1

Nativité du Seigneur Jésus-Christ (messe de la nuit) – par le Diacre Jacques FOURNIER (Lc 2, 1-14)

« Aujourd’hui vous est né un Sauveur »

 

En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre –
ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie.
Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.
Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David.
Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.
Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli.
Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte.
Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur.
Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

 

Un recensement ordonné par Auguste, qui fut empereur de 30 av JC à 14 ap JC, obligea Joseph à quitter Nazareth, en Galilée, au Nord, avec Marie pour aller à Bethléem, la ville de David, au sud, près de Jérusalem, car il était un lointain descendant de David. Mais les jours où Marie devait enfanter étaient arrivés, et elle mit au monde son fils premier-né qu’elle coucha dans une mangeoire d’animaux par manque de place dans la salle commune où ils se trouvaient.

            D’un point de vue humain, cet événement est d’une incroyable simplicité, mais tout ici est « Parole de Dieu ». Grâce à un païen, Jésus, Sauveur des Juifs et des païens, naîtra dans la ville de David, et par Joseph, son père adoptif, il sera pleinement « fils de David ». Or, le Messie attendu devait être « fils de David » : « Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur » (Is 11,1-9 ; Mc 1,9-11).

            Michée avait prophétisé dès le 8° s av JC que « celui qui doit régner sur Israël naîtra à Bethléem », qui signifie en hébreu : « la maison du pain ». Or Jésus dira de Lui-même qu’il est le « pain de vie qui descend du ciel et donne la vie au monde » (Jn 6,32-63). Et à peine né, Marie le dépose dans une mangeoire, comme elle l’offrira plus tard en acceptant sa mort en Croix !

            Jésus est appelé ici « le fils premier né », et il est de fait le « premier né » d’une humanité nouvelle appelée à renaître du Don de l’Esprit qu’il est venu proposer à tout homme : « Personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair n’est que chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit ». « C’est une création nouvelle : l’être ancien a disparu, un être nouveau est là. Et le tout vient de Dieu » (Jn 3,5-72 ; Co 5,17-18). Par sa résurrection, il sera aussi « le premier né d’entre morts » (Col 1,18), et par là l’exemple déjà accompli de ce que nous sommes tous appelés à vivre au dernier jour du monde… Et Marie recevra  au pied de la Croix la pleine révélation de sa vocation : être la Mère de l’humanité tout entière appelée elle aussi à renaître de la mort (Jn 19,25-27)…

Dans la crèche, Jésus est « enveloppé de langes » comme il sera « enveloppé d’un suaire » avant d’être mis au tombeau. Et St Luc parle ici d’une « salle », un mot qui ne reviendra qu’une seule fois dans son Evangile, juste avant la Passion, lorsque Jésus instituera l’Eucharistie dans cette « salle » que lui ont préparée Pierre et Jean (Lc 22,11). Là se révèlera le sens profond de toute sa vie : « Ceci est mon corps, donné pour vous », pour le salut de tous les hommes pécheurs représentés ici par ces « bergers » considérés autrefois comme des voleurs… Et c’est bien à eux que les Anges transmettent la Bonne Nouvelle : « Voici que je vous annonce une grande joie qui sera celle de tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur ! Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime », à tous les hommes qu’il aime et qu’il appelle à la conversion et au salut (Lc 5,31 ; 1Tm 2,3-6) !    DJF




Solennité de la Nativité du Seigneur (messe du jour – Jn 1, 1-18) – Homélie du Père Louis DATTIN 1-18)

Le cadeau de Dieu

Jn 1, 1-18

Noël, fête des cadeaux : vous savez par expérience que lorsque vous offrez un cadeau, vous avez soin de le présenter avec un bel emballage qui va mettre en valeur ce que l’on donne. Mais le plus important, ce n’est quand même pas l’emballage, c’est le cadeau qui est à l’intérieur : eh bien ! C’est la même chose pour la fête de Noël ! Elle se présente à nous avec tout un emballage : les lumières, les guirlandes, les sapins illuminés, les vitrines particulièrement bien achalandées, les airs traditionnels de Noël qu’on entend partout. Tout cela est bel et bon, mais attention : ce n’est que l’emballage de Noël, le plus important, c’est le cadeau qui est à l’intérieur.

Or, certains chrétiens vivent Noël comme si l’emballage était le cadeau lui-même. Ils admirent la présentation, se contentent de dire « Joyeux Noël » en regardant les petits rubans dorés et le beau papier clinquant et n’ouvrent même pas le paquet !… Ils se contentent de l’extérieur et ne vont même pas défaire tout cet emballage pour voir ce qu’il y a dedans.

Ce qu’il y a dedans ? Le cadeau : c’est Dieu lui-même qui nous l’offre, en se donnant à nous gratuitement. Nous, nous donnons des cadeaux qui sont extérieurs à nous, des choses qui sont les symboles, les supports extérieurs de ce que nos sentiments veulent dire : la reconnaissance, l’amitié, l’amour, la sympathie.

On donne des cadeaux aux autres parce que nous ne pouvons pas nous donner nous-mêmes. Dieu, lui, ne donne pas, il se donne. Il n’offre pas quelque chose, il s’offre, lui. Ses dons : c’est toujours lui, à Noël, il ne nous donne rien, il se donne, à la Croix, il ne nous offre rien : il s’offre, à l’Eucharistie. Là, encore, il ne peut rien nous donner que lui-même : « Ceci est mon Corps livré pour vous ».

 Le cadeau de Dieu, c’est  toujours  Dieu  lui-même. Jésus, nous  le rappellerons dans le « credo », tout à l’heure, Jésus est né à Bethléem, de la Vierge Marie, Fils du Père éternel. Verbe : Parole de Dieu qui est depuis toujours auprès de Dieu. Par Jésus, qui est né sur notre terre il y a plus de deux mille ans, le Fils de Dieu n’est plus simplement auprès du Père. Par Jésus, Dieu est maintenant auprès de nous, avec nous : il est appelé « Emmanuel » Dieu avec nous.

Telle est la grande nouvelle de Noël : Dieu vient vivre avec nous. Désormais, il est l’un de nous ; parmi nous, il se fait homme parmi les hommes et il nous dit « Je suis avec vous, jusqu’à la fin des temps ».

Dernièrement, au cours d’une rencontre avec des croyants qui étaient soucieux de faire passer leur foi auprès des incroyants, quelqu’un disait : « Il y a des mots qu’on ne peut plus prononcer, comme le mot « Dieu » car ils sont piégés : ils évoquent des choses radicalement différentes dans la tête des gens. Pour les uns, c’est un mythe utile pour faire obéir les enfants. Pour d’autres, c’est un être lointain, mystérieux, plus ou moins favorable à notre égard. Pour beaucoup, il est celui que l’on prie quand on a quelque chose de difficile à réussir ».

Noël : c’est justement ce qui vient désarmer et démonter les idées que nous avons sur Dieu parce qu’à partir de maintenant, nous savons qui est Dieu : il est petit, il est pauvre, il naît la nuit, dans un mauvais abri parce qu’il est un réfugié rejeté.

