Rencontre autour de l’Évangile – 14ième Dimanche du Temps Ordinaire

“ La moisson est abondante, 

les ouvriers peu nombreux.

Priez le Maître de la moisson ”

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Lc 10, 1-12, 17-20)

Jésus vient de prendre avec courage la route de Jérusalem, et il prépare ses disciples au rôle missionnaire qu’ils auront à remplir après leur départ, auprès des nations païennes.

Et soulignons les mots importants 

Soixante douze : ce nombre a-t-il une signification particulière ?

Deux par deux : Que signifie pour nous cette consigne de Jésus ?

La moisson : Qu’est-ce que Jésus exprime par cette image de la moisson ?

Priez : On s’attendrait à ce que Jésus dise qu’il faut tout de suite organiser une opération pour trouver des ouvriers. Et voilà qu’il dit “ priez ”. Qu’est-ce que cela nous inspire comme réflexion ? Qu’est-ce que cela nous apprend de la relation de Jésus à son Père ?

Le maître de la moisson : Qu’est ce que cette expression nous dit du projet de Dieu ?

Allez ! Je vous envoie : Que signifient ces paroles de Jésus pour la mission de l’Eglise et pour les missions particulières dans l’Eglise ?

Paix : Ce mot dans l’Evangile est lié à l’envoi en mission. Que peut signifier ce mot qui semble si important pour Jésus ?

Guérissez : Les guérisons ont tenu une place importante dans le ministère de Jésus. Quelle est la signification profonde de ce mot “guérissez les malades” par rapport à l’annonce du Règne de Dieu ?

Le Règne de Dieu : Ce fut l’objet de la mission de Jésus et sa grande passion : ensemble partageons en quoi consiste ce “Règne” ou encore ce “Royaume de Dieu ”.

 

Pour l’animateur 

  • Les soixante-douze disciples sont un chiffre symbolique qui veut dire que la mission est grande et c’est l’affaire de toute l’Eglise, et pas seulement de quelques-uns (les Douze). Selon la Genèse (Gn 10) il y avait 72 peuples : l’Evangile est donc pour tous les peuples.

  • Deux par deux: Jésus souligne l’importance et la force de l’équipe pour la mission. D’autant plus que de son temps, pour qu’un témoignage soit valable, il fallait qu’il fût porté par deux témoins. (Cf Actes : Paul et Barnabé, Barnabé et Marc, Paul et Silas…)

  • Cela est valable pour nous: le témoignage d’une équipe qui vit l’évangile, qui parle d’une même voix pour annoncer Jésus Christ, aura plus de force qu’un témoignage

  • La moisson: dans la Bible la moisson est traditionnellement utilisée pour exprimer le jugement de Dieu et les moissonneurs représentent Dieu et ses anges

Or, dans cet évangile la moisson représente la mission et ce sont les disciples qui moissonnent. C’est le rassemblement des derniers temps qui commence. Pour que tous les hommes soient sauvés, il faut des ouvriers d’Evangile (semeurs et moissonneurs) afin que la moisson soit belle et  réussie pour tous.

  • Priez: Le projet de salut est d’abord l’affaire du Père. Jésus nous révèle que lui-même, l’Envoyé du Père, il ne fait rien sans le prier afin d’agir  toujours  selon sa volonté. Dans l’évangile, nous le voyons souvent plongé dans la prière avant d’entreprendre une action importante. La prière précède la mission. L’immensité de la tâche missionnaire, c’est d’abord l’affaire du Père. Le prier, c’est reconnaître que lui seul peut résoudre le problème du manque d’ouvriers.

Car le Maître de la moisson, c’est lui. Les ouvriers du Royaume ne travaillent pas pour leur compte, mais pour son compte à lui. Le reconnaître nous empêche de nous considérer comme les propriétaires : la mission, nous la recevons du Père par Jésus. Le Père est le Maître. Jésus est le contremaître qui envoie. Pareillement, dans l’Eglise on ne se donne pas soi-même une mission. On la reçoit du Christ par les pasteurs de son Eglise. Accueil et service dans l’humilité : voilà les attitudes qui conviennent..

Ce que le missionnaire annonce, c’est la paix : ce mot n’exprime pas seulement l’absence de conflit, mais la plénitude de vie que Jésus nous a obtenue et qui est le cœur de l’annonce de l’Evangile.

Cette plénitude de vie comprend aussi le rétablissement intégral de l’être humain dans sa dignité et la libération de tout ce qui l’empêche de se tenir “ debout ” : c’est le sens des guérisons faites par Jésus. Et des maladies, il y en de toutes sortes !  Jésus a demandé aux apôtres de poser, comme lui, des signes qui montrent que le Règne de Dieu, c’est un monde totalement libéré du mal et de tout ce qui diminue et détruit la personne humaine. Un monde rempli de cette plénitude de vie apportée par Jésus.

Nous disons  “Que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite !”

 

TA PAROLE DANS NOS COEURS

Ensemble regardons Jésus

En silence, regardons-le envoyer ses disciples. Ecoutons-le nous dire : “ La moisson est abondante…priez…Allez ! Je vous envoie…comme des agneaux au milieu des loups ”. Ce n’est pas une tâche facile que d’être les missionnaires du Règne de Dieu dans un monde d’argent et de violence. Ecoutons-le nous dire “Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : Paix à cette maison ”. Jésus souhaite que je sois un ami de la paix ”.

TA PAROLE DANS NOS MAINS

L’Evangile aujourd’hui dans notre vie

  • A l’image du Christ envoyé par le Père, à l’image des disciples envoyés par le Maître tout chrétien, baptisé et confirmé, est envoyé en mission par l’Eglise.

Est-ce que nous nous considérons vraiment comme des “ ouvriers ” du Règne de Dieu ? (On peut inviter des membres du groupe à donner un témoignage ; on peut aussi se donner des idées pour vivre en témoin de l’évangile dans sa famille, dans son quartier, dans son travail…)

Un ouvrier doit être qualifié : avons-nous le souci de nous former pour devenir  un bon témoin de l’Evangile ?

  • Etre missionnaire, ce n’est pas allé à la conquête pour convertir les gens, mais partir comme des agneaux, sans défense et avec un cœur de pauvre, pour être témoin de la paix du Christ. Est-ce que je suis un “ ami de la paix ? ”

Est-ce que nous nous montrons médiateurs de paix et éveilleurs de joie parmi nos frères ?

“ L’apostolat chrétien est moins l’effet de paroles retentissantes que de la puissance silencieuse de l’Amour.”

  • Notre Eglise manque vraiment “ d’ouvriers spécialisés ” : des prêtres, des religieux et religieuses, des diacres, des laïcs compétents pour l’animation des services diocésains (Catéchèse, Liturgie, Animation chrétienne des jeunes, Formation chrétienne des adultes, …) Est-ce que je me sens concerné par cette situation ? Est-ce que je prie pour les demander au Père ? N’est-ce pas cela prier pour les vocations ? Et puis, est-ce que j’encourage ceux qui veulent s’engager ? Et si c’était un de nos enfants ?

 

ENSEMBLE PRIONS   

Seigneur, fais de nous des ouvriers de paix.

Là où il y a de la haine, que je mette l’amour

Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.

Là où il y a la discorde, que je mette l’union.

Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.

Là où il y a les ténèbres, que je mette la lumière.

Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

 

 

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14ième Dimanche du Temps Ordinaire

 

 




13ième Dimanche du Temps Ordinaire (Luc 9, 51-62) :    « Suivre Jésus … Comment ? »(Francis Cousin)

 

    « Suivre Jésus … Comment ? »

Le passage de l’Évangile de ce jour est une succession de quatre logia, ou séquences, très courtes après qu’on ait situé le moment de l’action : Jésus prend la route de Jérusalem, sachant ce qui l’y attend : sa mort offerte en sacrifice pour le salut du monde. Ce n’est donc pas de gaité de cœur qu’il part, mais, il y va parce que c’est sa mission. Il part « le visage déterminé ».

