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La Pentecôte – par le Diacre Jacques FOURNIER

 « Comme le Père m’a envoyé,

moi aussi je vous envoie. »

 (Jn 20, 19-23)…

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

 

   

« Nous annonçons ce que l’œil n’a pas vu… Dieu nous l’a révélé par l’Esprit… Nous avons en effet reçu l’Esprit qui vient de Dieu pour connaître les dons gracieux que Dieu nous a faits » (1Co 2,9-12).

            C’est ce que vont vivre ici les disciples de Jésus… Tenaillés par la peur après les évènements de la Passion, ils ont verrouillé les portes du lieu où ils se sont retrouvés. Mais le Ressuscité les rejoint et tout va changer… « Il vint, et il était là au milieu d’eux »…

            Si « Dieu est Esprit » (Jn 4,24), et si « Dieu est Lumière » (1Jn 1,5), ce n’est que « par ta Lumière » que nous pouvons « voir la Lumière », écrit le Psalmiste (Ps 36,10). Il est donc impossible de percevoir la Lumière du Ressuscité sans avoir d’abord reçu au plus profond du cœur le Don de l’Esprit de Lumière. Les disciples l’ont accueilli : « les yeux illuminés de leur cœur » (Ep 1,18) voient alors ce que l’œil seul ne peut voir…

            Puis Jésus leur dit : « La paix soit avec vous », et de fait, ils ont en cet instant le cœur en paix, car « le fruit de l’Esprit » est non seulement « lumière » (Ep 5,8-9) mais aussi « amour, joie, paix » (Ga 5,22). Et « les disciples furent bien remplis de joie en voyant le Seigneur », car ils étaient déjà « remplis d’Esprit Saint » (Ac 2,4 ; 4,31 ; 13,52).

            Ce que Jésus leur dit ensuite, « Recevez l’Esprit Saint », leur permet donc de prendre conscience de ce qu’ils vivent déjà… Et c’est ce Don de l’Esprit qui sera à la racine de leur future mission : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie ». Comment le Père a-t-il donc envoyé son Fils ? En le comblant continuellement par le Don de son Esprit : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, » avait-il dit au tout début de son ministère, « car il m’a consacré par l’onction pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres » (Lc 4,18). L’Esprit Saint sera donc aussi donné aux disciples de Jésus, jour après jour, pour leur permettre d’annoncer cette même « Bonne Nouvelle » de l’Amour… Jésus avait été l’heureux témoin de l’Amour du Père à son égard (Lc 10,21-22) ? Ils seront eux aussi les heureux témoins de tout ce que Jésus leur donne et leur donnera de vivre dans sa Miséricorde : « Vous allez recevoir une Force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1,8).

            Recevant le même Esprit, ils annonceront la même Parole : « Tes péchés sont remis » (Mt 9,2). Le péché est tout ce qui blesse et tue la vie ? Voilà ce que Dieu veut éviter à tout prix… Et toute la mission du Fils fut de « donner aux hommes la connaissance du salut par la rémission des péchés, grâce aux entrailles de Miséricorde de notre Dieu dans lesquelles il nous a visités » (Lc 1,76-79). Telle est aujourd’hui encore toute l’œuvre de l’Eglise : « Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis » (Jn 20,23).                                                          

DJF




L’Ascension (Mt 28,16-20) – D. Jacques FOURNIER

 « Tout pouvoir m’a été donné… Allez… »

(Mt 28,16-20; Ascension)

 

En ce temps-là, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.
Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.»

             « Les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

            « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre », nous dit ici Jésus, et c’est une conséquence de son engendrement éternel par le Père. « Né du Père avant tous les siècles, engendré non pas créé », le Fils reçoit de toute éternité du Père d’être « Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière, de même nature que le Père ». Tel est ce Mystère éternel d’Amour, le Père ne cessant de se donner au Fils en tout ce qu’il est : « Le Père aime le Fils et il a tout donné en sa main », de telle sorte, nous dit Jésus, que « tout ce qu’a le Père est à moi » (Jn 3,35 ; 16,15).

            Le « pouvoir » du Fils s’enracine donc dans ce « Don de Dieu » qu’il reçoit (Jn 4,10), depuis toujours et pour toujours, ce Don du Père par lequel il est « l’unique engendré » (Jn 1,14.18), « Dieu » tout comme le Père est Dieu. En tant que « Lumière née de la Lumière », il est « la Lumière du monde », « Lumière véritable qui éclaire tout homme », « Lumière qui brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas saisie » (Jn 8,12 ; 1,9 ; 1,5). « Pouvoir » de la Lumière sur les ténèbres… « Tout pouvoir m’a été donné »… De même, « tout comme le Père a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d’avoir la vie en lui-même » (Jn 5,26). Alors, « comme le Père ressuscite les morts et leur redonne vie, ainsi le Fils donne vie à qui il veut » (Jn 5,21). Et puisque il est « le Sauveur du monde », il la propose à quiconque accepte de la recevoir : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m’a envoyé a la vie éternelle… Il est passé de la mort à la vie » (Jn 5,24). Ainsi, « notre Sauveur le Christ Jésus a détruit la mort et fait resplendir la vie et l’immortalité par le moyen de l’Évangile » (2Tm 1,10). « Pouvoir » de la vie sur la mort…

            Et Jésus, ici, envoie ses disciples, nous tous, en mission : « Apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit »… Et il agira avec eux et par eux selon ce « tout pouvoir » qu’il a reçu du Père pour que sa Lumière triomphe de nos ténèbres, sa vie de nos morts. Ainsi, grâce à son action, l’Evangile proclamé par l’Eglise portera du fruit « pour la vie éternelle » du plus grand nombre (Jn 4,36 ; 15,14-17)…                        

