6ième Dimanche de Pâques ( Jean 14, 23-29) :  « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole. » (Francis Cousin)

« Si quelqu’un m’aime,

il gardera ma parole. »

Le premier verbe est au présent, le second au futur. Au futur, comme une implication, une conséquence obligatoire de la première partie de la phrase.

Ce qui veut dire que le plus important est le début de la phrase, et son verbe : aimer.

Aimer, qui est la motivation principale, et sans doute la seule, de toutes les actions du Père : la création du monde, de l’homme à son image, de son alliance faite avec les hommes, d’abord avec le peuple hébreu puis avec tous les hommes quand il envoya son Fils sur la terre : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. » (Jn 3,16).

Et Jésus, le Fils, « fait pareillement ce qu’il voit faire par le Père » (cf Jn 5,19), car « le Père et moi nous sommes UN. » (Jn 10,30).

Mais il y a un si.

Dieu, Jésus, nous laissent toujours libres de nos actions.

« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole. »

Garder la Parole, ce n’est pas simplement l’entendre, l’apprendre, la connaître (au sens d’une leçon apprise), la mettre dans sa poche avec son mouchoir par-dessus, ou dans une boite bien serrée. C’est bien plus que cela : c’est faire que cette Parole devienne le moteur de notre vie, la référence de nos actions, de telle manière que l’on puisse dire : « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi. » (Ga 2,20).

Et c’est là où nous devons nous remettre en question.

Parce que vivre ainsi, comme saint Paul, nous avons du mal à nous en sentir capable, même si « rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1,37), et bien souvent, nous en sommes loin.

C’est d’autant plus important de réfléchir à cette situation quand on lit la phrase suivante : « Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. » qu’on pourrait lire aussi comme « celui qui ne garde pas mes Paroles ne m’aime pas ! » (cf Jn 14,21). Or, nous aimons Jésus ! Ou tout au moins, nous voulons l’aimer ! …

Serait-ce que nous n’ayons que l’illusion d’aimer Jésus ?

Sans doute non !

Mais cela veut dire que nous sommes sur un chemin, sur le chemin qui est Jésus, qui nous amène vers son Père, vers la vie éternelle … et que nous avons encore à nous perfectionner, peu à peu, pas après pas sur ce chemin de sainteté, sur ce chemin de perfection : « Soyez parfait comme votre Père céleste est parfait ! » (Mt 5,48).

Dieu nous prend tels que nous sommes, et il nous fait avancer avec lui sur ce chemin de perfection, et il est toujours avec nous pour nous aider, nous faire prendre les bonnes décisions …

Et Jésus nous l’a dit, à plusieurs reprises. Notamment dans l’évangile de ce jour : « Le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. », pour que nous puissions prendre les bonnes décisions au bon moment.

Ainsi, ce sont les trois personnes de la Trinité qui sont toujours avec nous, à chaque instant de notre vie.

Et Jésus ajoute encore : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. »

Jésus veut que nous soyons dans la paix. Tout le temps ! Une paix profonde ! Une paix intérieure ! C’est d’ailleurs la première chose qu’il dira à ses apôtres quand il leur apparaitra ressuscité !

Alors essayons de faire de notre mieux pour garder la Parole de Jésus et la mettre en pratique (Mt 7,24), même si c’est parfois difficile, même s’il nous fait faire des efforts pour y arriver …

Ce sera notre manière de lui montrer que nous l’aimons, malgré tout, malgré nos imperfections …

 

Seigneur Jésus,

Je suis comme saint Pierre,

toujours prêt à te répondre :

« Tu sais bien que je t’aime ! »,

parce que je le crois.

Mais bien souvent, je suis obligé d’admettre

que je ne mets pas toujours en pratique ta Parole.

Que ton Esprit m’aide à le faire.

Francis Cousin    

 

 

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Image dim Pâques C 6°

 




6ième Dimanche de Pâques – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Jean Jn 14, 23-29)

“Tous appelés à la Vie,

par le Don gratuit de l’Esprit”

(Jn 14,23-29)…

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ;
mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »
Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.
Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi.
Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.

 

 

 

            Les premières paroles de Jésus sont ici : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole »… Mais avec St Jean, ce n’est pas seulement un exercice de mémoire… En effet, « celui que Dieu a envoyé prononce les paroles de Dieu, car il donne l’Esprit sans mesure » (Jn 3,34) et « c’est l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63). Autrement dit, « garder la Parole » de Jésus, l’envoyé du Père, c’est garder le Don de l’Esprit qui se joint toujours à elle, et donc, avec lui, le Don de la Vie… C’est veiller à vivre dans la foi, tourné de cœur vers Lui, du moins autant que notre faiblesse le permet… Et dès que nous constatons un égarement, offrons le vite à l’Amour, qui, de son côté, n’a jamais cessé de nous aimer et donc de désirer pour nous le meilleur. Et aussitôt, il accomplira en nous son œuvre de Sauveur : « enlever le péché du monde » (Jn 1,29)… Alors, « si le salaire du péché, c’est la mort, le don gratuit de Dieu c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus » (Rm 6,23) par le Don de « l’Esprit qui vivifie »…

            « « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole, et mon Père l’aimera », mais c’est déjà fait : « Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés le premier » (1Jn 4,10), et il l’a fait notamment en nous créant par le Don, en nous, de son Souffle de Vie (Gn 2,4b-7), de son Esprit de Vie. Et nous retrouvons avec cet acte fondateur un geste d’amour, car pour Dieu, aimer, c’est tout donner, tout ce qu’il a, tout ce qu’il est : « Le Père aime le Fils et il a tout donné en sa main » (Jn 3,35), « tout ce qu’il a » (Jn 16,15 ; 17,10), tout ce qu’il est… « Dieu est Amour » (1Jn 4,8.16), le Père est Amour ? « Tu es mon Fils Bien-Aimé », dit-il à son Fils, « en toi, j’ai mis tout mon amour » (Mc 1,11), tout ce que je Suis (Ex 3,14), toute ma vie : « Comme le Père a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d’avoir la vie en lui-même » (Jn 5,26), gratuitement, par amour. Et c’est aussi ce qu’il s’est passé au jour de la création de chacun d’entre nous : Dieu a fait de nous des créatures spirituelles (1Th 5,23), « des âmes vivantes » (Gn 2,7), par le Don gratuit, par amour, de son Souffle de Vie, de son Esprit de Vie… Et c’est cet homme « esprit » que Dieu veut combler de son Esprit pour lui donner, tout aussi gratuitement, par amour, de participer à la Plénitude de sa Vie, de sa Lumière et de sa Paix. Tel est le cadeau du médecin à ses malades (Lc 5,31-32), du Sauveur aux pécheurs que nous sommes : « La Paix soit avec vous. Recevez l’Esprit Saint » (Jn 20,22), car « Dieu vous a choisis dès le commencement pour être sauvés par l’Esprit qui sanctifie » (2Th 2,13)…                                                                                                                                                                     DJF