Il aura toujours un faible pour les pécheurs, les infirmes, les lépreux, ceux que l’on méprise ; un faible pour les non-violents, les simples, les artisans de paix, les cœurs purs, les partageux, ceux qui sont dans la mouise et c’est pour eux, d’abord, qu’il est venu parce que les autres, ils n’avaient pas besoin de lui et qu’ils n’ont jamais crié « Venez divin Messie », ils se suffisaient à eux-mêmes avec leur bonne conscience et leurs bonnes œuvres.

Noël, c’est Jésus qui vient nous dire, à nous tous qui avons un vide dans le cœur, un creux, une attente, une faim : « Toi aussi, tu es aimé de Dieu. Toi aussi, tu es un fils de Dieu. Désormais, je t’accompagne. Je suis avec toi, auprès de toi.

Tu n’auras même pas à lever la tête pour me prier, tu n’auras qu’à regarder à côté de toi : je serai là. Je deviens ton compagnon de vie. Mieux encore, si tu es baptisé, si tu communies, je ne serai pas à côté de toi, mais en toi. Je serai la vie de ta vie, l’amour de ton amour, les yeux de ton regard, les mains ouvertes de tes bras et de ton cœur ».

Dieu dans mes pas : un Brésilien, de Barros, a écrit ce poème que je me permets de vous lire :

« J’ai fait un rêve, la nuit de Noël. Je cheminais sur la plage côte à côte avec le Seigneur. Nos pas se dessinaient sur le sable, laissant une double empreinte : la mienne et celle du Seigneur. L’idée me vint, c’était un songe, que chacun de nos pas représentait un jour de ma vie. Je me suis arrêté pour regarder en arrière : j’ai vu toutes ces traces qui se perdaient au loin mais je remarquais qu’en certains endroits, au lieu de deux empreintes, il n’y en avait plus qu’une. J’ai revu le film de ma vie : ô surprise, les lieux de l’empreinte unique correspondaient aux jours les plus sombres de mon existence, jours d’angoisse, jours d’épreuve et de doute, jours insoutenables, jours où, moi aussi, j’avais été intenable. Alors, me tournant vers le Seigneur, j’osais, lui faire des reproches :  » Tu nous as pourtant promis d’être avec nous tous les jours ! Pourquoi n’as-tu pas tenu ta promesse ? Pourquoi m’avoir laissé seul aux pires moments de ma vie, aux jours où j’avais le plus besoin de ta présence ? « 

Mais le Seigneur m’a répondu :

« Mon ami, les jours où tu ne vois qu’une trace de pas sur le sable, ce sont les jours où je t’ai porté ».

Dieu, plus intime à moi, que je ne le suis à moi-même.

C’est lui notre force, notre orientation.

C’est lui qui nous fait tenir debout à certains jours et même qui nous porte lorsque nous n’en pouvons plus !

Oui, le Vrai Dieu, mon Père, il est ainsi. Il n’attend pas que vous reveniez à lui, c’est lui, à Noël, qui vient à vous, le premier, pour vous remettre debout et refaire de vous, ses fils !

C’est cela l’amour, humble, discret, effacé : ce petit enfant emmailloté et couché dans une mangeoire.

Même si vous ne l’aimez pas, lui, il vous aime ! Jésus rencontrera surtout des hommes aux prises avec la souffrance, la maladie, des hommes méprisés, exclus ; lui-même sera insulté, avili, condamné comme pour nous dire : « Dieu est là, avec vous qui souffrez. Vous aussi, vous surtout, vous êtes ses fils ! »

Même si vous ne soupçonnez pas sa présence, sachez-le, Dieu n’a jamais été aussi proche de vous. Depuis Noël, où Dieu vient se faire l’un d’entre nous, et le plus petit, il n’y a plus de frontières entre l’homme et Dieu : tel est le merveilleux cadeau de Dieu à Noël.

Par Jésus, Dieu se révèle comme le Dieu-amour dont l’angoisse est de voir ses enfants se perdre, mais dont la joie et sa gloire est de les voir revivre, se remettre debout, redevenir des hommes libres et maîtres de leur destin. C’est un cadeau gratuit, sans mérite de notre part. AMEN




4ième Dimanche de l’Avent – par Francis COUSIN (Mt 1, 18-24)

 

   « Joseph, fils de David,

ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse »

Quel coup dur !

Quand Marie revint de chez Élisabeth, sa parente, chez qui elle était restée trois mois, le port de la jeune fille n’était plus tout à fait le même que quand elle était partie …

Quelques jours avant le départ, trois mois de séjour, plus un aller-retour Nazareth-Aïn Karim, cela fait presque trois mois et demi !…

Et la grossesse de Marie devait commencer à se voir !

Surtout pour Joseph qui avait sans doute rendu visite à Marie dès son retour !

Marie l’avait-elle prévenue de la visite de l’ange Gabriel ? Il semble que non.

Avait-elle eu peur que Joseph ne la crût pas ? Ou les préparatifs de son départ l’avaient trop préoccupée ?

Toujours est-il que Joseph, qui la connaissait bien, s’est tout de suite rendu compte qu’elle avait changé, dans son comportement, dans sa manière d’être … Comme toutes les femmes enceintes …

L’a-t-il questionnée ? Sans doute pas. Mais le doute s’installe … Sa fiancée serait-elle infidèle, lui aurait-elle fait un enfant dans le dos ?

C’est certainement ce qu’il a pensé !

Au point qu’il en arrive à se poser la question de la répudiation … En secret …

Car il aime Marie … et c’est « un homme juste » ! Il ne veut pas la voir trainée en dehors de la ville pour y être lapidée … comme le veut la Loi …

Heureusement que Joseph n’a pas fait d’esclandre … ce n’est pas son genre … c’est un fiancé délicat … Il a préféré rentrer chez lui ruminer sa déception, et préparer son plan pour que la rupture se passe en douceur, sans être connue du voisinage …

Car Joseph est un homme juste devant Dieu, c’est-à-dire quelqu’un qui fait toujours la volonté de Dieu.

Et c’est là qu’intervient le Seigneur, par l’intermédiaire d’un ange.

C’est la première rencontre de Joseph avec un ange de Dieu … et ce ne sera pas la dernière …

Et l’ange lui explique la situation : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint. »

Même dans son sommeil, quand Joseph entend les mots Marie, enfant, et Esprit Saint, ça le met en veille tout de suite.

Il se rend compte qu’il entre dans quelque chose qui le dépasse … qui ne concerne pas simplement Marie et lui, mais qu’ils entrent tous les deux dans un projet de Dieu, beaucoup plus vaste …

Et l’ange continue : « Elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. ».

C’est la confirmation que ce projet les dépasse, puisqu’il concerne tout le peuple de Dieu, et en plus, c’est lui qui donnera le nom à l’enfant. Or donner le nom à un enfant, dans la bible, cela veut dire reconnaître la paternité légale de l’enfant. Joseph, descendant de David, en adoptant le fils de Marie, devient donc son vrai père et permet à celui-ci de devenir lui-même « Jésus, Fils de David ».

On peut penser qu’après ces paroles, la fin de la nuit fut beaucoup plus calme pour Joseph.

« Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse»

Seigneur Jésus,

quelle grandeur d’âme chez Joseph …

et quel amour de Dieu et de Marie !