DJF

 




Ascension du Seigneur, solennité – Homélie du Père Louis DATTIN

Le Christ invisible

Mt 28, 16-20

           « Pour moi, me disait quelqu’un, la fête de l’Ascension, n’est pas une fête pleine de joie, comme celle de Pâques ou celle de Noël. Elle contient une sorte de nostalgie : c’est le départ du Christ. Il s’en va et nous ne le verrons plus. C’est la fin d’une belle époque, d’un beau livre. Lorsque nous regardons le ciel où le Christ est monté : deux anges sont là pour nous dire que ce n’est plus le ciel qu’il faut regarder, que nous devrons faire demi-tour et aller désormais vers les hommes, leur annoncer la joie du Christ ressuscité ».

Rien de plus faux, frères et sœurs, que ce regard sur l’événement de l’Ascension. L’Ascension, c’est au contraire, Jésus encore plus présent au milieu de nous. Voilà le moment qui arrive où la  présence  de  Jésus va, non  pas  s’effacer, mais  prendre  une  autre  forme, plus  réelle  encore  que  la précédente. A Noël, l’ange avait dit : on l’appellera ‘’Emmanuel’’, ‘’Dieu avec nous’’. C’était l’ouverture du livre  de  Matthieu  et  aujourd’hui, ce  sont  les  dernières  lignes de ce même Evangile. Jésus affirme à son tour :

« Voici que je suis avec vous, tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

            Qu’est-ce que la présence véritable ? C’est lorsque la vie d’une autre personne nous imprègne au point que nous ne fassions plus qu’un avec lui. Aujourd’hui éclate l’univers des apparences visibles pour nous entraîner dans une autre vision du réel. Le texte de Matthieu ne nous parle pas d’Ascension mais de présence nouvelle.

Il ne nous invite pas à célébrer cette fête comme le départ d’un être cher qu’on accompagne à Gillot, avant de le voir partir en métropole. Il nous faut donc  oublier  toutes nos imaginations  et  écouter  Jésus.

 « Je suis avec vous tous les jours ».

A partir de ce jour de l’Ascension, Jésus n’est plus une personne physique limitée par son corps-présent à 11 disciples dont la voix ne s’entend qu’à vingt mètres, et pour lequel il faudrait se déplacer pour essayer de le voir de plus près, un peu comme le Pape lorsqu’il est venu à La Réunion sur l’esplanade de la Trinité.

Non, Jésus maintenant, aujourd’hui, inaugure un nouveau mode de présence : présence à tous,

– présence à chacun

– présence universelle

– présence spirituelle à la prière et à la foi de chacun

– présence permanente, pas simplement à certains moments privilégiés, mais attentive à chaque cœur qui a faim et soif de lui.

Pâques, c’était le mystère du salut : « Il  fallait  que  le  Christ  souffre  et ressuscite pour entrer dans sa gloire ».

L’Ascension, c’est  le  mystère  de  sa  présence  universelle : il  fallait  que  le  Christ  disparut  à  nos yeux physiques pour être présent, non plus à quelques-uns, mais à tous ceux qui le regarderont avec les yeux de la foi. Par l’Ascension, sa présence est multipliée, son amour présent à tous, son aide universalisée, c’est à partir de ce jour que nous pouvons dire : « Dieu est partout ». Certains enfants au catéchisme, avec la meilleure bonne foi du monde, répondent à la question :

–  « Où est Jésus ? »

–  « Il est au ciel »

D’autres disent :

–  « Il est partout »

Certains, plus savants, vont jusqu’à répondre :

–  « Il est dans notre cœur »

Dieu, Jésus, depuis son Ascension, n’est plus dans un lieu. Déjà, lorsqu’il parlait de son royaume, il disait :  « Lorsqu’à la fin des temps, on vous dira ‘’Il est ici, non, Il est là’’, n’y allez pas. Restez sur place et là, vous le rencontrerez ». Il est avec nous tous, tous les jours jusqu’à la fin de ce monde. Si nous croyons cette parole du Seigneur, si, contre vents et marées, à chaque instant, nous sommes prêts à affirmer : « Oui, le Christ est là », même si je ne sais pas bien ni où ni comment, vous êtes déjà plus dans la vérité.

En fait, il ne s’agit pas de savoir est le Seigneur mais de le reconnaitre et de le voir. Encore pour cela, faut-il nous laisser ouvrir les yeux et déboucher les oreilles – car il ne suffit pas d’affirmer : « Christ est là » – il faut le reconnaître, il faut le deviner, l’identifier.

A nous de nous laisser entrainer par celui qui est présent là où l’amour est force de vie.

A partir de l’Ascension, nous ne sommes plus dans l’ordre du réel matériel mais d’un réel spirituel qui nous font entendre et voir, non pas dans le ciel en levant la tête, mais au milieu des hommes.

« Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin de ce monde ».

Alors, ont-ils tort, ceux qui vont monter, aujourd’hui ou demain, au Piton des Neiges, au Maïdo ou au Colorado ? Seront-ils plus près de Dieu, à 3 067m, qu’à notre niveau à nous ?

Vous le savez bien, frères et sœurs, il ne s’agit ni de niveau physique ni de montagne géographique ; il s’agit de s’élever, tout comme à la préface, le prêtre dit aux chrétiens : « Elevons notre cœur ».

