3ième Dimanche de Carême – par le Diacre Jacques FOURNIER (Lc 13, 1-9)

Choisis la Vie,

et non le péché et la mort (Lc 13,1-9) !

Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient.
Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même.
Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »
Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron : “Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?”
Mais le vigneron lui répondit : “Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.” »

 

        A l’époque de Jésus beaucoup pensaient qu’il existe un lien direct entre péché, malheurs, maladie et mort. Cette conception s’enracine dans les temps les plus anciens. Déjà, les peuples voisins d’Israël, croyaient en ce que l’on appelle souvent « le Principe de Rétribution selon les actes ». Cette croyance était totalement païenne, au sens où les dieux n’intervenaient pas. Elle est très certainement née de l’expérience, mais la vision du monde qu’elle transmet est non seulement simpliste, mais encore erronée. Selon cette conception, lorsqu’un homme commet le mal, il déclenche une puissance malfaisante qui, tôt ou tard, retombera sur lui et sur son entourage.

            Israël va accueillir cette croyance et l’intégrer dans sa foi encore toute jeune. Lors de la sortie d’Egypte, racontée dans le Livre de l’Exode, ils ont vu le Seigneur à l’œuvre avec une grande Puissance, et ils en ont déduit que cette Puissance ne pouvait qu’être celle du Dieu Créateur, ce Dieu Tout Puissant qui a fait surgir l’univers du néant. Et ils se faisaient une telle idée de cette Toute Puissance de Dieu qu’ils pensaient que rien ne pouvait lui échapper, pas même le mal (Am 3,6 ; Lm 3,38)… Ces conséquences mauvaises qui, soi disant, retombent sur le pécheur ne pouvaient donc venir que de Dieu. « Le Principe de Rétribution selon les actes » a ainsi conduit Israël à s’imaginer que Dieu était un Juge qui, du haut du ciel, récompense les justes et punit ceux qui font le mal : « Toi, écoute au ciel et agis ; juge entre tes serviteurs : déclare coupable le méchant en faisant retomber sa conduite sur sa tête, et justifie l’innocent en lui rendant selon sa justice » (1R 8,32 ; Ez 7,3 et 22,31).

            Avec une telle croyance, les galiléens massacrés par Pilate et ces « dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé », ne pouvaient qu’être des pécheurs que Dieu avait punis par suite de leurs fautes. « Eh bien non », dit Jésus. Ils n’étaient pas « plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem. Et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière. »

            Nous sommes donc de nouveau invités ici à nous convertir, à renoncer au péché qui nous tue pour apprendre, avec Jésus, à aimer. Et la parabole suivante du figuier insiste tout particulièrement sur la patience de Dieu, qui inlassablement s’offre à nos cœurs pour les purifier, les nourrir et leur donner de pouvoir enfin porter du fruit (Jn 15)…             DJF




3ième Dimanche de Carême – Homélie du Père Louis DATTIN

Le figuier

Lc 13, 1-9

Beaucoup de faits divers remplissent actuellement nos journaux, nos journaux de papier ou nos journaux télévisés. Souvent, ce sont des mauvaises nouvelles : décès, accidents, crises. « Pourquoi, pourquoi tant de malheurs ? ». Alors, à chaque  fois, la  même  question  revient : « Qui  est responsable ? »

Pas étonnant, l’écroulement de cet HLM ! Les promoteurs l’avaient construit en matériaux trop légers… Pas étonnant ce jeune qui s’est tué au volant de sa voiture ! Il conduisait comme un fou… il avait bu.

 Et puis, il nous arrive aussi, lorsque nous comprenons moins encore, de chercher le coupable du côté de Dieu : «  S’il y avait un bon Dieu, cela n’arriverait pas ! »

Et puis, encore plus grave, il nous arrive de penser que les épreuves nous arrivent comme une sorte de punition : « Qu’est-ce-que j’ai fait au bon Dieu pour qu’il m’arrive une chose pareille ? »

Dans l’Evangile de Jésus, ce matin, tout le monde parle de deux nouvelles qui font grand bruit :

.  La 1ère : Pilate qui fait massacrer les Galiléens en train d’offrir un sacrifice au temple ; et le Christ leur pose la question : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que les autres pour avoir subi un tel massacre ? »

.  La 2e nouvelle : une tour, à Siloé, un quartier de Jérusalem, qui vient de s’écrouler. Dans sa chute, elle a fait 18 morts. « Est-ce-que vous croyez, dit Jésus, que ces 18 personnes-là étaient plus coupables que celles qui étaient à côté ? Non, elles n’étaient pas plus coupables que les autres ? »

Et nous le savons bien : le mal est la conséquence des lois naturelles de la matière, regardez un tremblement de terre, un cyclone mais aussi la conséquence du non-respect de la loi des hommes ou celle de Dieu.

Croyez-vous qu’il y aurait actuellement autant de sida, s’il n’y avait pas eu auparavant un dérèglement des mœurs qu’on a appelé la “permissivité sexuelle”. Cette permissivité, nous la payons actuellement dans les hôpitaux, chez les séropositifs souvent innocents qui payent pour ceux qui ont péché.

Croyez-vous qu’il y aurait tant de “malades mentaux” à l’hôpital de St-Paul ou tant de procès à la cour d’assises si l’alcool, dans l’île coulait moins ? On se laisse entraîner et on a ensuite des enfants fragiles.

 

 

« Qu’est-ce-que j’ai fait au bon Dieu ? »

« Au bon Dieu ? Rien. Mais à tout ton entourage, tu as bien fait des misères ! »

Rappelez-vous le slogan antialcoolique « les parents boivent, les enfants trinquent ». Un gosse mal élevé à qui l’on n’a jamais osé refuser une permission, à qui on a laissé tout faire et qui devient un cagnard… A qui la faute ? Au bon Dieu ?

Regardez plutôt du côté des parents qui ont démissionné : « Oh !  Il n’a qu’à regarder son écran. Pendant ce temps-là, il nous laissera tranquille ». Mais, que voit-il à Facebook pendant ce temps-là ? Voilà pourquoi le Seigneur nous dit, en voyant tous ces malheurs qui arrivent : « Convertissez-vous », « Luttez de toutes vos forces pour vaincre le mal que vous pouvez éviter ».

A entendre les gens parler autour de nous, on a toujours l’impression que ce sont “les autres” qui sont coupables, et jamais nous : chaque événement, chaque nouvelle devrait nous rappeler que ça n’arrive pas qu’aux autres et que si nous ne nous convertissons pas, ça pourrait bien nous arriver à nous aussi. Il ne s’agit pas de faire le procès des autres, il s’agit de nous mettre en question, nous-mêmes. Jésus nous renvoie à notre propre conscience.

« Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez ! » De quelle mort s’agit-il ? Jésus n’est ni fou, ni naïf. Il sait très bien, que de toute façon, tout le monde meurt: les bons et les méchants, les saints et les fripouilles. Lui-même, le Vendredi Saint, il va mourir sur une Croix, le supplice des brigands, des malfaiteurs.

Non, Jésus pense à une “autre mort”, celle à laquelle nous ne pensons pas assez, celle que le pécheur provoque et dont on ne peut se sauver que par la conversion.

Alors le Seigneur nous dit aujourd’hui : « Quand vous voyez toutes ces catastrophes : réveillez-vous, changez  de  vie. Ça  doit  être  un  signe  pour vous ». Que savez-vous du temps qui vous reste à vivre sur cette terre : trois jours, un an, vingt ans ? Vous n’en savez rien !

