Douzième dimanche du temps ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER

  Construire fermement sa vie sur le Christ

(Mt 10, 26-33)

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu.
Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits.
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps.
Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille.
Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.
Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux.
Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »

 

 « Tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu ». Et ce Jour-là ne subsisteront que les œuvres faites « en Dieu », en harmonie avec notre conscience, dans la paix du cœur, la droiture, la justice et la vérité de l’Amour… Dieu Lumière en révélera la lumière, « et l’ouvrier recevra sa récompense ». En effet, « à ceux qui par la constance dans le bien recherchent gloire, honneur et incorruptibilité : la vie éternelle ». Mais « souffrance et angoisse pour toute âme humaine qui fait le mal » (Rm 2,9-10). Car tout ce qui n’a pas été accompli « en Dieu », tout ce qui s’est réalisé dans le secret du mensonge et de l’injustice, toutes les œuvres de ténèbres disparaîtront lorsque la Lumière surgira. Elles seront « consumées et celui qui les a commises « en subira la perte »… Remords, tristesse et amertume surgiront alors face à tout ce temps perdu, cette vie gâchée… Tel sera le sort de l’âme qui « périt dans la géhenne ». Mais heureusement, St Paul ouvre encore une porte à l’espérance : « elle sera sauvée, mais comme à travers le feu » (1Co 3,10-15)…

            Aussi, pour se détourner dès maintenant de ces ténèbres et choisir la Lumière, Jésus nous rappelle que nous ne sommes pas seuls. Le Père veille sur chacun d’entre nous, « tous nos cheveux sont comptés ». A la prière de Jésus, « Père, je ne te prie pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais » (Jn 17,15), sa Présence nous accompagne dans tous nos combats quotidiens. Si nous nous abandonnons à elle dans la confiance, « vous remercierez le Père qui vous a mis en mesure de partager le sort des saints, dans la Lumière », écrit St Paul. « Il nous a en effet arrachés à l’empire des ténèbres et nous a transférés dans le Royaume de son Fils Bien-Aimé en qui nous avons la Rédemption, le pardon des péchés » (Col 1,12-13). Les verbes sont au passé ou au présent : l’aventure commence dès maintenant. Elle n’attend que le « Oui ! » de notre foi. Et l’action souveraine de l’Esprit Saint ne décevra pas l’attente de tous ceux et celles qui se prononcent fermement pour le Christ, dans leur cœur et « devant les hommes »…

                                                                                                                                  DJF




Douzième dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN

N’ayez pas peur

Mt 10, 26-33

            Nous avons toujours tendance à penser que l’évangélisation aujourd’hui serait plus difficile qu’à d’autres époques. Il est vrai que notre monde sécularisé et matérialisé n’écoute guère la voix de Dieu. Mais Jésus, en son temps, a dû éprouver vivement cette même difficulté.

 

Rappelez-vous, sa prédication de la Parole de Dieu fut bien modeste, à la façon d’un message voilé, murmuré dans l’ombre, au creux de l’oreille. Jésus en a parfaitement conscience, mais il a l’audace de croire que son message de l’Évangile fera le tour de la terre, qu’il sera dévoilé au grand jour, “proclamé sur tous les toits” malgré tous les obstacles. Que l’évangélisation soit un acte de courage et d’audace contre toutes les apparences contraires, cela ressort du refrain de cet Evangile :

« Ne craignez pas ! » et pourtant « Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ! ». Il ne s’agit donc pas de rester dans nos pantoufles sous prétexte de prudence, de présenter l’Évangile comme un petit traité de psychologie ou “d’équilibre mental” ou d’une boîte de “capsules de bon sens”. Jésus sait qu’il est dangereux de parler de Dieu et les chrétiens doivent dominer cette crainte. Un chrétien doit avoir en horreur ce qui est fade et insipide : toute sa vie, ses paroles doivent avoir la saveur du sel, la chaleur du feu et même un certain goût de violence. Le Royaume des cieux souffre violence « ce sont les violents qui s’en emparent ». Il faut au chrétien cette folie qui s’appelle la “foi en Jésus-Christ”.

Aujourd’hui, l’homme moderne est impressionné par la montée des sciences, les progrès technologiques, comme si tout cela rendait la foi vieillotte, dépassée, inutile. On ne sait plus ce qui est vrai et beaucoup sont tentés de se taire, de ne plus proclamer sur les toits l’Évangile ou plus subtilement de l’édulcorer et de n’en retenir que ce qui va dans le sens du monde.

Sachons tout d’abord que, même les plus intrépides porte-paroles de Dieu ont connu la peur : peur de ne pas être suivis, peur d’être incompris, peur du ridicule, peur de la solitude, peur de la persécution, peur de la mort. Audace, hardiesse, courage, initiative, goût du risque sont des vertus nécessaires pour qui veut suivre Jésus.

« Ne craignez pas, n’ayez pas peur », nous dit Jésus.

Mais lui, Jésus, a-t-il eu peur ? Oui ou non ? Non, parce qu’il a osé s’affronter aux autorités religieuses de son temps, ce qui n’était pas rien, pour leur montrer que c’était l’amour et la miséricorde qui l’animaient et éclairaient sa mission.

Il guérit, exprès le jour du sabbat, montrant ainsi que l’amour d’une personne qui souffre passe avant les règlements religieux les plus sacrés.

Il attaque les pharisiens sur leur ritualisme, leur disant qu’aux yeux de Dieu, c’est la pureté du cœur et des sentiments qui ont la priorité.

Il va au-devant des lépreux, ose les toucher et qui plus est, les réintégrer dans la société. Il fréquente les gens les plus pauvres, les plus méprisés, va manger avec eux, allant jusqu’à dire qu’il n’était pas venu pour les justes, mais pour les pécheurs comme un médecin qui n’est pas fait pour les bien-portants, mais pour les malades.

Il dénonce ouvertement l’hypocrisie des scribes qui font des règlements pour les autres et qui, eux-mêmes en prennent à leur aise. Bref, il se met à dos les responsables de son temps.

Mais il n’a pas peur et devant ses juges, il affirme clairement sa divinité. « Es-tu le Messie, le fils de Dieu? » Et sa réponse va le condamner à mort : Jésus n’a pas eu peur d’être fidèle à sa mission.