Tu l’as aimé comme un vrai père

et tu lui dois sans doute beaucoup,

humainement parlant :

un métier, et l’amour des humains.

Béni soit Joseph !

 

Francis Cousin    

Pour accéder à l’image illustrée, cliquer sur le titre suivant : 

Image dim Avent A 4°




4ième Dimanche de l’Avent – Homélie du Père Louis DATTIN (Mt 1, 18-24)

Ne vous laissez pas distraire

Mt 1, 18-24

Dans quelques heures, frères et sœurs, c’est Noël. En ce dernier dimanche avant cette fête, notre pensée et la liturgie se concentrent sur les parents de l’enfant qui va naître : Joseph et Marie.

Très souvent, il nous arrive de n’envisager que  » le couple  » de Marie et de Joseph, de ne considérer que son aspect exceptionnel :

« “L’enfant qui va naître vient de l’Esprit Saint ” », nous dit clairement l’Evangile d’aujourd’hui. Nous y reviendrons mais, d’abord, paradoxalement, sachons voir que le couple de Marie et de Joseph est bien proche de nos situations humaines : au départ, ce sont deux fiancés heureux, entre 15 et 20 ans, qui ont fait le merveilleux projet de devenir époux.  Souvenez-vous de vos fiançailles !

Or, voici que la souffrance arrive : le projet brisé, la crise de ce couple quand Joseph apprend que sa fiancée est enceinte.  En orient, et à cette époque-là, ce n’était pas rien ! Tout le rêve de Joseph semble détruit.  Serions-nous capables de comprendre la souffrance affreuse de cet homme qui se cache derrière la sobriété de l’Evangile ? A ce stade, Joseph décide de ne pas épouser Marie et cette décision est celle d’un homme juste.

Cette histoire, dans son essentiel, est aussi un peu la nôtre : il nous arrive de faire des projets, de rêver, d’avoir des ambitions et puis, patatras ! Des circonstances que nous n’avions pas prévues, brisent net ces projets merveilleux : à ce moment-là, nous sommes invités à nous dépasser, à faire face à cette nouvelle circonstance pour trouver, en Dieu, une nouvelle solution !

C’est la situation des couples stériles ou des enfants inattendus, la crise de certains adolescents qui donnent du souci, enfants, adultes ou non qui ne veulent pas suivre nos chemins.

Dans tous ces cas-là, nous sommes tentés de nous passer de Dieu, alors que c’est justement à lui, qu’il faut avoir recours.  La solution dernière et définitive de nos problèmes humains, comme pour Joseph, ne se trouve qu’en Dieu.  Oui, c’est Dieu qui intervient pour modifier le projet de Joseph.  Oui, osons le reconnaitre, Dieu demande à cet époux de revenir sur sa décision car Dieu à cet époux de revenir sur sa décision car Dieu a besoin de lui. Dieu peut parfois nous demander de changer quelque chose dans notre vie, car il désire autre chose de nous.

Dieu confie à Joseph un double rôle :

1)- prendre Marie chez lui comme épouse

2)- donner un nom à l’enfant ; « donner un nom », en langage biblique, cela signifie : « assumer la paternité légale » de l’enfant en tant que descendant de David.

Il est choisi pour donner à l’enfant le nom qui lui est destiné d’après le droit juif ; l’enfant accédait à l’existence légale par le nom qu’on lui donnait et il était de la lignée du père : qu’il s’agisse d’une paternité biologique ou non.  Jésus, par Joseph, à cause de Joseph, sera reconnu et acclamé comme  » fils de David « .

Pour des parents, adopter un enfant, c’est l’accueillir dans la famille comme s’il était né de leur chair, comme dit la chanson : « Prendre un enfant par la main, prendre un enfant pour le sien ».

Au temps du Christ, l’adoption était plus facile et plus courante qu’aujourd’hui et surtout, elle avait beaucoup plus de valeur : le père adoptif était considéré comme le vrai père, les liens adoptifs étaient considérés comme plus forts que les liens du sang.  C’est ainsi que Joseph, en adoptant le fils de Marie, est devenu son vrai père… mais par une sorte de don de Dieu.

Aussi les gens ne se trompaient-ils pas en disant : « “N’est-ce-pas Jésus, le fils de Joseph, le charpentier de Nazareth” » ?

Comme nous le constatons, le rôle de Joseph n’est pas mince ! Cette paternité de Joseph eut certainement pour Jésus beaucoup plus d’importance qu’on ne le pense généralement.   Pensez que Jésus, pour nommer celui que tous appelaient Dieu, celui qui ne faisait qu’un avec lui, dont il recevait tout , Jésus reprend le nom même qu’il donnait  à  Joseph  lui-même, c’est-à-dire : « Père, abba, papa », et quand  il  eut  à  s’expliquer  sur cette familiarité  si déconcertante  avec  le  Dieu  d’Israël, Jésus  reprend les  mots  les  plus  simples de son apprentissage à Nazareth, dans l’atelier du charpentier Joseph : « Mon père jusqu’à présent est au travail et moi aussi je suis au travail », « Ce que fait le père, le fils le fait pareillement », « C’est que le père aime le fils et lui montre tout ce qu’il fait ».

Comment n’aurait-il pas trouvé dans l’affection de ses parents, Marie et Joseph, les mots les plus justes pour nous dire cette relation absolument unique qui, depuis toujours, occupait son cœur : « Moi et le Père, nous sommes un ».

La psychologie moderne nous a révélé l’importance de l’image du père pour structurer la personnalité de l’enfant. Il faut nous le rappeler, nous, habitants de La Réunion, où plus de 50% des enfants, déjà à la naissance, sont monoparentaux c’est-à-dire élevés uniquement par la mère et accessoirement par des « petits pères ». C’est auprès de Joseph que Jésus apprendra ce qu’est un père. C’est en Joseph qu’il verra le reflet humain de la paternité de Dieu : lui, qui saura si bien nous parler de son père. N’est-ce-pas en regardant Joseph qu’il a fait l’expérience humaine de la tendresse paternelle ?

« Qui, d’entre vous, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre ? Ou s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent” ? » Jésus a appris que les pères de la terre savent donner de bonnes choses à leurs enfants : où a-t-il appris tout cela ? Auprès de Joseph !

Aujourd’hui, il est courant qu’on n’admette pas cette naissance miraculeuse. On voudrait que Jésus ait été conçu comme tout le monde. On voit dans cette intervention de Dieu, je ne sais quelle offense à l’humanité de Jésus, à celle de sa mère, à celle de Joseph. On prend des airs scandalisés. On parle de mépris à l’égard de la science, alors qu’il s’agit d’un simple effet des pouvoirs de l’Esprit Saint qui, nous le répétons chaque dimanche au Credo  « est Seigneur et qui donne la vie ».

Réfléchissons tout de même un peu. Si Dieu n’est pas plus que nous, plus puissant que nous, alors, nous n’avons pas besoin de lui. Dieu est Dieu ! S’il ne dépasse pas nos capacités à nous, alors nous sommes perdus ! Il ne peut nous sauver que, parce que, justement, il est Dieu ! Et plus puissant que nous ! Il ne nous sauve que s’il est Dieu, c’est-à-dire « Autre » que nous, tout autre que nous et cette conception virginale n’est que l’un des cas où Dieu signe son œuvre en faisant quelque chose qui nous dépasse totalement.