 Rester dans le péché, ne pas vouloir se convertir, c’est se condamner à mort et à une mort beaucoup plus grave que la fin de notre vie sur terre, à une mort spirituelle qui nous privera de la vie de Dieu pour toujours.

C’est pour cela que l’on dit qu’un péché peut être “mortel”. Il peut faire mourir la grâce de votre Baptême, la vie de Dieu en vous.

 

 

  C’est vraiment pour notre bien que Jésus nous invite à nous convertir  et c’est pour cela qu’il nous donne du temps supplémentaire comme   dans l’Evangile d’aujourd’hui,  pour l’arbre qui n’a pas donné de fruits.

 Ce figuier stérile, c’est nous. « Le propriétaire vint chercher du fruit sur ce figuier et il n’en trouva pas ».

Souvent, nous pouvons aussi dire au Seigneur :

« Qu’est-ce-que j’ai fait de bien pour toi dans ma vie ? Quels fruits t’ai-je donnés ? Qu’est-ce-que je t’ai offert ? Rien ou pas grand-chose ».

« Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier ».

Le Seigneur, lui, ça fait plus de trois ans qu’il attend quelque chose de nous : un changement, une amélioration, une conversion et nous continuons à profiter de la vie qu’il nous donne, sans rien faire pour lui !

« Allez, coupez-le, c’est un parasite ». Il se dit chrétien, baptisé, confirmé mais que fait-il ? Qu’a-t-il fait jusqu’à maintenant dans mon église ? Dans sa famille, dans sa profession, pour faire voir ce qu’est un vrai chrétien ?

C’est comme un manguier dont on s’est bien occupé, bien greffé et qui ne donne jamais une mangue. On va mettre un autre arbre à la place qui, lui, va donner quelque chose. A quoi bon épuiser le sol. Mais Jésus dit à son Père :

« Seigneur, laisse-le encore cette année. Je vais m’en occuper. Peut-être à l’avenir donnera-t-il du fruit ? ».

Et vous, frères et sœurs, qu’allez-vous donner ? Qu’allez-vous produire ? Quels fruits de conversion allez-vous offrir à Dieu ? Le Carême, votre Carême qui est commencé depuis plus de deux semaines : maintenant, c’est le temps du changement, le temps du réveil, le temps de l’action. Qu’avez-vous fait de plus pendant ces trois semaines ?

Le temps passe. Pâques va approcher, alors il est urgent, il est indispensable de nous secouer, de faire le point, de penser sérieusement à ce que vous allez faire pour devenir un peu mieux, un peu plus ?

Pendant cette messe, voulez-vous, nous allons demander à Jésus-Christ, qui est notre jardinier, qui va s’occuper de nous et qui ne demande qu’à nous sauver, qui ne demande qu’à nous aider à porter du fruit, à nous laisser faire par lui pour qu’il nous change. Le Christ se fait jardinier de chacun de nous : il se penche sur chacun de nous pour assainir nos racines, fortifier le tronc, reverdir les feuilles de notre vie chrétienne pour qu’un jour, le plus tôt possible, nous poussions des fleurs et puis des fruits. Mais il ne peut pas le faire sans nous ! Il faut se confier à lui, lui dire : « Seigneur, moi tout seul, je ne peux rien faire, mais je sais qu’avec toi tout est possible ! »

Alors, vous verrez, la vie de Dieu en vous sera féconde. Vous verrez, et il verra les premiers bourgeons ! Pourvu que nous sachions nous convertir, changer quelque chose dans ma vie : préparer ma confession pascale.

 

Que le Christ ne ressuscite pas tout seul :

mais moi, aussi, avec lui, à Pâques !  AMEN




2ième Dimanche de Carême (Luc 9, 28-36) :  « Seigneur, quand te verrai-je face à face ? » (Francis Cousin)

« Seigneur, quand te verrai-je face à face ? »

Cette antienne du psaume 41 est bien connu, et beaucoup aimerait qu’elle se réalise bien avant leur mort. C’est tout ce qu’on peut leur souhaiter.

C’est ce qu’ont vécu les trois apôtres qui accompagnaient Jésus sur la montagne du Thabor. Jésus étant en prière, « son visage devint autre » et il parlait avec Moïse et Elie. Pierre, Jean et Jacques, bien qu’accablés par le sommeil « virent la gloire de Jésus et les deux hommes à ses côtés ».

Voir Jésus dans sa gloire, avec son corps glorieux, son corps de ressuscité !

Une vision surprenante, inattendue, mais paisible, tellement que Pierre veut qu’elle dure et qu’il propose de planter trois tentes …

Une vision qui éblouit, mais qui fascine …

Comme certaines rencontres qu’on peut avoir avec des personnes « qui respirent Dieu », qui « vivent de Dieu ». Et on ne peut que souhaiter que chacun puisse rencontrer au moins une de ces personnes.

J’en ai rencontré une il y a plus de quarante ans. J’étais en vacances en Bretagne, seul, et j’avais décidé d’aller à l’abbaye de Boquen. Je pensais y trouver des moines, et en entrant dans l’abbatiale, j’y trouvais des sœurs, agenouillées dans le chœur avec quelques laïcs. C’était le début des vêpres. J’avançais jusqu’au premier banc et m’associais à leur prière. Quelle ne fut pas ma surprise de voir une sœur se lever et venir vers moi en souriant, me demandant de venir avec elles dans le chœur. Je refusais en disant que je peux prier avec elles d’où je suis et que je ne voulais pas déranger. Mais elle insista tellement que je la suivis.

Les vêpres terminées, tout le monde sortit et je m’apprêtais à partir quand la même sœur vint vers moi en sautillant, et me posant quelques questions. Elle avait un visage souriant plein de joie, « plein d’amour et de miséricorde », et ses yeux reflétaient la bonté de Dieu. Elle donnait à voir Dieu.

Est-ce que je la voyais de manière différente que celles des autres personnes présentes ce jour-là ? Je ne sais. Sans doute oui. Et encore maintenant, je revois ses yeux. Elle était tellement heureuse d’être avec Dieu. On en voit si peu que cela marque.

C’est peut-être ce qui est arrivé aux trois apôtres : ils ont vu le Christ, et ils l’ont décrit tel qu’ils l’ont perçu, tel que l’Esprit Saint leur a permis de le voir, comme la beauté d’amour et de miséricorde du Fils de Dieu.

Comme sans doute certains ’’guéris’’ par Jésus l’ont vu. Ce qui leur a permis de changer de vie, ou plutôt de lui donner une nouvelle orientation, éclairée par la bonté et la beauté du Fils de Dieu, comme par exemple Bartimée et Zachée …

On remarquera que les trois apôtres choisis par Jésus l’ont été parmi les « quatre premiers disciples » (dans les évangiles synoptiques), et qu’ils étaient avec lui dans des moments particuliers : la ’’guérison’’ de la fille de Jaïre où Jésus montre sa supériorité sur la mort, la transfiguration où Jésus se montre comme Fils de Dieu et continuateur de l’Ancien Testament, à Gethsémani où Jésus montre sa faiblesse humaine et son acceptation de la mission donnée par son Père…

Manque le quatrième : André !

Mais peut-être que celui-ci n’avait pas besoin de VOIR Jésus dans ces moments-là, car il avait tout compris dès le départ. Il avait vu et compris Jésus dès son premier contact : « Venez et voyez » (Jn 1,39). Pour preuve, en rencontrant son frère Simon-Pierre, il lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » (Jn 1,41)

Dieu se donne à voir, par lui-même, avec l’aide de l’Esprit-Saint.