Mais par ailleurs, Jésus n’est pas un homme insensible et stoïque devant les souffrances qu’il rencontre. Rappelez-vous Gethsémani : on le verra accablé de tristesse, de peur et d’angoisse. Oui, comme nous tous, Jésus a eu peur de la souffrance et de la mort. Et nous ? Il est bien normal aussi que nous ayons peur de la souffrance et de la mort, même si nous croyons en Dieu et même si nous savons qu’il ne nous abandonnera pas.

Mais quand il est question de l’essentiel, de notre mission de chrétiens, Jésus nous dit clairement : « N’ayez pas peur d’être fidèles jusqu’au bout », « On vous contredira, on dira toute sorte de mal contre vous à cause de moi, gardez confiance, n’ayez pas peur ».

Traduisons tout cela pour nous-mêmes :

 N’ayez pas peur de vous montrer fidèles à l’Esprit de Jésus et à vos convictions religieuses.

 N’ayez pas peur des imprévus et des incertitudes de l’avenir ; la vie, c’est une grande aventure et vous n’en êtes pas, vous les chrétiens, de simples figurants mais des acteurs…

 N’ayez pas peur des petites ou grandes tempêtes qui peuvent survenir, gardez confiance « Je suis avec vous » pour vous aider à faire face.

 N’ayez pas peur de prendre position ouvertement pour défendre une cause juste.

 N’ayez pas peur de prendre du temps pour soulager celui qui souffre ou pour accueillir celui qui n’a plus rien.

 Ne vous laissez pas paralyser par la peur.

Sur quoi donc s’appuie Jésus pour avoir tant de courage ?

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps mais ne peuvent tuer l’âme ». La puissance de l’homme est bien limitée : elle ne peut atteindre en nous que la vie terrestre : le corps. Aucune puissance humaine n’est capable de détruire ce qui fait notre valeur véritable, l’espérance de la vie éternelle, l’âme. C’est ce courage-là qui fait rester en Algérie les trappistes de Tibhirine et les coptes d’Egypte et c’est sans peur et le cœur en paix que les neuf trappistes priaient dans leur couvent de Médéa : ils savaient ce qui les attendait, mais ils avaient mis leur confiance en Dieu.

Pour illustrer cette confiance absolue, Jésus raconte deux petites paraboles inoubliables : « Ne vend-t-on pas deux moineaux pour un sou ? », « Or pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père ne veuille ». Quant à vous, même vos cheveux sont comptés ! (Personnellement, je ne donne pas de travail à Dieu pour ce calcul). Comme elles semblent naïves ces deux paraboles des deux moineaux et des cheveux ! Pourtant, plus que tous les discours abstraits, ces images nous crient que Dieu nous aime et prends soin de nous, que rien n’échappe à l’amour vigilant de notre Père.

Alors que pourrions-nous craindre puisqu’il dispose de notre destin total et ultime ? Quel est l’horizon de notre agir dans notre vie quotidienne : le corps seul ou le corps et l’âme ?

Mais, après nous avoir dit que nous n’avons pas à avoir peur, Jésus reprend : « Craignez plutôt ceux qui peuvent tuer l’âme ».

Formule étonnante ! Que signifie, dîtes-moi, tuer l’âme ? Est-il possible de tuer l’âme ? L’âme ne serait-elle pas immortelle ?

Jésus s’explique immédiatement :

« Celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi, je le

renierai devant mon Père qui est aux cieux ».

Voilà donc, seulement ce que nous avons à craindre : la seule chose à redouter, c’est de perdre la foi, d’apostasier. Ce qui tue l’âme, c’est de renier Jésus. Ce qui perd l’Eglise, ce ne sont pas les persécuteurs, mais les lâcheurs. Ce que nous devrions craindre le plus, c’est la déperdition de la foi dans nos âmes.

Quand on pense aux campagnes télévisées pour sauver des espèces animales en déperdition par suite d’une marée noire, pour les “tang” ou pour les phoques, on peut se demander ce que nous devrions faire pour que l’homme lui-même ne soit pas avili, détruit de l’intérieur, en perdant tout sens pour sa vie. « Périr dans la géhenne » voilà ce que Jésus redoute le plus pour l’humanité.

Pour finir, frères et sœurs, rappelons-nous que notre vie de chrétiens ne peut pas être “neutre”. Elle est plutôt un choix rigoureux « ou bien… ou bien… » : ou bien nous nous prononçons “pour” Jésus, ou bien nous nous prononçons “contre” lui.

Enjeu formidable : voilà où se situe le sérieux de notre vie ! « Ne craignez pas la mort du corps, craignez la mort de l’âme! » AMEN




Solennité du corps et sang du Christ (Jn 6, 51-58) – Francis COUSIN)

« Nous sortirons … »

Ce jour-là, dans la synagogue de Capharnaüm, l’ambiance devait être survoltée entre les juifs et Jésus quand, après plusieurs incompréhensions, Jésus dit : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. ». Réaction des juifs : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? ». Et sans doute, si nous avions été là, nous aussi nous aurions réagi vivement !

Et Jésus insiste encore : « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. ». On remarquera que Jésus parle au présent, ce qui ne peut que gêner les gens présents, qui sont bien vivants, mais qui ne comprennent pas qu’il faille manger la chair de Jésus pour être ce qu’ils sont ! Mais pour nous qui communions régulièrement, cela veut dire que nous avons déjà la vie éternelle … si nous continuons à croire et vivons en pratiquant l’évangile. En sommes-nous vraiment conscients ?

Est-ce que nous aurions suivi Jésus à l’époque, après ce discours ? L’ambiance était chaude ! Heureusement que Pierre s’écrira ensuite : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6,68). Mais avait-il bien saisi tout ce que Jésus avait dit ?

Et lors de la Cène, avant de mourir, quand Jésus dit : « Ceci est mon corps … Ceci est mon sang … Faites cela en mémoire de moi … », les apôtres ont-ils compris ce qu’il voulait dire ?

Quelle aurait été notre réaction en l’entendant ?

Heureusement qu’à Emmaüs Jésus refit ces ’’gestes’’ et que les deux disciples « le reconnurent à la fraction du pain. » (cf Lc 24,31), et que ces ’’gestes’’ devinrent le signe de l’appartenance au ’’groupe de Jésus-Christ’’ qu’on appellera quelques temps après les Chrétiens.