Oui, ils ont  raison  de  monter  là-haut, si, à cet effort physique correspond un effort du cœur et de l’âme pour aller à la rencontre de Jésus, pas simplement à la messe sur le sommet, mais aussi et surtout avec les compagnons de route qui se sont mis en marche avec eux et qui prennent la même direction.

Mais, ils ont tort, s’ils ont fait de cette marche simplement une occasion de détente, une belle journée en admirant le paysage et en arrivant là-haut humer un petit air d’une messe  pas comme les autres, avant de saucissonner ou de boire un petit coup de sec, histoire de se remettre en forme pour redescendre.

Oui, c’est vrai, il faut monter, il faut s’élever, il faut faire un effort, il faut se dépenser, mais pour cela  c’est  la force de l’Esprit Saint  qui  est  dans  notre cœur depuis le Baptême et la Confirmation, force ascensionnelle, qui  nous  fera  rencontrer  et  reconnaitre  le  Christ, quelle  que  soit l’altitude où nous nous trouvons.

Un paralytique, aujourd’hui, à l’hospice, peut rencontrer et reconnaitre Jésus aussi bien et peut-être mieux qu’un  jeune  qui  est  monté  au  Piton  sans  faire  attention à ceux qu’il dépassait et qui avaient peut-être besoin d’un coup de main ou d’une parole de réconfort.

Voyez-vous, tout se passe dans notre cœur. Tout se passe  dans la vie ordinaire, en nous et autour de nous, à condition de voir et de sentir avec notre foi, avec notre espérance, avec notre amour. Même un singe sait très bien que pour manger une noix il faut d’abord casser la coque.

Avons-nous cassé le superficiel, l’apparent, tout ce qui nous  empêche  de  faire  de  notre  religion  un ensemble de gestes où le cœur n’y est pas ?

Avons-nous le  courage  d’aller  au-delà  du  sensible, au- delà  des  gestes, au-delà des formes de prières toutes faites pour atteindre et identifier un Seigneur qui n’est plus visible et pourtant omniprésent ?

            Frères et sœurs, L’Ascension n’est pas le départ irréversible de Jésus. Ce n’est pas le début d’un absolu incompréhensible et  désastreux. Jésus  peut être  davantage  présent  à  notre monde et à chacun d’entre nous parce qu’il en est absent matériellement. Ce n’est pas un paradoxe.

Aujourd’hui, Jésus  est glorifié  dans le Royaume : il est sacré ‘’ Seigneur  Universel’’ et de ce fait devient présent dans sa divinité et dans son humanité, à chaque pays, à chaque époque, à chaque société, à chaque homme.

L’Ascension, c’est la présence de Jésus, éternelle, réelle, irréversible dans l’univers qu’il a recréé par sa nouvelle Alliance avec les hommes.  AMEN




Ascension – par Francis COUSIN (Matth 28, 16-20)

« Pourquoi restez-vous-là ! »

L’ascension de Jésus, quarante jours après sa résurrection …

Quarante jours, comme le temps que Jésus passa au désert pour se préparer à sa vie publique d’annonce de l’évangile, de sa Bonne Nouvelle …

Quarante jours pour préparer les apôtres à leur nouvelle mission : témoigner des Paroles de Jésus, mort et ressuscité d’entre les morts, à « toutes les nations » de manière à ce qu’ils puissent devenir des disciples, et qu’ils puissent être « baptisés au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, [et qu’ils apprennent] à observer tout ce que [Jésus a] commandé. », tant que Jésus est encore parmi eux … dans l’attente de la réception de l’Esprit Saint le jour de la Pentecôte.

Les textes de ce jour nous donnent deux versions différentes de ce qui s’est passé ce jour-là.

Dans la première lecture, au début des Actes des Apôtres, saint Luc situe l’action à Jérusalem. Jésus prend son repas avec les apôtres et leur annonce l’envoi de l’Esprit Saint « d’ici peu de jours ». Les onze apôtres ne réagissent pas sur l’envoi de l’Esprit Saint … mais ils s’inquiètent sur le royaume terrestre d’Israël : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? ».

Ils n’avaient pas encore compris que le Royaume annoncé par Jésus est un Royaume spirituel, et qu’il n’y a aucune place de ministres à gagner …

Heureusement que l’Esprit Saint va bientôt leur faire comprendre qu’ils se trompent … et qu’ils deviendront les témoins de Jésus « à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. ».

Dans l’évangile selon saint Matthieu, les onze disciples se retrouvent en Galilée, sur une montagne indiquée par Jésus qui les y attendait. La Galilée, là où la vie publique de Jésus avait commencé avec l’appel des quatre premiers disciples, des pécheurs de Capharnaüm …

La Galilée, dite des nations, car aux confins des nations païennes et du monde grec, vers lesquelles il faudra porter la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. ».

Là aussi, les disciples se posent des questions, certains ont des doutes … lesquels ? On ne les dit pas …

Personnellement, je préfère la traduction du père Lucien Deiss qui écrit : « Eux qui avaient douté », ou celle de la TOB : « mais ils eurent des doutes. » qui sont plus proches du texte grec, car tous ont plus ou moins douté, avant ou à ce moment-là. Cela montre que même les apôtres sont et restent des humains avec leurs questionnements … tout comme nous.

Les autres évangiles qui parlent de l’Ascension, Marc et Luc, situent celle-ci à Béthanie, proche de Jérusalem. Jean ne parle pas de l’Ascension, mais finit son évangile en Galilée où Jésus retrouve seulement sept apôtres.

Au-delà de ces divergences textuelles, il faut remarquer une chose importante : l’Ascension n’est pas la fin de l’aventure pour les apôtres. Ils ont une mission à accomplir.