Mais c’est très rare qu’il le fasse de lui-même.

En fait, il compte sur nous, les Chrétiens.

C’est nous qui devons refléter auprès des autres « l’amour et la miséricorde de Dieu », qui devons refléter le visage glorieux de Jésus.

C’est nous qui devrions avoir « une gueule de Ressuscité » comme disait le père Bernard Régnier !

Malheureusement, nous en sommes souvent loin.

C’est l’occasion pour nous, pendant ce temps de carême, de « rentrer en nous-même pour retourner vers le Père » (cf la parabole du fils prodigue Lc 15,17), et de nous convertir en profondeur.

Saint Paul nous dit dans la deuxième lecture : « Regardez bien ceux qui se conduisent selon l’exemple que nous vous donnons ». Dieu se donne à voir.

Seigneur Jésus,

Tu te montres aux apôtres

 tel que tu es depuis toujours,

dans ton corps glorieux.

D’autres, comme eux, t’ont vu ainsi,

et en sont totalement transformés :

c’est toi qui vit en eux.

Puissions-nous devenir comme eux,

pour ta gloire et le salut du monde.

 

Francis Cousin

 

 

 

 

Pour télécharger la prière illustrée  , cliquer sur le titre suivant:

Prière dim carême C 2° A6

 




2ième Dimanche de Carême – par le Diacre Jacques FOURNIER (Lc 9, 28-36)

Tous appelés à la Gloire (Lc 9,28-36) !

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier.
Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante.
Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie,
apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés.
Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait.
Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent.
Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »
Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.

 

            « Pendant que Jésus priait, son visage apparut tout autre, ses vêtements devinrent d’une blancheur éclatante… Pierre Jean et Jacques étaient accablés de sommeil ; mais, se réveillant, ils virent la gloire de Jésus »… Le Fils prie. Il se tourne avec une intensité toute particulière vers le Père, et son Mystère apparaît, resplendissant, aux yeux de ses disciples. « Je Suis la Lumière du monde » (Jn 8,12), leur avait-il dit. Et ils constatent ici, dans le cadre de cette prière qui est bien référence à un Autre, le Père, à quel point Jésus est bien « Lumière née de la Lumière » : « Ils virent sa gloire ».

            Or, la notion de « gloire » dans la Bible vient d’un mot hébreu, kabôd, dont la racine évoque l’idée de ‘poids’ : peser lourdement, être lourd. Pour l’hébreu donc, la gloire ne désigne pas tant la renommée que la valeur réelle d’un être estimée à son poids, et c’est ce poids qui définit ensuite l’importance de cet être dans l’existence… Pour les hommes, ce ‘poids’ peut être celui de la richesse, d’un talent particulier, de la position sociale, etc… Pour Dieu, il renvoie à ce qu’Il Est en Lui-même, à sa nature divine, son Être divin… Ce que nous appelons « gloire de Dieu » n’est donc rien d’autre que la manifestation, d’une manière ou d’une autre, de ce que Dieu Est en Lui-même… Pas de gloire de Dieu sans la nature divine qui en est la source…

            Dans un tel contexte, la notion de « gloire » est alors indissociable de celle de « nature divine ». Ainsi par exemple : « Et le Verbe s’est fait chair, et nous avons vu sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique » (Jn 1,14). Et juste avant sa Passion, Jésus dira : « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant même la création du monde » (Jn 17,24). Ainsi, de toute éternité, le Père donne au Fils « la gloire », c’est-à-dire la nature divine, et cela gratuitement, par amour… Et c’est ainsi qu’il l’engendre « avant tous les siècles » en « Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, de même nature que le Père ».

            Mais en percevant ainsi le Mystère du Fils, vrai Dieu et vrai homme, les disciples prennent conscience également de ce à quoi Dieu appelle tous les hommes : participer à sa gloire en recevant, comme le Fils et par le Fils, le Don de sa nature divine (2P 1,4). « Père, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée » (Jn 17,22)…                              DJF




2ième Dimanche de Carême – Homélie du Père Louis DATTIN

Transfiguration

Lc 9, 28-36

Pour bien comprendre la Transfiguration, il faut se rappeler ce qui s’est passé avant. Jésus a commencé à susciter des oppositions sérieuses : on ne l’accepte plus, on fait des réserves à son égard. Il est même chassé de l’entourage de certains, on l’abandonne. Il a fallu que Pierre, sous l’impulsion de l’Esprit-Saint, ait un sursaut de foi et se mettant à genoux devant  Jésus  qui  leur  demande  qui  il  est :

« Pour vous, qui suis-je ? », que Pierre donc déclare: « Tu es le Messie, le Fils de Dieu ». Mais Jésus n’en continue pas moins à annoncer sa mort : « Il doit monter à Jérusalem ; là- bas, être jugé, mis à mort », si bien que le moral des apôtres est à zéro.

Ils se demandent s’ils ne se sont pas trompés, s’ils ne se sont pas engagés dans une mauvaise aventure, sur une fausse piste : Jésus le sent bien et il veut les réconforter. Ils sont tellement habitués à voir le “Jésus ordinaire”, le “Jésus quotidien”. L’homme qu’ils côtoient, ils ont tendance à oublier qui il est : Dieu, Fils de Dieu, Parole éternelle du Père, Lumière du monde, Sauveteur de l’humanité.

Nous aussi parfois, dans notre religion, j’allais dire “ordinaire”, nous aurions facilement tendance à ne plus voir Dieu en Jésus-Christ : il s’est tellement fait proche de nous que nous ne voyons plus que ce qu’il nous présente ! Un homme avec ses fatigues, ses humeurs, ses réactions humaines, son tempérament. Mais Dieu en lui, le Fils éternel du Père, le Fils bien aimé, Créateur de l’homme, Sauveteur de l’Humanité : ça nous avons tendance à l’oublier

Attention, si Dieu s’est fait l’un de nous, tellement  l’un de nous, que  beaucoup  ne   l’ont  considéré  que   comme  un  homme, il reste, et il est le Tout-autre, le Transcendant. Il y a, entre nous et lui, cet énorme fossé creusé par sa sainteté totale à lui et notre condition de pécheurs à nous, si bien qu’à certains moments de lucidité, Pierre va se prosterner devant lui et lui dire : « Eloigne-toi de moi, je ne suis qu’un pauvre pécheur », alors que justement, c’est parce que nous sommes pécheurs que Jésus veut se rapprocher de nous. Jésus a tellement bien réussi à se faire l’un de nous  que nous en arrivons à oublier qui il est.

La Transfiguration, pour les apôtres, comme pour nous, est là pour nous le rappeler : nous avons tellement vu Jésus dans sa bassesse, dans sa condition humaine, que nous avons besoin, nous aussi, de nous réveiller, de reprendre conscience de la véritable identité de Jésus.

La Transfiguration, c’est un temps fort voulu par Dieu, où pendant quelques instants, les apôtres et nous-mêmes, nous réalisons subitement, nos yeux s’étant ouverts, qui est Jésus, ce qu’il est pour Dieu, ce qu’il est pour nous.

