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4ième Dimanche de Carême – Homélie du Père Louis DATTIN

L’enfant prodigue

Lc 15, 1-32

On appelle habituellement cet  évangile, celui  de « l’Enfant prodigue « . Mais, en fait, il faudrait l’appeler la parabole du « Père prodige ». Prodige et prodigue d’amour, d’un amour qui pardonne, qui oublie, qui ne retient pas pour lui, amour gratuit, large comme un horizon sans fin. La parabole est construite selon un drame en deux actes : le conflit d’un père avec ses deux enfants, également et follement aimés. C’est lui, le Père, qui est le personnage principal du récit. C’est lui qui prodigue son amour et son pardon.

 

Acte premier : l’attitude du père envers son plus jeune fils : le plus jeune de ses enfants est (cela arrive plus souvent qu’on ne le croit) un profiteur. Il réclame, comme si ça lui était dû, de l’argent, beaucoup d’argent. Il ne pense qu’à lui, lui seul :

« Donne-moi la part du domaine qui me revient ».

Quand on sait, combien dans le milieu rural, la terre, le domaine, le foncier a de l’importance, un bien que l’on n’aliène jamais ! C’est le gagne-pain de toute la famille : et voilà que le père s’exécute !

Il reçoit tout de son père et ne semble même pas le remercier : ça lui est dû ! Il ne sait qu’une chose : exiger, réclamer, forcer la main, jouir pour soi. Et puis, c’est l’aventure où l’on claque cet argent si laborieusement amassé. Aventure où l’on s’éclate mais qui, au bout de quelques semaines, ne laisse que des débris.

Parfois, les commentateurs de ce récit embellissent un peu trop sa conversion : au fond son envie de revenir chez papa n’est-elle pas motivée par son intérêt personnel et égoïste ?

«  Moi, ici, je meurs de faim, je vais aller chez mon père, où les ouvriers eux-mêmes ont tout ce qu’il faut ! »

Il veut tout simplement « se remplir le ventre », retrouver le gîte et le couvert, non pas retrouver « la famille« , mais « la pension de famille« : se mettre les pieds sous la table ! Il a davantage mal au ventre que mal au cœur !

Pauvre gosse, victime de ses instincts, gâté, pourri par l’amour de son père qui ne sait rien lui refuser, qui le croit sans doute un homme alors que ce n’est encore qu’un adolescent mal élevé et revendicatif comme on en rencontre parfois.

Pauvre gosse, au fond, qui a perdu l’habitude d’aimer, qui ne consulte que ses besoins et jamais celui des autres.

Ne lui jetons pas la pierre : comme beaucoup de jeunes mal partis, il est aussi bien malheureux. Il faut l’aimer, malgré lui, malgré tout…Et c’est bien justement ce que ne cesse de faire son père. Lui, le père, on dirait qu’il est vraiment tout le contraire de ce fils dévoyé : il n’est que gratuité, don désintéressé, amour et quand l’enfant revient, c’est encore le père qui fait tout.

Notons-le. Avant même que l’enfant n’ait ouvert la bouche, c’est le père qui fait quatre gestes significatifs : « Il l’aperçoit de loin » ; « Il est ému de compassion » ; « Il court » ; « Il l’embrasse »,  et  c’est  lui, le  père, qui  décide  cette  prodigalité dans  la  fête du  retour, de  la  réconciliation : « Vite, le plus beau vêtement » ; « la bague au doigt » ; « les sandales aux pieds » ; « le veau gras » pour un festin joyeux avec musiques et danses.

Telle est l’image de Dieu, que Jésus vient de nous révéler. Comment se fait-il que, aujourd’hui encore, tant d’hommes aient dans leur esprit l’image d’un Dieu méchant, d’un Dieu qui punit, d’un Dieu vengeur, d’un Dieu qui voudrait le malheur de l’homme ?

Ce Dieu- là, n’est pas le Dieu de Jésus ! Le Dieu de Jésus est amour, il n’est qu’amour et prodige, prodigue d’amour. Il distribue
ses biens, même à ceux qui se moquent de lui… et il attend, il attend avec patience, respectant la liberté de ceux qui se sont éloignés de lui. Et, quand il les voit revenir à la maison, il court à leur rencontre, les embrasse tendrement et c’est lui, encore, une fois de plus, qui fait les frais d’un repas de fête, incroyablement généreux.

+ Acte second : l’attitude du père envers le fils aîné.

Le fils aîné, rentrant du travail, entend ces cris, ces bruits de fête, la musique, les danses : il se fait donner des explications et refuse  d’entrer.  Le  fils  ainé  n’a  rien  compris, lui  non  plus, de l’amour de son père. Lui aussi, comme son cadet, il se situe dans un système de revendication : il calcule, non seulement ce qu’il a fait, mais plus encore : ce que son père aurait dû faire pour lui :

«  Tu ne m’as jamais donné un chevreau ».

Ce fils aîné représente tous ceux qui pratiquent scrupuleusement leur religion par devoir, sans amour, qui croient accumuler des mérites, des indulgences « quarante jours et quatre quarantaines ». Ils croient que Dieu est un caissier patron qui paie mal son salarié : religion sans joie, commerciale, intéressée.

« Si je fais ça pour toi, Seigneur, combien tu me donnes ? »

« Regarde, Seigneur, tout ce que je fais pour toi ! Regarde mes mérites ! Ne suis-je pas un type bien ? Moi, je n’ai pas quitté la maison, je continue à travailler, moi, je ne suis pas comme ce petit cagnard qui ne pense qu’à s’éclater et à tout claquer ».

« Voilà tant d’années que je te sers, moi, je n’ai pas désobéi, et moi, qu’est-ce-que tu m’as donné? Je suis un pratiquant moi 

En outre, il est sans pitié pour les autres : il passe son temps à juger, à condamner, à dénoncer les péchés de son frère. Il se croit en règle avec un Dieu comptable.

Pauvre type qui ne pense qu’à ce qu’il a fait, lui. Il n’a jamais réalisé l’amour de son père. Il n’a jamais pensé qu’il  était attelé avec son père à une œuvre commune : un fils amer, envieux.

Que répond le père ? « Toi, mon  enfant, tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à  toi ».

Mieux encore, le père ne lui fait aucun reproche : il lui rappelle tout simplement son amour, un amour de tous les instants qui ne se dément pas ; mais l’aîné ne voit rien, il ne sent rien.

Les deux frères ne sont pas meilleurs l’un que l’autre, et l’un et l’autre  ont  besoin d’entendre, de voir l’amour du père, l’amour de Dieu pour eux et voici que ce pauvre père plein d’amour recommence avec le second les démarches de réconciliation qu’il vient de prodiguer au premier : « Il sort de nouveau au- devant de son fils révolté » et il le supplie.

