoire imaginée, mais sur des faits, dont on peut retrouver les traces.

C’est en méditant les Psaumes, Moïse et les Prophètes (c’est à dire toutes les Ecritures) que Jésus a pu découvrir peu à peu le sens de sa vie et de sa mort. Et c’est en repassant avec eux tous les « événements » à la lumière des Ecritures, que Jésus peu à peu réchauffe le cœur des deux disciples et fait renaître l’espérance. Jusque là ils n’avaient pas compris chaque fois que Jésus leur disait qu’il lui fallait souffrir et mourir pour entrer dans la gloire du Royaume. Jésus le leur reproche. Ils espéraient un Royaume terrestre.

Jésus, au bout du chemin, fait semblant d’aller plus loin : il ne veut pas s’imposer. L’invitation amicale et suppliante des deux disciples lui permet de se révéler pleinement dans le repas partagé. La façon dont Luc raconte les gestes familiers de Jésus durant ce repas renvoie les deux disciples à la Cène et nous renvoie en même temps à l’eucharistie, la « fraction du pain », le grand signe laissé par Jésus pour célébrer sa Mort et sa résurrection.

Jésus ressuscité leur a ouvert les yeux du cœur : ils renaissent à la foi. Ils passent de la mort à la vie. Le cœur brûlant : c’est le fruit de l’Esprit à l’œuvre dans les Ecritures et en Jésus ressuscité. C’est l’expérience pascale que devront faire tous les apôtres. La résurrection de Jésus est donc la « clé » qui permet d’interpréter toutes les Ecritures. Les deux disciples n’ont plus besoin de voir. Jésus ressuscité, bien qu’invisible, est présent partout d’une autre manière. Jérusalem redevient pour les deux disciples la ville de la Vie, de l’Espérance, de la communauté des témoins, d’où la bonne Nouvelle partira vers le monde entier.

 

   

TA PAROLE DANS NOS MAINS :

La Parole aujourd’hui dans notre vie

Les disciples d’Emmaüs font un « long chemin de foi » : ensemble retrouvons les étapes de ce chemin.

En quoi cette expérience des disciples nous aide à vérifier où nous sommes rendus sur le chemin de notre foi ?

Quelle place les événements de la passion et de la mort de Jésus tiennent dans notre foi ?

Les grandes questions de notre condition humaine : les souffrances, les épreuves, les échecs, le mort reçoivent-elles une lumière par tout ce que Jésus a vécu ?

Et la résurrection de Jésus : est-elle au centre de notre foi ?

Quelle place tiennent les Ecritures dans notre vie chrétienne. Est-ce que nous prenons soin de nous faire aider pour une bonne interprétation de la Bible ?

Est-ce que nous pouvons retrouver dans le récit des Disciples d’Emmaüs les principaux moments de la célébration de l’Eucharistie d’aujourd’hui ?

Nos « eucharisties » (nos messes) ou encore nos « fractions du pain », sont-elles pour des rendez-vous avec le Ressuscité ? Sont-elles le moment où nos yeux s’ouvrent pour le reconnaître ?

Et la proclamation des Ecritures dans nos assemblées : comment sont-elles faites ? Et nos homélies ?  Est-ce que la Parole de Dieu vient éclairer notre vie, dénoncer nos manques de foi, rendre nos cœurs brûlants d’amour pour Dieu et pour nos frères ?

La messe achevée, sommes-nous motivés pour témoigner par notre vie et nos paroles : Le Seigneur est vraiment ressuscité » ?

 

Ensemble prions

Prière : choisir un chant du temps pascal (carnet paroissial)

Oraison : Seigneur Jésus, ouvre nos esprits à l’intelligence des Écritures, comme tu le fis pour tes apôtres. Explique-nous ce qui te concerne dans la Loi de Moïse, dans les prophètes et les psaumes.

Alors, dans chaque pas de l’Ecriture, nous pourrons reconnaître ton visage, ô Ressuscité.

 

 

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