Dans les Actes, c’est Jésus lui-même qui leur dit : « Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. ». Et les deux hommes en vêtements blancs rappellent les apôtres à la réalité : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. Mais avant vous devez porter témoignage de ce que vous avez vécu auprès de Jésus partout où vous irez. ».

La même chose que ce que Jésus disait dans l’évangile de Matthieu, mais avec un plus pour celui-ci : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. ». Avec tous les baptisés … et peut-être plus qu’eux …

Seigneur Jésus,

tu retournes vers ton Père,

mais tu es toujours vivant auprès de nous,

mieux même : présent en nous,

nous guidant avec l’Esprit Saint

sur le chemin du Paradis.

 

Francis Cousin    

 

 

 

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7ième Dimanche Pâques – par Francis COUSIN (Jn 17, 1-11)

« La vie éternelle, c’est de te connaître,

toi, le seul vrai Dieu ! »

Après la montée de Jésus dans la nuée, pour rejoindre son Père, on aurait pu penser que les apôtres auraient été tristes d’être séparés de Jésus de manière physique …

Cela n’a pas été le cas : « Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie. » (Lc 21,51-52).

Et pourtant, Jésus leur avait donné de grandes responsabilités, dont ils n’avaient sans doute pas mesuré toute l’ampleur, devenir des témoins de la Bonne Nouvelle de Jésus, ni les risques …

Jésus leur avait donné aussi deux nouvelles.

La première est que Jésus serait avec eux tous les jours jusqu’à la fin du monde. Chose assurée, même s’ils ne savaient pas comment cela se manifesterait …

La seconde est qu’ils allaient recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur eux pour les aider dans leur mission. Là, c’est une promesse … dont ils sont dans l’attente … mais qui ne peut les mettre en joie tant qu’elle n’est pas matérialisée …

Une joie pour le futur … et parce qu’ils savaient que Jésus tiendra parole.

Alors ils retournent à Jérusalem, dans la chambre haute, et retrouvent leurs compagnes et compagnons, dont Marie, la mère de Jésus. « Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière. » (Ac 1,14).

Une prière sans doute bien différente de celle de Jésus dans l’évangile de ce jour parce qu’il n’y a que Jésus qui pouvait la dire, avec trois entités : Le Père, Jésus, et les disciples

Il est beaucoup question de don, de don dans l’amour entre le Père et le Fils : don de pouvoir, don de vie éternelle, don des disciples, don de l’amour du Père …

Le Fils « donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. ».

La vie éternelle est donc la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ, c’est-à-dire de deux personnes.

Connaissance par l’amour des deux personnes de Dieu et de Jésus-Christ …

Mais aussi par la communion au corps et sang du Christ : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui» (Jn 6,54-56)

Et comme le Père et le Fils ne font qu’UN, si on communie au corps et au sang du Christ, on communie aussi au Père.

Bien sûr, il ne faudrait pas prendre cela au pied de la lettre. Tout dépend de la manière dont on communie. Si on communie par habitude, sans réfléchir, on ne peut pas vraiment dire que l’on fasse comme-union, c’est-à-dire que l’on soit uni avec Jésus ! ni avec Dieu le Père !

Parce que tout don amène deux démarches : celle de celui qui donne, ici le Père ou Jésus, et celui qui reçoit : nous.

Si nous ne sommes pas dans une démarche d’accueil du don d’amour de Dieu envers nous, nous ne pouvons pas attendre quoi que ce soit de Dieu … même si lui est prêt à tout nous donner !

Si nous voulons nous mettre dans une démarche d’accueil du don d’amour de Dieu, il faut que nous nous mettrions dans une situation d’acceptation de notre vulnérabilité, accepter avec humilité que nous soyons pécheurs.

Seigneur Jésus,

le père et toi, vous nous aimez,

d’un amour sans limite …

Mais nous, est-ce que nous vous aimons,

d’un amour sans limite, inconditionnel … ?

Nous avons encore beaucoup

de chemin à faire pour nous reconnaître

tout petits devant toi …

 

Francis Cousin    

 

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Image dim Pâques A 7°




7ième Dimanche de Pâques – Homélie du Père Louis DATTIN

La prière

Jn 17, 1-11

Nous nous trouvons, mes frères, dans un temps liturgique  intermédiaire : un temps très intéressant et plein d’enseignements pour nous, comme il le fut pour les apôtres.

Les apôtres viennent de vivre l’Ascension du Seigneur. Ils ont vu Jésus s’en aller vers le ciel, retourner vers son père et comme ils avaient encore le visage tourné vers le ciel, fixé à l’endroit où Jésus avait disparu ; voici que deux anges viennent leur dire : « Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? »

Sortis de leur contemplation, revenus à la réalité et bien les pieds sur terre, ils se souviennent alors des consignes de Jésus :

« Ne quittez pas Jérusalem. Attendez ce que le Père vous a promis. C’est  » dans l’Esprit Saint  » que vous serez baptisés dans quelques jours. Vous allez recevoir une force, celle du Saint Esprit  qui viendra sur vous et alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre ».

Ce que firent les apôtres nous est raconté dans la 1ère lecture d’aujourd’hui : arrivés dans la ville, ils montèrent à l’étage de la maison : on ne nous précise pas laquelle mais, pour eux, c’est évident, c’est ‘’la’’ maison, cette fameuse chambre haute, (c’est-à-dire au 1er étage), où s’est d’abord passée la Cène : la 1ère messe, à la veille de la mort du Seigneur.

