Rencontre autour de l’Évangile – 15ieme dimanche du temps ordinaire

“Que dois-je faire

pour avoir la vie éternelle ?”

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Ensemble lisons et comprenons les mots important (Luc 10, 25-37)            

Jésus est en route vers Jérusalem. Le chemin qu’il a pris pour se faire proche et solidaire de notre humanité de misère l’emmènera jusqu’au bout de l’amour.

Soulignons les mots importants

La Loi :  Dans la Bible, ce mot a un sens particulier : pouvons-nous le préciser ?

Docteur de la Loi : Nous connaissons les “ docteurs en médecine ”. On parle aussi de “ docteur en philosophie ou en théologie ” : que signifie ici le mot “ docteur ? ” Sur quoi porte sa question ?

Vie éternelle : Comment comprenons-nous ces deux mots ?

Tu aimeras … Nous pouvons partager sur la réponse du docteur de la Loi : comment la trouvons-nous ?

Prochain : Pour ce docteur de la loi et pour les juifs, qui était considéré comme “ le prochain ” ?

Un homme juste : Comment comprendre ce mot “ juste ” ?

Prêtre, lévite : quelles étaient les fonctions de ces personnages ?

Samaritain: rappelons-nous comment les juifs traitaient les gens de Samarie.

Il le vit : Ce verbe “ voir ” est employé pour les trois voyageurs. Mais quelle différence ! 

Fut saisi de pitié : Cette expression exprime un sentiment fort que Jésus a lui même éprouvé devant des gens malheureux ? Est-ce que nous pouvons citer quelques exemples dans l’évangile ?

Lequel a été le “ prochain ” ? Quelle est la manière nouvelle de comprendre le mot “ prochain ” que Jésus nous donne ?

Va et fais…

 

TA PAROLE DANS NOS COEURS

Ensemble regardons Jésus

  Nous regardons Jésus avec les yeux du cœur, en fermant les yeux du corps. Il accueille le docteur de la Loi, sa question. Il le félicite de sa réponse. Il se montre bienveillant à son égard.

Jésus se reconnaît dans le bon Samaritain qui s’est montré compatissant,  qui a aimé gratuitement, généreusement, sans calcul. Comme le Samaritain, Jésus est un “ étranger ”. La terre n’est pas son pays ! Il vient, et le cœur plein de miséricorde, s’approche du blessé. Et ce blessé, c’est nous, c’est moi, blessé par les difficultés de la vie, parfois abandonné…Il est seul à pouvoir me guérir de mes blessures profondes.

 

  

 

Pour l’animateur

 

Dans la Bible le mot  Loi, en Hébreu, “ Torah ” (Enseignement) désigne les 5 premiers livres de la Bible : la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome. C’est le cœur de la Bible Hébraïque et au cœur de la Torah : le Décalogue (les Dix paroles de vie) et la première Parole : Ecoute Israël, le Seigneur Dieu est l’unique, tu aimeras….) C’est le fameux ‘Shéma Israël’ que tout juif pieux récite deux fois par jour.

Celui qui interroge Jésus éprouver ses connaissances, est un expert de la Torah, un sage et un savant,  et son rôle est de l’enseigner et de l’interpréter : il est Docteur de la Loi. Sa question porte sur le “ faire ” : “Que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? Cette vie en plénitude, c’est la Vie même de Dieu, cette vie qui est participation à l’Amour de Dieu, une “ vie pour toujours ”.

Et Jésus lui répond en l’interrogeant sur son interprétation de la Loi : “ Que lis-tu ? Comment lis-tu ? ” Le docteur de la Loi répond par le premier commandement et il ajoute le commandement de l’amour du prochain qu’il met au même niveau que l’amour de Dieu. Et Jésus le félicite et l’invite à mettre en pratique ce commandement d’amour à deux dimensions.

Mais dans l’interprétation des juifs de l’époque, le prochain était quelqu’un de la religion d’Israël, du même groupe religieux ou du même clan ; pas l’étranger, encore moins ces Samaritains qu’on traitait en plus d’hérétiques. Le docteur de la Loi veut montrer que sa vie est en accord avec la Loi, qu’il est un homme “ juste ”. C’est pourquoi il rebondit avec la question “ qui est mon prochain ? ”  Et Jésus répond par une  parabole qui va renverser complètement sa façon de voir les choses.

Jésus met en scène des personnages contrastés : d’un côté deux honorables serviteurs du Temple (prêtre et lévite) et de l’autre, un Samaritain, un étranger et un hérétique, puisqu’il ne reconnaît pas l’enseignement des autorités de Jérusalem. Quand à l’être humain à demi mort, c’est un anonyme !

Les trois le “ voient ”, mais Les deux premiers, soit disant “ juifs pratiquants ” sont indifférents et “changent de trottoir ”. Car c’est peut-être un cadavre, avec du sang : le toucher se serait se rendre impur ! Le Samaritain lui, le voit et est “ saisi de pitié ” : la pitié dont parle Jésus, c’est ce sentiment fort (pris aux entrailles)  qu’il a éprouvé lui-même devant la foule affamée, devant la veuve de Naïm, au tombeau de Lazare… Sentiment qui pousse à agir pour sortir l’autre de sa souffrance. Le Samaritain “ fait ” beaucoup de gestes qui expriment son amour, un amour qui se donne de la peine.

Et Jésus transforme la question du docteur de la Loi “ lequel des trois s’est montré le prochain de l’homme blessé ? ” Le prochain, ce n’est plus l’inconnu blessé, mais celui qui s’est fait “  proche ” de lui  et qui lui a manifesté de la miséricorde. Et le docteur de la Loi reconnaît que c’est le Samaritain, qu’il traite d’infidèle, qui s’est montré le véritable prochain. Jésus n’a plus qu’à lui dire d’inventer une pratique semblable s’il veut hériter de la vie de Dieu.

        

TA PAROLE DANS NOS CŒURS    

Ensemble regardons Jésus

En silence, regardons-le envoyer ses disciples. Ecoutons-le nous dire : “ La moisson est abondante…priez…Allez ! Je vous envoie…comme des agneaux au milieu des loups ”. Ce n’est pas une tâche facile que d’être les missionnaires du Règne de Dieu dans un monde d’argent et de violence. Ecoutons-le nous dire “Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : Paix à cette maison ”. Jésus souhaite que je sois un ami de la paix ”.

 

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS

L’Evangile aujourd’hui dans notre vie

  Le Docteur de la Loi pose la question “ Que dois-je faire ” pour avoir en moi la vie de Dieu ? Les auditeurs de Jean-Baptiste et ceux de Pierre et des apôtres le jour de la Pentecôte sera la même : “Que devons-nous faire ? ” Car il ne s’agit pas de connaître, il s’agit de mettre en pratique.

Ce savant en Ecriture connaît parfaitement le grand commandement : mais dans la pratique, il sépare l’amour de Dieu et l’amour d’autrui, quel qu’il soit. Et nous ?

v  On dit qu’il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ! Le prêtre et le lévite ont “ changé de trottoir ” ! Jésus nous invite à être le prochain de tous ceux qui ont besoin de nous, sans nous occuper de connaître leur race, leur religion, leur caractère…

Qui sont mes frères ? N’ai-je pas tendance à réserver ce nom à des gens qui sont proches de moi, ceux de mon milieu, de mon ethnie, de ma religion…. ? Est-ce que nous aussi nous ne choisissons pas notre prochain : des gens bien, intéressants, reconnaissants… ?

v  Jésus, dans la parabole, a amené le docteur de la Loi à comprendre qu’il peut recevoir une leçon d’un Samaritain, qu’il traite de païen.

Est-ce que je suis prêt à reconnaître que des gens qui ne sont pas chrétiens, qui pratiquent une autre religion, peuvent être pour moi des modèles, des témoins de l’amour de Dieu ? Comment nous considérons la générosité, la solidarité, le désintéressement, des gens qui ne croient pas comme nous ou qui sont incroyants ? 

Ensemble prions 

  • Seigneur, fais de nous les bons samaritains de ceux que tu mets sur notre route. Qu’à travers notre  attitude, ils expérimentent ton amour plein de tendresse pour eux.

  • Tu nous appelles à un amour parfait de charité. Change toi-même notre cœur.

  • Tu veux que nous soyons le sel de la terre et la lumière du monde : prends pitié de nous.

  • Fais nous la grâce, Seigneur, de te chercher dans l’amour de nos frères, de découvrir ton nom dans leur visage, de te rencontrer ainsi au cœur de notre vie.