6ième Dimanche de Pâques – Homélie du Père Louis DATTIN

L’Eglise

 Jn 14, 23-29

En ce dimanche, les textes de la parole de Dieu nous invitent à une méditation sur l’Eglise. C’est, sans doute, ce dont nous avons le plus besoin pour assurer notre foi. Que nous ayons la foi, que nous ayons l’amour, que nous soyons animés d’une espérance sans faille, que nous sachions bien prier et nous remettre sans cesse à l’écoute de la Parole de Dieu, tout cela ne servirait pas à grand- chose, si toutes ces activités chrétiennes ne s’exerçaient pas dans le cadre de l’Eglise.

Il y a peu de temps encore, certaines personnes âgées considéraient leur religion comme une affaire privée, personnelle, individuelle et n’allaient guère à l’église que pour ressourcer et nourrir leur dévotion intime. Le cadre de leur vie spirituelle, c’était leur chambre, leur prie Dieu, leur gros missel, quelques images pieuses sur leur table de nuit et la messe elle-même n’était considérée que comme station-service purement individuelle. Bien que très pieuses et de parfaite bonne foi, ces personnes, et c’était l’époque qui les y portait, n’avaient pas pris conscience, qu’elles faisaient partie, qu’elles étaient partie prenante, d’une Famille spirituelle, d’une communauté, d’un réseau intérieur et extérieur qui nous établit entre nous, comme des frères et sœurs d’une même Famille dont Dieu est le Père, Jésus-Christ : le Fils aîné, l’Esprit-Saint : l’animateur et dont nous sommes tous, tant que nous sommes, des membres plus ou moins actifs.

Si nous l’avions oublié, la Parole de Dieu à cette messe, est là pour nous le rappeler vigoureusement.

Que voyons-nous dans la 1ère lecture ? Un groupe, une communauté d’apôtres réunis ensemble à Jérusalem pour prendre des décisions. Au 1er concile, celui de Jérusalem, il s’agit de prendre une décision grave : « Allons-nous nous enfermer dans nos petites pratiques d’autrefois et rester entre nous, frileusement installés dans nos dévotions d’hier ou d’avant-hier, ou allons-nous ouvrir toutes grandes les portes de l’Eglise, à des non-Juifs, incirconcis, quitte à bouleverser nos mentalités et à faire passer un grand courant d’air dans notre Cénacle ? »

Sous l’action de l’Esprit, qui ne l’oublions pas, apparaît sous le signe d’un vent violent, d’une tempête (rappelez-vous la Pentecôte), les apôtres décident l’ouverture : ils quittent le port bien abrité du judaïsme pour se lancer en haute mer et c’est l’aventure de l’Eglise, sous le souffle de l’Esprit, avec Pierre, le 1er pape, à la barre de l’Eglise et nous avons entendu, dans la 1ère lecture, cette phrase surprenante :

« L’Esprit-Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous des obligations judaïques, notamment  la circoncision ». « l’Esprit-Saint et moi-même ».

Dès le 1er concile, dès sa sortie du port, la barque de l’Eglise est dirigée par qui ? L’Esprit-Saint et moi-même : c’est-à-dire c’est par le pape qui, lui-même est à l’écoute de l’Esprit qui lui souffle la conduite qu’il faut tenir, le cap qu’il faut prendre.

Si vous allez dans un port d’une station touristique vous verrez le long des quais, deux sortes de bateaux.

Les 1ers sont destinés à une promenade en mer. Il y a un capitaine à la barre et puis partout sur le pont  ou les entreponts, des bancs où les touristes pourront s’asseoir, installer leurs affaires, tirer leurs jumelles pour inspecter le paysage, tous assis, inactifs, bavardant  ensemble.

Un  seul  travaille  dans ce navire: celui qui est à la barre et tous ceux qui sont  autour de lui, font, ce qu’on appelle “une promenade en mer” ; le bateau, la direction, son énergie, sa navigation, ça ne les intéresse pas, ils ne  sont là  que pour se faire  véhiculer  d’un point à un autre : est-ce là une image de l’église ? A certains moments, j’ai bien peur que oui : quelques responsables avec une foule de consommateurs inactifs, assis et attendant qu’on les mène au bout.

Au port, il y a aussi, un autre bateau, pas un rafiot avec des bancs, mais un beau bateau effilé, racé, plein de cordages, de poulies, d’amarres, d’instruments de navigation et dans celui-ci, ce n’est pas un homme mais tout un équipage, actif, attentif, chacun à sa place, chacun ayant son rôle, paré à virer au moindre commandement du barreur. Ah si ce navire-là pouvait être l’Eglise ! Où chacun a un rôle actif, chacun a sa fonction, sa place à tenir, une Eglise qui ne soit pas un magma de touristes passifs, mais un équipage sous les ordres du skipper, prêts à manœuvrer d’une façon coordonnée et efficace pour le lancer en haute mer !

Ce bateau, vous l’avez reconnu, c’est l’Eglise avec son pilote : le pape, son équipage : nous tous, à notre place, sortant vers le large, sous l’impulsion de l’énergie de l’Esprit.

