27ième Dimanche du Temps Ordinaire (Matth 21, 33-43) – Francis COUSIN)

« La vi(gn)e et la mort. »

 

Troisième dimanche de suite où Jésus nous parle de la vigne.

Rappelons-nous que « la vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël » (Is 5,7, première lecture), et ce qui suit maintenant : l’Église.

Il y a quinze jours, le propriétaire, Dieu, ne cessait d’embaucher des ouvriers pour y travailler, et tous recevait le même salaire : la Vie Éternelle.

La semaine dernière, deux comportements contradictoires pour travailler à la vigne : l’un dit oui et fait non, l’autre dit non et répond oui.

Cette semaine on va encore plus loin dans la discussion entre Jésus et les grands prêtres et les anciens du peuple, c’est-à-dire pour la plupart des pharisiens.

Dieu est amour, et bien entendu, il montre de l’amour pour son peuple choisi : il fait tout pour qu’il puisse vivre correctement, en travaillant bien sûr, mais à l’abri et avec tout ce qu’il faut : « Il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde ». Et il la donne en location à son peuple.

Mais le peuple s’éloigne de Dieu. Des dix paroles de Dieu, ils en ont fait une loi avec 613 prescriptions, à cause de l’endurcissement de leur cœur, et certains mènent une vie contraire à cette loi. Échec de Dieu ?

Alors Dieu envoie des messagers, les prophètes, pour régler les comptes, mais ils ne sont pas écoutés par son peuple (mais parfois écoutés par les étrangers : Ninive !). Échec de Dieu ?

Dieu envoie son Fils : « Ils respecterons mon fils ! ». Mais son peuple le tue pour avoir « l’héritage ». Échec de Dieu ?

Les pharisiens, qui connaissent bien la bible, ont reconnu, en entendant Jésus, le passage d’Isaïe et le psaume de ce jour. Mais pas la mort du fils … ils ne le savaient pas encore … Alors, quand Jésus leur demande quelle sera la réaction du propriétaire de la vigne, ils répondent crânement : « Il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons. ».

Réponse à moitié fausse.

Car Dieu qui est amour ne va pas exterminer le peuple qu’il avait choisi !

Mais à moitié vraie, car il louera la vigne à ceux qui reconnaîtrons l’amour de Dieu dans le don de son Fils qui a donné sa vie pour nous, et par sa résurrection qui nous ouvre à la vie éternelle.

Échec de Dieu ? Pas vraiment, car c’est un échec apparent qui masque l’amour inconditionnel de Dieu pour les hommes, qui sans cesse se renouvelle.

Une chose sur laquelle il faut revenir : par deux fois on parle de louer la vigne. Dieu loue la vigne à des vignerons homicides, puis il l’a louera à d‘autres.

C’est pour nous les hommes un rappel : la vigne, le raisin, le produit de la terre n’est pas notre propriété. Nous n’en sommes que les bénéficiaires …

Certes, Dieu nous a confié la terre : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. » (Gn 1,28).

Et nous, avec la traduction « soumettez-la », on a compris que nous étions des « commandeurs » vis-à-vis de la terre, que nous pouvions en faire ce que nous voulions, que nous pouvions « en tirer le maximum » comme bon nous semblait …

Et ce faisant, nous nous sommes comportés comme si « nous étions ses propriétaires et ses dominateurs, autorisés à l’exploiter. » (Laudato Si’ 2).

Or l’utilisation à plein, « et le gaspillage des ressources de la Création commence là où nous ne reconnaissons plus aucune instance au-dessus de nous, mais ne voyons plus que nous-mêmes » (Benoît XVI cité en LS 6).

Nous nous sommes coupés de Dieu.

Nous sommes comme les vignerons de la parabole qui n’ont pas seulement tué le fils, mais surtout l’héritier … pour prendre pour eux la propriété du père.

Nous nous comportons comme si nous étions Dieu … mais sans l’amour que lui a pour la création …

Non seulement nous utilisons et défigurons la nature, mais nous voulons (pas tout le monde, heureusement) défigurer l’homme, image de Dieu, en voulant imposer des lois iniques sur l’avortement, la PMA, la GPA, l’euthanasie et toutes sortes de choses contraires à la nature humaine, au nom du « progrès » ( ??? ) et parce que tout le monde le fait …

Bonjour les moutons de Panurge …

En ce jour, où nous fêtons saint François d’Assise et la fin de la Saison de la Création, gardons l’humilité de nous reconnaître tous comme des éléments de la création, parmi d’autres, doués de raison, certes, mais pas toujours raisonnables

Père éternel,

tu nous as confié la terre

 pour que nous en vivions … ,

mais nous avons coupé les ponts avec toi,

et maintenant nous nous la sommes appropriée,

et nous l’exploitons sans vergogne.

Aide-nous à reconnaître,

et à faire reconnaître par les autres,

le mal que nous lui faisons.

Francis Cousin

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Prière dim ordinaire A 27°




27ième Dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN

 Les vignerons homicides

Mt 21, 33-43

Il y a des paroles de Jésus, dans l’Evangile, que l’on préfèrerait ne pas entendre : elles sont trop rudes. Que faire alors ?

  • nous boucher les oreilles pour ne pas les entendre,

  • attendre que cela se passe,

  • se persuader qu’elles ont été dites pour les autres, mais pas pour nous !

  • protester

« Seigneur, c’est dur à accepter », disent les pharisiens après le discours sur le pain de vie. « Qui peut continuer à t’écouter ? ».

On peut aussi édulcorer, mettre du sucre et enlever le sel. Après tout, Jésus n’a pas adopté ce ton-là avec moi, avec nous ! Allons un peu plus loin dans le texte de l’Evangile : « Les chefs des prêtres et les pharisiens comprirent que Jésus parlait d’eux ».

Il n’y a pas à s’y tromper, c’est bien à eux, et à nous qu’il s’adresse aussi. Dans son désir de toucher des cœurs fermés, blindés à l’Evangile, Jésus hausse le ton et tonne pour se faire entendre coûte que coûte.

« Mais il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ».