Alors nous sommes en pleine vision de sa gloire c’est-à-dire de la vision permanente que nous aurons de lui, au ciel. C’est à la fois la manifestation de la vraie nature de Dieu, qu’on appelle sa “gloire”, et pour nous, l’avant-goût de la “vision béatifique”, c’est-à-dire de ce que nous serons appelés à vivre. Cette vision, avant la lettre, va redonner aux apôtres un moral, un réconfort dont ils vont avoir bien besoin pour s’en souvenir, au moment de la Passion de Jésus : son agonie, sa mort en Croix. D’ailleurs ce sont ces trois mêmes apôtres Pierre, Jacques et Jean qui seront témoins, et de l’agonie de Jésus et de sa Transfiguration :

 

« Avec moi dans la peine, avec moi dans la gloire ».

Les deux scènes d’ailleurs se passent dans la prière pour Jésus et dans le sommeil pour les apôtres.

Les deux scènes se passent aussi sur la montagne. Il alla sur la montagne, le haut-lieu, le lieu saint pour prier : le Thabor, mont de la Transfiguration ; le Mont des oliviers, lieu de l’agonie. Pendant qu’il priait, son visage apparut tout autre.

Vous avez été parfois témoins de ces brusques changements de visage à l’annonce d’une grande douleur ou d’une grande joie :

– le visage de celui qui apprend le deuil de quelqu’un qui lui est cher,

– d’un étudiant qui vient d’être reçu à son examen,

– d’un sportif qui vient de battre un record,

– d’une jeune fille qui devient amoureuse.

On dit qu’ils sont  “Transfigurés“. C’est l’âme qui transparaît et qui illumine ou défait la figure. Et pour bien montrer que Jésus n’est pas seul, un solitaire messager, le voilà qui s’entretient avec Moïse et Elie, c’est-à-dire avec Moïse, la Loi, et Elie, le prophète : avec la Loi et les prophètes pour bien marquer la continuité du plan de Dieu sur la terre. Moïse, rappelez-vous, s’entretenant avec Dieu sur le Sinaï, Elie, lui  aussi, emporté dans le ciel avec son char.

De quoi parlaient-ils tous les trois ? St-Luc est le seul à nous dire : « Ils s’entretenaient avec lui de son départ qui allait se réaliser à Jérusalem ». En pleine glorification, Jésus parle de sa Passion, de ce qui va se passer à Jérusalem dans quelques semaines. 

Indissociable mystère pascal où l’on ne peut parler du triomphe de Pâques sans parler de la mort sur la Croix ! Où l’on ne peut pas  dissocier l’agonie du jardin des Oliviers de la joie fraîche du matin de Pâques ! Mystère  qui  va  se jouer  aussi  en chacun d’entre nous ! Mystère indissociable aussi pour chacun d’entre nous où nous ne pourrons pas suivre Jésus sans participer à ses douleurs, mais aussi à son triomphe. Jésus sait pourquoi il est venu, il sait où il va : il va vers le Père et “entre dans la gloire en passant par la mort”.

Et  c’est aussi le résumé de ma propre destinée. Que je le veuille ou non, que j’en sois conscient ou non, je suis sur le chemin qui me conduit vers Dieu en passant par la mort.

Je suis en état d’exode, quittant  la terre d’esclavage  pour aller vers la terre promise. Il y a quelques jours, on nous a dit :

« Souviens-toi, homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière ».

La Transfiguration de Jésus nous annonce aujourd’hui notre propre transfiguration : perspective glorieuse qui est la nôtre, réduits en poussière, nous passons en Dieu. La foi en Jésus est d’un optimisme fantastique :

«Se réveillant, ils virent la gloire de Jésus : Lumière des hommes ».

Nous, aussi, nous marchons vers Dieu.

Pour bien montrer qu’ils ne rêvaient pas, que ce n’était pas une hallucination collective, une voix se fait entendre, la même qu’au Baptême de Jésus : 

« Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le  ».

Au début de notre Carême, au cours de nos réunions, dans nos volontés de changement, dans notre prière accrue et plus vraie, nous réentendons cet avertissement du Père :

« Celui-ci est mon Fils bien aimé ».

Oui, c’est bien lui, c’est bien le Fils de Dieu qui est notre compagnon de route.             

Oui, c’est bien lui qui est là, dans le quotidien de nos vies, dans la  grisaille de nos jours, dans la vie que je mène, dans mon emploi du  temps  de  tous  les  jours où il ne se transfigure pas, dans  la  vallée  de  l’ordinaire  et non sur le sommet du Thabor : « Ecoutez-le ».

Oui, écoutons-le.   

 . C’est avec sa parole que nous pouvons nous diriger.

 . C’est avec sa parole que nous pouvons nous nourrir.

 . C’est avec sa parole que nous entretenons notre foi et notre espérance pour monter avec lui à Jérusalem, pour monter avec lui dans la gloire de la Jérusalem céleste. AMEN




Mercredi des cendres – Homélie du Père Louis DATTIN

Mt 6, 1-18

Nous voici entrés ce matin dans le Carême. Que sera-t-il pour nous ? Une période où l’on attend vaguement la fête de Pâques sans beaucoup se soucier de ce qu’attend l’Eglise de nous ? Non, c’est une période importante, la plus importante : pour changer notre vie, la faire avancer, la faire progresser, pour participer, 40 jours après, à la Passion du Christ et surtout à sa Résurrection qui doit être aussi la nôtre. Ce Carême est un temps fort de conversion intérieure, de lutte ; c’est le moment de nous rappeler que pour suivre Jésus, il nous faut : avancer, cheminer, progresser.

Le Seigneur, dans l’Evangile que nous venons de lire, nous recommande trois moyens pour faire un bon Carême : la prière, le jeûne, le partage. Mais attention, le Seigneur nous dit, tout de suite après, que ces trois moyens ne sont pas seulement une pratique extérieure.

Ce qui compte : c’est la manière dont nous les vivrons, c’est l’intention de notre cœur.

A quoi sert de prier si, même pendant ma prière, je pense à autre chose… et que, pendant tout mon chapelet, j’ai pensé à mon voisin pour voir quelle vengeance ou quelle réponse je vais lui donner ?

A quoi sert de jeûner si, pendant que je jeûne, un pauvre à côté de moi fait un jeûne forcé et que je ne lui donne rien ?

Et mon aumône elle-même, à quoi servira-t-elle si le cœur n’y est pas, si mon partage de mes vêtements n’est que le moyen de faire un peu plus de place dans mon armoire ?

Ce qui compte : c’est la manière de vivre tout cela, c’est l’intention de notre cœur. Jésus a parlé du moindre verre d’eau donné à un petit en son nom ; et rappelez-vous l’obole de la veuve : 2 piécettes seulement, mais c’était tout ce qu’elle avait !

Le Christ, pendant ce carême, veut nous entraîner, non dans une religion de gestes extérieures, mais dans une  religion d’amour où il s’agit de plaire à Dieu plutôt qu’aux  hommes ou à nous-mêmes…

Quand nous faisons quelque chose de bien, nous sommes assez satisfaits ; c’est assez gratifiant et nous sommes tentés de nous dire : « Après tout, je ne suis pas si mal que ça ! ».

Nous nous regardons encore de trop. « Que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite », donc n’avoir ‘’aucun retour sur soi’’.

