29ième dimanche du temps ordinaire par P. Claude TASSIN (Spiritain)

  Commentaires des Lectures du dimanche 18 octobre 2015

Isaïe 53, 10-11 (S’il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance et il prolongera ses jours.)

Ce passage du livre d’Isaïe conclut le fameux poème du Serviteur souffrant (Isaïe 52, 13 – 53, 12) que nous lisons dans son intégralité le vendredi saint, au début de la célébration. Les deux versets ici retenus par la liturgie veulent établir un parallèle avec la déclaration finale de Jésus dans l’évangile de ce jour : « Le Fils de l’homme » est venu pour « donner sa vie en rançon pour la multitude. » Le rapprochement lexical entre ces deux textes n’est pas évident (voir plutôt Isaïe 43, 3-4). Néanmoins, le rapport entre le « Serviteur » énigmatique du livre d’Isaïe et la mission de Jésus reste pertinent.

  Dans ce poème, le Serviteur représente sans doute les exilés à Babylone. Ils ne sont pas plus pécheurs que ceux qui, restés sur la terre d’Israël, ont échappé à cette épreuve. Au contraire, les déportés ont dans leur exil et aux yeux de Dieu, la valeur d’un *sacrifice de réparation qui pardonne ici les péchés de tout le peuple, « les multitudes », même de ceux qui n’ont pas connu ce malheur. En d’autres termes, le Seigneur ne punira plus son peuple, parce que la fidélité envers lui des exilés est un sacrifice suffisant pour obtenir son pardon et un gage d’avenir, comme s’ils se « chargeaient », sans le savoir peut-être, des péchés de tous.

  Le Serviteur, ainsi compris, est un « juste » et il « justifie » les multitudes. Ce verbe « justifier » se comprend, au sens de la théologie juive : est juste celui que Dieu considère comme juste, en raison de sa conduite. Ainsi, le Serviteur, par sa fidélité et son sacrifice, un sacrifice qu’il ignore lui-même, obtient le fait inouï que le Peuple entier redevient juste aux yeux du Seigneur. C’est ce paysage spirituel qu’il faut avoir en mémoire, lorsque Pierre déclare, dans le Temple et à propos de Jésus : « Vous avez chargé le Saint et le Juste » (Actes 3, 14).

* Le sacrifice de réparation. Voir le rituel de Lévitique 5, 14-26. C’est une compensation personnelle donnée à Dieu, par l’offrande d’un bélier pour les fautes commises par inadvertance contre l’un ou l’autre commandement. Dans le 4e chant, c’est le Serviteur, quel que soit ce personnage, qui joue volontairement ce rôle. D’où cette image : « comme du petit bétail conduit à l’abattoir » (Isaïe 53, 7).

Hébreux 4, 14-16 (“Avançons-nous avec assurance vers le Trône de la gloire. “)

Lorsqu’on présente Jésus comme « Messie », répétons-le, on se rappelle que, dans l’Ancien Testament, le mot messie signifie oint par l’huile et que l’onction peut évoquer trois personnages, trois figures : le roi, le prophète et le grand prêtre. Les évangiles se sont concentrés sur les figures royale et prophétique pour présenter Jésus comme Messie. Apparemment, seule la Lettre aux Hébreux s’est risquée à présenter Jésus comme Messie en tant que grand prêtre, grand prêtre par son entrée dans le sanctuaire du ciel à travers sa Passion et sa Résurrection.

  Dans ces deux versets d’aujourd’hui, on passe, dans la même veine, à un autre registre. Dans nos inquiétudes politiques et économiques, à qui nous fier ? Nous voici convoqués à « tenir ferme dans l’affirmation de notre foi ». La figure du grand prêtre est double. D’une part, selon les légendes juives dont s’inspire notre auteur, le grand prêtre est semblable à un ange qui est accès au ciel et peut même se rendre invisible. D’autre part, selon l’histoire de la Bible et du judaïsme, certains grands prêtres furent assassinés pour avoir défendu la justice au sein de leur peuple. Voir, par exemple, 2 Chroniques 24, 20-22. C’est ce second aspect que retient notre texte. Jésus n’est pas venu pour résoudre nos misères, mais pour partager nos épreuves. Il a endossé les faiblesses de l’humanité, jusqu’à la croix évoquée ici à demi-mot. Il a donc affronté la perspective de la mort, selon la commune destinée humaine et, lui « il n’a pas péché » en se révoltant. Voilà ce qui doit motiver notre confiance envers le « Dieu tout-puissant », si nous comprenons la solidarité du Christ qui, à travers sa mission terrestre, nous accompagne, en *médiateur, vers un Dieu toujours secourable.

* Le Médiateur. « Ô Seigneur médiateur, Dieu plus haut que nous, homme à cause de nous, je reconnais ici ta miséricorde. Car, que toi, qui es si grand, tu sois ainsi troublé par une attention de ton amour, cela console bien des membres de ton corps, qui sont troublés par leur faiblesse, et cela les empêche de désespérer et de périr » (Saint Augustin).

Marc 10, 35-45 (Le Fils de l’homme est venu pour donner sa vie en rançon pour la multitude)

Un double épilogue achève, selon le « montage » de Marc, le discours de Jésus sur les relations communautaires chrétiennes. Le premier, aujourd’hui, à travers la requête des fils de Zébédée, manifeste une incompréhension du discours, mais livre en même temps la clé de lecture de tout l’épisode. Le second, dimanche prochain, souligne une vraie réussite, dans l’aveugle Bartimée.

  Le passage se divise en deux parties. C’est d’abord la requête incongrue de Jacques et Jean, puis l’indignation des « dix autres » qui conduit à une déclaration décisive de Jésus.

La requête de Jacques et de Jean

En recopiant Marc, Matthieu se montre plus courtois envers les deux frères. Selon lui, c’est « la mère des fils de Zébédée » (Matthieu 20, 20) qui, en bonne mère juive, intercède pour ses rejetons. La tradition évangélique en général ne ménage pas les deux frères. Leur surnom est « fils du tonnerre » (Marc 3, 17). Ils veulent faire tomber la foudre sur un village samaritain inhospitalier (Luc 9, 54) et Jean veut empêcher un outsider de pratiquer des exorcismes au nom de Jésus (Marc 9, 38).

  La demande des deux frères manifeste une étrange incompréhension du discours qui s’achève. Ils demandent de siéger dans la gloire de Jésus, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche. Ici se profile de nouveau l’ironie de l’évangéliste. D’abord un sous-entendu : lequel sera à droite et l’autre à gauche ? Voilà une source de jalousie renvoyant à la dispute sur « le plus grand » (Marc 9, 33-37), au début du discours. C’est ensuite l’annonce cruelle de la Passion. Car, en fait d’assistants glorieux, Jésus sera crucifié entre deux bandits, « l’un à sa droite, l’autre à sa gauche » (Marc 15, 27). La réponse de Jésus joue sur deux registres.

  Au premier chef, Jésus annonce sa propre destinée : il va « boire la coupe », une expression juive ancienne désignant le sort mortel de l’humanité (« boire la coupe de la mort »). S’ajoute l’image du baptême, c’est-à-dire l’engloutissement, la noyade : « Pouvez-vous être baptisés du baptême dont je suis baptisé ? » (traduction littérale). À l’évidence, Marc dépend ici, dans ce qu’il fait dire à Jésus, de la théologie baptismale de son maître, saint Paul : « Par le baptême dans sa mort, nous avons été ensevelis avec lui » (Romains 6, 4). On notera que, dans le passage parallèle, Matthieu (20, 22) omet cette mention, en raison de sa théologie différente du baptême qui, pour lui, signifie et signe une appartenance du croyant au Dieu trinitaire (Matthieu 28, 19). Les évangélistes ne sont pas des copistes, mais des théologiens et des pasteurs, responsables de leur transmission des traditions sur Jésus. En second lieu, on notera la réponse brève des deux impétrants : « Nous le pouvons. » Jésus les invite à partager son sort, et ils l’acceptent. L’histoire chrétienne ultérieure montrera que, de fait, tous ces témoins subiront le martyre. Ils se voient ainsi *encouragés dans cette voie, mais sans nul horizon ambitieux.

Le Serviteur

Si « les dix autres » s’indignent de la requête de Jacques et de Jean, c’est qu’eux-mêmes, jaloux, se situent dans la même perspective ambitieuse. La réponse de Jésus résume le contenu de son discours que nous avons suivi depuis plusieurs dimanches : dans la relation entre les enfants et les adultes, entre l’homme et la femme, entre le riche et le pauvre, le tout est d’adopter la position du serviteur. Même si, en manière d’hyperbole, apparaît le mot « esclave », le serviteur selon l’Évangile n’est pas un larbin servile, mais celui qui met son honneur à servir l’autre, à l’épanouir, à l’estimer digne d’être servi.