La seconde lecture, elle, nous donne une autre image de  l’Eglise, très belle, elle  aussi : une ville qui descend du ciel, la Jérusalem glorieuse, resplendissante, une ville lumière, mais sans soleil ni lune. C’est la gloire de Dieu qui l’illumine et sa source de lumière, c’est  l’Agneau Jésus-Christ, lumière du monde. Elle  avait  une grande  et  haute muraille : une muraille qui nous protège, mais qui ne nous enferme pas. La preuve : elle possède douze portes : l’Eglise n’est pas un ghetto, ni un château-fort avec pont-levis.

Elle reste ouverte et accueillante à tous, aux quatre points de l’horizon : trois portes à l’orient, trois portes au nord, trois au midi, trois à l’occident.

La muraille de la cité reposait sur douze fondations : les douze apôtres de l’Agneau, l’Eglise fondée sur les apôtres et ses successeurs, le pape et les évêques. Peut-être êtes-vous étonnés, que dans cette ville-là, il n’y a pas de temple, pas d’église. C’est toute la ville qui est l’Eglise, car son temple, c’est Jésus-Christ. Plus besoin d’église de pierres, de rassemblement pour le culte, nous sommes déjà tous unis autour de l’Agneau, autour de Jésus-Christ, notre soleil, source de notre lumière.

Là encore, cette ville, image de l’Eglise, c’est une vie ensemble, une communion de tous avec Jésus-Christ, protégée par les hautes murailles de la Garde de Dieu, éclairée par la lumière du Christ, fondée sur le roc de la foi des apôtres: « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise », c’est-à-dire : « Je construirai l’unité de ma famille, animée par mon Esprit, conduite par mon Fils, aimée et protégée par le Père ».

Dans  cette  cité  sainte, sommes-nous  des  citoyens  à  part entière ?

Des bâtisseurs, des ouvriers de paix travaillent-ils à l’unité de cette cité ?

Travaillons-nous à la sainteté de l’Eglise ?

Quelle est la place de l’Eglise dans notre prière ?

Savons-nous rayonner d’un amour qui rassemble, avec la joie d’être ensemble ?

Avons-nous conscience d’être le Peuple de Dieu, le Peuple où il se trouve ?

C’est l’Evangile d’aujourd’hui qui nous fait sentir le mieux, après le 1er concile de Jérusalem et la vision de l’Apocalypse, la cité nouvelle. Quelles sont les sources de cette unité des chrétiens, de cette vie d’Eglise ?

La  1ère  source, c’est  la   fidélité  à  la  Parole  de  Dieu : « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole » et dans ce cas : le  Père aime  l’Eglise  et  ajoute  Jésus : « Nous  irons demeurer en elle ».

La présence de Jésus à l’Eglise est provoquée par notre fidélité à écouter et à mettre en pratique ce qu’il nous dit, ce qu’il nous demande et cette parole-là, elle n’est pas seulement de lui, elle est du Père qui l’a envoyé.

Mais cela ne suffit pas : notre fidélité, le Seigneur, le sait par expérience, est bien faible, bien fragile, souvent clignotante, aussi nous envoie-t-il le Défenseur : l’Esprit-Saint qui est à la fois notre moniteur, notre éducateur et qui nous rappelle toutes les consignes de Jésus et c’est la 2e source de l’unité de l’Eglise et de sa croissance. Rappelez-vous ce que dit le prêtre au début de la messe : « Que la communion de l’Esprit Saint soit avec toujours avec vous ». Nous ne sommes vraiment unis entre nous, nous ne formons l’Eglise, nous ne faisons “Eglise” que si l’Esprit Saint est là pour nous réunir, nous unir, nous lier ensemble autour de Jésus-Christ, c’est lui le rassembleur.

Frères et sœurs, le ciel, qu’est-ce-que c’est ?

C’est l’Eglise rassemblée définitivement autour du Père qui nous comble de sa tendresse, du Fils qui nous a sauvés et de l’Esprit qui assurera définitivement notre unité dans la joie et dans la paix.   AMEN

 




5ième Dimanche de Pâques ( Jean 13, 31-45) :     « Amour, Gloire … et Jésus. » (Francis Cousin)

 « Amour, Gloire … et Jésus. »

 

Même si Jésus est beauté (parce qu’il est bon…), il ne s’agit pas ici de l’amour et de la gloire dont on nous parle dans ce feuilleton télévisé.

C’est la fin pour la vie terrestre de Jésus. Judas a pris le pain tendu par Jésus, et il est parti pour livrer Jésus.

On pourrait penser que Jésus soit dans une grande tristesse, dans un désespoir on ne peut plus fort, après avoir envoyé Judas faire « ce qu’il devait faire ». Lui seul savait alors ce qu’il allait faire : le trahir pour trente pièces d’argent.

Et bien non !

On a l’impression qu’en fait, cela lui a redonné du courage, et qu’il voit tout ce qui va lui arriver sous un aspect positif (?). Il sait que c’est la fin, et ce qui va arriver : la trahison, l’abandon des disciples, l’humiliation, la torture, la croix …

Mais il voit aussi plus loin que la croix … Il voit la résurrection dont son Père va lui faire bénéficier, parce qu’il sait que le Père ne peut pas l’abandonner. Il sait qu’il peut compter sur l’amour de son Père, un amour fort et réciproque. Il le sait parce que « Le père et moi, nous sommes Un. » (Jn 10,30).

Il l’avait d’ailleurs dit lui-même auparavant : « Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? “Père, sauve-moi de cette heure” ? – Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! Père, glorifie ton nom ! » (Jn 12,27-28), c’est-à-dire, ’’en me glorifiant par ma résurrection, c’est toi qui est glorifié, parce que tu montres que tu as pouvoir sur la mort et la vie’’.

Et le Père lui répond alors, par une voix qui vient du ciel : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. » (Jn 12,28).

C’est cet amour entre le Père et Jésus, connu depuis le baptême de Jésus (« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. » Mt 3,17) qui est le moteur de l’action de Jésus et qui lui fait dire : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. » (Jn 15,9).

C’est pour cela que Jésus va donner à ses apôtres un nouveau commandement : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. ». Ce n’est pas un simple conseil que l’on peut suivre ou pas, mais un commandement, une obligation pour ceux qui veulent le suivre.