 

Chant : Pour aimer du plus grand amour (P.116, carnet paroissial)

 

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14ième Dimanche du Temps Ordinaire- Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS, paroisse Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

La moisson est abondante

envoyés pour servir« La moisson est abondante mais les ouvriers sont peu nombreux ! » C’est un refrain, je dirais même un slogan évangélique, qui a servi de leitmotiv à travers l’histoire de l’Église pour encourager les vocations sacerdotales, éventuellement religieuses et surtout missionnaires. Cette phrase a été inscrite des millions de fois sur des images d’ordinations sacerdotales, a été répétée des centaines de fois dans des discours, des sermons ou des retraites pour susciter des vocations au milieu des églises. Je vous le dis comme je le pense, c’est un contre-sens total sur le sens de cette phrase. Le problème n’a rien à voir avec des vocations religieuses. La preuve, c’est que Jésus adresse ce discours non pas aux apôtres qui peuvent figurer les ministres de l’Église, mais à soixante-douze disciples c’est-à-dire des gens qui écoutent la Parole de Dieu comme vous, je ne peux pas dire comme vous et moi puisque précisément je suis prêtre et que vous ne l’êtes pas. La première chose que je voudrais dire c’est que je m’inscris en faux contre une interprétation qui s’est appuyée sur cette parole pour remettre le souci missionnaire à toute l’Église dans sa ‘cléricalité’ pour laisser les laïcs, les baptisés, couler des jours heureux sans se préoccuper de la dimension missionnaire de notre foi.

« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux ! » Cela s’adresse autant à vous qu’aux frères religieux. Cela s’adresse même d’abord à vous et c’est cela qu’il faut bien comprendre. C’est un appel adressé de la part du Christ à ses disciples comme disciples et non pas d’abord comme prêtres, comme religieux ou comme missionnaires. Ce n’est pas du tout le problème. Alors qu’est-ce que cela veut dire ? C’est précisément là qu’est le contresens. Cela veut dire : le monde est une moisson abondante et les disciples sont peu nombreux, les communautés chrétiennes sont peu nombreuses. Il faut quand même réaliser qu’avant la généralisation de la foi chrétienne dans le bassin méditerranéen, les communautés chrétiennes, surtout au premier siècle, étaient vraiment très peu nombreuses. Par conséquent le Christ et les évangélistes qui nous ont rapporté ses paroles s’adressent à ces tout petits noyaux de communautés qui commençaient la mission en Judée et en Samarie. Mais ce n’était pas uniquement les disciples au sens restreint du terme et qui seraient les apôtres. Ce sont toutes les communautés chrétiennes qui doivent considérer le monde comme la moisson de Dieu.

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Et c’est là qu’il nous faut faire une seconde révision assez déchirante. Le monde n’est pas un ennemi, le monde ne devrait pas faire peur, il est la moisson de Dieu. Voilà la première chose qu’il faut bien réaliser. Pour chacun d’entre nous, ce monde dans lequel nous vivons n’est pas une réalité étrangère dans laquelle nous serions plongés avec le risque perpétuel d’être étouffés. Mais si les premières communautés chrétiennes avaient vécu sur ces peurs obsessionnelles comme on en rencontre dans nos communautés chrétiennes d’aujourd’hui, l’évangélisation n’aurait jamais eu lieu. C’est précisément parce que nous vivons aujourd’hui comme chrétiens dans une espèce de peur du monde comme d’un épouvantail à moineaux que notre christianisme à certains moments, notre foi chrétienne paraît plate, sans intérêt, une religion de timorés, de gens qui ont besoin d’être consolés. Mais ce n’est pas du tout l’attitude fondamentale que nous devons avoir par rapport au mystère du monde. La création est la moisson de Dieu et nous y sommes envoyés. Je n’ai jamais vu de moissonneurs, en tout cas s’ils sont dignes de ce nom, qui en arrivant devant le champ de blé disent : « Oh ! J’ai peur de couper le blé ! J’ai peur de m’approcher du champ ! » Ce serait ridicule. La première chose nécessaire est donc une absence de peur parce que nous l’Église, nous sommes faits pour annoncer au monde le salut et non pas pour nous tenir là, renfermés, frileux, paralysés devant le pouvoir du monde. Voilà la première chose. Je dirais : « Pas de panique ! Pas de peur ». Le monde, qu’on le veuille ou non, est l’élément naturel dans lequel notre foi doit être vécue, doit être célébrée, doit être proclamée. Et si nous vivons dans la peur, nous sommes nous-mêmes les premières victimes de nos peurs et surtout le monde est victime de notre peur.

lumièreMais alors vous me direz : « Comment nous avancer vers le monde ? » Les conseils de Jésus sont clairs : « N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales ! Ne vous attardez pas en chemin ! » Notre attitude vis-à-vis du monde est une attitude de démunis. Voilà une chose très importante. Là encore, que de confusions ! Que de fois nous avons compris la mission comme une conquête ! Je crois que, grâce à Dieu, aujourd’hui la norme de la vie apostolique de l’annonce de la Parole de Dieu n’est pas celle que voudraient nous proposer certains mouvements qui pensent accomplir l’œuvre de Dieu dans une immense entreprise de subversion catholique de nos sociétés modernes. Nous sommes démunis devant le monde. Nous n’avons pas de pouvoir, « ni argent, ni besace, ni même de sandales » et pourtant il faut marcher ! C’est donc que nous sommes devant ce monde littéralement « les mains nues ». C’est là que se mesure notre propre courage devant ce monde. Si nous commençons à nous barder de tout un système, si nous reprenons les valeurs du monde ou certains systèmes par lesquels le monde fonctionne, si bonnes soient-elles, par exemple le travail, c’est que nous avons déjà perdu ce caractère démuni par lequel nous devons nous avancer vers le monde. Et c’est précisément cela que Jésus nous demande. Nous n’avons pas à conquérir le monde, contrairement à ce que l’on a cru parfois. C’est d’ailleurs par un idéal de conquête qu’on pensait devoir députer selon les cas des croisés, des jésuites ou des congrégations missionnaires du dix-neuvième siècle. Mais dans tous les cas, c’est le mauvais instrument ou un instrument qui ne répond pas exactement à l’attitude que Jésus demande dans ce passage, d’aller pieds nus, sans besace, sans argent et d’être là, simplement au cœur de ce monde.

groupe_solidaireMais si nous sommes démunis au cœur de ce monde cela suppose que nous en acceptons un certain nombre de dépendances. Quand les disciples arrivent dans les villes ou les villages, ils doivent « manger ce qui leur est offert ». C’est fondamental. Les communautés chrétiennes n’ont pas à vivre dans une sorte d’angélisme missionnaire par lequel elles se reconstitueraient comme des sociétés autonomes, des espèces de super-sociétés totalement indépendantes du monde. Non, nous avons besoin de tout ce tissu de relations sociales, humaines, de relations d’entraide, de voisinage, de relations familiales qui constituent le monde dans lequel nous vivons notre appartenance au Christ. S’avancer en acceptant ce que le monde nous offre, c’est le début de l’attitude missionnaire. Non pas dire que nous arrivons et allons changer les structures, les manières de penser etc. Non ! Quand le missionnaire arrive, il accepte de manger à la table des païens, de ceux qui ne connaissent pas le Christ et même de recevoir d’eux le gîte et le couvert. L’Église n’a pas peur d’habiter dans le monde. Ceci n’est pas très évident dans la mentalité de nos chrétiens contemporains, reconnaissons-le.

Voilà ce que nous demande Jésus lorsqu’Il nous envoie en mission. Accepter que ce monde soit le lieu même, la création de laquelle nous recevons toute occasion de proclamer la foi, de dire : « La paix soit avec vous ! Le Royaume de Dieu est proche ! » Comment voulez-vous dire que le Royaume de Dieu est proche si vous vous tenez sans cesse à distance de l’interlocuteur ? Cela ne sert à rien, il n’y a pas de communication possible. Enfin le Christ dit que lorsque nous approchons de nos frères pour leur annoncer la paix, pour leur annoncer la joie de la proximité du Royaume, si le monde n’accueille pas, nous devons repartir. Cette phrase signifie fondamentalement que le Royaume s’adresse à la liberté humaine. Tout homme que nous rencontrons, à qui nous annonçons le Royaume, par le seul fait que nous soyons là en face de lui et que nous lui proposons la bonne nouvelle du salut, ne devient pas notre proie ou l’objet possible d’une conquête, mais il en est totalement remis à sa liberté. C’est à lui de choisir. Ce n’est pas à nous de dire : « Désormais, tu es des nôtres et tu vas passer par tel ou tel comportement, mais tu es appelé, dans ta liberté, toi qui fais partie de la moisson de Dieu, à savoir et à vouloir être engrangé pour le Royaume de Dieu ». A ce moment-là, notre simple présence, la présence de l’Église au milieu de ce monde est un appel adressé à ce monde, dans le total et intégral respect de sa liberté, de la liberté de chacun de nos frères, de dire oui ou non au Royaume de Dieu. Le Christ nous dit que s’il y a refus explicite du Royaume, mais ce n’est pas toujours clair, il y a beaucoup de cas où l’indécision est totale, s’il y a refus, on s’en va. Cela veut dire que l’urgence du Royaume est telle qu’il faut aller à ceux qui ne connaissent pas encore cette bonne nouvelle. C’est pour cela que le Christ dit : « Ne vous arrêtez pas de maison en maison ! » Il y a une sorte d’urgence de la proclamation du Royaume.