Ces chefs des prêtres, ces gens bien-pensants qui s’estimaient les préférés de Dieu, Jésus, sans doute, avait d’abord compté sur eux, sur leur appui, pour se faire reconnaître auprès du peuple. Il avait pensé qu’ils seraient les auxiliaires de sa mission, ils étaient tellement religieux : seulement voilà c’était des observateurs d’une loi et non les amoureux d’une personne. Ils n’aimaient pas Dieu, ils se contentaient, vaille que vaille, de lui obéir.
Ils ont une mentalité de salariés, d’employés à une vigne qu’ils n’aiment pas, qui est seulement celle du propriétaire, mais qu’ils n’ont pas adoptée. Ces vignerons sont des employés à la petite semaine, ils n’aiment pas la vigne. Ils n’aiment que les fruits qu’elle va produire et qu’ils comptent bien commercialiser à leur profit : combien de chrétiens n’aiment l’Eglise du Christ que dans la mesure où ils vont en profiter, faisant d’elle une exploitation, ne regardant que les fruits à récolter et non le travail à y faire, et non l’amour à déployer pour qu’elle soit plus belle et parce que c’est “la vigne du Seigneur “.

Mentalité du “donnant-donnant”, mentalité d’un employé qui s’intéresse beaucoup plus à son salaire de fin de mois qu’à la réussite de l’entreprise dans laquelle il travaille, ne considérant Dieu que comme un patron tout puissant, dont on va profiter au maximum.

« Dieu, on dit que tu es bon, alors nous, on va en profiter ; ta bonté, elle est à notre service, on va te mettre à notre service. Je fais une neuvaine. Je fais un vœu, une promesse. J’ai récité telle prière qui me donne des indulgences. J’ai dit 3 fois ” Gloire au Père “, 10 fois un ” Je vous salue Marie “. Maintenant, j’attends ta réponse. C’est toi qui es en dette. Tu es mon client. Tu dois payer ».

Mais, surprise ! C’est le Seigneur, au temps de la vendange, qui envoie les vendangeurs pour récolter les fruits de la vigne, de cette vigne que nous avons soignée. Alors, là, ça ne marche plus !

Les Juifs ont rejeté Jésus, refusé son message et la vigne est passée à un autre, à une autre : l’Eglise.

« Le Royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui, lui, fera produire son fruit ». Il est exact :

  • que le propriétaire du Domaine, c’est Dieu ;

  • que “ la vigne bien aimée ” dans le beau chant d’Isaïe, c’est le peuple d’Israël, son peuple élu, objet de tous ses soins, vigne aimée du Père : « Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ? »

Ces raisins, ce sont les fruits du maître et nous nous imaginons que nous en sommes les maîtres = tentation perpétuelle de nous accaparer l’œuvre de Dieu : le monde, l’univers, alors qu’il nous est simplement confié pour le faire valoir, le faire prospérer. Non, Dieu n’est pas neutre, débonnaire, permissif. Il aime l’homme au point de lui demander des comptes : il le traite en vrai responsable.

Il y a “un jour de la vendange ” : ce jour où Dieu me demande à l’instant décisif, ce que j’ai fait de tout ce qu’il m’a confié !

Il y a un temps pour la récolte = pas avant : les fruits ne sont pas mûrs, pas après : les fruits sont pourris.

Il y a le temps, et il arrivera pour nous où le Seigneur me demandera, à moi aussi : « Alors, qu’as-tu à me présenter », « Où est la récolte que j’ai espéré de toi ? Où sont les grappes de ton travail ? Les fruits de ton amour ? Je t’ai établi responsable de mon domaine, de mon Eglise : qu’as-tu fait ? »

Les vignerons se saisirent des envoyés, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième. Nous refusons Dieu, c’est un ‟ gêneur ” lorsqu’il vient demander ses fruits : fruits de justice, d’amour, de paix. Nous voulons gérer notre vie, notre vigne pour notre compte personnel : j’accepte mal les exigences divines, les appels divins, « Oh, Dieu n’en demande pas tant ! ».

Eh si ! Et sans doute, plus ! Mais Dieu n’est pas rebuté par nos refus et de nouveau, il envoie d’autres serviteurs, plus nombreux que les premiers. Ils furent traités de la même façon tous ces prophètes qui viennent déranger la société matérialiste avec leurs utopies et leurs idées subversives qui viennent déranger nos plans économiques.

Ils ont tué Gandhi, tué Isaïe, tué le père Popieluszko, tué Jérémie, tué Mgr Romero, tué Martin Luther King, tué Hervé Gourdel, tué Jeanne d’Arc, tué six jésuites en Equateur.

« Il est bon qu’un seul meurt pour tous les autres », « On va faire un exemple : ça les calmera ».

Finalement, il leur envoya son Fils en disant : « Ils respecteront mon Fils », et c’est là, à ce moment de la parabole, qu’elle cesse d’être une parabole, mais l’histoire vraie de Dieu avec les hommes car la suite de l’histoire est historique : histoire vraie. Oui Dieu a été jusque -là : il envoie son propre Fils à des gens qui ont déjà tué de nombreux serviteurs. Dieu ose le risque de l’amour total. Il joue le quitte ou double radical. Il risque son propre Fils, le fruit de sa tendresse trinitaire.

« Dieu nous a aimés jusqu’à nous donner son propre Fils ».

Voyant le fils, les vignerons se dirent :

« Voici l’héritier, allons-y ! Tuons-le ! Nous aurons l’héritage ! ».

 

Notons au passage que le péché des vignerons n’est pas de ne pas avoir fait produire de fruits à la vigne, mais de vouloir s’approprier ces fruits qui ne leur appartiennent pas : c’est cela le péché de l’athéisme, gérer la terre au profit exclusif de l’homme, sans tenir compte qu’elle est propriété et don de Dieu.

L’homme n’accepte plus Dieu comme son bonheur définitif, son bien absolu, le sens de sa vie. Il cherche ” en lui-même ” le bonheur, ce sens, son bien absolu. ” Mort de Dieu ” qui devient inévitablement la mort de l’homme coupé de ses racines, sans Dieu. C’est la mort qui gagne toujours.

Sartre le reconnaîtra : « Sans Dieu, la vie n’a aucun sens et la mort aura le dernier mot ! »

Cette question du refus de Dieu n’est pas seulement celle des Juifs mettant Jésus en croix : c’est aussi de ma vie qu’il s’agit. C’est ma vie qui répond ou qui refuse.

Il n’est pas équivalent d’écouter l’Evangile ou de le mettre en pratique ou de vivre comme si Dieu n’existait pas !

Il s’agit de vivre selon l’amour absolu ou selon le non-amour.

Il s’agit de rendre les fruits à Dieu ou de les garder pour soi !

