Qu’est-ce que la Semaine Sainte ?

 

Qu’est-ce que le Triduum pascal ?

 

« Triduum » est un mot latin signifiant « un espace de trois jours ». Le Triduum pascal s’étend ainsi de la messe du soir du Jeudi saint au dimanche de Pâques inclus. Il est le cœur de l’année liturgique.

Du dernier repas de Jésus avec ses disciples, repas où il institua l’Eucharistie, à la Résurrection s’écoulent ces trois jours auxquels le Seigneur a souvent fait allusion dans l’Évangile et qui, ensemble, constituent le Mystère pascal.

Lors de ce dernier repas (la Cène), Jésus a offert son Corps et son Sang en nourriture à ses Apôtres. La célébration du Jeudi Saint fait aussi mémoire du Lavement des pieds qui eut lieu au cours de ce même repas. Mais seul St Jean nous le raconte (Jn 13). Les deux évènements, Institution de l’Eucharistie et Lavement des pieds, sont complémentaires : Jésus est venu, non pas pour être servi mais pour servir et offrir sa vie pour le salut du monde…

Le Vendredi Saint, nous méditons le mystère de la mort du Christ et nous adorons la Croix, sur laquelle l’œuvre du salut est accomplie.

Coffre où est conservé le Saint Suaire dans la cathédrale St Jean Baptiste à Turin

Suite à ce combat victorieux, l’Église contemple le Christ au tombeau, dans le « repos » du Samedi Saint. Elle est comme Marie, parfaite croyante qui conserva la foi et qui espéra contre toute espérance en la résurrection de Jésus.

Après la longue veille, samedi soir, dans l’obscurité de la nuit pascale, lors de « la Vigile pascale », l’Alléluia de la résurrection retentit. Le feu de l’amour de Dieu illumine la nuit : le Christ a vaincu la mort pour chacun d’entre nous… Si nous acceptons de le laisser agir dans nos cœurs et dans nos vies, sa victoire sera alors aussi la nôtre…

 

Qu’est-ce que la Messe Chrismale ?

 

La messe chrismale a lieu durant la Semaine Sainte : dans le rite catholique latin, la messe chrismale n’appartient pas, au sens strict, au Triduum pascal. Si elle a lieu le plus souvent le Jeudi Saint au matin, elle peut être transférée à un autre jour, pourvu qu’elle soit proche de Pâques. Beaucoup d’évêques, pour faciliter la participation des fidèles et des prêtres, choisissent un soir de l’un ou l’autre des jours saints, le lundi, le mardi ou le mercredi.

Durant la messe chrismale, l’évêque bénit les huiles saintes et consacre le Saint Chrême.

Les huiles saintes sont :

1 – L’huile utilisée lors du « Sacrement des malades » : appliquée par un prêtre sur le front des malades, elle est le signe du Don de l’Esprit Saint qui vient apporter Force, Paix, Consolation, Réconfort… « Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les Anciens de l’Église et qu’ils prient sur lui après l’avoir oint d’huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera. S’il a commis des péchés, ils lui seront remis » (Jacques 5,14-15). Avec ce sacrement, le malade s’abandonne avec confiance entre les mains de celui qui a guéri tant de malades, comme nous le rapportent les Evangiles… Et « le Christ est le même, aujourd’hui comme hier, et comme il le sera à jamais » (Hébreux 13,8)… Avec Lui, tout est toujours possible…

2 – L’huile utilisée pour les Catéchumènes, c’est-à-dire les grands jeunes et les adultes qui ont demandé à recevoir le Sacrement du Baptême, qui ouvre à la vie chrétienne par le Don reçu de l’Esprit Saint, et les Sacrements de la Confirmation et de l’Eucharistie qui fortifient et nourrissent dans les cœurs ce Don de l’Esprit Saint… En recevant l’huile des Catéchumènes, ils sont encouragés et soutenus par ce même Esprit dans leur démarche de foi qui les conduira à la Plénitude du Baptême…