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Ainsi, si nous appliquons jusqu’au bout cette parole de Jésus, au moment même où Il conclut et où les disciples reviennent tout enchantés d’avoir proclamé le Royaume et chassé les démons, le Christ leur dit en quelque sorte : « Ne vous focalisez pas sur le fait que vous chassez les démons, ne vivez pas dans la peur et dans la crainte de cet ennemi, mais vivez plutôt dans le mystère de ce que, par votre annonce du Royaume de Dieu, vos noms sont inscrits dans les cieux ». C’est le mystère de notre identité baptismale. Chacun de nous a été baptisé, a reçu son nom pour être ce signe de la présence du Royaume au milieu du monde. Il nous faut donc regarder ce monde comme la moisson de Dieu c’est-à-dire un monde qui ne nous fait pas peur, un monde qui est pour nous le milieu naturel de la proclamation de notre foi, un monde vis-à-vis duquel nous avons le devoir d’annoncer le Royaume de Dieu et enfin un monde qui, recevant la Parole de Dieu, voit son nom inscrit dans le ciel, c’est-à-dire reçoit sa destinée plénière de fils grâce à notre parole, grâce à notre goût de vivre de l’évangile et de l’annoncer. Amen.




14ieme Dimanche du Temps Ordinaire par le Diacre Jacques FOURNIER

 « Le Règne de Dieu est tout proche »

(Lc 10,1-12.17-20) »  

      En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin.
Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : “Paix à cette maison.”
S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté.
Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.”
Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites :
“Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.”
Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville.
Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. »
Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair.
Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire.
Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »

 

envoyés pour servir

Peu avant, Jésus avait choisi les Douze parmi ses disciples et il les avait envoyés « proclamer le Règne de Dieu et faire des guérisons » (Lc 9,16). Ici, « il en désigne encore soixante-douze » en leur disant : « Guérissez les malades et dites : « Le Règne de Dieu est tout proche de vous » ». Leur mission est donc identique. Or, les deux chiffres additionnés, douze et soixante douze, font en tout quatre vingt quatre, soit sept fois douze, et « sept » dans la Bible est symbole de Plénitude. C’est donc toute l’Eglise qui est envoyée en mission : ses responsables, les Douze, aujourd’hui nos Evêques et nos prêtres, et avec eux, nous tous ensemble, laïcs, diacres, religieux religieuses…

            Et ils sont envoyés ici « deux par deux » car, à l’époque, il fallait être deux au minimum pour témoigner de quoique ce soit (Dt 19,15 ; Mt 18,16). Jésus nous appelle donc à être les témoins de l’Amour et de la Miséricorde de Dieu, en nous soutenant les uns les autres. Souvenons-nous de St Paul : « Il m’a été fait miséricorde, et la grâce de notre Seigneur a surabondé… Elle est sûre cette parole et digne d’une entière confiance : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis, moi, le premier. Et s’il m’a été fait miséricorde, c’est pour qu’en moi, le premier, Jésus Christ manifestât toute sa patience, faisant de moi un exemple pour ceux qui doivent croire en lui en vue de la vie éternelle » (1Tm 1,12-17).

            L’Eglise est donc envoyée en témoin du Pardon de Dieu offert en surabondance à notre foi. Ici, le Christ demande le dépouillement : « Ni argent, ni sac, ni sandales » car il désire voir grandir la foi de ses disciples en cette Présence invisible du Père à leurs côtés, un Père qui sait très bien de quoi nous avons besoin avant même que nous ne lui demandions (Mt 6,8). Et il ne permettra pas que les ouvriers de sa moisson manquent du nécessaire (Lc 12,2232). « Avez-vous manqué de quelque chose », leur demandera Jésus plus tard ? « De rien », répondront-ils, ce qui est un nouveau témoignage de la proximité de Dieu et de son action efficace, par les uns, par les autres (Lc 22,35-38)…

            Puis il les libère de toutes les prescriptions alimentaires en vigueur à l’époque, car une seule chose compte : l’Amour reçu, l’amour donné…  « Messagers de la Paix, la moisson vous attend… Pour réconcilier le monde, n’emportez que l’Amour… A ceux qui vous accueillent, comme à ceux qui vous chassent, annoncez la Nouvelle : le Royaume de Dieu est là, tout près de vous »…                                                                                     DJF




Rencontre autour de l’Évangile – 14ieme dimanche du temps ordinaire

La moisson est abondante,

les ouvriers peu nombreux.

Priez le Maître de la moisson 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Ensemble lisons et comprenons les mots important (Luc 10, 1-12 ; 17-20)            

Jésus vient de prendre avec courage la route de Jérusalem, et il prépare ses disciples au rôle missionnaire qu’ils auront à remplir après leur départ, auprès des nations païennes.

Soulignons les mots importants

Soixante douze : ce nombre a-t-il une signification particulière ?

Deux par deux : Que signifie pour nous cette consigne de Jésus ?

La moisson : Qu’est-ce que Jésus exprime par cette image de la moisson ?

Priez : On s’attendrait à ce que Jésus dise qu’il faut tout de suite organiser une opération pour trouver des ouvriers. Et voilà qu’il dit “ priez ”. Qu’est-ce que cela nous inspire comme réflexion ? Qu’est-ce que cela nous apprend de la relation de Jésus à son Père ?

Le maître de la moisson : Qu’est ce que cette expression nous dit du projet de Dieu ?

Allez ! Je vous envoie : Que signifient ces paroles de Jésus pour la mission de l’Eglise et pour les missions particulières dans l’Eglise ?

Paix : Ce mot dans l’Evangile est lié à l’envoi en mission. Que peut signifier ce mot qui semble si important pour Jésus ?

Guérissez : Les guérisons ont tenu une place importante dans le ministère de Jésus. Quelle est la signification profonde de ce mot “guérissez les malades” par rapport à l’annonce du Règne de Dieu ?

Le Règne de Dieu : Ce fut l’objet de la mission de Jésus et sa grande passion : ensemble partageons en quoi consiste ce “Règne” ou encore ce “Royaume de Dieu ”.

  

Pour l’animateur

 

  • Les soixante-douze disciples sont un chiffre symbolique qui veut dire que la mission est grande et c’est l’affaire de toute l’Eglise, et pas seulement de quelques-uns (les Douze). Selon la Genèse (Gn 10) il y avait 72 peuples : l’Evangile est donc pour tous les peuples.

  • Deux par deux: Jésus souligne l’importance et la force de l’équipe pour la mission. D’autant plus que de son temps, pour qu’un témoignage soit valable, il fallait qu’il fût porté par deux témoins. (Cf Actes : Paul et Barnabé, Barnabé et Marc, Paul et Silas…)

  • Cela est valable pour nous: le témoignage d’une équipe qui vit l’évangile, qui parle d’une même voix pour annoncer Jésus Christ, aura plus de force qu’un témoignage individuel.

  • La moisson: dans la Bible la moisson est traditionnellement utilisée pour exprimer le jugement de Dieu et les moissonneurs représentent Dieu et ses anges

Or, dans cet évangile la moisson représente la mission et ce sont les disciples qui moissonnent. C’est le rassemblement des derniers temps qui commence. Pour que tous les hommes soient sauvés, il faut des ouvriers d’Evangile (semeurs et moissonneurs) afin que la moisson soit belle et  réussie pour tous.

  • Priez: Le projet de salut est d’abord l’affaire du Père. Jésus nous révèle que lui-même, l’Envoyé du Père, il ne fait rien sans le prier afin d’agir  toujours  selon sa volonté. Dans l’évangile, nous le voyons souvent plongé dans la prière avant d’entreprendre une action importante. La prière précède la mission. L’immensité de la tâche missionnaire, c’est d’abord l’affaire du Père. Le prier, c’est reconnaître que lui seul peut résoudre le problème du manque d’ouvriers.

Car le Maître de la moisson, c’est lui. Les ouvriers du Royaume ne travaillent pas pour leur compte, mais pour son compte à lui. Le reconnaître nous empêche de nous considérer comme les propriétaires : la mission, nous la recevons du Père par Jésus. Le Père est le Maître. Jésus est le contremaître qui envoie. Pareillement, dans l’Eglise on ne se donne pas soi-même une mission. On la reçoit du Christ par les pasteurs de son Eglise. Accueil et service dans l’humilité : voilà les attitudes qui conviennent..

Ce que le missionnaire annonce, c’est la paix : ce mot n’exprime pas seulement l’absence de conflit, mais la plénitude de vie que Jésus nous a obtenue et qui est le cœur de l’annonce de l’Evangile.