Car ces ’’gestes’’ sont plus que des gestes, ce sont des signes qui accompagne le sacrement de l’eucharistie, don gratuit du pain, « vraie nourriture » devenu corps du Christ, et du vin, « vraie boisson » devenu sang du Christ.

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. » Il y a union intime entre nous et Jésus, et cette union intime nous fait entrer dans la vie de la sainte Trinité, dans l’amour entre le Père et le Fils. Ainsi, en communiant, nous vivons par Jésus dans l’amour de la Trinité.

Mais cette vie par Jésus n’est pas personnelle, à moi ! Elle est pour tous ceux qui communient, « puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. », le corps du Christ (deuxième lecture).

Communion entre nous … mais pas seulement …

Les circonstances récentes ne nous ont pas permis pendant plusieurs semaines de communier au corps du Christ, et de manifester notre communion entre paroissiens. Cela a été pour beaucoup de personnes un manque de ne pouvoir communier. Avec le déconfinement, depuis deux ou trois semaines, selon les paroisses, il est de nouveau possible de participer physiquement à la messe et de communier au corps du Christ, et c’est une grande joie pour nous ; mais vues les restrictions obligées, certaines personnes ne peuvent pas participer à la messe, ou ont peur d’y participer.

Dans la ligne pastorale du pape François qui nous invite à aller vers les périphéries de l’Église, un groupe de personnalités et de responsables d’associations caritatives catholiques ont publié une tribune libre « Nous sortirons ! » dans laquelle ils disent :

« … mais si nous avons faim et soif de l’Eucharistie, ce n’est pas pour nous confiner d’une autre manière, entre nous (…)

Nous sommes invités à sortir de nos cénacles étriqués, portés par l’Esprit Saint, afin de trouver le Christ dans « les joies, les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent » (Gaudium et Spes n 1) (…)

Nous sortirons trouver le Christ sur nos chemins d’humanité, une présence qui nous redonne un cœur brûlant !

Oui, ayant puisé notre force dans la Parole de Dieu tout au long de ce confinement, et bientôt nourris par le pain eucharistique, nous sortirons pour proposer de nouveaux modes de vie prophétiques, et construire avec tous les hommes de bonne volonté la civilisation de l’amour.

N’ayons pas peur ! »

« N’ayez pas peur ! », c’est ce que disait saint Jean-Paul II le soir de son élection. C’est lui aussi qui écrivait : « La mission de l’Église est en continuité avec celle du Christ : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie » (Jn 20, 21). C’est pourquoi, de la perpétuation du sacrifice du Christ dans l’Eucharistie et de la communion à son corps et à son sang, l’Église reçoit les forces spirituelles nécessaires à l’accomplissement de sa mission. Ainsi, l’Eucharistie apparaît en même temps comme la source et le sommet de toute l’évangélisation, puisque son but est la communion de tous les hommes avec le Christ et en lui avec le Père et l’Esprit Saint. » (Ecclesia de Eucharistia n 22).

Communions au corps du Christ ! C’est important pour nous … mais surtout pour notre action envers les autres.

Seigneur Jésus,

tu as donné ton corps et ton sang pour nous,

sur la croix,

pour que nous ayons la vie éternelle.

Et tu nous les donnes encore

sous la forme du pain et du vin consacrés,

pour que nous ayons la force d’aller vers les autres,

les malades, les pauvres, les brutalisés, les mal-logés,

les prisonniers, ceux qui perdent leur travail, les immigrés,

les handicapés, les enfants à naître, les personnes en fin de vie,

tout ceux dans lesquels tu es présent,

et dans lesquels on ne te voit pas !

Ouvre nos yeux, Seigneur !

Francis Cousin

 

 

 

 

 

Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le titre ci-après:

Prière dim Saint Sacrement A




Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité – Homélie du Père Louis DATTIN

Autrefois la manne,

aujourd’hui son Corps

Jn 6, 51-58

 

Si l’on demandait à chaque chrétien pratiquant : « Pourquoi viens-tu à la messe le dimanche ? » nous aurions sans doute des réponses très variées.

 

 

L’un dira : « Pour retrouver mes frères chrétiens, pour faire communauté avec eux ».

Un autre : « Pour m’évader de mes soucis matériels et pour respirer un peu de spirituel car on n’est pas des bêtes, n’est-ce-pas ? »

Un autre : «  Pour écouter le Seigneur qui nous parle par la Bible et l’homélie. Il me semble que chaque semaine, le Seigneur a quelque chose à me dire ».

Un autre : « Pour communier, pour recevoir le Christ car j’en ai besoin pour reprendre courage. »

Un autre dira aussi : « Pour prier, la messe m’aide à prier ; sans la messe, je perdrais l’habitude de prier ».

Dans toutes ces réponses, nous retrouvons les divers bienfaits que nous apporte la messe.

La première lecture d’aujourd’hui nous a rappelé la longue marche, jadis, du peuple d’Israël dans le désert : manquant de tout, Israël avait pris conscience de sa faiblesse, de sa pauvreté. Il n’y en avait qu’un, qu’un seul, qui pouvait intervenir efficacement  et l’aider à s’en sortir : c’était Dieu, Dieu qui l’accompagnait au long de ces étapes terribles, Dieu qui soutenait son peuple dans sa marche vers un pays inconnu mais promis par lui.

Et nous ? Notre vie quotidienne ne ressemble-t-elle pas parfois à une espèce de traversée de désert ? Si l’on additionne nos fatigues, nos problèmes, nos responsabilités diverses, il est des soirées où nous sommes harassés et où nous broyons du noir : nous avons l’impression, à certains moments, d’être dans le tunnel et nous avons beau avancer, continuer à marcher, nous ne voyons pas le bout.  Et nous aussi, tout autant que le peuple hébreu, nous avons besoin de ce compagnon de route qui est là, pour nous accompagner, pour nous soutenir.

* La deuxième lecture nous rappelle que par la messe et la communion, nous formons ensemble : un corps, une seule famille, une même communauté avec tous nos frères chrétiens « Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain ».

L’Eucharistie, c’est vrai, est le sacrement de notre unité.  Lorsque l’assemblée que vous formez, revient de la communion, aussi divers que vous êtes les uns les autres, vous n’êtes plus qu’un, puisque le Christ est présent en chacun d’entre vous. Vous êtes tous, simplement, des cellules du corps du Christ liées ensemble par lui dans cet organisme vital qui s’appelle : l’Eglise.

