Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité – Homélie du Père Louis DATTIN

Autrefois la manne,

aujourd’hui son Corps

Jn 6, 51-58

 

Si l’on demandait à chaque chrétien pratiquant : « Pourquoi viens-tu à la messe le dimanche ? » nous aurions sans doute des réponses très variées.

 

 

L’un dira : « Pour retrouver mes frères chrétiens, pour faire communauté avec eux ».

Un autre : « Pour m’évader de mes soucis matériels et pour respirer un peu de spirituel car on n’est pas des bêtes, n’est-ce-pas ? »

Un autre : «  Pour écouter le Seigneur qui nous parle par la Bible et l’homélie. Il me semble que chaque semaine, le Seigneur a quelque chose à me dire ».

Un autre : « Pour communier, pour recevoir le Christ car j’en ai besoin pour reprendre courage. »

Un autre dira aussi : « Pour prier, la messe m’aide à prier ; sans la messe, je perdrais l’habitude de prier ».

Dans toutes ces réponses, nous retrouvons les divers bienfaits que nous apporte la messe.

La première lecture d’aujourd’hui nous a rappelé la longue marche, jadis, du peuple d’Israël dans le désert : manquant de tout, Israël avait pris conscience de sa faiblesse, de sa pauvreté. Il n’y en avait qu’un, qu’un seul, qui pouvait intervenir efficacement  et l’aider à s’en sortir : c’était Dieu, Dieu qui l’accompagnait au long de ces étapes terribles, Dieu qui soutenait son peuple dans sa marche vers un pays inconnu mais promis par lui.

Et nous ? Notre vie quotidienne ne ressemble-t-elle pas parfois à une espèce de traversée de désert ? Si l’on additionne nos fatigues, nos problèmes, nos responsabilités diverses, il est des soirées où nous sommes harassés et où nous broyons du noir : nous avons l’impression, à certains moments, d’être dans le tunnel et nous avons beau avancer, continuer à marcher, nous ne voyons pas le bout.  Et nous aussi, tout autant que le peuple hébreu, nous avons besoin de ce compagnon de route qui est là, pour nous accompagner, pour nous soutenir.

* La deuxième lecture nous rappelle que par la messe et la communion, nous formons ensemble : un corps, une seule famille, une même communauté avec tous nos frères chrétiens « Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain ».

L’Eucharistie, c’est vrai, est le sacrement de notre unité.  Lorsque l’assemblée que vous formez, revient de la communion, aussi divers que vous êtes les uns les autres, vous n’êtes plus qu’un, puisque le Christ est présent en chacun d’entre vous. Vous êtes tous, simplement, des cellules du corps du Christ liées ensemble par lui dans cet organisme vital qui s’appelle : l’Eglise.

Le pain, c’est ce qui symbolise le mieux notre nourriture de tous les jours et aussi notre vie. Ne dit-on pas : « Gagner son pain à la sueur de son front », et pour celui qui a beaucoup de travail : «  Il a du pain sur la planche ». Ou encore : « Gagner son pain »,  comme on dit « Gagner sa vie ».

Ce pain, cette hostie, représente donc notre vie de tous les jours, notre famille et notre travail. En fait, elle nous représente nous-mêmes.

Que va dire le prêtre à l’Offertoire ? « Tu es béni, Seigneur, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes. Nous te le présentons »: nous déposons sur la patène toute notre vie de toute la semaine avec ses échecs et ses joies, sa routine et ses surprises, ce qui a bien marché et ce qui a dérapé. Mais plus encore que ce que nous avons fait.  C’est nous-mêmes qui nous présentons au Seigneur.  C’est nous-mêmes que nous offrons au Seigneur tels que nous sommes, avec nos richesses et nos pauvretés, nos acquis et nos manques, avec le bilan d’une bonne ou mauvaise semaine.

.  Que  va  faire  le prêtre  à  la  Consécration ? Il  va  parler  au nom  du Christ. Il va dire : « Prenez et mangez, car ceci (ce pain que nous venons d’offrir, notre vie, notre activité), ceci est mon Corps livré pour vous », et nous chrétiens, nous croyons qu’à partir de ce moment-là, se réalise la présence réelle du Christ ressuscité sous l’apparence du pain consacré.

.  Qu’allons-nous faire à la Communion ? Nous venons justement, nous nourrir de cette présence divine de Jésus en recevant l’hostie.

Alors, pendant un moment, frères et sœurs, réfléchissons.

Jésus veut- il surtout se rendre présent ?  Pas seulement dans l’hostie bien sûr : l’hostie n’est qu’un moyen mais le plus  sûr moyen pour être présent, là, en nous, au cœur de nous-mêmes. Ce n’est pas l’hostie que le Seigneur veut transformer – elle n’est que le moyen que le Christ a choisi pour venir jusqu’à nous et pour transformer, pas l’hostie seulement – mais, nous, bien nous !

C’est surtout en nous-mêmes que Jésus veut habiter : « Celui qui mange de ce pain, je demeurerai en lui et mon Père aussi ». « Nous ferons en lui notre demeure ».

C’est nous-mêmes que Jésus veut transformer par la communion. C’est pourquoi il est si important qu’à l’Offertoire, ce soit nous-mêmes aussi qui soyons  représentés dans cette hostie.  De notre vie, il va en faire la sienne : il prend notre vie et il nous donne la sienne. C’est pourquoi dans la liturgie, on parle souvent de « cet admirable échange » : échange de nos pauvres vies contre la sienne qui vient en nous et qui va nous habiter pour nous diviniser.

C’est nous-mêmes que le Seigneur veut remplir de sa présence.

C’est nous-mêmes dont il veut faire de vrais enfants de Dieu, à l’image de ce qu’il est lui-même, notre frère, modèle et prototype de tout homme.

.  Ce que le Seigneur désire, c’est nous remplir de sa vie, ce qui suppose  auparavant  que  nous  nous  soyons  vidés  de  la  nôtre  pour  l’offrir à celui qui va nous la changer.  Si vous allez chez un teinturier ou dans un pressing pour faire disparaitre des taches à votre veston ou à votre robe, il faudra auparavant apporter le veston ou la robe à cet artisan : sinon, il ne peut rien faire.

Apportez votre vie, à la messe, pour que le Christ la sanctifie et vous la rende divinisée. Et si nous lui apportons une vie en creux, c’est-à-dire en besoin, en manque, en désir d’autre chose, en faim et en soif, alors le Seigneur nous comblera de sa vie à lui pour que, dans la semaine suivante, nous puissions vivre dans l’amour, dans le don de soi, de nous, aux autres, dans l’accueil, dans le pardon, dans la patience, dans le partage et cette ouverture à l’égard de tous, tout comme lui !

Le Christ, dans l’Eucharistie, n’a pas d’autre but que de nous combler de sa vie pour que nous devenions à notre tour d’autres Christ pour notre société actuelle.

Pendant sa vie terrestre, Jésus a fait la joie de son Père. Nous aussi, à notre tour, nous pouvons par notre vie, faire la joie du Christ et de son Père. Oui, la messe c’est une affaire d’amour !  AMEN




Le Saint Sacrement – par le Diacre Jacques FOURNIER

  Vivre par sa foi au Fils de la vie du Fils (Jn 6, 51-58)

En ce temps-là, Jésus disait à la foule : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »
Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »
Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi.
Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

 

       Dans la Bible, l’homme n’a pas un corps, il est corps. Il n’a pas une âme, il est âme. Il n’a pas un esprit, il est esprit. L’homme est ainsi tout à la fois corps, âme et esprit (1Th 5,23), et lorsque l’on parle de lui avec l’un de ces trois termes, c’est toute la personne humaine qui est évoquée…

            Autrement dit, lorsque Jésus déclare ici, « le pain que je donnerai, c’est ma chair donnée pour que le monde ait la vie », il nous révèle qu’il va se donner tout entier, en tout son Être, jusqu’à mourir sur une Croix dans d’atroces souffrances, pour que chacun d’entre nous puisse participer à sa vie, gratuitement, par amour… Et Jésus insiste : le verbe « donner », répété deux fois, était déjà intervenu peu avant : « Le vrai pain venu du ciel, c’est mon Père qui vous le donne. Le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde » (Jn 6,32-33)… Autrement dit, si Jésus se donne, c’est que le Père lui donne de se donner (Jn 17,1), et le fruit de son offrande sera le don de la vie éternelle proposé gratuitement, par amour, à tout homme de bonne volonté (Jn 17,2)…

            Ce don de la vie ne sera rien de moins qu’une participation à ce que Dieu est en lui-même ! En effet, derrière le « Moi, je suis le pain vivant » de notre traduction liturgique se cache une expression toute particulière, « egô eimi », qui renvoie au Nom divin révélé à Moïse dans l’épisode du buisson ardent : « egô eimi o ôn » (Ex 3,14), soit littéralement « je suis l’étant », avec une insistance toute particulière sur la plénitude d’Être qui est celle de Dieu de toute éternité… Et cette plénitude est « vie », une vie que le Fils reçoit du Père depuis toujours et pour toujours en unique « engendré, né du Père avant tous les siècles, Dieu né de Dieu, de même nature que le Père », disons-nous dans notre Crédo. « Comme le Père a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d’avoir la vie en lui-même » (Jn 5,26), de telle sorte, nous dit ici Jésus, que « je vis par le Père » (Jn 6,57).