La vigne de Dieu, c’est la vaste église, c’est notre île, notre quartier. C’est aussi notre famille et finalement, c’est le fond du cœur de chacun d’entre nous. AMEN




27ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER

“La parabole des vignerons homicides”…

(Mt 21, 33-43)

  En ce temps-là,  Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Écoutez une autre parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage.
Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : “Ils respecteront mon fils.”
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : “Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !”
Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent.
Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : ‘La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux !’
Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. »

       

                      

Avec cette parabole, Jésus fait allusion au prophète Isaïe (Is 5), qui avait évoqué le Peuple d’Israël avec l’image d’une vigne. Mais en Isaïe c’est Dieu qui en est le propriétaire, alors que Jésus parle ici « d’un homme », allusion discrète à son Mystère. Il est en effet ce Fils « né du Père avant tous les siècles, Dieu né de Dieu » qui, « pour nous et notre salut a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme ». Vrai Dieu et vrai homme, « par qui tout a été fait » (Jn 1,3), Israël et l’humanité tout entière…

Il introduit ensuite dans la parabole une nouvelle image, qui n’apparaît pas en Isaïe : celle des « vignerons ». Leur rôle est de travailler la vigne, d’en prendre soin, pour lui permettre de donner le meilleur d’elle-même. Ils n’oublieront pas qu’ils n’en sont pas les propriétaires, mais des serviteurs appelés,  au moment de la récolte, à donner à qui de droit les fruits qu’elle aura portés. Qui représentent-ils ? « Les Grands Prêtres et les Pharisiens comprirent bien qu’il les visait ». Hélas, eux et leurs prédécesseurs ont voulu garder pour eux et pour eux seuls le produit de la vigne, prenant ainsi la place du propriétaire… Ils n’ont plus voulu servir, obéir, donner, mais être servis, commander et tout garder pour eux… Péché de l’homme, vieux comme le monde…

Aussi quand le propriétaire de la vigne envoie ses serviteurs, les prophètes, pour leur rappeler leur condition véritable, ils ne veulent rien entendre. Ils les « battent », les « tuent », les « lapident »… Puis Jésus modifie encore la parabole, second clin d’œil à son Mystère, en introduisant l’image du fils : le propriétaire décide d’envoyer « son fils en disant : « Ils respecteront mon fils » ». Nous atteignons ici le sommet du texte : la révélation brille avec une intensité toute particulière. Sera-t-elle accueillie ? Non, elle ne fera qu’endurcir encore plus le cœur de ces hommes : ils reconnaîtront bien le Fils, « Celui-ci est l’héritier », mais ils ne veulent pas se repentir : « « Venez, tuons-le et nous aurons son héritage » Et le saisissant, ils le jetèrent hors de la vigne », allusion à la mort de Jésus « hors des » remparts de Jérusalem, « et le tuèrent »…

Quelle folie ! Toute la mission du Fils Unique est en effet d’inviter tous les hommes à partager son héritage. Et quel est-il ? Rien de moins que cette Plénitude de vie divine qu’il reçoit de toute éternité du Père, ce Don par lequel le Père l’engendre « avant tous les siècles » en Fils « de même nature que le Père ». « Recevez l’Esprit Saint », dira le Christ Ressuscité à ses disciples (Jn 20,22), « l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63), « l’Esprit qui est vie » (Ga 5,25). « Vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils », écrira St Paul, « et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers : héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si du moins nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire » (Rm 8,14-17)…

                                                                                                                      DJF




26ième Dimanche du Temps Ordinaire (Matth 21, 28-32) – Francis COUSIN)

« La parole et les actes. »

 

L’évangile de ce jour nous parle d’un père qui propose à ses deux enfants d’aller « travailler à la vigne ». L’un dit « oui » et n’y va pas, l’autre dit « non », puis se ravise et y va.

Deux comportements différents qu’il nous est arrivé à tous d’avoir eu … pour diverses raisons, parce que le temps entre la réponse à la question et la démarche de faire ou ne pas faire l’action, ce temps de discernement, nous a permis d’analyser la demande et de voir si celle-ci était bonne pour tout le monde, ou seulement pour nous et pas pour les autres.

Dans le passage d’évangile, la demande est plus large.

On remarquera que le père ne parle pas de « sa » vigne, ou de « notre » vigne, mais de « la » vigne … comme s’il n’y qu’une seule vigne …

Or, dans la littérature biblique, la vigne est celle du Seigneur : « La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël » (Is 5, 7), c’est le peuple élu, choisi par Dieu, … d’où les reproches fait par Jésus aux grands prêtres et aux anciens qui ne se sont « même pas repentis plus tard pour croire à la parole » de Jean-Baptiste.

C’est la vigne que ceux-ci ont voulu prendre pour eux en tuant le fils du propriétaire (parabole des vignerons homicides) … et qui sera donnée à d’autres …

… à ceux qui ont cru à la parole de Jean-Baptiste et à celle de Jésus … et à celle de ses disciples, c’est-à-dire à l’Église …

La demande du père est donc celle du Père de Jésus, celui que nous appelons « Notre Père », qui s’adresse à nous aussi : « Va travailler aujourd’hui à la vigne. », … dans mon Église …

Quelle réponse vais-je donner ?

D’abord, est-ce que j’ai envie de me mettre au service de l’Église ?

Pas nécessairement un service matériel. Ce peut être par l’exemple que je peux montrer ma foi … en répondant à des questions qu’on peut me poser sur ma foi, sur l’Église … en étant un exemple pour mes enfants …

Mais on peut me demander de rendre un service.

Ma réponse dépendra de ce qu’on me demande … de mes compétences, de ma disponibilité, … mais surtout de ce qu’il y a dans mon cœur …

Saint Paul nous donne quelques conseils pour que notre cœur corresponde à ce que veut Jésus : « Recherchez l’unité. Ne soyez jamais intrigants ni vaniteux, mais ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts ; pensez aussi à ceux des autres. », comme l’a fait Jésus : « Il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. » (deuxième lecture).

On peut refuser au départ, et on peut avoir de bonnes et justes raisons pour le faire, … mais il peut arriver que ce soit simplement parce qu’on veut être tranquille, qu’on ne veut pas être ennuyé, parce qu’en fait, on ne s’intéresse pas véritablement aux autres … et peut-être qu’après avoir réfléchi, analysé la situation, on revienne sur sa décision … à un moment ou à un autre …

Dieu est patient … et surtout il sera très heureux de vous voir revenir travailler à sa vigne …

Car n’oublions pas : « la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. » (Jc 2,17).

Écoutons, et faisons nôtre cette prière du père Christian Delorme :

Avec toi, Ô Christ,

je me découvre un des fils bien-aimés du Père Éternel.

Il m’appelle à me mettre à la tâche.

J’entends sa voix qui vient murmurer à mon cœur.

Ce n’est pas une voix qui ordonne brutalement.