L’huile du Saint Chrême, quant à elle, est utilisée pour les Sacrements du Baptême, de la Confirmation, et de l’ordination des Prêtres et des Evêques. Elle symbolise encore et toujours l’action de l’Esprit Saint dans les cœurs, qui consacre les êtres à Dieu et leur donne d’accomplir le service auquel ils ont été appelés…

 

Au cours de cette messe chrismale qui manifeste l’unité de toute l’Église diocésaine rassemblée autour de son évêque, les prêtres renouvellent leurs promesses sacerdotales : vivre toujours plus unis au Seigneur Jésus, chercher à lui ressembler, renoncer à eux-mêmes, être fidèles aux engagements attachés à leur charge, célébrer les sacrements, annoncer la Parole de Dieu avec désintéressement et charité.

 

Qu’est-ce que le jeudi saint ?

 

Jésus prend son dernier repas avec les douze Apôtres dans la salle dite du « Cénacle », à Jérusalem. Saint Paul (1° Lettre aux Corinthiens, 11,23-25) et les évangélistes Marc (Mc 14,22-25), Luc (Lc 22,19-20) et Matthieu (Mt 26,26-29) rapportent les récits de ce dernier repas, « la Cène », au cours duquel, en prenant le pain et le vin, le Christ rend grâce et offre son Corps et son Sang pour le salut des hommes.

Au cours de ce repas, Jésus va aussi se mettre à genoux devant chacun de ses disciples et leur laver les pieds (Jean 13,1-20). Il prend la tenue de serviteur et dit : « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez vous aussi comme j’ai fait pour vous. » Au cours de la messe célébrée avec solennité, on répète le geste du lavement des pieds comme exemple de tous ces services que nous pouvons nous rendre les uns aux autres…

Après ce repas de la Cène, l’heure de l’épreuve approchant, le Christ se rend au jardin des Oliviers avec les apôtres pour veiller et prier.

Le Jeudi Saint, l’Église célèbre la messe « en mémoire de la Cène du Seigneur », puis le Saint Sacrement est déposé dans un lieu à part, appelé « le reposoir », l’autel est dépouillé, la croix est enlevée et voilée. Tout ce dépouillement symbolise le Christ entré dans sa passion, dépouillé de tout. C’est une nuit d’adoration. Les fidèles s’unissent à la prière du Christ ce soir-là, en veillant auprès du Saint Sacrement (le pain et le vin consacrés au cours de la messe) jusques tard dans la nuit.

 

Qu’est-ce que le vendredi saint ?

 

Trahi par son disciple Judas, le Christ est arrêté. Il est accusé de semer le désordre par ses enseignements et surtout d’usurper le titre de Messie, un mot qui vient de l’hébreu « mashiah », qui signifie « Oint, Celui qui a reçu l’onction ». Cette onction était tout simplement de l’huile versée par un prophète ou un prêtre sur la tête du nouveau roi pour signifier le fait que Dieu lui donnait la grâce de son Esprit pour qu’il puisse vivre au mieux sa fonction royale… A l’époque de Jésus, Israël attendait un nouveau Roi, le Messie, qui le délivrerait de l’occupant romain…

Interrogé par Ponce Pilate (gouverneur romain de la région), flagellé par les soldats, Il est condamné à être cloué sur une croix – supplice alors réservé aux criminels.

Chargé de la croix, le Christ gravit la colline du Golgotha (littéralement « Mont du crâne », appelé aussi « Calvaire ») et tombe plusieurs fois d’épuisement. Crucifié, Il expire au bout de quelques heures.

Descendu de la croix par ses proches, Il est enveloppé dans un linge blanc (le « linceul ») et mis au tombeau.