C’est un changement radical par rapport à la loi de Moïse qui disait : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Lv 19,18) , mais une obligation d’aimer (agapé) les autres à l’image de l’amour du Père et du Fils.

Et c’est un commandement nouveau parce qu’il n’y a que Jésus, Fils de Dieu, qui peut le dire ainsi : « Comme je vous ai aimés », ce qui est équivalent à « comme le Père m’a aimé, aimez-vous les uns les autres. ».

L’amour du prochain devient celui du Christ, celui de Dieu. Ce commandement nouveau nous entraîne sur une voix qui nous mène à la vie éternelle, celle d’un « ciel nouveau et d’une terre nouvelle » où « Dieu demeure avec les hommes » (2° lecture).

Alors bien sûr, on sait très bien, malheureusement, qu’on n’arrive pas (pour la plupart d’entre nous) à aimer tous les autres comme Dieu nous aime. Et même dans l’Église, on sait que ce n’est pas toujours une réalité.

Comment faire pour aimer comme Jésus ? Se laisser aimer par Jésus.

Cela paraît facile … Mais ce n’est pas si simple qu’on le pense. Être aimer, oui ! Se laisser aimer, c’est plus difficile ! Surtout s’il nous arrive de faire des choses que l’on sait mauvaises ! Accepter malgré cela d’être aimé par Jésus … cela met mal à l’aise …

Trop souvent dans nos relations avec Dieu, nous voulons faire ceci ou cela. Nous voulons être actifs, et on a plein de projets … Alors que Dieu nous demande d’abord d’être passifs, de se laisser aimer par lui … « en ceci consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui, le premier, nous a aimés. » (1 Jn 4,10).

Seigneur Jésus,

Tu sais comme il est difficile

pour un humain d’être passif.

Nous voulons toujours faire quelque chose,

pour montrer ce que l’on sait faire,

pour paraître aux yeux des autres.  

Et toi, tu nous demandes d’accepter

 d’être aimé par toi en premier,

pour pouvoir mieux aimer les autres …

comme toi tu nous aimes !

Francis Cousin    

 

 

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5ième Dimanche de Pâques – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Jean 13, 31-33a)

Aimer comme Jésus

(Jn 13,31-33a.34-35)…

Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti du cénacle, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.
Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt.
Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. »
Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.
À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

 

                   « Qu’est-ce que la gloire de Dieu ? », écrit le P. Bernard Sesboüé ? « C’est Dieu lui-même qui manifeste au dehors de lui sa puissance, sa sainteté, son dynamisme ». Si « maintenant, le Fils de l’homme est glorifié, et si Dieu est glorifié en lui », c’est que, avec lui et par lui, le Mystère du Dieu « Amour » s’est pleinement manifesté…

            Juste avant cette déclaration, « il fut troublé en son esprit, et il attesta : « L’un de vous me livrera » » (Jn 13,21). Il le sait, Judas va le trahir… « Déjà, le diable avait mis en son cœur le dessein de le livrer » (Jn 13,2). Pourtant, il va lui donner la première bouchée du repas, le désignant ainsi à tous les convives comme son invité d’honneur (Jn 13,26)… A la trahison, Jésus répond par l’amour…

            Plus tard, Judas guidera les soldats au mont des Oliviers pour qu’ils puissent l’arrêter. L’un des disciples dégainera son glaive, frappera le serviteur du Grand Prêtre et lui enlèvera l’oreille droite. Mais Jésus leur dira : « « Restez-en là. » Et lui touchant l’oreille, il le guérira » (Lc 22,47-51). A la violence, Jésus répond par l’amour…

            Puis il sera crucifié, « ainsi que deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche ». Et Jésus dira : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,33-34). A la haine et à la cruauté, Jésus répond par l’amour…

            Ici, il invite ses disciples à faire de même : « Je vous donne un commandement nouveau : vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés. » Le « comme » est capital… Jésus est notre exemple. Lui, le Fils, il est toujours de cœur « tourné vers le sein du Père » (Jn 1,18), accueillant son Amour de Père, « demeurant en son amour » (Jn 15,10). Or, « aimer » pour Dieu est synonyme de « se donner soi-même », en tout ce qu’Il Est. De toute éternité, le Père Amour est ainsi Don de Lui-même au Fils qu’il aime, Don de tout ce qu’Il Est en Lui-même, et Il Est Dieu, Il Est Lumière… Le Fils est ainsi éternellement « Dieu né de Dieu, Lumière né de la Lumière ». Tout ce qu’Il Est, il le doit à son Père… Sans son Père, il n’est rien, il ne peut rien… « Je ne puis rien faire de moi-même » (Jn 5,19.30). Je ne peux donc « aimer » de moi-même. A la trahison, à la violence, à la haine et à la cruauté, je ne peux, par moi-même, répondre par l’amour… Et il en est de même pour nous : sans notre relation de cœur avec Jésus, tournés vers Lui dans la prière, sans ce Don d’Amour qui ne cesse d’être proposé à notre foi, nous ne pouvons rien par nous-mêmes…                               DJF




4ième Dimanche de Pâques ( Jean 10, 27-30) :   « Mes brebis écoutent ma voix … et elles me suivent. » (Francis Cousin)

 

« Mes brebis écoutent ma voix …

et elles me suivent. »

 

Ce dimanche est appelé le dimanche du Bon Pasteur. C’est aussi celui où l’on prie plus particulièrement pour les vocations sacerdotales ou religieuses.

Mais cet évangile ne concerne pas seulement ces vocations particulières, il concerne la vocation de tous les hommes.

« Mes brebis écoutent ma voix ». L’utilisation de l’adjectif possessif montre que ce n’est qu’une partie des brebis, et qu’il en existe d’autres, des personnes qui ne font pas partie de ses disciples. Mais il ne s’agit pas pour Jésus d’une situation définitive. Il le dit lui-même : « J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. » (Jn 10,16).

Bien sûr, Jésus n’est plus là sur terre, et on constate que tout le monde ne le suit pas encore. Cela ne veut pas dire que Jésus s’est trompé. Cela veut dire que maintenant, c’est à nous, qui le suivons déjà, de faire en sorte que, par nos paroles et nos actes, nous soyons de vrais témoins de Jésus, comme l’on fait Paul et Barnabé : « Beaucoup de Juifs et de convertis qui adorent le Dieu unique les suivirent. » (1° lecture), et beaucoup d’autres par la suite.