Cette plénitude de vie comprend aussi le rétablissement intégral de l’être humain dans sa dignité et la libération de tout ce qui l’empêche de se tenir “ debout ” : c’est le sens des guérisons faites par Jésus. Et des maladies, il y en de toutes sortes !  Jésus a demandé aux apôtres de poser, comme lui, des signes qui montrent que le Règne de Dieu, c’est un monde totalement libéré du mal et de tout ce qui diminue et détruit la personne humaine. Un monde rempli de cette plénitude de vie apportée par Jésus.

Nous disons  “Que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite !”

        

TA PAROLE DANS NOS CŒURS    

Ensemble regardons Jésus

En silence, regardons-le envoyer ses disciples. Ecoutons-le nous dire : “ La moisson est abondante…priez…Allez ! Je vous envoie…comme des agneaux au milieu des loups ”. Ce n’est pas une tâche facile que d’être les missionnaires du Règne de Dieu dans un monde d’argent et de violence. Ecoutons-le nous dire “Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : Paix à cette maison ”. Jésus souhaite que je sois un ami de la paix ”.

 

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS

L’Evangile aujourd’hui dans notre vie

. A l’image du Christ envoyé par le Père, à l’image des disciples envoyés par le Maître tout chrétien, baptisé et confirmé, est envoyé en mission par l’Eglise.

Est-ce que nous nous considérons vraiment comme des “ ouvriers ” du Règne de Dieu ? (On peut inviter des membres du groupe à donner un témoignage ; on peut aussi se donner des idées pour vivre en témoin de l’évangile dans sa famille, dans son quartier, dans son travail…)

Un ouvrier doit être qualifié : avons-nous le souci de nous former pour devenir  un bon témoin de l’Evangile ?

. Etre missionnaire, ce n’est pas allé à la conquête pour convertir les gens, mais partir comme des agneaux, sans défense et avec un cœur de pauvre, pour être témoin de la paix du Christ. Est-ce que je suis un “ ami de la paix ? ”

Est-ce que nous nous montrons médiateurs de paix et éveilleurs de joie parmi nos frères ?

“ L’apostolat chrétien est moins l’effet de paroles retentissantes que de la puissance silencieuse de l’Amour.” 

. Notre Eglise manque vraiment “ d’ouvriers spécialisés ” : des prêtres, des religieux et religieuses, des diacres, des laïcs compétents pour l’animation des services diocésains (Catéchèse, Liturgie, Animation chrétienne des jeunes, Formation chrétienne des adultes, …) Est-ce que je me sens concerné par cette situation ? Est-ce que je prie pour les demander au Père ? N’est-ce pas cela prier pour les vocations ? Et puis, est-ce que j’encourage ceux qui veulent s’engager ? Et si c’était un de nos enfants ?

 

Ensemble prions 

Seigneur, fais de nous des ouvriers de paix.

Là où il y a de la haine, que je mette l’amour

Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.

Là où il y a la discorde, que je mette l’union.

Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.

Là où il y a les ténèbres, que je mette la lumière.

Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

 

 

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13ième Dimanche du Temps Ordinaire- Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS, paroisse Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Se reposer ou danser avec le Christ ?

 

jésus au désert4« Le Fils de l’Homme n’a pas une pierre où reposer sa tête ». Frères et sœurs, vous connaissez peut-être cette boutade hélas authentique. A Jérusalem, au début du vingtième siècle, un musée religieux présentait dans une vitrine, un caillou, avec la mention : « La pierre que Jésus n’avait pas pour reposer sa tête » ! C’est une manière comme une autre d’attirer du public.

En réalité, cette parole du Christ m’a toujours étonné. Pourquoi ? Parce qu’elle est vraiment très paradoxale. En effet, si on y réfléchit, ce n’est pas simplement que Jésus ait une sorte de tempérament actif qui l’incite à ne pas tenir en place. Ce n’est pas simplement l’itinérance du ministère de Jésus qui va de Galilée en Samarie, de Samarie en Judée, qui revient en Galilée et passe de l’autre côté du lac de Tibériade. C’est plus profond que cela. Il est question de reposer sa tête, pas seulement le repos de la tête sur l’oreiller, le fait d’être fatigué, bien que ce ne soit pas exclus dans l’image. Mais je crois que c’est reposer sa tête d’une façon beaucoup plus profonde, comme lorsqu’une femme repose sa tête sur l’épaule de celui qu’elle aime. C’est un geste à la fois d’une infinie tendresse et d’une infinie douceur, ce n’est pas simplement la fatigue ou la lassitude à ce moment-là, c’est la plénitude d’une tendresse que l’amoureuse cherche lorsqu’elle vient délicatement appuyer sa tête sur l’épaule de celui qu’elle aime. Or, Jésus dit que toute sa vie, tout son ministère, toute sa présence parmi nous, il n’a jamais pu reposer sa tête. C’est assez incroyable. On aimerait quand même que lorsque le Christ vient chez les hommes, il puisse trouver quelqu’un à la hauteur. Je sais ce que vous allez me dire, il y avait la Vierge Marie, d’accord, mais c’est quand il était petit. On aurait aimé que Jésus trouve des amis et confidents sur lesquels il puisse avoir totalement confiance. Or, Jésus avoue ici, à la fois une certaine solitude et le fait que cela ne se produira jamais. Si je traduis cette chose-là de façon assez radicale, et je crois vraie, Jésus n’a jamais été vraiment à l’aise dans sa création.

« Dieu est venu chez les siens », et l’évangéliste ajoute : « et les siens ne l’ont pas reçu ». Mais c’est vrai que là, dit de façon plus imagée, c’est à peu près la même chose. Jésus n’a jamais trouvé exactement le repos et la paix dans son ministère même au milieu des siens. On pourrait se dire que nous sommes horriblement coupables, que nous n’avons pas su accueillir, que nous sommes de mauvais hôtes, etc. Mais il faut essayer de comprendre pourquoi. C’est vrai que Jésus, le Fils de l’Homme – c’est pour cela qu’il se désigne Fils de l’Homme, c’est-à-dire celui qui est envoyé du haut des cieux –, n’a pas trouvé où reposer sa tête. Le seul moment où il a réussi à reposer sa tête, c’est quand il a incliné la tête sur la croix, et qu’il a remis son Esprit. C’est là que le Christ est entré dans un repos qu’il n’avait pas trouvé auparavant.Christ Forêt de Bélouve Réunion 4

Qu’est-ce que cela veut dire ? Si on le relit à la lumière de l’ensemble des petits événements qui sont racontés dans cet évangile, cela peut devenir assez éclairant. En fait, pourquoi Jésus est-il venu dans le monde ? C’est une phrase qui va dans le même sens que : « Nous avons joué de la flûte et vous n’avez pas dansé » (Luc 7, 32). C’est quand même terrible de la part du Christ. C’est une sorte d’aveu d’échec très déconcertant. Pourquoi n’avons-nous pas dansé ? Pourquoi les hommes autour de lui devant cette parole de liberté, n’ont-ils pas su retrouver immédiatement leur liberté ? Pourquoi ne l’ont-ils pas senti à travers la personnalité du Christ, à quelques exceptions près, car il y en a quelques-uns qui ont dansé avec lui : c’étaient les boiteux, parce qu’ils se remettaient à marcher et sans doute au début de leur rééducation fonctionnelle, ils ne devaient pas être très habiles, ils s’emmêlaient les pieds et cela ressemblait à une danse. Mais en réalité, c’est vrai, nous n’avons pas dansé. Et le monde aujourd’hui, danse-t-il à la parole de l’évangile ? Ce n’est pas si sûr.

personne en méditationAutrement dit, cette parole et celles qui suivent sur les exigences des disciples nous remettent exactement devant le problème central de Jésus. Jésus ne pouvait pas rester en place et ne pouvait pas rester en repos dans sa création. Pourquoi ? Parce que pour lui, la création telle qu’il est venu la visiter ne pouvait pas être un but. Non seulement il était en marche, mais il fallait qu’il mette le monde en marche. Non seulement il ne se reposait pas, mais d’une certaine manière, il fallait qu’il communique à notre monde l’inquiétude, c’est-à-dire la mise en mouvement vers un ailleurs. Le principal défaut de notre création, de notre monde, c’est souvent de nous dire : « On s’arrête là ». Nous trouvons des milliers de pierres pour reposer notre tête, nous en faisons des maisons de quatre cents, cinq cents mètres, un kilomètre de haut. Là, nous sommes en train de vouloir reposer notre tête. C’est parfois un peu d’orgueil, c’est parfois un peu de vanité, quelquefois c’est seulement la nécessité de se loger, mais c’est vrai que nous avons tendance à vouloir accumuler les pierres en croyant pouvoir y reposer notre tête. Mais le monde et la création ne sont pas faits pour rester immobiles dans une sorte de repos de cimetière. Le monde a parfois trop envie d’être mort pour enterrer ses morts. Le monde trop souvent a une sorte de nostalgie et trop souvent il vit d’un passé un peu facile. Mais ce n’est pas cela que nous devons vivre. La création, le monde, ont été redynamisés de l’intérieur par la présence du Christ.