Là encore, Jésus nous révèle l’amour de Dieu : un Dieu qui ne cesse jamais d’aimer ses enfants, tous ses enfants, car ils sont  pécheurs aussi bien les  uns  que  les  autres… mais ils sont aimés autant les uns que les autres!

+ Pourrions-nous laisser passer cet évangile sans rien  transformer en nous ? Allons-nous nous laisser être aimé par ce Père et l’aimer en retour ? Que  faisons-nous  spécialement  en  ce  temps  de Carême pour aimer Dieu ? Allons-nous, enfin, nous mettre à aimer nos frères ?

La parabole reste tragiquement  inachevée. Que s’est-il passé ensuite ? Dieu  est un Père, c’est sûr, mais les deux frères se sont-ils réconciliés ? L’aîné s’est-il laissé convaincre  et est-il entré dans la joie de son Père ?

C’est à nous de donner la conclusion. Entrons dans la fête de l’amour, cette fête que Dieu a préparée, pas seulement pour moi, mais aussi pour l’autre, pour nous tous.  AMEN




3ième Dimanche de Carême – par Francis COUSIN (Lc 13, 1-9)

« La faute à qui ? »

 

Le passage d’évangile de ce jour commence par l’évocation d’un fait divers : « Des gens qui se trouvaient là rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient. ».

On ne sait rien des commentaires faits par ces gens, mais la réponse de Jésus nous les suggère : « Quels fautes avaient-ils fait pour être ainsi punis ? ».

C’était la pensée de l’époque que tout mal (maladie, accident, …) était la conséquence d’un péché antérieur de la personne ou de ses ancêtres : « Je punis la faute des pères sur les fils, jusqu’à la troisième et la quatrième génération. » (Ex 20,5).

En plus, le massacre avait eu lieu dans le temple, puisque c’était le seul endroit où on pouvait offrir des sacrifices d’animaux, et leur sang s’était mélangé avec celui des animaux offerts : le sang du malheur mélangé avec celui de la louange à Dieu … Pourquoi Dieu a-t-il permis cela ?

Jésus répond de suite : « Ils n’ont pas plus péché que les autres. Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. ».

Et comme le sujet est sensible, politique, puisque c’est l’occupant romain qui en est à l’origine, Jésus rapporte un autre fait : la chute de la tour de Siloé : dix-huit morts ! Un accident ! Et sa conclusion est la même : « Ils n’ont pas plus péché que les autres. Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. ».

Les gens regardent vers le passé : il est mort … donc il a péché … C’est une punition de Dieu …

Jésus regarde vers l’avenir : Convertissez-vous ! Changez votre regard ! Il dit ce que disait déjà Dieu dans la bouche d’Ézéchiel : « oracle du Seigneur Dieu – je ne prends pas plaisir à la mort du méchant, mais bien plutôt à ce qu’il se détourne de sa conduite et qu’il vive. Retournez-vous ! Détournez-vous de votre conduite mauvaise. » (Ez 33,11) ; Et qui est méchant ? Tous ceux qui ne suivent pas la volonté de Dieu … c’est-à-dire quasiment tout le monde !

Convertissez-vous ! Changez votre regard ! … regardez vers l’avenir …

Ayez un regard d’amour, comme Dieu, … et non de haine …

Ayez un regard de justice, vous serez « rassasiés », … et non de partialité …

Pour faire le bien autour de vous … et non le mal …

Un changement de regard qui s’adresse à tous … et envers tout le monde … ceux qui croient en Dieu, et ceux qui n’y croient pas …

Ayez le regard de Dieu, qui pardonne, qui fait œuvre de justice, qui est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour … (Psaume)

Jésus termine son intervention en parlant d’un figuier qui tarde à donner du fruit : trois ans sans rien donner … ce qui, pour un arbre fruitier semble normal … mais le maître du domaine veut le couper …

Alors, son vigneron lui dit : « Maître, laisse-le encore cette année, je vais prendre soin de lui : bêcher autour de lui et mettre du fumier, l’arroser, le tailler … Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas. »

Dieu prend son temps, il est patient, il ne se décourage pas … il nous donne le temps de nous convertir …

… dans cette vie terrestre … jusqu’à notre mort humaine, la première mort …

… ou dans l’autre vie … dans ce qu’on appelle le purgatoire … jusqu’au jour du jugement et notre deuxième mort …

« Car Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité. » (1Tm 2,4)

Mais si Dieu est patient … on n’est pas obligé d’attendre pour se retourner vers le Seigneur !

Seigneur Jésus,

face à une mort brutale,

on est souvent tenté de te dire :

pourquoi n’as-tu rien fait ?

Et toi, tu nous dis

’’Soyez toujours prêts

pour l’heure de votre mort.

Convertissez-vous,

soyez prêts à comparaître

devant mon Père qui vous aime,

car vous ne connaissez ni le jour, ni l’heure.’’

                                                                                   Francis Cousin

 

Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le lien suivant : IImage dim Carême C 3°




3ième Dimanche de Carême – par le Diacre Jacques FOURNIER (Lc 13, 1-9)

Choisis la Vie,

et non le péché et la mort (Lc 13,1-9) !

Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient.
Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même.
Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »
Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron : “Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?”
Mais le vigneron lui répondit : “Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.” »

 

        A l’époque de Jésus beaucoup pensaient qu’il existe un lien direct entre péché, malheurs, maladie et mort. Cette conception s’enracine dans les temps les plus anciens. Déjà, les peuples voisins d’Israël, croyaient en ce que l’on appelle souvent « le Principe de Rétribution selon les actes ». Cette croyance était totalement païenne, au sens où les dieux n’intervenaient pas. Elle est très certainement née de l’expérience, mais la vision du monde qu’elle transmet est non seulement simpliste, mais encore erronée. Selon cette conception, lorsqu’un homme commet le mal, il déclenche une puissance malfaisante qui, tôt ou tard, retombera sur lui et sur son entourage.

            Israël va accueillir cette croyance et l’intégrer dans sa foi encore toute jeune. Lors de la sortie d’Egypte, racontée dans le Livre de l’Exode, ils ont vu le Seigneur à l’œuvre avec une grande Puissance, et ils en ont déduit que cette Puissance ne pouvait qu’être celle du Dieu Créateur, ce Dieu Tout Puissant qui a fait surgir l’univers du néant. Et ils se faisaient une telle idée de cette Toute Puissance de Dieu qu’ils pensaient que rien ne pouvait lui échapper, pas même le mal (Am 3,6 ; Lm 3,38)… Ces conséquences mauvaises qui, soi disant, retombent sur le pécheur ne pouvaient donc venir que de Dieu. « Le Principe de Rétribution selon les actes » a ainsi conduit Israël à s’imaginer que Dieu était un Juge qui, du haut du ciel, récompense les justes et punit ceux qui font le mal : « Toi, écoute au ciel et agis ; juge entre tes serviteurs : déclare coupable le méchant en faisant retomber sa conduite sur sa tête, et justifie l’innocent en lui rendant selon sa justice » (1R 8,32 ; Ez 7,3 et 22,31).