« Mes brebis écoutent ma voix ». On ne peut pas être chrétien si on n’écoute pas la voix du Seigneur. On peut l’écouter dans son cœur, dans la prière … ou l’entendre sans qu’on s’y attendre, comme Samuel. Mais ça reste quand même exceptionnel. Le plus simple est de lire la Parole de Dieu dans la bible, et surtout dans le nouveau testament. Une lecture intelligente, réfléchie, qui permette que l’on s’en imprègne pour pouvoir la redire aux autres. « Ouvre la bouche, et mange ce que je te donne. Puis, va ! Parle à la maison d’Israël.  … Je le mangeai, et dans ma bouche il fut doux comme du miel. » (Ez 2,8-3,3).

On peut parfois être comme Jérémie, et se dire qu’on n’est pas capable de parler de Dieu aux autres : « Je ne sais pas parler, je suis un enfant ! » (Jr 1,6). Mais ce n’est que compter sur soi, et non sur Dieu : « Ouvre la bouche, moi, je l’emplirai » (Ps 80,11), et avec l’Esprit Saint, on a tout ce qu’il faut ! Mais souvent, nous sommes trop craintifs, nous avons peur de parler. Avec ceux qui croit en Dieu Trinité, cela peut encore aller, … mais avec les autres … ceux des ‘périphéries’, des autres religions …

Parmi les brebis de Jésus, il y en a parfois qui se perdent … Des fois à cause des paroles de Jésus, parce qu’ils ne la comprennent pas, qu’ils la trouvent trop « rude », « À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner. » (Jn 6,66). Des fois à cause des paroles ou des actes des hommes … parfois de religieux … Mais Jésus ne les laisse pas tomber. Au contraire ! Il va à la recherche de « celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve. Quand il l’a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux. » (Lc 15,4-5), parce que « personne ne les arrachera de ma main. »

Mais qu’elle est la source qui nous permet de devenir des brebis du Seigneur ?

C’est toujours la même chose : l’amour de Dieu pour les hommes. Et à cet amour, chaque humain est appelé à répondre librement : « J’accepte ton amour et je t’aime » ou « Je vois que tu m’aimes, mais il y a d’autres choses que j’aime davantage que toi ». C’est accepter « d’aimer Dieu comme il nous a aimé », c’est-à-dire par-dessus tout !

C’est la question que pose Jésus à Pierre dans l’évangile de dimanche dernier : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? », « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. », « Sois le berger de mes brebis. » (Jn 21,15.17), c’est-à-dire sois mon représentant sur terre : « J’ai été le ‘Bon Berger’, maintenant c’est à toi de guider mes disciples ».

Et pour nous, c’est la même chose : nous devons répondre à l’amour de Dieu par un amour pour lui.

A contrario, le jeune riche qui voulait savoir ce qu’il fallait faire pour avoir la vie éternelle (ce que Jésus promet à ceux qui le suivent : « Je leur donne la vie éternelle ».), l’évangéliste nous dit que Jésus l’aima, mais le jeune homme riche n’a pas répondu à son amour, lui préférant ses « grands biens ».

Aimons Dieu, entretenons notre relation avec lui par la prière et la lecture de la Parole, et cessons d’être craintifs. Avec l’aide de l’Esprit Saint, soyons témoins de Jésus ressuscité afin que « le troupeau parvienne, malgré sa faiblesse, là où son Pasteur est entré victorieux » (prière d’ouverture), c’est-à-dire dans la vie éternelle

Seigneur Jésus,

Nous voulons tous faire partie de ton troupeau,

mais ton exigence d’amour envers toi

plus que toute autre chose

est parfois difficile pour nous.

Tant de tentations s’offrent à nous !

Heureusement que tu viens vers nous

pour nous ramener dans ton troupeau !

Francis Cousin    

 

 

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4ième Dimanche de Pâques – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Jean 10, 27-30)

Le Christ Bon Pasteur

(Jn 10, 27-30)

En ce temps-là, Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent.
Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main.
Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père.
Le Père et moi, nous sommes UN. »

 

 

            « Mes brebis écoutent ma voix », dit Jésus.

Or en St Jean, le thème de la voix est lié à l’action de l’Esprit Saint, cette Troisième Personne de la Trinité qui travaille avec le Fils à l’accomplissement de la volonté du Père : le salut de tous les hommes. « L’Esprit souffle où il veut, et tu entends sa voix », dit Jésus (Jn 3,8). Et c’est ainsi qu’il rend témoignage à la Parole donnée par Jésus : il joint sa voix à la sienne. « L’Esprit de vérité me rendra témoignage » (Jn 16,26). Et comment fait-il, quel est donc le ‘contenu’ de sa voix ? Il est de l’ordre de la Vie. L’Esprit Saint parle en communiquant à celles et ceux qui écoutent la Parole de Jésus « quelque chose » qui est de l’ordre de la Vie éternelle : « C’est l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63 ; 2Co 3,6). Ecouter la voix de Jésus, c’est donc vivre de sa Vie… Jésus est en effet « le Chemin, la Vérité, et la Vie » (Jn 14,6). Il est le Chemin qui, par la Vérité qu’il nous dit, conduit à la Vie, car « l’Esprit de Vérité » rend témoignage à cette Vérité révélée par Jésus en communiquant justement la réalité de cette Vie que Jésus évoque par ses Paroles…

            Bien sûr, l’Esprit de Vérité ne rendra jamais témoignage à quelqu’un qui serait en désaccord, de cœur, avec cette Vérité. Jésus, « les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix » : elles vivent avec lui « quelque chose » qui est de l’ordre de la Vie, grâce à l’action de l’Esprit Saint dans leur cœur. Mais rien de tel pour « les étrangers » : « Elles ne suivront pas un étranger ; elles le fuiront au contraire, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers »… Avec eux, pas de « Vie »…