C’est cela qu’il nous dit aujourd’hui. Si vous croyez que vous pouvez considérer le monde comme un point d’arrêt, si vous trouvez que votre lieu de vie est un bien bel endroit pour attendre passivement la fin du monde, non, ce n’est pas vrai. En réalité, attendre, c’est déjà se mettre en mouvement, et il y a des attentes passives qui tuent, qui fossilisent, qui paralysent, mais il y a des attentes vivantes qui s’appellent le désir et la liberté.

Frères et sœurs, par-delà les formules presque provocantes et choquantes que Jésus a utilisées, il nous ramène en réalité devant un des éléments fondamentaux de notre existence de chrétiens : comment vivons-nous comme êtres créés ? Vivons-nous simplement dans l’idée que nous pouvons trouver une sorte de plénitude autosuffisante, autocentrée ? Ou bien croyons-nous que si le Christ est venu pour rencontrer sa création, n’est-il pas venu comme le fiancé qui vient à la rencontre de sa fiancée, qui lui prend la main et qui l’entraîne sur le chemin du bonheur et de la vie ?28 DTO 1

C’est cela que nous devons toujours nous souhaiter les uns aux autres. C’est cela que nous fêtons dans chaque eucharistie, c’est le moment où recevant le corps et le sang du Christ, nous recevons cette nourriture qui nous emmène au-delà de nous-mêmes, main dans la main avec le Seigneur, qui nous dit : « Tant pis si vous n’avez pas où reposer votre tête, tant pis si vous n’avez pas le temps de régler vos comptes avec votre passé, tant pis si vous ne pouvez pas faire tout ce que vous voudriez maintenant en fonction des exigences présentes. Sachez que votre désir et l’amour que j’ai mis dans votre cœur, et ma grâce, et mon Royaume vous attirent hors de vous-mêmes. Et moi, je vous prends par la main sur le vrai chemin du bonheur, le chemin du Royaume ». Amen.




13ieme Dimanche du Temps Ordinaire par le Diacre Jacques FOURNIER

 « L’Amour des ennemis, illustré par Jésus (Lc 9,51-62) »  

      Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem.
Il envoya, en avant de lui, des messagers ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue.
Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem.
Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? »
Mais Jésus, se retournant, les réprimanda.
Puis ils partirent pour un autre village.
En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. »
Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »
Il dit à un autre : « Suis-moi. »      L’homme répondit :    « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. »
Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. »
Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. »
Jésus lui répondit : « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

suis-moi

 En 931 avant JC, à la mort du roi Salomon, le fils de David, Israël se coupa en deux, avec le Royaume du Nord et le Royaume du Sud. Puis, en 721 avant JC, le roi assyrien Sargon II annexa le Royaume du Nord. Beaucoup de païens vinrent alors s’installer au milieu des Juifs, apportant avec eux leurs pratiques idolâtriques qui, petit à petit, s’infiltreront jusques dans le culte rendu au Dieu d’Israël. Le Royaume du Sud, resté partiellement indépendant, se mettra donc à regarder avec beaucoup de méfiance ce Royaume du Nord, ces Samaritains, appelés ainsi du nom de leur capitale « Samarie ». Et à l’époque de Jésus, « les Juifs n’avaient pas de relation avec les Samaritains » (Jn 4,9). Les deux s’évitaient soigneusement… Et pourtant, à l’origine, ils ne formaient qu’un seul Peuple, le Peuple d’Israël, le Peuple de Dieu…
 Mais Jésus est venu réconcilier toute la famille humaine avec Dieu, et donc tous les hommes entre eux… Pour aller à Jérusalem, il n’évite donc pas la Samarie comme le faisaient ses compatriotes qui passaient par la mer ou par la Transjordanie. Il traverse leur territoire, s’approche d’un village et envoie des messagers devant lui. Délicatesse du Christ qui prévient de sa venue et ne s’impose pas. Mais en apprenant qu’il se « dirige vers Jérusalem », ils refusent de l’accueillir. Réaction immédiate et si humaine des disciples : colère, violence, que « le feu tombe du ciel et les détruise ». Mais Jésus les interpelle vivement : pas question… Eux aussi sont ses bien-aimés… Il reviendra plus tard, avec son Eglise « Corps du Christ » (1Co 12), pour leur proposer à nouveau avec elle et par elle son Amour, sa Paix, sa Lumière, sa Vie et sa Joie… Ressuscité, il dira en effet à ses disciples : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1,8). Et il est le premier à espérer que cette fois, ils accepteront de l’accueillir, pour leur seul bien. Car « à tous ceux qui l’ont accueilli, il leur a donné de pouvoir devenir » pleinement ce qu’ils sont déjà : « des enfants de Dieu » (Jn 1,12), « créés à son image et ressemblance » (Gn 1,26-28) et appelés à vivre de la Plénitude de sa Vie…
 Jésus va ensuite inviter ses disciples à le suivre avec encore plus de proximité. Qu’ils se dépouillent de tout attachement aux biens matériels, car « le Fils de l’Homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »  Qu’ils veillent avant tout à « annoncer le Règne de Dieu », car « là » est le vrai Trésor. « Le Royaume des Cieux est en effet justice, paix et joie dans l’Esprit Saint » (Rm 14,17), « l’Esprit qui vivifie » et apporte avec lui le vrai bonheur… DJF       




Rencontre autour de l’Évangile – 13ieme dimanche du temps ordinaire

“Suis-moi ?”

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Ensemble lisons et comprenons les mots important (Luc 9, 51-62)           

             Peu avant notre passage, Jésus a demandé à ses disciples : « Pour vous, qui suis-je ? » « Le Messie de Dieu » a répondu Pierre au nom de tous. Et Jésus a aussitôt commencé à leur enseigner comment il serait le Messie : non pas glorieusement, en triomphateur, à la manière humaine, mais « en souffrant beaucoup, en étant rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, en étant tué et en ressuscitant » (Lc 9,22). Et il rajoutera ensuite : « Le Fils de l’Homme va être livré aux mains des hommes » (Lc 9,44)…

Le sens des mots 

  • A quel événement renvoie donc la première phrase de notre Evangile : « Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde » ? Et pourquoi St Luc précise-t-il que Jésus « prit avec courage la route de Jérusalem » ?

  • Les Juifs habitaient soit la Galilée, au Nord de la Palestine, soit la Judée, au sud, avec Jérusalem, sa capitale… Entre les deux, la Samarie… A la mort du Roi Salomon (931 av JC), fils de David (1010-970 av JC) le Royaume d’Israël s’était divisé en deux, le Nord et le Sud. Les Samaritains sont les lointains héritiers de cet ancien Royaume du Nord. Et avec le temps, la haine s’était établie entre Juifs et Samaritains. Pourquoi Jésus fait-il exprès de passer en territoire Samaritain ?

            « On refusa de le recevoir ». Il fallait s’y attendre… Les disciples veulent que le feu du ciel descende, comme pour Elie autrefois (2R 1). Mais « Dieu est Amour » (1Jn 4,8) et Il n’Est qu’Amour. Répond-il au mal, par le mal ? Que fera Jésus, sur la Croix, pour ceux qui le tuaient (Lc 23,34) ?

  • Trois conseils sont ensuite adressés à quiconque désire suivre Jésus. Si « le Fils de l’Homme n’a pas où reposer la tête», qu’en sera-t-il donc du disciple ? Quel style de vie doit-il être prêt à accepter ? Mais pour nous qui avons souvent charge de famille, comment traduire cette invitation dans les circonstances concrètes de notre vie ? A quelle attitude Jésus nous invite-t-il vis-à-vis des biens matériels ?

  • « Honore ton père et ta mère » disait la Loi (Ex 20,12). « Je ne suis pas venu abolir la Loi mais l’accomplir» dit Jésus (Mt 5,17) ! Est-il donc interdit à un disciple de Jésus d’aller enterrer son père ? Bien relire la réponse de Jésus : quelle invitation pressante lance-t-il ici en fait ?

  • Est-il donc également interdit de « faire ses adieux aux gens de sa maison » si l’on désire suivre Jésus ? Là aussi, bien relire la réponse de Jésus : contre quel danger met-il en fait en garde celui ou celle qui a décidé de se mettre à sa suite ?

 

 

Pour l’animateur

  • Luc fait allusion à la mort de Jésus à Jérusalem, mais le vocabulaire employé a volontairement un double sens : les hommes, en tuant Jésus, vont « l’enlever de ce monde». Mais le Père, trois jours après, le ressuscitera d’entre les morts en déployant en Lui la Toute Puissance de l’Esprit Saint. Et il « l’enlèvera de ce monde » en le faisant asseoir à sa droite dans les cieux… St Luc nous racontera d’ailleurs l’Ascension de Jésus : « il emmena » ses disciples « jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. Tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et fut emporté au ciel » (cf. Lc 24,50-53).