            Avec une telle croyance, les galiléens massacrés par Pilate et ces « dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé », ne pouvaient qu’être des pécheurs que Dieu avait punis par suite de leurs fautes. « Eh bien non », dit Jésus. Ils n’étaient pas « plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem. Et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière. »

            Nous sommes donc de nouveau invités ici à nous convertir, à renoncer au péché qui nous tue pour apprendre, avec Jésus, à aimer. Et la parabole suivante du figuier insiste tout particulièrement sur la patience de Dieu, qui inlassablement s’offre à nos cœurs pour les purifier, les nourrir et leur donner de pouvoir enfin porter du fruit (Jn 15)…             DJF




3ième Dimanche de Carême – Homélie du Père Louis DATTIN

Le figuier

Lc 13, 1-9

Beaucoup de faits divers remplissent actuellement nos journaux, nos journaux de papier ou nos journaux télévisés. Souvent, ce sont des mauvaises nouvelles : décès, accidents, crises. « Pourquoi, pourquoi tant de malheurs ? ». Alors, à chaque  fois, la  même  question  revient : « Qui  est responsable ? »

Pas étonnant, l’écroulement de cet HLM ! Les promoteurs l’avaient construit en matériaux trop légers… Pas étonnant ce jeune qui s’est tué au volant de sa voiture ! Il conduisait comme un fou… il avait bu.

 Et puis, il nous arrive aussi, lorsque nous comprenons moins encore, de chercher le coupable du côté de Dieu : «  S’il y avait un bon Dieu, cela n’arriverait pas ! »

Et puis, encore plus grave, il nous arrive de penser que les épreuves nous arrivent comme une sorte de punition : « Qu’est-ce-que j’ai fait au bon Dieu pour qu’il m’arrive une chose pareille ? »

Dans l’Evangile de Jésus, ce matin, tout le monde parle de deux nouvelles qui font grand bruit :

.  La 1ère : Pilate qui fait massacrer les Galiléens en train d’offrir un sacrifice au temple ; et le Christ leur pose la question : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que les autres pour avoir subi un tel massacre ? »

.  La 2e nouvelle : une tour, à Siloé, un quartier de Jérusalem, qui vient de s’écrouler. Dans sa chute, elle a fait 18 morts. « Est-ce-que vous croyez, dit Jésus, que ces 18 personnes-là étaient plus coupables que celles qui étaient à côté ? Non, elles n’étaient pas plus coupables que les autres ? »

Et nous le savons bien : le mal est la conséquence des lois naturelles de la matière, regardez un tremblement de terre, un cyclone mais aussi la conséquence du non-respect de la loi des hommes ou celle de Dieu.

Croyez-vous qu’il y aurait actuellement autant de sida, s’il n’y avait pas eu auparavant un dérèglement des mœurs qu’on a appelé la « permissivité sexuelle ». Cette permissivité, nous la payons actuellement dans les hôpitaux, chez les séropositifs souvent innocents qui payent pour ceux qui ont péché.

Croyez-vous qu’il y aurait tant de « malades mentaux » à l’hôpital de St-Paul ou tant de procès à la cour d’assises si l’alcool, dans l’île coulait moins ? On se laisse entraîner et on a ensuite des enfants fragiles.

 

 

« Qu’est-ce-que j’ai fait au bon Dieu ? »

« Au bon Dieu ? Rien. Mais à tout ton entourage, tu as bien fait des misères ! »

Rappelez-vous le slogan antialcoolique « les parents boivent, les enfants trinquent ». Un gosse mal élevé à qui l’on n’a jamais osé refuser une permission, à qui on a laissé tout faire et qui devient un cagnard… A qui la faute ? Au bon Dieu ?

Regardez plutôt du côté des parents qui ont démissionné : « Oh !  Il n’a qu’à regarder son écran. Pendant ce temps-là, il nous laissera tranquille ». Mais, que voit-il à Facebook pendant ce temps-là ? Voilà pourquoi le Seigneur nous dit, en voyant tous ces malheurs qui arrivent : « Convertissez-vous », « Luttez de toutes vos forces pour vaincre le mal que vous pouvez éviter ».

A entendre les gens parler autour de nous, on a toujours l’impression que ce sont « les autres » qui sont coupables, et jamais nous : chaque événement, chaque nouvelle devrait nous rappeler que ça n’arrive pas qu’aux autres et que si nous ne nous convertissons pas, ça pourrait bien nous arriver à nous aussi. Il ne s’agit pas de faire le procès des autres, il s’agit de nous mettre en question, nous-mêmes. Jésus nous renvoie à notre propre conscience.

« Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez ! » De quelle mort s’agit-il ? Jésus n’est ni fou, ni naïf. Il sait très bien, que de toute façon, tout le monde meurt: les bons et les méchants, les saints et les fripouilles. Lui-même, le Vendredi Saint, il va mourir sur une Croix, le supplice des brigands, des malfaiteurs.

Non, Jésus pense à une « autre mort », celle à laquelle nous ne pensons pas assez, celle que le pécheur provoque et dont on ne peut se sauver que par la conversion.

Alors le Seigneur nous dit aujourd’hui : « Quand vous voyez toutes ces catastrophes : réveillez-vous, changez  de  vie. Ça  doit  être  un  signe  pour vous ». Que savez-vous du temps qui vous reste à vivre sur cette terre : trois jours, un an, vingt ans ? Vous n’en savez rien !

 Rester dans le péché, ne pas vouloir se convertir, c’est se condamner à mort et à une mort beaucoup plus grave que la fin de notre vie sur terre, à une mort spirituelle qui nous privera de la vie de Dieu pour toujours.

C’est pour cela que l’on dit qu’un péché peut être « mortel ». Il peut faire mourir la grâce de votre Baptême, la vie de Dieu en vous.

   C’est vraiment pour notre bien que Jésus nous invite à nous convertir  et c’est pour cela qu’il nous donne du temps supplémentaire comme   dans l’Evangile d’aujourd’hui,  pour l’arbre qui n’a pas donné de fruits.

 Ce figuier stérile, c’est nous. « Le propriétaire vint chercher du fruit sur ce figuier et il n’en trouva pas ».

Souvent, nous pouvons aussi dire au Seigneur :

« Qu’est-ce-que j’ai fait de bien pour toi dans ma vie ? Quels fruits t’ai-je donnés ? Qu’est-ce-que je t’ai offert ? Rien ou pas grand-chose ».

« Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier ».

Le Seigneur, lui, ça fait plus de trois ans qu’il attend quelque chose de nous : un changement, une amélioration, une conversion et nous continuons à profiter de la vie qu’il nous donne, sans rien faire pour lui !

« Allez, coupez-le, c’est un parasite ». Il se dit chrétien, baptisé, confirmé mais que fait-il ? Qu’a-t-il fait jusqu’à maintenant dans mon église ? Dans sa famille, dans sa profession, pour faire voir ce qu’est un vrai chrétien ?

C’est comme un manguier dont on s’est bien occupé, bien greffé et qui ne donne jamais une mangue. On va mettre un autre arbre à la place qui, lui, va donner quelque chose. A quoi bon épuiser le sol. Mais Jésus dit à son Père :

« Seigneur, laisse-le encore cette année. Je vais m’en occuper. Peut-être à l’avenir donnera-t-il du fruit ? ».

Et vous, frères et sœurs, qu’allez-vous donner ? Qu’allez-vous produire ? Quels fruits de conversion allez-vous offrir à Dieu ? Le Carême, votre Carême qui est commencé depuis plus de deux semaines : maintenant, c’est le temps du changement, le temps du réveil, le temps de l’action. Qu’avez-vous fait de plus pendant ces trois semaines ?

Le temps passe. Pâques va approcher, alors il est urgent, il est indispensable de nous secouer, de faire le point, de penser sérieusement à ce que vous allez faire pour devenir un peu mieux, un peu plus ?

Pendant cette messe, voulez-vous, nous allons demander à Jésus-Christ, qui est notre jardinier, qui va s’occuper de nous et qui ne demande qu’à nous sauver, qui ne demande qu’à nous aider à porter du fruit, à nous laisser faire par lui pour qu’il nous change. Le Christ se fait jardinier de chacun de nous : il se penche sur chacun de nous pour assainir nos racines, fortifier le tronc, reverdir les feuilles de notre vie chrétienne pour qu’un jour, le plus tôt possible, nous poussions des fleurs et puis des fruits. Mais il ne peut pas le faire sans nous ! Il faut se confier à lui, lui dire : « Seigneur, moi tout seul, je ne peux rien faire, mais je sais qu’avec toi tout est possible ! »

Alors, vous verrez, la vie de Dieu en vous sera féconde. Vous verrez, et il verra les premiers bourgeons ! Pourvu que nous sachions nous convertir, changer quelque chose dans ma vie : préparer ma confession pascale.

 Que le Christ ne ressuscite pas tout seul :

mais moi, aussi, avec lui, à Pâques !  AMEN




17ième Dimanche du Temps Ordinaire – par Père Rodolphe EMARD

Homélie du dimanche 13 mars 2022

2ième dimanche de Carême / Année C

 

Textes bibliques : Gn 15, 5-12. 17-18 ; Ps 26 ; Ph 3, 17 – 4, 1 ; Lc 9, 28b-36

Frères et sœurs, les lectures de ce 2ème dimanche de Carême nous invitent clairement à regarder le Ciel, les choses célestes, ce qui concerne Dieu car cela nous concerne aussi.

Regarder le ciel à l’instar d’Abraham dans la première lecture, tirée du livre de la Genèse. Dans l’Ancien Testament, Abraham est la figure emblématique de la foi pure et entière.

Le Seigneur lui avait promis une descendance au chapitre XII. Dans le passage que nous avons proclamé du chapitre XV, le Seigneur l’invite à contempler le nombre infini d’étoiles et lui promet une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel. Dieu scelle une Alliance avec Abraham : « Abraham eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste ».

Abraham est le père dans la foi, le père d’une multiple de croyants. Il est un exemple pour nous en ce temps de Carême. Abraham nous invite à l’aventure toujours inconnue de la foi, oser un vrai pas… La foi peut apporter une réelle fécondité à nos vies… Repensons à l’Alliance que Dieu a fait avec nous depuis notre baptême…

Le Psaume 26 est un psaume de confiance et de foi ferme en Dieu. Par ce psaume, le psalmiste exprime la solidité de son espérance en Dieu : « Le Seigneur est ma lumière est mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ? » Quels moyens allons-nous nous donner durant ce Carême pour mieux miser notre vie sur la foi ?

Dans la deuxième lecture, saint Paul reproche à certains membres de la communauté de Philippes de se conduire « en ennemis de la croix du Christ ». L’apôtre exhorte les Philippiens à ne pas penser « qu’aux choses de la terre » et à considérer surtout leur « citoyenneté dans les cieux » et l’attente du Christ, « lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux ».

L’espérance en la Résurrection des corps est ici mise en évidence : La Résurrection du Christ est la promesse de notre propre Résurrection à la Parousie. Le croyons-nous vraiment ? Le croyons-nous suffisamment ? Cette espérance nous fait elle vivre ? Durant ce Carême, nous avons sans doute à demander au Seigneur de nous donner plus de foi en la Résurrection.

 

Saint Paul nous exhorte à considérer notre « citoyenneté dans les cieux ». Ici, sur terre, nous sommes des pèlerins, nous sommes de passage vers la demeure éternelle, ne l’oublions pas…

Dans l’Évangile, nous avons le récit de la Transfiguration. La Transfiguration est l’œuvre de Dieu. Dans la Bible, la montagne est le lieu de la rencontre avec Dieu (L’Horeb pour Élie, le Sinaï pour Moïse). La nuée est un phénomène qui marque la manifestation de Dieu.

Cette Transfiguration annonce la Résurrection future de Jésus à Jérusalem. Comme pour la deuxième lecture, nous sommes invités à vivre plus profondément de l’espérance de la Résurrection, ce mystère qui donne sens à notre vie, ce mystère qui est le but ultime de nos existences.

Seigneur Jésus, augmente en nous la foi. Donne-nous la lumière de ta Résurrection pour que nous puissions avancer en enfants de lumière. Donne-nous de mieux d’écouter, toi la Parole de Vie, aujourd’hui et pour les siècles des siècles. Amen.




2ième Dimanche de Carême – par Francis COUSIN (Lc 9, 28-36)

« Transfiguration. »

 

La semaine dernière, nous avions vu Jésus face au Démon, au Diable.

Cette semaine, nous rencontrons Jésus dans sa Gloire, déjà ressuscité, ou plutôt, comme il était depuis toujours auprès de son Père et de l’Esprit Saint. Et Jésus n’est pas seul : on voit autour de lui, par ordre d’arrivée, Moïse qui rencontra Dieu sur le mont Sinaï et transmit la Loi de Dieu au peuple Hébreu, le Prophète Elie qui rencontra Dieu sur le mont Horeb, deux personnages morts depuis longtemps et qui représentent la Loi et les Prophètes, c’est-à-dire pour les juifs tout l’ancien testament. Puis, au-dessus d’eux, dans la nuée, Dieu qui parle : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! ».