« Prenez et mangez. Prenez et buvez. Ceci est mon corps. Faites ceci à votre tour, en mémoire de moi… »

Cette maison de l’Eucharistie, c’est celle aussi de la Résurrection : celle dont ils avaient verrouillé les portes, le surlendemain de la Passion parce qu’ils avaient peur des juifs, celle où cependant « Jésus vint et il était là au milieu d’eux », celle où il revint huit jours plus tard les trouvant encore rassemblés, pour faire vérifier par Thomas, le sceptique, la réalité de sa Résurrection. « Heureux  ceux  qui  croient sans avoir vu ! ». Cette maison sera aussi celle de la Pentecôte, mais n’anticipons pas.

Pour le moment, et c’est, me semble-t-il, très important : ils se rassemblent, ils se tiennent ensemble, ils vivent ensemble, ils ne se quittent pas, ils ne se dispersent pas, ils vivent en communauté  et ce sera une des caractéristiques des premiers chrétiens : la vie en communauté, la  « vie ensemble »  avec tout ce que cela suppose de partage, de dévouement, de tolérance, d’amour des autres, d’ouverture aux autres.

Les communautés religieuses, les couvents, les abbayes, les monastères désirent en être la réplique et ne veulent pas vivre autre chose que cette vie commune autour du Père animée par le message du Christ et la force de l’Esprit.

Tout chrétien doit se considérer comme membre d’une communauté, membre d’une famille et c’est une contradiction dans les termes que de dire : « chrétien solitaire » ou il est solitaire et il n’est pas chrétien ou bien il est chrétien et il n’est pas  solitaire.  Mais  en  changeant   une  seule  lettre : il  peut  devenir  » solidaire « .

Un chrétien, c’est un homme ou une femme relié aux autres, partie d’un tout, membre d’un  groupe, d’une  famille  qui  vit  de  l’amour  du  frère.  Si  bien   que  notre  paroisse   devrait  être  avant  tout une  » communauté paroissiale « , une famille de frères et de sœurs où tout le monde se connaît, où tous se partagent le même idéal, communauté où l’on se connaît bien,
où l’on est heureux de se retrouver ensemble, où l’on se soutient les uns les autres, où l’on se réjouit de la joie des autres, où l’on est triste de la peine des autres, où il y a cette chaleur, cette proximité de personnes qui vivent d’une même vie : celle du Christ, qui partagent le même idéal, qui se sentent liées par le même destin.

Peut-être est-ce parce que nous avons perdu cette chaleur, cette vie commune, cette proximité entre nous  que  certains  sont  partis  sur  la  pointe   des  pieds   pour  aller  chercher   dans   des   sectes  cette vie fraternelle et commune qu’ils n’ont pas trouvée chez nous. « Ils  montèrent  à l’étage  de la maison  et c’est là  qu’ils  se tenaient tous ».

           Que  nous  dit-on  ensuite ?  « D’un  seul  cœur,  ils participaient fidèlement à la prière ». Cette  expression « d’un  seul  cœur » rejoint  ce  que  nous  venons  de  remarquer, cette union entre tous , cette vie cordiale qui va s’exprimer tout d’abord dans la prière.  Et c’est la deuxième caractéristique des premiers chrétiens : « ensemble ils prient « .

Et là encore je ne voudrais pas séparer, ni couper les 2 mots : ils « prient ensemble » et « ensemble ils prient ». Certes, la prière individuelle est recommandée par le Seigneur : il n’est pas question de le nier et, pour être honnête, je vous rappelle ce passage :

« Pour toi, quand tu veux prier, entre dans la chambre la plus retirée, verrouille ta porte et adresse ta prière à ton Père qui est là, dans le secret. Et ton Père qui est là, dans le secret, te le rendra ».

Mais la prière ensemble est aussi importante : elle apporte même la garantie de la présence de Dieu au milieu de nous :

« Quand deux ou trois seront réunis en mon nom, je serai au milieu d’eux ».

Jésus, disparu à leurs yeux, il y a quelques heures, est de nouveau présent au milieu d’eux parce qu’ils prient ensemble et que cette prière collective sera le creuset à la fois de leur union,
de la présence du Christ parmi eux et l’appel à l’Esprit Saint qui va venir sur eux et les confirmer comme « apôtres du Christ « .

« Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va ». Ainsi en est-il de quiconque né de l’Esprit.   La prière = condition nécessaire pour sentir ce souffle de la Pentecôte. Pas de prière = pas d’Esprit en nous. Le seul but, en fin de compte, de la prière, c’est d’être animés par l’Esprit Saint.

1 – Vie de communauté ; 2 – Vie de prière. Je vois une 3e condition à remplir pour que se réalise la Pentecôte : « Ils étaient là avec Marie, la mère de Jésus ».

Nous aussi, c’est unis à la prière de la Vierge, elle qui a déjà entendu l’ange lui dire : « L’Esprit Saint te couvrira de son ombre », que nous pouvons espérer que la Pentecôte se produira aussi pour nous.  Oui, comme elle le chante dans son hymne de joie « l’Esprit a fait en moi de grandes choses », la présence de la Vierge Marie dans nos vies de chrétiens, comme sa présence en compagnie des apôtres dans la chambre haute, est la meilleure assurance de la venue de l’Esprit dans nos vies.

 La Pentecôte, c’est dimanche prochain. Une fête chrétienne, je le rappelle, n’est pas un anniversaire, c’est un évènement spirituel, chaque fois renouvelé. La Pentecôte, c’est la venue de l’Esprit pour nous, cette année. Puissions-nous, avant dimanche prochain, réunir les trois conditions qui feront venir l’Esprit de Dieu en nous tous : Vie de communauté, Vie de prière, Vie avec la Vierge Marie.