C’est jeune voix qui suggère,

une voix amicale, presque une voix qui supplie :

« Prends soin de ma vigne, me chuchote le Père.

J’ai besoin de toi et je compte sur toi ! » (…)

Toi qui n’as jamais cessé de faire la volonté du Père,

aide-moi à me montrer enfin

un bon ouvrier et un bon fils.

Francis Cousin

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Prière dim ordinaire A 26°




26ième Dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN

 “OUI ” ou “NON” ?

Mt 21, 28-32

Nous connaissons tous ces deux enfants aux caractères différents évoqués par la parabole de Jésus : s’ils ne sont pas dans notre famille, ils n’en sont pas loin. Chacun de nous peut mettre un nom sur ce gosse à la “tête de mule”, mais au “cœur d’or”, toujours prêt à se rebiffer tant il a peur que l’on attente à sa liberté, mais qui, sans rien dire, va faire ce qu’on lui a demandé. Il est bien connu aussi cet autre, toujours souriant, facile à vivre, répondant au quart de tour, «oui, papa », «tout de suite, maman », mais que l’on retrouve une heure après, toujours plongé dans sa lecture, sans avoir bougé le petit doigt. Nous-mêmes, nous, les adultes réfléchis et sérieux, nous ne parlons jamais à tort et à travers ? Est-ce-que nous faisons toujours ce que nous avons promis ? Nos paroles sont-elles toujours le commencement d’une action ? Ce que nous faisons est-il toujours en accord avec ce que nous avons dit ?

Il est si facile de parler, de promettre, de rêver, de projeter, de s’enthousiasmer. Il est curieux de constater que ces vaines promesses s’appellent souvent des ” belles paroles “. Les intentions sont belles, généreuses, pleines de dévouement – belles, trop belles, parce qu’elles ne sont suivies d’aucun effet – Et de ces paroles, avec les médias, nous en sommes saturés, rassasiés : paroles des représentants d’aspirateurs, paroles de charlatans à peser au kilo, paroles des hommes politiques avec leurs programmes célestes, paroles des faux prophètes, des philosophes, des pseudo-intellectuels, s’entassent et pourrissent dans nos paquets de journaux ou envolées aux quatre vents, repoussées par les paroles de ceux qui disent le contraire.

Paroles, paroles, paroles : c’est le titre d’une chanson fort connue, qui, elle aussi, sera oubliée à son tour.

Eh bien, dans notre vie chrétienne, malheureusement, c’est, hélas, aussi la même chose. Combien de fois avons-nous dit « oui, Seigneur » sans bouger, bien installés dans nos habitudes et nos routines… Combien de fois nous sommes-nous mis à l’abri de l’aventure évangélique, ne laissant au Père aucune chance de transformer notre cœur de pierre en un cœur de chair vis-à-vis sa grâce qui pourrait nous envahir, nous emporter dans un autre monde, celui de la vie divine ?

Nous nous sommes, au cours des années, tellement endurcis, que nous faisons semblant de ne plus être étonnés lorsque le Seigneur nous dit que les publicains et les prostituées nous précéderont au Royaume des cieux !

Et en fait, aucun d’entre nous, n’est prêt à parier un centime sur ces ‟filles des rues” ou sur ces “moins que rien” : pour nous, ils n’ont aucune chance d’être des signes de l’amour de Dieu ? Notre monde pourtant ne manque pas de pauvres, de petits, de prophètes : échos de la voix du Seigneur. Ce que veut dénoncer le Seigneur, dans cet Évangile d’aujourd’hui, ce ne sont pas les bêtises que nous aurons faites en croyant bien faire, non, le véritable scandale, c’est notre passivité, nos ” oui, Seigneur ” qui sont autant de provocations.

Nous serions déjà des saints, mes frères, de grands saints, si nous avions mis en pratique tout ce que nous avons promis au Seigneur « Seigneur, nous irons jusqu’au bout du monde avec toi ».

 

Nous sommes toujours sur la ligne de départ. Nous rêvons notre vie chrétienne, nous faisons des projets, nous prenons des résolutions, nous disons « marchons, marchons» sans risquer un pas en avant !

Et lorsque, par aventure, certains d’entre nous, prennent au sérieux l’Evangile et qu’ils se détachent de notre groupe immobile : l’abbé Pierre, sœur Emmanuelle, Jean Vanier, père Pedro ou mère Theresa, nous les taxons de témérité, d’utopiques, ou nous disons qu’ils ont de la chance d’avoir ce courage, mais que ce n’est pas pour nous ! Et nous restons sur le bord du trottoir à regarder passer ceux qui ont eu la folie de prendre l’Évangile pour le programme d’une vie réelle. Ils n’ont peut-être rien dit, mais ils ont fait !

Heureusement, frères et sœurs, il est toujours temps de quitter nos chemins de médiocrité, de descendre des échelles de nos valeurs terrestres, de quitter les chevaux de nos grands principes : « Tu parles, tu déclares, tu proclames, tu juges, tu rends des sentences sur les uns et sur les autres, tu réformes le monde au café du commerce avec les amis, tu es toujours en train de graisser l’axe du monde avec des gens intelligents comme toi ». Mais qu’est-ce-que tu fais pour ce monde ? Comment réagis-tu dans des situations immédiates dans lesquelles tu pourrais intervenir ? Seras-tu simplement spectateur et solitaire ou acteur et solidaire ?

Rappelez-vous l’Evangile de dimanche dernier, ‟les embauches à la vigne”. Peu importe l’heure à laquelle nous irons travailler à la vigne : à midi, à trois heures, à cinq heures = la seule chose qui compte c’est d’y aller, c’est de se faire embaucher par le Seigneur au service du Royaume de Dieu, au lieu de rester sur place à bavarder gentiment pendant que les autres travaillent à la vigne.

Le chrétien n’est pas celui qui se contente de dire “oui” au Seigneur, ni celui qui se complaît dans de belles paroles ou de belles promesses, ni celui qui a une ” foi cérébrale” en Dieu.

Le Juste, le Vrai, c’est celui qui ayant la foi, la met en pratique, c’est celui qui passe de la “foi ” aux “œuvres“, du “Dire” au “Faire“, de la “parole” à ” l’action” ; autrement dit : celui qui ‟ vit ce qu’il croit ” .

Tout cela suppose une conversion perpétuelle, une mise en question incessante, une dynamique permanente et donne sa chance à chacun quel qu’il soit et cela à n’importe quel moment, qui que nous soyons :

« Le juste pourra mourir dans la perversité, nous rappelle Ezéchiel, et le méchant en se détournant de sa méchanceté peut sauver sa vie ».