  Ainsi agit « le Fils de l’homme », c’est-à-dire à la fois, selon le contexte juif de l’expression, l’être céleste qui jugera l’univers et en même temps celui qui partage en tout la condition humaine. En donnant sa vie « pour la multitude », c’est-à-dire pour tous, il accomplit la figure du Serviteur souffrant (cf. Isaïe 53, 11-12). Le mot « rançon » doit être bien compris. La passion du Seigneur n’a rien d’un prix à payer pour apaiser le courroux divin. Le terme évoque la notion hébraïque du gôél, le sauveur chargé de sauver, de racheter les membres de sa famille tombés en esclavage ou retenus prisonniers.

* Encouragés. « Voyez de quelle manière il les exhorte et les entraîne à demander ce qu’il faut. Il ne leur dit pas : “Pouvez-vous affronter la mort violente ? Pouvez-vous verser votre sang ?” Mais : Pouvez-vous boire à la coupe, et il ajoute pour les attirer : celle que je vais boire ? afin qu’ils désirent être en communion avec lui. En outre, il appelle cela un baptême pour montrer que ce sera la grande purification du monde entier » (saint Jean Chrysostome).

 




29ième dimanche du temps ordinaire par le Diacre Jacques FOURNIER (18 Octobre)

« Pour nous et pour notre salut » (Mc 10,35-45)…

 Alors, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. »
Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? »
Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. »
Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisé du baptême dans lequel je vais être plongé ? »
Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé.
Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. »
Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean.
Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur.
Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous :
car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

dieu amour

Quand Jésus annonça pour la première fois à ses disciples sa mort et sa résurrection prochaines, Pierre l’avait tiré à part et s’était mis à lui faire de vifs reproches (Mc 8,31-33)… La seconde fois, les disciples ne comprirent toujours pas (Mc 9,30-32), et juste après, « ils discutaient entre eux pour savoir qui était le plus grand ». Et Jésus leur avait dit : « Si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9,33-35). Mais ils ne comprenaient toujours pas… Alors, pour la troisième fois, Jésus leur annonça sa Passion (Mc 10,32-34). Et il eut pour réponse cette démarche de Jacques et de Jean rapportée ici : « Maître, nous voulons que tu fasses pour nous ce que nous allons te demander ». Ce sont eux qui commandent… « Accorde-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire »… Voilà bien l’attitude qui habite spontanément nos cœurs de pécheurs : rechercher les places d’honneur, ne pas perdre une occasion de se mettre soi-même en avant, courir après la gloire humaine, la notoriété, la célébrité…

Le Christ, lui, a toujours vécu dans l’obéissance à son Père, cherchant à accomplir sa volonté, en Serviteur du Père… « Que ta volonté soit faite », nous apprend-il à dire, car la volonté de ce Dieu Amour n’est que Plénitude de Vie pour chacun d’entre nous. Or, si « le salaire du péché, c’est la mort, le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle par notre Seigneur Jésus Christ » (Rm 6,23). C’est pourquoi « le Fils de l’homme », dit ici Jésus, « n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude », afin qu’ils passent, par le « oui » de leur foi, des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie… Tel est l’Amour qui est prêt à se donner tout entier pour le seul bien de l’être aimé : « Nul n’a plus grand amour que celui-ci : donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13). Et Jésus se donnera tout entier sur la Croix, versant son sang, donnant sa vie « pour la multitude en rémission des péchés » (Mt 26,28). Car il est venu avant tout pour les pécheurs. En effet, « souffrance et angoisse pour toute âme humaine qui fait le mal » (Rm 2,9). Et ce ne sont pas « les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs, au repentir » (Lc 5,32). Certes, « il n’est pas de juste, pas un seul » (Rm 3,9-20), mais le Dieu d’Amour et de Tendresse ne peut faire des merveilles de Miséricorde qu’avec celles et ceux qui se reconnaissent pécheurs, et lui offrent tout, jour après jour… DJF




Rencontre autour de l’Evangile – 29ème dimanche du Temps Ordinaire

” Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir. “

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

(Mc 10, 35-45)

Jésus, pour la troisième fois, vient d’annoncer à ses disciples qu’il va souffrir et mourir, et que trois jours après il ressuscitera. Mais une fois de plus, c’est l’incompréhension de leur part.

Regardons-réfléchissons-méditons

Faire lire lentement le texte, suivre les personnages et entrer dans le dialogue

Jacques et Jean : Avec Pierre, ces frères formaient un trio particulièrement proche de Jésus. Dès le début ils suivaient Jésus, après avoir tout quitté. Comment qualifier leur démarche auprès de Jésus ?

Quelle était leur ambition ?

Accorde-nous de siéger l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire ?

Qui sera à droite et à gauche de Jésus…sur la croix ?

Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ?

Que veut dire Jésus ?

Recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? : Qu’est-ce que Jésus appelle son baptême ? Quel lien avec le baptême qu’il a reçu de Jean Baptiste ?

La coupe, vous y boirez et le baptême… vous le recevrez : Qu’est-ce que Jésus prédit pour ces deux disciples par ces paroles ?

Les dix autres s’indignaient : Quelle est la raison de leur indignation ?

Les chefs des nations… les grands font sentir leur pouvoir :

Quelle est cette conception de l’autorité ?

Quelle est la conception du pouvoir de Jésus dans son Église ?

Le plus grand sera serviteur… le premier sera l’esclave de tous : Quelle leçon à ces disciples qui rêvent de domination, de supériorité !

« Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon… »  

Que révèle Jésus dans ces paroles ? 

Pour la multitude : c’est à dire ? 

 

  

Pour l’animateur

Chaque fois que Jésus annonce sa Passion à ses disciples, il y a incompréhension ; la première fois, Pierre veut empêcher Jésus, et il est remis à sa place. La deuxième fois, les disciples discutent entre eux pour savoir qui est le plus grand ; et cette fois, deux amis proches de Jésus, Jacques et Jean, qui avaient tout quitté (filets, barque et leur père) pour suivre Jésus, ne manquent pas d’audace : ils rêvent d’un réel pouvoir de gouvernement dans le Royaume de Jésus.

L’ironie du sort fera que ce sont deux bandits qui seront à la droite et à la gauche de Jésus sur le trône de la croix !

Jésus les remet en face de ce qui va se passer ; il emploie pour cela des images fortes :

La coupe : dans la Bible, c’est souvent le symbole de souffrances à subir. On dit « boire la coupe jusqu’à la lie » en parlant d’épreuves qu’on doit endurer.

Quand le baptisé était plongé tout entier, la tête comprise, il passait par un moment critique : il était plongé dans la mort.

Le baptême dont parle Jésus, c’est sa Passion : il va être submergé par les flots de la mort. Cette plongée dans la mort était annoncée par la « plongée » de Jésus, avec les pécheurs, dans l’eau du Jourdain.

Jésus annonce que Jacques et Jean boiront à sa coupe et recevront son baptême: une manière d’annoncer que l’un et l’autre auront à souffrir pour son Nom. Jacques connaîtra le martyre, et l’Apôtre Jean, s’il est décédé de mort naturelle, est passé, selon la tradition, par des épreuves redoutables.

L’indignation des dix autres : Est-ce l’audace trop grande des deux autres qui les fait réagir ? Ou peut-être plutôt la jalousie : on connaît la préoccupation du groupe pour la course aux honneurs.

Jésus en profite pour leur donner une leçon magistrale sur sa façon de concevoir le pouvoir dans son Église : à l’inverse de la façon d’exercer le pouvoir dans l’Empire romain et dans les sociétés civiles (domination le plus souvent totalitaire), Jésus entrevoit pour le gouvernement de son Église une manière tout à fait originale :  en se mettant à la place de « l’esclave » : à l’époque, les esclaves étaient au dernier rang de la société. L’image se veut frappante pour les Douze qui rêvent de domination, de supériorité.

Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi…Jésus donne pour modèle sa propre personne et il dévoile le sens de toute son existence : il est le « serviteur souffrant » dont parle Isaïe (53, 10-11).

En rançon : il paiera le prix fort, en donnant sa vie pour les péchés de « la multitude », c’est à dire de « tous les hommes » sans exception.

Dans l’Église, le fonctionnement des responsables ou l’exercice de l’autorité devra toujours se vérifier en référence à son fondateur : le service et le don de soi jusqu’à l’extrême.