Mettons-nous dans la cendre, c’est-à-dire dans l’humilité. C’est là que nous pouvons trouver ce que nous voulons vraiment. Si nous sommes vrais, c’est là que nous pourrons expérimenter notre faiblesse radicale. Alors, nous pourrons lever les yeux vers Dieu.  AMEN




1er Dimanche de Carême (Luc 4, 1-13) : « « Les tentations de Jésus. » (Francis Cousin)

« Les tentations de Jésus. »

 

La vie de tout homme est parsemée de tentations. Nous sommes tous tentés à un moment ou à un autre … et parmi ces tentations, il y en a de bonnes, qui sont sans doute agrées par Dieu (à chaque fois que nous sommes tentés par un métier, un engagement, une expérience … dans le but de servir les autres humains, pour le bien commun) et il y en a de mauvaises, suggérées par le Démon, le diable, et là il n’y a pas besoin d’expliquer, tout le monde connaît …

Et Jésus, vrai Dieu et vrai homme, a eu aussi des tentations, et sans doute pas seulement celles dont l’évangile d’aujourd’hui nous parle. Mais il n’est pas « entré dans ces tentations » parce qu’il était toujours en lien avec son Père et avec l’Esprit.

Après son baptême où l’Esprit vint sur lui et la voix du Père le reconnu comme son Fils, Jésus, « rempli d’Esprit Saint » fut conduit au désert, pendant 40 jours.

Quarante jours, c’est plus qu’une lunaison, plus qu’un mois, un nombre qui rappelle le nombre d’années pendant lesquelles les hébreux ont erré dans le désert après être sortis d’Égypte avant d’atteindre le « pays ruisselant de lait et de miel » (1° lecture). Temps nécessaire pour passer de l’esclavage à la liberté. Mais c’est aussi le temps qu’a passé Moïse au sommet du Mont Sinaï, sans manger ni boire, avant que ne soient écrits les 10 commandements de Dieu, la Loi qu’on appelle de Moïse. Jésus, nouveau Moïse, accomplira cette loi en y ajoutant une loi nouvelle : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 13,34).

Et pendant ces « quarante jours, Jésus fut tenté par le diable ».

La tentation pour Jésus a été permanente pendant ces quarante jours, mais il était tellement en accord avec son Père que cela ne l’a pas tellement gêné. Mais au bout de quarante jours, « Il eut faim ». Il commence à ressentir un sentiment de manque de nourriture., et cela le tenaille. Et le diable, qui était toujours après lui, ne manque pas l’occasion de le tenter une nouvelle fois.

Et le diable s’y prend de la même manière qu’avec Ève, en amenant la suspicion de celui qu’il veut tenter : « Si tu es le fils de Dieu … ». Il installe le doute chez Jésus qui est en manque de nourriture, comme il le fait subtilement avec nous quand nous sommes faibles, car le diable, comme tous les malfaisants, ne s’attaque qu’aux faibles, ou ceux qui paraissent tels.

Mais ce n’est pas le cas avec Jésus, car, même si on n’en entend plus parler, l’Esprit Saint qui a conduit Jésus au désert ne l’a pas abandonné, il est toujours avec lui, pour l’aider dans ses moments de faiblesses, car « L’esprit vient au secours de notre faiblesse » (Rm 8,26).  Par trois fois, le diable va tenter Jésus en utilisant à chaque fois une des trois grandes manières qui peuvent nous faire tomber ses griffes :

La tentation de l’avoir, à la quantité que je veux : avoir du pain avec des pierres, avoir … ne penser qu’à soi, peu importe les autres, simplement moi, moi …

La tentation de la puissance, du pouvoir : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire sur ces royaumes … si … ». Beaucoup sont prêts à avoir du pouvoir, sans tenir compte du « … si … », et bien souvent on n’entend même pas le « si ».

La tentation du paraître, une des pires choses qui existe actuellement dans notre monde … Tout le monde veut montrer qu’il est supérieur aux autres, qu’il a plus que… qu’il a la plus grande … Moi je peux, pas toi … Égoïsme encore une fois. Et là encore on est prêts à passer sur les « … si … ».

Et par trois fois l’Esprit soufflera à Jésus la phrase du Deutéronome qui clouera le bec au diable.

Mais nous, est-ce que nous sommes capables de clouer le bec au diable ?

Peut-être parfois … mais il faut bien reconnaître que la plupart du temps, on se fait avoir. On ne résiste pas à la tentation, surtout quand elle est bien présentée … et le diable excelle dans la présentation des choses …

Il y a une chose qui peut nous aider à mettre à bas le diable : suivre la Parole de Dieu, et spécialement celle de l’évangile du mercredi des cendres : « Quand tu fais l’aumône … tu pries … tu jeûnes … fais-le dans le secret, car ton Père qui voit dans le secret te le rendra. » (Mt 6,4.6.18). Cela nous débarrasse déjà du ‘paraître’. Et si en plus, on jeûne, c’est-à-dire qu’on se satisfait de ce qu’on a, sans vouloir plus, et même en voulant moins … cela nous aide dans les trois sortes de tentation. Et enfin, et surtout, si on prie, si on a, comme Jésus, une relation particulière avec Dieu, alors on sera sauvé (cf 2° lecture).

Et il faut toujours avoir à l’esprit cette phrase du Notre Père « Ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre –nous du Mal ». Mal avec une majuscule, comme Malin, comme Démon, comme Satan, comme Diable …

Comme Jésus le dit : « Cette espèce-là (ce diable), rien ne peut le faire sortir, sauf la prière » (Mc 9,29).

Seigneur Jésus,

de cette épisode de la tentation

que tu as subis au désert,

nous pouvons retenir au moins trois choses :

qu’il est important de connaître la Parole de Dieu,

qu’il est bon de jeûner pour purifier notre esprit,

que nous devons toujours être en contact

avec ton Esprit Saint par la prière.

 

Francis Cousin

 

 

 

 

Pour télécharger la prière illustrée  , cliquer sur le titre suivant:

Prière dim carême C 1° A6

 




1er Dimanche de Carême – par le Diacre Jacques FOURNIER (Lc 4, 1-13)

Accepter de tout recevoir d’un Autre (Lc 4,1-13)…

En ce temps-là, après son baptême, Jésus, rempli d’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert
où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.
Le diable lui dit alors : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. »
Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain. »
Alors le diable l’emmena plus haut et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre.
Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux.
Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. »
Jésus lui répondit : « Il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte. »
Puis le diable le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ;
car il est écrit : Il donnera pour toi, à ses anges, l’ordre de te garder ;
et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
Jésus lui fit cette réponse : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »
Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé.

 

 

             « Dieu Est Esprit »  et « c’est l’Esprit qui vivifie », « qui donne la vie » (Jn 4,24 ; 6,63 ; 2Co 3,6 ; Rm 8,2 ; Ga 5,25). « Né du Père avant tous les siècles », le Fils est éternellement « engendré » à la Vie par le Don que le Père ne cesse de faire de Lui-même, le Don de l’Esprit qui vivifie… « Tourné vers le sein du Père » (Jn 1,18), le Fils est donc de toute éternité « rempli d’Esprit Saint » (Lc 4,1) par le Père, un Esprit qui « l’engendre » en Fils et le fait vivre… « Comme le Père a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d’avoir la vie en lui-même… Je vis par le Père » (Jn 5,26 ; 6,57). Et cette Vie, la Vie de Dieu, est Plénitude, surabondance (Jn 10,10 ; 7,37-39)…