            Et Jésus « prend avec courage la route de Jérusalem » car il sait qu’il va beaucoup y souffrir…

  • « Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils Unique afin que quiconque croit en lui ne se perde pas mais ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger (condamner) le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui ». « C’était Dieu, en effet, qui dans le Christ se réconciliait le monde » en lui offrant de « connaître la salut par la rémission de ses péchés grâce aux entrailles de Miséricorde de notre Dieu dans lesquelles nous a visités Jésus, l’Astre d’en Haut » (Jn 3,16-17 ; 1Co 5,19 ; Lc 1,76-79). Toute sa mission consiste donc à réconcilier les hommes avec Dieu et entre eux, leur apprenant le seul langage qui existe au Ciel, celui de l’Amour… Et dès que cet Amour circule entre les hommes, le Royaume des Cieux est là…

            L’Ancien Testament, dans son imperfection, présente parfois un Dieu vengeur ou violent. Les disciples connaissent bien cet épisode de la vie d’Elie où les envoyés d’Ochozias, un roi infidèle, le somment de venir au chevet de leur maître blessé. Et Elie de leur répondre : « Si je suis un homme de Dieu, qu’un feu descende du ciel et vous dévore », ce qui arriva, d’après le texte… Mais non, Dieu n’agit pas ainsi. Nous en avons la confirmation avec la réaction de Jésus, vrai Dieu et vrai homme… Il n’est pas accueilli ? Il va plus loin, et il reviendra plus tard, d’une manière ou d’une autre, pour leur offrir son Amour…

            Dieu est Amour, et il ne sait qu’aimer… Il répondra toujours au mal par l’Amour, ne cessant de chercher le meilleur pour celui qui fait le mal. Or le péché tue d’abord celui qui le commet en le privant de la Plénitude de la Vie divine pour laquelle nous avons tous été créés. D’où angoisses et souffrances profondes (Rm 2,9), ce que Dieu ne veut pas, Lui qui ne poursuit que le Bien de tous ses enfants. Il fera donc du bien à quiconque fait le mal en l’aidant à prendre conscience que ce qu’il fait est mal, en l’invitant à ne plus agir ainsi, de tout cœur, et en lui donnant en surabondance le pardon de toutes ses fautes passées. Il pourra ainsi repartir dans une Vie nouvelle, toute remplie de sa Paix et de sa Joie. Sur la Croix, Jésus priera ainsi pour tous ceux qui font le mal, tous ceux qui le tuent : « Père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34)…

  • Le disciple aussi risque bien de ne rien avoir pour reposer sa tête… Pensons aux missionnaires de l’Evangile qui ont tout quitté pour annoncer le Christ. Avec Jésus se révèle le Trésor de la Vie divine, Trésor d’Amour et de Paix qui ne demande qu’à remplir les cœurs. Face à ce Trésor, tout le reste devient fade… Certes, nous sommes tous pécheurs, mais le disciple de Jésus ne peut que montrer par la simplicité de sa vie, ou du moins par un certain détachement vis-à-vis des biens matériels, qu’il a trouvé avec Jésus ce Trésor de Paix et de Vie qui commence à le combler dès maintenant, par sa foi et dans la foi…

  • Non, le disciple de Jésus n’a pas à rejeter ses parents, bien au contraire ! Et Jésus donnera l’exemple en s’occupant de Marie, sa Mère, jusqu’au bout : juste avant de mourir, il l’a confiera à Jean, son disciple très cher (Jn 19,25-27). Ici, Jésus souligne l’urgence d’annoncer la Bonne Nouvelle du Don Gratuit de la Vie que Dieu veut accorder largement à tous les hommes, et cela d’autant plus qu’ils en sont privés par suite de leurs fautes : « Le salaire du péché, c’est la mort ;  mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 6,23). En recevant ce Don, ils trouveront enfin le Bonheur qu’ils cherchaient en empruntant les chemins du mal. Or, c’est justement ce mal qui les en privait, sous ses apparences trompeuses d’abondance et de bien-être…

• Enfin, Jésus connaît bien l’attachement si humain, si normal, si humainement normal que nous pouvons ressentir pour nos proches et nos amis. Les quitter pour le suivre est un réel sacrifice. Et comme le rencontrer, c’est répondre à l’appel d’une vie radicalement nouvelle, revenir en arrière peut aussi être synonyme de retourner à des comportements contraires au Royaume de Dieu. Non, le disciple de Jésus fait tout, avec le soutien de sa grâce, pour garder le regard de son cœur tourné vers Lui, en rejetant au même moment tout ce qui lui est contraire…

         

TA PAROLE DANS NOS CŒURS  

  

  • Notre réaction face au mal, répondre par la force ? Où en sommes-nous ?

  • Suivre Jésus en choisissant une vie simple, en annonçant le plus largement possible autour de nous le Don de sa Vie, une Vie qui nous appelle nous aussi à changer notre vie : où en sommes-nous ?

ENSEMBLE PRIONS

                Tu as voulu, Seigneur, que la puissance de l’Evangile travaille le monde à la manière d’un ferment ; veille sur tous ceux qui ont à répondre à leur vocation chrétienne au milieu des occupations de ce monde : qu’ils cherchent toujours l’Esprit du Christ, pour qu’en accomplissant leurs tâches d’hommes, ils travaillent à l’avènement de ton Règne. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur 

 

 

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12ième Dimanche du Temps Ordinaire- Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS, paroisse Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

De la confession de foi à la vie dans la foi

 

Pour vous qui suis-je« Pour vous, qui suis-Je ? » Pierre répondit : “Le Christ de Dieu”». Mais lui leur enjoignit et prescrivit de ne le dire à personne. « Le Fils de l’homme, dit-il, doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter ».

Je pense qu’il nous est difficile d’imaginer l’éclair de lumière qui a traversé le cœur de Pierre au moment même où il a prononcé ces paroles. Quand Pierre, au nom des apôtres, répond à la question du Christ : « Pour vous, qui suis-je ? » et qu’il Lui dit : « Tu es le Christ de Dieu », il dit ce qui constitue le cœur même de notre foi, il touche pour ainsi dire la réalité la plus profonde et la plus essentielle qu’un homme est capable de dire concernant Celui qui vient nous sauver, concernant le Christ. Cela dépasse infiniment toutes les opinions, toutes les appréhensions que pouvaient en avoir les gens, les foules qui côtoyaient le Christ et qui, sur la base de tel témoignage, de tel miracle ou de telle réflexion assez avisée ou acérée que Jésus renvoyait aux pharisiens, pouvaient juger de ce qu’Il était : un prophète ou un annonciateur éminent du Royaume.

En fait quand Pierre dit : « Tu es le Christ », il entre désormais dans une économie nouvelle et c’est pour cela que Pierre est Pierre, il est le roi et fondateur, il entre dans l’économie du regard même de la foi. Il sait discerner dans Celui-là même qu’il côtoie depuis quelques années, et peut être simplement depuis quelques mois, il sait discerner et confesser le cœur même de Celui qui vient parmi les hommes, pour les sauver.4ième dimanche de paques1

Pourtant, il est tout à fait remarquable que le Christ, à ce moment-là, coupe court en leur demandant de n’en parler à personne. Il y a beaucoup d’hypothèses sur ce silence que le Christ demande à ses disciples de respecter absolument concernant sa propre personne. La plus vraisemblable c’est que si, à ce moment-là, avait commencé à se répandre le bruit que le Christ était le Messie, sa mission risquait de dégénérer dans une aventure politique extrêmement hasardeuse du fait qu’Il vivait dans un contexte particulier : les foules qui le suivaient vivaient dans une ambiance politique et sociale plutôt effervescente, les juifs étaient excités contre le pouvoir romain, enthousiasmés par différents messianismes de restauration d’Israël qui pratiquement chaque fois se soldaient par des révoltes et des bains de sang. Bref Jésus-Christ ne voulait pas entrer dans ce jeu-là. Pourtant, est-ce simplement cela dont il s’agit ? Immédiatement après, Jésus leur dit qu’Il doit aller à Jérusalem, être maltraité, mourir et ressusciter.

Il me semble qu’il y a entre, d’une part, cette attitude du Christ vis-à-vis de la foi de Pierre si droitement, si pleinement et entièrement confessée, et d’autre part, le déploiement réel de sa mission de Sauveur par la mort et la Résurrection, une relation qui, pour comprendre notre foi, est absolument indispensable. Lorsque nous croyons, nous pouvons d’abord confesser, et c’est nécessaire, que le Christ est Fils de Dieu. Mais après ? Après, c’est vrai, nous pouvons en rester là. Nous pouvons nous dire simplement : « Je crois qu’il y a vingt siècles, un homme est mort et qu’Il est le salut du monde ». Mais à quoi cela nous servirait ? Ça serait sans doute, et c’est peut-être encore pour beaucoup d’hommes, une grande consolation et une grande espérance.