Seriez-vous capables, vous, de faire une seule étoile ou une seule galaxie ? Or, il en existe des milliards !

Seriez-vous capables de ressusciter un mort ou de faire ce qui arrive à chaque messe : que le pain des hommes devienne le corps du Christ ?

« Je crois en l’Esprit Saint » capable de donner la vie de manière seigneuriale car il est bien le « Seigneur » et le « Créateur ». Les plus grands des savants quand ils font une découverte, ne font que découvrir l’œuvre de Dieu et ils en sont ébahis : ce qui explique pourquoi beaucoup d’entre eux, au lieu de se croire des génies, voient dans ce qu’ils découvrent, l’œuvre d’un « Auteur », d’un Créateur qui les dépasse.

Certains passent, comme ces savants qu’étaient les mages, de l’admiration à l’adoration ! De l’intelligibilité du monde, au Dieu souverain devant qui ils s’inclinent.

Dans quelques heures, ce sera Noël !  Ce serait si bien de voir le monde et nous-mêmes un peu changés par la venue de cet enfant. Il faudrait  « qu’il nous trouve  quand il viendra  vigilants dans la prière et remplis d’allégresse » comme nous le dirons dans la préface, tout à l’heure.   AMEN




4ième Dimanche de l’Avent – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Mt 1, 18-24)

« Joseph, ne crains pas de prendre

chez toi Marie, ton épouse »

(Mt 1,18-24).

 

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 1,18-24.

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret.
Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ;
elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
‘Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel’, qui se traduit : « Dieu-avec-nous »
Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse…

 

Les parents de Marie s’appelaient, selon la tradition, Anne et Joachim. Comme c’était l’usage à l’époque, Marie, à l’âge de douze, treize ans, s’était fiancée à un homme très certainement plus âgé qu’elle, Joseph, « fils de David ». On l’appelait ainsi car il avait comme lointain parent le plus grand roi de l’histoire d’Israël, le roi David qui régna de 1010 à 970 environ av. JC… On peut supposer que Joseph était venu demander la main de Marie à ses parents, et tous avaient accepté… Une petite fête avait suivi, et depuis, tout le monde appelait Marie « l’épouse » de Joseph, même si la grande cérémonie du mariage n’avait pas encore eu lieu. En général, elle se déroulait un an après ! Pendant tout ce temps, la jeune fiancée demeurait chez ses parents, et ce n’est qu’au jour de son mariage que son mari l’emportait dans la maison qu’il avait construite pour eux…

            Et voilà que Joseph découvre que Marie est enceinte avant qu’ils aient habité ensemble. L’a-t-il appris de Marie ? Très certainement… A-t-il douté de son intégrité ?  Ou a-t-il décidé de se retirer devant cette aventure que Dieu a commencée avec elle et qui le dépasse ? Le texte ne le dit pas, mais Joseph décide de la répudier en secret pour la protéger. En effet, une fiancée convaincue d’adultère devait être lapidée (Dt 22,20-21).

            Mais l’Ange du Seigneur lui apparaît en songe et le rassure : « L’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ». Or, « dans son âme comme dans son corps, le Christ exprime humainement les mœurs divines de la Trinité » (Catéchisme & 470). De fait, de toute éternité, « avant tous les siècles », le Fils « naît du Père ». « Engendré non pas créé », il se reçoit entièrement du Père en tout ce qu’il est. « Dieu est Esprit » (Jn 4,24) ? Le Père est Esprit, et il ne cesse de se donner à lui tout entier, de Lui donner tout ce qu’Il Est. Le Fils est ainsi « Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu. » Il se reçoit du Père en Fils « de même nature que le Père » (Crédo) par le Don de l’Esprit. Cette logique se poursuit jusques dans l’Incarnation où le Fils va encore recevoir du Père sa nature humaine, par ce même Don de l’Esprit, avec la collaboration active et pleinement consentante de la Vierge Marie.

            Joseph aura à jouer tout son rôle de « père adoptif », nommant lui-même cet enfant du nom de Jésus, ce qui veut dire en hébreu « Dieu sauve ». Or, du point de vue du Fils, Dieu, c’est le Père. C’est Lui qui, avec et par son Fils, accomplira ses œuvres. Et quelles seront-elles ? « Sauver son peuple de ses péchés ». Et quel est « son peuple » ? L’humanité tout entière, qui n’a qu’un seul Père du Ciel et un seul Sauveur : Jésus, le Christ (Jn 4,42).

                                                                                                                                              DJF

 




Rencontre autour de l’Évangile – 4ième Dimanche de l’Avent (Mt 1, 18-24)

« Tu lui donneras le nom de Jésus

c’est à dire le « Seigneur sauve »…

Elle mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel,

« Dieu-avec-nous »

 

 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Mt 1, 18-24)

Nous revenons au début de l’Évangile de Matthieu. Dieu confie à Joseph la responsabilité de l’enfant de Marie et le charge de l’appeler Jésus, c’est à dire « Dieu sauve ».

Nous lirons attentivement cette page très importante de l’Evangile : c’est un texte fondateur de notre foi. Regardons chaque personnage et leur rôle.

 

Et soulignons les mots importants 

L’origine de Jésus Christ : Comment pourrait-on qualifier cette origine ?

Accordée en mariage : Qu’est-ce cette expression nous apprend sur la position de Marie ?

Enceinte par l’action de l’Esprit-Saint : Quel est le sens de cette expression ?

Un homme juste : que veut dire ce mot en parlant de Joseph ? Que penser de l’attitude de Joseph

L’Ange du Seigneur : Qui est ce personnage ?

Lui apparut en songe On dit ensuite lorsqu’il « se réveilla » : Comment comprendre ce que vit Joseph ?

Fils de David : Pourquoi ce nom donné à Joseph est-il important ?

Jésus : C’était un nom courant. Par qui et pourquoi est-il donné à Jésus ?

Emmanuel : Quel rapport y-a-t il entre la signification du nom de Jésus et celle du nom d’Emmanuel ?

Pour l’animateur  

« L’origine de Jésus Christ » : Elle ne se comprend pas seulement dans la succession généalogique. Cet Evangile dit la foi de l’Eglise dès le début : Jésus a une double origine, une origine céleste : conçu par l’action de l’Esprit Saint (« Dieu avec nous ») et une origine terrestre : Jésus, né de Marie. L’Eglise s’appuie sur ces paroles pour dire sa foi en la conception virginale du Christ.