Les chrétiens sont appelés au jeûne (qui consiste à se priver de nourriture suivant l’âge et les forces du fidèle), démarche de pénitence et de conversion, expression de l’attente du Christ. L’office du Vendredi saint, appelé « célébration de la Passion du Seigneur », est centré sur la proclamation du récit de la Passion. Il est proposé aux fidèles un Chemin de croix qui suit les étapes de la Passion du Christ.

 

Qu’est-ce que la Vigile Pascale ?

 

La célébration de la nuit du Samedi Saint au dimanche de Pâques est « une veille en l’honneur du Seigneur » durant laquelle les catholiques célèbrent Pâques, passage des ténèbres à la lumière, victoire du Christ sur la mort.

C’est pourquoi, dans la nuit, le feu et le cierge Pâques sont allumés, puis la flamme est transmise aux fidèles.

C’est aussi durant cette veillée – ou Vigile pascale – que sont célébrés les baptêmes d’adultes. Ils sont l’occasion pour les fidèles de renouveler les promesses de leur baptême. À l’issue de leur chemin de catéchuménat, vécu depuis plusieurs années, cette nuit pascale constitue un sommet pour leur initiation chrétienne.

Au cœur de la vigile, les rites spécifiques aux sacrements d’initiation sont parlants : la plongée dans l’eau, qui symbolise la mort, puis la sortie de l’eau qui elle symbolise la naissance à une vie nouvelle… On est baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit (Matthieu 28,16-20).

Au sortir de l’eau, les nouveaux baptisés seront revêtus du vêtement blanc, une couleur qui renvoie à la Plénitude de la vie divine… Ils le porteront au cours de certaines célébrations du temps pascal. S’ils sont confirmés ce soir-là, il y aura le rite avec le Saint Chrême, la marque de l’Esprit Saint. Avec toute l’assemblée, ils recevront le cierge allumé, symbole de la Lumière de l’Esprit Saint. Tels des porteurs de la lumière de foi dans leur vie, ils participent à la liturgie eucharistique et communient pour la première fois.

Ce qui est beau à voir et non moins significatif, c’est la joie rayonnante de ces nouveaux baptisés. Cette émotion profonde et toute simple mais qui en dit long sur la transformation humaine et spirituelle qu’ils sont en train de vivre. Ils sont les mêmes hommes, les mêmes femmes qu’auparavant mais « tout autres » quand même puisque résolument disciples de Jésus de Nazareth.

 

Vous retrouverez tous ces éléments, avec, si vous le désirez, des petites vidéos pour chaque jour saint, sur le site de la Conférence des Evêques de France :

https://eglise.catholique.fr

 

 

 

 

 

 

 




“A quoi sert le baptême ?”

Question : « A quoi sert le baptême puisque nous sommes tous les enfants de Dieu et d’autant plus que dès notre conception humaine, nous avons déjà l’Esprit-Saint ? »

 

Dieu nous a tous créés en « soufflant » en nous (Gn 2,4b-7) ce « souffle de vie » qui, dans la Bible, renvoie à l’Esprit Saint. Isaïe fait ainsi le parallèle entre ces deux notions, en un très beau verset à portée universelle (Is 42,5) : « Ainsi parle Dieu, Yahvé, qui a créé les cieux et les a déployés, qui a affermi la terre et ce qu’elle produit, qui a donné le souffle au peuple qui l’habite, et l’esprit à ceux qui la parcourent. »

Ainsi, ce « Dieu » qui « est Esprit » (Jn 4,24) a créé tout homme en se donnant en tout son Être, et donc en lui donnant, en tant que créature, d’être lui aussi ce qu’il est. Ainsi, tout homme est « esprit, âme et corps » : « Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie totalement, et que votre être entier, l’esprit, l’âme et le corps, soit gardé sans reproche à l’Avènement de notre Seigneur Jésus Christ » (1Th 5,23).

