3ème Dimanche de l’Avent- Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS, paroisse Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Tout à la fois Jean-Baptiste et Fils du Royaume !

« Es-tu Celui qui doit venir où devons-nous en attendre un autre ? »

Fjean-le-baptisterères et sœurs, je crois qu’il n’y a pas d’évangile plus dramatique que celui-là. Dramatique, parce qu’il concerne cet homme, Jean le Baptiste, le cousin du Seigneur, le Précurseur du Très-Haut, le petit enfant qui doit annoncer le Royaume, celui qui a tout pour lui, par rapport au salut. Et dramatique parce que cet homme-là restera définitivement au seuil du Royaume.

Jean-Baptiste est en prison, il a accompli sa mission, apparemment c’est fini, il est à la retraite. Mais il s’intéresse encore à ce qui se passe et il entend parler des œuvres de Jésus. Comme il y avait aussi des visites dans les prisons à cette époque-là, les disciples de Jean, envoyés par Jean vers Jésus vont lui demander : « Es-tu Celui qui doit venir ? » Ici, la question de Jean doit être bien comprise. Jean se réfère en bon juif à la tradition prophétique dans laquelle il a voulu s’inscrire. Il pose la question en fonction de la prophétie d’Isaïe que nous avons entendue dans la première lecture et qui est répercutée encore dans d’autres passages : « Voici votre Dieu, c’est la vengeance qui vient, c’est la revanche de Dieu, Il vient Lui-même et va vous sauver ». Pour Jean-Baptiste, et ceci n’est pas étranger à son style de prédication, à son style d’annonce du Royaume de Dieu, la venue du Messie est liée à la violence. Le Messie doit venir avec force et violence, Il doit venger et prendre sa revanche. C’est précisément parce que Jean-Baptiste était conscient de ce caractère terriblement vindicatif de la venue de Dieu, que sa prédication est si violente. Il sait, lui, dans son message prophétique que ce qui va arriver, normalement doit être terrible. Normalement Dieu doit se venger et détruire, on ne sait pas qui va en réchapper, d’où « la cognée se trouve déjà à la racine des arbres », c’est-à-dire que Dieu va couper, tailler et trancher ! Dans la représentation de Jean-Baptiste, et c’est important à comprendre, lorsqu’il pose la question à Jésus, il dit : « Vu ce que j’ai annoncé, et ce que maintenant j’entends de Toi, je ne suis pas certain que cela corresponde. J’entends dire ce que Tu fais, mais cela ne correspond pas à ce que j’ai dit, à ce qui était le contenu de ma mission. J’ai annoncé le Jour du Seigneur, le Jour de colère, le Jour de vengeance, le feu purificateur qui doit changer le monde, Toi, Tu fais des choses bien gentilles, mais cela n’a rien à voir avec le sujet ». Par conséquent, Jean-Baptiste envoie les messagers vers Jésus, pour Lui faire part de ses doutes, il n’est vraiment plus très sûr. On ne peut pas tomber dans l’image d’Epinal d’un Jean-Baptiste satisfait de sa mission, de ce qu’il a baptisé Jésus, annoncé la venue du Messie, et au repos. Non ! Lui pense que Jésus est en train de déchoir par rapport à la mission que lui, Jean, avait été chargé d’annoncer à son sujet, si tant est que c’était bien Jésus qui devait remplir cette mission, puisqu’il dit : « Est-ce qu’éventuellement, il ne faudrait pas en attendre un autre ? »

JJésus bergerésus répond : « Allez raconter à Jean ce que vous voyez ». Il ne dit pas à Jean : « Ne t’inquiète pas, tout va bien ». Mais au contraire, Jésus dit : « Les œuvres dont tu as entendu parler sont effectivement ce que je dois faire, et contente-toi de cela comme signe ». Jésus ne réfute pas directement Jean-Baptiste en lui disant qu’il s’est trompé, mais en considérant les œuvres du Christ, il invite Jean à y réfléchir et à en tirer les conclusions, et rien de plus. Même à la fin, Il ajoute une petite réflexion qui, entre nous soit dit, n’est pas très aimable : « Heureux celui pour qui je ne serai pas occasion de scandale ». C’est comme s’il disait à Jean : « Tu t’es fait un certain nombre d’idées sur la venue du Messie, Moi, Je te dis simplement ce que Je fais, et Je t’avertis amicalement, Je te dois bien cela, Je ne voudrais pas être pour toi, une occasion de scandale ». Il n’y a de la part de Jésus aucune parole de réconfort, aucune assurance. C’est terrible ! C’est comme si Jésus laissait Jean-Baptiste croupir dans sa prison, non seulement avec le traitement des prisonniers, mais ce qui peut être plus grave, avec ses doutes et ses questions. « Tu as entendu parler de mes œuvres, c’est vrai, c’est tout ce que je peux te répondre ». Evidemment, ces souvenirs-là des deux groupes, les disciples de Jean d’un côté, les disciples de Jésus de l’autre, ont dû être recueillis très soigneusement. Il faut bien avouer que ce n’était pas pour faire la clarté dans les esprits. Les disciples de Jean devaient continuer à dire : « Est-ce que c’est tellement certain que Jésus soit le Messie ? Notre maître dans les derniers temps de sa vie s’était vraiment demandé si Jésus était bien Celui qu’il avait annoncé ? » Et d’autre part, les disciples du Christ disaient : « Effectivement, notre Maître a bien répondu à Jean-Baptiste qu’il posait un certain nombre de signes qui ne coïncident pas avec son attente, cependant, ce sont bien là les signes du Royaume de Dieu ».

Jean BaptisteA partir des données évangéliques, il est très difficile d’essayer de raccorder les deux personnages. En fait, l’évangile d’aujourd’hui nous dit une chose que je trouve terrible : celui qui a dit : « Voilà qu’il vient », au dernier moment de sa vie, il n’en est plus sûr du tout. Celui qui est parti au front la fleur au fusil, meurt deux jours avant l’armistice sans avoir jamais vu la victoire. Telle est la vie de Jean-Baptiste : il a vécu au bord du Royaume sans en avoir jamais bénéficié d’aucun bienfait, sinon celui d’être enfermé dans la prison du roi Hérode, et de terminer sa vie en se demandant s’il ne l’a pas gâchée en se mouillant pour un homme dont il a cru qu’il allait changer la face de l’univers. Etant chargé d’être celui qui devait l’annoncer, il aurait pu revendiquer quelque droit ou quelque mérite à être éclairé sur la situation, et l’on ne lui a rien dit du tout. Et remarquez-le bien, dans le même texte, Jésus clame son admiration pour Jean-Baptiste aux gens autour de lui : « Qu’êtes-vous allé voir au désert ? Un roseau agité par le vent ? » Qu’est-ce que cela veut dire ? Il y a déjà du La Fontaine chez Jérémie, le roseau plie mais ne rompt pas, c’est-à-dire que le roseau c’est Jean-Baptiste agité par la violence du vent d’Hérode qui va le tuer, mais Jean ne cédera pas. Jésus admire le courage de Jean-Baptiste face au roi qui va menacer sa vie. « Qu’êtes-vous allé voir au désert ? Un homme habillé avec des vêtements précieux ? » Quelqu’un qui céderait à ses propres désirs, ou à ses propres recherches de confort ? Mais non, vous savez bien que Jean-Baptiste n’est pas de ce style-là. Il est vêtu d’une tunique de poils de chameau. Il a complètement maîtrisé ses désirs, il n’a jamais cédé devant les injonctions ou la violence des autres hommes. Il est absolument intègre du point de vue de sa mission, et vis-à-vis de lui-même. Seule solution : c’est un prophète. Et Jésus dit à ce moment-là : « Il est plus qu’un prophète puisqu’il m’a annoncé », et en même temps, Jésus ajoute : « Le plus grand des enfants des femmes, c’est Jean-Baptiste », c’est-à-dire, le plus grand dans le domaine de l’attente c’est Jean-Baptiste, mais « le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui ». Quand on se racontait cela dans les communautés chrétiennes, on voulait dire : nous les chrétiens, entrés dans le mystère de la Pâque du Christ, nous sommes plus grands que lui. Dans cette Parole, Jésus établit clairement deux ordres : Jean-Baptiste est le plus grand dans l’ordre de l’attente du Royaume, mais quand on est dans le Royaume, même si on est un peu médiocre ou petit, on est plus grand que lui. Jésus introduit ici une coupure radicale qui coupe complètement l’herbe sous les pieds à toutes les prétentions de Jean-Baptiste d’esquisser le visage du Messie, Jésus dit : « Il l’a annoncé, il a attendu, et c’est tout ».