« Accordée en mariage » : Marie n’est pas que la fiancée de Joseph (comme on le dit parfois) ; elle est réellement son épouse. Le texte d’ailleurs le dit « Ne crains pas de prendre chez toi Marie ton épouse ». Dans la tradition juive, le mariage se célébrait en deux temps : d’abord selon l’accord entre les deux familles, il y avait une alliance qui engageait les deux époux ; puis, plus tard, l’époux venait chercher son épouse et l’amenait dans sa maison et on célébrait la fête des noces. Marie était sans doute très jeune au moment de son mariage. L’Evangile ne dit pas combien de temps s’est écoulé entre les deux moments du mariage : c’est précisément durant cette période, « avant qu’ils aient habité ensemble » que l’Esprit-Saint intervient dans la vie de ce couple au destin extraordinaire. Cette intervention est un acte de création (Esprit Créateur)

Joseph un homme « juste » : Joseph mène la vie d’un juif pieux et respectueux de la loi, et son cœur veut être en accord avec la volonté de Dieu. Il se refuse à assumer une paternité qui n’est pas la sienne. Il ne veut pas non plus faire un geste qui va déshonorer son épouse. II décide de rompre en secret. Il faudra la révélation pour qu’il accepte d’assumer cette paternité et d’entrer dans le Projet Dieu par la foi.

Justement, la révélation des grands secrets de Dieu pour notre salut, se fait toujours par un messager, l’Ange du Seigneur » : c’est lui qui est intervenu dans l’annonce à Zacharie, dans l’annonce à Marie, dans l’annonce aux bergers, dans l’annonce de la résurrection. C’est lui qui révèle à Joseph le sens de l’événement qu’il vit. L’Ange du Seigneur, dans la bible, parfois veut dire  Dieu lui-même qui intervient (Ex14,19)

Le songe : dans la bible, est un genre littéraire pour dire que c’est Dieu qui intervient, gratuitement, c’est lui qui a l’initiative, sans l’intervention de l’homme.

Matthieu dit plus loin :  «  Quand Joseph se réveilla » : c’est le mot employé pour parler aussi de la résurrection. Joseph fait un passage, une « pâque » : il passe de son projet humain de fonder une famille humaine au Projet de Dieu qui fera participer son couple à la nouvelle alliance, le mariage de Dieu avec l’humanité,  que le Messie accomplira.

Comme Joseph est le descendant de David, c’est par lui, que Jésus entre légalement dans la lignée de David et sera appelé Fils de David, réalisant ainsi la promesse faite par Dieu.

En même temps Jésus réalise la prophétie d’Isaïe : il est l’Emmanuel. La meilleure manière pour Dieu de nous sauver (Jésus) ce fut de faire l’un de nous (Emmanuel) en la personne de son Fils.

 

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Joseph, Marie, l’Ange du Seigneur, Jésus, Emmanuel : des noms qui chantent dans notre cœur de croyant chrétien. Ils évoquent pour nous, Dieu notre Père, ton intervention merveilleuse dans l’histoire des hommes. Ils nous rappellent que tu as tellement aimé le monde  que tu lui as donné ton propre Fils. Tu l’as donné pour tous !

Que représentent ces mots pour beaucoup de nos contemporains ? Tant d’hommes et de femmes croient « autrement » : ils n’ont pas encore reçu la pleine révélation de ton Nom de Père., parce qu’ils ne connaissent pas Jésus. Et tant d’autres, sont de ton Eglise pourtant, mais pour eux ces noms n’évoquent plus grand chose ! Et il y a encore ces millions d’hommes et de femmes qui n’ont même jamais entendu le nom de Jésus.

Et voici encore une fois Noël !

TA PAROLE DANS NOS MAINS

La Parole aujourd’hui dans notre vie 

Nous faisons des projets légitimes…pour notre famille, pour un enfant, un jeune, pour la paroisse…il arrive qu’un événement, un succès ou un échec imprévu, une donnée nouvelle, un appel entendu, une Parole de Dieu…viennent bouleverser nos plans : quelles sont alors nos réactions de croyants ? (on peut inviter le groupe à donner l’un ou l’autre témoignage)

Dieu appelle parfois à collaborer avec lui d’une façon qui déroute !

Joseph a respecté l’action de Dieu en Marie : Savons-nous respecter l’action de Dieu dans le cœur de ceux dont nous sommes responsables (les enfants, les jeunes, tous ceux qui nous sont confiées, ceux avec qui nous vivons) tout en collaborant avec ce Dieu qui est au travail par l’Esprit-Saint ?

L’Annonce faite à Marie en st Luc et cette révélation faite à Joseph, sont des textes qui sont à la source de notre foi chrétienne : en quoi notre foi en Dieu est différente de la foi des autres croyants (par ex. des musulmans)

 

ENSEMBLE PRIONS 

Que te glorifient pour nous, Seigneur, la Vierge Marie qui t’a enfanté et Joseph, son époux, le charpentier qui t’a accueilli. Tous : Gloire à toi dans les siècles.

En toi, Jésus, conçu du Saint Esprit,

amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent.

En toi, Jésus, conçu dans le sein de la vierge Marie,

la vérité germe de la terre et des cieux se penche la justice.

Sur cette terre qui maintenant est devenue tienne,

fais que dans notre vie amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent.

 

Chant : Viens Emmanuel  (Carnet des paroisses p.158)

 

 

Pour lire ou imprimer le document en PDF cliquer ici : 

4 DIMANCHE AVENT

 




3ième Dimanche de l’Avent – par Francis COUSIN (Mt 11, 2-11)

« Allez annoncer à Jean

ce que vous entendez et voyez. »

Noël n’est pas encore arrivé dans notre cycle liturgique que l’évangile nous parle d’un épisode qui aura lieu plus de trente ans après … !

Mais c’est pour nous rappeler la prophétie d’Isaïe annonçant la venue de Dieu, du Messie : « Il vient lui-même et va vous sauver. » et déclinant tout ce qui arrivera à ce moment-là : « Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. » (1° lecture).

Jean-Baptiste a été arrêté par Hérode et enfermé dans la forteresse de Machéronte. Il n’a pas le moral, … Il croyait peut-être que Jésus allait « restaurer la royauté en Israël » de manière ferme, en s’opposant aux Romains, avec une bande armée, comme les Zélotes … qu’il allait utiliser la puissance de l’Esprit qu’il avait vu se poser sur lui lors du baptême de Jésus (cf Jn 1,29-33) pour prendre le pouvoir, …

Mais Jésus ne fait pas cela !

            Il se pose des questions … Doute-t-il de Jésus ? … Ce serait étonnant …

À moins que ce ne soient ses disciples qui doutent et lui disent : « Ce Jésus que tu as annoncé comme le Messie, il te laisse en prison et ne fait rien pour toi ! Tu es vraiment sûr que c’est le Messie ? ».

Alors Jean-Baptiste envoie quelques-uns de ses disciples vers Jésus, comme cela, ils auront directement la réponse de Jésus.

Le doute … sur Jésus, sur Dieu, … il existe encore aujourd’hui … c’est d’ailleurs l’une des armes favorites du Démon qui l’insinue en nous … « Tu crois cela ! … T’es vraiment sûr ! … Mais ce ne sont que des histoires … Tu as des preuves ? … ». Quand tu entends cela dans ta tête, Tu n’as qu’une solution : dire « Tais-toi Satan. Laisse-moi tranquille, va-t-en ! ».

« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »

Jésus ne répond pas à la question, mais dit, un peu comme il avait répondu à André et son compagnon au bord du Jourdain lors du baptême par Jean-Baptiste « Venez et vous verrez. » (Jn 1,39) : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez. », et il ajoute : « Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. », ce qui est en partie la confirmation de la prophétie d’Isaïe, avec en plus deux autres affirmations : « les morts ressuscitent. » ce qui est une prérogative de Dieu ou de ses envoyés, et « les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle ».

La Bonne Nouvelle du salut est annoncée à tous, bien entendu, mais ce sont les pauvres, surtout de cœur, les faibles, les opprimés, les malades, les veuves et les orphelins, qui ont toujours été défendus par Dieu, qui reçoivent cette Bonne Nouvelle.

Et cette phrase est suffisante pour que Jean-Baptiste et ses disciples croient que Jésus est bien le Messie attendu.

Et Jésus continue son discours pour ceux qui étaient là à l’écouter : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ? Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? »

Non, assurément ! On ne fait pas plusieurs jours de marche pour cela !

« Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. », … celui qui prépare les cœurs à la venue de Jésus, à Noël … et après …

Parce que son appel à la conversion … est encore valable aujourd’hui : et c’est le même que celui de Jésus, le même que celui inspiré à Ézéchiel, qui a donné ce refrain : « changez vos cœurs ! croyez à la Bonne Nouvelle !, changez de vie ! Croyez que Dieu vous aime ! », et qu’il nous a aimés le premier ! (1Jn 4,19)

« L’amour a fait les premiers pas » … mais c’est à nous de faire les suivants

Seigneur Jésus,

nous sommes bien souvent

trop empêtrés dans notre vie quotidienne,

et nous oublions que tu nous aimes,

et que tu nous demandes

d’aimer les autres comme toi !

Aide-nous à penser aux autres,

aux petits, aux pauvres, aux malades,

à ceux qui ont faim et soif de Toi !

Que nous soyons missionnaires

de ta Bonne Nouvelle !

Francis Cousin 

 

Pour accéder à l’image illustrée, cliquer sur le titre suivant : 

Image dim Avent A 3°




3ième Dimanche de l’Avent – Homélie du Père Louis DATTIN (Mt 11, 2-11)

Vigilance

 Mt 11, 2-11

Nous avons quitté dimanche dernier, un Jean-Baptiste triomphant, entouré d’une foule qu’il baptisait, lui adressant un message de conversion et qui lui demandait : « “Que devons-nous faire” ? » Bref, c’était le succès.  On l’écoutait comme un grand prophète. Aujourd’hui, nous retrouvons un Jean-Baptiste, seul, en prison, parce qu’il avait osé critiquer la situation conjugale d’Hérode.  Fini le prestige, finies les prédications. Au fond de son cachot, il médite : ce Messie qu’il a annoncé comme le Tout-Puissant, déjà prêt à abattre les arbres stériles, à mettre la paille au feu, ce Messie à la force de frappe caractéristique ne correspond pas du tout à la manière de Jésus !

Jésus ne juge pas sévèrement : loin de condamner le pécheur à des supplices éternels, il pardonne les pécheurs. Il va de village en village, ouvrant les bras à toutes les détresses. Il guérit les malades, lépreux, aveugles, muets, … Il pardonne ses péchés au paralytique qu’il guérit. Il appelle Matthieu, oui, Matthieu, le publicain, le pécheur public, comme disciple. Il va manger à la table des pécheurs.

 Non, ce n’est pas un juge redoutable : il se présente plutôt comme un serviteur discret. « Il ne brise pas le roseau froissé et n’éteint pas la mèche qui fume encore ».

L’un, Jean-Baptiste, parle de moisson, de jugement, de la hache au pied de l’arbre ; l’autre parle des semailles.  La prédication de Jean : c’était un cyclone, une irruption sauvage d’un vent de tempête ou le feu d’un incendie et Jésus, lui, répond par la miséricorde, l’accueil des pécheurs, le service des malheureux.

Pauvre Jean-Baptiste : il est plongé dans un abîme de réflexion ; il est plus qu’étonné, scandalisé. Le Messie triomphant, dévastateur des ennemis, justicier et redresseur de torts, ne se présente que sous l’apparence d’un Serviteur, humble et souffrant.   Jean-Baptiste est dérouté : aussi envoie-t-il une délégation de disciples poser la question qui lui brûle les lèvres : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »

Autant la question de Jean est claire et précise, autant celle de Jésus est ambiguë : « Allez rapporter à Jean : ce que vous voyez et entendez : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ».

En fait, Jésus renvoie Jean, aux annonces prophétiques du prophète Isaïe : la 1e lecture de notre liturgie.  Au lieu du juge redoutable qu’il annonçait, il lui faut accueillir, en Jésus, une nouvelle révélation de Dieu : un Dieu amour, un Dieu père, non pas puissant dans sa vengeance mais manifestant sa tendresse et son pardon : « Heureux, conclut Jésus, celui qui ne tombera pas à cause de moi ».

Et nous, frères et sœurs, quelle idée nous faisons-nous de Dieu ? Un justicier abattant les arbres, brûlant la paille, triomphateur, délivrant Israël de tous ses ennemis ?
Et, à sa suite, une Église triomphante, elle aussi régentant le monde des hommes comme une haute cour de justice résidant à Rome, à la place des empereurs romains ? Déception !  Jésus est décevant ! Oui, il faut se l’avouer. Dieu nous déçoit souvent ! Il n’est pas comme nous l’imaginions ! Il ne répond pas à nos attentes ni à nos désirs.  Nous continuons, comme Jean-Baptiste à désirer que Dieu exauce  » nos  » volontés et ressemble à l’image que nous nous faisons de lui.

Pourquoi, dites-moi, Dieu laisse-t-il son précurseur en prison ? Pourquoi Dieu ne défend-il pas ses amis, ceux qui travaillent pour lui ? Pourquoi Dieu ne libère-t-il pas les prisonniers qui sont injustement emprisonnés ? Pourquoi Dieu semble-t-il toujours vaincu par ses ennemis ? Pourquoi ce silence de Dieu quand hurlent les loups ? Pourquoi Dieu, te taire quand tant d’hommes t’accusent ? Pourquoi tant de malheurs et tant de mal dans cette île où 80% des habitants sont des baptisés ? Es-tu vraiment celui que nous attendons ?

 

 « Devons-nous te faire confiance ou devons-nous en attendre un autre ? »  Crise de la foi : Dieu est décevant ! Et à nous qui cherchons Dieu et sa présence, même au milieu de nos situations décevantes ou désespérantes, Jésus répond encore aujourd’hui : « Les aveugles voient, les boiteux marchent ».

Le salut du monde avance chaque fois que le mal recule quelque part. Dieu est à l’œuvre dans notre monde chaque fois que des gestes de bonté et de justice sont faits envers les souffrants, les défavorisés, les pauvres.  Le vrai Dieu, celui de Jésus-Christ, ne se manifeste pas par des gestes justiciers ou triomphants mais par des gestes de sauveur et ceci nous renvoie à nous-mêmes.

« Toi, qui accuses Dieu, toi, que fais-tu dans le monde pour aider ceux qui souffrent, ceux qui sont écrasés, pour améliorer le sort de tes frères ? »

Le véritable signe que Dieu est là, que son règne a commencé, c’est quand il y a de l’amour.  Nous ne devons pas en attendre un autre. « Je ne suis pas venu pour juger le monde mais pour le sauver ».