Il n’y a rien de joué d’avance « parce qu’il a ouvert les yeux pendant qu’il en était encore temps, parce qu’il s’est détourné de ses fautes, il ne mourra pas : il vivra ! »

Savoir saisir l’occasion de la grâce offerte par Dieu, pour changer, pour se lancer, pour aller suivre enfin l’Evangile : tout homme possède à tout moment la chance de refaire sa vie. La main de Dieu nous est toujours tendue ; à nous de la saisir. Souvent nous nous posons la question, que l’on posait déjà au Seigneur : « Qui donc sera sauvé au dernier jour ? »

Il nous est maintenant facile de répondre : « Tous ceux qui auront mis leur confiance dans le Christ, qui auront mis cette confiance en pratique et qui auront persévéré dans leur projet ».

Mais attention ! Le Salut n’est jamais acquis une fois pour toutes.

Nous pouvons dire ” non ” au Seigneur après lui avoir dit “oui “.

Nous pouvons lui dire ” oui ” après lui avoir dit ” non”.

L’essentiel, c’est de demeurer fidèles à votre foi et de vivre de cette foi pour être sauvé. La foi, sans les œuvres, sans la pratique, est une foi morte qui ne peut sauver personne. AMEN




26ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER

«Que votre Oui soit Oui”

(Mt 21, 28-32)

  En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
« Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : “Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.”
Celui-ci répondit : “Je ne veux pas.” Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla.
Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : “Oui, Seigneur !” et il n’y alla pas.
Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. » Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu.
Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »

       

                       « Un homme avait deux fils ». L’un agira bien, l’autre mal, mais les deux sont ses fils et cela, rien ni personne ne pourra le changer. Le Père s’adresse donc ici à tous les hommes, quels qu’ils soient, quoiqu’ils fassent, et tous sont ses enfants, « créés à son image et ressemblance » (Gn 1,26-28).

            « Il vint trouver le premier et lui dit : « Mon enfant » », et l’on pourrait continuer avec le prophète Isaïe : « Tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t’aime » (Is 43,4). « Tu aimes en effet tout ce qui existe, tu n’as de répulsion envers aucune de tes œuvres ; si tu avais haï quoi que ce soit, tu ne l’aurais pas créé » (Sg 11,24).

            S’adressant à son enfant, dans l’amour, le Père va solliciter sa liberté, et il la respectera infiniment : « Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne. » Personne d’autre que son enfant ne répondra à sa place… « Je ne veux pas » dit-il… Le Père ne lui proposait pourtant qu’un chemin de vie, pour son seul bien… « Je te propose la vie ou la mort… Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez ! » (Dt 30,19). Dieu, de son côté, ne veut que la vie pour son enfant, pour tous ses enfants, pour tout homme, et cela de tout son être ! Et il est infini ! La détermination et la force de son vouloir sont donc eux aussi infinis : rien ni personne ne le fera jamais changer d’avis ! Mais il ne peut contraindre qui que ce soit à recevoir son trésor (Mt 13,44), cette Plénitude qu’il veut donner à tous (Col 2,9-10 ; Ep 5,18 ; 1Th 4,8)… C’est à nous de lui dire librement : « Oui, je le veux ! » Dieu, de son côté, a déjà dit son « Je le veux ! », en nous créant… Et ce « Je le veux ! » est inaltérable, inébranlable : il ne peut qu’être éternel, comme Dieu lui-même… Mais il n’atteindra pleinement son but qu’au jour où nous lui donnerons enfin notre « Oui ! », de tout cœur… Ainsi, cet enfant qui avait commencé par dire « Je ne veux pas », « se repentit », et puisque, pour Dieu, la porte est toujours ouverte (Ap 21,25), et ses bras grands ouverts, « il y alla », enfin… Et c’est Dieu Lui-même qui, bouleversé d’amour et de compassion, va « courir se jeter à son cou et l’embrasser tendrement » (Lc 15,20).

            Mais nous ne le savons que trop bien : notre « Oui ! » est fragile, notre « Je veux ! » inconstant (Rm 7,14-25). Mais c’est justement ce tréfonds de notre être blessé, incapable de s’en sortir par lui-même, que Dieu attend et veut guérir, si nous acceptons de le lui offrir… Et ce que nous ne pouvons pas par nous-mêmes, Lui, il le peut et il le fera, il l’a promis, car il veut de tout son être notre salut, notre Plénitude, notre Bonheur éternel, avec Lui… DJF




25ième Dimanche du Temps Ordinaire (Matth 20,1-16) – Francis COUSIN)

« … afin d’embaucher des ouvriers

pour sa vigne. »

 

Au départ de cette parabole, il y a un appel par le maître du domaine auprès d’ouvriers pour travailler à sa vigne. Et il le fait plusieurs fois dans la journée. Son domaine, c’est l’Église.

À la fin, il y a la récompense du travail, le salaire … qui est le même pour tous : c’est la vie éternelle.

Souvent les commentaires se sont intéressés à la fin de la parabole, quand tout le monde touche le même salaire. C’est vrai qu’à nos yeux humains cela paraît inadmissible, avec notre droit du travail, nos mentalités païennes et intéressées … mais on ne peut pas multiplier la vie éternelle … cela n’a aucun sens.

Mais avant, tout au long de la journée, il y a le travail, … le développement de l’Église, … sa mission …

Et ce qui me semble intéressant, c’est de voir que le maître du domaine, c’est-à-dire Dieu, ne cesse de retourner au village pour embaucher de nouveaux ouvriers …

Faut-il donc que les besoins de son domaine soient immenses … que les besoins de l’Église soient immenses … ?

Sans nul doute ! Car non seulement Dieu lui-même ’’embauche’’, mais il demande, par Jésus, de participer à cette embauche : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » (Mt 9,37-38).

Dieu met dans le cœur de chacun l’amour envers lui, l’amour des autres, l’amour de l’annonce de l’évangile …

Mais est-ce suffisant ?

Il faut aussi des humains qui soient là pour inviter les gens à participer à la vie de l’Église …

Dans la parabole, le maître envoie les gens à sa vigne, … mais dans le travail de la vigne, il y a plusieurs façons de travailler, et c’est l’intendant qui va répartir les tâches : on peut couper le raisin (les vendangeurs), porter le raisin à la remorque (les porteurs), amener la remorque au pressoir (les cochets), presser le raisin (les fouleurs) … jusqu’à la mise en bouteilles. Tous participent à l’élaboration du vin. Et chacun, en fonction de ses capacités ou de ses goûts, se trouve associé à l’un ou l’autre poste.