            Or, cette plénitude d’Être qui est vie est aussi Esprit : « Dieu est Esprit » (Jn 4,24). Cet Esprit est donc vie, vie de Dieu, vie éternelle… Pour Dieu, donner la vie sera donc donner l’Esprit, donner son Esprit, et ainsi nous donner, à nous les hommes, d’avoir part à son Esprit et donc à sa vie. L’homme est esprit, avons-nous dit au tout début ? L’Esprit de Dieu s’unit à son esprit, et ce mystère d’union, d’amour, est aussi appelé mystère de communion que St Jean évoque ici avec le verbe « demeurer » : « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui » (Jn 6,56). Un même Esprit est tout à la fois en Jésus et en celui qui l’accueille avec foi. Un même Esprit, une même vie…




Rencontre autour de l’Évangile – Le Saint Sacrement

“Je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel.

Qui mange de ce pain vivra pour toujours.”

 

 

 

 TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons (Jean 6, 51-58)

Ce passage d’évangile fait partie du grand discours de Jésus sur le Pain de Vie, au chapitre 6. Après la multiplication des pains, qui a enthousiasmé la foule, Jésus s’est retiré seul dans la montagne pour prier, car les gens voulaient « le prendre de force et faire de lui leur roi. » (Jn 6, 15). Puis Jésus revient à Capharnaüm, et la foule le rejoint. C’est là que Jésus essaie de leur révéler qui il est.

 

Soulignons les mots importants

Relire à la suite la première et la dernière phrase : quel est donc l’enseignement principal de Jésus ?

« Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel »

Si quelqu’un mange de ce pain : compter le nombre de fois que ce mot est prononcé. Qu’est-ce que Jésus veut nous faire comprendre ?

Le pain, c’est ma chair : le mot chair revient souvent

Manger la chair du Fils de l’homme 

Boire son sang : Comment réagissons-nous à ces paroles de Jésus ?

A partir de quel moment ces paroles, incompréhensibles durant la vie de Jésus, sont devenues, possibles et évidentes ?

Relevez les paroles de Jésus qui expriment les dons produits en nous quand nous mangeons le pain du ciel (la chair du Christ) ?

Pour l’animateur   

* Dire de quelqu’un : « c’est un être de chair et de sang », c’est affirmer qu’il est homme, avec toutes les faiblesses et les limites humaines. En disant que sa chair et son sang sont une nourriture qui donne la vie, le Christ se présente dans son humanité : c’est le Fils de Dieu devenu homme par son incarnation qui apporte la vie au monde. Jésus demande à ses auditeurs de faire un acte de foi : il faut se nourrir de son enseignement et boire ses paroles parce qu’elles sont celles du Fils qui apporte la vie du Père. C’est là tout ce que ses auditeurs juifs pouvaient comprendre. C’est seulement plus tard que Jean, témoin de l’institution de l’Eucharistie, a compris que Jésus parlait aussi de donner sa chair et son sang en nourriture. Ce discours annonçait l’eucharistie.

* Dans ce passage tout l’enseignement de Jésus sur la nécessité de « manger sa chair et de boire son sang » est encadré entre la première et la dernière phrase.

L’enjeu, c’est la vie éternelle, c’est-à-dire participé à la vie du Christ ressuscité dès maintenant, et après notre mort de façon définitive.

* Le mot manger qui revient 9 fois : et le mot grec employé signifie « croquer » : cela montre le réalisme de l’incarnation et de la communion eucharistique : en croquant le pain, c’est vraiment le Corps du Seigneur que « nous mangeons » : c’est à dire que son Corps transformé par l’Esprit-Saint dans la résurrection, devient pour nous la vraie nourriture pour notre vie de fils et de fille de Dieu. Il en est de même pour le vin de l’eucharistie.

* Ces paroles tellement « crues » de Jésus ne pouvaient pas être comprises avant l’institution de l’eucharistie, à la Cène : et c’est surtout après la résurrection que les apôtres ont compris cet enseignement de Jésus quand ils « rompaient le pain » en mémoire de lui.

Jésus nous donne les trois dons principaux qu’il nous fait lorsque nous mangeons son Corps dans la communion :

  • vie éternelle dès maintenant,

  • le gage de la résurrection de notre corps,

  • demeurer en permanence en lui,

  • vivre de sa vie et par lui vivre de la vie du Père.

 

TA PAROLE DANS NOS CŒURS :

Nous te rendons grâce, Dieu notre Père, pour ton Fils Jésus, le pain de vie qui apaise notre faim : c’est vraiment lui, personnellement, avec son corps d’homme ressuscité, que nous recevons quand nous mangeons le Pain de l’Eucharistie.

Tu es le pain vivant venu du ciel, Seigneur Jésus. Qui mange de ce pain vivra pour toujours. Nous le croyons. Tu as les paroles de la vie éternelle.

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS :

La Parole aujourd’hui dans notre vie

Quelle est notre foi en la présence réelle du Christ en personne dans l’eucharistie ?

Quand Jésus dit : « Je suis le pain de vie, descendu du ciel », il est nourriture pour notre foi, d’abord par sa Parole. Plus nous communion fréquemment, plus nous devons nourrir notre foi par la Parole. Est-ce que nous mangeons suffisamment de cette nourriture pour notre foi ?

Quand nous communions, nous « mangeons » le Corps du Christ : quelle attitude cela exige de notre part ?

Et quand nous passons devant le tabernacle, quelle est notre attitude ?

Quelle place donnons-nous à l’adoration du Christ présent dans le Saint-Sacrement ?

 

Ensemble prions

Je crois en l’Eucharistie, le sacrement du Christ ressuscité,

source d’un monde nouveau,

nourriture pascale d’un peuple en marche vers son Royaume,

force des baptisés qui ne croient plus en la fatalité du mal.

Je crois en l’Eucharistie, sacrement de l’amour librement offert,

source de toute vie donnée,

nourriture d’un peuple qui apprend à aimer,

force des témoins de la puissance cachée de l’amour.

Je crois en l’Eucharistie,

sacrement de la réconciliation, source de la paix,

nourriture d’un peuple qui préfère le dialogue à la guerre,

force des témoins qui inventent les paraboles vivantes de pardon.

Je crois en l’Eucharistie, sacrement qui fait l’Église;

source d’une nouvelle communion,

nourriture d’un peuple sans frontières,

force des témoins de l’universalité du Christ Seigneur.

 

 Pour lire ou imprimer le document en PDF cliquer ici : LE SAINT SACREMENT

 

 

 

 

 

 

 

 




La Sainte Trinité (Jn 3, 16-18) – Francis COUSIN)

La Sainte Trinité

Trinité : c’est un mot qu’on ne trouve pas dans le Nouveau Testament.

Son apparition est tardive, seulement au IV° siècle, et après bien des péripéties sera officialisé au début du V° siècle.

Trinité : Tout le monde connait la définition : Un seul Dieu en trois personnes distinctes.

Mais qu’est-ce que cela signifie ?

Trinité : mot féminin, pour signifier trois personnes masculines … Le Père, le Fils et l’Esprit Saint …

Peut-être pour montrer ce qu’elle représente, ce qu’elle est en réalité :

L’amour du Père pour le Fils, pour l’Esprit Saint … pour l’humanité …

L’amour du Fils pour le Père, pour l’Esprit Saint … pour l’humanité …

L’amour du l’Esprit Saint, sommet de l’amour réciproque du Père et du Fils, pour le Père, pour le Fils, … pour l’humanité …

L’amour de chacune des trois personnes pour les deux autres et pour l’humanité …

L’amour : nom masculin, mais qui au pluriel devient féminin

Ne serait-ce pas pour montrer que l’amour de trois personnes de la Trinité, amour absolu, est aussi un amour maternel … « Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas. » (Is 49,15)

Trinité : mot qu’on ne peut utiliser avec justesse que pour parler de Dieu, même si certains auteurs l’utilisent pour d’autres choses. Dans ces cas, il faudrait utiliser les mots trio ou triade qui n‘ont pas du tout la même portée symbolique.