Dans cette parole, il y a d’une part la reconnaissance que Jésus est le Fils de Dieu, ce qu’il avait déjà dit lors du baptême de celui-ci, mais il ajoute « Écoutez-le ».

« Un Père qui prend la parole, mais pour s’effacer derrière la parole de son Fils : ’’Écoutez-le’’. » (André Louf).

Mais, pour que cette parole de Dieu soit entendue, il fallait qu’il y ait des témoins, des hommes qui puissent l’entendre pour pouvoir la redire par la suite, le moment voulu !

Jésus avait l’habitude de se retirer, seul, pour prier, à l’écart, et plusieurs fois sur une montagne ou une colline. Il avait emmené avec lui Pierre, Jacques et Jean, trois de ses apôtres en qui il avait toute confiance, les mêmes qu’il avait emmené chez Jaïre pour redonner vie à sa fille, les mêmes qu’il emmènera pour prier à l’écart au jardin de Gethsémani …

Et les voilà tout quatre qui montent sur le mont Thabor …

Jésus se met en prière … et les trois apôtres, fatigués par l’ascension, s’endorment … comme ils le feront au jardin de Gethsémani, où par trois fois Jésus dût les réveiller alors qu’il leur avait dit : « Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation » (Mc 14,38).

On ne sait rien des prières de Jésus à son Père. Ce qu’il a dit. Ce que son Père lui a dit. S’il lui arrivait de rencontrer Moïse, Elie, ou d’autres prophètes … C’est son secret, comme c’est le nôtre pour nos prières …

Mais le visage de Jésus se transforma, « devint autre » … et son vêtement aussi …

Sans doute la lueur émise réveilla-t-elle les trois apôtres … et ils purent entendre des bribes de la conversation autour de Jésus …

« Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem. »

Son départ … ἐξοδος en grec = exode.

Exode avec Moïse pour quitter la terre de servitude et aller vers la terre promise …

Exode de Jésus pour quitter le monde humain et retourner dans le Royaume de Dieu … et nous y emmener. « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. » (Jn 14,6).

Mais entretemps, il y aura la Passion et la Croix … qui sont annoncés avant le passage de la transfiguration, et encore après …

Et puis, on ne peut s’empêcher de penser à toutes ces personnes qui quittent l’Ukraine pour retourner dans leur pays … et ceux qui s’en vont, et ils sont beaucoup plus nombreux, des ukrainiens, et qui ne savent pas où aller … qui quittent tout ce qu’ils ont, … mais qui n’ont que peu d’espoir de pouvoir se reconstruire loin de leur patrie … et de leurs amis … ceux qui ne sont pas morts dans la guerre …

Que faire pour eux ?

Comme l’a dit le pape François : le jeûne et la prière … et se laisser aller, pousser dans la puissance de l’Esprit Saint à faire tout ce qui peut se faire … seul, ou à plusieurs !

Mais toujours en lien avec Dieu.

Là-haut tu es apparu aux tiens dans toute la vérité :

celle du Fils lumineux !

Peut-être tes amis croyaient-ils te connaître

à partir de tout ce qu’ils avaient pu observer de toi

dans le quotidien des jours ?

Mais la puissance de Dieu

leur a soudain permis de réaliser

que tu étais bien plus

que ce qu’ils pouvaient imaginer.

En cet instant d’intensité maximale s’est révélé à eux

– mais aussi à toi, probablement -,

en toute clarté, celui que tu es vraiment :

« Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi. Écoutez-le ! »

(Christian Delorme)

                                                                                   Francis Cousin

 

Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le lien suivant : Image dim Carême C 2°




2ième Dimanche de Carême – par le Diacre Jacques FOURNIER (Lc 9, 28-36)

Tous appelés à la Gloire (Lc 9,28-36) !

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier.
Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante.
Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie,
apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés.
Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait.
Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent.
Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »
Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.

 

            « Pendant que Jésus priait, son visage apparut tout autre, ses vêtements devinrent d’une blancheur éclatante… Pierre Jean et Jacques étaient accablés de sommeil ; mais, se réveillant, ils virent la gloire de Jésus »… Le Fils prie. Il se tourne avec une intensité toute particulière vers le Père, et son Mystère apparaît, resplendissant, aux yeux de ses disciples. « Je Suis la Lumière du monde » (Jn 8,12), leur avait-il dit. Et ils constatent ici, dans le cadre de cette prière qui est bien référence à un Autre, le Père, à quel point Jésus est bien « Lumière née de la Lumière » : « Ils virent sa gloire ».

            Or, la notion de « gloire » dans la Bible vient d’un mot hébreu, kabôd, dont la racine évoque l’idée de ‘poids’ : peser lourdement, être lourd. Pour l’hébreu donc, la gloire ne désigne pas tant la renommée que la valeur réelle d’un être estimée à son poids, et c’est ce poids qui définit ensuite l’importance de cet être dans l’existence… Pour les hommes, ce ‘poids’ peut être celui de la richesse, d’un talent particulier, de la position sociale, etc… Pour Dieu, il renvoie à ce qu’Il Est en Lui-même, à sa nature divine, son Être divin… Ce que nous appelons « gloire de Dieu » n’est donc rien d’autre que la manifestation, d’une manière ou d’une autre, de ce que Dieu Est en Lui-même… Pas de gloire de Dieu sans la nature divine qui en est la source…

            Dans un tel contexte, la notion de « gloire » est alors indissociable de celle de « nature divine ». Ainsi par exemple : « Et le Verbe s’est fait chair, et nous avons vu sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique » (Jn 1,14). Et juste avant sa Passion, Jésus dira : « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant même la création du monde » (Jn 17,24). Ainsi, de toute éternité, le Père donne au Fils « la gloire », c’est-à-dire la nature divine, et cela gratuitement, par amour… Et c’est ainsi qu’il l’engendre « avant tous les siècles » en « Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, de même nature que le Père ».

            Mais en percevant ainsi le Mystère du Fils, vrai Dieu et vrai homme, les disciples prennent conscience également de ce à quoi Dieu appelle tous les hommes : participer à sa gloire en recevant, comme le Fils et par le Fils, le Don de sa nature divine (2P 1,4). « Père, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée » (Jn 17,22)…                              DJF




2ième Dimanche de Carême – Homélie du Père Louis DATTIN

Transfiguration

Lc 9, 28-36

Pour bien comprendre la Transfiguration, il faut se rappeler ce qui s’est passé avant. Jésus a commencé à susciter des oppositions sérieuses : on ne l’accepte plus, on fait des réserves à son égard. Il est même chassé de l’entourage de certains, on l’abandonne. Il a fallu que Pierre, sous l’impulsion de l’Esprit-Saint, ait un sursaut de foi et se mettant à genoux devant  Jésus  qui  leur  demande  qui  il  est :

« Pour vous, qui suis-je ? », que Pierre donc déclare: « Tu es le Messie, le Fils de Dieu ». Mais Jésus n’en continue pas moins à annoncer sa mort : « Il doit monter à Jérusalem ; là- bas, être jugé, mis à mort », si bien que le moral des apôtres est à zéro.