« Dieu est Esprit » ? Nous sommes nous aussi « esprit » ? Nous participons donc déjà à ce que Dieu est en lui-même par le simple fait que nous avons été créés et lancés dans l’aventure de la vie…

« Dieu est Saint » ? « Dieu est Esprit Saint » ? Nous aussi, nous sommes, au plus profond de notre être « esprit saint », ce qui fait que tout homme a, en lui, un sens inné de la justice, de la vérité, de la droiture, de la loyauté, du ‘bien’, etc… A ce titre, nous avons en nous comme « une loi » dira St Paul, une « loi » qui n’est que l’expression de notre « être » profond : « Quand des païens privés de la Loi accomplissent naturellement les prescriptions de la Loi, ces hommes, sans posséder de Loi, se tiennent à eux-mêmes lieu de Loi ; ils montrent la réalité de cette loi inscrite en leur cœur, à preuve le témoignage de leur conscience, ainsi que les jugements intérieurs de blâme ou d’éloge qu’ils portent les uns sur les autres » (Rm 2,14-15)…

Maintenant, notre être « esprit » doit s’accomplir ; nous avons tous été créés pour vivre en relation avec Dieu dans l’Amour, l’entendre, le comprendre, lui répondre, vivre en communion avec lui…

Tout est donc dans « l’ouverture de cœur » à Dieu qui, de son côté, étant Amour, est toujours éternellement Don de tout ce qu’il est en lui-même… Le Pape François déclarait ainsi lors d’une audience à Rome : « Le premier pas que Dieu accomplit vers nous est celui d’un amour donné à l’avance et inconditionnel. Dieu nous aime parce qu’il est amour, et l’amour tend de nature à se répandre, à se donner » (14/06/2017). Lui ouvrir son cœur, c’est donc accueillir ce Don de l’Esprit. Refuser la relation avec lui, lui fermer son cœur, c’est toujours « vivre », mais sans connaître cette Plénitude que seul le Don de Dieu peut nous communiquer. En tant « qu’être créé pour la relation », nous pourrions prendre l’image d’une maison : notre esprit, notre cœur, est un maison, avec une porte qui peut être ouverte ou fermée. Et Dieu de son côté est un « soleil » : « Le Seigneur Dieu est un soleil… Il donne la grâce, il donne la Gloire » (Ps 84(83),12, et il le fait en donnant ce qu’il est en lui-même, c’est-à-dire en donnant l’Esprit. « Il donne la grâce » en donnant « l’Esprit de la grâce » (Hb 10,29). Il donne la gloire en donnant « l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu » (1P 4,14). Et ce Don est gratuit, universel, offert à tout homme, quel qu’il soit, où qu’il soit : « Votre Père qui est aux cieux fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5,45), l’eau étant encore dans la Bible un symbole de l’Esprit Saint (Jn 7,37-39; cf. Jn 4,10-14; Ez 36,24-28) : « Le dernier jour de la fête, le grand jour, Jésus, debout, s’écria : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive celui qui croit en moi ! selon le mot de l’Écriture : De son sein couleront des fleuves d’eau vive. Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui avaient cru en lui » (Jn 7,37-39).

St Luc emploie alors l’expression « être rempli d’Esprit Saint » : au jour de la Pentecôte, « tous furent remplis de l’Esprit Saint » (Ac 2,4), « le Don de Dieu » (Ac 8,18-20)… Le projet de Dieu commençait donc à s’accomplir pour eux… Tel est le but du baptême et de tous les sacrements que nous vivons : ouvrir nos cœurs au Don de Dieu, que notre « esprit » soit « rempli par l’Esprit Saint », une image qui évoque la Plénitude, le Bonheur que l’on éprouve lorsqu’on ouvre son cœur à Dieu… On peut aussi dire que l’Esprit de Dieu s’unit à notre esprit pour lui permettre ainsi de vivre une Plénitude que lui seul peut nous communiquer : « Tu mets dans mon coeur plus de joie, que toutes leurs vendanges et leurs moissons » (Ps 4,8). Alors, « heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des cieux est à eux » (Mt 5,3) car « votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Lc 12,32), et il le fait en donnant l’Esprit Saint puisque « le règne de Dieu n’est pas affaire de nourriture ou de boisson, il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint » (Rm 14,17)… Jésus accomplit ainsi le projet créateur de Dieu en nous donnant l’Esprit Saint : Dieu nous a créés « esprit » pour que nous soyons comblés par le Don de son Esprit ? Ressuscité, il apparaît à ses disciples, puis « il souffla sur eux et leur dit : Recevez l’Esprit Saint » (Jn 20,22)…