D’un seul cœur, ils priaient et se tenaient ensemble avec Marie, mère de Jésus.  AMEN

 




7ième Dimanche de Pâques – par le Diacre Jacques FOURNIER (Jn 17,1-11).

Le seul désir de Jésus :

que nous recevions la Vie éternelle …

En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie.
Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.
Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.
Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.
J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole.
Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi,
car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé.
Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi.
Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux.
Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi.»

 

            « Père, l’heure » de la souffrance, de la Passion et de la mort « est venue, glorifie ton Fils afin que ton Fils te glorifie ». C’est ce que le Père fait déjà pour lui depuis toujours, « je l’ai glorifié et de nouveau je le glorifierai » (Jn 12,28). Et le Père le glorifie en lui donnant « l’Esprit de Dieu, l’Esprit de Gloire » (1P 4,14), un Esprit par lequel il l’engendre en Fils « né du Père avant tous les siècles ». Mais Jésus prie ici avec une intensité toute particulière car il sait que le chemin qui l’attend est redoutable : déchainement de violence, de méchanceté, de barbarie à son égard, Lui qui pourtant « a passé en faisant le bien » (Ac 10,38)… Aussi, « Père, glorifie ton Fils », donne-toi à ton Fils dans toute la Puissance de ton Amour, pour que ton Fils puisse se donner à son tour… Cet « Esprit de force, d’amour et de maîtrise de soi » (2Tm 1,7) donnera à Jésus de ne pas répondre à l’insulte par l’insulte (cf. 1P 2,21-25). Bien au contraire, à tous ceux qui lui infligeront tant de maux et de souffrances, il répondra par de l’amour, « Père, pardonne-leur » (Lc 23,34), et il aura la force de tout offrir pour leur salut… « Père, glorifie ton Fils afin que ton Fils te glorifie et que selon le pouvoir que tu lui as donné sur toute chair, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés », et le Père a donné à son Fils le monde à sauver (Jn 3,16‑17), c’est-à-dire « tous les hommes » (1Tm 2,3-6), tous, sans aucune exception. Et c’est ainsi que, ressuscité, il viendra à la rencontre de tous ceux qui ont contribué à sa mort, non pas pour les punir, mais pour les bénir : « C’est pour vous d’abord que Dieu a ressuscité son Serviteur, et il l’a envoyé vous bénir, du moment que chacun de vous se détourne de ses perversités » (Ac 3,26).

Pendant toute sa vie, Jésus avait manifesté en paroles et en actes à quel point « Dieu Est Amour » (1Jn 4,8.16), « Dieu n’Est qu’Amour » (P. François Varillon). « J’ai manifesté ton Nom aux hommes, je t’ai glorifié sur la terre », Père, « en menant à bonne fin l’œuvre que tu m’as donnée de faire ». En effet, avait-il déjà déclaré, « le Fils ne peut rien faire de lui-même, qu’il ne le voie faire au Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement, car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait » (Jn 5,19-20). Les œuvres de Jésus étaient donc avant tout celles du Père (Jn 10,37 ; 14,10). En serviteur du Père, obéissant de tout cœur à son Père, Jésus le laissait accomplir avec Lui et par Lui ce qu’il voulait, et tel était toute sa joie. Maintenant, il prie pour ses disciples, pour nous tous, afin que nous suivions ses traces, en vivant comme Lui il a vécu, en serviteurs de Dieu et des hommes…   DJF

 




6ième Dimanche Pâques – par Francis COUSIN (Jn 14, 15-21)

« L’amour, … toujours l’amour ! »

« Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. »

La première question à se poser est : Comment, moi, je les garde ?

Je peux très bien les garder comme quelque chose de précieux, que je mets dans une belle pochette, à l’abri … Dans un tiroir … ou encore mieux, dans un coffre-fort …

Où on les oublie … de temps en temps on ouvre le tiroir ou le coffre-fort … pour y déposer quelque chose … et là, on retrouve la pochette « Commandements » ou « Paroles de Jésus » … On jette un coup d’œil … « Ah, il dit des choses bien Jésus … » et puis on referme … sans que cela change quoi que ce soit dans notre vie …

Alors, est-ce qu’on aime vraiment Jésus ?

Je peux aussi m’en souvenir de temps en temps, dans certaines circonstances … « Ah oui, Jésus a dit cela » … mais est-ce que pour autant cela change mon comportement ?

Comportement vis-à-vis de moi-même …

Mais aussi vis-à-vis des autres …

« Quand tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. » (Mt 5,23-24).

« Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère … » (Mt 18,15+).

Je ne suis pas sûr que ces deux Paroles soient souvent utilisées …

« Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité ».

Si on aime Jésus, ce n’est pas seulement Jésus qui est auprès de nous, et même en nous quand nous communions, mais aussi le Saint Esprit, qui n’est pas simplement ’’auprès de nous’’, mais qui est en nous : « Il sera en vous. ».

Et le Père est toujours uni à son Fils : « Le Père et moi, nous sommes UN. » (Jn 10,30).

C’est donc la trinité entière qui est en nous.

Mais à la fin du passage de l’évangile, Jésus dit : « Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime. ».

 C’est comme l’inverse de la première phrase :

           Si vous m’aimez                                Vous garderez mes commandements

Celui qui reçoit mes commandements

                   et les garde                               C’est celui-là qui m’aime

La réflexivité entre les deux phrases invite à penser que « aimer Jésus » et « garder ses commandements » sont deux phrases équivalentes … à la différence que dans la première phrase, il y a un « SI » : « Si vous m’aimez ». De ce fait, le plus important est de garder les commandements de Jésus, car cela implique d’aimer Jésus ! … même sans le savoir … même si on n’est pas chrétien … même si on n’est pas baptisé … même si on ne connaît pas Jésus …

Mais pour nous, catholiques, l’essentiel est d’aimer Jésus, ce qui est vrai pour la plupart d’entre nous …

Mais est ce que nous suivons tous les commandements de Jésus … ?