Ils se demandent s’ils ne se sont pas trompés, s’ils ne se sont pas engagés dans une mauvaise aventure, sur une fausse piste : Jésus le sent bien et il veut les réconforter. Ils sont tellement habitués à voir le « Jésus ordinaire », le « Jésus quotidien ». L’homme qu’ils côtoient, ils ont tendance à oublier qui il est : Dieu, Fils de Dieu, Parole éternelle du Père, Lumière du monde, Sauveteur de l’humanité.

Nous aussi parfois, dans notre religion, j’allais dire « ordinaire », nous aurions facilement tendance à ne plus voir Dieu en Jésus-Christ : il s’est tellement fait proche de nous que nous ne voyons plus que ce qu’il nous présente ! Un homme avec ses fatigues, ses humeurs, ses réactions humaines, son tempérament. Mais Dieu en lui, le Fils éternel du Père, le Fils bien aimé, Créateur de l’homme, Sauveteur de l’Humanité : ça nous avons tendance à l’oublier

Attention, si Dieu s’est fait l’un de nous, tellement  l’un de nous, que  beaucoup  ne   l’ont  considéré  que   comme  un  homme, il reste, et il est le Tout-autre, le Transcendant. Il y a, entre nous et lui, cet énorme fossé creusé par sa sainteté totale à lui et notre condition de pécheurs à nous, si bien qu’à certains moments de lucidité, Pierre va se prosterner devant lui et lui dire : « Eloigne-toi de moi, je ne suis qu’un pauvre pécheur », alors que justement, c’est parce que nous sommes pécheurs que Jésus veut se rapprocher de nous. Jésus a tellement bien réussi à se faire l’un de nous  que nous en arrivons à oublier qui il est.

La Transfiguration, pour les apôtres, comme pour nous, est là pour nous le rappeler : nous avons tellement vu Jésus dans sa bassesse, dans sa condition humaine, que nous avons besoin, nous aussi, de nous réveiller, de reprendre conscience de la véritable identité de Jésus.

La Transfiguration, c’est un temps fort voulu par Dieu, où pendant quelques instants, les apôtres et nous-mêmes, nous réalisons subitement, nos yeux s’étant ouverts, qui est Jésus, ce qu’il est pour Dieu, ce qu’il est pour nous.

Alors nous sommes en pleine vision de sa gloire c’est-à-dire de la vision permanente que nous aurons de lui, au ciel. C’est à la fois la manifestation de la vraie nature de Dieu, qu’on appelle sa « gloire », et pour nous, l’avant-goût de la « vision béatifique », c’est-à-dire de ce que nous serons appelés à vivre. Cette vision, avant la lettre, va redonner aux apôtres un moral, un réconfort dont ils vont avoir bien besoin pour s’en souvenir, au moment de la Passion de Jésus : son agonie, sa mort en Croix. D’ailleurs ce sont ces trois mêmes apôtres Pierre, Jacques et Jean qui seront témoins, et de l’agonie de Jésus et de sa Transfiguration :

 

« Avec moi dans la peine, avec moi dans la gloire ».

Les deux scènes d’ailleurs se passent dans la prière pour Jésus et dans le sommeil pour les apôtres.

Les deux scènes se passent aussi sur la montagne. Il alla sur la montagne, le haut-lieu, le lieu saint pour prier : le Thabor, mont de la Transfiguration ; le Mont des oliviers, lieu de l’agonie. Pendant qu’il priait, son visage apparut tout autre.

Vous avez été parfois témoins de ces brusques changements de visage à l’annonce d’une grande douleur ou d’une grande joie :

– le visage de celui qui apprend le deuil de quelqu’un qui lui est cher,

– d’un étudiant qui vient d’être reçu à son examen,

– d’un sportif qui vient de battre un record,

– d’une jeune fille qui devient amoureuse.

On dit qu’ils sont  « Transfigurés« . C’est l’âme qui transparaît et qui illumine ou défait la figure. Et pour bien montrer que Jésus n’est pas seul, un solitaire messager, le voilà qui s’entretient avec Moïse et Elie, c’est-à-dire avec Moïse, la Loi, et Elie, le prophète : avec la Loi et les prophètes pour bien marquer la continuité du plan de Dieu sur la terre. Moïse, rappelez-vous, s’entretenant avec Dieu sur le Sinaï, Elie, lui  aussi, emporté dans le ciel avec son char.

De quoi parlaient-ils tous les trois ? St-Luc est le seul à nous dire : « Ils s’entretenaient avec lui de son départ qui allait se réaliser à Jérusalem ». En pleine glorification, Jésus parle de sa Passion, de ce qui va se passer à Jérusalem dans quelques semaines. 

Indissociable mystère pascal où l’on ne peut parler du triomphe de Pâques sans parler de la mort sur la Croix ! Où l’on ne peut pas  dissocier l’agonie du jardin des Oliviers de la joie fraîche du matin de Pâques ! Mystère  qui  va  se jouer  aussi  en chacun d’entre nous ! Mystère indissociable aussi pour chacun d’entre nous où nous ne pourrons pas suivre Jésus sans participer à ses douleurs, mais aussi à son triomphe. Jésus sait pourquoi il est venu, il sait où il va : il va vers le Père et « entre dans la gloire en passant par la mort ».

Et  c’est aussi le résumé de ma propre destinée. Que je le veuille ou non, que j’en sois conscient ou non, je suis sur le chemin qui me conduit vers Dieu en passant par la mort.

Je suis en état d’exode, quittant  la terre d’esclavage  pour aller vers la terre promise. Il y a quelques jours, on nous a dit :

« Souviens-toi, homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière ».

La Transfiguration de Jésus nous annonce aujourd’hui notre propre transfiguration : perspective glorieuse qui est la nôtre, réduits en poussière, nous passons en Dieu. La foi en Jésus est d’un optimisme fantastique :

«Se réveillant, ils virent la gloire de Jésus : Lumière des hommes ».

Nous, aussi, nous marchons vers Dieu.

Pour bien montrer qu’ils ne rêvaient pas, que ce n’était pas une hallucination collective, une voix se fait entendre, la même qu’au Baptême de Jésus : 

« Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le  ».