Eglise d’aujourd’hui, es-tu la communauté d’amour que nous attendions ? Ou devons-nous en attendre une autre ? Donnons-nous, pour ceux qui nous voient vivre, les  » signes  » de Jésus : accueillir, aider, soulager, dire la Bonne Nouvelle ? N’attendons-nous pas parfois, un autre Dieu qui fasse marcher le monde à notre place et dans le sens que nous voulons ? Un Dieu qui, tout de suite, récompense les bons que nous sommes et punisse les méchants !

  • La preuve que Jésus   est bien celui que l’on attendait n’est pas dans les signes terrifiants d’une force colossale qui nous clouerait au sol.

  • La   véritable preuve, c’est que  ces gens les plus  simples, les « laissés pour compte » de la société : ouvrent leurs yeux, débouchent leurs oreilles de sourds, soulèvent les couvercles des tombeaux où ils étaient emmurés et entendent la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu.  Et si le monde nous envoyait, à nous, une délégation pour nous demander :

« Etes-vous les témoins de l’Evangile de Jésus-Christ ou devons-nous en attendre d’autres ? » Pourrions-nous répondre : « Venez et voyez » ? Regardez l’abbé Pierre, regardez Mère Theresa, sœur Emmanuelle, Jean Vanier, Raoul Follereau Bois d’Olives et le père Favron, le Secours catholique, Emmaüs, les collectes pour Madagascar, les sociétés de St-Vincent-de-Paul.

Sommes-nous sûrs qu’ils ne verraient pas d’abord chez nous des « roseaux » agités par le vent des mots et des idées stériles ?

  • A Jean-Baptiste, Jésus ne répond pas par une démonstration savante : il montre. « Venez et voyez » la promesse faite par Dieu est en train de se réaliser.

Jésus ne se définit pas en mots, mais en actes d’attention à ce qui fait le tourment des hommes, en signes de vie.  Le Royaume de Dieu n’est pas ce que l’on croit.  Et c’est d’ailleurs pour cela que les juifs n’ont pas accepté Jésus et que beaucoup encore ne l’acceptent pas : ils auraient voulu un roi, à la manière d’un empereur romain qui aurait tout mis sous ses pieds, alors que lui, le Messie, il s’est mis aux pieds des autres.

La vraie grandeur du vrai royaume est la petitesse, l’effacement et Jésus ne se présente pas comme un juge redoutable, mais comme le serviteur qui s’engage avec les plus pauvres des hommes et qui compatit.  Nous avons toujours à accueillir un Jésus autre que celui que nous avons souhaité rencontrer : jamais le même, toujours nouveau sans cesse à redécouvrir.

Qui, à Noël, aurait pu reconnaitre, dans cette étable, la naissance de celui qui devait sauver le monde ? Il a fallu que les anges avertissent les bergers, que les mages soient alertés, Jérusalem averti par Hérode qui, du coup, fait massacrer tous les enfants de Bethléem.

Jésus, Dieu, n’est jamais celui que l’on croit. Il nous prend presque toujours à contre-pied et à la croix, les scribes que Jésus était en train de sauver, se moquaient en disant :

« Il en a sauvé d’autres qu’il se sauve lui-même ».

Frères et sœurs, qu’il n’y ait aucun malentendu : Dieu et Jésus nous surprendront toujours, que ce soit à Noël ou le Vendredi Saint, mais surtout à Pâques.  AMEN




3ième Dimanche de l’Avent – par le Diacre Jacques FOURNIER (Mt 11, 2-11)

« Es-tu celui qui doit venir ? »

Mt 11,2-11

 

En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux,
lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez :
Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.
Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »
Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ?
Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois.
Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète.
C’est de lui qu’il est écrit : ‘Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi.’
Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. »

 

Jean Baptiste était très différent de Jésus. « Il avait son vêtement fait de poils de chameau et un pagne de peau autour des reins » (Mt 3,4), comme le prophète Elie (2R 1,8). Jésus, Lui, avait un vêtement courant pour son époque, « une tunique sans couture, tissée d’une pièce à partir du haut » (Jn 19,23), et un manteau, avec des franges « dont la vue vous rappellera tous les commandements de Dieu » (Nb 15,37-39). Jésus se conformait donc à l’usage commun, même s’il dénonçait les abus de ceux qui, pour se faire remarquer, se font « des franges bien longues  » (Mt 23,5). Jean-Baptiste mangeait « des sauterelles et du miel sauvage » (Mt 3,4). Jésus, Lui, s’asseyait tout simplement là où il était invité et il mangeait bien à tel point que certains le traitaient de « glouton et d’ivrogne » (Mt 11,19). Jean‑Baptiste avait un discours quelque peu terrifiant, traitant ses auditeurs « d’engeance de vipères » et annonçant la venue de « la Colère prochaine » : « Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu » (Mt 3,8-10). Jésus, Lui, se présentait comme le Bon Pasteur, nommant ses adversaires « ses amis et ses voisins » (Lc 15,1-7). Et pour ce qui est de l’arbre qui ne produit pas de fruit, au Maître qui désirerait le couper parce qu’il use la terre pour rien, il répond : « Laisse-le cette année encore, le temps que je creuse tout autour et que je mette du fumier. Peut-être donnera-t-il des fruits à l’avenir… Sinon, tu le couperas » (Lc 13,6-9).

            On comprend que Jean-Baptiste, dans l’obscurité de son cachot, puisse être envahi par le doute : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Et Jésus cite le prophète Isaïe, ce même prophète avec lequel Jean-Baptiste s’était présenté autrefois comme étant celui qui « prépare les chemins du Seigneur » (Is 40,1-5). Non, il ne se trompe pas : « les aveugles qui voient » (Is 35,5-6) témoignent que « le Père nous arrache » avec son Fils et par Lui « à l’empire des ténèbres » et nous offre en surabondance « le pardon des péchés » (Col 1,11-14). Le pécheur blessé au plus profond de son être, si souvent « boiteux » dans son quotidien, se lève par la Puissance de l’Esprit et se met à marcher au Chemin de la Vie. L’oreille des « sourds » s’ouvre au murmure de la brise légère de ce même Esprit qui vient faire toutes choses nouvelles… La lèpre du péché est vaincue, la Bonne Nouvelle du « Père des Miséricordes » est annoncée aux pauvres de cœur qui acceptent de faire la vérité dans leur vie (2Co 1,3 ; Jn 3,21)… Les Écritures s’accomplissent : le Messie met en œuvre la victoire de Dieu sur le mal…

                                                                                                                      DJF




Rencontre autour de l’Évangile – 3ième Dimanche de l’Avent

« Es-tu celui qui doit venir,

ou devons-nous en attendre un autre ? »

 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Mt 11, 2-11)

Jean Baptiste a été emprisonné par Hérode dans une forteresse du désert. Il a entendu dire que l’enseignement et l’action de Jésus ne correspondent pas aux prédications et avertissements sévères qu’il a adressés aux foules. Cela a fait naître le doute dans son esprit et c’est pourquoi il veut en avoir le cœur net : il envoie des messagers à Jésus pour lui poser une question nette et précise.