La démarche du baptême que Jésus nous propose est donc une démarche pédagogique par laquelle nous allons découvrir où se cache notre vrai accomplissement… Et puisque Dieu, en créateur et Père de tous les hommes, « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1Tm 2,3-6), il frappe donc à la porte de tous les cœurs (Ap 3,20) par le Don de son Esprit… Heureux alors les hommes de bonne volonté qui n’ont peut être pas encore entendu la Bonne Nouvelle de l’Evangile ou qui marchent depuis leur plus tendre enfance sur un autre chemin religieux… Par leur bonne volonté, par leur recherche sincère de tout cœur, ils s’ouvrent eux aussi à cette Unique vérité et reçoivent, même s’ils n’en sont pas encore pleinement conscient, le Don de l’Esprit, et avec lui, la vraie joie, le vrai bonheur… « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre à tous les hommes de bonne volonté » (Lc 2,14 ; traduction en latin de St Jérôme : « Gloria in altissimis Deo et in terra pax in hominibus bonae voluntatis. »). Mais ce sera encore mieux bien sûr lorsqu’ils pourront mettre les mots justes sur ce qu’ils vivent, et ces mots justes sont ceux que Dieu Lui-même nous a donnés avec et par son Fils, d’où l’importance d’annoncer le plus largement possible la Bonne Nouvelle de ce Dieu Amour qui s’est révélé avec et par le Fils Unique, l’éternel engendré, « le Sauveur du monde » (Jn 4,42)…

                                                                                                    D. Jacques Fournier




La Bible interdit-elle de donner son sang ?

Les anciens croyaient que « la vie de la chair est dans le sang » (Lv 17,11), et même que « la vie de toute chair, c’est son sang » (Lv 17,14). Cette constatation venait tout simplement de l’observation : qu’un homme reçoive un coup d’épée, son sang coule, il meurt… Conclusion : sa vie est dans son sang… La médecine n’avait pas fait les progrès que nous connaissons actuellement. Nous savons maintenant que « la vie de l’homme » n’est pas exclusivement liée à « son sang »… Il peut même vivre avec un seul poumon, un seul rein, avec un cœur artificiel, etc…

Ce principe exposé en Lv 17,11.14 étant posé, puisque la vie vient de Dieu et qu’elle appartient à Dieu et à Dieu seul, il était interdit de consommer le sang au nom du respect à avoir pour la vie… Lorsqu’on voulait manger de la viande, on tuait donc l’animal, on recueillait son sang et on le versait dans un trou à terre, comme si on « enterrait » l’animal… Et lors des sacrifices faits au Temple de Jérusalem, on versait ce sang sur l’autel, rendant ainsi à Dieu ce qui appartient à Dieu seul…

On voit bien que ce précepte dépend du contexte de l’époque, et on retrouve ainsi ce principe si bien exposé par le Concile Vatican II (Dei Verbum): les auteurs de la Bible ont écrit en « vrais auteurs », avec leur éducation, leur culture, leurs convictions, pas toujours exactes, etc… Et c’est dans ce contexte qu’ils ont tenté d’exprimer au mieux ce qu’ils percevaient de Dieu…