Trinité : mot qui recouvre une réalité difficile à comprendre, que l’on peut approcher, mais qu’on ne connaîtra véritablement que dans l’au-delà …

 

 

Et pourtant, les textes de ce dimanche sont sans doutes les plus courts de tout le lectionnaire : seulement onze versets pour les trois textes !

La Trinité est une histoire d’amour : « LE SEIGNEUR, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » (première lecture), « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. » (Évangile), « Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir … ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. » (Jn 14,16-18).

La trinité est aussi une histoire de présence de Dieu à nos côtés : Le Père : « Seigneur, … daigne marcher au milieu de nous. … tu pardonneras nos fautes et nos péchés, et tu feras de nous ton héritage. » (première lecture) « Voici que je vais conclure une alliance. » (Ex 34,10) ; Le Fils : « Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous). » (Is 7,14) ; « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28,20) ; L’Esprit Saint : « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. » (Jn 16,13).

À nous de répondre à cette présence de Dieu à nos côtés.

À nous de répondre à cet amour de Dieu envers nous : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. … Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. » (Jn 15,9.11). « Soyez dans la joie, cherchez la perfection, encouragez-vous, soyez d’accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous» (Deuxième lecture). L’amour donne la joie ; la joie donne la paix (intérieure et extérieure), et la paix favorise l’amour, l’amour de Dieu et des autres …

Essayons d’entrer dans cette communion d’amour de la Trinité, et de faire tout notre possible pour y demeurer, afin que, par notre exemple, cette communion d’amour fasse tache d’huile et s’étende, d’abord dans notre entourage … et dans le monde entier.

« Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous. »

Seigneur Jésus,

il est difficile de comprendre

ce qu’est la Trinité …

Mais en fait,

il suffit de se laisser prendre par l’amour de Dieu

qui est de toujours et pour toujours,

et d’accepter sa présence aimante à nos côtés,

sur le chemin de la vie éternelle…

Francis Cousin

 

 

 

 

Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le titre ci-après:

Prière dim Trinité A




La Sainte Trinité – Homélie du Père Louis DATTIN

Mystère d’un seul Dieu

 Jn 3, 16-18

Un enfant de 11 ans me disait un jour, à la sortie de la messe : « Ça doit être difficile de parler de Dieu ». Sans s’en douter, il rejoignait l’avis des plus grands théologiens.

St-Thomas d’Aquin disait : « Ce que nous ne savons pas de Dieu est bien plus important que ce que nous savons de lui. »

Nous savons par la Bible, par les prophètes et surtout par Jésus-Christ, un tout petit quelque chose de ce qu’on peut dire sur Dieu, un petit rayon de soleil de Dieu et si, un jour, par hasard, quelqu’un vous expliquait Dieu, d’une façon claire, convaincante, évidente : vous pouvez être sûr qu’il s’est fait lui-même un petit Dieu, à la mesure de sa petite intelligence et que ce qu’il vous présente n’est à la fois qu’une caricature et une miniature de Dieu.

Dieu est le “Tout-Autre” et si un jour, vous voulez donner une définition de Dieu, sachez qu’elle ne conviendra jamais parfaitement, comme si on voulait habiller un géant avec les langes d’un nouveau-né.  Dieu est et reste, malgré tout ce que Jésus nous a dit de lui : un mystère. Sans limite d’aucune sorte : il ne peut pas être captif de notre intelligence. Nous ne pouvons pas l’enfermer dans nos formules : tout ce que nous pouvons dire de lui porte la marque de nos propres limites et pourtant, en cette fête de la Trinité, il nous faut quand même tenter de contempler quelque chose de Dieu.

Le mystère de Dieu n’est pas resté une énigme indéchiffrable. St-Luc nous dit que « ce qui est caché aux sages, aux savants, aux intelligents a été révélé aux tout petits » et St-Jean nous rassure en affirmant que « le Fils unique qui est dans le sein du Père, nous a dévoilé le Dieu invisible ».

Tout  d’abord, nous  disons  fermement « Je crois  en un seul  Dieu, le Père tout puissant » et nous affirmons cette unité de Dieu aussi fortement que les juifs ou que l’Islam : « Ecoute Israël, le Seigneur notre Dieu est l’unique ».

Puis, ce “Dieu unique” s’est révélé ” Père “, ” Fils ” et “Esprit” comme nous le montre le récit de la Pentecôte. Dieu le Père a envoyé son Fils dans le monde, il l’a ressuscité des morts. L’Esprit Saint a été manifesté sur Jésus à son Baptême et le Christ ressuscité l’a envoyé d’auprès du Père pour que nous devenions ses enfants : Dieu le Père, Jésus le Fils et le Saint Esprit réalisent ensemble notre salut. C’est ensemble qu’ils nous donnent une vie nouvelle. C’est pourquoi nous sommes baptisés, non pas au nom du Père seul, ni au nom du Fils seul, ni au nom du Saint-Esprit solitaire, mais ” au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit”. Les 3 personnes agissent ensemble en nous parce qu’ils vivent entre eux un amour éternel qui fait la vie du Dieu UNIQUE.

Prenons une comparaison qui nous fera peut-être mieux réaliser ce que peut être le mystère de Dieu. Puisque l’homme est créé à l’image de Dieu, en regardant les relations de l’homme, nous pourrons peut-être, à partir de celles-ci, comprendre un peu mieux celles de Dieu.

Contemplons un jeune ménage : homme et femme, ils sont très amoureux l’un de l’autre. L’homme aime son épouse. Son épouse aime son mari et au paroxysme de leur amour, leur unique désir est de “ne plus faire qu’un“. « De deux, nous dit la Bible, ils ne feront plus qu’un » et c’est l’intensité de leur amour dans un acte unitaire, qui va faire naitre de leur union l’enfant qui produit le fruit de leur amour. Ils ne sont plus qu’un, ils sont trois mais trois qui ne font plus qu’un par l’amour.

L’enfant ne vit que par son père et sa mère, la mère ne vit que par son mari et son enfant, le père ne vit que par son épouse et son fils.

En voyant ce foyer d’amour si uni, on ne distingue plus les personnes qui les composent ; on dira les ” untel” tant leur unité paraît plus grande que leur singularité. C’est l’amour qui les unifie. Leur vie  est  une ” communauté d’amour “.

Ainsi en va-t-il de la Trinité « qu’ils soient ‘’ un ‘’, comme toi et moi, nous sommes un ». « Mon Père vous enverra son Esprit et vous saurez qui je suis », famille divine, communauté d’amour dont la famille, ici-bas, peut nous donner une idée bien modeste et bien lointaine de ce que peut être la nature de Dieu.

₋ Vous savez quelles sont les premières paroles du prêtre à la messe lorsqu’il salue les chrétiens :

 « La grâce de Jésus-Christ notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint soient toujours avec vous ».

C’est le résumé de tout ce qu’est Dieu en lui-même et ce qu’il est pour nous : vie de Jésus, amour du Père, communion ou unité de l’Esprit toujours avec nous.

Vie – amour – unité : voilà ce dont nous devons vivre si nous sommes greffés sur la communauté trinitaire et cette greffe-là est animée depuis notre Baptême.

Vie de Jésus-Christ : il vit en nous et il désire y vivre encore plus :

« Voici que je frappe à ta porte : si tu m’ouvres, j’entrerai chez toi, je souperai chez toi et je ferai chez toi ma demeure ».

C’est sa vie qui doit animer la nôtre. Que nous puissions un jour dire comme St-Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est lui qui vit en moi ».

Cette fête de la Ste-Trinité nous rappelle que Dieu est d’abord vie, source de vie en lui-même et en nous. Il y a en Dieu lui-même tout un bouillonnement de vie au point que tous trois font une seule et même vie.

L’amour du Père : déjà la Bible nous avait dit que Dieu c’est l’amour ; St-Jean, dans l’Evangile d’aujourd’hui, nous le répète. Instinctivement nous comprenons ces mots en pensant à nous. Dieu nous aime mais si Dieu est amour pour nous, c’est parce qu’il est d’abord amour en lui-même : communauté d’amour, le Père  aime  le Fils, le fils  aime  le Père et de cet amour mutuel jaillit le St-Esprit dont les théologiens disent qu’il est comme le baiser d’amour du Père et du Fils.