 

Et soulignons les mots importants 

Es-tu celui qui doit venir ? Quel genre de Messie attendait Jean Baptiste ?

Comme d’habitude Jésus ne répond pas directement : quelle réponse donne-t-il aux messagers de Jean Baptiste ?

Ce que vous entendez et voyez : Qu’est-ce que les gens voient en regardant ce que Jésus fait ? Et qu’est-ce qu’ils entendent dans sa prédication ?

La Bonne nouvelle…aux pauvres : Quelle Bonne Nouvelle ? Qui sont ces pauvres ?

Qui est Jean pour Jésus? Il n’est pas un roseau fragile qui se plie à tous les vents. Il n’est pas non plus un de ces personnages mondains aux allures efféminées.

Un prophète ! Plus qu’un prophète ! Pourquoi ?

Selon l’histoire humaine il n’y a pas de plus grand personnage que lui.

Mais pourquoi le plus petit des chrétiens est plus grand que lui ?

Pour l’animateur  

« Celui qui doit venir » : Cette expression désignait le Messie annoncé par les prophètes et qui était dans l’espérance du peuple. Jean-Baptiste attendait un Messie Libérateur, mais la façon dont Jésus se présente et agit pour réaliser sa mission le déroute. Jésus n’agit pas à la manière forte. Il est accueil, miséricorde, pardon. Un message exigent, certes, mais un message qui révèle le Père « qui fait tomber la pluie sur les bons et sur les méchants. »

Les premiers chrétiens qui pensaient voir le retour du Christ employaient aussi cette expression « Celui qui vient » pour chanter leur attente,  en s’inspirant du psaume 118, 26 « Béni soit au nom du Seigneur Celui qui vient ».

« Ce que vous entendez et voyez » : Jésus a réalisé la prophétie d’Isaïe : « En ce jour-là, les sourds entendront…les yeux des aveugles verront…les plus pauvres exulteront à cause du saint d’Israël » (Is29, 18). « Le boiteux bondira comme un cerf, langue du muet criera de joie. » (Is 35,6). Jésus répond à Jean Baptiste en l’invitant à relire les Écritures pour comprendre sa mission. En même temps la mission de Jésus éclaire les Ecrits des prophètes.

Jésus répond affirmativement à la question de Jean, non pas par une explication, mais par les gestes de salut qu’il fait et par la Bonne Nouvelle de la tendresse du Père pour tous ceux qui sont laissés pour compte, tous ceux dont la vie n’a pas gâtés : « les pauvres ».

Autrement dit, le salut du monde avance chaque fois que le mal recule, le mal sous toutes ses formes. Mais pour cela il faut des chrétiens qui soient solides comme Jean Baptiste, qui ne s’enferment pas dans le confort et le luxe, qui ne se contentent pas de parler, mais agissent à la manière de Jésus, en posant des gestes qui « sauvent ».

La différence entre Jean Baptiste et Jésus :

  • Jean Baptiste prépare le chemin, Jésus est « le chemin ».

  • Jean-Baptiste est la voix, Jésus est « la Parole »

  • Jean Baptiste baptise dans l’eau, Jésus baptise dans l’Esprit.

C’est pourquoi, le plus petit des chrétiens, qui appartient à Jésus Christ et qui vit de Jésus-Christ dépasse en dignité Jean Baptiste qui pourtant, selon l’histoire humaine, est le plus grand personnage, selon l’appréciation de Jésus lui-même. Le chrétien est membre d’un Royaume qui renverse les critères des hommes et privilégie les petits

 

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Seigneur Jésus,  tu as accueilli le questionnement de Jean Baptiste. Il a su surmonter ses doutes et ses échecs, sans être un roseau perpétuellement balancé. Il a choisi de rompre avec la vie facile et le confort ; il a refusé le mensonge et la lâcheté qui se cachent souvent derrière les signes extérieurs de richesses : tu le présentes comme modèle pour celui qui veut être ton messager pour préparer devant toi le chemin. Nous avons aussi nos questionnements et nos doutes. Ramène-nous vers toi, vers ta Parole, et fais de nous des messagers de la Bonne Nouvelle pour nos frères et sœurs de ce temps difficile qui est le nôtre.

TA PAROLE DANS NOS MAINS

La Parole aujourd’hui dans notre vie 

Es-tu celui qui doit venir ? C’était la question de Jean Baptiste en proie au doute.

Et nous ? Et les gens autour de nous ? Est-ce qu’il ne nous arrive pas de douter nous aussi :  Où est-ce qu’on va ? Quel est le sens de tout ce que nous vivons ?

Jésus est-il vraiment Celui qui est le Sauveur du Monde ? Croyons-nous qu’il est « Celui qui vient » ?

Et peut-être des questions semblables sur l’Église, avec un certain doute dans nos esprits : Pourquoi l’Église ? Où va l’Église ? Est-elle vraiment l’Église que Jésus a voulue ? Quelle est sa raison d’être ? A-t-elle un avenir ? Quel sera son achèvement ?

Jésus n’a pas répondu par des explications mais en montrant les actions et les gestes qu’il faisait : des gestes d’amour, des gestes qui sauvent, des gestes qui montrent l’amour du Père pour les petits, les faibles, les pauvres, les pécheurs. (les sourds entendent, les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les morts, ressuscitent une Bonne Nouvelle en parole et en action). Et en même temps il renvoie Jean Baptiste aux Écritures, à la parole de Dieu annoncée par les prophètes.

Et nous ? Quand on nous interroge sur notre Dieu, sur Jésus-Christ, sur notre foi, comment répondons-nous ? Par des discours pour essayer de convaincre ? Et  la Parole de Dieu dans tout cela ?

Le Pape Paul VI disait : «  Les hommes de notre temps écoutent plus volontiers les témoins que les maîtres, et s’ils écoutent les maîtres, c’est parce qu’ils sont d’abord des témoins. »

Croyons-nous au patient travail que le Christ fait pour sauver le monde par tous les gestes d’amour que nous posons ?

Le monde attend de nous, chrétiens, des gestes qui sauvent, des gestes qui témoignent de notre espérance, (pas seulement le monde lointain, mais ici, là où nous vivons)  Quels gestes concrets et simples pouvons-nous poser pour témoigner que nous sommes les disciples de Celui qui est venu et qui veut venir dans la vie des gens de notre temps? (rappelons nous les gestes de Jésus : qui sont les sourds aujourd’hui, qui sont les aveugles , qui sont les lépreux, qui sont les pauvres, qui sont les boiteux, qui sont les morts… ?)

 

ENSEMBLE PRIONS 

Pour ceux qui te donnent un visage, Seigneur Jésus, en répandant ton amour autour d’eux, Tous Nous te bénissons.

Pour ceux qui te donnent des mains, Seigneur Jésus, en faisant le bien  à l’égard de leurs frères.

Pour ceux qui te donnent une bouche, Seigneur Jésus, en prenant la défense des faibles et des petits.

Chant 

 

Pour lire ou imprimer le document en PDF cliquer ici : 

3i Dimanche Avent