            Après avoir jeûné quarante jours, Jésus a faim… « Le diable lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, dis à cette pierre qu’elle devienne du pain. » Nous l’avons vu, être Fils du Père, c’est tout recevoir du Père. Devenu vrai homme, Jésus va vivre ce principe à l’extrême, en témoin unique de l’Amour du Père. « Le Fils de l’homme n’a pas où reposer la tête » (Lc 9,58). Et lorsqu’il invitera à faire confiance à la Providence du Père, il le fera en témoin, car c’est ce qu’il vit lui-même : « Ne cherchez pas ce que vous mangerez, ne vous tourmentez pas. Votre Père sait que vous en avez besoin. Cherchez son Royaume, et cela vous sera donné par surcroît » (Lc 12,22-32). Telle est la dynamique que le diable cherche à détruire : non pas celle de l’amour qui attend tout d’un autre, mais celle de l’orgueil qui n’a besoin de personne et qui fait tout par lui-même et pour lui‑même. Réponse immédiate de Jésus : « Ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre ». Il le sait, lui qui reçoit sa vie du Père depuis toujours et pour toujours…

Puis le diable « lui fit voir tous les royaumes de la terre : « Je te donnerai tout ce pouvoir, si tu te prosternes devant moi. » Mais il se trompe. Dans sa soif de dominer, il raisonne en terme de « pouvoir ». Or « Dieu Est Amour » (1Jn 4,8.16), éternelle recherche du Bien de l’Autre, Don à l’Autre pour son Bien, tout au Service de l’Autre pour l’Autre… Lui obéir, c’est rester tourné de cœur vers Celui, qui de son côté, ne cesse de vouloir le meilleur pour celui, celle qu’il aime… Et « tout ce que Dieu veut, il le fait » (Ps 115,3). Telle est la certitude de Jésus vis-à-vis de son Père… Il restera donc « tourné vers le Père », « dans son amour » (Jn 15,10), se laissant aimer, combler et aimant à son tour dans le Don total de Soi pour l’Autre, pour tous les autres, pour chacun d’entre nous…             DJF




1er Dimanche de Carême – Homélie du Père Louis DATTIN

Tentations au désert

Lc 4, 1-13

Avez-vous bien écouté, frères et sœurs, la dernière phrase du passage d’Evangile que nous venons de lire ? « Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentation ». Il semble que le démon manque nettement  d’imagination. Nous  sommes, nous, beaucoup  plus doués  que lui en matière de tentation. Comment peut-il en avoir épuisé “toutes les formes” avec ces trois propositions faites à Jésus ?

 

Regardons de plus près. Tout d’abord, le texte parle de “Diable”, Diabolos : “celui qui divise, sépare, désunit”. Attention, cette “puissance du mal” que les évangiles appellent aussi “Démon”, “ Satan” (mot hébreu qui signifie “l’adversaire”), ce ne sont pas des diablotins cornus et fourchus que les images représentent, mais ce mal qui habite notre propre cœur, l’adversaire de notre Dieu.

Le récit d’aujourd’hui est admirablement construit : il nous donne le résumé des choix et des combats que les Hébreux ont rencontré dans le désert et où ils ont échoué là où Jésus a été victorieux. A notre tour, chacun de nous doit se battre sans cesse. La vraie vie spirituelle, la vie évangélique à la suite du Christ, n’est pas une existence de tout repos, et le Carême est un temps privilégié pour ce combat spirituel.

Reprenons ces 3 tentations au désert et vous verrez qu’elles recouvrent toutes les autres, toutes les nôtres, tentations permanentes pour toutes les époques. Traduisons-les avec nos mots d’aujourd’hui.

  • Première tentation : « Que ces pierres deviennent du pain ». Le pain satisfait nos désirs. C’est la tentation la plus banale, facile : ma relation aux choses, posséder, manger, satisfaire mes instincts, consommer. Tout cela est parfaitement légitime, mais doit être maîtrisé. Nos faims corporelles peuvent devenir nos maîtresses et faire de nous des esclaves comme dit maître Jacques  dans “l’Avare” de Molière : « Il  faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger ». Le verbe “être” doit toujours passer avant le verbe “avoir” : l’”avoir” n’est qu’au service de “l’existence” et pas plus.

Où est la vraie vie de l’homme ? Dans le pain ? Dans le bien acquis ? Ou ailleurs ?

« Que ces pierres deviennent des pains », comme c’est tentant quand on a faim, quand le désir est là, exacerbé par la publicité, de s’engouffrer dans la consommation “non-stop”. Mais la vraie vie de l’homme est-elle là ?

Ce n’est même pas son besoin le plus fondamental. Allons-nous satisfaire tous nos besoins, nos addictions corporelles jusqu’à en “crever spirituellement” et même physiquement ? : Obésité, cholestérol, sida, MST, alcool jeux, drogues, tabac… Nous consommons trop et mal. Une bonne partie de nos maladies vient de nos excès et nous devenons des ruines. Regardez les dernières photos de Serge Gainsbourg, quelques mois avant sa mort : une déchéance, d’autant plus lamentable que c’était un esprit brillant !

Si seulement le Carême pouvait nous inciter, à la suite de Jésus, et avec sa grâce, à nous rassasier un peu plus de l’essentiel : la Parole de Dieu. « L’homme ne vit pas seulement de pain,  mais de la Parole de Dieu ».

Interrogeons-nous clairement : avons-nous un Evangile à la maison ? Où est-il ? L’ouvrons-nous parfois ? Que connaissons-nous  de  la  Bible ? Que  décidons-nous  pendant  les  quarante jours  d’ici-Pâques  pour lire un passage de la Parole de Dieu ?

Rétablir l’universelle coutume du jeûne (les musulmans et les autres religions le font bien) pour maîtriser notre chair et nous adonner davantage à la prière ?

  • Deuxième tentation : le pouvoir, dominer les autres, être au-dessus. Cette tentation-là est beaucoup plus grave : c’est la perversion de notre relation aux personnes. Ne voir les autres que par rapport à soi. Dominer, exercer le pouvoir sur les autres : qui d’entre nous n’a pas rêvé d’exercer une autorité, un pouvoir sur les autres, que ce soit en famille, l’homme ou la femme, les enfants entre eux dans une classe, dans les associations ? Toutes les jalousies et les rivalités dans les bureaux des fonctionnaires ou des entreprises, les peaux de bananes glissées sous les pas des concurrents, la carrière où l’on marche sur les autres pour les dépasser et se trouver devant eux, au-dessus d’eux, « l’homme un loup pour l’homme ». Jésus lui-même a été tenté de devenir un roi des royaumes de la terre, en exerçant le pouvoir selon les habitudes des puissants de ce monde qui font peser leur pouvoir.

Voici donc cette terrible envie de dominer : les élections nous le font bien voir avec sa multitude de listes, sa pléthore de candidats et aussi, ne l’oublions pas, son cortège d’opprimés, de torturés, d’abimés, ceux qui n’ont pas le droit à la parole et que l’on fait taire avec un billet ou quelques tôles ondulées ; les faibles, les petits, les êtres qui ne peuvent pas se défendre, à commencer par le problème tragique des suppressions des fœtus d’enfants vivants, ils n’ont pas droit à la parole ; on ne leur a jamais demandé leur avis, ils sont victimes des forts, des adultes.

Comment traitons-nous les handicapés physiques ou les débiles mentaux dans notre société, dans nos écoles, dans nos relations, dans nos familles et nous-mêmes ?

Comment nous laissons-nous dominer par les puissances des médias, la propagande, la publicité, les idées toutes faites, les courants d’idées à la mode ? Ne faisons-nous pas le jeu des sondages de toutes sortes qui nous indiquent, dans les questions elles-mêmes, ce qu’il nous faut répondre ?