Le pain, c’est ce qui symbolise le mieux notre nourriture de tous les jours et aussi notre vie. Ne dit-on pas : « Gagner son pain à la sueur de son front », et pour celui qui a beaucoup de travail : «  Il a du pain sur la planche ». Ou encore : « Gagner son pain »,  comme on dit « Gagner sa vie ».

Ce pain, cette hostie, représente donc notre vie de tous les jours, notre famille et notre travail. En fait, elle nous représente nous-mêmes.

Que va dire le prêtre à l’Offertoire ? « Tu es béni, Seigneur, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes. Nous te le présentons »: nous déposons sur la patène toute notre vie de toute la semaine avec ses échecs et ses joies, sa routine et ses surprises, ce qui a bien marché et ce qui a dérapé. Mais plus encore que ce que nous avons fait.  C’est nous-mêmes qui nous présentons au Seigneur.  C’est nous-mêmes que nous offrons au Seigneur tels que nous sommes, avec nos richesses et nos pauvretés, nos acquis et nos manques, avec le bilan d’une bonne ou mauvaise semaine.

.  Que  va  faire  le prêtre  à  la  Consécration ? Il  va  parler  au nom  du Christ. Il va dire : « Prenez et mangez, car ceci (ce pain que nous venons d’offrir, notre vie, notre activité), ceci est mon Corps livré pour vous », et nous chrétiens, nous croyons qu’à partir de ce moment-là, se réalise la présence réelle du Christ ressuscité sous l’apparence du pain consacré.

.  Qu’allons-nous faire à la Communion ? Nous venons justement, nous nourrir de cette présence divine de Jésus en recevant l’hostie.

Alors, pendant un moment, frères et sœurs, réfléchissons.

Jésus veut- il surtout se rendre présent ?  Pas seulement dans l’hostie bien sûr : l’hostie n’est qu’un moyen mais le plus  sûr moyen pour être présent, là, en nous, au cœur de nous-mêmes. Ce n’est pas l’hostie que le Seigneur veut transformer – elle n’est que le moyen que le Christ a choisi pour venir jusqu’à nous et pour transformer, pas l’hostie seulement – mais, nous, bien nous !

C’est surtout en nous-mêmes que Jésus veut habiter : « Celui qui mange de ce pain, je demeurerai en lui et mon Père aussi ». « Nous ferons en lui notre demeure ».

C’est nous-mêmes que Jésus veut transformer par la communion. C’est pourquoi il est si important qu’à l’Offertoire, ce soit nous-mêmes aussi qui soyons  représentés dans cette hostie.  De notre vie, il va en faire la sienne : il prend notre vie et il nous donne la sienne. C’est pourquoi dans la liturgie, on parle souvent de « cet admirable échange » : échange de nos pauvres vies contre la sienne qui vient en nous et qui va nous habiter pour nous diviniser.

C’est nous-mêmes que le Seigneur veut remplir de sa présence.

C’est nous-mêmes dont il veut faire de vrais enfants de Dieu, à l’image de ce qu’il est lui-même, notre frère, modèle et prototype de tout homme.

.  Ce que le Seigneur désire, c’est nous remplir de sa vie, ce qui suppose  auparavant  que  nous  nous  soyons  vidés  de  la  nôtre  pour  l’offrir à celui qui va nous la changer.  Si vous allez chez un teinturier ou dans un pressing pour faire disparaitre des taches à votre veston ou à votre robe, il faudra auparavant apporter le veston ou la robe à cet artisan : sinon, il ne peut rien faire.

Apportez votre vie, à la messe, pour que le Christ la sanctifie et vous la rende divinisée. Et si nous lui apportons une vie en creux, c’est-à-dire en besoin, en manque, en désir d’autre chose, en faim et en soif, alors le Seigneur nous comblera de sa vie à lui pour que, dans la semaine suivante, nous puissions vivre dans l’amour, dans le don de soi, de nous, aux autres, dans l’accueil, dans le pardon, dans la patience, dans le partage et cette ouverture à l’égard de tous, tout comme lui !

Le Christ, dans l’Eucharistie, n’a pas d’autre but que de nous combler de sa vie pour que nous devenions à notre tour d’autres Christ pour notre société actuelle.

Pendant sa vie terrestre, Jésus a fait la joie de son Père. Nous aussi, à notre tour, nous pouvons par notre vie, faire la joie du Christ et de son Père. Oui, la messe c’est une affaire d’amour !  AMEN




Le Saint Sacrement – par le Diacre Jacques FOURNIER

  Vivre par sa foi au Fils de la vie du Fils (Jn 6, 51-58)

En ce temps-là, Jésus disait à la foule : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »
Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »
Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi.
Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

 

       Dans la Bible, l’homme n’a pas un corps, il est corps. Il n’a pas une âme, il est âme. Il n’a pas un esprit, il est esprit. L’homme est ainsi tout à la fois corps, âme et esprit (1Th 5,23), et lorsque l’on parle de lui avec l’un de ces trois termes, c’est toute la personne humaine qui est évoquée…

            Autrement dit, lorsque Jésus déclare ici, « le pain que je donnerai, c’est ma chair donnée pour que le monde ait la vie », il nous révèle qu’il va se donner tout entier, en tout son Être, jusqu’à mourir sur une Croix dans d’atroces souffrances, pour que chacun d’entre nous puisse participer à sa vie, gratuitement, par amour… Et Jésus insiste : le verbe « donner », répété deux fois, était déjà intervenu peu avant : « Le vrai pain venu du ciel, c’est mon Père qui vous le donne. Le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde » (Jn 6,32-33)… Autrement dit, si Jésus se donne, c’est que le Père lui donne de se donner (Jn 17,1), et le fruit de son offrande sera le don de la vie éternelle proposé gratuitement, par amour, à tout homme de bonne volonté (Jn 17,2)…

            Ce don de la vie ne sera rien de moins qu’une participation à ce que Dieu est en lui-même ! En effet, derrière le « Moi, je suis le pain vivant » de notre traduction liturgique se cache une expression toute particulière, « egô eimi », qui renvoie au Nom divin révélé à Moïse dans l’épisode du buisson ardent : « egô eimi o ôn » (Ex 3,14), soit littéralement « je suis l’étant », avec une insistance toute particulière sur la plénitude d’Être qui est celle de Dieu de toute éternité… Et cette plénitude est « vie », une vie que le Fils reçoit du Père depuis toujours et pour toujours en unique « engendré, né du Père avant tous les siècles, Dieu né de Dieu, de même nature que le Père », disons-nous dans notre Crédo. « Comme le Père a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d’avoir la vie en lui-même » (Jn 5,26), de telle sorte, nous dit ici Jésus, que « je vis par le Père » (Jn 6,57).