Au début de notre Carême, au cours de nos réunions, dans nos volontés de changement, dans notre prière accrue et plus vraie, nous réentendons cet avertissement du Père :

« Celui-ci est mon Fils bien aimé ».

Oui, c’est bien lui, c’est bien le Fils de Dieu qui est notre compagnon de route.             

Oui, c’est bien lui qui est là, dans le quotidien de nos vies, dans la  grisaille de nos jours, dans la vie que je mène, dans mon emploi du  temps  de  tous  les  jours où il ne se transfigure pas, dans  la  vallée  de  l’ordinaire  et non sur le sommet du Thabor : « Ecoutez-le ».

Oui, écoutons-le.   

 . C’est avec sa parole que nous pouvons nous diriger.

 . C’est avec sa parole que nous pouvons nous nourrir.

 . C’est avec sa parole que nous entretenons notre foi et notre espérance pour monter avec lui à Jérusalem, pour monter avec lui dans la gloire de la Jérusalem céleste. AMEN




1er Dimanche de Carême – Homélie du Père Louis DATTIN

Tentations au désert

Lc 4, 1-13

Avez-vous bien écouté, frères et sœurs, la dernière phrase du passage d’Evangile que nous venons de lire ? « Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentation ». Il semble que le démon manque nettement  d’imagination. Nous  sommes, nous, beaucoup  plus doués  que lui en matière de tentation. Comment peut-il en avoir épuisé “toutes les formes” avec ces trois propositions faites à Jésus ?

 

Regardons de plus près. Tout d’abord, le texte parle de « Diable », Diabolos : “celui qui divise, sépare, désunit”. Attention, cette « puissance du mal » que les évangiles appellent aussi “Démon”, “ Satan” (mot hébreu qui signifie « l’adversaire »), ce ne sont pas des diablotins cornus et fourchus que les images représentent, mais ce mal qui habite notre propre cœur, l’adversaire de notre Dieu.

Le récit d’aujourd’hui est admirablement construit : il nous donne le résumé des choix et des combats que les Hébreux ont rencontré dans le désert et où ils ont échoué là où Jésus a été victorieux. A notre tour, chacun de nous doit se battre sans cesse. La vraie vie spirituelle, la vie évangélique à la suite du Christ, n’est pas une existence de tout repos, et le Carême est un temps privilégié pour ce combat spirituel.

Reprenons ces 3 tentations au désert et vous verrez qu’elles recouvrent toutes les autres, toutes les nôtres, tentations permanentes pour toutes les époques. Traduisons-les avec nos mots d’aujourd’hui.

  • Première tentation : « Que ces pierres deviennent du pain ». Le pain satisfait nos désirs. C’est la tentation la plus banale, facile : ma relation aux choses, posséder, manger, satisfaire mes instincts, consommer. Tout cela est parfaitement légitime, mais doit être maîtrisé. Nos faims corporelles peuvent devenir nos maîtresses et faire de nous des esclaves comme dit maître Jacques  dans « l’Avare » de Molière : « Il  faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger ». Le verbe « être » doit toujours passer avant le verbe « avoir » : l’ »avoir » n’est qu’au service de « l’existence » et pas plus.

Où est la vraie vie de l’homme ? Dans le pain ? Dans le bien acquis ? Ou ailleurs ?

« Que ces pierres deviennent des pains », comme c’est tentant quand on a faim, quand le désir est là, exacerbé par la publicité, de s’engouffrer dans la consommation « non-stop ». Mais la vraie vie de l’homme est-elle là ?

Ce n’est même pas son besoin le plus fondamental. Allons-nous satisfaire tous nos besoins, nos addictions corporelles jusqu’à en « crever spirituellement » et même physiquement ? : Obésité, cholestérol, sida, MST, alcool jeux, drogues, tabac… Nous consommons trop et mal. Une bonne partie de nos maladies vient de nos excès et nous devenons des ruines. Regardez les dernières photos de Serge Gainsbourg, quelques mois avant sa mort : une déchéance, d’autant plus lamentable que c’était un esprit brillant !

Si seulement le Carême pouvait nous inciter, à la suite de Jésus, et avec sa grâce, à nous rassasier un peu plus de l’essentiel : la Parole de Dieu. « L’homme ne vit pas seulement de pain,  mais de la Parole de Dieu ».

Interrogeons-nous clairement : avons-nous un Evangile à la maison ? Où est-il ? L’ouvrons-nous parfois ? Que connaissons-nous  de  la  Bible ? Que  décidons-nous  pendant  les  quarante jours  d’ici-Pâques  pour lire un passage de la Parole de Dieu ?

Rétablir l’universelle coutume du jeûne (les musulmans et les autres religions le font bien) pour maîtriser notre chair et nous adonner davantage à la prière ?

  • Deuxième tentation : le pouvoir, dominer les autres, être au-dessus. Cette tentation-là est beaucoup plus grave : c’est la perversion de notre relation aux personnes. Ne voir les autres que par rapport à soi. Dominer, exercer le pouvoir sur les autres : qui d’entre nous n’a pas rêvé d’exercer une autorité, un pouvoir sur les autres, que ce soit en famille, l’homme ou la femme, les enfants entre eux dans une classe, dans les associations ? Toutes les jalousies et les rivalités dans les bureaux des fonctionnaires ou des entreprises, les peaux de bananes glissées sous les pas des concurrents, la carrière où l’on marche sur les autres pour les dépasser et se trouver devant eux, au-dessus d’eux, « l’homme un loup pour l’homme ». Jésus lui-même a été tenté de devenir un roi des royaumes de la terre, en exerçant le pouvoir selon les habitudes des puissants de ce monde qui font peser leur pouvoir.

Voici donc cette terrible envie de dominer : les élections nous le font bien voir avec sa multitude de listes, sa pléthore de candidats et aussi, ne l’oublions pas, son cortège d’opprimés, de torturés, d’abimés, ceux qui n’ont pas le droit à la parole et que l’on fait taire avec un billet ou quelques tôles ondulées ; les faibles, les petits, les êtres qui ne peuvent pas se défendre, à commencer par le problème tragique des suppressions des fœtus d’enfants vivants, ils n’ont pas droit à la parole ; on ne leur a jamais demandé leur avis, ils sont victimes des forts, des adultes.

Comment traitons-nous les handicapés physiques ou les débiles mentaux dans notre société, dans nos écoles, dans nos relations, dans nos familles et nous-mêmes ?

Comment nous laissons-nous dominer par les puissances des médias, la propagande, la publicité, les idées toutes faites, les courants d’idées à la mode ? Ne faisons-nous pas le jeu des sondages de toutes sortes qui nous indiquent, dans les questions elles-mêmes, ce qu’il nous faut répondre ?