La première séquence : des messagers sont envoyés par Jésus dans un village pour préparer sa venue, lui et ceux qui le suivent. C’est, avec l’épisode du choix du lieu du dernier repas, la seule fois où l’on parle de la logistique du groupe qui suit Jésus. Et il fallait bien préparer son passage : outre Jésus, il y avait les « douze », plus « des hommes qui nous ont accompagnés durant tout le temps où le Seigneur Jésus a vécu parmi nous, depuis le commencement, lors du baptême donné par Jean » (Ac 1,21-22), « ainsi que des femmes » (Lc 8.2) … Si juste après ce passage, Luc nous dit que Jésus a pu envoyer soixante-douze disciples pour proclamer son message (Lc 10,1), on peut penser que le groupe faisait une petite centaine de personnes : il fallait pouvoir nourrir et héberger tout le monde. Ici, la raison du refus des habitants du village samaritain n’est pas matérielle, mais idéologique : « parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem ». C’est sans doute cela qui aboutit à la réaction de Jacques et Jean : « Qu’un feu du ciel les détruise ! » en référence à certaines actions de l’ancien testament (cf Gn 19,24 ; 2R 1,10.12). « Jésus, se retournant, les réprimanda ».

À réponse idéologique, ou basée sur une certaine tradition qui ne doit pas évoluer (dans l’esprit de ces personnes), on risque souvent une réaction du même tonneau, sinon idéologique, au moins coincée. Et cela n’est pas fait pour faire avancer les choses, au contraire : on va vers la rupture et l’exaspération des idées. Et ce sont des situations qui peuvent encore arriver dans l’Église actuelle, à différents niveaux … il suffit qu’il y ait deux personnes avec des idées bien arrêtées et de sens contraire …

On ne sait pas ce que Jésus leur a dit, ni ce qu’ils en ont pensé. L’essentiel est d’être attentif à ce que ce genre de situations soit évité …

Les trois autres séquences concernent des personnes qui sont prêtes à suivre Jésus, mais les réponses de Jésus ne sont pas faites pour les encourager à poursuivre leur idée. Le point commun est qu’on ne sait pas quelle est leur réaction à la réponse de Jésus : l’ont-ils finalement suivi ? Ou sont-ils restés chez eux ?

Mais si l’évangéliste ne l’a pas donnée, c’est certainement pour que nous, nous puissions réfléchir à la réponse que l’on donnerait, ou qu’on a déjà donnée …

Parce que, pour Jésus, la réponse doit être immédiate, sans se poser de questions. Soit on croit en lui et on le suit, comme Marie avec l’ange Gabriel, comme les quatre disciples au bord du lac, comme Matthieu à son comptoir d’impôts … comme bien d’autres après eux qui l’ont suivi : Charles de Foucauld, Péguy, François d’Assise … Soit on hésite, et on reste dans son canapé, comme dirait le pape François.

Jésus veut une réponse franche et claire : « Que votre parole soit “oui”, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non” » (Mt 5,37). Car souvent, ce qui nous bloque, c’est qu’on ne sait pas où on va, on part vers l’inconnu, au gré de l’Esprit : « Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. » (Jn 3,8) ; ce qui nous retient, ce sont nos certitudes, nos moyens humains (du monde) : la télé, notre confort, notre argent …

Dans le cas de celui qui est prêt à suivre Jésus « partout où [il ira] », quelle valeur donnons-nous à ce ’’où’’ ? A priori, on pense à un lieu, une ville (Jérusalem) … mais ce ’’où’’ ne désigne pas seulement un lieu, mais aussi un état d’esprit, une philosophie, un état de vie … qui pour Jésus dans le cas présent est plutôt un état futur de mort sur la croix. Sommes-nous prêts à mourir pour notre foi ?

Sans aller jusqu’à cette extrémité, suivre Jésus partout où il ira, c’est faire comme Jésus en toutes choses, en pensées et en actes … jusqu’à ce qu’a dit saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vit, mais c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2,20) ; la perfection quoi !

Cela nous paraît impossible, et pourtant, c’est le sens du ’’Amen’’ que nous disons à chaque fois que nous allons communier et qu’on nous présente ’’ Le corps du Christ ’’ : Recevoir le corps du Christ pour que le Christ vivre en nous, à travers nous, par nous ! En sommes-nous vraiment conscients ?

Quant aux deux autres séquences où les personnes sont prêtes à suivre Jésus après avoir fait leurs adieux aux membres de leur famille, la réponse de Jésus semble choquante. Parce que la famille est importante pour chacun de nous. Mais Jésus ne demande pas l’exclusivité au détriment de la famille, il demande seulement qu’on l’aime plus qu’eux : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi » (Mt 10,37). Mais même cela, c’est difficile pour nous … et ce n’est pas toujours bien accepté par la famille ! Tout le monde ne peut pas se ’’dépouiller’’ de tout ce qui le retient à sa famille comme le fit saint François d’Assise …

Mais ce que Jésus veut nous dire est que, quand on veut le suivre, il faut toujours regarder en avant, vers l’avenir, vers l’annonce du Royaume des Cieux, vers Jésus qui nous devance, vers le salut que Jésus nous procure par son sacrifice sur la croix, et non pas « regarder en arrière ». On peut donc dire qu’il est plus intransigeant que Elie qui accepta que Élisée retourne en arrière, mais pour offrir son outil de travail en sacrifice pour Dieu et les gens de sa maison (première lecture).

Une chose est sûre, on ne peut pas suivre Jésus si on n’est pas en relation avec lui dans la prière, et si on ne se laisse pas aller « au souffle de l’Esprit ».

Et on ne peut pas non plus le suivre si on est seul, si on n’est pas entouré par la famille, par ses amis. Cela n’est pas toujours facile. Mais Jésus nous a prévenu : « Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa propre maison. » (Mt 10,34-36).

Heureusement qu’il y a l’Esprit Saint pour nous soutenir ! Et en général, cela ne se passe pas si mal que cela ! Merci Seigneur !

Seigneur Jésus,

Tu marches vers Jérusalem,

 vers ta mort sur la croix.

Envers ceux qui veulent te suivre,

tu es exigeant ;

tu veux être sûr qu’ils sont prêts à aller … jusqu’au bout.

Mais nous, sommes-nous vraiment prêts

à te suivre où tu le veux ?

Avec toi et ton Esprit Saint,

nous le pourrons.

Francis Cousin   

 

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Prière dim ordinaire C 13°

   

  

 

 




13ième Dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN

Suis-moi

Lc 9, 51-62 

Il y a quelques années, frères et sœurs, nous étions en promenade paroissiale avec les fidèles de l’Assomption. Arrivés au pont de la “Rivière de l’Est”, il nous a été proposé de nous lancer par-dessus le parapet, avec un élastique qui nous protégerait et nous rattraperait dans notre descente.

Nous sommes restés prudemment sur le pont, attendant de voir une ou deux personnes basculer, et puis, nous sommes repartis parce qu’elles attendaient trop longtemps pour prendre leur décision.

Tous les textes de ce dimanche nous proposent une aventure semblable : pour vivre à plein notre vie chrétienne, il nous faut, nous aussi, faire le saut, tenter l’aventure, lâcher nos petites sécurités et s’engager dans un risque que Jésus lui-même a assumé et qu’il nous propose à son tour. Mais, nous aussi, conscients de ce danger de la vie chrétienne qui doit passer par la Croix, par l’abandon de toutes certitudes humaines, de toutes nos sécurités matérielles, nous sommes là, sur le pont, à regarder s’il y en aurait peut-être un à se lancer, en attendant d’y aller nous-mêmes…

Reprenons la 1ière lecture : Elie, le prophète, est à la recherche d’un disciple pour lui succéder. Il croise Elisée, en train de labourer avec ses deux bœufs, il allait finir. Elie jette sur lui son manteau : c’est-à-dire, le choisit. Aussitôt, Elisée quitte ses bœufs, se met à courir derrière Elie et lui demande la permission d’aller embrasser son père et sa mère avant de partir ; demande bien naturelle, non ? Alors, Elie répondit : « Va, retourne à tes bœufs. Je n’ai rien fait ».