            Or, cette plénitude d’Être qui est vie est aussi Esprit : « Dieu est Esprit » (Jn 4,24). Cet Esprit est donc vie, vie de Dieu, vie éternelle… Pour Dieu, donner la vie sera donc donner l’Esprit, donner son Esprit, et ainsi nous donner, à nous les hommes, d’avoir part à son Esprit et donc à sa vie. L’homme est esprit, avons-nous dit au tout début ? L’Esprit de Dieu s’unit à son esprit, et ce mystère d’union, d’amour, est aussi appelé mystère de communion que St Jean évoque ici avec le verbe « demeurer » : « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui » (Jn 6,56). Un même Esprit est tout à la fois en Jésus et en celui qui l’accueille avec foi. Un même Esprit, une même vie…




Rencontre autour de l’Évangile – Le Saint Sacrement

“Je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel.

Qui mange de ce pain vivra pour toujours.”

 

 

 

 TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons (Jean 6, 51-58)

Ce passage d’évangile fait partie du grand discours de Jésus sur le Pain de Vie, au chapitre 6. Après la multiplication des pains, qui a enthousiasmé la foule, Jésus s’est retiré seul dans la montagne pour prier, car les gens voulaient « le prendre de force et faire de lui leur roi. » (Jn 6, 15). Puis Jésus revient à Capharnaüm, et la foule le rejoint. C’est là que Jésus essaie de leur révéler qui il est.

 

Soulignons les mots importants

Relire à la suite la première et la dernière phrase : quel est donc l’enseignement principal de Jésus ?

« Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel »

Si quelqu’un mange de ce pain : compter le nombre de fois que ce mot est prononcé. Qu’est-ce que Jésus veut nous faire comprendre ?

Le pain, c’est ma chair : le mot chair revient souvent

Manger la chair du Fils de l’homme 

Boire son sang : Comment réagissons-nous à ces paroles de Jésus ?

A partir de quel moment ces paroles, incompréhensibles durant la vie de Jésus, sont devenues, possibles et évidentes ?

Relevez les paroles de Jésus qui expriment les dons produits en nous quand nous mangeons le pain du ciel (la chair du Christ) ?

Pour l’animateur   

* Dire de quelqu’un : « c’est un être de chair et de sang », c’est affirmer qu’il est homme, avec toutes les faiblesses et les limites humaines. En disant que sa chair et son sang sont une nourriture qui donne la vie, le Christ se présente dans son humanité : c’est le Fils de Dieu devenu homme par son incarnation qui apporte la vie au monde. Jésus demande à ses auditeurs de faire un acte de foi : il faut se nourrir de son enseignement et boire ses paroles parce qu’elles sont celles du Fils qui apporte la vie du Père. C’est là tout ce que ses auditeurs juifs pouvaient comprendre. C’est seulement plus tard que Jean, témoin de l’institution de l’Eucharistie, a compris que Jésus parlait aussi de donner sa chair et son sang en nourriture. Ce discours annonçait l’eucharistie.

* Dans ce passage tout l’enseignement de Jésus sur la nécessité de « manger sa chair et de boire son sang » est encadré entre la première et la dernière phrase.

L’enjeu, c’est la vie éternelle, c’est-à-dire participé à la vie du Christ ressuscité dès maintenant, et après notre mort de façon définitive.

* Le mot manger qui revient 9 fois : et le mot grec employé signifie « croquer » : cela montre le réalisme de l’incarnation et de la communion eucharistique : en croquant le pain, c’est vraiment le Corps du Seigneur que « nous mangeons » : c’est à dire que son Corps transformé par l’Esprit-Saint dans la résurrection, devient pour nous la vraie nourriture pour notre vie de fils et de fille de Dieu. Il en est de même pour le vin de l’eucharistie.

* Ces paroles tellement « crues » de Jésus ne pouvaient pas être comprises avant l’institution de l’eucharistie, à la Cène : et c’est surtout après la résurrection que les apôtres ont compris cet enseignement de Jésus quand ils « rompaient le pain » en mémoire de lui.

Jésus nous donne les trois dons principaux qu’il nous fait lorsque nous mangeons son Corps dans la communion :

  • vie éternelle dès maintenant,

  • le gage de la résurrection de notre corps,

  • demeurer en permanence en lui,

  • vivre de sa vie et par lui vivre de la vie du Père.

 

TA PAROLE DANS NOS CŒURS :

Nous te rendons grâce, Dieu notre Père, pour ton Fils Jésus, le pain de vie qui apaise notre faim : c’est vraiment lui, personnellement, avec son corps d’homme ressuscité, que nous recevons quand nous mangeons le Pain de l’Eucharistie.

Tu es le pain vivant venu du ciel, Seigneur Jésus. Qui mange de ce pain vivra pour toujours. Nous le croyons. Tu as les paroles de la vie éternelle.

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS :

La Parole aujourd’hui dans notre vie

Quelle est notre foi en la présence réelle du Christ en personne dans l’eucharistie ?

Quand Jésus dit : « Je suis le pain de vie, descendu du ciel », il est nourriture pour notre foi, d’abord par sa Parole. Plus nous communion fréquemment, plus nous devons nourrir notre foi par la Parole. Est-ce que nous mangeons suffisamment de cette nourriture pour notre foi ?

Quand nous communions, nous « mangeons » le Corps du Christ : quelle attitude cela exige de notre part ?

Et quand nous passons devant le tabernacle, quelle est notre attitude ?

Quelle place donnons-nous à l’adoration du Christ présent dans le Saint-Sacrement ?

 

Ensemble prions

Je crois en l’Eucharistie, le sacrement du Christ ressuscité,

source d’un monde nouveau,

nourriture pascale d’un peuple en marche vers son Royaume,

force des baptisés qui ne croient plus en la fatalité du mal.

Je crois en l’Eucharistie, sacrement de l’amour librement offert,

source de toute vie donnée,

nourriture d’un peuple qui apprend à aimer,

force des témoins de la puissance cachée de l’amour.