La communion de l’Esprit Saint : la Bible nous dit aussi qu’il est don, communication, communion. La Pentecôte, la fête de la Confirmation : c’est lui qui est le don mutuel du Père et du fils. Nous croyons en un seul Dieu, mais pas en un Dieu solitaire.

C’est parce qu’Il est Trinité qu’Il est vie, amour

et communion en Lui et en nous. AMEN




La Sainte Trinité – par le Diacre Jacques FOURNIER

L’Amour ne condamne jamais, il sauve

(Jn 3,16-18)…

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »
Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

 

 

« Dieu est Amour » (1Jn 4,8.16) répète St Jean par deux fois. Chaque Personne de la Trinité est donc Amour, en tout son être. Et il écrit encore : « Le Père aime le Fils », un présent qui a, pour Dieu, valeur d’éternité, « et il a tout donné », et il donne encore tout  « en sa main » (Jn 3,35). Telle est l’action éternelle du Père vis-à-vis du Fils que St Jean précise ici comme étant « l’unique », l’unique éternellement engendré par le Don du Père, « engendré non pas créé, de même nature que le Père »…

            Ainsi, le Père est Amour, et puisqu’il est Amour, il est tout entier Don de lui-même. Et c’est par ce Don éternel qu’il fait de lui-même, qu’il engendre « le Fils unique », « né du Père avant tous les siècles, Dieu né de Dieu, vrai Dieu né du vrai Dieu ». « Le Fils unique » reçoit ainsi éternellement du Père d’être Dieu, d’être Amour, et donc d’être lui aussi Don de lui-même… « Père, glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés ». Ainsi, le Fils nous donne ce qu’il a reçu du Père : la vie éternelle. « Comme le Père, en effet, a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir, lui aussi, la vie en lui-même »,  et « je suis venu pour qu’on ait la vie, et qu’on l’ait surabondante » (Jn 17,1-2 ; 5,26 ; 10,10).

            Tout l’agir du « Fils unique » ne sera donc que l’expression de ce qu’il est, Amour, Don de lui-même… Et l’Amour cherche toujours et partout le meilleur pour l’être aimé, un meilleur qui n’est possible, pour nous pécheurs, que par ce Don éternel que l’Amour fait de lui-même, tout simplement parce qu’il est Amour… Par son péché, le pécheur court à sa perte ? Dieu, de son côté, ne cessera de vouloir pour lui le meilleur, et donc de lui proposer, lui proposer et lui proposer encore sa vie éternelle « pour qu’il ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle ». « Le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 6,23).

            Et si, pour les hommes, juger c’est « faire la vérité et condamner à être enfermé en prison », pour Dieu, juger, ce sera toujours « faire la vérité », mais « celui qui fait la vérité vient à la lumière » (Jn 3,21), la lumière du « Père des lumières » (Jc 1,17), du « Père des Miséricordes » (2Co 1,3) dont la seule attitude sera l’offrande illimité de son pardon, pour libérer le pécheur de toutes les entraves du mal, et le conduire dans « la liberté de la gloire des enfants de Dieu » (Rm 8,21). Ainsi, « qui croit en lui n’est pas jugé » au sens de condamné, mais « sauvé » : il vit, par la Miséricorde de Dieu accueillie par sa foi et dans la foi, ce qu’il n’aurait jamais pu vivre par lui-même…                                              DJF




Rencontre autour de l’Évangile – La Sainte Trinité

“Dieu a tant aimé le monde

qu’il a donné son Fils unique”

 

 

 TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons (Jean 3, 16-18)

Ce court passage d’évangile fait partie de l’entretien de Jésus avec le pharisien Nicodème. Jésus lui a fait comprendre que pour accueillir le Royaume de Dieu « il faut naître d’en haut », c’est-à-dire accueillir dans la foi celui qui vient de Dieu, et qui seul connaît vraiment « les choses du ciel ». Il serait bon de lire à partir du verset 11 pour comprendre comment le Christ est le don du Père pour sauver les hommes.

 

Soulignons les mots importants

Dieu a tant aimé le monde : Remplacer le mot « Dieu » par son vrai « Nom. »

Il a donné son Fils unique : à quel moment le don du Fils s’est réalisé ? Que signifie « aimer » pour Dieu ? Jusqu’où ira la manifestation de l’amour de Dieu ?

Tout homme qui croit en lui 

Aie la vie éternelle : la croix de Jésus est source de vie. Comment ?

Non pas pour juger le monde 

Que le monde soit sauvé : Ces paroles de Jésus dénoncent une fausse idée de Dieu que se font beaucoup de chrétiens. Laquelle ?

Celui qui ne veut pas croire est déjà jugé : Que nous enseigne Jésus dans cette parole ?

Croire au nom du Fils unique de Dieu : que veut dire croire au nom du Fils ?

Pour l’animateur   

  • « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » : cette phrase résume la révélation.

  • Aimer le monde pour Dieu, c’est se donner aux hommes en la personne de son Fils. Ces verbes « aimer » et « donner » disent ce qu’est la Trinité pour nous. Dieu est Amour. Dieu est Don. Ce mouvement d’amour du Père au Fils et du Fils au Père, c’est la Personne de l’Esprit-Saint. Saint Paul dira : « L’Amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous a été donné ». (Rm 5,5)

  • Le mot « Dieu » dans ce texte, comme pratiquement dans tout le Nouveau Testament,  signifie « le Père ». En se faisant connaître comme « le Fils », Jésus nous révèle que Dieu est « le Père ».

  • C’est au moment de l’Incarnation que le don du Fils s’est réalisé dans notre histoire. L’amour infini du Père pour le monde se révélera principalement sur la croix, « scandale pour les juifs, folie pour les païens. » (1Co, 1, 23). L’Incarnation est cette manifestation d’amour qui a son sommet sur la croix.

  • La Croix n’est pas source de salut par le sang et la souffrance : c’est parce qu’elle exprime l’amour total de Dieu qu’elle peut être pour les croyants source de vie. Nous sommes loin de certaines visions de la croix comme lieu de la colère de Dieu, de l’abandon du Fils par son Père pour racheter le péché des hommes. Sur la croix, le Père et le Fils sont unis dans le même amour pour le monde.

  • Devant ce geste d’amour du Père en la personne de Jésus, désormais tout homme est appelé à prendre position. Accueillir le Christ comme Sauveur, c’est être sauvé. Le refuser, c’est se condamner soi-même. Le Dieu de Jésus Christ ne condamne pas : ce sont les hommes qui portent sur eux-mêmes le jugement.  Un regard d’amour et de foi vers Jésus élevé sur la croix sauvera les hommes de la mort. C’est donc devant la croix de Jésus que chacun décide de son propre jugement final.

  • Croire au nom du Fils unique de Dieu : c’est reconnaître et invoquer avec confiance la personne du Fils. Le nom c’est la personne. La foi c’est l’adhésion au Christ que l’on reconnaît comme Fils de Dieu et comme révélateur du Père et de son amour.

TA PAROLE DANS NOS CŒURS :

Nous te rendons grâce, Seigneur notre Dieu, pour ton Fils Jésus-Christ : tu as tellement aimé le monde que Tu nous l’as donné. Il nous révèle que tu es Père, et ton Esprit le murmure sans cesse au fond de nos cœurs. Fais-nous la grâce d’avoir les yeux toujours fixés sur lui.

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS :

La Parole aujourd’hui dans notre vie

« Dieu  a tellement aimé le monde… »

Quel est notre regard sur le monde ? Un regard négatif ? Qui juge ?  

Un regard lucide ? Bienveillant ?

Ce monde que Dieu a pris dans son Amour, il l’a remis entre nos mains.

Qu’est-ce que nous pouvons faire pour le transformer par l’amour de Dieu qui est en nous ?

Toute communauté chrétienne est comme un miroir où l’amour de la Famille Divine devrait se refléter : quelle est la qualité de notre amour fraternel dans notre paroisse ?

« La famille chrétienne est une communion de personnes, trace et image de la communion du Père et du Fils dans l’Esprit-Saint. » Voilà ce que nous dit le Catéchisme de l’Eglise catholique.

A quoi cela devrait se voir dans nos familles ?

 

Ensemble prions

Dieu Père nous te louons et nous te bénissons parce que tu es le Père de Jésus.