Le choix de Dieu, sa demande sur nous, est exigeante, immédiate, totalitaire. “Exécution immédiate”. Elisée comprend. Il sacrifie son gagne-pain, tue ses bœufs et les fait cuire avec le bois de la charrue et donne à manger à ses gens en signe de départ.

Tout choix de Dieu est un renoncement. Dieu ne veut, pas plus qu’Elie, d’un homme qui tergiverse, hésite, se donne et puis se reprend, un homme qui regarde son passé et qui attend avant de se lancer. Elisée renonce à sa profession pour suivre Elie, pour se lancer dans l’inconnu : inévitablement, l’appel de Dieu arrache l’homme à ses sécurités familiales, sociales, mutuelles, professionnelles. En notre siècle d’assurances renforcées,  de caisses de retraite, de réassurances et de protection de toutes sortes, Dieu exige pour l’homme qui le suit, une liberté totale, le saut dans l’inconnu de Dieu, sans même un élastique pour le retenir dans le vide.

Avons-nous fait, au moins une fois dans notre vie, cette expérience de lâcher nos sécurités pour suivre Dieu alors que notre raison et nos raisonnements nous prêchaient de faire le contraire ?

Dieu va-t-il trouver en chacun de nous cette disponibilité telle que dès sa demande, sans égoïsme, sans regard sur soi, sans regard sur le passé, je puisse lui répondre : « Oui, Seigneur, tout, et tout de suite ».

En  résumé  et  pour faire vite, posons-nous la question gênante : « Suis-je disponible à tout appel de Dieu ? Suis-je capable de lui  répondre « Bien sûr, Seigneur, je le fais immédiatement » ou vais-je me retirer, à pas feutrés, me mettre à réfléchir pour trouver des raisons  qui  vont  contrer  ma  générosité, des justifications de mon égoïsme et de mon inertie ?

Quand on vous demande un service, voyez-vous d’abord le service à rendre ou les obstacles qui vont vous empêcher ou vous permettre de ne pas rendre le service ? Toutes les raisons que nous trouvons et que nous accumulons pour faire écran à la demande de Dieu qui pourtant est insistante ?

 

 

 

Actuellement, sur le diocèse, il n’y a plus de séminaires, faute de vocations parait-il ! Je suis persuadé, que, des vocations, il y en a autant qu’avant et que bien des jeunes se sont entendus poser la question : « Veux-tu me suivre ? »

La question  est aussi présente et aussi pressante qu’autrefois. C’est la réponse qui fait défaut : « Oui, Seigneur, ce ne serait pas mal…mais, dans ton évangile, tu es trop exigeant, il faut tout quitter : mes bœufs, ma charrue, ma maison, mon écran, mes proches, ma petite amie, mon compte en banque et tout cela pour me conduire “Dieu sait où ? “Oui, “Dieu sait où” et nous, nous ne le savons pas ! C’est l’aventure, le risque, le pari de Pascal, le saut dans l’inconnu, la vie extraordinaire de St-Paul, d’un St-François d’Assise, d’un François Xavier, d’un père de Foucauld, de Martin Luther King, de la Vierge Marie qui a dit “Oui”.

Quant à Jésus, l’évangile de Luc nous dit : « Comme le temps approchait où il allait être enlevé de ce monde (et nous savons comment : par la Croix) il prit avec courage la route de Jérusalem : cette route, il sait où elle le mène : à Gethsémani, au prétoire de Pilate, au Golgotha, “il prit avec courage la route de Jérusalem”.

Si Dieu tient à vous, ce dont je suis sûr, et si vous, vous tenez à Dieu, ce qui  reste  à démontrer, malgré  votre bonne  volonté, il arrive toujours un moment, un moment crucifiant où il faut faire un choix : “le monde ou Dieu”, “ma vie ou celle de Jésus”.

Est-ce un “chemin de promenade” ou la “route de l’aventure” ?

A voir certains chrétiens, si tranquilles, si peu inquiets du sort de leur société, si peu soucieux de leur avenir, on peut se demander :

– ou bien s’ils ont déjà fait ce choix et qu’ils ont tout largué,

– ou bien s’ils ne l’ont jamais fait et qu’ils ont tout gardé.

– S’ils ont eu le courage de dire oui et de tout laisser pour suivre le Seigneur, alors ils ont rompu les chaînes de l’esclavage dont nous parle St-Paul aujourd’hui. Ils  sont devenus des hommes libres car, oui, c’est vrai et nous devons le rappeler plus fortement à l’occasion de ce jubilé de la Miséricorde, le chrétien est un homme libéré par le Christ, au moment du Baptême. Alors, ne reprenons pas les chaînes de notre ancien esclavage : égoïsme, orgueil, mensonge, vengeance, rivalités, désunions, mépris des autres.

La véritable liberté intérieure, c’est dans l’Evangile, et c’est par la pratique évangélique que vous la trouverez. Ils me font sourire ceux qui croient que la liberté est une invention du 18e siècle et que les droits de l’homme datent de 1789 !

Il y a longtemps que le Christ et les chrétiens en vivent. Relisez l’évangile et St-Paul : vous y trouverez tous ces principes et ce n’est pas par hasard qu’ils ont été rédigés dans un pays qui a macéré dans 18 siècles de christianisme. Au pays d’un St-Irénée, St-Louis, Ste-Jeanne d’Arc, St-Vincent-de-Paul, d’un curé d’Ars, d’un frère Scubilion ou de l’abbé Pierre, de Jean Vanier, c’est facile de cueillir des fleurs sur l’arbre du christianisme et de les offrir au monde en disant : « Regardez comme c’est beau, c’est nous  qui  les  avons  produites : coupées  de  leurs racines, ces fleurs du christianisme que sont la liberté, l’égalité (vous êtes fils de Dieu), le fraternité (vous êtes tous frères), que vont-elles devenir sans l’esprit qui les anime ? Laïcisées, elles ne sont plus que des inscriptions gravées sur le fronton de nos mairies, avec en dessous, des hommes enchaînés, inégaux, et bien peu fraternels.

Contentons-nous, pour finir, de relire ce que St-Paul nous disait tout à l’heure : « Vous avez été appelés à la liberté », mais attention ! Que cette liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme.

Au contraire : « Mettez-vous par amour au service les uns des autres car toute la loi atteint sa perfection dans un seul commandement : Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Si vous vous mordez, si vous vous dévorez les uns les autres, prenez garde…Vous allez vous détruire les uns les autres. Je vous le dis. « Vivez sous la conduite de l’Esprit,  “l’Esprit de Dieu”, alors vous n’obéirez pas aux tentations égoïstes du monde ».

En effet, vous le savez, frères et sœurs, il y a en nous, et il y a entre nous, un frein qui nous empêche de faire ce que nous voudrions. Mais si vous répondez “oui” ,de tout cœur, à l’invitation de l’Esprit qui est en vous, à l’appel du Christ qui vous dit : « Viens et suis-moi », à l’appel d’un Dieu qui vous dit : « Vivez en frères, car vous êtes tous mes fils », alors, prenez la route, prenez votre bâton de pèlerin de la vie pour aller vous aussi, en compagnie du Christ jusqu’à la Jérusalem Céleste, celle qui est au-delà de la croix.

« En cours de route, un homme dit à Jésus :

Maître, je te suivrai partout où tu iras ».