Je crois en l’Eucharistie,

sacrement de la réconciliation, source de la paix,

nourriture d’un peuple qui préfère le dialogue à la guerre,

force des témoins qui inventent les paraboles vivantes de pardon.

Je crois en l’Eucharistie, sacrement qui fait l’Église;

source d’une nouvelle communion,

nourriture d’un peuple sans frontières,

force des témoins de l’universalité du Christ Seigneur.

 

 Pour lire ou imprimer le document en PDF cliquer ici : LE SAINT SACREMENT

 

 

 

 

 

 

 

 




La Sainte Trinité (Jn 3, 16-18) – Francis COUSIN)

La Sainte Trinité

Trinité : c’est un mot qu’on ne trouve pas dans le Nouveau Testament.

Son apparition est tardive, seulement au IV° siècle, et après bien des péripéties sera officialisé au début du V° siècle.

Trinité : Tout le monde connait la définition : Un seul Dieu en trois personnes distinctes.

Mais qu’est-ce que cela signifie ?

Trinité : mot féminin, pour signifier trois personnes masculines … Le Père, le Fils et l’Esprit Saint …

Peut-être pour montrer ce qu’elle représente, ce qu’elle est en réalité :

L’amour du Père pour le Fils, pour l’Esprit Saint … pour l’humanité …

L’amour du Fils pour le Père, pour l’Esprit Saint … pour l’humanité …

L’amour du l’Esprit Saint, sommet de l’amour réciproque du Père et du Fils, pour le Père, pour le Fils, … pour l’humanité …

L’amour de chacune des trois personnes pour les deux autres et pour l’humanité …

L’amour : nom masculin, mais qui au pluriel devient féminin

Ne serait-ce pas pour montrer que l’amour de trois personnes de la Trinité, amour absolu, est aussi un amour maternel … « Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas. » (Is 49,15)

Trinité : mot qu’on ne peut utiliser avec justesse que pour parler de Dieu, même si certains auteurs l’utilisent pour d’autres choses. Dans ces cas, il faudrait utiliser les mots trio ou triade qui n‘ont pas du tout la même portée symbolique.

Trinité : mot qui recouvre une réalité difficile à comprendre, que l’on peut approcher, mais qu’on ne connaîtra véritablement que dans l’au-delà …

 

 

Et pourtant, les textes de ce dimanche sont sans doutes les plus courts de tout le lectionnaire : seulement onze versets pour les trois textes !

La Trinité est une histoire d’amour : « LE SEIGNEUR, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » (première lecture), « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. » (Évangile), « Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir … ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. » (Jn 14,16-18).

La trinité est aussi une histoire de présence de Dieu à nos côtés : Le Père : « Seigneur, … daigne marcher au milieu de nous. … tu pardonneras nos fautes et nos péchés, et tu feras de nous ton héritage. » (première lecture) « Voici que je vais conclure une alliance. » (Ex 34,10) ; Le Fils : « Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous). » (Is 7,14) ; « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28,20) ; L’Esprit Saint : « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. » (Jn 16,13).

À nous de répondre à cette présence de Dieu à nos côtés.

À nous de répondre à cet amour de Dieu envers nous : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. … Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. » (Jn 15,9.11). « Soyez dans la joie, cherchez la perfection, encouragez-vous, soyez d’accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous» (Deuxième lecture). L’amour donne la joie ; la joie donne la paix (intérieure et extérieure), et la paix favorise l’amour, l’amour de Dieu et des autres …

Essayons d’entrer dans cette communion d’amour de la Trinité, et de faire tout notre possible pour y demeurer, afin que, par notre exemple, cette communion d’amour fasse tache d’huile et s’étende, d’abord dans notre entourage … et dans le monde entier.

« Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous. »

Seigneur Jésus,

il est difficile de comprendre

ce qu’est la Trinité …

Mais en fait,

il suffit de se laisser prendre par l’amour de Dieu

qui est de toujours et pour toujours,

et d’accepter sa présence aimante à nos côtés,

sur le chemin de la vie éternelle…

Francis Cousin

 

 

 

 

Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le titre ci-après:

Prière dim Trinité A




La Sainte Trinité – Homélie du Père Louis DATTIN

Mystère d’un seul Dieu

 Jn 3, 16-18

Un enfant de 11 ans me disait un jour, à la sortie de la messe : « Ça doit être difficile de parler de Dieu ». Sans s’en douter, il rejoignait l’avis des plus grands théologiens.

St-Thomas d’Aquin disait : « Ce que nous ne savons pas de Dieu est bien plus important que ce que nous savons de lui. »

Nous savons par la Bible, par les prophètes et surtout par Jésus-Christ, un tout petit quelque chose de ce qu’on peut dire sur Dieu, un petit rayon de soleil de Dieu et si, un jour, par hasard, quelqu’un vous expliquait Dieu, d’une façon claire, convaincante, évidente : vous pouvez être sûr qu’il s’est fait lui-même un petit Dieu, à la mesure de sa petite intelligence et que ce qu’il vous présente n’est à la fois qu’une caricature et une miniature de Dieu.

Dieu est le “Tout-Autre” et si un jour, vous voulez donner une définition de Dieu, sachez qu’elle ne conviendra jamais parfaitement, comme si on voulait habiller un géant avec les langes d’un nouveau-né.  Dieu est et reste, malgré tout ce que Jésus nous a dit de lui : un mystère. Sans limite d’aucune sorte : il ne peut pas être captif de notre intelligence. Nous ne pouvons pas l’enfermer dans nos formules : tout ce que nous pouvons dire de lui porte la marque de nos propres limites et pourtant, en cette fête de la Trinité, il nous faut quand même tenter de contempler quelque chose de Dieu.

Le mystère de Dieu n’est pas resté une énigme indéchiffrable. St-Luc nous dit que « ce qui est caché aux sages, aux savants, aux intelligents a été révélé aux tout petits » et St-Jean nous rassure en affirmant que « le Fils unique qui est dans le sein du Père, nous a dévoilé le Dieu invisible ».

Tout  d’abord, nous  disons  fermement « Je crois  en un seul  Dieu, le Père tout puissant » et nous affirmons cette unité de Dieu aussi fortement que les juifs ou que l’Islam : « Ecoute Israël, le Seigneur notre Dieu est l’unique ».