 

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Seigneur Jésus, Toi le Maître et Seigneur, tu t’es mis à la place de l’esclave. Tu es allé jusqu’à donner ta vie pour nous sauver. Libère-nous de toute tentation de grandeur, de pouvoir, de supériorité. Quand nous avons une responsabilité dans ton Église, aide-nous à l’exercer « en Église » pour ne pas tomber dans le piège de l’autoritarisme et du pouvoir dominateur.

 

 TA PAROLE DANS NOTRE VIE

La Parole aujourd’hui dans notre vie

Quelle est la Bonne Nouvelle que nous apporte cet évangile ?

Aux yeux de Dieu, celui qui est grand, c’est celui qui imite son Fils Jésus : Celui qui s’abaisse sera élevé. N’est-ce pas le chant de Marie : Dieu « renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. »

Quel visage de Dieu Jésus nous révèle-t-il dans ce passage ?

Le Dieu qui se révèle en Jésus n’est pas un potentat, dominateur, qui écrase l’homme : sa toute-puissance est une «toute-puissance» d’amour qui s’exprime dans la faiblesse. En Jésus, Dieu se fait humble et serviteur. Un théologien a parlé de « l’humilité de Dieu »

Ne rêvons-nous pas de grandeur humaine, d’accroître notre pouvoir sur les autres, plutôt que de les servir ?

Quand nous accomplissons nos tâches de service (dans notre profession, comme père et mère de famille, comme catéchiste, ou responsable de liturgie ou autre…) le faisons-nous à l’image du Christ Serviteur ?

Il arrive parfois, peut-être même souvent, que l’on refuse de partager une responsabilité avec les autres, on va jusqu’à répondre  « j’ai pas besoin » à quelqu’un qui propose sa collaboration : Une telle attitude ne construit nullement le « Corps du Christ »

 

ENSEMBLE PRIONS

On peut proposer au groupe de prier avec le Cantique de Marie (Magnificat)

Béni sois-tu, Seigneur ! Dieu des humbles et secours des opprimés !

Béni sois-tu, Seigneur ! Soutien des faibles et abri des abandonnés !

Béni sois-tu, Seigneur ! Sauveur des désespérés, à toi la gloire éternelle.

  

Notre Père …..

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28ième dimanche du temps ordinaire par P. Claude TASSIN (Spiritain)

  Commentaires des Lectures du dimanche 11 octobre 2015

Sagesse 7, 7-11. (À côté de la Sagesse, j’ai tenu pour rien la richesse)

Sous la plume d’un écrivain juif anonyme  d’Alexandrie, au milieu du 1er siècle avant notre ère, c’est l’antique roi Salomon qui est censé s’exprimer. L’écrivain reprend ici le célèbre passage du 1er Livre des Rois (3, 4-15) où, dans un songe à Gabaon, le jeune souverain ne demande au Seigneur ni richesse ni pouvoir, mais seulement la sagesse. Cependant, pour l’auteur de notre livre alexandrin, écrit en un très beau grec, la sagesse n’est plus seulement une qualité intellectuelle et morale. Elle est devenue presque une personne divine, une figure que le christianisme identifiera au Christ et à l’Esprit saint (voir déjà Sagesse 1, 4-5). La basilique Sainte Sophie de Constantinople n’était pas dédiée à quelque sainte, mais au Christ « Sainte Sagesse » de Dieu. Sous un autre aspect complémentaire, rappelons en effet qu’en grec la sophia (Sagesse) est un terme féminin et l’auteur, en sa quête de celle-ci, parle d’elle comme d’une femme désirée et aimée, même au-dessus de la santé et de la beauté.

  Dans ces conceptions, Dame Sagesse relève à la fois d’un talent naturel de l’homme (Sagesse 8, 19-21) et d’un don de Dieu qui ne s’obtient que par la prière, comme dans le fameux chapitre où le poète s’adresse au Dieu des pères et Seigneur de tendresse, en ces termes « Donne-moi la Sagesse qui partage ton trône » (Sagesse 9, 4). Différent du roi historique qui a fini son règne dans la luxure, ce Salomon réinventé préfère le don de la Sagesse à toutes les autres richesses.

  Cette lecture veut préparer notre passage d’évangile dans lequel l’homme riche qui refuse de quitter ses « grands biens » pour suivre le Christ Sagesse qui l’y invitait avec affection.

Hébreux 4, 12-13 (Elle est vivante, la parole de Dieu)

Ces deux versets forment la conclusion d’une homélie basée sur le Psaume 94 [95], surtout sur les versets 7-8 du poème : « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur comme au temps du défi » Selon le prédicateur, l’avertissement vaut encore pour les chrétiens auxquels il s’adresse en ces termes : « Nous avons reçu une Bonne Nouvelle, comme ces gens_là ceux (qui étaient sortis d’Égypte) ; cependant la parole entendue ne leur servit à rien, parce qu’elle ne fut pas reçue avec foi par ses auditeurs » (Hébreux 4, 2).

  Dans ce cadre, la Parole de Dieu est une réalité vivante, active, efficace. Elle a un lien très fort avec le Christ, puisque, selon notre auteur, « dans les jours où nous sommes, il nous a parlé par le Fils… » (Hébreux 1, 2). Cette parole n’est pas un phénomène vocal, mais un message qui pénètre en nous et nous engage, en révélant notre foi ou notre non-foi.

  Elle a alors une fonction judiciaire, comme le montre l’épée à deux tranchants, pouvant frapper de tous côtés et symbolisant, à l’origine, le pouvoir du magistrat, comme la balance à deux plateaux de notre symbole de la justice.. À propos de l’intervention divine, dans la nuit de la Pâque, nuit de la sortie d’Égypte, le Livre de la Sagesse avait déjà utilisé cette image : « Du haut des cieux, ta Parole toute-puissante s’élança du trône royal (…) portant pour épée acérée ton irrévocable décret. » Dans les visions de l’Apocalypse, cette épée acérée, instrument du jugement final, apparait dans la bouche, dans la parole du Christ ressuscité (Apocalypse 1, 16 ; 2, 12).

  Certains, pacifistes dans l’âme, se choqueront peut-être de voir la Parole divine assimilée à un glaive. Mais, dans cette image et selon la contexte biblique général, il faut lire l’inverse de cette première impression. Le vrai sens honnête, est celui-ci  : Dieu ne veut avoir pour glaive envers les humains que sa Parole, et non celui de ses légions célestes. C’était déjà, en Isaïe 11, 5 à 9, le portrait du Messie pacifique idéal qui éradiquerait les méchants seulement « par le bâton de sa bouche » et « par le souffle de ses lèvres », et qui ferait en même temps que « le loup habite avec l’agneau ».

  Reste l’essentiel dans ce message de la Lettre aux Hébreux : la Parole entendue ne se contente pas de bons sentiments superficiels. La foi authentique accepte de ne prendre pour critère décisif de conduite que la Bonne Nouvelle qui juge l’hypocrisie ou la passivité, qui « pénètre au plus profond de (notre) âme » et qui « juge des intentions et des pensées du cœur ».

Marc 10, 17-30 (Vends ce que tu as et suis-moi)

Nous lisons toujours le discours communautaire de Jésus tel que Marc en fait le montage dans sa « Section du chemin » (Marc 9, 30 – 10, 52). Dimanche dernier, il prêchait une conversion des relations entre hommes et femmes, entre adultes et enfants. Aujourd’hui, après un nouveau départ géographique, il en vient à la relation entre la richesse et la pauvreté, envisagée sous trois angles. D’abord la rencontre avec celui qui « avait de grands biens ». Elle introduit deux retombées : un premier bref discours du « bon Maître » sur la richesse ; puis une promesse pour ceux qui l’ont suivi.

La rencontre

Celui qui vient à Jésus, avec sa question, est chez Marc, en grec, simplement « quelqu’un », sans nulle identité. Selon leur réinterprétation respective de la mission de Jésus, les héritiers de Marc feront de lui, chez Matthieu (19, 20), « un jeune homme », élève des rabbis et cherchant, entre différentes écoles juives, sa voie de futur enseignant ; et chez Luc (18, 18), un « notable ».

  « Personne n’est bon, sinon Dieu seul. » Personne ne niera que Jésus soit un « bon Maître ». Dans la réponse étonnante de Jésus, nous reconnaissons l’ironie coutumière de Marc. : Si tu me dis « bon », c’est que tu vois en moi quelque chose de Dieu… Le Maître rappelle à son interlocuteur les commandements de la deuxième table (cf. Exode 20, 12-17), ceux qui concernent les relations avec le prochain, comme il convient dans ce discours de Marc portant sur la vie communautaire.