Si seulement le Carême pouvait nous inciter à retrouver la vérité de toutes nos autres relations en retrouvant devant Dieu le “devoir d’Adoration”.

« Tu te prosterneras devant DIEU seul et c’est lui seul que tu adoreras » : se situer humblement devant Dieu, c’est apprendre du même coup à servir humblement les autres, au lieu de dominer.

  • Troisième tentation : la magie : mettre Dieu à notre service au lieu de nous mettre nous-mêmes à son service. C’est la plus grave des tentations : elle est perversion de notre rapport à Dieu, mettre Dieu en demeure de faire ce qui nous plaît.

Dans cette tentation-là, ce sont les rôles qui sont inversés : au lieu de nous mettre au service de Dieu, nous mettons Dieu à notre service. Mettre Dieu à l’épreuve, faire de Dieu l’objet d’un chantage, sommer Dieu de nous faire réussir, de nous éviter des ennuis : « Si Dieu existe, cela n’aurait pas dû arriver », comme si Dieu était mon domestique et qu’il n’était là que pour être à ma disposition.

Suprême tentation : nous ériger en conseiller de Dieu, lui dire ce qu’Il devrait faire. Nos prières ne sont-elles pas parfois des ordres que nous donnons à Dieu :

 « Seigneur, fais ceci, obtiens-moi  cela, accorde-moi  tel  avantage ».

 « Si tu es Dieu, fais ceci. »

 «  J’ai prié et tu ne m’as pas exaucé. »

 « Tu n’as pas fait ma volonté donc tu n’existes pas ».

Qui est Dieu ? Est-ce lui ou moi ?

Tentation de provoquer Dieu, de le faire obéir à mes désirs.

Si seulement ce Carême pouvait nous inciter à nous décentrer de nous-mêmes pour nous tourner résolument vers le “Tout autre” pour dire, comme le Christ au jardin des Oliviers : 

« Que  ce  soit  ta  volonté  qui  se  fasse, Père, et  non  la mienne ! »

Ne croyez-vous pas, maintenant, que ces tentations-là, sont bien les plus fortes auxquelles l’homme soit affronté ? Ces tentations de Jésus sont toujours les nôtres. Plus encore, elles résument tous nos désirs de possession et de puissance.

  • Avec Jésus, vainqueur de ces invitations de Satan, notre Carême pourrait être un temps merveilleux de croissance, d’épanouissement du meilleur de nous-mêmes, un vrai renouvellement de notre vie filiale et fraternelle de baptisés.

Lorsque nous sommes tentés, St-Ignace nous conseille de faire le contraire de la suggestion de Satan :

  –  Je désire avoir : je donne la primauté à l’être.

  – Je veux dominer : je me mets à la disposition de l’autre.

  – Je veux mettre Dieu à mon service : je me mets alors à son service à Lui.

Alors, ayant épuisé, nous aussi, toutes les formes de tentations, notre cœur pourra être prêt à rencontrer le Dieu-amour.  AMEN




8ième Dimanche du Temps Ordinaire – Claude WON FAH HIN

8e dimanche ordinaire – Année C – Luc 6 39–45

Dans l’Évangile de Matthieu, l’image de l’aveugle s’applique aux Pharisiens qui prétendaient « guider » les autres, alors qu’ils étaient eux-mêmes aveugles et égaraient leur peuple. Car ce qu’ils faisaient, ce n’était pas la volonté de Dieu. Chez Luc, l’aveugle désigne surtout les disciples et les responsables des communautés chrétiennes qu’il invite à plus de lucidité. Puisque nous sommes tous disciples, nous sommes amenés à « guider » quelqu’un, que ce soit un membre de la famille, des jeunes, des couples, dans le milieu du travail, etc…nous avons tous vocation à « guider ». Et c’est là que commencent les problèmes. Car pour guider, il vaut mieux ne pas être aveugle. Et on peut être aveugle à cause de la poutre qu’on a dans les yeux, et qu’on ne s’en aperçoit pas. Dans ce cas, on finira tous dans le fossé. Pour guider, il faut de nombreuses qualités : être attentif au bien des autres, savoir les écouter, avoir des connaissances, être bien formé et informé, avoir un minimum de sagesse et bien d’autres qualités. Et sur le plan spirituel, en tant que chrétien, nous devons avoir surtout une foi inébranlable en Jésus Christ, sachant que nous ne pouvons rien faire sans lui. Car c’est lui qui nous envoie l’Esprit Saint qui nous anime et qui nous fait en mouvement.

« Ôter la poutre de notre œil », l’expression peut être prise comme un reproche dont on ne veut pas entendre, mais si on veut progresser dans la foi, nous devons regarder cette poutre de plus près, et même à la loupe, car nous avons un énorme travail à faire en nous-mêmes pour combattre nos propres défauts, nos propres péchés qui nous détruisent, nous et les autres, souvent même sans en avoir conscience. Alors que nous avons de grosses difficultés à regarder nos propres défauts, les saints sont les premiers à reconnaître qu’ils sont vraiment tout petits devant Dieu, et bien loin de la perfection. Voici ce que l’abbé Pierre Descouvemont dit du Saint Curé d’Ars (Guide des difficultés de la foi catholique – P.482 : “En 1822, Dieu lui avait donné une très vive conscience de sa propre misère. « Il en fut si effrayé qu’il pria le Tout-Puissant de répandre une lumière moins vive sur son âme, de crainte d’avoir des pensées de désespoir. » C’est pourquoi il dira un jour à la baronne de Belvey : « Ne demandez pas à Dieu la connaissance totale de votre misère. Je l’ai demandée une fois et je l’ai obtenue. Si Dieu ne m’avait alors soutenu, je serais tombé à l’instant même dans le désespoir». Ne nous croyons pas plus saint que le saint Curé d’Ars. Et c’est justement parce qu’ils sont si proches de Dieu qu’ils reconnaissent plus vite leurs propres défauts et péchés. La grande lumière du Christ leur fait voir leur moindre défaut.