Il y a en nous du Jean-Baptiste et de l’enfant du Royaume. C’est exactement notre situation aujourd’hui. Chacun d’entre nous, nous en sommes certains par le baptême, chacun d’entre nous vit la grâce d’appartenir au Royaume. C’est vrai, et à ce titre-là, nous sommes plus grands que Jean-Baptiste. Nous savons, nous croyons que c’est Dieu Lui-même qui est venu et normalement, si on y croit (même si ce n’est pas toujours facile), on sait à quoi l’on croit. On sait qu’on croit en Quelqu’un dont les œuvres de miséricorde manifestent la présence de Dieu Lui-même au milieu de sa création au milieu de son peuple. Mais en même temps, il faut bien le reconnaître, qui d’entre nous est capable d’imaginer le Royaume ? Qui d’entre nous est capable de dire son attente et son désir sinon sur le mode de ses propres attentes et de ses propres désirs ? Chacun d’entre nous se fait une représentation du Royaume à la mesure de ses demandes, de ses difficultés personnelles, de ses besoins de consolation, du besoin de répondre à certains désirs intérieurs ou extérieurs. Nous sommes donc exactement entre les deux.

la joie

C’est pour cette raison qu’aujourd’hui, cet évangile a quelque chose de salutaire. Il ne renvoie pas Jean-Baptiste définitivement dans les oubliettes, en fait, cette page d’évangile nous dit exactement la frontière par rapport à la venue du Royaume. C’est vrai que d’une certaine manière, il restera toujours en nous jusqu’à notre mort, du Jean-Baptiste, c’est-à-dire quelqu’un qui n’imagine pas la nouveauté du Royaume. Heureusement, c’est vrai aussi qu’il y a en nous ce fils du Royaume qui a déjà reçu par le baptême, la plénitude des promesses. Mais ce serait une illusion que de croire que nous sommes totalement indépendants de la figure de Jean-Baptiste, et c’est pour cela que je pense qu’elle est restée si importante dans la communauté primitive, parce quelle servait de barème et d’étalon. On ne pouvait mesurer la nouveauté du Royaume et la nouveauté de ce que le Christ avait apporté qu’en la comparant aux limites des attentes et des espérances du plus grand de tous les prophètes. Et aujourd’hui encore, nous n’avons pas d’autre manière de nous situer par rapport au Royaume de Dieu que d’essayer de comparer sans cesse notre question au Christ, et qui est parfois formulée avec les mêmes inquiétudes et les mêmes questionnements que ce qui agitait le cœur du Baptiste : « Es-Tu Celui qui doit venir ? » C’est vrai, si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, nous savons que nous sommes vraiment traversés par cette question, encore aujourd’hui, parce qu’on n’a pas tous les jours l’impression que le Christ vient dans nos vies, et c’est bien sûr qu’à certains moments, on ne le voit pas du tout venir, mais en même temps, il y a les deux choses : à la fois l’attente, la mesure de notre désir, et sans cesse, qui nous tenaille, la nécessité de critiquer cela, de voir autrement, d’accepter que Dieu vienne différemment de la manière dont nous l’aurions attendu et dont nous aurions fixé les termes de sa venue. C’est cela l’existence chrétienne aujourd’hui. Amen.

 




3ème Dimanche de l’Avent par Francis COUSIN

« Qu’êtes-vous allés voir au désert ? »

Jésus s’adresse aux foules. Cela veut dire que beaucoup de personnes qui suivaient Jésus, ou qui venaient simplement l’écouter, étaient d’anciens adeptes de Jean-Baptiste. Certains étaient restés disciples de Jean, d’autres poursuivaient leur recherche du Messie avec Jésus.

« Qu’êtes-vous allés voir au désert ? »
Par trois fois, Jésus pose cette question.
Un roseau bougeant au gré du vent ? Non. Jean reste ferme ; il le paye : il est en prison.
Un homme bien habillé ? Non. Il est vêtu comme le prophète Elie (1 R 1,20).
Un prophète ? Oui nous dit Jésus. Une insistance pour arriver à la troisième proposition qui pourrait nous faire penser que Jésus sentait chez ceux qui l’écoutaient une interrogation (comme celle de Jean-Baptiste qui lui avait envoyé une ambassade à ce sujet), des doutes sur sa qualité de Messie.

« Qu’êtes-vous allés voir au désert ? »
Cette question s’adresse aussi à nous. En ce troisième dimanche de l’avent, c’est l’occasion de faire un peu le point sur notre démarche, sur notre réflexion pendant l’avent.
Et d’abord, sommes-nous allés dans notre désert ? Dans nos déserts ?
Est-ce que nous avons essayé de ’’voir’’ et ’’entendre’’ les évènements du monde, ceux de notre vie, de la vie de l’Église, avec les yeux et les oreilles de notre cœur pour y discerner l’action de Dieu ?
Est-ce que nous avons essayé de relier ces évènements à la Parole de Dieu ?
Mais peut-être que pour cela, il faut ’’voir’’ et ’’entendre’’ ce que le monde ne met pas en avant … dans ses discours, dans les média ? Il faut chercher …
Avons-nous l’impression d’avoir changer quelque chose dans notre vie
– au niveau du silence ? De l’accueil du silence ?
– au niveau de l’écoute ?
– au niveau du gaspillage ?
– au niveau du respect des autres ?
– au niveau du respect de la nature ?
– au niveau de notre relation à Dieu ?
’’Tout est lié’’ nous dit le pape François.

Avons-nous essayé de comprendre (ou simplement de réfléchir sur) ce grand mystère de l’incarnation de Jésus, Fils de Dieu, Dieu lui-même (Jn 1,1), qui accepte de se faire homme comme tous les hommes en naissant du ventre d’une maman ? ’’Et le Verbe s’est fait chair’’ (Jn 1,14).
Et comment ne pas le remercier pour cela ?
’’Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ?’’ (Ps 8,4)
On pourrait dire aussi :’’Qui donc est Dieu pour accepter de devenir homme ?’’, pas simplement pour le ’’fun’’ ou la gloriole, mais pour la Gloire, pour nous enseigner dans la Vérité (Jn 14,6), pour nous faire comprendre combien il est Amour (1 Jn 4, 7-21) et miséricorde (Ep 2,4-6), et allez jusqu’au bout de l’Amour en donnant se vie pour tous les hommes :’’Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime’’ (Jn 15,13).
Car l’incarnation de Jésus n’a de sens que par sa mort et sa Résurrection.
’’O Seigneur notre Dieu, qu’il est grand ton nom par toute la terre.’’ (Ps 8,2)

Seigneur Jésus,
tu es le Messie attendu par les juifs.
Tu es Dieu, Fils de Dieu.
Tu nous as apporté ta Bonne Nouvelle.
Mais dans la vie de tous les jours,
souvent je l’oublie.
Pardonne-moi !

Francis Cousin




3ème Dimanche de l’Avent par le Diacre Jacques FOURNIER

“Es-tu celui qui dois venir ?”