Puis, ce “Dieu unique” s’est révélé ” Père “, ” Fils ” et “Esprit” comme nous le montre le récit de la Pentecôte. Dieu le Père a envoyé son Fils dans le monde, il l’a ressuscité des morts. L’Esprit Saint a été manifesté sur Jésus à son Baptême et le Christ ressuscité l’a envoyé d’auprès du Père pour que nous devenions ses enfants : Dieu le Père, Jésus le Fils et le Saint Esprit réalisent ensemble notre salut. C’est ensemble qu’ils nous donnent une vie nouvelle. C’est pourquoi nous sommes baptisés, non pas au nom du Père seul, ni au nom du Fils seul, ni au nom du Saint-Esprit solitaire, mais ” au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit”. Les 3 personnes agissent ensemble en nous parce qu’ils vivent entre eux un amour éternel qui fait la vie du Dieu UNIQUE.

Prenons une comparaison qui nous fera peut-être mieux réaliser ce que peut être le mystère de Dieu. Puisque l’homme est créé à l’image de Dieu, en regardant les relations de l’homme, nous pourrons peut-être, à partir de celles-ci, comprendre un peu mieux celles de Dieu.

Contemplons un jeune ménage : homme et femme, ils sont très amoureux l’un de l’autre. L’homme aime son épouse. Son épouse aime son mari et au paroxysme de leur amour, leur unique désir est de “ne plus faire qu’un“. « De deux, nous dit la Bible, ils ne feront plus qu’un » et c’est l’intensité de leur amour dans un acte unitaire, qui va faire naitre de leur union l’enfant qui produit le fruit de leur amour. Ils ne sont plus qu’un, ils sont trois mais trois qui ne font plus qu’un par l’amour.

L’enfant ne vit que par son père et sa mère, la mère ne vit que par son mari et son enfant, le père ne vit que par son épouse et son fils.

En voyant ce foyer d’amour si uni, on ne distingue plus les personnes qui les composent ; on dira les ” untel” tant leur unité paraît plus grande que leur singularité. C’est l’amour qui les unifie. Leur vie  est  une ” communauté d’amour “.

Ainsi en va-t-il de la Trinité « qu’ils soient ‘’ un ‘’, comme toi et moi, nous sommes un ». « Mon Père vous enverra son Esprit et vous saurez qui je suis », famille divine, communauté d’amour dont la famille, ici-bas, peut nous donner une idée bien modeste et bien lointaine de ce que peut être la nature de Dieu.

₋ Vous savez quelles sont les premières paroles du prêtre à la messe lorsqu’il salue les chrétiens :

 « La grâce de Jésus-Christ notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint soient toujours avec vous ».

C’est le résumé de tout ce qu’est Dieu en lui-même et ce qu’il est pour nous : vie de Jésus, amour du Père, communion ou unité de l’Esprit toujours avec nous.

Vie – amour – unité : voilà ce dont nous devons vivre si nous sommes greffés sur la communauté trinitaire et cette greffe-là est animée depuis notre Baptême.

Vie de Jésus-Christ : il vit en nous et il désire y vivre encore plus :

« Voici que je frappe à ta porte : si tu m’ouvres, j’entrerai chez toi, je souperai chez toi et je ferai chez toi ma demeure ».

C’est sa vie qui doit animer la nôtre. Que nous puissions un jour dire comme St-Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est lui qui vit en moi ».

Cette fête de la Ste-Trinité nous rappelle que Dieu est d’abord vie, source de vie en lui-même et en nous. Il y a en Dieu lui-même tout un bouillonnement de vie au point que tous trois font une seule et même vie.

L’amour du Père : déjà la Bible nous avait dit que Dieu c’est l’amour ; St-Jean, dans l’Evangile d’aujourd’hui, nous le répète. Instinctivement nous comprenons ces mots en pensant à nous. Dieu nous aime mais si Dieu est amour pour nous, c’est parce qu’il est d’abord amour en lui-même : communauté d’amour, le Père  aime  le Fils, le fils  aime  le Père et de cet amour mutuel jaillit le St-Esprit dont les théologiens disent qu’il est comme le baiser d’amour du Père et du Fils.

La communion de l’Esprit Saint : la Bible nous dit aussi qu’il est don, communication, communion. La Pentecôte, la fête de la Confirmation : c’est lui qui est le don mutuel du Père et du fils. Nous croyons en un seul Dieu, mais pas en un Dieu solitaire.

C’est parce qu’Il est Trinité qu’Il est vie, amour

et communion en Lui et en nous. AMEN




La Sainte Trinité – par le Diacre Jacques FOURNIER

L’Amour ne condamne jamais, il sauve

(Jn 3,16-18)…

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »
Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

 

 

« Dieu est Amour » (1Jn 4,8.16) répète St Jean par deux fois. Chaque Personne de la Trinité est donc Amour, en tout son être. Et il écrit encore : « Le Père aime le Fils », un présent qui a, pour Dieu, valeur d’éternité, « et il a tout donné », et il donne encore tout  « en sa main » (Jn 3,35). Telle est l’action éternelle du Père vis-à-vis du Fils que St Jean précise ici comme étant « l’unique », l’unique éternellement engendré par le Don du Père, « engendré non pas créé, de même nature que le Père »…

            Ainsi, le Père est Amour, et puisqu’il est Amour, il est tout entier Don de lui-même. Et c’est par ce Don éternel qu’il fait de lui-même, qu’il engendre « le Fils unique », « né du Père avant tous les siècles, Dieu né de Dieu, vrai Dieu né du vrai Dieu ». « Le Fils unique » reçoit ainsi éternellement du Père d’être Dieu, d’être Amour, et donc d’être lui aussi Don de lui-même… « Père, glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés ». Ainsi, le Fils nous donne ce qu’il a reçu du Père : la vie éternelle. « Comme le Père, en effet, a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir, lui aussi, la vie en lui-même »,  et « je suis venu pour qu’on ait la vie, et qu’on l’ait surabondante » (Jn 17,1-2 ; 5,26 ; 10,10).

            Tout l’agir du « Fils unique » ne sera donc que l’expression de ce qu’il est, Amour, Don de lui-même… Et l’Amour cherche toujours et partout le meilleur pour l’être aimé, un meilleur qui n’est possible, pour nous pécheurs, que par ce Don éternel que l’Amour fait de lui-même, tout simplement parce qu’il est Amour… Par son péché, le pécheur court à sa perte ? Dieu, de son côté, ne cessera de vouloir pour lui le meilleur, et donc de lui proposer, lui proposer et lui proposer encore sa vie éternelle « pour qu’il ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle ». « Le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 6,23).