Je vous donne un exemple : Catalinas Rivas, une Bolivienne, ayant reçu les stigmates en 1994, a des visions de la Sainte Vierge à la sainte messe. Tous les messages qui lui ont été dit par Jésus ont été rassemblés en huit livres qui ont reçu l’imprimatur de l’archevêque de Cochabamba. A la messe, au rite pénitentiel, la Vierge lui dit : « du fond de ton cœur, demande au Seigneur de pardonner tes fautes qui L’ont offensé. De cette façon, tu seras en mesure de participer dignement au privilège d’assister à la Sainte Messe ». Catalina, en une fraction de seconde, se dit en elle-même : « Bien sûr que je suis en état de grâce avec Dieu car je me suis confessée hier soir ». La Sainte Vierge lui répondit alors : « Penses-tu que depuis hier soir, tu n’as pas offensé le Seigneur ? Laisse-moi te rappeler certaines choses. Quand tu es partie pour venir ici (à la messe), la fille qui t’aide s’est approchée de toi pour te demander quelque chose, et puisque tu étais en retard et pressée, tu n’as pas été très délicate dans ta façon de lui répondre. Il y avait un manque de charité de ta part et tu dis que tu n’as pas offensé Dieu… – Alors que tu étais en route pour venir ici, un autobus a empiété sur ta ligne et t’a presque frappée. Tu t’es exprimée d’une façon peu recommandable contre ce pauvre homme plutôt que de dire tes prières et te préparer pour la messe. Tu as manqué de charité et tu as perdu ta paix et ta patience. Et tu dis que tu n’as pas offensé le Seigneur ? Tu arrives à la dernière minute quand la procession du célébrant est déjà en route pour célébrer la messe…et tu vas participer sans t’être préparée ». Et La Sainte Vierge continue (P.15) : « Pourquoi devez-vous tous arriver à la dernière minute : Tu aurais dû arriver plus tôt pour être capable de prier et demander au Seigneur d’envoyer son Esprit Saint pour qu’Il t’accorde un esprit de paix et te purifie de l’esprit du monde, de tes préoccupations, tes problèmes et tes distractions afin de te permettre de vivre ce moment si sacré. Pourtant, tu arrives presqu’au moment où la célébration est sur le point de commencer et tu participes comme s’il s’agissait d’un événement ordinaire, sans aucune préparation spirituelle. Pourquoi ? C’est ici le plus grand des Miracles. Tu vas vivre le moment où le Dieu Très haut donne son plus grand cadeau et tu ne sais pas comment l’apprécier ». Et voilà un bon nombre de fautes commises rien qu’en venant à la sainte Messe, et tout se passe en quinze ou vingt minutes, le temps de quitter la maison pour arriver à la messe. Ce sont tous des poutres dans notre œil. Nous devons passer au peigne fin notre propre vie. Bon nombre de choses que nous faisons ne plaisent pas à Dieu par exemple : « travailler le dimanche ». Deux livres nous le déconseillent vivement : 1 – « Le Manuscrit du Purgatoire » P.39 (Imprimatur) où il est dit « Si vous voulez faire plaisir au Bon Dieu, ne faites rien le dimanche. Priez le plus que vous pourrez, c’est tout » ; 2 – « Gloria Polo a frôlé l’Enfer » (un livret de 46 pages, et 3mm d’épaisseur). Gloria Polo, une dentiste, Colombienne de Bogota, a témoigné à Fatima en 2007. Elle dit (P.40) : « Par le Troisième Commandement, Dieu nous ordonne de célébrer par le culte divin les jours de fête, c’est-à-dire les jours qui lui sont consacrés et de nous abstenir des occupations et des travaux corporels. Outre l’assistance à la messe, il convient que, les dimanches et fêtes de précepte, le chrétien s’adonne selon son pouvoir aux œuvres de piété et de religion, surtout en assistant aux cérémonies religieuses, aux prédications et au cours d’enseignement religieux » (P.41 du livret « Gloria Polo a frôlé l’Enfer »). Toutes ces actions ont de l’importance pour Dieu et nous en faisons peu de cas. Et c’est comme çà tout le long de la journée car nous n’avons pas Dieu en permanence en notre esprit. C’est la raison pour laquelle il faut prier en permanence quelque soient nos actions ou nos occupations, pratiquez la prière continuelle et vous verrez vous-mêmes les résultats en votre intérieur. La poutre existera sans doute encore, mais elle sera sûrement de moins en moins grosse. Parce que, par la prière continuelle, l’Esprit de Dieu sera aussi en nous en permanence et nous serons mieux armés pour le combat spirituel.

Verset 40 : « Tout disciple accompli, c’est-à-dire bien formé, sera comme son Maître ». On ne peut pas faire une chose et son contraire. Il faut être encore logique. Un aveugle peut-il guider un aveugle? se demande Luc. Guider des personnes, guider un peuple est une vocation. Concernant la crise des vocations, voici l’avis de deux personnages qui en parlent en connaissance de cause : un évêque irlandais, Mgr Seanus Hegarty qui faisait ce constat en 1990 (P.321 – l’Eucharistie à l’école des saints »): « Dans mon séminaire, sur 20 séminaristes, 19 proviennent de paroisses qui ont l’adoration perpétuelle » ; et Mère Térésa fera le même constat : (P.23-24 – l’Eucharistie à l’école des saints ) : « Depuis que nous avons introduit cette modification dans notre emploi du temps (30H d’adoration devant le Saint Sacrement au lieu de 4 H par mois), … le nombre de vocation a doublé chez nous ». Et on peut encore trouver d’autres témoignages de ce genre. Prier devant le saint Sacrement est important non seulement pour les vocations, mais aussi pour toutes les paroisses, pour les prêtres du monde entier et pour l’Eglise.

Les Evangiles nous disent qu’il faut prier et « prier sans cesse ». Tous les grands noms de la spiritualité nous rappellent l’importance du Rosaire. Combien, mise à part les groupes du Rosaire, sommes-nous à « prier sans cesse » et à dire le Rosaire soit 4 chapelets par jour ou même un chapelet par jour. Peut-être qu’on peut les compter sur les doigts d’une seule main. Si nous disons aux gens qu’il faut venir à la messe, et aux Colimaçons nous avons de très belles messes, une des plus belles chorales de l’île selon les dires des étrangers, de nombreux lecteurs et servants d’autel, une belle procession d’entrée, tout cela c’est très bien. Mais ce n’est pas suffisant si nous nous basons uniquement sur l’aspect extérieur de la messe, sur sa partie visible, car nous savons bien que ce qui compte c’est que chaque fidèle soit centré sur le Christ, et uniquement sur Lui, et c’est ce qu’il y a dans le cœur de chacun qu’il faut améliorer afin d’éliminer et la poutre et la paille. Il faut désirer s’unir au Christ du fond du cœur. Sinon la plus belle messe ne servira pas à grand-chose. Il faut se recentrer sur le Christ avec une grande sincérité, c’est ce qu’on appelle la « communion spirituelle ». Jean Paul II le disait dans son encyclique Redemptor Hominis (cité en P.9 dans « L’Eucharistie à l’école des saints » – Nicolas Buttet) : « Tous dans l’Église, mais surtout les évêques et les prêtres doivent veiller à ce que ce sacrement d’amour (l’adoration eucharistique) soit au centre de la vie du peuple de Dieu pour qu’on agisse, à travers toutes les manifestations du culte qui lui est dû, de manière à rendre au Christ “amour pour amour” et qu’il devienne vraiment la vie de nos âmes ». Et Nicolas Buttet conclue (P.9) : « Que d’indifférence devant le tabernacle et durant la messe, particulièrement à ce moment précis où l’Amour descend. Pourtant, le monde ne vit que par ce grand miracle: un bout de pain qui devient Dieu ». Et il n’a pas regardé si la messe est belle ou non, car il faut surtout veiller à « se centrer sur le Christ », pour que chacun participe à la messe avec cœur, toujours en lien avec le Christ, avec l’aide de l’Esprit Saint et de Marie pour la gloire du Père, car toute la messe est dédiée au Père, en présence de toute l’Eglise céleste. Nous avons tous besoin de beaucoup de prières pour que le Seigneur soit avec nous tous les jours de la vie, et à chaque moment de la journée. C’est bien le cœur des gens qu’il faut améliorer, et plus exactement chaque chrétien doit améliorer son propre cœur en s’unissant véritablement au Christ. Et pour cela, il faut absolument cesser de regarder les autres, de se comparer aux autres car dans la comparaison c’est presque toujours pour dire que l’autre est toujours moins bien que moi, que dans l’œil de l’autre il y a toujours la poutre et non pas dans le mien. Notre devoir de chrétien est de faire en sorte que la poutre disparaisse en chacun de nous ou tout au moins qu’elle diminue, et qu’elle devienne paille, pour mieux la faire disparaître ensuite par la grâce divine et avec l’aide de notre Sainte Mère, Marie car c’est par elle que nous viennent toutes les grâces divines.