Dieu Fils, nous te louons et nous te bénissons parce que tu es le Fils de son amour.

Dieu Saint-Esprit, nous te louons et nous te bénissons parce que tu es l’amour du Père et du Fils.

Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, nous te louons et nous te bénissons.

A toi notre amour pour les siècles.

 

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«  L’Esprit Saint est Seigneur, et il donne la vie » (D. Jacques FOURNIER).

« Si vous m’aimez », nous dit Jésus, « vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité », l’Esprit Saint Troisième Personne de la Trinité, « lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous », en côte à côte, en face à face, comme peuvent l’être deux personnes bien distinctes l’une de l’autre, « et il sera en vous » par le Don qu’il ne cesse de faire de Lui‑même, le Don de « l’Esprit Saint », Plénitude d’Être (« Dieu Est Esprit » (Jn 4,24)) et de Vie (« L’Esprit est Vie » (Rm 8,10)), de Paix, de Douceur et de Joie (Jn 14,15‑17 ; Ga 5,22)…

La mission première de l’Esprit Saint Seigneur à notre égard est en effet de nous donner la vie : « Je crois en l’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie » (Crédo). Il l’a déjà fait en participant, avec le Père et le Fils, à notre création. « Je crois en Dieu, le Père tout Puissant, Créateur du ciel et de la terre » (Crédo), ce Père qui a tout fait par son Fils, « tout fut par lui et sans lui rien ne fut » (Jn 1,3), et par l’Esprit Saint Seigneur… Souvenons-nous de l’image de St Irénée : le Fils et l’Esprit Saint sont « les deux mains du Père »…

Nous pressentons d’ailleurs la Présence de cet Esprit Saint Seigneur dans le second récit de la création : « Le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant » (Gn 2,7). L’image du « souffle de vie » renvoie à cette Plénitude spirituelle d’Être et de Vie qui est celle de Dieu Lui-même : « Dieu est Esprit » (Jn 4,24) et « l’Esprit est Vie » (Rm 8,10). Le prophète Isaïe fait d’ailleurs un lien explicite entre « l’Esprit » et « le souffle » en un texte où il évoque le Dieu Créateur : « Ainsi parle Dieu, le Seigneur, Lui qui a créé les cieux et les a déployés, qui a affermi la terre et ce qu’elle produit, qui a donné le souffle au peuple qui l’habite, et l’esprit à ceux qui la parcourent » (Is 42,5). Et c’est justement dans ce Don du Souffle de Vie, de l’Esprit de Vie, que nous pressentons la Présence de cette Troisième Personne de la Trinité, cet « Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie » en donnant ce qui le constitue Lui-même, sa Plénitude d’Être et de Vie, le Souffle de Vie, l’Esprit de Vie, « l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63)…

Tout homme est donc une créature spirituelle, et c’est d’ailleurs, dans sa dimension spirituelle que se cache le mystère de sa vie. Avant que Dieu ne lui communique son Souffle de vie, il n’était qu’une ‘statue d’argile’, pour reprendre l’image du Livre de la Genèse qui évoque ainsi notre dimension matérielle de chair et de sang. Et ce n’est que lorsque Dieu a ‘soufflé’ en cette ‘statue’ que cette dernière est devenue « un être vivant »… Ce « Dieu » qui « Est Esprit » (Jn 4,24) et Vie nous a donc donné à notre tour d’être « esprit » (cf. 1Th 5,23) et vie en nous donnant d’avoir part à son propre « Esprit », à sa propre Vie. Nous retrouvons la logique de l’Amour : aimer, c’est tout donner et se donner soi-même… Ce Dieu qui, de toute éternité, Est « l’Être Vivant » par excellence nous a tous créés « êtres vivants » en se donnant lui-même, par Amour… « Tu aimes tout ce qui existe et tu n’as de dégoût pour rien de ce que tu as fait ; car si tu avais haï quelque chose, tu ne l’aurais pas formé » (Sg 11,24)… « Dieu a fait l’homme image de sa propre éternité », lit-on encore dans le Livre de la Sagesse (Sg 2,23), un texte que le Père Ceslas Spicq commente en écrivant : « Il faut au moins en conclure qu’ « être l’image » c’est « participer l’Être » et la Vie, donc ici celle du « Dieu vivant ».[1]

Ce Dieu Amour qui « Est Esprit » nous a ainsi tous créés « esprit » pour que nous puissions participer, grâce au Don qu’il ne cesse de faire de Lui-même, à la Plénitude de son Esprit, et donc de son Être et de sa Vie. St Luc emploie alors une expression qui lui est propre : « être rempli du Saint Esprit », « le Don de Dieu » (Lc 1,15.41.67 ; Jn 4,10). Jésus apparaît ainsi dans son Evangile comme étant lui aussi « rempli d’Esprit Saint » (Lc 4,1), et il en est bien ainsi de toute éternité, le Père lui donnant par Amour cette Plénitude d’Être et de Vie qui « l’engendre » en Fils « né du Père avant tous les siècles » (Crédo). Mais « être rempli du Saint Esprit », sous entendu par un Autre que soi-même, suppose d’être tourné de cœur vers cet Autre pour recevoir le Don gratuit de son Amour. Telle est l’attitude éternelle du Fils vis-à-vis du Père, « tourné vers le sein du Père » (Jn 1,18), « demeurant dans son amour » (Jn 15,10), accueillant le Don de la Plénitude de sa Vie (Jn 6,57 ; 5,26) par le Don de l’Esprit Saint, ce Don que le Père ne cesse de lui faire. Le Fils est alors « rempli d’esprit Saint » par le Père, et cela depuis toujours et pour toujours. Or, c’est pour que nous puissions recevoir le même Don de Dieu que le Fils « s’est fait chair » (Jn 1,14) et nous a rejoints dans notre condition humaine. « Si tu savais le Don de Dieu », dit-il à la Samaritaine, « et qui est celui qui te parle, c’est toi qui l’aurait prié et il t’aurait donné de l’Eau Vive », c’est-à-dire ce Don de Dieu même, le Don de l’Esprit Saint Plénitude d’Être et de Vie (Jn 4,10 ; 7,37-39). Mais pour qu’il en soit ainsi, il faut que nous acceptions, librement, de tout cœur, de nous tourner vers Dieu. D’où ces premières paroles de Jésus en St Marc : « Repentez-vous » (Mc 1,15), convertissez-vous, détournez-vous du mal, tournez-vous vers Dieu, et vous ne pourrez qu’être comblés par le Don gratuit de cet Amour qui ne cherche, ne désire, ne poursuit que votre bien. Qu’un homme, créature spirituelle, créature « esprit », en vienne à se détourner de cœur de son Créateur, et le voilà aussitôt privé de la Plénitude du Don de l’Amour, qui Est Esprit et Vie. Et c’est ainsi que la mort, au sens d’une privation d’une Plénitude de Vie, a fait son entrée dans le monde… St Paul l’évoque avec la figure d’Adam : « Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort a passé en tous les hommes, du fait que tous ont péché » (Rm 5,12). « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu », écrit-il encore (Rm 3,23), « Présence de Dieu se communiquant à l’homme de façon de plus en plus intime », précise en note la Bible de Jérusalem. Et l’on pourrait rajouter, par le Don de « l’Esprit de Gloire, l’Esprit de Dieu », pour reprendre une expression de St Pierre (1P 4,14). Toute l’œuvre de salut accomplie par Jésus consistera donc à nous redonner, gratuitement, par Amour, tout ce que nous avons perdu par suite de nos fautes. Le premier cadeau qu’il est venu nous offrir au Nom de son Père est donc le pardon de toutes nos fautes, en surabondance, inlassablement, car Dieu ne cesse d’Être Amour, quoique nous pensions, disions ou fassions… Et l’Amour ne cesse de poursuivre le seul bien de l’être aimé… « Dieu ne se lassejamais de pardonner, jamais ! C’est nous qui nous lassonsde lui demanderpardon » (Pape François).