Il doit en être de même dans notre Église … et dans chacune de nos paroisses…

Bien sûr, quand on parle d’ouvriers pour la moisson, on pense d’abord aux prêtres. Et comme ils ont répondu à l’appel de Dieu, on le laisse souvent faire !! … et on ne cherche pas à susciter des vocations … Mais il faut parfois un élément déclencheur pour qu’une vocation naisse … La rencontre avec un religieux, une religieuse, un prêtre, même un laïc … peut amener à penser à la vie religieuse … ou entretenir ou confirmer une vocation naissante … ou au contraire annihiler celle-ci !

C’est la question que tout chrétien devrait se poser : ais-je déjà parler à un jeune qu’il pourrait entrer dans la vie religieuse ? Et aux parents : Est-ce que j’ai déjà pensé qu’un de mes enfants pourrait entrer dans la vie religieuse, et quelle serait ma réaction ?

Il y a une quantité d’autres choses à faire dans l’Église auxquelles chacun peut participer : on pense à tout ce qui a trait à la liturgie : les fleurs, les chants, la musique, les lecteurs, les quêteurs, l’accueil, les donneurs de communion … ceux qu’on voit … et tous ceux qu’on ne voit pas : les balayeuses (et parfois des balayeurs), ceux qui rédige les prières universelles, qui font les photocopies, qui assurent le secrétariat ou la comptabilité, qui s’occupe de l’ordinateur ou du site internet de la paroisse … et puis les catéchistes, c’est le moment où on en cherche … et puis …

Cela fait beaucoup de monde …

Mais qui va chercher tous des gens ?

Dieu bien sûr, qui ne cesse d’inciter les gens à participer à la vie de son Église …

Mais pas que lui.

Il y a des paroisses où c’est le prêtre qui s’occupe de tout, d’autres où le prêtre demande aux laïcs de chercher, et d’autres où il y a une recherche partagée et discutée entre tous … la décision finale revenant au prêtre. C’est sans doute la meilleure solution.

Mais je crois qu’il faut nous mettre à l’image de Dieu, qui sans cesse va à la recherche de personnes pour que son Église soit vivante, du matin au soir, chaque jour …

Prier pour que le Père envoie des ouvriers à la moisson, c’est bien …mais ce n’est pas suffisant. Il faut que chacun se sente concerné par la mission de l’Église et y participe … avec ses moyens … avec ses charismes … avec son cœur …

Comme le disait saint Paul :

« Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit.

Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur.

Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous.

À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien.

À celui-ci est donnée, par l’Esprit, une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; un autre reçoit, dans le même Esprit, un don de foi ; un autre encore, dans l’unique Esprit, des dons de guérison ; à un autre est donné d’opérer des miracles, à un autre de prophétiser, à un autre de discerner les inspirations ; à l’un, de parler diverses langues mystérieuses ; à l’autre, de les interpréter.

Mais celui qui agit en tout cela, c’est l’unique et même Esprit : il distribue ses dons, comme il le veut, à chacun en particulier. » (1 Co 12, 4-11)

Tous, nous avons à aider Dieu à trouver des ouvriers pour la mission de l’Église.

Seigneur Dieu,

tu es toujours à la recherche

de nouveaux ouvriers

pour que vive ton Église,

mais tu n’es pas seul.

Chacun de nous est invité

à participer à la vie de ton Église,

et à susciter de nouveaux ouvriers

pour la mission de celle-ci.

Aide-nous de ton Esprit.

 

Francis Cousin

Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le titre ci-après:

Prière dim ordinaire A 25°




25ième Dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN

 Les ouvriers de la 11e heure

Mt 20, 1-16

Vous vous en doutez bien, frères et sœurs, cette page d’Evangile n’est pas pour nous dire comment un chef d’entreprise doit payer son personnel. S’il en était ainsi, l’entreprise en question aurait vite fait de se mettre en faillite et d’envoyer au chômage tous ses employés avec l’accord unanime de tous les syndicats.

Le but de Jésus, dans cette parabole est tout autre : elle veut nous faire comprendre l’immense bonté de Dieu pour les pauvres, les déshérités, les marginaux et son amour gratuit, désintéressé à l’égard de ceux qui n’ont aucun mérite à faire valoir. « Le Royaume des cieux est comparable au maître d’un domaine qui embauche des ouvriers pour les vendanges ».

– Le Royaume des cieux : c’est Dieu lui-même ; les ouvriers : c’est nous, les humains.

– Il embauche le matin puis à midi, à trois heures, à cinq heures du soir ! Il n’y a pas d’heure pour travailler à l’œuvre du Père : quel que soit le moment de la journée, Dieu embauche et ce n’est pas tant l’urgence du travail que la vision de ces gens affalés, oisifs, démobilisés et pauvres par voie de conséquence qui va inciter le maître à les envoyer à sa vigne : les ouvriers, c’est nous, les humains ; tous, quel que soit notre âge, notre condition, nos forces, nos capacités, nous sommes embauchés au travail du Père. A la fin de la journée, c’est la paye : et, surprise ! Indignation ! Il donne aux derniers embauchés le salaire d’une journée, comme à ceux qui avaient travaillé dès le matin alors que les derniers n’ont fait qu’une heure. Qu’est-ce-que ça veut dire ?

– Ces derniers embauchés représentent les paumés, les pauvres types, ceux qui n’ont pas eu de chance dans leur vie, ceux que l’on a envie d’ignorer : voyous, clochards, cagnards et vauriens de toutes sortes, ceux que l’Evangile appelle souvent « les publicains et les pécheurs ». Eh bien ! Ceux-là, Jésus nous dit que Dieu les aime autant que les autres. Ils gardent toute leur valeur à ses yeux : d’ailleurs, Jésus, non seulement les fréquente, mais il mange avec eux, comme avec des amis.

« La volonté de mon Père, dit-il, c’est que pas un seul d’entre eux ne se perde ! » Eh bien oui ! Dieu est comme ça ! Il ne pose aucune condition discriminatoire à l’amour qu’il porte aux pauvres et aux pécheurs. Tout homme, quel qu’il soit, est précieux à ses yeux.

Attention, frères et sœurs, à ne pas nous tromper de Dieu ! Le vrai Dieu révélé par Jésus-Christ, c’est celui qui nous a aimé le premier, sans initiative de notre part alors que nous ne le connaissions même pas ! C’est le Dieu généreux qui n’attend pas que l’on ait fait un premier geste à son égard, mais qui met son point d’honneur à offrir son salut à tous les pécheurs, à tous les malchanceux. L’obtention de la présence de Dieu n’est pas due à nos mérites, mais à sa miséricorde : Dieu est tellement différent de ce que nous pensons de lui ! Ses réactions, ses penchants sont si dissemblables des nôtres !