  Marc ménage ses effets. À la fin, on apprend que cet homme est très riche. Pour l’heure, Jésus se trouve pris d’affection pour celui qui depuis toujours a observé ces commandements et qui, cependant, reste insatisfait dans sa quête religieuse. Voilà pourquoi il se voit proposer un « plus » : tout quitter pour suivre Jésus et le suivre en une annonce itinérante du Royaume dénuée de toute sécurité matérielle. Si bien disposé au départ, l’homme se dérobe. Le projet de vivre dans l’intimité du bon Maître et de sa mission ne fait pas le poids face à la sécurité de « grands biens ». L’homme a situé sa demande sur le plan de l’héritage de la vie éternelle. Jésus lui répond sur le même plan, en lui adressant, avec une affection spécifique, un appel personnel. Le récit ne s’intéresse en rien au salut à venir de ce déserteur . D’une part, « tout est possible à Dieu », déclare Jésus, à l’adresse de bien des gens qui ne l’ont pas suivi. D’autre part, sous la plume de l’évangéliste, l’épisode n’était qu’un prétexte introduisant la leçon sur la richesse.

La leçon

Le regard circulaire de Jésus, dans la mise en scène de l’évangéliste (comparer Marc 3, 34), signifie son attention particulière au cercle de ceux qui boivent ses paroles. Ici, Jésus ne condamne ni l’argent malhonnête ni la richesse en général, mais l’attachement tel à la richesse que l’on ne voit plus d’autre valeur dans la vie. Quand la richesse prend tout l’horizon, on ne peut plus rien voir des valeurs exigeantes et libératrices du Royaume de Dieu. C’est pourquoi Jésus s’exprime à travers une hyperbole : le chameau, en sa grosseur, ne passe pas par le trou d’une aiguille ; le riche obnubilé par ses biens, en sa grosseur, ne passe pas davantage par l’entrée étroite dans les valeurs du Royaume.

  On comprend que les auditeurs soient stupéfaits, déconcertés. Ils vivent dans un monde où la richesse signifie la bénédiction de Dieu. Alors, si Dieu ne respecte plus ce postulat, « qui peut être sauvé ? ». Jésus reconnaît que son discours était une hyperbole et que, malgré ce renversement des valeurs, Dieu peut sauver même ceux qui ne parviennent pas à ce renversement.

Les Douze et les autres…

Peut-être l’homme qui, au début du récit, rencontrait Jésus, était plus vertueux que les Douze dont Pierre est le porte-parole. Mais eux, au moins, ont franchi le pas et ont suivi Jésus. Marc, en son temps, réaménage les paroles de Jésus en deux leçons.

  1. Dans les premières Églises, des gens se sont vus, parce qu’ils devenaient chrétiens (« à cause de l’Évangile »), rejetés par leur famille païenne, et dépouillés de leurs biens, comme les lois le permettaient à l’égard de ceux qui désertaient le culte de l’État. Mais ces persécutés n’ont-ils pas trouvé, dans la solidarité chrétienne, ce qu’ils avaient perdu, en suivant Jésus ?

  2. Dans sa relecture du message de Jésus, Marc ajoute au problème des biens matériels, celui des liens familiaux. Ce n’est pas seulement la richesse qui risque de prendre tout l’horizon du croyant, mais aussi des liens familiaux excessifs qui peuvent empêcher le chrétien de s’engager à la suite du « bon Maître », dans la logique du Royaume de Dieu qui renverse des valeurs humaines trop communément admises.




28ième dimanche du temps ordinaire par le Diacre Jacques FOURNIER (11 Octobre)

Accueillir avec Jésus la vraie Joie (Mc 10,17-30)

En ce temps-là, Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? »
Jésus lui dit : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul.
Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. »
L’homme répondit : « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse. »
Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. »
Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.
Alors Jésus regarda autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! »
Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Jésus reprenant la parole leur dit : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu !
Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »
De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? »
Jésus les regarde et dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »
Pierre se mit à dire à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. »
Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre
sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.

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            Un Juif fervent demande à Jésus : « Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » Nous sommes bien dans la logique pharisienne : « faire pour avoir ». Mais après un « faire », « l’avoir » est souvent considéré comme un mérite, un salaire, un dû… Dans un premier temps, Jésus rejoint cet homme dans son système de pensée, et lui redit tout simplement quelques « commandements » extraits du cœur de la Loi, « les dix commandements » (Ex 20,1-17). « Maître, tout cela, je l’ai observé dès ma jeunesse ». Mais quel but a-t-il vraiment poursuivi ? Le faisait-il pour plaire à Dieu, ou pour se rechercher lui-même ? Accomplir de belles œuvres peut en effet être un moyen de se glorifier soi-même, comme « ceux qui sonnent de la trompette » quand ils font l’aumône, « afin que tout le monde les voit » (Mt 6)…

            Cette logique n’est pas celle de Dieu, et Jésus l’a suggéré dès le début quand cet homme l’a appelé « bon Maître » et qu’il lui a répondu : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul ». Pourtant Jésus, le Fils, est Dieu ! Mais il est « Dieu né de Dieu », « né du Père avant tous les siècles », et c’est de Lui qu’il tient de toute éternité l’Être et la vie… Sans Lui, il n’est rien, il ne peut rien (Jn 5,19-20 ; 5,26). Ainsi, avec Jésus, le Dieu Tout Puissant se révèle ainsi comme étant « pauvre de cœur » (Mt 5,3 avec Jn 15,11), « doux et humble » (Mt 11,29), …

            « Jésus le regarda et l’aima »… Or « aimer », pour Dieu, c’est « tout donner » (Jn 3,35), tout ce qu’il a, tout ce qu’il est (Jn 16,15 ; 17,10 ; Lc 15,31). « Dieu est Esprit » (Jn 4,24), Dieu est Saint ? Avec ce « Jésus l’aima », le Don de l’Esprit Saint qui est Vie, Paix et Joie vient frapper à la porte de son cœur… Ouvrira-t-il ? Un choix s’impose… Ou bien la logique de l’argent : amasser pour soi au détriment des autres… Ou bien la logique de Dieu : donner, partager pour le bien des autres (Lc 3,11). Ici, Jésus est radical : « Va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel », le trésor de l’Esprit Saint offert dès maintenant à notre foi. « Puis viens, suis-moi », abandonne-moi ta vie et je te conduirai, pour le meilleur, car l’Amour ne peut que vouloir le meilleur pour celles et ceux qu’il aime… Aujourd’hui, « à ces mots, il devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens ». Mais demain, peut-être, avec le secours d’en haut, réussira-t-il à renoncer à ses biens ; alors il recevra « le centuple dès maintenant » avec ce Trésor de l’Esprit qui est Amour, Paix, Joie… DJF

 

            




Rencontre autour de l’Evangile – 28ème dimanche du Temps Ordinaire

 “Posant son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer….”

 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Mc 10, 17-30

L’appel de l’homme riche fait suite à cette scène étonnante où Jésus accueille les enfants face aux prétentions orgueilleuses des disciples. Il s’agit dans ce passage du dépouillement nécessaire pour celui qui veut suivre le Christ.

Regardons-réfléchissons-méditons

Faire lire lentement le texte, suivre les personnages et entrer dans le dialogue.

Un homme accourut vers Jésus : La démarche de cet homme !

Se mit à genoux : son geste.

Bon maître : Cette manière de s’adresser à Jésus.

Dieu seul est bon : Réplique étonnante de Jésus.

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ?

Une question qui révèle le souci de ce juif pieux

Les commandements : Jésus cite l’essentiel de la Loi. L’importance du Décalogue.

J’ai observé… depuis ma jeunesse : Révélation de la droiture et de la fidélité religieuse de ce juif pieux.

Posant son regard : Souvent il est question du regard de Jésus  dans l’évangile.

« Jésus se mit à l’aimer » : Expression qui en dit long sur l’amour de Dieu, amour gratuit qui est toujours premier.

Une seule chose te manque : Jésus va lui adresser un appel d’une exigence rare.

« Viens, suis-moi » : C’est la pointe de l’appel.

Trésor dans le ciel : Image chère à Jésus. « Là où est ton trésor là aussi sera ton cœur ! »

Il avait de grands biens : L’obstacle majeur au dépassement que Jésus demande de cet homme.

  

Pour l’animateur

La démarche de l’homme, qui accourt vers Jésus montre qu’il y a chez lui un désir pressant de rencontrer Jésus et son geste de se mettre à genoux exprime une grande vénération pour Jésus reconnu comme un « bon maître ».

« Personne n’est bon, sinon Dieu seul » : Cette réplique de Jésus est étonnante, mais on la comprend, parce que Jésus est devant un Juif qui connaît bien la Torah (la Loi) et il tient d’abord à réaffirmer l’essentiel de la foi juive : Dieu et lui seul possède la « Bonté ».