« Et toi, petit enfant », dit Zacharie, le père de Jean-Baptiste, en regardant son fils qui vient de naître, « tu seras appelé prophète du Très-Haut ; tu marcheras devant, à la face du Seigneur », le Christ Jésus, « et tu prépareras ses chemins pour donner à son peuple de connaître le salut par la rémission de ses péchés, grâce aux entrailles de Miséricorde de notre Dieu, dans lesquelles nous a visités l’Astre d’en haut, pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix» (Lc 1,76‑79). Le premier cadeau qui nous est offert, à nous pécheurs, est donc « la rémission des péchés », le pardon de toutes nos fautes, de tous nos actes manqués… Et nous constatons que nous retrouvons aussitôt tout ce dont nous étions privés par suite de nos fautes : la Lumière au lieu des « ténèbres », la Vie, une Plénitude de Vie au lieu de « l’ombre de la mort »… Jésus est donc bien « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jn 1,29), avec ce double sens que prend le mot péché dans la Bible : acte et conséquences de l’acte… L’acte est ‘effacé’ par le pardon, les conséquences de l’acte sont effacées elles aussi par ce Don que l’Amour n’a jamais cessé de faire de Lui-même, un Don que Jésus nous rend capables, par ce pardon proposé et reçu, de recevoir de nouveau… Et ce Don nous est communiqué par la Troisième Personne de la Trinité, l’Esprit Saint… « Le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 6,23), grâce « à l’Esprit qui est Seigneur et qui donne la Vie » (Crédo)…

Cette Vie est la Plénitude d’Être et de Vie que Lui-même reçoit du Père et du Fils en tant qu’ « il procède du Père et du Fils », le Fils recevant Lui-même cette Vie du Père en tant qu’il est « engendré non pas créé, né du Père avant tous les siècles »… Nous retrouvons toute cette dynamique dans les dernières paroles que Jésus a adressées à ses disciples peu de temps avant sa Passion : « J’ai encore beaucoup à vous dire, mais vous ne pouvez pas le porter à présent. Mais quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de son propre chef, mais ce qu’il entendra, il le dira et il vous communiquera tout ce qui doit venir. Lui me glorifiera, car il recevra de ce qui est à moi et il vous le communiquera. Tout ce qu’a le Père est à moi. Voilà pourquoi j’ai dit qu’il vous communiquera ce qu’il reçoit de moi ». Autrement dit, l’Esprit Saint nous fait « accéder à la vérité tout entière », qui est celle de Dieu Lui-même, Mystère éternel de Communion de Trois Personnes divines distinctes dans l’unité d’une même Plénitude d’Être et de Vie, « l’unité de l’Esprit » (Ep 4,3), « en nous communiquant tout ce qui doit venir », c’est-à-dire cette Vie du Ciel même pour laquelle nous avons tous été créés. Mais cette Vie nouvelle et éternelle est la sienne : il la reçoit de Jésus en tant qu’il procède (du Père) et du Fils, et il nous la communique dans ce mouvement propre à l’Amour qui en Dieu est Don de ce qu’Il Est en Lui-même…

Le mystère premier de la vie chrétienne réside donc dans l’accueil de ce Don gratuit de l’Amour, ce Don de l’Esprit Saint, Plénitude d’Être et de Vie, Trésor commun du Père, du Fils et du Saint Esprit, Trésor qu’ils veulent offrir à toute personne humaine qui acceptera de le recevoir, dans la vérité… Pour nous pécheurs, cette vérité est celle de nos misères, de nos failles, de nos blessures, de nos faiblesses, mais rien, absolument rien n’empêche notre Père de nous regarder comme ses enfants… Et si le mal fait en premier lieu du mal à celui qui le commet, « souffrance et angoisse à toute âme humaine qui fait du mal » (Rm 2,9), un pécheur est d’abord pour Dieu un enfant en souffrance, et donc un enfant à guérir, un enfant qui demande des soins tout particuliers pour lui permettre de retrouver la paix profonde, fondement du seul vrai bonheur… Un pécheur est donc celui qui mobilise tout particulièrement l’attention de Notre Père des Cieux, ce « Père des Miséricordes » (2Co 1,3) qui, n’étant qu’Amour, ne cesse, inlassablement, de poursuivre notre seul bien… Dès lors, le plus grand pécheur, et donc le plus grand souffrant, sera celui dont l’état bouleversera le plus le cœur de Dieu, et donc qui le plus invité à recevoir ses trésors de Miséricorde, de Compassion et de Bonté, et cela bien sûr, avec un cœur droit, loyal et sincère… Autrement, cela voudrait dire que nous sommes toujours dans le péché, le mensonge, et donc… dans la souffrance intérieure… face à laquelle Dieu ne pourra qu’avoir toujours et encore cette même attitude, cette réaction propre à l’Amour qui ne cesse envers et contre tout de chercher encore et toujours le bien de l’être aimé. « Quand nous sommes infidèles, Dieu lui reste à jamais fidèle car il ne peut se renier Lui-même » (2Tm 2,13) : il Est Amour, en tout son Être, Amour Pur qui ne désire et ne poursuit, inlassablement, que le bien de celles et ceux qu’Il aime…  L’invitation qu’il nous adresserait en pareil cas ne pourrait donc qu’être invitation pressante à renoncer à tout mensonge, à tout calcul, pour retrouver une conscience droite et avec elle, le Don surabondant de son pardon et de son Amour pour connaître enfin cette intensité de Vie insoupçonnée, qui est celle de Dieu Lui-même…

Et dans cette dynamique propre à l’Esprit Saint Seigneur, « donner la vie » en donnant « l’Esprit qui vivifie », ce Don spirituel n’opèrera pas simplement le pardon des péchés, le passage de la mort à la vie, des ténèbres à la Lumière, de l’angoisse à la paix, mais il apportera aussi toutes ces richesses propres à l’Amour, ces charismes qui permettront à tous les pécheurs pardonnés que nous sommes de pouvoir rendre témoignage, chacun à sa façon, à la Miséricorde toujours fidèle et surabondante de Dieu… « Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit.Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur.Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous.À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien de tous.À celui-ci est donnée, par l’Esprit, une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ;un autre reçoit, dans le même Esprit, un don de foi ; un autre encore, dans l’unique Esprit, des dons de guérison ;à un autre est donné d’opérer des miracles, à un autre de prophétiser, à un autre de discerner les inspirations ; à l’un, de parler diverses langues mystérieuses ; à l’autre, de les interpréter.Mais celui qui agit en tout cela, c’est l’unique et même Esprit : il distribue ses dons, comme il le veut, à chacun en particulier » (1Co 12,4-10), pour son bien et le bien de tous… « Heureux ceux qui croient sans  avoir vu ! » (Jn 20,29)…

                                                                                                 D. Jacques Fournier

[1] SPICQ C., “eikôn”, Lexique théologique du Nouveau Testament (Paris 1991) p. 429-431.




Vivre la Pentecôte avec Marie et Mère Teresa (Noéline FOURNIER)

( Actes 1, 12-14) « Tous d’un même cœur, étaient assidus à la prière

avec quelques femmes, dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères. »

 

Personne ne parle de Marie. Pourtant, après avoir énuméré les apôtres, chacun par son nom, St Luc ajoute « avec quelques femmes et Marie, mère de Jésus »

Les femmes qui ont suivi Jésus depuis la Galilée sont là aussi, avec Marie, comme les onze autour de Pierre.

Les apôtres autour de Pierre, les femmes autour avec Marie, apôtres et prophètes, colonnes de l’Eglise sont ici rassemblés dans la Communion du cœur, la Prière et l’Attente de l’Esprit.

(Ac. 2,1) « Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu.. »

Ainsi les femmes avaient leur place qui n’était pas celle des apôtres, mais qui était indispensable au ministère apostolique.

Selon leur grâce propre, elles participeront  au développement de l’Eglise naissante. L’Apôtre Paul, dans la première épître aux Corinthiens, réagit vivement devant ses détracteurs :

«  Ne suis-je pas Apôtre ? N’ai-je donc pas vu Jésus, notre Seigneur ?

N’avons-nous pas le droit d’emmener avec nous une épouse croyante, comme les autres Apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas ? (Pierre) » (1Co 9,5).

 

Marie, nous est-il-dit, est avec les femmes. Elle retrouve ici son nom : Marie, mère de Jésus, comme si la boucle enfin bouclée, elle pouvait sortir de l’ombre.

Marie à la Pentecôte a été prise dans le feu de l’Esprit Saint. Ce n’est plus l’ombre qui l’enveloppe comme à l’Annonciation, mais le feu qui la saisit.

Bien sûr, les apôtres et Marie vivent depuis longtemps dans l’Esprit Saint. C’est par l’Esprit Saint que Pierre a confessé sa Foi en Jésus Messie et Seigneur (Mt. 16,16 ; Mc. 8,29).

Maria toujours vécu dans le Saint Esprit, depuis le premier moment de sa Conception. Mais l’effusion de l’Esprit à la Pentecôte les saisit tous ensemble, réunis dans la même maison. Et cela est capital.