            Ce Mystère de Vie est en fait un Mystère de Communion qui existe en Dieu de toute éternité. Le Père est Plénitude de Vie, et gratuitement, par amour car « Dieu Est Amour », il ne cesse de donner cette Vie à son Fils, l’engendrant ainsi en Fils « né du Père avant tous les siècles ». « Je vis par le Père », nous dit Jésus. Etant ainsi « Dieu né de Dieu, vrai Dieu né du vrai Dieu », le Fils est lui aussi « Amour », et donc « Don de Lui-même ». Et du Don éternel du Père et du Fils « procède » l’Esprit Saint, comme nous l’affirmons dans notre Crédo. Les Trois vivent dans la Communion d’une même Plénitude, qui Est Amour, Lumière et Vie, le Fils la recevant du Père de toute éternité, l’Esprit Saint la recevant du Père et du Fils de tout éternité, en un Mystère d’Amour, de Don gratuit… Et Jésus affirme ici : « Moi et le Père, nous sommes un », bien différents l’un de l’autre, mais unis l’un à l’autre dans la Communion d’une même Lumière, d’une même Vie…                                                                                  DJF




4ième Dimanche de Pâques – Homélie du Père Louis DATTIN

Bon berger

Jn 10, 27-30

Ce dimanche, vous le savez sans doute, mes frères, est celui de la journée mondiale de prière pour les vocations. Méditons ensemble sur ces deux belles images du “Bon Berger” et des “Brebis de son pâturage”, pour mieux supplier Dieu qu’il nous fasse lever de nouveaux prêtres pour l’Eglise de demain.

L’image du “mouton” ou du “troupeau” aurait facilement aujourd’hui un sens péjoratif. On répète aux gens : « Ne soyez pas comme des moutons passifs », « N’ayez pas l’esprit grégaire », et nous avons, dans l’arrière fond de notre mémoire, l’histoire des “Moutons de Panurge”. Pourtant, cette image biblique, que Jésus réemploie après tant de prophètes, a une signification extrêmement moderne. Les verbes actifs utilisés par Jésus sont au contraire très personnalisant.

Le 1er verbe, c’est écouter : et voilà une des attitudes de base, disposition essentielle pour permettre la relation de deux êtres. L’écoute de l’autre est une des attitudes déterminantes dans toute communication, à plus forte raison dans la vie chrétienne qui, justement, n’est que le dialogue entre le chrétien fils et son Dieu-Père.

L’écoute de l’autre est la 1ère manifestation de l’intérêt que l’on porte à celui qui nous parle. C’est un signe d’amour authentique qui requiert une attitude éminemment active : que penserions-nous de deux fiancés qui ne s’écouteraient pas ?

On veut tout savoir de celui que l’on aime et l’on écoute, avec attention et avec avidité, ce qu’il est en train de nous confier.

Supposez deux époux qui ne s’écouteraient pas ! Quel drame ! Quelle impasse ! Quel échec de l’amour ! Apparemment, ils vivent ensemble sous le même toit mais, en fait, ils sont seuls, chacun enfermé dans sa propre personne, isolé : parce que sans écoute de l’autre, en imposant toujours son “point de vue”, sans écouter l’avis de l’autre, ne demandant à l’autre que son obéissance passive. On ne parle plus parce qu’on sait que l’autre n’écoute plus ! Le désir le plus fort de l’amour, c’est le contraire : ce désir de “tout mettre en commun”, et ce que nous souhaitons au plus profond de nous-mêmes, c’est l’attention de l’autre, son écoute.

Combien de fois, pas seulement les prêtres, mais aussi le professeur  dans  sa  classe, un père  dans sa famille,  un  enfant, a eu l’impression (et ce n’était pas seulement qu’une impression) de parler dans le vide parce que personne autour de lui n’écoutait !

Que de fois, même dans un groupe, autour de la même table, même dans un soi-disant dialogue, nous ne savons pas vraiment écouter l’autre, préoccupé à l’avance de lui donner notre réponse, notre point de vue, à nous ! Nous ne savons pas vraiment écouter. Combien de fois avons-nous dit: « Écoutez, mais écoutez donc ! »  « Je vous parle mais vous ne m’écoutez pas! »

Ce qui se passe en famille, en paroisse, dans la vie professionnelle, se passe aussi dans ma vie spirituelle, dans ma relation à Dieu.

Est-ce-que j’écoute vraiment Dieu ?

Suis-je assez attentif à ce qu’il va me dire, à ce qu’il veut me dire ?

Que de prières avons-nous commencé où tout de suite nous avons parlé, exposé nos motifs, dit à Dieu nos besoins, sans avoir même auparavant, fait un peu de silence en nous, pour l’écouter, pour nous mettre à son écoute et nous rendre attentifs à ce qu’il pourrait nous dire, lui !

Faisons-nous d’abord de notre prière, une écoute de ce que Dieu désire nous confier ?

J’ai des choses à dire à Dieu, c’est bien, c’est normal mais, lui, Dieu, n’a-t-il pas aussi, et en priorité, un message à nous donner, des consignes à passer, un mot tendre pour nous encourager ?

Dans votre prière, combien de temps consacrez-vous à l’écoute de la Parole de Dieu ? Ou bien n’êtes-vous encombrés que de ce que vous voulez confier au Seigneur ?

Jésus affirme : « Mes brebis écoutent ma voix », est-ce bien vrai pour nous ?

Faisons-nous assez de silence dans notre vie, dans notre prière pour nous mettre à son écoute ?

Le Seigneur emploie ici un langage de vrai amoureux : quand on aime quelqu’un, on l’écoute avec plaisir, on lui fait confiance. Rappelez-vous, Marie-Madeleine, assise aux pieds de Jésus, elle l’écoutait, elle buvait ses paroles et Jésus dit à Marthe :

 

« Marie a choisi la meilleure part ».

La foi, c’est d’abord cela : une écoute humble, confiante de la Parole de Dieu. Que répondent les prophètes et les serviteurs de Dieu lorsqu’ils sont interpellés par Dieu ? « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ».

Mais “écouter” ne suffit pas. Après avoir été attentifs à la Parole de Dieu, il faut, comme dit Jésus, la “mettre en pratique”.