L’héritage de la vie éternelle : Le souci de parvenir au bonheur futur est louable chez le juif pieux, et Jésus accueille avec bienveillance sa question. En bon connaisseur de la Loi, Jésus cite d’abord les commandements divins est la voie, normale, suffisante pour parvenir à la « vie éternelle ». On découvre que ce juif est un familier de la Torah. Sa réponse  révèle sa droiture et sa fidélité religieuse (« J’ai observé… depuis ma jeunesse »). Jésus le reconnaît, et son regard sur cet homme est un regard de tendresse et d’estime. « Il se mit à l’aimer » : Tout comme l’amour de Dieu est au départ du choix d’Israël, le regard de Jésus le pousse à porter son choix sur ce juif fidèle. Ce choix, Jésus va l’exprimer par un appel particulièrement exigent. Jésus lui dit : «  Viens, suis-moi », c’est à dire, dépasse la foi de tes pères, et deviens disciple du Messie que je suis. Dépassement difficile. Il ne s’agit plus de suivre une loi, mais de suivre quelqu’un. On découvre seulement à la fin que cet homme était très riche et que cette richesse l’a empêché de répondre positivement à l’appel de Jésus.

Dans l’entretien particulier avec ses disciples, Jésus insiste sur le fait que la possession de la richesse est un obstacle majeur quand quelqu’un veut se mettre en route à sa suite . Marc nous fait assister à une vocation manquée. Jésus vient révéler une exigence plus haute que la religion juive, dont le Décalogue pourtant était pour Israël un chemin en direction de la vie éternelle.

La Bonne nouvelle proposée par Jésus est l’appel à un dépassement. Pour se dire chrétien, il ne suffit pas d’être fidèle aux commandements de Dieu, il faut se mettre à la suite de la personne même du Messie. La foi chrétienne vient accomplir la foi juive. Suivre le Christ ne va pas sans un certain dépouillement. N’oublions pas que Jésus marche vers sa Passion.

 

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Seigneur Jésus, tu es venu, non pour abolir la Loi, mais pour l’accomplir. A celui qui pratique les commandements, tu adresses l’appel à te suivre, à devenir ton disciple. A celui qui est encombré par ses richesses, ses biens matériels, tu demandes le détachement, pour te suivre avec un cœur libéré. A certains, tu adresses l’appel à tout quitter pour te suivre de plus près.

 

 TA PAROLE DANS NOTRE VIE

 La Parole aujourd’hui dans notre vie

Quelle est la bonne nouvelle que nous apporte cet évangile ?

Quel visage de Dieu Jésus nous révèle-t-il dans cette rencontre avec l’homme riche ? 

Cet homme  a accouru vers Jésus et s’est mis à genoux devant lui :

Qu’est-ce qui empêche les gens d’aujourd’hui d’aller à Jésus ?

Cet homme avait de grands biens : Qu’est-ce qui encombre les gens d’aujourd’hui et qui les empêches d’entendre l’appel de Jésus ?

La foi chrétienne, est-ce seulement suivre les commandements ?

Ce qui nous distingue, ce ne sont pas de beaux enseignements et de belles prières. On trouve cela également dans d’autres religions. Ce que nous sommes  les seuls à avoir, c’est un Maître qui peut nous dire : « Viens et suis-moi », car lui-même a marché sur nos route humaines. Il nous a ouvert le chemin de la résurrection.

 

ENSEMBLE PRIONS

Dieu notre Père, tu as toujours appelé l’homme à dépasser son égoïsme. Ton Fils Jésus est venu nous montrer le chemin du don total pour ceux que l’on aime. Nous ne pouvons pas dire que nous avons fait assez pour suivre Jésus ton Fils. Quand l’Évangile nous paraît difficile, quand il nous semble impossible de tout donner pour suivre Jésus, toi-même tu nous donnes ta force et nous permets d’avancer sur le chemin de la foi.

Notre Père…..

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Rencontre autour de l’Evangile – 27ème dimanche du Temps Ordinaire

 « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a unit.”

 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

 Situons le texte et lisons (Mc 10,2-16)

          En Mc 8,27, Jésus était à Césarée de Philippe, en terre païenne, à une trentaine de kilomètres au nord de la Galilée. C’est en partant de là, direction plein sud, qu’il a entamé son dernier voyage à Jérusalem. Il sait ce qui l’attend et il annoncera par trois fois à ses disciples les souffrances de sa Passion, sa mort, mais aussi sa résurrection… Et tout au long de cet ultime voyage, il enseignera, à tous ceux et celles qu’il rencontrera, Juifs ou païens, les mystères du Royaume des Cieux…

Le sens des mots

  • « Des Pharisiens abordèrent Jésus pour le mettre à l’épreuve »… Qui étaient ces Pharisiens ? Et quelles sont ici leurs dispositions à son égard ?

  • « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? » La question délicate du divorce est donc évoquée. Il importe de bien prendre conscience du contexte. Et déjà, on peut remarquer que seul « le mari », l’homme, peut renvoyer sa femme. Cette dernière, en Israël, était considérée comme sa propriété… Elle n’avait aucun droit et ne pouvait témoigner en justice… La clause de la Loi de Moïse à laquelle ils font allusion est la suivante : « Soit un homme qui a pris une femme et consommé son mariage ; mais cette femme n’a pas trouvé grâce à ses yeux, et il a découvert une tare à lui imputer ; il a donc rédigé pour elle un acte de répudiation et le lui a remis, puis il l’a renvoyée de chez lui » (Dt 24,1). En pensant tout particulièrement à la condition de la femme, que pensez-vous de cette Loi ? Si vous aviez comme souci, dans le contexte de l’époque, de venir en aide aux femmes, dans quelle direction iriez-vous : une application de la Loi telle qu’elle est formulée, ou plus de rigueur dans la compréhension de l’engagement qu’est le mariage ?

  • Dans son argumentation, à quoi Jésus fait-il référence, jusqu’où remonte-t-il ?

  • « On présentait à Jésus des enfants pour les lui faire toucher ; mais les disciples les écartèrent vivement »… Que suggère la réaction des disciples sur la manière dont on considérait habituellement les enfants à l’époque ? Et en prenant ces enfants comme un des exemples de condition sociale rejetée, que retrouve-t-on comme « constante » dans l’attitude de Jésus ?

  • « Accueillir le Royaume des Cieux à la manière d’un enfant »… « Le Royaume des Cieux est à ceux qui leur ressemblent »… Que dirions-nous pour préciser ou illustrer ce que Jésus dit ici ?


  

Pour l’animateur

 

  • « Pharisiens» vient d’un mot hébreu perushîm, qui signifie « les séparés », ceux qui font « bande à part ». Issus de toutes les couches sociales de la société, leur désir était de mettre en pratique de la façon la plus radicale possible tous les préceptes de la Loi. Ce faisant, ils allaient se ‘séparer’ ou des Juifs trop peu scrupuleux dans l’observation de la Loi, ou des païens qui, bien sûr, ne pratiquaient pas la Loi puisqu’ils ne la connaissaient pas…

         Ici, ils veulent mettre Jésus à l’épreuve, le piéger, le « cataloguer » pour ensuite mieux le critiquer… Ils ont vraiment le cœur « endurci », un « cœur de pierre » et non pas ce « cœur de chair », ce cœur ‘humain’ que Dieu voudrait voir en chacun d’entre nous (cf. Ez 36,24-28)…

  • « Jésus n’ignore pas que la tradition juive a péché, par excès de laxisme, au bénéfice du seul partenaire masculin. L’homme pouvait répudier son épouse, même pour des raisons les plus futiles » (Jacques Hervieux). Voilà contre quoi Jésus part ici en guerre, pour protéger les femmes des abus scandaleux dont elles souffraient à l’époque. Face à ce laisser-aller inacceptable, Jésus ne peut que rappeler, avec rigueur, les fondements du mariage et de la vie familiale (Gn 1,26-31 ; 2,18-25). Le projet de Dieu est que l’homme et la femme soient unis l’un à l’autre dans la communion d’un même amour. De leur union corporelle, qui manifeste et exprime leur union de cœur, naîtront alors ces enfants que Dieu leur confie pour les conduire, le mieux possible, vers leur pleine stature d’adulte. Cela exige du temps, de la fidélité, un amour qui ne peut que s’inscrire dans la durée… Et l’aventure est possible, car tout amour authentique vient de ce Dieu qui est Amour et qui nous a tous créés pour aimer et donc nous donner, d’une manière ou d’une autre, les uns aux autres. Jésus, en rappelant le projet de Dieu sur l’homme et sur la femme, invite ainsi ces hommes à corriger ce qui doit l’être dans leurs comportements. D’acte de répudiation en acte de répudiation, ils pouvaient ainsi passer de l’une à l’autre et changer quand l’envie leur en prenait… Pour eux, c’était légal… Pour Jésus, c’est de l’adultère…