Rappelez-vous aussi la parabole de l’enfant prodigue : ce garnement, égoïste et ingrat qui quitte la maison familiale pour aller faire la noce dans un pays lointain et qui finit par revenir, non pas à cause de son père ! Mais parce qu’il n’avait rien à manger ! Son Père, notre Dieu, court au-devant de lui, dès qu’il l’aperçoit sur la route du retour, il l’embrasse, il lui a déjà tout pardonné : on fait la fête pour l’accueillir !

A travers ces paraboles, Jésus nous dit 3 choses :

– la 1ère, vous aussi, faites de même : ne soyez pas mesquins, vengeurs ; soyez généreux, magnanimes, miséricordieux comme votre Père du ciel ; ne calculez pas comme Pierre qui fait des comptes : « Combien de fois devrais-je pardonner ? Jusqu’à 7 fois ? »

« Mais non, répond Jésus, pas jusqu’à 7 fois, mais jusqu’à 77 fois sept fois ! Cesse donc de calculer ! Est-ce-que, moi, Dieu, je calcule le nombre de fois où je vous pardonne ? »

Rappelez-vous Jésus, avec Pierre justement, après la Résurrection : Pierre l’avait renié ; non seulement Jésus lui pardonne mais il lui redonne toute sa confiance, il en fait le premier pape de l’Eglise :

« Sois le pasteur de mon troupeau tout entier ». Folie de l’amour de Dieu !

– 2e chose à retenir : si Dieu regarde avec amour, comme ses enfants bien aimés, les plus pécheurs, les plus malchanceux, les plus voyous, à plus forte raison les étrangers, comoriens ou autres mahorais, sachons les regarder, nous aussi avec amour, avec respect et les considérer comme des frères, sans les juger ? Ce n’est pas facile d’avoir, à notre tour, sur eux, le même regard que Dieu.

– 3e chose à retenir surtout : souvenons-nous que nos rapports avec Dieu, ne sont pas des rapports de serviteurs à maître. Jésus nous a dit : « Je ne vous appelle plus serviteurs, mais ‘’ AMIS ’’ ».
Le serviteur attend de son patron un salaire pour le travail fourni, peut-être même un peu plus… un treizième mois, toujours prêt s’il est, en plus, un bon syndicaliste, à réclamer davantage, il va comparer son salaire avec celui des autres par jalousie, par dépit de voir ceux qui n’ont travaillé qu’une heure recevoir autant que lui. C’était la mentalité de ces bien-pensants du temps de Jésus, les pharisiens, puisqu’ils pratiquaient la loi, ils s’estimaient être quittes envers Dieu et Dieu se devait de les récompenser !

 

« J’ai fait ceci, tu me dois ça ! », « J’ai dit cette prière, j’ai fait cette neuvaine, j’ai fait plaisir à mon voisin ; maintenant, à mon tour : Paye-moi ! ».

Non ! Dieu n’est pas un commerçant dont nous sommes les clients.

 

 

Il n’est pas derrière un comptoir avec un grand livre où il fait le total de ce que j’ai fait pour lui. Il me prend dans ses bras et me dit : « Mais toi, tu es mon fils ».

Si nous avons cette mentalité du ” donnant-donnant ” avec le Père, nous sommes de ceux qui se croient ” les premiers ” et qui seront ” les derniers ” dans le Royaume des cieux, après les publicains et les prostituées qui se sont convertis au dernier moment. L’explication, voyez-vous, c’est que nous ne sommes plus sous le régime du droit et de la loi mais sous le régime de l’amour et de la grâce. Nous ne serons jamais quittes envers Dieu et jamais nous ne pourrons l’aimer comme il nous a aimés ! Alors ? Que faut-il faire ?

Il nous traite comme des fils parce qu’il est Père : aimons-le d’un cœur filial. Aimons Jésus de toutes nos forces puisqu’il nous a choisis comme Amis ! Passons d’une mentalité juridique à une mentalité affectueuse et nous serons dans le “vrai “.

A travers ces paraboles qui nous choquent parce que notre mentalité n’est pas celle de Dieu, nous n’aurons jamais fini de découvrir Dieu ! Isaïe, tout à l’heure, nous disait :

« Cherchez Dieu, cherchez le Seigneur, cherchez-le dans la prière filiale, cherchez-le dans la méditation de l’Evangile : vous verrez

 Dieu n’est pas celui que vous croyez, cherchez-le avec votre intelligence et aussi et surtout avec votre cœur… Et plus vous le chercherez, plus vous constaterez qu’il est différent de nos réactions humaines, mesquines, égoïstes, juridiques ».

« Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant ses chemins sont élevés au-dessus de vos chemins et ses pensées au-dessus de vos pensées ».

 Dieu nous dépassera toujours… heureusement pour nous ! AMEN




25ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER

« La logique de l’Amour »

(Mt 20,1-16)

  En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « En effet, le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.
Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne.
Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire.
Et à ceux-là, il dit : “Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.”
Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même.
Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : “Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?”
Ils lui répondirent : “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez à ma vigne, vous aussi.”
Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : “Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.”
Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier.
Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier.
En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine :
“Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !”
Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : “Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ?
Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi :
n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?”
C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »

                    

             Deux logiques s’affrontent dans notre parabole : celle du mérite, et celle de la bonté.    Dans la première, l’homme est au centre, avec ses froids critères de justice qui ne laissent aucune place à la bonté, à la générosité. « Je travaille, je fais des efforts et des sacrifices : je mérite donc de recevoir le salaire qui correspond à ma peine. » Dans cette logique, l’homme est seul : il se contemple dans un miroir, lui et son œuvre, et il juge, il se juge, il apprécie, il s’apprécie. Dieu n’a rien à dire sinon à lui donner ce qu’il mérite, ce qui est juste à ses yeux… En fait, ici, c’est l’homme qui décide de tout : Dieu n’a plus qu’une seule chose à faire, obéir…

         Cette recherche de « soi », ne peut que déboucher sur l’autosatisfaction, l’amour propre, l’orgueil et le jugement des autres, sur la base des mêmes critères, des jugements rarement élogieux, souvent méprisants (Lc 18,11-12 ; Jn 7,49)… Loin de rassembler, ils ne font que creuser le fossé et marquer la distance : « Ces derniers venus n’ont fait qu’une heure », et ils reçoivent le même salaire, disent, scandalisés, ceux qui avaient été « embauchés dès le matin ». En fait, ils sont jaloux… « Ils ont travaillé moins que moi, et ils reçoivent autant que moi ! Ce n’est pas juste ! » Ce qui revient à dire à Dieu : « Tu n’es pas juste ! » Et voilà l’homme qui se place au-dessus de Dieu…

          La logique de la bonté ne recherche, elle, que le bien, le bonheur, la joie de l’autre (Jr 32,37-41). Les derniers embauchés n’étaient pas responsables de leur inactivité : « Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?… Parce que personne ne nous a embauchés ! » Leur bonne volonté est bien là, ils n’ont pas cherché à s’esquiver… Et lorsque vient l’heure de la paye, ils ne réclament rien car ils savent qu’ils ne méritent rien ! Mais voilà qu’ils reçoivent comme les premiers ! Bonté du Maître ! Joie !