“Les brebis écoutent ma voix” et elles me suivent.

Le 2e verbe est “Suivre” : voilà encore un verbe d’action, qui n’a rien de passif. Il exprime une attitude libre : “s’engager à sa suite”, c’est l’adhésion d’une personne qui veut partager sa vie avec une autre qu’elle aime et qu’elle admire. Suivre :

  • c’est s’attacher à un autre que soi, se mettre dans le sillage de quelqu’un avec qui on veut partager sa vie ;

  • c’est aimer quelqu’un jusqu’à lier sa vie à la sienne : « Désormais ils ne feront plus qu’un » ;

  • c’est se lancer à deux dans une aventure commune. Là encore, nous nous retrouvons dans le registre de l’estime mutuelle de l’intimité amoureuse, de la communion de deux êtres et c’est bien de cela qu’il s’agit dans notre vie chrétienne : vivre avec le Christ, le suivre, partager sa vie et son destin.

Nous aimons tellement le Christ que nous décidons de partager sa vie, sa mentalité évangélique, sa manière de vivre.

Quand Jésus aime quelqu’un et qu’il le choisit, que dit-il ?

« Viens, suis-moi ». A chacun de nous, il dit cela !

Et que dit celui ou celle qui entend cet appel d’amour ? « Je te suivrai jusqu’au bout du monde ».

L’écoute doit déboucher sur la pratique : mettre ses pas dans les pas de Jésus. Sans pratique, la foi, n’est pas vérifiée.

A quelqu’un qui dit : « Je crois, mais je ne suis pas pratiquant », il est possible de réponde : « Tu dis, mais tu ne fais pas ! », « Tu parles, mais tu n’agis pas ».

La pratique du chrétien est la vérification de sa foi. Une foi sans action, sans pratique, nous rappelle St-Jacques, c’est une foi morte et inutile : « A quoi bon dire que tu es chrétien, si tu ne fais rien pour le faire voir et le mettre dans ta vie ». « C’est très beau de dire au Seigneur “Je t’aime, je t’aime”… encore faut-il le prouver et essayer de vivre comme lui ! »

Le chrétien croyant non-pratiquant est comme celui qui déclare : « Moi, j’aime le football »

« Ah bon ! Tu es dans quelle équipe ? A quelle place joues-tu ? »

« Ah non ! Je ne joue pas, je ne pratique pas ! Je regarde à la télé, dans mon fauteuil ».

Il croit au foot, mais il ne pratique pas. Beaucoup croient en Jésus Christ, mais ils ne le suivent pas.

Pour finir, après avoir vu les brebis :

1e – écouter le berger

2e – suivre le berger,

Voyons le bon pasteur lui-même. Jésus nous dit : 

« Je connais mes brebis ».

Jésus nous connaît, chacun d’entre nous. Il sait qui tu es, comment tu es, il te connaît comme s’il t’avait fait et de fait, c’est lui qui t’a créé et non seulement il nous connaît, mais il nous aime et il n’attend qu’une chose : c’est que nous nous confions à lui. Dieu nous connaît encore mieux que nous ne nous connaissons nous-mêmes.

Bien des personnes me disent : « Mon père, je vis seul, je suis dans la solitude ! » Comment un chrétien peut-il dire cela ! Un chrétien n’est jamais seul, il est toujours avec quelqu’un qui l’aime, qui l’accompagne, qui est toujours présent à sa vie.

Le Père de Foucault, ermite, en plein Sahara, n’était jamais seul, il vivait avec Jésus qu’il adorait pendant des heures, au pied du Tabernacle ou présent dans son cœur.

Le bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis. Non seulement Jésus nous aime, mais il a été, rappelez-vous le Vendredi Saint, jusqu’à donner sa vie pour nous ! Mes brebis, jamais, elles ne périront : « Personne ne peut les arracher de ma main ».

Le Bon Pasteur est capable de défendre chacun de nous contre les bêtes sauvages du péché : il s’expose à la mort pour nous sauver.

En cette journée pour les vocations, Seigneur, donne-nous des bons pasteurs.  AMEN




3ième Dimanche de Pâques ( Jean 21, 1-19) :  « Auriez-vous quelque chose à manger ? »(Francis Cousin)

 

« Auriez-vous quelque chose à manger ? »

Jésus est là, au bord du lac de Tibériade … mais les disciples ne le savaient pas. Ils avaient passé toute la nuit à pécher … sans rien prendre. Ils étaient dans l’échec.

Jésus les hèle : « Auriez-vous quelque chose à manger ? ». Ils répondent par la négative.

Jésus leur donne alors un conseil pour la pèche. Ils auraient pu l’envoyer balader : « De quoi se mêle-t-il, celui-là ? On est des pros ! y’a rien, point barre. ». Malgré tout, désabusés, ils suivent ses conseils …

Bonne initiative ! Le filet est plein !

Mais c’est anormal. Cela ne devrait pas arriver, surtout comme cela, tout de suite. Il n’y en a qu’un qui peut faire cela : « C’est le Seigneur ! ». Jean l’a compris, et le dit.

Pierre, toujours impétueux, plonge dans l’eau et nage vers le rivage … tandis que les autres ramènent péniblement la barque freinée par le poids du filet.

En arrivant au rivage, surprise ! celui qui demandait de quoi manger a déjà mis des poissons à griller sur le feu !! Et il y a même du pain !

Mais pour que cela ne gêne pas ceux qui viennent de pécher selon ses indications, Jésus demande aux disciples de lui donner quelques-uns de leurs poissons.

On ne sait pas ce qu’ont pensé les disciples en voyant cela. Peut-être certains se sont dit : « Il se moque de nous ! Il nous demande à manger, nous fait pêcher des poissons, et quand on arrive, il y en a déjà sur le feu ! ».

En fait, ce n’était pas pour lui que Jésus demandait à manger, mais pour eux-mêmes. Jésus ne pensait pas à lui ; il pensait à eux. Comme il le fait tout le temps.