L’Eglise des commencements n’est pas faite des « anciens combattants » de l’aventure de Jésus, elle n’est pas non plus la réunion de gens ayant reçu chacun une effusion d’Esprit Saint et décidant de « faire église » ensemble.

L’Esprit remplit « toute la maison » et de cette plénitudechacun a sa part.

« Ils virent apparaître des langues qu’on eût dites de feu, elles se partageaient, et il se posa une sur chacun d’eux. Tous furent alors remplis de l’Esprit Saint » (Ac 2,2-4)…

« A chacun la manifestation de l’Esprit est donnée en vue du bien commun » (1 Co 12,7).

Marie est prise dans le feu de pentecôte, le feu de l’Amour de Dieu qui veut brûler partout, selon le désir du cœur du Christ : « Je suis venu jeter un feu sur la terre et comme je voudrais que déjà il fût allumé ! » ( Lc 12,49).

Dans nos vies, nous vivons plusieurs effusions de l’Esprit, plusieurs manifestations du don de Dieu, non identiques, mais souvent complémentaires. Nous n’avons pas à choisir le mode selon lequel Dieu va venir nous visiter.

Parfois nous recevons l’effusion de l’Esprit dans une Onction de Paix : dans l’ombre, nous expérimentons une obscure et rafraîchissante Présence.

Pourquoi être jaloux de celui dont le cœur sera brûlant et les charismes éclatants ?

A chacun Dieu donne, selon sa Sagesse et au moment opportun.

En ce domaine plus qu’en aucun autre, il faut renoncer à toute comparaison et se laisser conduire. Dieu sait ce qu’Il attend de nous, à quel moment nous avons besoin d’ombre, d’eau, de vent ou de feu.

Ainsi, livrons-nous à l’Esprit selon la manière qu’Il voudra.

Mais sachons d’avance que tout nous vient, visiblement ou invisiblement, de la « Maison Eglise » et que rien ne nous est donné que pour le bien commun.

Il ne nous est pas dit comment Marie a vécu cette effusion de l’Esprit de feu en elle.

Elle n’a pas prêché publiquement comme Pierre.

A-t-elle chanté en langues ? Nous n’en savons rien.

Au cœur de cette Eglise naissante, elle est mémoire vivante, transfigurée par l’Esprit, témoin privilégiée du mystère même de Jésus. C’est dire que plus que jamais Marie est prophète au cœur de l’Eglise, place discrète et pourtant d’une importance capitale.

Le prophète est celui qui « voit l’invisible avec les yeux illuminés du cœur » :

« Puisse-t-il illuminer les yeux de notre cœur pour vous faire voir qu’elle Espérance vous ouvre son appel » (Ep 1,17-22)…

 

Ne demandons pas autre chose pour chacun de nous.

Il n’y a pas de parole plus forte, plus belle et plus vraie sur le mystère de Marie que le dernier chapitre de Lumen Gentium et, en particulier, ce passage :

« Tant que dure le temps, Marie demeure au cœur de l’Eglise « appelant de ses Prières le don de l’Esprit »(L.G. 59)  et gardienne du silence du cœur de l’Eglise pour L’accueillir.

 

Méditons sur ce témoignage de Foi de Mère Teresa.

« Je renoncerais à ma vie : pas à ma Foi.

 

Ce qui donne sens à ma vie, c’est l’Amour de Dieu.

C’est le Christ, dans son image douloureuse, que j’aime et sers.

Jésus a dit, « j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’était nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais sans abri, et vous m’avez offert l’hospitalité » (Mt 25, 35-36).

 

Personne ne peut me dépouiller de ma religion.

Personne ne pourra m’empêcher de la pratiquer.

Personne ne pourra me l’enlever.

C’est quelque chose qui est au plus profond de moi.

A supposer qu’il n’y eût pour moi d’autre alternative que la persécution, et si tel est le chemin par lequel le Christ veut venir parmi les siens, irradiant son amour pour les hommes, par le biais de mes actions, je ne cesserai de leur offrir mes services, mais sans jamais renoncer à ma foi.

Je sui prête à renoncer à ma vie, mais pas à ma Foi.

 

J’apprécie profondément toutes les religions, mais celle qui mérite toute mes préférences, c’est la MIENNE.

Par moi-même,  je ne suis rien. Lui est tout.

Par moi-même,  je ne suis capable de rien faire. C’est Jésus qui fait tout.

 

Voici ce que je suis : un crayon dans les mains de Dieu.

Un pauvre crayon avec lequel lui écrit ce qu’il veut. Dieu écrit par notre entremise. Si imparfaite que nous soyons comme instrument, il écrit ce qu’il désire.

L’œuvre est l’œuvre de Dieu. Je ne suis qu’un crayon dans ses mains. C’est Lui qui pense. C’est Lui qui écrit. 

Dieu n’exige pas de moi que j’aie du succès. Dieu exige de moi que je lui sois fidèle.

Nous avons besoin de prier tout comme de respirer.

Sans la prière, nous ne pourrions rien faire. »

                                        Noéline FOURNIER ; Georgette BLAQUIÈRE ; Mère Teresa.




La Pentecôte – par Claude WON FAH HIN

Homélie du samedi 30 mai et dimanche 31 Mai 2020

Aujourd’hui, c’est la fête de la Pentecôte. Pentecôte signifie cinquantième jour. Elle est donc fêtée cinquante jours après Pâque. Dans l’ancienne Alliance, il y avait trois grandes fêtes : la fêtes des Azymes qui correspond à la fête de Pâque, la fête de la Moisson à la Pentecôte et la fête de la récolte, à la fin de la saison des fruits, appelée Fête des Tentes (Dt 16,13; Lv 23,34). Ces trois fêtes n’ont été célébrées qu’après l’entrée en Canaan. Chacune de ces fêtes avaient un sens (VTB P.444). La fête de la Moisson (Pentecôte) était liée d’abord à une fête agraire où l’on offrait les prémices de ce que la terre a produit (Ex 34,22 ; VTB P.959), puis à l’Alliance de Dieu avec son peuple, conclue au Sinaï et au don de la Loi de Moïse (VTB P.444, 959 ; Ex 19,1 note TOB; Ex 23,16 Note TOB), et dans la nouvelle Alliance, la Pentecôte est la fête du don de l’Esprit Saint. Cette pentecôte n’arrive pas par hasard, elle est l’accomplissement des promesses de Dieu. Ez 36,27 : « Je mettrai mon esprit en vous et je ferai que vous marchiez selon mes lois et que vous observiez et pratiquiez mes coutumes ». Ac 1,5 : « … vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés sous peu de jours ».

Si « l’Eglise est née principalement du don total du Christ pour notre salut, au moment de la Cène et réalisé sur la Croix » (CEC 766), la Pentecôte est la naissance officielle de l’Eglise. « La création nouvelle, née de l’Esprit, est l’Eglise » (VTB p.400). Si l’ancien Testament nous a surtout révélé le Père, le nouveau Testament celui du Fils, la Pentecôte inaugure le temps de l’Eglise animée par l’Esprit Saint.

Ainsi, le Christ, mort, ressuscité, exalté à la droite du Père, achève son œuvre en répandant l’Esprit sur la communauté apostolique. Et cette communauté, d’abord restreinte, composée d’apôtres, de fidèles du Christ, est appelée à s’ouvrir à toutes les nations, car toutes les nations sont présentes sur les lieux :  Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et d’Asie, 10 de Phrygie et de Pamphylie, d’Égypte et de cette partie de la Libye qui est proche de Cyrène, Romains en résidence, 11 tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes. C’est donc une Eglise ouverte sur le monde, une Eglise à vocation universelle, une Eglise catholique qui prend naissance en ce jour de Pentecôte. D’où, ce don fait aux apôtres de parler en d’autres langues. Et c’est en même temps une invitation à répandre la parole de Dieu dans le monde entier. Luc, dans les Actes des Apôtres, raconte la Pentecôte comme une nouvelle naissance du peuple de Dieu, qui, sous l’impulsion du Saint Esprit, est chargé d’aller évangéliser le monde entier. « L’Esprit Saint est la force qui lance l’Eglise naissante « jusqu’aux extrémités de la terre » (VTB P.399). L’Esprit Saint est vie, souffle de Dieu qui met l’Eglise en mouvement pour le salut du monde. Aujourd’hui, les chrétiens représentent plus de deux milliards de personnes dont plus d’un milliard trois cent millions de catholiques. Et ce nombre ne cesse d’augmenter dans le monde malgré les persécutions des chrétiens. Cette œuvre continuera de se poursuivre parce que c’est l’œuvre de Dieu.