         Nous voyons bien que nous ne sommes pas ici dans le contexte de déchirures parfois humainement dramatiques, ni de familles recomposées sur la base d’un amour honnête, sincère et qui s’inscrit loyalement dans la durée… Il ne peut s’agir pour l’Eglise d’exclure qui que ce soit : la préoccupation première de Jésus étant justement « les exclus », nous allons en avoir un nouvel exemple… Certes, nous devons vivre l’obéissance dans la confiance en l’Eglise et en ces « entrailles de Miséricorde de notre Dieu », qui nous accueille sans cesse tels que nous sommes et travaille avec nous au ‘meilleur’ de notre vie. Et si telle ou telle disposition disciplinaire actuelle nous semble devoir changer, obéissons et prions pour que l’Eglise continue d’avancer vers toujours plus d’humanité. Lorsqu’elle sera pleinement humaine, elle sera pleinement divine…

  • « On est choqué par l’attitude franchement hostile des disciples. C’est un mouvement violent d’exclusion. Pourquoi ? La raison est à chercher dans les mœurs de la société antique. Au temps de Jésus, les enfants sont objets de mépris de la part des adultes. Cette marmaille qui grouille et qui fait tant de bouches affamées à nourrir n’est pas en grande considération dans un monde où règne la pauvreté. De plus, tous ces gosses qui pullulent dans la société juive sont encore ignorants de la Loi de Moïse. On les traite donc comme des « hors la Loi ». ils sont mis au rang des « exclus », comme les malades, les femmes, les esclaves… Ce mépris que manifestent à l’égard des enfants ses propres amis heurte profondément le Maître »… En effet, « les enfants, comme les autres « exclus », ont leur place dans le Royaume » (Jacques Hervieux).

  • Quelques traits de l’enfance : confiance en l’amour des parents et donc insouciance ; simplicité de cœur, joyeuse naïveté, fraîcheur, vérité, etc…

 TA PAROLE DANS NOTRE VIE

Le mariage, l’amour dans le couple et la famille, la fidélité, sont les piliers du projet de Dieu sur les hommes. En effet, Dieu est Mystère de Communion de Trois Personnes divines distinctes dans l’unité d’un même Esprit, d’un même Amour… Et il a créé « l’humanité », sens premier du mot ‘homme’ en Gn 1,26, pour qu’elle soit « à son image et ressemblance », c’est-à-dire Mystère de Communion elle aussi dans l’unité d’un même Esprit, d’un même Amour, le sien… Et ce Mystère commence à se réaliser dans la famille… Prenons-nous suffisamment au sérieux les exigences qui en découlent pour notre couple, notre famille ? Avons-nous à cœur de prendre les moyens nécessaires pour construire cette famille unie que Dieu désire, sur la base du Don de cet Esprit d’Amour qu’il ne cesse de proposer à nos cœurs par sa Parole, la prière, les sacrements ?

  • Les divorcés remariés ne sont exclus ni de l’Amour de Dieu, ni de l’Eglise. Leurs parcours est souvent le résultat de souffrances dont nous n’avons pas idée et que Dieu seul connaît… Et même « là où le péché a abondé », avec son cortège de blessures et de souffrances, « la grâce » de salut, de guérison, « a surabondé» pour les cœurs de bonne volonté… Avons-nous bien ce regard de Miséricorde qui ne juge pas mais cherche à comprendre, cette attitude d’accueil inconditionnel à leur égard, ce souci de vivre avec eux l’Eglise et sa Mission ?

 

ENSEMBLE PRIONS 

         Dieu notre Père, que ton Esprit d’Amour soit sur toutes nos familles. Donne nous la Force de vivre le pardon, jour après jour. Que ta Miséricorde soit le ciment de notre unité. Et qu’elle nous apprenne à ouvrir largement nos bras à tous ceux et celles qui ont pu connaître dans leur vie la souffrance d’un échec, d’une déchirure. Par Jésus, ton Fils notre Seigneur. Amen.          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




27ième dimanche du temps ordinaire par P. Claude TASSIN (Spiritain)

  Commentaires des Lectures du dimanche 4 octobre 2015

Genèse 2, 18-24 (Tous deux ne feront plus qu’un)

Ce passage du début de la Genèse appartient au second récit de la création qui s’inspire des mythes égyptiens sur le dieu potier façonnant l’être humain. Dans la deuxième partie de cet épisode, le Seigneur offre à l’homme une compagne. Dans l’antique culture méditerranéenne de l’auteur biblique, la femme est souvent considérée comme inférieure à l’homme et parfois presque au rang de l’animal. Notre passage prend le contre-pied de ces conceptions. Si Adam peut nommer les animaux, faisant ainsi de par le Seigneur acte de propriété et de domination, il ne trouve en eux « aucune aide qui lui corresponde ». Une expression qu’une version araméenne de la Bible traduira par cette formule : « aucune partenaire semblable à lui. »

  La femme sera pour le mâle un cadeau gratuit de Dieu ; elle est tirée de la même nature que lui. Elle est « l’os de mes os », déclare Adam, c’est-à-dire, selon le langage sémitique ancien, ma substance même. La langue hébraïque accentue d’ailleurs cette parenté, puisque « l’homme » se dit îsh et « la femme » ishâh.

  En outre, on notera la critique du système patriarcal, si persistant en maintes cultures d’aujourd’hui : l’homme quittera son clan familial, si étouffant trop souvent, et, avec son épouse, il formera un couple autonome. Contrairement à un certain discours ecclésiastique mettant en avant, comme dans le judaïsme ancien, le devoir de procréation, ce second récit de création souligne simplement la beauté de *la vie conjugale : « Ils deviendront une chair unique ». Cette première lecture veut éclairer la leçon de Jésus sur l’indissolubilité du mariage.

* La vie conjugale. « Le mariage unit les corps et les âmes ; il mêle deux esprits et confond deux chairs. Comment te séparer sans tourment de celle que tu as nouée à ta vie, non point servante d’occasion, mais sœur, mais épouse ? Sœur selon la création et les origines. Vous êtes tous deux faits du même limon, de la même argile. Épouse, par le lien conjugal et le code du mariage. Quel nœud vas-tu trancher, toi qu’attachent la loi et la nature ? Comment oseras-tu trahir les serments que tu as prononcés le jour de tes noces ? (Astère d’Amasée [5e siècle]).

Hébreux 2, 9-11 (Jésus, notre Sauveur et notre frère)

Pendant sept dimanches, en cette fin d’année liturgique, nous lisons en lecture semi-continue des extraits de « la lettre aux Hébreux » Au vrai, ce texte n’est pas une « épître », malgré une formule épistolaire finale « bidon » (Hébreux 13, 23-25). Il s’agit, en fait, d’une homélie, d’une circulaire.

  Lorsqu’on présente Jésus comme Christ, « Messie », on se rappelle que, dans l’Ancien Testament, le mot messie signifie oint par l’huile et que l’onction peut évoquer trois personnages, trois figures : le roi, le prophète et le grand prêtre. Les évangiles se sont concentrés sur les figures royale et prophétique pour présenter Jésus comme Messie. Apparemment, seul l’auteur de la Lettre aux Hébreux s’est risqué à présenter Jésus comme Messie en tant que grand prêtre juif, grand prêtre par son entrée dans le sanctuaire du ciel à travers sa Passion et sa Résurrection. Ce texte peut sembler difficile pour celles et ceux qui s’avouent légitimement ignorants des rites juifs anciens. Mais, en même temps, par le biais de la figure humaine du grand prêtre, aucun autre auteur du Nouveau Testament n’a autant souligné la fraternité du Christ, * notre médiateur médiateur de notre humanité. Judaïsant que je suis, l’auteur de cet écrit… est mon ami !

  La lecture d’aujourd’hui commence par une citation, selon la Bible traduite en grec, du Psaume 8 qui chante la gloire de l’homme dans la création : « Tu l’as fait un peu au-dessous des anges. » Mais, par sa résurrection, le Christ a été élevé au-dessus des anges. Il est le seul à avoir réalisé, le premier, la beauté de la vocation humaine. Il nous précède dans « la gloire et l’honneur ». Il nous précède, parce qu’il est, en frère, « de la même race que nous ».

* Notre médiateur. « Ô Seigneur médiateur, Dieu plus haut que nous, homme à cause de nous, je reconnais ici ta miséricorde. Car, que toi, qui es si grand, tu sois ainsi troublé par une attention de ton amour, cela console bien les membres de ton corps, qui sont troublés par leur faiblesse, et cela les empêche de désespérer et de périr » (Saint Augustin).