Sommes-nous capable de dire et de faire comme lui ? AMEN




13ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Luc 9, 51-62)

L’Amour des ennemis, illustré par Jésus

(Lc 9,51-62)

Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem.
Il envoya, en avant de lui, des messagers ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue.
Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem.
Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? »
Mais Jésus, se retournant, les réprimanda.
Puis ils partirent pour un autre village.
En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. »
Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »
Il dit à un autre : « Suis-moi. » L’homme répondit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. »
Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. »
Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. »
Jésus lui répondit : « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

        

 

          En 931 avant JC, à la mort du roi Salomon, le fils de David, Israël se coupa en deux, avec le Royaume du Nord et le Royaume du Sud. Puis, en 721 avant JC, le roi assyrien Sargon II annexa le Royaume du Nord. Beaucoup de païens vinrent alors s’installer au milieu des Juifs, apportant avec eux leurs pratiques idolâtriques qui, petit à petit, s’infiltreront jusques dans le culte rendu au Dieu d’Israël. Le Royaume du Sud, resté partiellement indépendant, se mettra donc à regarder avec beaucoup de méfiance ce Royaume du Nord, ces Samaritains, appelés ainsi du nom de leur capitale « Samarie ». Et à l’époque de Jésus, « les Juifs n’avaient pas de relation avec les Samaritains » (Jn 4,9). Les deux s’évitaient soigneusement… Et pourtant, à l’origine, ils ne formaient qu’un seul Peuple, le Peuple d’Israël, le Peuple de Dieu…

            Mais Jésus est venu réconcilier toute la famille humaine avec Dieu, et donc tous les hommes entre eux… Pour aller à Jérusalem, il n’évite donc pas la Samarie comme le faisaient ses compatriotes qui passaient par la mer ou par la Transjordanie. Il traverse leur territoire, s’approche d’un village et envoie des messagers devant lui. Délicatesse du Christ qui prévient de sa venue et ne s’impose pas. Mais en apprenant qu’il se « dirige vers Jérusalem », ils refusent de l’accueillir. Réaction immédiate et si humaine des disciples : colère, violence, que « le feu tombe du ciel et les détruise ». Mais Jésus les interpelle vivement : pas question… Eux aussi sont ses bien-aimés… Il reviendra plus tard, avec son Eglise « Corps du Christ » (1Co 12), pour leur proposer à nouveau avec elle et par elle son Amour, sa Paix, sa Lumière, sa Vie et sa Joie… Ressuscité, il dira en effet à ses disciples : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1,8). Et il est le premier à espérer que cette fois, ils accepteront de l’accueillir, pour leur seul bien. Car « à tous ceux qui l’ont accueilli, il leur a donné de pouvoir devenir » pleinement ce qu’ils sont déjà : « des enfants de Dieu » (Jn 1,12), « créés à son image et ressemblance » (Gn 1,26-28) et appelés à vivre de la Plénitude de sa Vie…

            Jésus va ensuite inviter ses disciples à le suivre avec encore plus de proximité. Qu’ils se dépouillent de tout attachement aux biens matériels, car « le Fils de l’Homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »  Qu’ils veillent avant tout à « annoncer le Règne de Dieu », car « là » est le vrai Trésor. « Le Royaume des Cieux est en effet justice, paix et joie dans l’Esprit Saint » (Rm 14,17), « l’Esprit qui vivifie » et apporte avec lui le vrai bonheur… DJF




Rencontre autour de l’Évangile – 13ième Dimanche du Temps Ordinaire

« Suis-moi ! »

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Lc 9, 51-62)

Peu avant notre passage, Jésus a demandé à ses disciples : « Pour vous, qui suis-je ? » « Le Messie de Dieu » a répondu Pierre au nom de tous. Et Jésus a aussitôt commencé à leur enseigner comment il serait le Messie : non pas glorieusement, en triomphateur, à la manière humaine, mais « en souffrant beaucoup, en étant rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, en étant tué et en ressuscitant » (Lc 9,22). Et il rajoutera ensuite : « Le Fils de l’Homme va être livré aux mains des hommes » (Lc 9,44)…

Et soulignons les mots importants 

  • A quel événement renvoie donc la première phrase de notre Evangile : « Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde » ? Et pourquoi St Luc précise-t-il que Jésus « prit avec courage la route de Jérusalem » ?

  • Les Juifs habitaient soit la Galilée, au Nord de la Palestine, soit la Judée, au sud, avec Jérusalem, sa capitale… Entre les deux, la Samarie… A la mort du Roi Salomon (931 av JC), fils de David (1010-970 av JC) le Royaume d’Israël s’était divisé en deux, le Nord et le Sud. Les Samaritains sont les lointains héritiers de cet ancien Royaume du Nord. Et avec le temps, la haine s’était établie entre Juifs et Samaritains. Pourquoi Jésus fait-il exprès de passer en territoire Samaritain ?

            « On refusa de le recevoir ». Il fallait s’y attendre… Les disciples veulent que le feu du ciel descende, comme pour Elie autrefois (2R 1). Mais « Dieu est Amour » (1Jn 4,8) et Il n’Est qu’Amour. Répond-il au mal, par le mal ? Que fera Jésus, sur la Croix, pour ceux qui le tuaient (Lc 23,34) ?

  • Trois conseils sont ensuite adressés à quiconque désire suivre Jésus. Si « le Fils de l’Homme n’a pas où reposer la tête», qu’en sera-t-il donc du disciple ? Quel style de vie doit-il être prêt à accepter ? Mais pour nous qui avons souvent charge de famille, comment traduire cette invitation dans les circonstances concrètes de notre vie ? A quelle attitude Jésus nous invite-t-il vis-à-vis des biens matériels ?

  • « Honore ton père et ta mère » disait la Loi (Ex 20,12). « Je ne suis pas venu abolir la Loi mais l’accomplir» dit Jésus (Mt 5,17) ! Est-il donc interdit à un disciple de Jésus d’aller enterrer son père ? Bien relire la réponse de Jésus : quelle invitation pressante lance-t-il ici en fait ?

  • Est-il donc également interdit de « faire ses adieux aux gens de sa maison » si l’on désire suivre Jésus ? Là aussi, bien relire la réponse de Jésus : contre quel danger met-il en fait en garde celui ou celle qui a décidé de se mettre à sa suite ?

 

Pour l’animateur 

  • Luc fait allusion à la mort de Jésus à Jérusalem, mais le vocabulaire employé a volontairement un double sens : les hommes, en tuant Jésus, vont « l’enlever de ce monde». Mais le Père, trois jours après, le ressuscitera d’entre les morts en déployant en Lui la Toute Puissance de l’Esprit Saint. Et il « l’enlèvera de ce monde » en le faisant asseoir à sa droite dans les cieux… St Luc nous racontera d’ailleurs l’Ascension de Jésus : « il emmena » ses disciples « jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. Tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et fut emporté au ciel » (cf. Lc 24,50-53).

            Et Jésus « prend avec courage la route de Jérusalem » car il sait qu’il va beaucoup y souffrir…

  • « Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils Unique afin que quiconque croit en lui ne se perde pas mais ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger (condamner) le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui ». « C’était Dieu, en effet, qui dans le Christ se réconciliait le monde » en lui offrant de « connaître la salut par la rémission de ses péchés grâce aux entrailles de Miséricorde de notre Dieu dans lesquelles nous a visités Jésus, l’Astre d’en Haut » (Jn 3,16-17 ; 1Co 5,19 ; Lc 1,76-79). Toute sa mission consiste donc à réconcilier les hommes avec Dieu et entre eux, leur apprenant le seul langage qui existe au Ciel, celui de l’Amour… Et dès que cet Amour circule entre les hommes, le Royaume des Cieux est là…

            L’Ancien Testament, dans son imperfection, présente parfois un Dieu vengeur ou violent. Les disciples connaissent bien cet épisode de la vie d’Elie où les envoyés d’Ochozias, un roi infidèle, le somment de venir au chevet de leur maître blessé. Et Elie de leur répondre : « Si je suis un homme de Dieu, qu’un feu descende du ciel et vous dévore », ce qui arriva, d’après le texte… Mais non, Dieu n’agit pas ainsi. Nous en avons la confirmation avec la réaction de Jésus, vrai Dieu et vrai homme… Il n’est pas accueilli ? Il va plus loin, et il reviendra plus tard, d’une manière ou d’une autre, pour leur offrir son Amour…