            Et si, pour les hommes, juger c’est « faire la vérité et condamner à être enfermé en prison », pour Dieu, juger, ce sera toujours « faire la vérité », mais « celui qui fait la vérité vient à la lumière » (Jn 3,21), la lumière du « Père des lumières » (Jc 1,17), du « Père des Miséricordes » (2Co 1,3) dont la seule attitude sera l’offrande illimité de son pardon, pour libérer le pécheur de toutes les entraves du mal, et le conduire dans « la liberté de la gloire des enfants de Dieu » (Rm 8,21). Ainsi, « qui croit en lui n’est pas jugé » au sens de condamné, mais « sauvé » : il vit, par la Miséricorde de Dieu accueillie par sa foi et dans la foi, ce qu’il n’aurait jamais pu vivre par lui-même…                                              DJF




Rencontre autour de l’Évangile – La Sainte Trinité

“Dieu a tant aimé le monde

qu’il a donné son Fils unique”

 

 

 TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons (Jean 3, 16-18)

Ce court passage d’évangile fait partie de l’entretien de Jésus avec le pharisien Nicodème. Jésus lui a fait comprendre que pour accueillir le Royaume de Dieu « il faut naître d’en haut », c’est-à-dire accueillir dans la foi celui qui vient de Dieu, et qui seul connaît vraiment « les choses du ciel ». Il serait bon de lire à partir du verset 11 pour comprendre comment le Christ est le don du Père pour sauver les hommes.

 

Soulignons les mots importants

Dieu a tant aimé le monde : Remplacer le mot « Dieu » par son vrai « Nom. »

Il a donné son Fils unique : à quel moment le don du Fils s’est réalisé ? Que signifie « aimer » pour Dieu ? Jusqu’où ira la manifestation de l’amour de Dieu ?

Tout homme qui croit en lui 

Aie la vie éternelle : la croix de Jésus est source de vie. Comment ?

Non pas pour juger le monde 

Que le monde soit sauvé : Ces paroles de Jésus dénoncent une fausse idée de Dieu que se font beaucoup de chrétiens. Laquelle ?

Celui qui ne veut pas croire est déjà jugé : Que nous enseigne Jésus dans cette parole ?

Croire au nom du Fils unique de Dieu : que veut dire croire au nom du Fils ?

Pour l’animateur   

  • « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » : cette phrase résume la révélation.

  • Aimer le monde pour Dieu, c’est se donner aux hommes en la personne de son Fils. Ces verbes « aimer » et « donner » disent ce qu’est la Trinité pour nous. Dieu est Amour. Dieu est Don. Ce mouvement d’amour du Père au Fils et du Fils au Père, c’est la Personne de l’Esprit-Saint. Saint Paul dira : « L’Amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous a été donné ». (Rm 5,5)

  • Le mot « Dieu » dans ce texte, comme pratiquement dans tout le Nouveau Testament,  signifie « le Père ». En se faisant connaître comme « le Fils », Jésus nous révèle que Dieu est « le Père ».

  • C’est au moment de l’Incarnation que le don du Fils s’est réalisé dans notre histoire. L’amour infini du Père pour le monde se révélera principalement sur la croix, « scandale pour les juifs, folie pour les païens. » (1Co, 1, 23). L’Incarnation est cette manifestation d’amour qui a son sommet sur la croix.

  • La Croix n’est pas source de salut par le sang et la souffrance : c’est parce qu’elle exprime l’amour total de Dieu qu’elle peut être pour les croyants source de vie. Nous sommes loin de certaines visions de la croix comme lieu de la colère de Dieu, de l’abandon du Fils par son Père pour racheter le péché des hommes. Sur la croix, le Père et le Fils sont unis dans le même amour pour le monde.

  • Devant ce geste d’amour du Père en la personne de Jésus, désormais tout homme est appelé à prendre position. Accueillir le Christ comme Sauveur, c’est être sauvé. Le refuser, c’est se condamner soi-même. Le Dieu de Jésus Christ ne condamne pas : ce sont les hommes qui portent sur eux-mêmes le jugement.  Un regard d’amour et de foi vers Jésus élevé sur la croix sauvera les hommes de la mort. C’est donc devant la croix de Jésus que chacun décide de son propre jugement final.

  • Croire au nom du Fils unique de Dieu : c’est reconnaître et invoquer avec confiance la personne du Fils. Le nom c’est la personne. La foi c’est l’adhésion au Christ que l’on reconnaît comme Fils de Dieu et comme révélateur du Père et de son amour.

TA PAROLE DANS NOS CŒURS :

Nous te rendons grâce, Seigneur notre Dieu, pour ton Fils Jésus-Christ : tu as tellement aimé le monde que Tu nous l’as donné. Il nous révèle que tu es Père, et ton Esprit le murmure sans cesse au fond de nos cœurs. Fais-nous la grâce d’avoir les yeux toujours fixés sur lui.

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS :

La Parole aujourd’hui dans notre vie

« Dieu  a tellement aimé le monde… »

Quel est notre regard sur le monde ? Un regard négatif ? Qui juge ?  

Un regard lucide ? Bienveillant ?

Ce monde que Dieu a pris dans son Amour, il l’a remis entre nos mains.

Qu’est-ce que nous pouvons faire pour le transformer par l’amour de Dieu qui est en nous ?

Toute communauté chrétienne est comme un miroir où l’amour de la Famille Divine devrait se refléter : quelle est la qualité de notre amour fraternel dans notre paroisse ?

« La famille chrétienne est une communion de personnes, trace et image de la communion du Père et du Fils dans l’Esprit-Saint. » Voilà ce que nous dit le Catéchisme de l’Eglise catholique.

A quoi cela devrait se voir dans nos familles ?

 

Ensemble prions

Dieu Père nous te louons et nous te bénissons parce que tu es le Père de Jésus.

Dieu Fils, nous te louons et nous te bénissons parce que tu es le Fils de son amour.

Dieu Saint-Esprit, nous te louons et nous te bénissons parce que tu es l’amour du Père et du Fils.

Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, nous te louons et nous te bénissons.

A toi notre amour pour les siècles.

 

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