(Mt 11, 2-11)

En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux,
lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez :
Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.
Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »
Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ?
Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois.
Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète.
C’est de lui qu’il est écrit : ‘Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi.’
Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. »

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« Es-tu celui qui doit venir ? » Mt 11,2-11

 Jean Baptiste était très différent de Jésus. « Il avait son vêtement fait de poils de chameau et un pagne de peau autour des reins » (Mt 3,4), comme le prophète Elie (2R 1,8). Jésus, Lui, avait un vêtement courant pour son époque, « une tunique sans couture, tissée d’une pièce à partir du haut » (Jn 19,23), et un manteau, avec des franges « dont la vue vous rappellera tous les commandements de Dieu » (Nb 15,37-39). Jésus se conformait donc à l’usage commun, même s’il dénonçait les abus de ceux qui, pour se faire remarquer, se font « des franges bien longues  » (Mt 23,5). Jean-Baptiste mangeait « des sauterelles et du miel sauvage » (Mt 3,4). Jésus, Lui, s’asseyait tout simplement là où il était invité et il mangeait bien à tel point que certains le traitaient de « glouton et d’ivrogne » (Mt 11,19). JeanBaptiste avait un discours quelque peu terrifiant, traitant ses auditeurs « d’engeance de vipères » et annonçant la venue de « la Colère prochaine » : « Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu » (Mt 3,8-10). Jésus, Lui, se présentait comme le Bon Pasteur, nommant ses adversaires « ses amis et ses voisins » (Lc 15,1-7). Et pour ce qui est de l’arbre qui ne produit pas de fruit, au Maître qui désirerait le couper parce qu’il use la terre pour rien, il répond : « Laisse-le cette année encore, le temps que je creuse tout autour et que je mette du fumier. Peut-être donnera-t-il des fruits à l’avenir… Sinon, tu le couperas » (Lc 13,6-9).
 On comprend que Jean-Baptiste, dans l’obscurité de son cachot, puisse être envahi par le doute : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Et Jésus cite le prophète Isaïe, ce même prophète avec lequel Jean-Baptiste s’était présenté autrefois comme étant celui qui « prépare les chemins du Seigneur » (Is 40,1-5). Non, il ne se trompe pas : « les aveugles qui voient » (Is 35,5-6) témoignent que « le Père nous arrache » avec son Fils et par Lui « à l’empire des ténèbres » et nous offre en surabondance « le pardon des péchés » (Col 1,11-14). Le pécheur blessé au plus profond de son être, si souvent « boiteux » dans son quotidien, se lève par la Puissance de l’Esprit et se met à marcher au Chemin de la Vie. L’oreille des « sourds » s’ouvre au murmure de la brise légère de ce même Esprit qui vient faire toutes choses nouvelles… La lèpre du péché est vaincue, la Bonne Nouvelle du « Père des Miséricordes » est annoncée aux pauvres de cœur qui acceptent de faire la vérité dans leur vie (2Co 1,3 ; Jn 3,21)… Les Ecritures s’accomplissent : le Messie met en œuvre la victoire de Dieu sur le mal…              
          DJF




Rencontre autour de l’Évangile – 3ième Dimanche de l’Avent

“Es-tu celui qui doit venir,

ou devons-nous en attendre un autre !”

 

 

 TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Ensemble lisons et comprenons les mots important (Mt  11, 2-11)

Jean Baptiste a été emprisonné par Hérode dans une forteresse du désert. Il a entendu dire que l’enseignement et l’action de Jésus ne correspondent pas aux prédications et avertissements sévères qu’il a adressés aux foules. Cela a fait naître le doute dans son esprit et c’est pourquoi il veut en avoir le cœur net : il envoie des messagers à Jésus pour lui poser une question nette et précise.

 

                Soulignons les mots importants

Es-tu celui qui doit venir ? Quel sorte de Messie attendait Jean Baptiste ?

Comme d’habitude Jésus ne répond pas directement : quelle réponse donne-t-il aux messagers de Jean Baptiste ?

Ce que vous entendez et voyez : Qu’est-ce que les gens voient en regardant ce que Jésus fait ? Et qu’est-ce qu’ils entendent dans sa prédication ?

La Bonne nouvelle…aux pauvres : Quelle Bonne Nouvelle ? Qui sont ces pauvres ?

Qui est Jean pour Jésus? Il n’est pas un roseau fragile qui se plie à tous les vents. Il n’est non plus un de ces personnages mondains aux allures efféminées.

Un prophète ! Plus qu’un prophète ! Pourquoi ?

Selon l’histoire humaine il n’y a pas de plus grand personnage que lui.

Mais pourquoi le plus petit des chrétiens est plus grand que lui ?

 

 

TA PAROLE DANS NOS COEURS

Seigneur Jésus,  tu as accueilli le questionnement de Jean Baptiste. Il a su surmonter ses doutes et ses échecs, sans être un roseau perpétuellement balancé. Il a choisi de rompre avec la vie facile et le confort ; il a refusé le mensonge et la lâcheté qui se cachent souvent derrière les signes extérieurs de richesses : tu le présentes comme modèle pour celui qui veut être ton messager pour préparer devant toi le chemin. Nous avons aussi nos questionnements et nos doutes. Ramène-nous vers toi, vers ta Parole, et fais de nous des messagers de la Bonne Nouvelle pour nos frères et sœurs de ce temps difficile qui est le nôtre.

 

      

Pour l’animateur 

« Celui qui doit venir » :  Cette expression désignait le Messie annoncé par les prophètes et  qui était dans l’espérance du peuple. Jean-Baptiste attendait un Messie Libérateur, mais la façon dont Jésus se présente et agit pour réaliser sa mission le déroute. Jésus n’agit pas à la manière forte. Il est accueil, miséricorde, pardon. Un message exigent, certes, mais un message qui révèle le Père « qui fait tomber la pluie sur les bons et sur les méchants. »

Les premiers chrétiens qui pensaient voir le retour du Christ employaient aussi cette expression « Celui qui vient » pour chanter leur attente,  en s’inspirant du psaume 118, 26 « Béni soit au nom du Seigneur Celui qui vient ».

« Ce que vous entendez et voyez » : Jésus a réalisé la prophétie d’Isaïe : « En ce jour-là, les sourds entendront…les yeux des aveugles verront…les plus pauvres exulteront à cause du saint d’Israël » (Is29,18). « Le boiteux bondira comme un cerf, langue du muet criera de joie. » (Is 35,6). Jésus répond à Jean Baptiste en l’invitant à relire les Ecritures pour comprendre sa mission. En même temps la mission de Jésus éclaire les Ecrits des prophètes.

Jésus répond affirmativement à la question de Jean, non pas par une explication, mais par les gestes de salut qu’il fait et par la Bonne Nouvelle de la tendresse du Père pour tous qui sont laissés pour compte, tous ceux la vie n’a pas gâtés : « les pauvres ».

Autrement dit, le salut du monde avance chaque fois que le mal recule, le mal sous toutes ses formes. Mais pour cela il faut des chrétiens qui soient solides comme Jean Baptiste, qui ne s’enferment pas dans le confort et le luxe, qui ne se contentent pas de parler, mais agissent à la manière de Jésus, en posant des gestes qui « sauvent ».

La différence entre Jean Baptiste et Jésus :

–          Jean Baptiste prépare le chemin, Jésus est « le chemin ».

–          Jean-Baptiste est la voix, Jésus est « la Parole »

–          Jean Baptiste baptise dans l’eau, Jésus baptise dans l’Esprit.

C’est pourquoi, le plus petit des chrétiens, qui appartient à Jésus Christ et qui vit de Jésus-Christ dépasse en dignité Jean Baptiste qui pourtant, selon l’histoire humaine, est le plus grand personnage, selon l’appréciation de Jésus lui-même. Le chrétien est membre d’un Royaume qui renverse les critères des hommes et privilégie les petits.

 

 

 

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS

Es-tu celui qui doit venir ? C’était la question de Jean Baptiste en proie au doute.

Et nous ? et les gens autour de nous ? Est-ce qu’il ne nous arrive pas de douter nous aussi :  Où est-ce qu’on va ?Quel est le sens de tout ce que nous vivons ? ? Jésus est-il vraiment Celui qui est le Sauveur du Monde ? Croyons-nous qu’il est « Celui qui vient » ?

Et peut-être des questions semblables sur l’Eglise, avec un certain doute dans nos esprits : Pourquoi l’Eglise ? Où va l’Eglise ? Est-elle vraiment l’Eglise que Jésus a voulue ? Quelle est sa raison d’être ? A-t-elle un avenir ? Quel sera son achèvement ?