            Dieu est Amour, et il ne sait qu’aimer… Il répondra toujours au mal par l’Amour, ne cessant de chercher le meilleur pour celui qui fait le mal. Or le péché tue d’abord celui qui le commet en le privant de la Plénitude de la Vie divine pour laquelle nous avons tous été créés. D’où angoisses et souffrances profondes (Rm 2,9), ce que Dieu ne veut pas, Lui qui ne poursuit que le Bien de tous ses enfants. Il fera donc du bien à quiconque fait le mal en l’aidant à prendre conscience que ce qu’il fait est mal, en l’invitant à ne plus agir ainsi, de tout cœur, et en lui donnant en surabondance le pardon de toutes ses fautes passées. Il pourra ainsi repartir dans une Vie nouvelle, toute remplie de sa Paix et de sa Joie. Sur la Croix, Jésus priera ainsi pour tous ceux qui font le mal, tous ceux qui le tuent : « Père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34)…

  • Le disciple aussi risque bien de ne rien avoir pour reposer sa tête… Pensons aux missionnaires de l’Evangile qui ont tout quitté pour annoncer le Christ. Avec Jésus se révèle le Trésor de la Vie divine, Trésor d’Amour et de Paix qui ne demande qu’à remplir les cœurs. Face à ce Trésor, tout le reste devient fade… Certes, nous sommes tous pécheurs, mais le disciple de Jésus ne peut que montrer par la simplicité de sa vie, ou du moins par un certain détachement vis-à-vis des biens matériels, qu’il a trouvé avec Jésus ce Trésor de Paix et de Vie qui commence à le combler dès maintenant, par sa foi et dans la foi…

  • Non, le disciple de Jésus n’a pas à rejeter ses parents, bien au contraire ! Et Jésus donnera l’exemple en s’occupant de Marie, sa Mère, jusqu’au bout : juste avant de mourir, il l’a confiera à Jean, son disciple très cher (Jn 19,25-27). Ici, Jésus souligne l’urgence d’annoncer la Bonne Nouvelle du Don Gratuit de la Vie que Dieu veut accorder largement à tous les hommes, et cela d’autant plus qu’ils en sont privés par suite de leurs fautes : « Le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 6,23). En recevant ce Don, ils trouveront enfin le Bonheur qu’ils cherchaient en empruntant les chemins du mal. Or, c’est justement ce mal qui les en privait, sous ses apparences trompeuses d’abondance et de bien-être…

  • Enfin, Jésus connaît bien l’attachement si humain, si normal, si humainement normal que nous pouvons ressentir pour nos proches et nos amis. Les quitter pour le suivre est un réel sacrifice. Et comme le rencontrer, c’est répondre à l’appel d’une vie radicalement nouvelle, revenir en arrière peut aussi être synonyme de retourner à des comportements contraires au Royaume de Dieu. Non, le disciple de Jésus fait tout, avec le soutien de sa grâce, pour garder le regard de son cœur tourné vers Lui, en rejetant au même moment tout ce qui lui est contraire…

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS

L’Evangile aujourd’hui dans notre vie

  • Notre réaction face au mal, répondre par la force ? Où en sommes-nous ?

  • Suivre Jésus en choisissant une vie simple, en annonçant le plus largement possible autour de nous le Don de sa Vie, une Vie qui nous appelle nous aussi à changer notre vie : où en sommes-nous ?

ENSEMBLE PRIONS   

                      Tu as voulu, Seigneur, que la puissance de l’Evangile travaille le monde à la manière d’un ferment ; veille sur tous ceux qui ont à répondre à leur vocation chrétienne au milieu des occupations de ce monde : qu’ils cherchent toujours l’Esprit du Christ, pour qu’en accomplissant leurs tâches d’hommes, ils travaillent à l’avènement de ton Règne. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

 

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13ième Dimanche du temps ordinaire

 

 




Solennité du Saint Sacrement (Luc 9, 11-17) :     « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » (Francis Cousin)

 « Donnez-leur vous-mêmes à manger. »

C’est la réponse que fait Jésus aux apôtres qui lui demandent de laisser partir la foule qui était venue pour l’écouter et être guérie, de manière à ce que chacun puisse aller dans les villages pour acheter à manger car ils étaient « dans un endroit désert ».

Évidemment, stupeur des apôtres, car la foule est nombreuse : cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants ! (Entre parenthèses, cela veut dire qu’il y avait des enfants qui écoutaient Jésus, venus seuls ou avec leurs parents. C’est d’ailleurs un enfant qui donnera son repas pour que Jésus le multiplie, d’après saint Jean 6,8-9). Les apôtres se rebiffent : « On n’a que cinq pains et deux poissons, c’est même pas suffisant pour nous. Et acheter de la nourriture pour tout ce monde, on n’a pas assez d’argent ». Alors Jésus, ayant fait asseoir les gens, « prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. ».

On retrouve ces mêmes verbes dans la bouche de Jésus lors du repas pascal, la veille de sa mort : « Ayant pris du pain et rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant :Ceci est mon corps, donné pour vous’ » (Lc 22,19), de même pour le vin. Ces mêmes paroles sont redites par le prêtre à chaque messe lors de la consécration, comme l’avait dit Jésus : « Faites cela en mémoire de moi » (2° lecture).

Ce n’est que là que l’on peut comprendre la parole de Jésus : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. ». Car si c’était impossible pour les apôtres le jour de la multiplication des pains, dès la Pentecôte, les chrétiens se rassemblent pour « le partage du pain » présidé par les apôtres ou ceux qui ont reçu l’imposition des mains par les apôtres, et ainsi de suite jusqu’à maintenant. Et ainsi chacun peut communier à la vie de Jésus, ainsi qu’il l’a dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. » (Jn 5,56). Ce que pouvait dire d’une manière un peu poétique Marthe Robin : « Divine Eucharistie ! … Jésus en moi ! Le cœur de mon Dieu bat dans le mien. ».

Mais la communion (union avec) n’est pas seulement entre chaque chrétien et Jésus, elle est aussi entre les chrétiens eux-mêmes, et même entre les chrétiens et les non-chrétiens, car la participation à l’Eucharistie ouvre notre cœur à l’ensemble du monde, et n’est pas réservée à une petite catégorie de personnes, mais à tous : juste avant la communion proprement dite, le prêtre dit : « Heureux les invités au repas du Seigneur ! », sans restriction aucune (Il est d’ailleurs regrettable que quelques prêtres utilisent parfois une formule du genre « Heureux sommes-nous aujourd’hui d’être invités au repas du Seigneur » qui donne à penser que l’approche de la communion est réservée aux seules personnes présentes à la messe), ce qui ne veut pas dire que tout le monde est apte à communier : il faut d’abord être baptisé, en état de grâce (CEC 1415), et se souvenir que «  Celui qui aura mangé le pain ou bu la coupe du Seigneur d’une manière indigne devra répondre du corps et du sang du Seigneur. On doit donc s’examiner soi-même avant de manger de ce pain et de boire à cette coupe. Celui qui mange et qui boit mange et boit son propre jugement s’il ne discerne pas le corps du Seigneur. » (1 Co 11,27-29), et cela est une question de foi. Mais tous les humains sont invités au repas du Seigneur.

C’est pourquoi « l’Église recommande vivement aux fidèles de recevoir la sainte Eucharistie les dimanches et les jours de fête, ou plus souvent encore, même tous les jours. » (CEC 1389).

Dans la communion, c’est Jésus qui se donne, comme il s’est donné le vendredi saint en rémission de nos péchés, « pour la vie du monde », afin que, dit Jésus, « celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » (Jn 6,51.54), par amour pour les hommes.

Pour cela, il a fallu à Jésus une grande humilité, lui, le Maître et Seigneur, pour accepter de se faire Serviteur des hommes et mourir sur la croix. De même, nous aussi, nous devons avoir de l’humilité pour nous reconnaître pécheurs et indignes de ce don de Jésus de venir, avec le pain et le vin consacrés, demeurer en nos cœurs. C’est pourquoi nous ne pouvons que reprendre la prière du centurion romain et dire : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri ».

Le curé d’Ars disait : « La communion, vous n’en êtes pas dignes, mais vous en avez besoin ». Et le pape François, dans « La joie de l’Évangile » nous dit aussi : « L’Eucharistie, même si elle constitue la plénitude de la vie sacramentelle, n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles» (EG 47) Et nous sommes tous faibles au regard de Dieu.