En gros, oui … mais dans le détail … peut-être pas toujours … par oubli … par négligence … parce qu’on pense que ce n’est pas important …

Au scribe qui lui demandait : « ’’Quel est le premier de tous les commandements ?’’, Jésus lui fit cette réponse : ’’ Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là.’’ » (Mc 12, 28-31).

Amour de Dieu … Amour des hommes … c’est-à-dire amour de tous les êtres spirituels et humains …

Mais Jésus ira encore plus loin pour ses disciples : « Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » (Jn 15,12).

S’aimer … non pas comme les bisounours : je t’aime, tu m’aimes, on s’aime … oui, mais, … quel sorte d’amour ?

L’amour dont Jésus nous a aimé !  … et dont il continue à nous aimer, comme son père nous aime …

Un amour qui amène Jésus à accepter sa Passion, sans rien dire : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (Jn 15,13).

Un amour tel qui pourrait nous faire dire, comme sainte Thérèse de l’enfant Jésus : « Oui, je le sens lorsque je suis charitable, c’est Jésus seul qui agit en moi. »

Seigneur Jésus,

fils du Dieu d’amour,

tu ne nous demandes

qu’une seule chose :

aimer comme toi, tu aimes,

ce qui revient à mettre en œuvre

tous tes commandements,

toutes tes Paroles.

Aide-nous pour cela.

 

Francis Cousin    

 

 

 

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Image dim Pâques A 6°




6ième Dimanche de Pâques (Jn 14, 15-21) – Homélie du Père Louis DATTIN

Préparation à la Pentecôte

 Jn 14, 15-21

Pour cette homélie, je ne retiendrai cette semaine que la 2e phrase de la 2e lecture : celle de St-Pierre. Elle aborde une question capitale : le problème n° 1 du chrétien d’aujourd’hui. Cette phrase je la répète : « Vous devez toujours être prêts à expliquer votre foi à tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect ».  En ce temps liturgique de l’attente de l’Esprit Saint qui doit relancer notre foi par la fête de la Pentecôte, St-Pierre nous rappelle que cette foi, ce trésor inestimable, qui est encore bien plus le fruit de l’Esprit Saint que celui de notre mérite personnel, cette foi-là, n’est pas d’abord destinée à notre confort spirituel, à nous assurer intérieurement, à légitimer notre conduite mais qu’elle est en nous comme un cadeau que je dois partager, communiquer, répandre autour de moi, diffuser.

Depuis que je suis confirmé, je n’ai pas la foi « pour moi« , j’ai la foi « pour les autres« . Je suis dépositaire, plus promoteur, diffuseur et l’Esprit Saint ne me communiquera cette force que dans la mesure où j’en fais bénéficier les autres.  C’est toute la différence qu’il y a entre les sacrements de Baptême et de Confirmation.

Au Baptême, c’est vrai, j’ai reçu l’Esprit de Dieu pour être adopté par lui, pour vivre de sa vie, pour faire partie de l’Église, corps mystique du Christ. C’est un esprit de famille, une grâce de croissance spirituelle intérieure qui va construire en moi et établir cette vie relationnelle avec Dieu.  « Nous demeurons en lui, et lui en nous ».  « Nous ferons chez lui notre demeure ».

Par le sacrement de Confirmation, l’Esprit Saint m’est donné, non plus pour mon édification personnelle mais pour la mission, pour l’apostolat, pour l’annonce de la bonne Nouvelle aux autres, autour de moi.  Je ne me contente plus d’être éclairé intérieurement par la foi, je deviens capable maintenant d’éclairer les autres, à mon tour, en rendant compte de cette foi qui m’habite, qui me fait vivre certes mais qui est capable d’en faire  » vivre d’autres  » autour de moi, si je suis capable de la faire passer, de la communiquer.

Mais voilà que nous arrivons à la vraie question, au problème qui est presque toujours le nôtre : cette foi qui nous habite, cette vie intérieure qui vous anime, cette espérance qui vous fait vivre, êtes-vous capables d’en rendre compte aux autres, d’expliquer à ceux qui vous le demandent ? Quel est le contenu de cette foi ? Sommes-nous capables d’en faire l’exposé, de passer cette bonne Nouvelle de manière à ce qu’elle soit acceptable auprès des autres, séduisante, enviable par eux ?

Soyons concrets : si quelqu’un de votre entourage, un ami, une relation, tout de go, vous demande : « Dis donc, tu es chrétien, toi, je l’ai senti plusieurs fois à cause de ta conduite mais peux-tu m’expliquer ce qui te fait agir ainsi, quel est le contenu de ta foi ? Quel est ton idéal, qu’est-ce-qui est le ressort de ta vie ? ». Alors qu’allez-vous répondre ? Quels mots allez-vous employer ? Qu’est-ce-que vous allez aborder en premier, avec quelles expressions ? Est-ce que vous allez répondre :

« Oh ! Moi, tu sais, oui, bien sûr, je suis chrétien mais de là à te dire pour quoi… Il y a de la distance… Je vis cela au jour le jour, à la petite semaine sans trop savoir les raisons. C’est un peu comme ma voiture ; elle me traine à tel ou tel endroit mais je n’ai jamais mis le nez dans le moteur ».