Ce qui est important derrière cette question du sang, c’est le respect pour la vie. Ce principe demeure aujourd’hui, et il est très important… Mais comme nos connaissances ont changé, maintenant, au nom de la valeur sacrée de la vie humaine, pour la sauver, il est possible et même nécessaire de verser son sang, de donner son sang pour que quelqu’un d’autre puisse continuer à vivre… Littéralement, nous faisons donc le contraire de ce qui est écrit dans l’Ancien Testament, car le contexte général a changé… Mais au niveau du principe, c’est en donnant son sang que l’on met maintenant en pratique la volonté de Dieu sur la vie…

Hélas, certains font une lecture que l’on appelle « fondamentaliste » de la Bible : c’est écrit, c’est comme cela… Oui, mais les mots que nous employons aujourd’hui, les mêmes mots, n’ont pas forcément le même sens… La culture a changé, le contexte social, historique a changé… et l’exemple du sang est très beau : en appliquant littéralement le précepte aujourd’hui, on en arrive à faire le contraire de la volonté de Dieu, ce Dieu de la vie, qui aime la vie, bénit la vie, et pour qui toute vie humaine est infiniment précieuse… Donner un peu de son sang pour sauver une vie est alors un des plus beaux gestes de partage qui soient…

D. Jacques Fournier




Jésus, “Fils de l’homme”… (Mc 9, 30-37)

Jésus, “Fils de l’homme”…

Jésus utilise souvent le titre de « Fils de l’homme » pour parler de lui, alors qu’il ne veut pas qu’on utilise le titre de « Fils de Dieu ». Contrairement à ce qu’on pourrait penser à première vue, il ne s’agit pas d’une insistance sur l’humanité dé Jésus. En fait les premiers chrétiens, issus du Judaïsme, et Jésus lui-même, voyaient en ce titre une évocation du Messie, annoncé par le prophète Daniel, et qui souligne fortement son origine céleste et l’œuvre divine qu’il devait accomplir. C’était une manière voilée et moins provocante de dire que Jésus venait du ciel, qu’il était le Fils de Dieu.

Jésus traverse la Galilée avec ses disciples, et son souci c’est de les former à la vraie destinée du Messie : «  Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes, ils le tueront, et trois jours après sa mort, il ressuscitera. » Tout l’évangile de Marc nous achemine vers ce sommet. Mais l’enseignement de Jésus reste incompréhensible pour les disciples, qui attendaient un Messie, qui serait un roi à la manière des princes de ce monde. La preuve est leur discussion dont l’objet était de savoir qui est le plus grand.

Jésus ne leur fait aucun reproche : il se contente de placer au milieu d’eux un enfant, pour leur enseigner la vraie grandeur aux yeux de Dieu. En sa Passion qu’il annonce, Jésus s’est fait lui-même le dernier, le serviteur. Il n’y a pas d’autre chemin pour suivre Jésus que de passer par la mort pour aboutir à la vie.

Les disciples de Jésus seront transformés par la mort et la résurrection de leur maître. Ils seront alors investis d’une force et d’une intelligence qui ne viendront pas d’eux. Demandons au Seigneur que la grâce de Pâques et de la Pentecôte continuent à nous transformer afin de ressembler à Jésus.

P. Antoine Dennemont




Un long chemin, de la foi à l’amour… (Jn 21, 15-19)

Un long chemin,  de la foi à l’amour, un chemin qui ne s’arrête pas…

Depuis la première question que Jésus a posé à ses amis, tout au début : « Que cherchez-vous en me suivant ? » (Jn 1,38) jusqu’à cette triple question posée à Pierre, après la résurrection, « Pierre, m’aimes-tu ? »(Jn 21, 15) le groupe des disciples en trois ans a fait un grand chemin de foi. Nous nous rappelons la question qui entre temps, a permis à Jésus de faire le point : Finalement, « pour vous qui suis-je ? » Mt 16,15) et le moment tragique à la fin du discours sur l’eucharistie : «  Et vous, allez-vous me quitter ? » (Jn 6, 67) et Pierre, qui au nom du groupe, a répondu que sans Jésus la vie ne serait rien «  a qui irions-nous Seigneur ? »