Et le pape ajoute : « Sortons, sortons pour offrir à tous la vie de Jésus-Christ. (…) Je ne veux pas une Église préoccupée d’être le centre et qui finit renfermée dans un enchevêtrement de fixations et de procédures. Si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience, c’est que tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l’amitié de Jésus-Christ, sans une communauté de foi qui les accueille, sans un horizon de sens et de vie. Plus que la peur de se tromper j’espère que nous anime la peur de nous renfermer dans les structures qui nous donnent une fausse protection, dans les normes qui nous transforment en juges implacables, dans les habitudes où nous nous sentons tranquilles, alors que, dehors, il y a une multitude affamée, et Jésus qui nous répète sans arrêt :’’ Donnez-leur vous-mêmes à manger’’ » (EG 49)

Seigneur Jésus,

Tu nous demandes

de donner à manger à nos frères,

nourriture corporelle

pour ceux qui sont dans le besoin,

mais aussi nourriture spirituelle,

où là aussi les besoins sont immenses.

Et tous les chrétiens sont concernés.

Viens dans nos cœurs

 par ton Saint Sacrement

pour que nous vivions par toi.

Francis Cousin   

  

 

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Image dim Saint Sacrement C

 




Le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Luc 9, 11b-17)

Le Corps et le Sang de Jésus

donnés pour notre Vie (Lc 9,11b-17)

En ce temps-là, Jésus parlait aux foules du règne de Dieu et guérissait ceux qui en avaient besoin.
Le jour commençait à baisser. Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert. »
Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. »
Il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. »
Ils exécutèrent cette demande et firent asseoir tout le monde.
Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule.
Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ; puis on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers.

        

        

 

            Jésus vient d’envoyer les Douze en mission « annoncer la Bonne Nouvelle » du Royaume de Dieu « et faire partout des guérisons » (Lc 9,6). Et c’est à leur retour, après avoir parlé une fois de plus du « Règne de Dieu » et « guéri ceux qui en avaient besoin », qu’il va vivre avec eux cette multiplication des pains qui annonce l’institution de l’Eucharistie : son corps et son sang donnés pour la vie du monde… Jésus sent que sa fin approche… Et de fait, juste après, lors de sa Transfiguration, Moïse et Elie, « apparus en gloire, parleront de son départ qu’il allait accomplir à Jérusalem » (Lc 9,31). Jésus annoncera alors par deux fois sa Passion (9,22.44), et il invitera ses disciples à « se charger de leur croix chaque jour, à sa suite » (9,23). Puis il prendra « résolument le chemin de Jérusalem » (9,51) pour se livrer aux pécheurs, et mourir, de leurs mains, pour leur salut…

            La Fête du Corps et du Sang du Christ est donc, une fois de plus, celle de l’Amour. Jour après jour, la célébration de l’Eucharistie actualise en effet le don de Jésus « jusqu’à l’extrême de l’amour » (Jn 13,1). Il va « prendre sur lui nos infirmités, il va se charger de nos maladies » (Mt 8,17), il va « souffrir pour nous » en « portant lui-même nos fautes dans son corps » (1P 2,21-25). En silence, sans un mot, il va « enlever le péché du monde » (ce péché qui nous écrase, nous opprime, nous blesse et nous tue) en le prenant sur lui ! « Pour nous, c’est justice, nous payons nos actes », disait un des deux criminels crucifiés avec lui. « Mais lui n’a rien fait de mal… Jésus, souviens-toi de moi lorsque tu viendras avec ton Royaume ». Et il lui dit : « En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis » (Lc 23,39-43). La prophétie d’Isaïe s’accomplissait : « Il a été compté parmi les criminels, alors qu’il portait le péché des multitudes et qu’il intercédait pour les criminels » (Is 53,12).

            Ouvrir aux criminels repentants les portes du Royaume ! Tel est le Mystère qui se renouvelle en chaque Eucharistie où nous commençons tous par nous reconnaître pécheurs. Puis nous écoutons la Parole de Vie, la Bonne Nouvelle du Salut, et nous recevons gratuitement de l’Amour, le corps et « le sang de Jésus versé pour la multitude en rémission des péchés », ce sang qui symbolise sa Vie… Alors, purifiés par l’Esprit « Eau Pure » (Ez 36,25-27 ; 1Co 6,11), nourris de sa Vie par « l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63 ; 2Co 3,6), nous repartons fortifiés dans la vie pour mieux mener avec Lui le combat de la Vie !                                                                          DJF




Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité – Homélie du Père Louis DATTIN

Transformation des cœurs

Lc 9, 11-17

 

Avez-vous remarqué, frères et sœurs, toute l’importance que notre époque, accorde, à tort ou à raison, au corps, corps humain que notre siècle précédent, le XXe, avait méprisé, le soupçonnant d’être à l’origine de toutes nos fautes. Et nous savons, et nous avons à nous en souvenir, combien notre corps peut tourmenter, souiller, avilir, quelles lourdes pensées, quels tristes désirs, quelle lamentable curiosité, quelles avidités sourdes, il peut engendrer.

 Aujourd’hui, il semble que le corps soit exorcisé et que non seulement il est accepté, mais plus encore, glorifié, soigné, exalté.

Allez dans un magasin de revues hebdomadaires et comptez tous les magazines qui, d’une façon ou d’une autre, s’intéressent au corps : elles sont en majorité. Nous n’en sommes plus au temps de Verlaine qui disait : « Seigneur, donnez-moi de pouvoir contempler mon corps et mon cœur, sans dégoût ».

Les mannequins, top-modèles de la mode, sont actuellement payés plus cher que les actrices de cinéma : indice et signe que notre génération tient le corps pour une valeur primordiale.

Plus une civilisation est matérialiste, plus ce sera le ‘’corporel’’ qui prendra de la valeur. Les valeurs de l’intelligence, de l’affectivité, de la spiritualité seront reléguées au dernier plan. En fait, nous le savons bien, notre corps ne mérite ni cet excès d’honneur ni ce dégoûtant mépris.

Mon corps est neutre : il peut me permettre de faire un bien énorme et aussi de faire le mal le plus répugnant. Tout dépendra de la façon dont l’homme en fera usage. Il ne doit y avoir ni mépris, ni exaltation de ce corps qui m’est donné par Dieu pour accomplir ma destinée terrestre.

C’est à cause de cette bivalence et de cette importance de notre corps  que Dieu, le plus aimant, le plus pur, le plus tendre des êtres a voulu, en s’incarnant, c’est-à-dire en prenant à son tour un corps humain, nous livrer, nous rassasier à jamais d’un corps, de son corps.

Il a voulu que son corps soit une fête, un festin, une pure joie.

Jusque-là, dans la vie spirituelle, tout était trop dur pour nous, trop compliqué, trop abstrait : Jésus ne voulait pas que notre religion soit trop cérébrale, ce Dieu devant lequel il fallait rassembler ses idées pour y penser, qu’il fallait raisonner pour le connaître.

 

Dieu a voulu que la religion soit simple. Il a fait une religion pour des gens simples. Il a mis la religion à notre portée : à portée de mains, à portée de lèvres ; c’est cela l’incarnation.

C’est pour cela que cette fête du Corps du Christ, que nous célébrons aujourd’hui ‘’Et Verbum caro factum est’’ : ‘’le Verbe, la Parole de Dieu s’est faite chair’’, la révélation de Dieu, sa manifestation consiste en ce que nous l’avons vu de nos yeux, nous l’avons entendu, nos mains l’ont touché, lui, le Verbe de Vie et cette incarnation continue dans les sacrements. Les sacrements, c’est le corps, c’est la chair, c’est la voix de Jésus, étendu, perpétué jusqu’à nous pour nous atteindre.

L’incarnation, les sacrements :

– c’est Dieu qui entre en nous par les sens,

– c’est Dieu qu’on avale et qu’on boit,

– c’est Dieu qui nous envahit par le chemin le plus ordinaire, le plus fréquenté, le plus apte à nos capacités et à nos goûts.