Jésus ne pense jamais à lui : il pense à son Père, et il pense aux hommes, pour donner aux hommes ce que son Père veut pour eux. Jésus fait un peu le rôle d’une interface entre le Père et nous … interface ô combien efficace … bien plus que nos modules d’ordinateur …

Puis Jésus les invite à manger : « Venez manger. ». Ils partagent le poisson grillé … et ils « partagent le pain » … que seul Jésus avait amené. Après la cène du jeudi saint, le pain partagé n’a plus tout à fait la même signification pour les disciples qu’avant …

Que retenir ?

Que Jésus est toujours là, présent, auprès de nous ; même quand on ne s’y attend pas. Même quand nous sommes au cœur de nos nuits, quand rien ne marche pour nous, quand nous sommes perdus, désabusés, déboussolés … Jésus est toujours à côté de nous … mais on n’y pense pas toujours, on l’oublie … ou alors on dit : « Seigneur, je n’en peux plus, viens m’aider, fait quelque chose pour moi ». Mais on ne l’entend pas quand il nous parle, nous donne des conseils … ou alors on les trouve superflus et inadaptés : « cela ne marchera jamais ». On attend que Jésus fasse pour nous, alors que c’est nous qui devons faire avec lui, selon ses conseils …

Que Jésus prend soin de nous, tout en nous donnant l’impression que c’est nous qui prenons soin de lui … et c’est parfois ce que nous pensons …

Que Jésus nous donne toujours plus qu’il ne faut. Il le fait par amour pour nous (Quand on aime, on ne compte pas !), et le don de Dieu n’est jamais du gaspillage. 153 poissons pour seulement 8 personnes ! C’est pareil que pour la multiplication des pains : douze paniers de restes ! Et c’étaient les mêmes ingrédients que pour ce repas-là : du pain et des poissons … même si les proportions ne sont pas les mêmes …

Que c’est lui qui nous invite à partager le repas, à l’Eucharistie, mais il nous demande de participer à l’apport des victuailles … fruits de la terre et du travail des hommes …

Jésus nous laisse une place. Il ne veut pas tout faire seul. Il veut que nous travaillons avec lui, pour lui. Que nous soyons véritablement co-créateurs. La venue du règne de Dieu sur terre, c’est notre affaire : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples … » (Mt 28,19) … enfin, pas vraiment car c’est lui qui fait presque tout, en nous aidant, en nous aiguillant, en nous aiguillonnant aussi parfois, … avec l’aide de l’Esprit Saint.

Sachons reconnaître son action, et n’ayons pas peur de dire, à l’instar de Jean, quand quelque chose d’inattendu nous arrive, qui nous guérit d’un travers ou nous sauve d’un accident (ou nous l’évite) : « C’est le Seigneur ! », ou « C’est la Providence ! Le Saint Esprit ! » … et ensuite de dire : « Merci Seigneur ! Merci mon Dieu ! »

Seigneur Jésus,

merci d’être toujours présent près de nous

dans nos nuits de désert, de tracas ;

de nous donner des conseils

tout en nous laissant libres de les suivre ;

de nous inviter à ta table maintenant

et au banquet des noces de l’Agneau.

Permet que nous entendions ta voix

et que nous te suivions.

Francis Cousin    

 

 

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3ième Dimanche de Pâques – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Jean 21, 1-19)

L’Eglise Missionnaire (Jn 21,1-19)…

En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples.
Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.
Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.
Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. »
Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons.
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau.
Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.
Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.
Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. »
Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré.
Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur.
Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson.
C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.
Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »
Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.
Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »
Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »

 

           Cet épisode résume la vie de l’Eglise, jusqu’à la fin des temps… Au début, les disciples partent à la pêche avec Simon-Pierre ; ils sont sept, un chiffre symbole de plénitude : c’est vraiment toute l’Eglise qui est évoquée ici, et c’est à elle que le Christ ressuscité va se manifester. Mais « ils passèrent la nuit sans rien prendre » car le Christ « Lumière du monde » n’était pas avec eux, et « la nuit, nul ne peut travailler » au salut du monde, car « sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 8,12 ; 9,4 ; 15,5) …

            Mais « au lever du jour, Jésus était là ». Le Ressuscité les a rejoints… Ce « lever du jour » évoque cette situation intermédiaire qui est la nôtre, dans la foi : « Les ténèbres s’en vont, la véritable Lumière brille déjà » (1Jn 2,8), mais Lui, nous ne le voyons pas encore. Pourtant, il est là, mais sa Présence n’est pas évidente. Au début, les disciples « ne savaient pas que c’était lui ». Mais St Jean saura leur donner l’exemple du regard de foi : « C’est le Seigneur ! »

            « Jetez le filet à droite de la barque et vous trouverez ». Ils obéissent, ils font tout simplement ce que le Ressuscité leur demande de faire. Ce filet peut symboliser la Parole de Dieu que l’Eglise, aujourd’hui encore, est invitée à lancer largement et par tous les moyens possibles jusqu’aux « extrémités de la terre » (Ps 2)… Et Jésus l’a promis, l’Esprit Saint rendra témoignage à cette Parole de Vie en communiquant justement à tous ceux et celles qui l’accueilleront « quelque chose » qui est de l’ordre même de la Vie éternelle… « L’Esprit me rendra témoignage, l’Esprit qui vivifie » (Jn 15,26 ; 6,63). St Pierre en a fait l’expérience : en écoutant Jésus de tout cœur, il vivait « quelque chose » d’unique, d’indescriptible, de formidable, une intensité de vie : « Tu as les Paroles de la vie éternelle ». De cette expérience est née sa foi : « Et nous, nous croyons et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu » (Jn 6,68-69).

            Les filets de la Parole sont donc lancés… Et ils se remplissent : « 153 gros poissons », un chiffre qui peut symboliser tout à la fois la Plénitude de l’humanité appelée au salut, et l’œuvre de Dieu. C’est en effet l’action de Dieu qui donne à la mission de l’Eglise de pouvoir porter du fruit, car « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés » (1Tm 2,3-6), et « tout ce que veut le Seigneur, il le fait » (Ps 135,6), avec son Eglise et par elle. A nous maintenant de semer sa Parole le plus largement possible, et nous nous émerveillerons des fruits du travail du Seigneur…           DJF