Si seulement le Carême pouvait nous inciter à retrouver la vérité de toutes nos autres relations en retrouvant devant Dieu le « devoir d’Adoration ».

« Tu te prosterneras devant DIEU seul et c’est lui seul que tu adoreras » : se situer humblement devant Dieu, c’est apprendre du même coup à servir humblement les autres, au lieu de dominer.

  • Troisième tentation : la magie : mettre Dieu à notre service au lieu de nous mettre nous-mêmes à son service. C’est la plus grave des tentations : elle est perversion de notre rapport à Dieu, mettre Dieu en demeure de faire ce qui nous plaît.

Dans cette tentation-là, ce sont les rôles qui sont inversés : au lieu de nous mettre au service de Dieu, nous mettons Dieu à notre service. Mettre Dieu à l’épreuve, faire de Dieu l’objet d’un chantage, sommer Dieu de nous faire réussir, de nous éviter des ennuis : « Si Dieu existe, cela n’aurait pas dû arriver », comme si Dieu était mon domestique et qu’il n’était là que pour être à ma disposition.

Suprême tentation : nous ériger en conseiller de Dieu, lui dire ce qu’Il devrait faire. Nos prières ne sont-elles pas parfois des ordres que nous donnons à Dieu :

 « Seigneur, fais ceci, obtiens-moi  cela, accorde-moi  tel  avantage ».

 « Si tu es Dieu, fais ceci. »

 «  J’ai prié et tu ne m’as pas exaucé. »

 « Tu n’as pas fait ma volonté donc tu n’existes pas ».

Qui est Dieu ? Est-ce lui ou moi ?

Tentation de provoquer Dieu, de le faire obéir à mes désirs.

Si seulement ce Carême pouvait nous inciter à nous décentrer de nous-mêmes pour nous tourner résolument vers le « Tout autre » pour dire, comme le Christ au jardin des Oliviers : 

« Que  ce  soit  ta  volonté  qui  se  fasse, Père, et  non  la mienne ! »

Ne croyez-vous pas, maintenant, que ces tentations-là, sont bien les plus fortes auxquelles l’homme soit affronté ? Ces tentations de Jésus sont toujours les nôtres. Plus encore, elles résument tous nos désirs de possession et de puissance.

  • Avec Jésus, vainqueur de ces invitations de Satan, notre Carême pourrait être un temps merveilleux de croissance, d’épanouissement du meilleur de nous-mêmes, un vrai renouvellement de notre vie filiale et fraternelle de baptisés.

Lorsque nous sommes tentés, St-Ignace nous conseille de faire le contraire de la suggestion de Satan :

  –  Je désire avoir : je donne la primauté à l’être.

  – Je veux dominer : je me mets à la disposition de l’autre.

  – Je veux mettre Dieu à mon service : je me mets alors à son service à Lui.

Alors, ayant épuisé, nous aussi, toutes les formes de tentations, notre cœur pourra être prêt à rencontrer le Dieu-amour.  AMEN




1er Dimanche de Carême – par Francis COUSIN (Lc 4, 1-13)

« Jésus v/s Satan. »

 

« Jésus, rempli d’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable. ».

Jésus vient d’être baptisé par Jean-Baptiste, et, alors qu’il priait, l’Esprit Saint descendit sur lui et la voix du Père se fit entendre depuis les cieux. Première théophanie où les trois personnes de la Trinité sont ensemble en un même lieu de manière visible et audible par les personnes présentes.

Aussitôt, l’Esprit pousse Jésus dans le Désert.

Le désert, c’est le lieu de la rencontre avec Dieu, et la durée de ce séjour, quarante jours, invite à faire le parallèle avec la pérégrination du peuple hébreu (quarante ans) au sortir de l’Égypte pendant laquelle Moïse rencontra Dieu sur le mont Sinaï.

Mais le désert, avec sa vie rude, c’est aussi le lieu des tentations. Dès le départ des hébreux, ce furent les regrets de la bonne nourriture avec les viandes grasses et les oignons, puis le désir de se créer un dieu que l’on voit avec le veau d’or.

Jésus, vrai homme, fut d’abord tenté par les sens : au bout de quarante jours, il eut faim !

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, je n’aurai pas attendu quarante jours pour avoir faim … et comme je n’ai pas le pouvoir de transformer les pierres en pain, je ne serai pas resté longtemps au désert …

La plupart des tentations commencent par les sens. On a entendu il n’y pas longtemps : « Si ta main (ton pied, ton œil) est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot (estropié, borgne) dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains (pieds, yeux), là où le feu ne s’éteint pas. » (Mc 9,43-47). Les besoins primaires d’abord.

Mais Jésus est aussi vrai Dieu, et son Père vient de le lui rappeler : « Tu es mon Fils bien-aimé. », et à l’amour du Père pour son fils répond l’amour du fils pour son Père.

Est-ce à dire que les tentations subies par Jésus ont été plus douces que celles que nous pouvons subir ? Certainement pas. N’oublions pas la tentation, à Gethsémani, quand le diable revient « au moment fixé » : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. (…) et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient sur la terre. » (Lc 22,42.44).

Comment Jésus répond-il aux tentations du diable ?

Avec ce qu’il a : Avec l’Esprit Saint qui est en lui, l’Esprit qui « vient au secours de notre faiblesse » (Ro 8.26) et qui lui fournira par trois fois les Paroles de l’écriture qui ’’cloueront le bec’’ au diable, et avec l’amour pour son Père qui le soutien.

Les deux autres tentations, d’abord celle du pouvoir, du tout tout-de-suite, et puis celle de forcer Dieu à faire quelque chose ou de se prendre pour Dieu, ne sont pas seulement pour Jésus, elles sont aussi pour nous, mais le diable ne va pas nous les présenter de la même façon.

Mais quand on voit certaines choses qui se passent actuellement dans notre monde, on peut être sûrs que le diable continue à tenter les gens (il ne sait faire que cela !)… et que certains se laissent tenter, malheureusement …

Que ce soit l’invasion de l’Ukraine (deuxième tentation) …

Ou toutes les lois sur la bioéthique (troisième tentation) …

Mais le diable s’intéresse aussi à chacun de nous, à tous nos petits défauts … et il va faire le maximum pendant ce carême pour que nous succombions à ses tentations, que nous n’allions pas au bout de nos efforts de carême prévus …

Pour le contrer, deux choses : la prière, et le jeûne

C’est-à-dire, se mettre au désert … même si on est entouré de plein de gens …

Seigneur Jésus,

nous voici au début de ce carême,

en marche vers la fête de Pâques.

Et tout commence par le désert,

là où je suis,

avec d’autres personnes,

pour s’entraider,

dans la prière et le jeûne,

avec l’aide de l’Esprit Saint.

Francis Cousin

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