          Voilà comment agit ce Dieu et Père qui est Amour (1Jn 4,8) en tout son être, et qui ne recherche que le bien le plus profond de tous ceux et celles qu’il aime, envers et contre tout (Mt 5,43-48) et il aime tous les hommes qu’il a créés (Sg 11,24 ; Jn 3,16-17 ; 1Tm 2,3-6) ! Heureux celui qui se tournera de tout cœur, et le plus tôt possible, vers Lui : il ne pourra qu’être comblé et comblé encore (Lc 19,26). Et dans cette logique de l’amour, où nul ne mérite rien, où tout se reçoit gratuitement (Ep 2,4-10 ; Rm 6,23), où chacun ne recherche pas son propre intérêt mais celui de l’autre (1Co 10,24), il se réjouira lui aussi du bonheur de ceux qui, peut-être après lui, à la dernière heure, ont enfin dit « Oui ! » à l’Amour !  DJF




24ième Dimanche du Temps Ordinaire (Matth 18, 21-35) – Francis COUSIN)

« C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur.»

 

Attention à ne pas nous tromper dans l’interprétation de cette phrase.

Elle ne veut pas dire, comme on pourrait le croire au premier abord, que, si nous voulons être pardonné par Dieu, il faut que nous pardonnions nous aussi, et donc que le pardon que nous donnons est prioritaire (en ce sens qu’il est le premier) pour nous permettre d’être pardonné, et donc d’être sauvé.

Ce n’est pas ce que nous dit l’évangile.

Le pardon, celui que nous donnons, ne peut pas être une obligation nécessaire.

Dieu, qui est amour, nous laisse toujours libre !

Et puis, cette obligation nous donnerait comme une sorte d’avantage sur Dieu : « J’ai pardonné, donc tu dois me pardonner ».

Cela n’est pas possible … nous ne pouvons pas avoir ’’la main’’ sur Dieu.

Cela ressemblerait à un marchandage que nous ferions avec Dieu … ce qui ne peut se faire.

C’est une mauvaise interprétation de la parabole, car il ne faut pas oublier le début : le roi, c’est-à-dire Dieu, a commencé par donner son pardon, à remettre sa dette, une dette énorme, à son serviteur (qu’il nommera par la suite le serviteur méchant) … et ce qui est reproché à celui-ci est de ne pas avoir remis à son compagnon une dette de beaucoup inférieure à la sienne.

Ce serviteur n’a regardé que les faits : mon compagnon a une dette envers moi, donc il doit me rembourser ! Mais il ne l’a pas mise en relation avec sa propre dette annulée …

Comme toujours, Dieu est le premier à agir, et il nous demande de faire comme lui.

Il aime tout le monde, et comme il aime, il pardonne les fautes que ceux qui se reconnaissent pécheurs.

Cela demande de l’humilité de reconnaître ses fautes !

Et l’humilité nous permet de reconnaître que nous ne sommes pas meilleurs que les autres, ou que les autres ne sont pas moins bons que nous !

Se reconnaître pécheurs nous permet aussi de reconnaître que les autres peuvent aussi être pécheurs, tout comme nous, … et à leur pardonner.

Mais le pardon est une chose qui peut être difficile à faire.

Dans la vie courante, il arrive souvent, quand on bouscule quelqu’un, quand malencontreusement on lui marche sur les pieds, ou quand on passe devant lui, qu’on utilise simplement le mot « pardon ! », sans qu’on sache exactement si c’est une excuse ou une demande de pardon … D’ailleurs, on ne demande pas de réponse et la personne à laquelle on s’adresse n’en donne généralement pas non plus. C’est un pardon qui n’en est pas vraiment un, et qui ne ’’coûte’’ rien.

La plupart du temps, il faut se forcer pour demander (ou pour donner son) pardon … et il faut mettre une croix sur son orgueil … et se reconnaître humble …

Mais il arrive parfois (et c’est peut-être le plus souvent) que certains faits soient très difficiles à pardonner … et qu’ils soient même parfois qualifiés d’« impardonnables », comme les meurtres, les atteintes à la vie (physique, sociale, spirituelle …) par ceux qui les subissent, directement ou indirectement, … et même par le droit international, la presse, et tous ceux qui en ont connaissance …

Et pourtant, à la demande de Pierre de savoir s’il faut pardonner jusqu’à sept fois, Jésus nous dit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. ».

Or le nombre sept, dans la Bible, représente la plénitude, la perfection. Pierre demandait donc s’il faut aller jusqu’à la perfection dans le pardon. Jésus lui, demande d’aller au-delà de la perfection, au-delà de la limite humaine, ce qui n’est possible que dans le surnaturel, dans ce qui est divin, donc seulement avec la grâce de Dieu. Le véritable pardon ne peut se faire qu’avec l’aide de Dieu.

Jésus, lui, est allé jusqu’au bout et il a demandé le pardon quand, humilié, bafoué, calomnié, outragé, « obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix » (Ph 2, 8), il demande à son Père : « Pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Lc 23,34).

Pour nous, quand le pardon devient difficile, on ne peut le demander (ou l‘accorder) qu’en demandant l’aide de Jésus.

Certains ont réussi à le faire … Pourquoi pas nous ?

Et si Jésus a pu dire : « C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. » (Lc 15,7), on pourrait aussi ajouter, car cela me semble aussi vrai : « Et qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui est pardonné par celui à qui il a fait du tort … »

Seigneur Jésus,

tu nous invites à toujours pardonner …

mais bien souvent,

c’est au-dessus de nos forces,

car nous sommes humains,

trop fiers, pas assez humbles.

Donne-nous la grâce du pardon !

 

Francis Cousin

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