Pardon 1Mais fondamentalement, pourquoi est-Il mort ? Pourquoi est-Il venu ? Pourquoi est-Il ressuscité ? Est-ce simplement pour nous “faire voir” ce qu’Il fait en notre faveur, afin que nous l’apprenions et que nous le sachions ? Je ne le crois pas. Même si la foi confessant droitement le Christ comme Messie de Dieu est absolument indispensable, il faut sur ce fondement et sur ce roc, bâtir quelque chose, non pas par nous-mêmes, mais par la grâce du Christ en nous. Et c’est là que commence l’aventure personnelle de chaque croyant, à l’intérieur même et sur la base même de la confession de foi. C’est comme si le Christ disait à Pierre : « Tu as vu juste, mais tu ne peux pas te contenter d’une vue juste. Ce qui dans ton intelligence et ton cœur a été révélé par l’œuvre de la grâce de mon Père en toi, cela constitue le fondement : mais tu ne peux pas en rester là. Il faut désormais que Je t’entraîne dans une aventure où Moi-même, que tu reconnais comme ton Christ et ton Sauveur, Je vais progressivement te faire entrer dans la compréhension de ce que Je suis : Celui qui meurt pour toi et qui ressuscite pour toi ». L’aventure de la grâce est donc cette histoire dans laquelle le Christ s’emparant de celui qui confesse : « Tu es Seigneur », lui fait découvrir dans sa propre existence et dans sa propre chair ce que veut dire : « Jésus est le Seigneur mort et ressuscité pour moi ».

Nous passons du stade de la confession à l’histoire personnelle qui se déploie dans l’économie d’une vie humaine, par laquelle le Christ progressivement s’empare de tout nous-mêmes, dans notre être le plus profond, dans notre intelligence, dans notre désir et dans notre volonté, progressivement Il façonne cela même que nous sommes dans l’économie de sa Mort et de sa Résurrection. Voilà ce que nous voyons petit à petit se réaliser en répondant à ce travail du Christ, de l’Esprit Saint et de la grâce en notre cœur. Nous passons progressivement de ce que nous confessons en toute vérité à une transformation de notre existence même, par l’apprentissage d’une mort et d’une résurrection qui, au lieu de s’accomplir dans la solitude, est entrée dans la mort avec le Christ qui meurt pour nous, dans la résurrection qui, loin d’être simplement une aspiration à une survie et à un bonheur sans fin est une résurrection par laquelle le Christ nous ressaisit dans tout notre être et nous fait participer progressivement à sa vie éternelle.

Logo année de la Miséricorde - détail

Il y aura toujours un décalage entre les deux stades, il y a un décalage entre l’acte par lequel nous confessons la foi et l’œuvre de la grâce qui s’accomplit progressivement en nous. Nous ne pouvons pas dire en vérité et en plénitude que le Christ est Seigneur si nous n’entrons pas progressivement dans un mystère de mort et de résurrection. Si la foi était simplement un accord de notre intelligence à donner, accord nécessaire, ce serait totalement insuffisant. Cette foi-là ne pourrait constituer à elle seule une source de salut. Il faut que la manière même dont le Christ, par sa grâce, s’empare réellement de nous et nous fait réaliser comment, progressivement nous entrons dans une mort à nous-mêmes comme Lui-même est mort pour nous, nous fasse progressivement entrer dans une vie pour Lui, car Lui aussi vit pour nous.

Tel est le chemin de notre foi. Sur la base d’une confession véritable qui est portée par l’Église, qui est portée par tous nos frères, qui est sans cesse gardée par le magistère apostolique du Collège des évêques avec Pierre à sa tête, sur la base de cette foi, c’est une multitude d’aventures personnelles dans lesquelles chacun découvre ce que signifient sa propre mort et sa résurrection par et dans le Christ.

main de dieuCes réflexions rejoignent très concrètement la manière dont nous devons vivre. En effet, pourquoi vivons-nous un certain nombre d’années sur la terre ? Au fond, cela pourrait être beaucoup plus simple si à partir du moment où nous avons confessé droitement la foi de notre baptême, tout rénovés, nous soyons immédiatement sauvés par le Christ dans sa Résurrection. Vous me direz peut-être que vous n’en avez pas tellement envie, mais au fond ce ne serait peut-être pas si mal d’entrer directement dans la vision de la gloire de Dieu immédiatement après avoir confessé la vérité même de la foi.

Pourquoi donc y a-t-il un temps ? Pourquoi Dieu n’a-t-il pas renié ce caractère très progressif de notre existence, ce caractère très lent de l’épanouissement de notre intelligence et de notre cœur et de tout ce que nous sommes ? C’est pour la raison que nous avons dite. Il nous a apporté la vérité même du salut, mais Il veut, et c’est le sens de notre vie chrétienne, que cette vérité même du salut, s’incorpore progressivement à nous-mêmes. Au plan des relations humaines, nous savons bien que, lorsque nous découvrons la réalité même du cœur de quelqu’un, par exemple pour des parents le fait de s’émerveiller devant la naissance de leur enfant, ce premier regard et ce premier instant sont comme une illumination qui doit se déployer au jour le jour lorsque les parents, progressivement, façonneront le cœur de l’enfant pour que s’épanouisse en lui la plénitude de sa vie humaine, de sa pensée et de son désir. De la même façon, quand le Christ nous saisit par la grâce de la foi, il pose le fondement et ensuite Il nous dit : « Il faut que tu suives mon chemin à Jérusalem, il faut que tu entres dans le mystère même de ma Résurrection ». Cet itinéraire n’est pas à opposer aux grandes vérités de la foi, il est fondé en elles, mais la plupart du temps nous avons un peu tendance à nous “endormir” sur ces grandes vérités et à nous dire que puisque nous avons le minimum vital et essentiel, cela nous suffit. Et nous ne savons pas laisser faire en nous le travail de la grâce de Dieu qui, progressivement, fait que les grandes vérités fondatrices de notre foi et de notre existence, deviennent notre propre chair, notre propre cœur et notre propre intelligence tournés vers Dieu dans et par le Christ. Amen.jesus-christ-0305




12ieme Dimanche du Temps Ordinaire par le Diacre Jacques FOURNIER

 « Mourir à soi-même pour vivre de Dieu (Lc 9,18-24) ! »  

      En ce jour-là, Jésus était en prière à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Au dire des foules, qui suis-je ? »
Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; mais pour d’autres, Élie ; et pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. »
Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Pierre prit la parole et dit : « Le Christ, le Messie de Dieu. »
Mais Jésus, avec autorité, leur défendit vivement de le dire à personne,
et déclara : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. »

Pour vous qui suis-je

Jésus va bientôt prendre « avec courage la route de Jérusalem » (Lc 9,51), et il connaît les souffrances qui l’attendent. Mais il va les accueillir librement, et continuer de manifester à travers elles, et cela avec une intensité unique, que « Dieu est Amour » (1Jn 4,8.16) et qu’il n’est qu’Amour. A tout ce mal que lui feront les hommes, il ne répondra en effet que par l’Amour, offrant silencieusement sa vie pour notre salut à tous, et notamment pour ceux là mêmes qui s’acharneront sur lui… « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34).

            L’heure est donc venue de faire le point avec ses disciples. Si les foules n’ont qu’une connaissance très vague de son Mystère, eux, que disent-ils ? Tu es « le Messie de Dieu », « l’Oint de Dieu »… La réponse est bonne, car Jésus est bien ce Fils Unique qui reçoit du Père, de toute éternité, cette Onction de l’Esprit par laquelle il est engendré en Fils. Mais eux pensent encore « le Messie » en termes politiques. Ils le voient comme celui qui restaurera la royauté en Israël (Ac 1,6) en chassant l’envahisseur romain… Aussi Jésus leur annonce-t-il ici sans détours ses souffrances prochaines. Il sera « rejeté par les Anciens, les Chefs des Prêtres », les responsables d’Israël. La perspective humaine qu’il leur offre est donc celle d’un échec apparent qui, pourtant, manifestera le triomphe de l’Amour…

            Bien plus, si quelqu’un veut le suivre, Jésus l’invite à « renoncer à lui-même ». Mais « nous avons déjà tout laissé », « maison, frères, sœurs, mère, père, enfants et champs », « et nous t’avons suivi » (Mc 10,28-30 ; Ac 4,34)… Le renoncement est déjà grand, mais Jésus invite à aller encore plus loin. Il s’agit ici de « prendre sa croix chaque jour », de « le suivre », de « perdre sa vie » et cela afin de « la sauver ».

            Heureusement, le but est bien de vivre, et de vivre pleinement… Jésus nous appelle en fait ici à mourir à tout ce qui nous empêche de participer à la Plénitude de sa Vie : notre orgueil, notre amour propre, notre égoïsme et toute forme de recherche de nous-mêmes. En effet, « le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 6,23).