Jésus n’a pas répondu par des explications mais en montrant les actions et les gestes qu’il faisait : des gestes d’amour, des gestes qui sauvent, des gestes qui montrent l’amour du Père pour les petits, les faibles, les pauvres, les pécheurs. (les sourds entendent, les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les morts, ressuscitent une Bonne Nouvelle en parole et en action) Et en même temps il renvoie Jean Baptiste aux Ecritures, à la parole de Dieu annoncée par les prophètes.

Et nous ? Quand on nous interroge sur notre Dieu, sur Jésus-Christ, sur notre foi, comment répondons-nous ?par des discours pour essayer de convaincre ? Et  la Parole de Dieu dans tout cela ?

Le Pape Paul VI disait : «  Les hommes de notre temps écoutent plus volontiers les témoins que les maîtres, et s’ils écoutent les maîtres, c’est parce qu’ils sont d’abord des témoins. »

Croyons-nous au patient travail que le Christ fait pour sauver le monde par tous les gestes d’amour que nous posons ?

Le monde attend de nous, chrétiens, des gestes qui sauvent, des gestes qui témoignent de notre espérance, (pas seulement le monde lointain, mais ici, là où nous vivons)  Quels gestes concrets et simples pouvons-nous poser pour témoigner que nous sommes les disciples de Celui qui est venu et qui veut venir dans la vie des gens de notre temps? (rappelons nous les gestes de Jésus : qui sont les sourds aujourd’hui, qui sont les aveugles , qui sont les lépreux, qui sont les pauvres, qui sont les boiteux, qui sont les morts… ?)

 

Ensemble prions

Pour ceux qui te donnent un visage, Seigneur Jésus, en répandant ton amour autour d’eux, Tous Nous te bénissons.

Pour ceux qui te donnent des mains, Seigneur Jésus, en faisant le bien  à l’égard de leurs frères.

Pour ceux qui te donnent une bouche, Seigneur Jésus, en prenant la défense des faibles et des petits.

Chant 

 

 

 

 

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2ième Dimanche de l’Avent par Francis COUSIN

« Convertissez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche. »

La prière intérieure

Convertissez-vous ! Cette phrase que Jean-Baptiste disait il y a deux mille ans à ceux qui venaient l’écouter dans le désert de Judée, là où on se retrouve seul face à Dieu, elle s’applique aussi aujourd’hui à chacun de nous, dans notre désert peuplé de gens, de marchandises et de désirs de toutes sortes.

La conversion, ce n’est pas d’abord changer de religion, mais c’est changer le regard de son cœur pour qu’il se tourne face à Dieu, pour qu’il l’écoute et en tire les conclusions nécessaires dans sa manière de vivre.

Déjà à l’époque, Jean-Baptiste disait :’’Je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion’’. Le baptême en lui-même ne sert à rien s’il n’est pas suivi d’une conversion, d’un retournement vers Dieu, si l’on ne change pas son cœur pour accueillir le Seigneur qui vient, le Messie. D’où les vifs reproches faits aux pharisiens et aux sadducéens, qui voyaient dans le baptême de Jean-Baptiste plus un rite que l’on fait comme tout le monde, mais en le laissant extérieur à soi, que comme une démarche de conversion, une mise en route pour préparer dans son cœur la venue du messie :’’Vous vous dites fils d’Abraham, mais l’important n’est pas d’où vous venez, mais ce que vous ferez. Engeance de Vipères ! …Produisez donc un fruit digne de la conversion’’. Une image qui sera reprise par Jésus :’’Un arbre bon ne peut pas donner de mauvais fruits, ni un arbre qui pourrit donner de beaux fruits’’ (Mt 7, 18), avec la même conclusion :’’Tout arbre qui ne donne pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu’’, montrant la continuité du message entre Jean-Baptiste et Jésus.

Convertissez-vous ! A chaque fois qu’on tourne son regard vers Jésus (ou Dieu), on est obligé de se reconnaître pécheur, vis-à-vis de lui et vis-à-vis des hommes, d’où l’importance de demander pardon à Dieu de nos péchés. Les célébrations pénitentielles vont bientôt commencer dans nos paroisses, et c’est l’occasion de faire cette démarche de réconciliation avec Dieu et les hommes en allant voir un prêtre pour qu’il nous donne le pardon au nom de Dieu. ’’Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit’’ (Lc, 15,10). Cela fait aussi partie de la joie de Noël.

Convertissez-vous ! Dans ce temps de l’Avent préparatoire à Noël, il ne faudrait pas que cette préparation nous soit seulement extérieure, comme elle l’était pour les pharisiens et les sadducéens : choix des cadeaux, choix des menus, choix de la décoration de la maison (en oubliant parfois la crêche !) …

La conversion, c’est une affaire personnelle, qui regarde chacun, … mais qui est souvent bien plus facile à faire en s’aidant les uns les autres, en famille, en paroisse … en s’imprégnant de l’Écriture, de la Parole de Dieu :’’Les livres saints l’[ont] été pour nous instruire’’ (2° lecture), ’’Car la connaissance du Seigneur remplira le pays’’ (1° lecture) … et en se tournant vers les autres :’’Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la Gloire de Dieu’’ ( 2° lecture).

En fait, les textes de ce dimanche ne nous préparent pas tellement à la venue de Jésus à Noël, mais ils nous mettent sur la route pour le retour de Jésus à la fin des temps.

Seigneur Jésus,

ta venue proche à Noël

nous invite à changer notre cœur

pour qu’il soit plus proche

de toi et des autres personnes.

Mais c’est aussi une démarche

qui m’engage tous les jours

en vue de ton retour à la fin des temps.

Francis Cousin




2ème Dimanche de l’Avent par le Diacre Jacques FOURNIER

“Repentez-vous”

(Mt 3, 1-12)

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée :
« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »
Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : ‘Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.’
Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage.
Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui,
et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés.
Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?
Produisez donc un fruit digne de la conversion.
N’allez pas dire en vous-mêmes : “Nous avons Abraham pour père” ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham.
Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu.
Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

2 avent c

 

 

La première parole de Jean-Baptiste est identique à celle que Jésus dira au tout début de son ministère : « Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche » (Mt 4,17).

            Le verbe grec employé ici, « métanoéô », signifie littéralement « connaître après », « prendre conscience de »… Et cette prise de conscience est la conséquence directe du fait que « le Royaume des Cieux est tout proche »,ce qui est vrai depuis la création du monde. L’Ancien Testament l’affirme, en effet, dès le neuvième chapitre de la Genèse en présentant Dieu comme vivant en « Alliance éternelle avec toute chair » (Gn 9,8-17).

            Or, avec Jésus et par Jésus, le Fils, il nous est donné de pouvoir prendre conscience que « Dieu Est Amour » (1Jn 4,8.16), ce qui se traduit dans la relation éternelle Père – Fils par ce fondement exprimé par St Jean : « Le Père aime le Fils et il a tout donné, il donne tout en sa main » (Jn 3,35), tout ce qu’il a (Jn 16,15 ; 17,10), tout ce qu’Il Est. Et c’est par ce Don total de Lui-même que le Père engendre éternellement le Fils en « Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière » (Crédo). Nous découvrons ainsi, avec le Fils, le propre de l’Amour : être Don total et gratuit de Lui-même pour la seule vie de l’autre, pour son seul bien… Ainsi, de toute éternité, le Père dit au Fils : « Tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t’aime » (Is 43,4). Et puisque je t’aime, je me donne totalement à toi, gratuitement, pour ton seul bien, pour la Plénitude de ta vie, pour ta joie… Tel est le fruit concret de l’Amour du Père que le Fils accueille de toute éternité, un Don qui l’engendre en Fils, qui lui donne d’Être ce qu’Il Est, et Il Est Dieu, « exultant de joie dans l’Esprit Saint », et ne cessant de dire « Je te bénis Père » pour ce que Tu Es, pour ton Amour (Lc 10,21)…

            Or St Jean nous dit aussi « Dieu Est Lumière » (1Jn 1,5). L’Amour étant Don gratuit de Lui-même, Dieu est donc, depuis le commencement du monde, « la Lumière véritable qui éclaire tout homme » (Jn 1,9)… Grâce à elle, l’homme de bonne volonté peut « prendre conscience » du mal qui habite sa vie, de son cœur qui n’est pas totalement tourné vers son Créateur et Père. Et si tel est le cas, il ne peut pas bien sûr accueillir pleinement ce Don qui ne cesse de jaillir de l’Amour, il ne peut pas être pleinement heureux car nous avons tous été créés pour trouver le vrai bonheur en nous laissant combler par ce Don de l’Amour. « Le Père Lui-même vous aime »… « Si tu savais le Don de Dieu » (Jn16,27 ; 4,10)…

            Alors, « repentez-vous », détournez-vous du mal, tournez-vous vers votre Dieu et Père, car il n’a qu’une seule Parole à nous dire : « Je t’ai créé gratuitement, par Amour. Je ne désire et ne poursuis que ton bien. Et tu le trouveras si tu acceptes de te détourner du mal et donc, au même moment, de te tourner vers moi de tout cœur pour te laisser combler par l’Amour, par le Don gratuit de l’Amour, par le Don de l’Esprit Saint. Telle est toute la mission de Jésus exprimée ici par Jean Baptiste : « Il vous baptisera dans l’Esprit Saint et le Feu » (Mt 3,11)…                                                                            DJF




Rencontre autour de l’Évangile – 2ième Dimanche de l’Avent

“Convertissez-vous !”