Ces gens, trop simples, trop pauvres, Dieu a voulu les enrichir avec une prodigalité joyeuse. Quelle joie de pouvoir refermer ses mains comme Siméon, sur ce qu’il y a de meilleur au monde !

Dieu est là, le plus actif, le plus agissant, le plus aimant de tous les êtres. Dieu est devenu quelqu’un qu’on peut toucher, à qui on peut s’accrocher, à qui le curé d’Ars disait, en étreignant l’hostie entre ses mains et ses pauvres doigts raidis :

« Ah ! Si je savais que je dusse être damné, séparé de vous pour l’éternité, je ne vous lâcherais plus ! »

Dieu est devenu quelqu’un qu’on peut aimer, contre qui on peut se blottir, sur qui on peut fermer ses mains et ses yeux : ce que la pauvre femme  païenne  a pu  faire, en une seconde, dans la bousculade  de la foule :

« Si je  touche seulement  un pan de son manteau, je serai guérie ».

Nous pouvons le faire, nous, sans cesse et encore et toujours : c’est là, notre chance à nous. Tant de messes où nous pourrons l’entendre dire : « Ceci est mon Corps » ! Tant de communions à venir, de confessions à répéter : « Il est là, mon pèlerinage est fini, je n’ai plus rien à faire d’autre que de l’aimer ». Il est là pour l’éternité ! Mieux penser à ce que l’on fait, à ce que l’on va faire, à celui qui est là.

« Venez voir, venez, vous tous, tourmentés, affamés de corps brutaux et violents, dans vos désirs où vous précipitent fureurs et dégoûts. Venez-vous rassasier d’un Corps : il vous est offert, livré pour vous. Osez étreindre ce Corps, et voilà que votre Corps s’apaise, se purifie, s’adoucit, devient léger, délicat, tendre et pur ».

Ce Corps que vous mangez est une chair surnaturelle, une chair mortifiée, purifiée, glorifiée, qui a fait le grand passage : elle est ‘’ressuscitée’’, pénétrée de lumière, soulevée de joie, remplie d’Esprit Saint. Quand vous mangez ce Corps, vous mangez la mort et la vie de Jésus.

Pendant que vous mangez ce Corps, meurt en vous tout ce qui doit mourir et ressuscite en vous, tout ce dont vous devriez vivre. La présence réelle sera l’occupation réelle de votre chair et même votre solitude sera peuplée, comblée, vivante.

Simplement quelqu’un sera là qui comble toute la capacité de votre être. Vous continuerez votre vie ; on lit, on travaille, on cause avec un ami, mais un moment de recueillement suffit. C’est comme une main furtivement pressée, un bref regard d’amour, un clin d’œil, un signe de connivence. Il est là et me place dans une miraculeuse sécurité.

Si vos communions deviennent sérieuses, conscients que vous êtes, de la merveilleuse présence de Jésus en vous, vous ne serez jamais plus le même : un autre s’est mis à vivre en vous, avec vous et il vous ouvre aux autres, qui, eux aussi, l’ont reçu à leur tour. Vous retrouvez en lui :

– tous ceux que vous croyiez avoir quittés,

– tous ceux que vous aimiez si mal auparavant,

– tous vos morts dont vous pensiez être séparés.

Voilà que dans la communion, nous nous retrouvons tous ouverts, transparents, accessibles comme un fleuve qui circule d’eux à vous et de vous à eux.

 

Comme le pain qui est sur l’autel est fait de froment dont les épis étaient auparavant épars sur les collines, comme le vin qui est sur l’autel est fait de grains de raisins clairsemés sur les coteaux et réunis maintenant en un seul vin, un seul pain, ainsi tous ceux qui communient sont rassemblés en un seul Corps devenant le Corps du Christ vivant, le grand Corps des enfants de Dieu.

Et quand vous serez devenus ce Corps, quand vous aurez pris votre place et votre vie dans ce Corps, voilà que vous comprendrez à votre tour que ce Corps mystique du Christ, il faut de nouveau l’offrir, le donner, le livrer aux autres qui ont besoin, eux aussi, de se purifier, de se consoler, de se convertir.

Vous aussi, par votre rayonnement, celui du Christ à travers vous, vous leur livrerez ce Corps du Christ et vous sentirez naître en vous les gestes d’amour et de générosité avec lesquels, lui, le premier, nous a rassasiés, enivrés, et accompagnés par son corps et son sang.   AMEN




Rencontre autour de l’Évangile – Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité

“ Ceci est mon corps qui est pour vous. ”

“ Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang. ”

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Lc 9, 11b-17)

Et soulignons les mots importants

Jésus parlait du règne de Dieu : Si nous avions à dire en quelques mots ce qu’est ce ‘Règne de Dieu’, qu’est-ce que nous dirions ?

Guérissait : Il est souvent question de guérison dans les évangiles : Quel rapport avec le Règne de Dieu ?

Renvoie cette foule : Pourquoi cette attitude des disciples ?

Donnez-leur vous-mêmes à manger : Comment interpréter cette parole de Jésus ?

Cinq pains et deux poissons 

Cinq mille hommes : L’évangéliste souligne la différence énorme entre les chiffres : qu’est-ce qu’il veut mettre en valeur ?

Faites-les asseoir par groupe : Dans l’organisation du repas, Luc souligne deux choses importantes, l’une concernant les “ Douze ”, l’autre concernant la foule : lesquelles ?

Levant les yeux au ciel : Que signifie cette attitude de Jésus ?

Jésus  « Prit… Bénit et rompit, Donnèrent » : A quoi nous font penser ces 4 verbes ?

Pour qu’ils les distribuent : Luc revient sur le rôle  des “ Douze ”.

Tous mangèrent à leur faim : Luc ne donne pas ce détail inutilement. Qu’est-ce qu’il veut faire comprendre de la mission de Jésus ?

Douze paniers : Chacun des Douze se retrouve avec un panier plein. Qu’est-ce que cela peut bien symboliser ?

 

Pour l’animateur 

  • Dans l’évangile de Luc, multiplication des pains se situe après la mission des Douze. Jésus reprend sa tâche spécifique, qu’il avait confiée un moment aux Douze : parler du Règne de Dieu qui vient, et les guérisons sont les signes de ce Règne. En effet, le Règne de Dieu, c’est pour les hommes une vie nouvelle, libérée du péché et de toutes les misères, conséquences du péché. Les guérisons physiques annoncent cette libération et le rétablissement complet des êtres humains dans la vie avec le Christ ressuscité. Parole et gestes, tout dans la vie de Jésus parle du Royaume de Dieu son Père, Royaume de vie en plénitude.

  • Jésus accueille la foule. Les Douze voudraient se débarrasser d’une responsabilité qui leur paraît trop lourde : « renvoie cette foule».

  • Jésus continue de leur faire confiance :  Donnez-leur vous-mêmes à manger”. Jésus ne fait rien sans ses disciples : Il veut les associer à son geste, il veut les faire participer ;  il prend en compte les quelques provisions dont ils disposent.

  • La différence entre les cinq pains et les cinq mille hommes souligne la grandeur du don fait par Jésus. Jésus est un prophète beaucoup plus grand qu’Elisée qui, lui aussi, avait multiplié le pain ( 2R 4,43).

  • Le miracle prend la forme d’un partage en groupe : c’est un détail important. Il ne s’agit pas d’une distribution à une foule de gens dans le désordre et l’anonymat. Les Douze sont chargés d’organiser le partage. Dans la pensée de Luc, il y a là une indication sur le rôle des apôtres dans l’Eglise.

  • Les quatre verbes qui décrivent les gestes de Jésus renvoient le lecteur directement à l’Eucharistie.

  • Les Douze paniers pleins des morceaux qui restent signifient qu’il en reste encore pour nourrir une multitude : Jésus est venu apporter la Vie en plénitude pour tous les hommes. (Douze tribus d’Israël = L’ensemble du peuple de Dieu. Douze Apôtres = mission universelle pour le nouveau Peuple de Dieu. Douze paniers = La vie pour tous.)