 

Marc 10, 2-16 (Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas !) 

En son plein milieu, nous voici dans le discours de Jésus « sur le chemin », selon le montage de l’évangile de Marc. Ce discours n’évoque nullement des problèmes de prière ou de sacrements, mais seulement la question des relations humaines au sein de la communauté chrétienne qui, par sa conversion, acceptera et suivra le chemin de croix de Jésus. Vu le statut de mineure sociale de la femme dans le monde juif où vivait Jésus, on comprend le jumelage établi par le texte entre la situation de la femme et celle des petits enfants.

La question du divorce

Les pharisiens invitent Jésus à se situer dans une querelle académique sur l’interprétation de Deutéronome 24, 1 concernant l’acte écrit de divorce. En fait, ce texte de l’Ancien Testament défendait le droit de la femme renvoyée par son mari, en disant que le document officiel de répudiation interdisait à l’homme tout droit de propriété à l’égard de son ex-épouse, devenue libre à jamais de se « recaser ». Mais, au temps du Christ, ce texte biblique faisait l’objet d’une autre question : sous quel prétexte peut-on divorcer de son épouse ? Selon l’école du maître juif Shammaï, on ne peut renvoyer sa femme qu’en cas de flagrant d’adultère. Selon l’école de Hillel, on peut se séparer d’elle sous le simple prétexte qu’elle a manqué la cuisson d’un plat (sic !).

  Jésus refuse de se placer sur ce terrain de la casuistique. Il en revient au projet fondamental du Créateur, l’indissolubilité de l’union matrimoniale (cf. 1ère lecture) : « ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. » Ce verbe « unir » devrait se traduire plus littéralement par ceci : « ceux que Dieu a mis sous le même joug », comme deux bœufs attelés ensemble, selon une formule de style que l’on appelle en littérature moderne le « zeugma ».

  Pour Jésus, le couple est tellement infrangible que le remariage équivaut à un adultère. Deux points doivent ici retenir l’attention. D’une part, le Nouveau Testament souligne le caractère conjugal du mariage, sur la base de Genèse 2, 34 : « Ils seront une seule chair », alors que les maîtres juifs anciens fondent leur morale matrimoniale sur le commandement de la procréation – ils en font de fait un commandement : « Croissez et multipliez » (Genèse 1, 28). D’autre part, écrivant au sein du droit romain, Marc envisage aussi le divorce sur l’initiative de l’épouse (« si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre… »). Ce cas était impensable en milieu palestinien où la répudiation ne pouvait venir que du mâle. C’est pourquoi Matthieu 19, 1-9 élimine cette précision de Marc. En outre Matthieu ajoutera le motif du célibat vécu pour le service du Royaume des Cieux (Matthieu 19, 10-12).

Parole juridique ou parole prophétique ?

En notre monde où les divorces sont fréquents, souvent, hélas, pour des raisons vitales, en ce monde de familles recomposées, comment comprendre les paroles du Seigneur ? Quand il dit : « Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus » (Matthieu 22, 14), nous comprenons qu’il s’agit d’une interpellation prophétique invitant à la conversion, et non d’une condamnation juridique. Qu’en est-il des paroles de Jésus sur le divorce ? Très tôt, les Églises les ont prises en un sens juridique ; à commencer par Matthieu 19, 9 : « Quiconque renvoie sa femme – sauf pour impudicité – et en épouse une autre, est adultère », et les historiens s’interrogent sur le sens du mot énigmatique « impudicité » qui déjà modère l’indissolubilité matrimoniale. Jésus voulait-il imposer une législation ou voulait-il livrer un idéal prophétique, pas toujours possible, à cette union du couple ? La question reste ouverte.

Les petits enfants

Dans le monde oriental ancien, un Rabbi tel que Jésus ne doit pas s’abaisser à accueillir en public des marmots et à les embrasser. D’ailleurs, les disciples veulent sauvegarder sa dignité (ils « les écartèrent vivement »). Le Royaume de Dieu appartient aux petits enfants. Ceux-ci, dans le monde culturel de Jésus, ne sont pas un symbole d’innocence, mais de dépendance des adultes et de naïveté. À l’évidence, ils ne comprennent rien au « Royaume de Dieu ». Nous non plus, adultes ! Qu’il nous suffise de faire confiance à Jésus qui nous accueille en ce Royaume. Par la phrase « ne les empêchez pas », l’Église antique a justifié le baptême des bébés.

  Dans notre culture occidentale où l’enfant est roi, on s’interrogera par rapport au monde dans lequel le Christ a vécu. Les petits que nous méprisons ne sont pas forcément les mouflets, sauf en cas d’abus évidents. Le sort de la femme et de l’homme qu’en parallèle Jésus défend, dans le problème du divorce, est-il toujours d’actualité ?




27ième dimanche du temps ordinaire par le Diacre Jacques FOURNIER (4 Octobre)

« Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni » (Mc 10,2-16).

Des pharisiens l’abordèrent et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »
Jésus leur répondit : « Que vous a prescrit Moïse ? »
Ils lui dirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. »
Jésus répliqua : « C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle.
Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme.
À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère,
il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.
Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question.
Il leur déclara : « Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle.
Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère. »
Des gens présentaient à Jésus des enfants pour qu’il pose la main sur eux ; mais les disciples les écartèrent vivement.
Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.
Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. »
Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.

 

     couple       

            Ce passage doit être restitué dans son contexte : « Des Pharisiens abordent Jésus pour le mettre à l’épreuve ». Ils ne croient pas en lui. Ils veulent juste lui tendre un piège pour l’enfermer ensuite dans l’une de leurs catégories, laxiste ou rigoriste, et ainsi le condamner… « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »

            Jésus va partir de leur Loi : « Lorsqu’un homme prend une femme et l’épouse, et qu’elle cesse de trouver grâce à ses yeux, parce qu’il découvre en elle une tare, il lui écrira une lettre de répudiation et la lui remettra en la renvoyant de sa maison » (Dt 24,1). Nous retrouvons ici un de ces nombreux textes que Jésus qualifie de « traditions humaines » car ils annulent la Parole de Dieu (Mc 7,1-13). Grâce à eux, ces « scribes et Pharisiens hypocrites » pouvaient justifier leurs pratiques scandaleuses…

            Alors, comme toujours, Jésus revient à la source : le projet de Dieu sur l’humanité. Et il cite le Livre de la Genèse (1,1.27 ; 2,24) : « Au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair ». Et il insiste : « Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair ». Leur amour les unit, et cet amour, s’il est authentique, vient de Dieu. En effet, « Dieu est Amour » (1Jn 4,8.16), et parce qu’il est Amour, il est Don de Lui-même, gratuitement, par amour… « L’amour de Dieu », « l’amour dont Dieu nous aime » précise en note la Bible de Jérusalem, « a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5,5). Et ceci est tout spécialement vrai pour un amour authentique entre un homme et une femme : chacun a reçu, pour l’autre, le Don de cet Amour et c’est ce Don qui les unit. Tel est donc le trésor qu’ils doivent cultiver jour après jour… « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » Que nul ne se permette donc de « renvoyer sa femme » pour toutes sortes de raisons futiles au nom d’une soi-disant Loi qui n’est en fait qu’une belle façade pour cacher son incrédulité et ses perversités… Qu’il se convertisse plutôt, et qu’il manifeste son choix sincère de Dieu en aimant sa femme !

            Telle est la réaction de Jésus face à l’hypocrisie qui montre beau visage et se flatte de bien agir… Mais telle n’est pas du tout son attitude envers les blessés de la vie qui, pour toutes sortes de raisons, se retrouvent dans des situations chaotiques. Son seul souci est alors de les aider à se relever en leur donnant de pouvoir prendre conscience de la volonté de Dieu pour qu’ils puissent vivre désormais de manière responsable en assumant leur passé… Et il sera toujours là, avec eux, pour que l’amour fleurisse enfin là où il n’y avait que des ruines. Et si un homme et une femme arrivent ainsi à se reconstruire, « ce que Dieu a uni », dans son infinie Miséricorde, là encore, « que l’homme ne le sépare pas »…         DJF.