Mais pour que cette œuvre de Dieu puisse continuer par son Eglise, l’Eglise elle-même est remplie de l’Esprit Saint. L’Eglise et l’Esprit Saint sont inséparables (VTB P.400). Animée de l’Esprit Saint, l’Eglise est composée de membres qui ne forment qu’un seul Corps qui est l’Eglise, Corps du Christ. Tous les dons que l’Eglise reçoit à travers ses membres viennent du même Esprit. 1 Co 12,4-11 : « 4 Il y a, certes, diversité de dons spirituels, mais c’est le même Esprit; 5 diversité de ministères, mais c’est le même Seigneur; 6 diversité d’opérations, mais c’est le même Dieu qui opère tout en tous. 7 À chacun la manifestation de l’Esprit est donnée en vue du bien commun. 8 À l’un, c’est un discours de sagesse qui est donné par l’Esprit; à tel autre un discours de science, selon le même Esprit; 9 à un autre la foi, dans le même Esprit; à tel autre les dons de guérisons, dans l’unique Esprit; 10 à tel autre la puissance d’opérer des miracles; à tel autre la prophétie; à tel autre le discernement des Esprits; à un autre les diversités de langues, à tel autre le don de les interpréter. 11 Mais tout cela, c’est l’unique et même Esprit qui l’opère… ». Autrement dit, c’est le Saint Esprit qui fait l’unité au sein de l’Eglise. Et si donc un membre de l’Eglise ne fait pas l’unité, s’il sème la discorde et la division au sein de l’Eglise, il n’est pas animé de l’Esprit Saint mais de l’Esprit mauvais. A chacun de voir s’il fait l’unité au sein de l’Eglise ou bien s’il sème la division, la mésentente, et il saura de lui-même de quel Esprit il est animé. Rm 8,14 : « Tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu ». Car il y a bien un Esprit qui est Dieu et un autre qui s’oppose à Dieu. Savoir reconnaître l’un de l’autre pourrait aider beaucoup de chrétiens à faire le bon choix car l’Esprit Saint suscite toujours l’unité, la paix intérieure, la confiance et l’autre Esprit l’inquiétude, l’angoisse, la méfiance, la division…C’est ce qu’on appelle le « discernement des Esprits » qui n’est pas dû à notre puissance de réflexion ou de travail acharné mais à un don de Dieu que tout chrétien peut demander à travers ses prières. Demandez à Dieu le discernement des tentations et le pouvoir de lutter immédiatement contre ces tentations. Ainsi, le chrétien pourra avancer dans son union au Christ et aussi dans ses relations avec les gens. Saint Ignace de Loyola nous cite de nombreuses règles pour reconnaître le bon du mauvais Esprit. Je vais citer deux exemples qui vous donneront peut-être l’envie d’aller chercher par vous-mêmes ce que dit Saint Ignace de Loyola. Première règle : « Pour ceux qui facilement pèchent mortellement et ajoutent péché sur péché, notre ennemi (l’esprit du Mal) a coutume de proposer les attraits séducteurs de la chair et des sens, pour les tenir pleins de péchés et sans cesse en augmenter la masse ; l’Esprit bon, au contraire, frappe continuellement leur conscience et, par l’usage de la raison, les détourne de pécher ». Ainsi, lorsque nous luttons contre le péché, c’est l’Esprit Saint qui agit en nous. Deuxième règle : « Pour les hommes qui se soucient sérieusement de se purger de leurs vices et péchés et qui, chaque jour, progressent davantage dans l’application au service de Dieu, l’Esprit mauvais insinue inconvénients, tristesses, raisons fausses et autres troubles de ce genre par lesquels il cherche à empêcher ce progrès. Pour l’Esprit bon, au contraire, c’est d’augmenter le courage et les forces de ceux qui agissent droitement, de les consoler, de provoquer les larmes de dévotion, d’éclairer l’Esprit et de donner la tranquillité en retirant tous les petits obstacles afin qu’ils aillent toujours plus aisément et joyeusement de l’avant dans les bonnes actions ». Là aussi, c’est l’Esprit Saint qui nous aide à faire les bonnes actions. Pouvoir reconnaitre le bon du mauvais Esprit nous aidera à faire le bon choix pour plaire à Dieu et faire sa volonté. Tous, nous avons des choix à faire tout le long de notre vie. Jésus nous donne l’Esprit Saint justement pour nous aider à faire ces choix qui devront aller dans le sens de la volonté de Dieu. Si c’est le même Esprit Saint qui agit en chacun de nous, alors il ne devrait jamais avoir de division entre les membres de l’Eglise. Chacun de nous doit veiller sur soi-même, sa propre conduite, ses propres actions et pas celle des autres, veiller à ne pas être complice du mauvais Esprit, ce qui n’empêche pas bien sûr d’aider les autres, d’avoir le sens de solidarité, de l’entraide, sans jamais semer la division. En fait, cela s’appelle « aimer son prochain ». Car l’Esprit Saint n’est rien d’autre que l’Amour. Amour du Père pour le Fils et Amour du Fils pour le Père. Et c’est cet Amour que Jésus nous donne pour qu’à notre tour, nous semions aussi cet Amour qui nous vient de Dieu et qui est Dieu. Et lorsque les Apôtres reçoivent l’Esprit Saint, c’est pour évangéliser le monde, et cette évangélisation ne peut se faire que par amour, car il n’y a que l’amour qui soit capable de produire des fruits. Le salut ne vient que par l’Amour et non par la haine, par la paix et non pas la guerre, par la solidarité et non par l’égoïsme, par l’humilité et non par l’orgueil. C’est tout cela que nous offre Jésus Christ quand il nous donne l’Esprit Saint. Lorsque Jésus nous dit « recevez l’Esprit Saint », il nous offre ce qu’il y a de mieux au monde comme cadeau, pour soi-même, pour nos familles, et pour le salut du monde. Rm 5,5 : « 5… l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous fut donné ». Encore faut-il accepter de recevoir cet Amour divin. Saint Bernard distingue quatre degrés de l’amour :

  • Au premier, « l’homme s’aime lui-même ». C’est notre condition humaine de ne pouvoir nous passer de la connaissance sensible, donc aimer passe par le sensible et donc par le corps. Le Christ nous apprendra qu’il faut passer de la foi sensible, avec comme appui nos sens : l’ouïe, la vue, l’odorat, le goût, le toucher…à la foi pure sans le soutien de nos sens.

  • Au second, » il aime Dieu…pour soi-même ». Il fréquente Dieu pour son propre profit, pour son propre intérêt, pour avoir des grâces, des bienfaits, pour réussir un examen, pour avoir du travail etc… Le prochain ne l’intéresse pas plus que le service de Dieu. Si Dieu n’agit pas en sa faveur, il peut l’abandonner puisqu’il lui semble que Dieu ne sert à rien. Il aime donc Dieu que s’il en tire un profit.

  • Au troisième degré, « il aime Dieu pour Dieu ».

  • Et au quatrième degré, « il ne s’aime plus lui-même que pour Dieu ». Saint Bernard précise : « qui s’en remet à Dieu non seulement parce qu’il est bon pour lui, mais (seulement) parce qu’il est bon, celui-là aime Dieu à cause de Dieu, et non à cause de soi-même ». « L’âme est ici arrivée pour toujours au quatrième degré, quand elle aime Dieu au plus haut point et Lui seul ». Il s’agit là d’aimer Dieu jusqu’au point d’être capable de donner sa vie pour Lui, sans rien attendre en retour. Voilà donc où peut nous conduire le don de l’Esprit Saint reçu de Jésus : la perfection de l’âme que seules quelques âmes saintes peuvent atteindre sur terre.

L’Esprit Saint nous est donné pour que nous soyons des chrétiens capables de suivre les commandements de Dieu : aimer Dieu et aimer son prochain. Et à tous ceux qui souffrent, souffrance physique ou souffrance de l’âme, Saint Jacques nous dit (Jc 5,15-16) : « La prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera. S’il a commis des péchés, ils lui seront remis. 16 Confessez donc vos péchés les uns les autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris ». Croyons en la puissance de la prière. L’Esprit Saint est Vie, et il nous unit dans la prière. Rm 8,11 : Dieu donnera la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous ». Que Marie, épouse de l’Esprit Saint, pleine de grâce, nous aide à mieux saisir l’importance de ce don si important pour le salut de l’humanité.