 

 TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Ensemble lisons et comprenons les mots important (Mt  3, 1-12)

Nous sommes au début du ministère public de Jésus. Le passage que l’Eglise offre à notre méditation pour le deuxième dimanche de l’Avent se situe juste avant le baptême de Jésus.

                Soulignons les mots importants

Jean “ le Baptiste ” : Savons-nous pourquoi on donnait ce “ surnom ” à Jean, le cousin de Jésus ?

“ Préparez le chemin du Seigneur ” : De quel chemin s’agit-il ?

“ Convertissez-vous ” : Comment comprendre ce message de Jean ? et pourquoi il est urgent de ce convertir ?

“ Le Royaume des cieux est tout proche ” : Par qui le Royaume de Dieu s’approche ?

 “ Se faisaient baptiser ” : Quel sens les gens donnaient à cette démarche ? 

 “ La colère qui vient ” : Que peut bien signifier cette expression dans la bouche de Jean ?

“ Produisez un  fruit qui exprime votre conversion ” : A quoi voit-on que quelqu’un s’est converti ?

“ Nous avons pour père Abraham ” : Pour Jean, qui est le vrai fils d’Abraham ?

“ Lui bous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu ” : A quoi nous fait penser cette expression ?

“ vanner- nettoyer- amassera le grain- brûlera la paille ” : tous ces verbes expriment de façon imagée la réalité d’un “ jugement ” nécessaire pour que notre vie soit purifiée de ses imperfections.

 

TA PAROLE DANS NOS COEURS

 

Une voix crie “ Préparez le chemin du Seigneur ”. Ce chemin qui doit conduire Jésus le Sauveur jusqu’au cœur de tous les hommes.

Une voix crie pour être entendue. “ Produisez un fruit exprime votre conversion ”.

Une voix crie dans le désert :  “ Attention au tentateur. Ne soyez pas ses complices ”.

Seigneur, donne-nous un cœur qui écoute.

 

  

    

Pour l’animateur 

Jean est appelé “ le Baptiste ” : au moment où Jésus commence son ministère, il y avait plusieurs groupes qui pratiquaient le baptême dans l’eau, rite de purification qui s’accompagnait de l’espérance en la venue prochaine du Règne de Dieu. Jean avait avec lui tout un groupe de disciples dont Jésus avait fait partie. Il est le dernier prophète, qui oriente toute sa vie et sa prédication par rapport à celui qui doit venir.

 Jean Baptiste est la voix et Jésus est la Parole. La voix crie dans le désert : “ préparez le chemin ” pour celui qui vient et qui dira “ Je suis le chemin ”

“ Convertissez-vous ”, ce mot résume le message : il s’agit de changer de vie. La raison décisive : c’est qu’avec Jésus le Royaume des cieux est déjà parmi les hommes. Se convertir n’est pas dire ou penser des choses justes sur le vrai Dieu, mais faire ce que Dieu attend de l’homme. Le vrai fils d’Abraham est justement celui qui fait la volonté de Dieu. Celui qui prépare le chemin pour accueillir Celui qu’il envoie.

La conversion que Jean réclame de tous doit s’exprimer dans des actes. C’est qu’il appelle “ le fruit ”.

L’accusation “ engeance de vipère ” est forte et s’adresse aux pharisiens et aux sadducéens : Jésus les accuse d’être fils du serpent ; il dénonce leurs pratiques comme fourberie de vipère, des marques de complicités avec l’attitude fausse et rusée du tentateur. (une allusion au serpent de la Genèse qui a produit chez Adam un fruit de péché et de mort) ;  mais cette expression signifie aussi la bouche dont on ne peut sortir que du poison.. A l’opposé, saint Paul parlera du “ fruit de l’Esprit ” (Gal 5, 22) des fruits de vie que nous produisons an devenant frère du nouvel Adam, le Christ.

L’expression “ la colère de Dieu ” est biblique :  elle veut dire le jugement. Notre Dieu n’est pas un dieu de colère, mais le Dieu de la miséricorde, qui invite à la conversion. C’est une manière de dire que la sainteté de Dieu ne peut faire bon ménage avec le péché.

Et le baptême de Jean ( tout comme celui de Jésus) ne sauve pas l’homme sans une démarche de changement de vie (“ produire du fruit ”).. Le vrai disciple de Jésus “ celui qui est baptisé dans l’Esprit-Saint et le feu ” ( nous pensons à ce qui s‘est passé à la Pentecôte) c’est celui qui fait la volonté de Dieu.

Me faire baptiser, c’est accepter de donner à Dieu le droit de juger ma vie selon ses vues à lui, et non en fonction du simple titre de baptisé. On ne peut pas être chrétien à peu de frais ! Les verbes “ vanner ”, “ nettoyer ”, “ amasser dans le grenier, la paille qui brûle ” exprime  cette purification que Dieu fait dans notre vie, parce qu’il n’a qu’un désir : nous faire participer à sa sainteté.

 

 

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS

La Parole aujourd’hui dans notre vie 

“ Convertissez-vous ”,“ préparez les chemins du Seigneur ”

Ces appels veulent dire la même chose : Comment y répondre concrètement, aujourd’hui, dans notre vie de tous les jours ?

Il peut arriver que nous nous disons chrétiens, alors que dans la vie nous acceptons des complicités avec des injustices, des “ la di la fé ”, des mensonges, avec des comportements contraires à l’Evangile de Jésus : le divorce, l’avortement… et autres désordres indignes des disciples de Jésus.

Quel fruit produisons- nous vraiment ? Quelle transformation de notre cœur l’Evangile a produit ? En quoi notre vie est changée par notre appartenance au Christ ?

 Acceptons-nous que Jésus, par son Evangile et son Eglise, ait un droit de jugement sur notre vie, non pour nous condamner, mais pour nous inviter à nous “  convertir ” quand il y a eu des dérapages ?

 

Ensemble prions

Seigneur Jésus,

prépare toi-même dans le désert de notre cœur le chemin de ta venue.

Les collines de notre orgueil, abaisse-les par ton humilité.

Les vallées du désespoir, comble-les par ton espérance.

Les chemins tortueux de nos mensonges, redresse-les par ta vérité.

 

Chant : Fais-nous marcher à ta lumière p.160 (carnet des paroisses)

 

 

 

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1er Dimanche de l’Avent- Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS, paroisse Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Lectures : Isaïe 2, 1-5 ; Romains 13, 11-14 ; Matthieu 24, 37-44

 

Frères et sœurs,

Vous le savez c’est le moment. Mais le moment de quoi ? Cette toute petite phrase de saint Paul paraît un truisme. Pourtant elle est peut-être une clé pour comprendre la manière dont nous, chrétiens, nous vivons, existons dans l’histoire de ce monde.