TA PAROLE DANS NOS COEURS

Contemplons Jésus. Regardons-le avec la foule. Ecoutons-le nous dire :  “ Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. ” (Jn 10,10) “ Ceci est mon corps donné pour vous ” (1Co 11, 23) Il est présent dans son Eglise. Il connaît la faim des hommes d’aujourd’hui.

Pensons à l’Eucharistie, le Repas du Seigneur, que Luc appelle aussi “ la Fraction du Pain ”. Pensons au ministère des évêques et des prêtres par qui aujourd’hui Jésus Ressuscité continue de multiplier le Pain du Ciel,  pour nourrir les foules : c’est le Pain du Royaume qui donne la vie éternelle.

 

L’Evangile aujourd’hui dans notre vie

Le Seigneur Jésus a voulu avoir besoin des hommes pour faire connaître le projet de Dieu son Père : faire participer tous les hommes à sa vie.

Comment j’accueille ce Projet ? Comment là où je suis  dans ma famille, dans mon quartier, dans mon travail, dans ma paroisse…) je me sens concerné par ce Projet, pour travailler au Règne de Dieu ?

Est-ce que je ne ressemble pas parfois aux apôtres : j’ai envie de fuir ma responsabilité, de me débarrasser de telle personne un peu gênante, ou pour laquelle  je ne crois pouvoir rien faire ? Je n’ai pas envie de participer à quoi que ce soit !

En nous disant “Donnez-leur vous-mêmes à manger ”, à quoi Jésus nous invite aujourd’hui ? (on peut chercher ensemble quels sont les besoins des gens pour lesquels le Seigneur nous demande de faire quelque chose.)

Nous devons faire aussi l’inventaire de nos moyens d’agir même s’ils nous paraissent très peu de chose. Est-ce que nous croyons qu’avec ce peu que nous mettons à sa disposition,  il peut faire un miracle ?

Si nous  “marchons ” avec Jésus, sa puissance se révèle à travers notre pauvreté et notre faiblesse : il lui faut notre cœur, nos bras, notre intelligence, notre foi pour qu’il fasse l’impossible.

A quoi nous engage de communier au Corps et au sang du Christ ? Ne serait-ce pas pour être unis très intimement à lui et avoir sa force, pour qu’avec lui nous puissions faire quelque chose pour répondre aux appels à toutes les faims des foules d’aujourd’hui ?

 

ENSEMBLE PRIONS   

Animateur :

Vois notre faim, Sauveur du monde

Partage-nous ta Parole et ton Pain.

(Tous répètent)

Je suis le pain de la vie :

Qui vient à moi n’aura plus jamais faim, qui croit en moi n’aura plus jamais soif.

Tous : Partage-nous ta Parole et ton Pain.

Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle

Et moi je le ressusciterai au dernier jour.

Tous : Vois notre faim, Sauveur du monde

Partage-nous ta Parole et ton Pain

 

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Saint Sacrement

 

 




La Sainte Trinité (Jean 16, 12-15) :  « L’Esprit de vérité vous conduira dans la Vérité toute entière. » (Francis Cousin)

 « L’Esprit de vérité vous conduira

dans la Vérité toute entière. »

Il ne faut pas se tromper sur le sens de cette phrase.

Il ne s’agit pas d’un constat, d’une chose automatique qui se fera quelles que soient les circonstances. Comme tout ce que nous promet Dieu, cela ne peut se réaliser que si nous le voulons bien. Parce que Dieu nous a doté d’une intelligence et nous a laissé le libre arbitre, l’Esprit ne pourra nous conduire quelque part que si nous acceptons de nous y laisser conduire par lui. C’est la première chose.

La deuxième est qu’il faut que nous soyons capables de reconnaître l’action de l’Esprit, ou de reconnaître les petits signes par lesquels il nous montre sa présence, nous incite à faire une action ou ne pas faire une autre, nous insuffle des conseils … Et pour cela, il faut être attentif à sa présence. Cela peut passer par la prière, mais aussi par des événements ou par des personnes.

Ce qui veut dire que nous pouvons, chacun de nous, être des ’’révélateurs’’ de la pensée de l’Esprit pour les autres.

L’Esprit Saint ne vient pas simplement pour nous, mais pour que nos actions soient bénéfiques aux autres aussi.

Trop souvent, quand on pense à l’Esprit Saint, on pense d’abord à soi : Esprit Saint, aide-moi à faire ceci … Esprit Saint, fais cela pour moi …

On pense qu’il vient pour m’aider, me consoler, me guider … et ce faisant, nous nous coupons du monde, nous devenons égoïstes.

L’Esprit Saint vient sur nous, nous guide, nous pas pour nous seulement, mais pour le Salut du monde, pour que nous puissions accomplir la mission qui est la nôtre non pas pour nous seuls, mais auprès des autres, pour être à notre tour une aide pour les gens, dans tous les domaines de la vie : familiale, professionnelle, économique, politique, associative, culturelle …

Quelle est notre mission en tant que chrétiens ? Suivre Jésus-Christ sur le chemin qui nous mène vers le Père.

Mais si, au bout du chemin, on arrive tout seul devant le Père, d’après vous, que nous dira-t-il ?

« Très bien ! Tu as gagné. Tu as distancé tous les autres. Bravo ! »

Ou bien : « Tu es là, mais où sont tous les autres avec lesquels tu as marché sur le chemin ? Pourquoi n’as-tu pas aidé ceux qui s’essoufflaient, …ceux qui avaient une charge trop lourde, … ceux qui étaient malades, désespérés, … ceux qui avaient faim, soif, qui étaient nus … ? » (cf Mt 25,31-46)

Et on pourrait ajouter toutes les autres œuvres de miséricorde, spirituelles et corporelles…

Je crois que tout le monde sait ce que dira le Père.

Parce qu’il l’a déjà dit par ses prophètes : « [Ce] qui me plaît, n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? » (Is 58,8). Il l’a redit par son Fils Jésus : « “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” (…) “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.” Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. » (Mt 25,40.45-46).

Et le pape François ne dit pas autre chose : « … Nous oublions que le critère pour évaluer notre vie est, avant tout, ce que nous avons fait pour les autres. La prière a de la valeur si elle alimente un don de soi quotidien par amour. Notre culte plaît à Dieu quand nous y mettons la volonté de vivre avec générosité et quand nous laissons le don reçu de Dieu se traduire dans le don de nous-mêmes aux frères. » (GE 104)

On n’est pas chrétien tout seul, et on ne nait pas chrétien tout seul. Il y a la famille, les autres chrétiens, les exemples et les témoins, les saints … et surtout il y a l’Esprit Saint …

Jésus nous a dit : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, [non pas parce que vous avez fait de grandes choses extraordinaires : construire une cathédrale, créer un nouvel ordre religieux … mais] si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13,35).

Et saint Paul nous donne une image simple à comprendre : « Vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps. …  Le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. … Il a voulu ainsi qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres» (1 Cor 12,27.12.25).

Alors, qu’elle est notre mission, avec l’aide de l’Esprit Saint ?

« … Ta propre mission est inséparable de la construction de ce Royaume [que le Christ est venu apporter] … Ton identification avec le Christ et avec ses désirs implique l’engagement à construire, avec lui, ce Royaume d’amour, de justice et de paix pour tout le monde. Le Christ lui-même veut le vivre avec toi, dans tous les efforts ou les renoncements que cela implique, et également dans les joies et dans la fécondité qu’il peut t’offrir. Par conséquent, tu ne te sanctifieras pas sans te donner corps et âme pour offrir le meilleur de toi-même dans cet engagement. » (Pape François, GE 25).

« La vie n’a pas une mission, mais la vie est mission » (Xavier Zubiri, cité dans GE 27).

« La vie est mission », c’est le thème pastoral du diocèse cette année.

Esprit Saint,

Tu ne viens pas seulement pour nous,

mais pour que, ensemble,

 nous construisions une véritable Église,

faite d’amour, de justice et de paix,

fondée sur la Parole de Jésus.

Aide-nous à penser d’abord aux autres

avant de penser à nous.

Francis Cousin   

 

 

 

 

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