            Il s’agit donc de « renoncer » au « péché » qui nous tue spirituellement pour pouvoir accueillir « le don de la vie éternelle », par « l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63) ! Mais quel combat ! « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu, car tout est possible à Dieu. » Alors heureux qui lui offre sa confiance, il ne sera pas déçu (Ps 22(21)). L’Amour, petit à petit, sera aussi en lui vainqueur de tout mal et la Vie de Dieu finira par triompher !                           DJF




Rencontre autour de l’Évangile – 12ieme dimanche du temps ordinaire

“Pour vous qui suis-je ?”

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Ensemble lisons et comprenons les mots important (Luc 9, 18-24)           

Les disciples de Jésus ont déjà vécu beaucoup de choses avec Lui… Ils l’ont entendu prêcher aux foules la Bonne Nouvelle du Royaume des Cieux. Ils l’ont vu accomplir quantité de guérisons en signe de sa Présence effective au milieu des hommes. Les Douze sont même partis un temps en mission tous seuls, avec l’ordre exprès de Jésus de ne rien prendre pour la route. Il voulait qu’ils fassent ainsi l’expérience de l’efficacité de la Providence divine. Et dès leur retour, ils vivront avec lui une multiplication des pains. Il est temps maintenant de faire un premier bilan de tout cela…

Le sens des mots

  • Où sommes-nous au début de cet Evangile, et que fait Jésus ? Vous souvenez-vous d’autres épisodes où St Luc nous le présente dans la même attitude ?

  • Jésus a beaucoup sillonné la Palestine et parlé aux foules… L’ont-elles reconnu dans son Mystère ? Que disent-elles de lui ?

            St Luc raconte l’arrestation de Jean-Baptiste (Lc 3,19-20), mais à la différence de St Matthieu, il ne nous raconte pas les circonstances de sa mort. Nous l’apprenons simplement de la bouche du Roi Hérode, juste avant notre passage : « Jean moi, je l’ai fait décapiter » (Lc 9,7-9). Jean est donc mort. En reprenant les trois réponses de la foule, quel élément commun ont-elles entre elles ? Qu’est-ce que les foules ont donc malgré tout perçu en Jésus ?

  • Et les disciples, que disent-ils eux de Jésus ? Lors de ses premières apparitions, ils lui demanderont encore : « Est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? » (Ac 1,6 ; on se souvient qu’à l’époque la Palestine était occupée par les Romains). Et la mère de Jean et Jacques lui avait déjà dit, peu avant sa Passion : « Voilà mes deux fils : ordonne qu’ils siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume » (Mt 20,21). Quel sens a donc le mot Messie pour les disciples ?

  • Tel était de fait le sens donné à ce titre de Messie à l’époque… Mais Jésus le sera autrement : bien noter tous les éléments de sa réponse. Par quelle révélation se termine-t-elle ? Se souvenir de ce que les foules avaient perçu en Jésus, même si c’était de manière confuse…

  • Jésus maintenant s’adresse à ses disciples. La perspective nous fait frémir… mais écoutons bien : à quoi s’agit-il de renoncer ? Et dans quelle logique se trouve en fait celui qui ne pense qu’à « sa vie » ? A quoi s’agit-il donc ici de mourir ? Et qui nous aide dans ce combat (cf. Mt 11,28-30) ?             

 

Pour l’animateur

  • Nous sommes à l’écart, dans un endroit désert, et Jésus prie. St Luc aime nous donner en exemple Jésus en prière : au moment de son baptême par Jean (3,21), dans les déserts (5,16), dans la montagne, toute la nuit, pour choisir les Douze Apôtres (6,12), ici, à l’heure d’un premier bilan, puis à nouveau sur la montagne au moment de sa Transfiguration (9,28-29), au moment d’enseigner la prière du Notre Père (11,1-2), pour que la foi de Pierre tienne bon (22,32), à l’agonie (Lc 22,41-44), sur la Croix, pour ses persécuteurs (23,34)… Et c’est Lui qui nous donne ces conseils : « Veillez et priez en tout temps » (21,36), « Priez pour ne pas entrer en tentation» (22,40 et 22,46).

  • Non, les foules n’ont pas vraiment perçu « qui » est Jésus : pour certains « Jean Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. » Le point commun entre ces trois réponses : toutes les trois supposent un Mystère de vie après la mort. Hérode vient en effet d’exécuter Jean-Baptiste ; Elie, monté vivant au ciel sur un char de feu (2R 2,11-12), et qui était censé en redescendre au Jour de l’intervention décisive du Seigneur (Ml 3,23-24), une prophétie accomplie en fait par Jean-Baptise qui « marcha avec l’Esprit et la Puissance d’Elie » (Lc 1,17 ; Mt 17,12) ; et enfin « un prophète ressuscité ». Perception encore confuse d’un Mystère de Vie éternelle en Jésus…

  • Pierre au nom de tous reconnaît en Jésus « le Messie de Dieu ». Le mot Messie vient de l’hébreu, la langue de l’Ancien Testament. « Massah » signifie « asperger, oindre », et « massiah » ou « messiah », « celui qui a reçu l’onction ». Dans l’Ancien Testament, le roi était « l’Oint du Seigneur » par excellence, celui que Dieu avait « élu » pour gouverner son Peuple. L’onction d’huile lui était appliquée par un homme de Dieu, prophète ou prêtre. Le roi David, par exemple, fut oint par le prophète Samuel (1 Sm 16,1-13) : Samuel prit une corne remplie d’huile et la versa sur la tête du jeune David. Dès lors, « l’Esprit du Seigneur fondit sur David ». L’huile en elle-même n’a aucune importance : elle est le signe visible de la Présence de l’Esprit invisible de Dieu qui vient pénétrer le cœur du jeune David comme l’huile pénètre dans la peau. Par le don de cet Esprit, Dieu communiquait au roi toutes les grâces nécessaires pour le bon accomplissement de sa mission. En effet, le roi n’était que l’instrument par lequel Dieu régnait sur son Peuple. Les disciples pensent donc que Jésus est le Roi promis par Dieu, mais ils ne voient que l’aspect terrestre, politique : ils le voient chasser les Romains hors du pays et leur donner les places d’honneur dans son ‘gouvernement’.

  • Non, la Royauté de Jésus est d’un autre ordre : avec Lui, c’est l’Amour qui est Roi, l’Amour de Dieu, un Amour infini qui se révèlera pleinement sur la Croix : « Père, pardonne-leur ». Jésus prie pour ceux qui le tuent, ne cherchant pour eux que le meilleur… Ainsi est l’Amour de ce Dieu qui n’est qu’Amour (1Jn 4,8.16).

  • La réponse de Jésus à ses disciples évoque ses souffrances, son rejet, sa mort et sa résurrection… Oui, là, vraiment, il sera ressuscité, vivant de la Plénitude de la Vie de cet Amour qui, en Lui, se sera révélé plus fort que la souffrance, la haine et la mort !

    • « Renoncer à soi », « perdre sa vie » c’est renoncer en fait à son égoïsme pour se tourner non pas vers soi, dans un mouvement de repli sur soi, mais vers les autres dans un mouvement d’ouverture aux autres. Cette attitude est loin d’être facile, pour nous, pécheurs. Mais Jésus Lui-même, par la force de l’Esprit, vient nous rejoindre dans notre combat pour nous donner d’en sortir vainqueurs. « Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau », sous le poids de votre péché, « et moi, je vous procurerai le repos ». Si nous acceptons en effet d’offrir à Jésus jusqu’à notre péché, c’est Lui qui viendra le porter avec nous. Notre fardeau deviendra « son fardeau », et pour Lui, le Tout Puissant, ce fardeau ne pourra qu’être « léger »…

         

TA PAROLE DANS NOS CŒURS          

  • L’Evangile de ce Dimanche ne peut que nous renvoyer, à nous aussi, cette question de Jésus : « Pour vous, qui suis-je ? ». Interrogeons notre cœur, interrogeons notre vie : sur la base de tout ce que nous avons vécu jusqu’à présent avec Lui, dans la Foi, que pouvons-nous dire à son sujet ? Qui est-il réellement, concrètement, pour nous ?

  • Prenons aussi le temps de réfléchir sur notre conversion personnelle, notre renoncement à nous-mêmes… Il se vérifiera avant tout dans notre relation aux autres, notre ouverture aux autres, notre écoute des autres, notre engagement pour les autres… Quels sont les domaines où nous pourrions mieux nous donner au service des autres ? Sans jamais oublier que la Miséricorde de Dieu nous accompagne sans cesse pour nous relever et nous relancer sans cesse…

 

ENSEMBLE PRIONS

            Fais-nous vivre à tout moment, Seigneur, dans l’amour et le respect de ton saint nom, toi qui ne cesses de guider ceux que tu enracines solidement dans ton amour. Nous te le demandons par Jésus ton Fils notre Seigneur, Lui qui règne avec toi dans l’unité d’un même Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

   

 

 

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