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“C’est le moment”. Pardonnez-moi de vous traduire ce mot en grec, pour eux ce “moment”, ce mot “kairos” a une petite connotation d’opportunité, de chance à saisir le moment favorable, le moment où tout peut se jouer. Par conséquent lorsque Paul dit : “C’est le moment”, il n’est pas question de consulter nos agendas pour concilier et trouver un moment qui convienne à deux interlocuteurs. Non. C’est le moment, c’est-à-dire, c’est un moment de ce temps mais dans lequel peut surgir quelque chose que nous n’attendions absolument pas. C’est une réalité qui a complètement polarisé les premières communautés chrétiennes et c’est un peu dommage que nous en soyons moins préoccupés. Je m’explique.

Dans l’Ancien Testament, quand on annonçait la venue du Messie, quand on annonçait les temps nouveaux, par exemple dans la prophétie d’Isaïe de la première lecture, on dit ceci : “Il arrivera dans l’avenir que la montagne du temple du Seigneur sera placée à la cime des monts, dominera les collines, les nations afflueront vers elle”. Dans ce genre de prophétie et de réflexion, de quoi s’agit-il ? On vit dans la continuité de tous les événements historiques qui se déroulent les uns après les autres et à la fin, un peu comme la cerise sur le gâteau, il va y avoir le dessert : Israël qui en a vu de toutes les couleurs, qui a été déporté, maltraité, dispersé, méprisé, va enfin devenir le pôle et le centre de l’histoire. Mais dans tous ces cas-là, il y a une continuité entre les événements qu’on vit maintenant, et le moment final, la lutte finale si vous voulez ! Donc, il y a une sorte d’homogénéité de l’histoire qui fait que tout va changer, mais doit changer dans ce temps. C’est vrai que l’espérance messianique juive a toujours dit : tout va bien se passer, comme on le voit dans Isaïe. Mais il peut aussi être question d’une autre éventualité : ça va être une catastrophe, vous allez tous y passer et c’est toujours la même idée : l’histoire aura une fin, l’histoire arrivera à un terme par des événements historiques et il faut faire très attention à ce qui va se passer.

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Or, il est très probable que les premières communautés chrétiennes ont vu les choses exactement de la même manière. En effet presque spontanément, elles se sont ralliées à ces catégories dans lesquelles ils pensaient tous, cela faisait partie de l’air du temps du moins dans le monde juif de l’époque. Ils ont donc pensé que les temps messianiques étaient arrivés simplement, il y avait quelque chose qui ne collait pas : pourquoi Jésus reconnu Messie par la communauté, proclamé comme le Seigneur, pourquoi Jésus était-il ressuscité et pourquoi rien ne s’en suivait pour la destinée personnelle de chacun des disciples ? Si les disciples avaient adhéré, c’était parce qu’on leur disait : la fin des temps est arrivée, le Christ est ressuscité. Donc ils pensaient qu’il était intéressant de se rallier à ce Messie puisque la fin des temps ne pouvait être qu’imminente, et dans la stricte continuité de ce qui vient de se passer. La résurrection du Christ, c’est le commencement de la fin. Donc tous les événements qui doivent s’enchaîner doivent être petit à petit l’entrée dans ce moment historique de transformation du monde, de transformation de la création, de transformation de notre existence qui fait qu’enfin on va être dans la position privilégiée de ceux qui auront été du bon côté pour accueillir la puissance de transformation du monde inaugurée par la résurrection de Jésus.

Pour nous aujourd’hui ce sont des notions assez lointaines. Cela ne correspond à rien dans notre vie parce que nous aujourd’hui, nous ne vivons qu’avec l’histoire et une histoire dans laquelle de temps en temps on se dit que cela pourrait servir à une catastrophe, mais en fait, on pense plus volontiers : “pourvu que ça dure” comme disait Madame Bonaparte.

Comprenez bien ce que pouvait être l’espérance messianique. Il va y avoir quelque chose qui va sceller définitivement le geste inauguré par Jésus au matin de Pâques et cela ne peut pas tarder parce que sinon c’est une preuve qu’il n’était pas ressuscité. S’il faut attendre indéfiniment alors c’est un leurre d’annoncer la résurrection puisqu’elle ne vient pas. Quand vous relisez les épîtres de saint Paul, vous retrouvez cette idée presque à chaque page. Les gens lui disent : bon d’accord, tu nous annonces la résurrection mais tous nos amis sont morts, tu nous as annoncé la résurrection mais rien ne change, c’est toujours pareil. Alors quoi ? Tout l’effort de la prédication chrétienne a été de chercher pour trouver la véritable manière d’annoncer la résurrection. Il ne s’agissait pas simplement de convaincre les gens : un tel, Jésus Messie, est ressuscité. A la limite c’était très facile, dire qu’un monsieur était ressuscité à l’époque, on n’avait pas encore des visions aussi rationalistes que nous de la conception de la vie humaine. Dire qu’un personnage était ressuscité pouvait encore marcher. Cependant cela ne marchait pas partout parce que précisément à Athènes lorsque Paul a annoncé la résurrection des morts, tout le monde s’est esclaffé en disant : si tu crois qu’on a envie de ressusciter avec notre corps, tu nous raconteras cela une autre fois.

Mais dans le monde juif, proclamer une résurrection, il y avait tout un courant juif qui disait : oui, ce message, nous pouvons l’entendre. Dire que ce moment de la résurrection inaugurait un temps nouveau, on comprenait que ce temps allait se terminer. Et c’est pour cela je vous signale que la communauté de Jérusalem s’est considérablement appauvrie parce qu’à Jérusalem, l’idée de la fin des temps était évidente. Ils vendaient tous leurs biens, ils ne cultivaient plus, ils ne travaillaient plus parce qu’ils se disaient : puisque ce temps nouveau va arriver assez rapidement ce n’est pas la peine de se casser la tête, il suffit d’attendre. C’est comme çà que les habitants de Jérusalem qui avaient des prairies, des propriétés ont tout gaspillé en soupe populaire en vendant leurs biens et en les rapportant aux pieds des apôtres. On en a fait après une chose idéale mais sur le moment c’était loin d’être une situation idéale parce que la communauté s’est radicalement appauvrie. Et pourquoi ont-ils agi de cette manière ? Parce qu’ils étaient persuadés que tout allait changer dans le quart d’heure qui venait.

homme en prière1Donc l’effort des prédicateurs chrétiens a été de faire comprendre -et cela n’a pas été facile- que le moment était venu, oui, mais pas venu comme ils pensaient ou comme on pouvait imaginer. Le moment était venu certes, la fin des temps était arrivée, c’était clair. Tout le Nouveau Testament veut transmettre ce message : quand on dit que Jésus est ressuscité, et que la fin des temps est arrivée, mais la fin des temps coïncide, est en étroite corrélation permanente avec le temps tel que nous le vivons maintenant. Il n’y a pas une histoire qui va finir, il y a superposition, implication, imbrication l’une dans l’autre de deux temporalités. La temporalité dans laquelle on est, au jour le jour, mais en même temps une autre temporalité qui est d’un autre ordre : c’est la présence du Christ ressuscité qui inaugure réellement l’éternité. Ce n’est pas passé du premier coup. Et quel thème a-t-il fallu trouver pour essayer d’expliciter la situation ? Le thème majeur a été la vigilance. C’et ce qu’on entend à travers une parole que Jésus déjà d’ailleurs a mis en évidence : au jour de Noé il s’est passé quelque chose que personne n’attendait. Mais précisément ce qui est intéressant c’est que personne n’attendait au moment où cela se passait, et cela s’est passé jusqu’au moment où Noé entre dans l’arche. C’est-à-dire, il y avait déjà un secret dans les jours de Noé, une sorte de double temporalité : l’insouciance tranquille, on mangeait, on buvait, on se mariait et ce, pendant la préparation du cataclysme. Et évidemment qu’à ce moment-là Jésus prend bien soin de montrer que dans les deux temporalités, la deuxième a surgi comme un coup de tonnerre, c’est le cas de le dire pour le déluge, et elle a anéanti les espérances du temps précédent. Ce que Jésus voulait montrer, c’est la coexistence des deux : le temps ordinaire que nous vivons jour après jour, et le surgissement caché de quelque chose qui est d’un autre ordre et qui change tout, même ce temps ordinaire.