L’amitié des disciples a été vécue tantôt bien, tantôt mal. Aujourd’hui, après la trahison et le reniement, c’est la vérification de l’amour. Le pardon de Jésus a recréé entièrement Pierre- le mauvais passé vécu par lui et tout le groupe, ne compte plus. Ce qui compte pour Jésus, c’est un présent d’amour et de courage. Il va pouvoir bâtir sur Pierre «  Sois le berger de mes brebis ». La grande aventure de l’Eglise commence, une Eglise qui sera bâtie et se construira sur l’amour. Rien ne vaudra et ne tiendra dans l’Eglise, si ce n’est par l’amour.

Un long chemin,  de la foi à l’amour, un chemin qui ne s’arrête pas. Aujourd’hui, à nous qui croyons en Lui, Jésus nous demande : « M’aimes-tu ? »




Dans le monde sans être du monde… (Jean 17, 18)

« De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde….»

Telle est la tension paradoxale dans laquelle Jésus a introduit ses disciples : Jésus va quitter ses disciples pour retourner à son Père et il a conscience de la difficulté dans laquelle il met ses amis en disparaissant. Il considère quelle sera leur situation dans le monde : Un grand combat se  déroule : Amour contre  « non-amour », Dieu contre le Mal.

Pourtant Jésus ne prie pas son Père de les retirer du monde, mais seulement de les protéger du Mauvais, de les affermir pour qu’ils puissent  affronter le monde en restant fidèles, notamment en refusant  de pactiser avec le mensonge du monde et ses faux-fuyants.

 « De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde. » Jésus parti, ce sont ses disciples qui continuent son œuvre.

Envoyés dans le monde par le Christ comme lui-même le fut par son Père, nous,  les chrétiens, nous sommes dans le monde. Accepterons-nous d’être incompris, voire haïs, parce que nous voulons être fidèles au Christ qui nous a confiés la mission d’être témoins de la vérité de Dieu, témoins de l’unité, témoins de l’amour fraternel ?

Le Concile Vatican II a beaucoup insisté sur cette exigence de Jésus : « La vocation propre des laïcs chrétiens est de mener leur vie au milieu du monde et des affaires profanes. Ils sont appelés par Dieu pour travailler, comme du dedans,  à la sanctification du monde, à la manière d’un « ferment » grâce à la vigueur de leur esprit chrétien, pour manifester le Christ aux autres, avant tout par le témoignage de leur vie, rayonnant de foi, d’espérance et de charité. »

Il s’agit d’être pour Dieu dans ce monde qui est contre. Réaliser un peu d’amour, dans nos relations humaines, dans notre travail professionnel, dans notre vie de famille, dans nos engagements divers au service des autres, c’est réaliser ici-bas un peu de cet amour unique qui est le secret de la Trinité.

Jésus a prié pour que nous soyons consacrés par la vérité, c’est-à-dire sanctifiés par sa Parole qui est la Parole du Père. Etre chrétien, c’est « être dans la vérité de Dieu ». En même temps dans sa prière Jésus a voulu que  sa joie soit notre joie, la joie d’être aimé du Père et d’aimer le Père. C’est la joie de l’Esprit Saint. La joie chrétienne. Une joie qui ne doit pas nous quitter parce que, partout et toujours, nous prenons le parti de Dieu, comme Jésus.

Père Antoine DENNEMONT

 




Comment un vieux livre pourrait me parler ?

Louis 12 ans

Comment un vieux livre pourrait me parler ?

Père Antoine DENNEMONT : 

Tu as raison de dire que la Bible est un vieux livre, elle a plus de 3000 ans ! Pourtant en 2017, des millions de gens continuent à y trouver quelque chose qui donne sens à leur vie. D’ailleurs elle aurait disparu si les hommes n’y avaient pas découvert quelque chose de rare. Ce n’est pas un livre, mais une petite bibliothèque à elle seule car elle contient 73 livres ! Bien sûr, on peut la lire comme un recueil d’histoires anciennes, mais pour les croyants, elle est un livre vivant, animé par un souffle.