           




26ième dimanche du temps ordinaire par P. Claude TASSIN (Spiritain)

  Commentaires des Lectures du dimanche 27 septembre 2015

Nombres 11, 25-29 (L’Esprit de Dieu souffle où il veut)

L’épisode s’inscrit dans la marche d’Israël au désert, depuis le mont Sinaï jusqu’aux plaines de Moab (Nombres 10, 11 – 21, 35). Plus précisément, notre page s’enchaîne avec le récit d’une révolte : le peuple se lasse de la manne quotidienne et réclame de la viande, qui lui sera donnée (Nombres 11, 31-32). Pour l’heure, désemparé et écœuré, Moïse se plaint d’une responsabilité insupportable auprès de Dieu qui lui demande alors de rassembler, dans « la tente de la Rencontre », dressée hors du camp d’Israël, soixante-dix anciens qui l’épauleront dans sa fonction. Le Seigneur leur conférera pour cela une part de « l’esprit » de Moïse, de la force et de la sagesse divines à lui accordées (Nombres 11, 4-23).

  Voici, avec notre passage, le don de cet esprit aux anciens. Ils se mettent à prophétiser. Entendons qu’ils entrent en transe et prononcent des oracles mystérieux, comme Saül pris dans une bande de prophètes (1 Samuel 10, 10-12). Mais, ajoute notre texte, « cela ne dura pas ». La tr   ansmission de la phrase est mal assurée. La version latine de saint Jérôme a compris qu’ils « ne purent s’arrêter ». En fait, le texte originel voulait assurer la supériorité prophétique de Moïse sur les anciens. Une tradition juive ancienne prend en réponse cette parabole : un cierge qui en allume soixante-dix autres ne perd rien de sa lumière. De même, le don de l’esprit aux anciens n’enlevait rien à Moïse.

  La pointe porte sur l’acte II de la pièce, avec Eldad et Médad qui ne se sont pas rendus à la Tente et se mettent à prophétiser à l’intérieur du camp. Les légendes juives anciennes se plairont à mettre en leurs bouches une prophétie, totalement absente du texte biblique, sur l’histoire d’Israël. Les deux personnages n’ont donc pas honoré le rendez-vous sous la tente sacrée. D’où la réaction de Josué, l’auxiliaire de Moïse : « Arrête-les ! » C’est cette phrase qui commande le choix de cette lecture afin d’éclairer l’évangile où Jean dit avoir voulu « empêcher » un exorciste qui ne fait pas partie des disciples de Jésus.

  Moïse déclare à Josué : « Serais-tu jaloux pour moi ? » L’Esprit de Dieu est libre ; il agit où et quand il le veut. Le rédacteur de cet épisode veut montrer que la prophétie reste libre, sans lien obligé avec l’institution. Amos (7, 14) revendiquera cette liberté, en ces termes : « « Je ne suis prophète, ni fils de prophète. » Bien plus, le Moïse du récit souhaite que le don de prophétie s’étende à tout le peuple de Dieu. Joël, de manière solennelle, reprendra le souhait de Moïse comme une réelle promesse (Joël 3, 1-3) et saint Luc verra dans la Pentecôte l’accomplissement de cet oracle (Actes 2, 16-21).

Jacques 5, 1-6 (Vos richesses sont pourries)

Dans sa série de conseils et de reproches relatifs à la vie chrétienne, Jacques vient d’évoquer les négociants (Jacques 4, 13-17). Il ne dénonce nullement chez eux une malhonnêteté, mais le danger de tout miser sur les affaires et d’ignorer la fragilité de leurs spéculations et de leur existence. À présent, l’homélie s’en prend plus directement aux propriétaires terriens et critique leur injustice. Le discours, sous l’horizon du jugement de Dieu (« nous sommes dans les derniers temps »), se divise en deux parties.

  1. C’est d’abord une attaque générale contre les richesses périssables selon des images fréquentes dans la tradition biblique (le pourrissement, les vers, la rouille, le feu qui ruine tout ; comparer Matthieu 6, 19-21). Retentit aussi comme en écho l’exclamation de Jésus : « Malheureux êtes-vous, les riches ! Car vous avez votre consolation » (Luc 6, 24).

  2. La seconde partie en vient au fait : la dénonciation de certains riches qui retiennent le salaire des journaliers. Dans ce monde ignorant les comptes bancaires, le salaire devait être versé avant le coucher du soleil : Lévitique 19, 13 ; Deutéronome 24, 14-15 ; comparer la scène de Matthieu 20, 9. « Leur salaire crie vengeance » : l’expression rappelle à la fois la justice sociale et le droit divin selon lequel, si le pauvre exploité en appelle au Seigneur, celui-ci punira l’oppresseur (Deutéronome 15, 9). La fin de l’exposé, évoquant massacres et tueries, est une exagération dramatique intentionnelle.

Marc 9, 38-43.45.47-48 (“Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. “)

Nous poursuivons la lecture, en saint Marc, du discours communautaire de Jésus, le discours « sur le chemin ». L’articulation de cette séquence n’est pas évidente pour notre logique moderne. Elle se fait par l’association de mots-crochets (« en ton nom…, en mon nom…, au nom de… » et le verbe « scandaliser » [= « entraîner la chute »]). On peut ainsi distinguer trois sections.

Contre le sectarisme

Les disciples ont vu quelqu’un chasser des démons au nom de Jésus et l’en ont empêché, parce qu’il n’appartient pas au groupe des croyants. Celui qui rapporte cette controverse est Jean. De fait, son frère et lui, les « fils du tonnerre » (Marc 3, 17), brillent par leur esprit de domination (voir Marc 10, 35-45). Au fond, à travers cet incident, c’est la prétention à être « le plus grand » (cf. 9, 34) qui continue, cette fois vis-à-vis de ceux du dehors. La réponse de Jésus va dans le sens d’une grande ouverture : personne ne peut se servir de son nom pour faire le bien et maudire ensuite sa personne. L’influence bénéfique du Christ déborde largement le cercle de ses disciples. Les exorcistes et les thaumartuges agissaient, rappelons-le « au nom » d’une autorité. Flavius Josèphe, l’historien juif du 1er siècle, dit avoir vu un certain Éléazar qui chassait les démons au nom du roi Salomon. Parenthèse : Josèphe appelle Éléazar les personnages juifs dont il ne connaît pas le nom ! Pierre opérera des miracles « au nom » de Jésus (Actes 3, 6).

  Au prédicateur itinérant, il arrivera que de simples sympathisants offrent gentiment un verre d’eau, simplement parce qu’il a pour étiquette le « nom du Christ ». Cette expression et l’emploi du « nous » dans ces versets montrent qu’au-delà de la personne de Jésus, l’évangéliste pense à la situation de son Église et vise des responsables autoritaires et sectaires. Paul dénoncera des missionnaires itinérants qui se font entretenir grassement par les communautés, sous prétexte qu’ils sont « du Christ », qu’ils ont cheminé avec lui sur les routes de Galilée. Paul, qui n’a pas connu le Jésus historique, se dit « du Christ » sur d’autres fondements. Voir 1 Corinthiens 1, 12 et surtout 2 Corinthiens 11, 23-29.

« Ces petits qui croient en moi »

Dans « ces petits qui croient en moi », lisons ceux qui sont faibles dans la foi et risquent de d’être désorientés, de tomber, à cause de la liberté de conduite affichée par certains, surtout les responsables de la communauté. Saint Paul s’est affronté à ce genre de problème à propos de la consommation des viandes offertes aux idoles (1 Corinthiens 8 – 10). À ceux qui font chuter les faibles, Jésus souhaite la pire condamnation.

« Coupe-la… coupe-le… arrache-le »

La suite vise encore ces personnes qui risquent d’entraîner les faibles vers la chute. Pour qu’elles enrayent ce danger de manière radicale, elles doivent procéder sur elles-mêmes à des « ablations chirurgicales », au sens figuré bien sûr. Mieux vaut arracher les tentations, plutôt être manchot ou borgne… !, et accepter une douleur momentanée que de succomber à l’irrémédiable.

  Ces versets sont les seuls où, par trois fois, Marc emploie le mot « géhenne », ce lieu que Matthieu appellera « le feu éternel préparé pour le diable et ses anges » (Matthieu 25, 41). Ce mot, lieu de damnation, connu des apocalypses juives, a pour origine « la Géhenne », une vallée située au sud de Jérusalem, une décharge publique où l’on brûlait continuellement les ordures. Ce « lieu où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas », dont parle Isaïe 66, 24, repris ici par Jésus, a été compris par le judaïsme ancien comme désignant cette réalité infernale.

  On notera la subtilité qui enchaîne les symboles : la main, le pied, l’œil. Dans la symbolique du monde sémitique, la main désigne le début de l’action, le pied évoque la mise en route de l’action et l’œil signifie le projet intérieur, bon ou mauvais, qui commande l’action. L’enjeu est l’entrée finale « dans la vie », autrement dit « dans le royaume de Dieu ». C’est sans doute aussi cela « la récompense » finale que connaîtra celui qui simplement aura accueilli un disciple du Christ.