A la rigueur pour le domaine mécanique : c’est possible, un jour ou l’autre mon véhicule ira à la casse… mais moi ? Et les autres personnes humaines qui sont autour de moi ?  J’ai besoin, et les autres ont besoin de savoir pourquoi ils vivent de telle ou telle façon, d’où la nécessité urgente, pour tout chrétien, pour chaque chrétien adulte et confirmé, d’éclairer sa foi, de la justifier, de l’étayer, de pouvoir en rendre compte.

« Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent compte de l’espérance qui est en vous ! »

 Sur certaines portes, il y a écrit « Privé », ce qui veut dire que l’on entre ici dans un domaine personnel, que l’accès en est réservé, que n’entre pas n’importe qui… J’ai peur que sur la porte de la foi de certains chrétiens, beaucoup n’y lisent que ce petit mot :  » foi privée  » comme  » domaine privé « , « entrée privée  » et de ce fait, dans ce cas-là, on en prive les autres. Oh ! Pas forcément par égoïsme mais faute d’avoir pu rendre communicable et à la disposition des autres, ce qui est mon bien le plus  précieux  et qui ne m’est donné que pour être distribué.

« Allez donc, de toutes les nations, faites des disciples, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai enseigné ».

 

Tout ce que nous avons reçu depuis notre Baptême, notre vie chrétienne, en famille, au catéchisme, notre 1ière Communion, notre Profession de Foi, notre Confirmation, toutes ces grâces accumulées au long des années sont-elles faites pour être entreposées au fin fond de ma vie intérieure ? Ou bien répandues, diffusées, à la libre disposition de tous ceux qui ont justement faim et soif, eux aussi, de ce qui fait notre nourriture spirituelle ?

 

N’oublions pas l’image employée pour illustrer l’amour de Jésus pour les hommes : un cœur, mais un cœur ouvert par la lance du soldat, un cœur par où s’écoulent l’eau et le sang de la vie de Dieu pouvant irriguer toute la soif et la faim spirituelle de l’humanité = de notre cœur, à nous aussi, parce que nous sommes animés de la même ambition que celle du cœur de Jésus. Couleront l’eau et le sang de la grâce, à condition cependant que notre cœur, à nous aussi, soit ouvert aux autres, ouvert sur les autres…

Ma foi n’est pas une affaire privée, elle doit devenir communicative, si elle veut s’épanouir. Mais pour cela, nous devons, par la prière, par la lecture, par la réflexion, par les sacrements, par le dialogue avec les autres, en prendre connaissance, en prendre conscience, afin de pouvoir ensuite la dire aux autres, pouvoir la communiquer, non seulement par notre exemple, notre conduite ce qui est déjà beaucoup mais aussi par notre témoignage.

 « Soyez prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous interrogent. Soyez prêts à rendre compte de l’espérance qui est en vous ». AMEN

 




6ième Dimanche de Pâques (Jn 14, 15-21)- par le Diacre Jacques FOURNIER

 « Si quelqu’un m’aime, je me manifesterai à lui »

(Jn 14,15-21)…

 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements.
Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous.
l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous.
Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous.
D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi.
En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous.
Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »

 

           

 

            Jésus nous invite ici à l’amour… « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements… Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime. » Or « le commandement » de Jésus n’est pas un programme de vie parfaite à accomplir, programme qui nous rendrait meilleur que les autres… Non, il est une invitation continuelle au repentir, pour que nous puissions recevoir le pardon de nos péchés. « En son Nom, le repentir en vue de la rémission des péchés sera proclamé à toutes les nations… De cela vous êtes témoins » (Lc 24,47-48). Jésus en effet, en tout son être est « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jn 1,29), inlassablement, jour après jour, de repentir en repentir, de recommencement en recommencement… En nous détournant de Dieu, le péché nous prive de la Plénitude de sa paix et de sa vie ? Nous la retrouvons aussitôt dès que nous nous retournons de tout cœur vers Lui, dans la vérité de notre être blessé. « Le salaire du péché, c’est la mort ; le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle, dans le Christ Jésus ». Voilà pourquoi, nous dit Jésus, « le Père lui-même, qui m’a envoyé, m’a donné son commandement sur ce que je dois dire et déclarer ; et je sais que son commandement est vie éternelle » (Rm 6,23 ; Jn 12,49-50).

            Si nous gardons son « commandement », se repentir de tout cœur, nous recevrons de sa Miséricorde le don de sa vie, qui nous sera transmis par « l’Esprit de Vérité » : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité », « l’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie » (Crédo). Alors, la promesse de Jésus s’accomplira : « Le monde ne me verra plus, mais vous, vous verrez que je vis, et vous aussi vous vivrez ». En recevant la vie de Dieu dans nos cœurs, une vie qui est avant tout Paix, nous comprendrons que ce trésor ne vient pas de nous, et nous réaliserons au même moment que le Christ, que nous n’avons jamais vu, vit de la Plénitude de cette même vie. Nous réaliserons ainsi qu’il nous a, gratuitement, par amour, établis dans ce Mystère de Communion qu’il vit avec son Père de toute éternité : en étant ainsi par grâce « en lui », unis à lui dans la communion d’une même vie, d’une même paix, « vous reconnaîtrez », nous dit Jésus,  «  que je suis en mon Père, et vous en moi et moi en vous ».

            Mais cette vie est la vie de Dieu, un Dieu qui est Amour en tout son être… Sa simple présence en nos cœurs ne pourra alors que nous entrainer à notre tour sur les chemins de l’amour, qui se concrétisent dans le service de Dieu et de nos frères…                       

DJF