C’est le temps chrétien. Dans le temps chrétien, on est un peu schizophrène c’est-à-dire qu’il y a à la fois le fait que nous devions vivre comme Jésus nous le demande, comme Paul nous le demande, c’est-à-dire c’est le moment, vivre en face du moment présent et l’assumer totalement, vivre vraiment dans l’histoire, mais chaque fois avec une sorte de point d’interrogation. Quand c’est le moment, c’est le moment de quoi ? C’est le moment du surgissement de l’éternité. C’est cela qui a changé la conscience de vivre l’histoire telle que celle qu’on avait auparavant. Auparavant le temps était vraiment linéaire, même s’il était parfois aussi cyclique, peu importe, mais il était unidimensionnel, je crois qu’on peut dire çà et là il devient un temps peut-être pas en 3D mais en tous cas en 2D, en deux dimensions. C’est un temps dans lequel maintenant ce que nous vivons est riche d’une irruption inattendue. C’était vraiment la conviction pour les premiers chrétiens que désormais la manière dont ils vivaient dans l’histoire n’était plus comme avant. L’histoire était désormais minée de l’intérieur, habitée par la présence de l’éternité du Christ et de sa résurrection. Tout était changé. Auparavant et comme d’ailleurs un peu aujourd’hui nous sommes revenus à une sorte de néo-paganisme, auparavant on pensait que l’histoire seule avait ces possibilités. Chaque jour était riche du lendemain, mais c’était le jour précédent qui était riche du lendemain qui ressemblerait quand même beaucoup à hier. Tandis que là, ce n’est pas que le jour est riche du lendemain. Le jour est riche déjà maintenant, l’aujourd’hui, le moment est riche de l’éternité, c’est-à-dire de la puissance de la résurrection de Dieu au moment de l’histoire des hommes et de l’histoire du monde. D’où le fait que nous vivons une sorte de recul par rapport à l’histoire.

Nous ne sommes pas complètement immergés dans la chronologie que nous imposent les historiens ou les journaux selon nos lectures. Mais tout en étant complètement immergés dans cette histoire, qui peut prétendre être en dehors de l’histoire ? Personne. Mais nous savons que cette histoire porte en elle les possibilités incalculables que représente l’avènement de la résurrection du Christ. Il a fallu que les premières communautés chrétiennes apprennent que cette irruption de l’éternité n’était pas nécessairement quelque chose d’explosif. Elle ne pouvait surgir que par signes.

Et c’est là qu’est arrivé de façon claire et de plus en plus claire le sens des sacrements. Car qu’est-ce qu’un sacrement ? C’est de l’éternité du Christ ressuscité qui fait signe à l’intérieur de l’histoire. Et c’est pour cette raison que saint Paul -c’est le premier grand théoricien des sacrements-, explique que nous vivons dans un temps où nous avons toutes nos affaires mais : “Vous qui avez été baptisés dans le Christ, vous êtes déjà configurés au Christ mort et ressuscité”. Evidemment que cela changeait les choses pour eux ! Le baptême est le moment où un enfant entre dans le mystère de l’éternité tout en restant dans l’histoire avec nous et en la vivant avec nous. Voilà ce qu’est le sacrement. Le sacrement, c’est un signe de quelque chose. C’est le fait que dans un geste qui apparemment fait totalement partie de l’histoire, plonger un enfant dans une bassine d’eau ou lui verser quelques gouttes d’eau sur le front, des gestes très humains, très historiques, très simples, mais en réalité fait irruption à ce moment-là la plénitude du salut et donc la plénitude de la mort et de la résurrection du Christ.

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C’est tout le sens de l’Avent, de la liturgie, de la vie chrétienne : nous vivons vraiment l’histoire telle qu’elle est, avec tous les ennuis et tous les soucis, avec la crise, avec le gouvernement, avec tout ce que vous voulez, mais çà n’empêche qu’au cœur de tout cela, nous vivons sacramentellement l’éternité. Nous savons qu’aujourd’hui par exemple quand on est là ensemble pour cette eucharistie, nous posons le signe de l’irruption du Corps et du Sang du Christ ressuscité dans notre assemblée. Et c’est pour cela que la messe du dimanche n’est pas un problème simplement de pratique religieuse, c’est la reconnaissance dans le temps tel que nous le vivons et tel que nous l’expérimentons au jour le jour, d’un surgissement à travers le geste le plus humble qui soit, boire à une coupe et partager un morceau de pain et dire : c’est le surgissement de l’éternité dans l’existence que nous vivons maintenant.

Alors frères et sœurs, que cette entrée dans cette nouvelle année nous donne effectivement le goût de retrouver que ce que nous sommes en assemblée, en prière, en célébrant les sacrements, en catéchèse, dans la charité des frères, tout cela c’est le sacrement de l’éternité qui ressurgit au cœur même de l’histoire, de l’histoire de nos communautés, de leur enracinement dans tous les ennuis que nous connaissons avec le chômage, la vie sociale etc., mais déjà surgit le mystère de l’éternité car comme le dit saint Paul : “C’est le moment”. Amen.




1er Dimanche de l’Avent par le Diacre Jacques FOURNIER

“Veillez et priez”

(Mt 24, 37-44)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme.
En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ;
les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme.
Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé.
Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée.
Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient.
Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

 

enfant en prière

 

Jésus évoque ici sa venue au dernier Jour du monde ou de notre vie… « Alors, on verra le Fils de l’Homme venant sur les nuées du ciel avec puissance et grande gloire ». Et il insiste sur la soudaineté imprévisible de cet évènement : on ne « se doute de rien jusqu’à » son arrivée… « Vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra », « c’est à l’heure où vous n’y pensez pas » qu’il arrivera…

            Tout est donc centré sur Lui : c’est Lui que tous les hommes découvriront, resplendissant de Lumière, car « Dieu est unique, unique aussi le médiateur entre Dieu et les hommes ». Nous verrons alors « le Christ Jésus, celui qui est mort, que dis‑je ? ressuscité, qui est à la droite de Dieu et qui intercède pour nous » (Rm 8,34 ; 1Jn 2,1-2) car « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés ». « Voilà ce qui est bon et ce qui plaît à Dieu notre Sauveur » (1Tm 2,3-6)… Jésus, vrai homme et vrai Dieu, l’exprimait lui aussi dans sa prière à son Père, juste avant sa Passion, alors qu’il regardait ses disciples et à travers eux tous les hommes : « Père, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi » (Jn 17,24)…

            Mais cette réalité du ciel que nous attendons dans l’espérance se propose chaque jour à nos cœurs dans la foi. En effet, Jésus disait encore : « Que votre cœur ne se trouble pas. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures, sinon je vous l’aurais dit ; je vais vous préparer une place. Et quand je serai allé et que je vous aurai préparé une place, à nouveau je viendrai et je vous prendrai près de moi afin que là où je suis, vous aussi vous soyez » (Jn 14,1-3). Et où est Jésus, le Fils ? Uni de toute éternité à son Père dans la communion d’un même Esprit. Et c’est cet Esprit qu’il est venu nous communiquer gratuitement, par Amour, au nom de son Père, pour qu’en le recevant nous puissions « être » nous aussi « là où il est »… « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui », par l’Esprit et dans l’Esprit (Jn 14,23 et 17).

            Or cet Esprit est un Esprit de Lumière et de Paix… « N’éteignez donc pas l’Esprit… Vérifiez tout : ce qui est bon, retenez-le ; gardez-vous de toute espèce de mal » (1Th 5,19‑20), « veillez ! ». « Vivez dans la prière ; priez en tout temps dans l’Esprit ; apportez-y une vigilance inlassable » (Ep 6,18). Et si « notre cœur venait à nous condamner », nous nous abandonnerions aussitôt entre les mains du « Père des Miséricordes », « car il est bien plus grand que notre cœur et il connaît tout » (1Jn 3,20).

DJF

 




Rencontre autour de l’Évangile – 1er Dimanche de l’Avent

“Veillez donc, car vous ne connaissez pas l’heure où votre Seigneur viendra.”

 

 TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Ensemble lisons et comprenons les mots important (Mt  24, 37-44)     

Avec ce premier dimanche de l’Avent nous commençons une nouvelle année liturgique : l’Année A, avec la lecture continue de l’Evangile selon saint Matthieu. Nous allons méditer un extrait du discours de Jésus sur la fin au chapitre 24 : la parabole du Déluge.