L’Ancien Testament est le livre dans lequel des croyants expriment comment Dieu se fait connaître à eux. Le Nouveau Testament contient les paroles et les actes de Jésus Christ, et la vie de ses premiers disciples. Cette partie de la Bible peut révolter, mais aussi bouleverser. Cette parole est « tranchante comme le glaive », elle touche le cœur, elle s’adresse à ce qu’il a de plus intime, elle est vivante.




« Le Saint-Esprit, c’est quoi » ?

Anne 7 ans

« Le Saint-Esprit, c’est quoi » ?  

Père Antoine DENNEMONT

Un esprit, c’est quelque chose qu’on ne peut pas toucher, mais qu’on sent. Par exemple, quand deux personnes s’aiment, un « lien » ou un « esprit d’amour » les unit. Avec une majuscule, le « Saint-Esprit » désigne cette relation d’amour qui unit Dieu le Père à son Fils Jésus. Cet Esprit est vivant et il donne la vie.

Dès les premières phrases de la Bible, au début de la Création, on parle du souffle de Dieu qui planait sur les eaux. » (Gn1,2). Il est le signe que Dieu est bien là parmi nous, qu’il ne nous abandonne jamais. Quand Jésus a annoncé son départ à ses apôtres, il leur a promis l’Esprit-Saint, pour se rendre présent à eux d’une autre manière : c’est ce que l’Eglise célèbre avec la Pentecôte. On parle souvent du Saint-Esprit comme d’un feu ou d’un vent pour montrer que c’est une force qui brûle à l’intérieur de nous-mêmes et nous invite à aller vers les autres, témoigner de notre foi.




« Qui a créé Dieu ? »

Gabriel, 8 ans

« Qui a créé Dieu ? »

Père Antoine DENNEMONT

Personne ! Dieu a toujours été là, mais les hommes ont mis du temps à la connaître ou plutôt à la reconnaître. Au début, ils croyaient que c’était Dieu qui déclenchait les tempêtes et les tremblements de terre. Puis, peu à peu, ils l’ont découvert comme un ami ou un père très tendre. Comment ont-ils fait ? En se posant des questions : « Pourquoi j’existe ? Où j’irai après la mort ? Qui a créé la vie ? » Ils se sont dit qu’il devait y avoir quelqu’un d’invisible quelque part qui leur voulait du bien, puisqu’il leur avait donné la vie. Mais Dieu de son côté n’a jamais cessé de tendre la main aux hommes. Pour les chrétiens, toute l’histoire du peuple juif raconte comment Dieu se révèle et n’arrête jamais de vouloir faire alliance avec eux. Il est même allé jusqu’à leur envoyé son Fils, Jésus ! Dieu se révèle aussi par le témoignage des croyants. Mais ni le texte de la Bible ni ces rencontres ne suffisent à connaître Dieu. Il faut en faire l’expérience personnelle dans la prière et le silence




J’étais où avant de naître ?

  Paul, 6 ans 

“J’étais où avant de naître ?”          

Père Antoine DENNEMONT

Avant de naître, tu n’étais nulle part, tu n’existais pas. Mais tu n’es pas là par hasard : ton papa et ta maman t’ont espéré, et par leur amour, ils t’ont donné la vie. Pendant neuf mois, ils t’ont attendu pendant que tu grandissais dans le ventre de ta maman. Ils se sont préparés à t’accueillir, en choisissant ton prénom, en préparant ta chambre…Dieu qui est à l’origine de l’amour unit ton papa et ta maman, a préparé ta venue, lui aussi. Avant ta naissance, il te connaissait déjà, et se réjouissait de ton existence. Tu t’inscris dans une histoire familiale, qui a été tracée par les ancêtres de tes parents. Mais tu es aussi fils de Dieu : comme un Père, il te guide vers ce qui est tellement important pour lui : l’amour.