                Soulignons les mots importants

« Avènement du Fils de l’Homme » : Nous commençons à préparer Noël, et voilà que l’Evangile nous parle de « l’avènement du Fils de l’homme »: de quoi s’agit-il ? Et qui est ce « Fils de l’homme » ?

« On mangeait, on buvait, on se mariait » : En disant cela, Jésus ne parle pas de la mauvaise conduite des gens avant le Déluge. Mais qu’est ce qu’il veut souligner ?

« L’Arche » : Que symbolise l’arche de Noé ?

« Les champs, le moulin » : c’est la vie quotidienne des gens : que veut souligner encore Jésus ?

L’un est « pris », l’autre « laissé » : Pourquoi ce tri ?

« Veillez » :

« Le jour » du Seigneur : de quel jour s’agit-il ici ?

« Tenez-vous prêts » : Un cambriolage par nature est imprévisible. Et la venue du Seigneur ?

 

TA PAROLE DANS NOS COEURS

 

Le jour de notre baptême, nous avons reçu le cierge allumé avec la parole qui l’accompagne : « Recevez la lumière du Christ ». Depuis ce jour, nous sommes dans la lumière. Les baptisés sont des êtres de lumière, ils sont frères du Christ Jésus qui a dit : « Je suis la lumière du monde » et qui leur a dit : « Vous êtes la lumière du monde ».

Dieu notre Père que ta grâce nous tienne éveillés, de peur que notre cœur s’alourdisse dans les soucis de la vie. Donne-nous aussi de prier en tous temps afin de paraître debout lorsque viendra le Fils de l’homme.

 

  

    

Pour l’animateur 

L’annonce de la Bonne Nouvelle du règne de Dieu qui vient, qui est déjà à l’œuvre avec Jésus paraît n’avoir rien changé dans le monde depuis Noé: hommes et femmes continuent de s’activer et de s’occuper de mille manières : manger, boire, s’amuser, se marier, travailler, courir après quoi ?

Pourtant le sens de la vie et de l’avenir du monde sont fondamentalement remis en cause par le fait que Jésus est venu et doit (re)venir. Ce que Jésus appelle l’avènement du Fils de l’Homme, ce sera sa venue dans la gloire à la fin des temps. Mais tant d’hommes ne se doutent de rien !

La venue du Fils de l’homme aura la même brutalité : elle tranchera dans les relations les plus quotidiennes (symbolisées par les hommes aux champs et les femmes entrain de moudre le grain.) L’un sera pris pour son salut, comme autrefois dans l’arche de Noé (symbole du salut) l’autre sera laissé à la perdition du déluge. On ne sait pas comment se fera le tri : ce qu’il faut c’est veiller, à cause du caractère surprenant de l’événement.

Les premiers chrétiens comparaient la venue du « jour du Seigneur », c’est à dire le Jour de son retour en gloire pour juger le monde,  à  celle d’un voleur. Et dans cet évangile, le Fils de l’homme est comparé au voleur lui-même dont la venue est imprévisible. (Il était plus facile au voleur de percer silencieusement le mur fragile des vieilles cases de l’ancienne Palestine que de s’attaquer à la porte.)

Il faut donc se trouver prêt en tout temps.

L’AVENT

Se rassembler en famille, manifester l’affection qu’on porte aux siens et aux amis par des repas festifs et des cadeaux, embellir la maison avec un arbre de Noël,  une crèche, des lumières, des fleurs, prendre conscience que d’autres sont seuls, abandonnés, démunis, ressentir la nécessité de partager, de s’inviter, de présenter des voeux et des souhaits, autant d’attitudes, de gestes, de paroles, de communications qui manifestent le désir qui nous habite de vivre dans la paix, la joie, l’amitié et la fraternité. La plupart de nos contemporains partagent aujourd’hui ces valeurs et autour de la fête de Noël, on voit les écoles, les communes, les hospices, les comités d’entreprise, les administrations, proposer des partages de solidarité et des rencontres de convivialité. Les médias sont souvent au premier rang pour se faire l’écho de toute cette vie…Les chrétiens appellent ces semaines qui précèdent Noël le temps de l’AVENT. Et curieusement ils écrivent ce mot d’une façon qui montre que sans aucun doute il ne s’agit pas seulement de vivre un « avant » la fête.

L’Avent :  Un temps tourné vers ce qui vient

La Bible présente le Dieu Vivant comme celui qui est, qui était et qui vient. Dire que Dieu vient, c’est reconnaître qu’il est du côté de l’avenir et de l’espérance.. Bien souvent on vit en traînant le passé avec ses échecs, ses amertumes au point d’en devenir dépendant. Ou bien on garde la nostalgie du « temps longtemps », la mémoire chargée de regrets. Les chrétiens sont invités à chercher le sens profond de tout ce qu’ils vivent dans la certitude que la venue-naissance parmi nous du Fils de Dieu est le commencement des derniers temps qui s’achèveront dans la venue-retour du Ressuscité. Le temps de l’Avent réveille en nous  le désir de faire toute la place dans notre vie à Celui qui est venu dans la faiblesse marcher sur nos routes afin de préparer son dernier avènement dans la Gloire. Dès le départ de l’Avent, il y a donc la prise de conscience qu’un rendez-vous est donné, qu’il faut tout faire pour ne pas le manquer, pour être présent, pour ne pas passer à côté d’un événement important.

 

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS

La Parole aujourd’hui dans notre vie 

Vivre le temps de l’Avent n’est-ce pas savoir bousculer nos vies, nos habitudes, nos aises pour la venue de Jésus-Christ ?  Et aussi savoir préparer nos frères à l’accueillir avec nous ?

Veiller, c’est lutter contre le sommeil, surtout qu’on a bien mangé ! Dans le sens spirituel, c’est lutter contre tout ce qui, dans cette société de consommation,  peut endormir notre conscience, notre foi, notre volonté, notre attention à la présence du Christ dans notre vie. On  se laisse  submerger par les problèmes et les soucis.

L’Avent, n’est-ce pas le moment de réagir, de « se  réveiller », de sortir de notre engourdissement, de notre sommeil ? Ne sommes-nous pas nous-mêmes envahis par le laisser-aller, la torpeur générale  d’une société de consommation ? Le témoignage de notre foi et de notre espérance en la venue du Christ et de son Royaume sont-ils assez forts pour secouer l’indifférence générale ?

Veillez ! Un mot qui invite aussi à prendre garde, qui évoque la vigilance du portier qui surveille l’entrée de la maison. Que laissons-nous entrer en nous, en notre cœur ? Si nous ne prenons pas garde, des sentiments mauvais risquent de venir y installer leur demeure : jalousies, rancune, impatience, colère, orgueil.

Etre vigilant : c’est essayer de réagir quand l’un des ces sentiments essaie de franchir la porte de notre cœur. L’Evangile ne dit pas :  « Préparez-vous » ou « commencez les préparatifs ». Non ! Il dit « Soyez prêts ». Maintenant, c’est le moment ! L’heure est venue. 

En ce temps de l’Avent, la Bonne Nouvelle, c’est la venue du fils de Dieu en nos vies, de sa visite en nos cœurs, comme s’il venait rencontrer chacun de nous personnellement. Le Seigneur désire entrer chez nous pour y demeurer : Comment préparer le chemin  qui le conduira jusqu’à notre cœur ?

Ensemble prions

Chant : Aube nouvelle p. 150 (carnet des paroisses)

Tu viens sans cesse, notre Dieu incarné. Tu viens de jour, tu viens de nuit. On t’attend par la porte, tu viens par la fenêtre,

On t’attend dans la joie, tu arrives avec ta croix.

Tu viens quand tu es désiré, et tu surgis quand on ne t’attendait pas. Tu viens par ta Parole et ton Eucharistie.

Tu viens par tous ces visages rencontrés au long des heures.

Tu viens à chaque instant, mais mes yeux sont empêchés de te reconnaître,

Un jour tu viendras me prendre en ton Royaume. Amen

 

 

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