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La Sainte Trinité (Mt 28, 16-20) – Homélie du Père Louis DATTIN

Envoi des disciples

Mt 28, 16-20

Dès le début de cette messe, frères et sœurs, nous avons fait sur nous, le « signe de croix » : un geste souvent automatique, appris dès notre petite enfance et auquel parfois nous n’attachons pas grande importance. En même temps que ce geste, nous disons aussi des paroles qui sont tellement passées dans notre bouche que nous n’y faisons guère attention et pourtant ce « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » est la quintessence, le résumé essentiel de notre foi totale.

Et le jour de notre Baptême, en versant l’eau sur notre front, qu’a-t-on dit ? « Je te baptise « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit « ».

Lorsqu’après avoir confessé nos fautes, le prêtre nous pardonne au nom de Dieu : que dit-il ? « Je te pardonne toutes tes fautes  » Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit  » ».

Autrement dit, toute démarche chrétienne, tous les gestes religieux du christianisme commencent et finissent par cette fameuse formule trinitaire « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Et pourtant, il faut bien l’avouer, dans notre vie de tous les jours, cette vie trinitaire n’envahit pas notre quotidien. Nous pensons davantage à Jésus parce qu’il s’est fait homme comme nous, à la Vierge Marie, sa mère ou même à St-Expédit ou au frère Scubilion, et pourtant la sagesse populaire ne nous dit-elle pas qu’ « il vaut mieux s’adresser à Dieu qu’à ses saints » ?! Cette fête d’aujourd’hui, celle de la Trinité Sainte, est là pour nous ramener à l’essentiel, au noyau de notre foi, à la source de tout amour, au tremplin de toute espérance.

 Ecoutons les premiers mots que nous adresse le prêtre au début de la messe : « Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu le Père, la communion de l’Esprit Saint soient toujours avec vous ». Il nous place d’emblée en présence de la Sainte Trinité. C’est là, en elle, qu’il faut chercher les tenants et les aboutissants de notre foi.

Un père, prêtre et savant théologien, m’a avoué que pendant longtemps, si l’on avait enlevé la Trinité de son univers religieux, cela ne l’aurait pas tellement gêné. Il aurait très bien vécu sans Trinité mais à présent, me disait-il, « la Trinité de Dieu est pour moi, essentielle ». Jusque-là, il croyait en Dieu, qu’il soit ou non Trinité, et maintenant, il croyait en Dieu parce qu’il est Trinité.

Max Thurian, ce pasteur de Taizé, devenu prêtre catholique, nous dit que le mystère de Dieu est plus accessible à notre foi par la Trinité que l’affirmation d’une seule personne divine.

En ces trois personnes, Dieu devient plus proche, plus près de nous, car il se manifeste comme un Dieu vivant, dans la vie communautaire de qui nous pouvons entrer par la foi et dans la prière.

La Trinité nous révèle que Dieu n’est pas seul, qu’il n’est pas « l’éternel célibataire des mondes » ou le « grand horloger » de Voltaire, mais que Dieu est le Vivant, qu’il est « communion », dialogue d’amour. Dire Dieu, pour nous, chrétiens, c’est nommer dans un même élan d’amour, le Père, le Fils et l’Esprit-Saint.

Le père Varillon avait l’habitude d’affirmer : « Dire que Dieu est amour et qu’il est Trinité, c’est exactement la même chose ».

Admettez que Dieu soit seul, comment dans ce cas-là, peut-il être amour ? Qui peut-il aimer ? Comment peut-il être communautaire, dialoguant, vivant d’une charité interpersonnelle ?

Bien sûr, il a fallu que Jésus nous le révèle. C’est Jésus qui nous a fait la confidence qu’ils sont trois en Dieu. Il nous a dit que Dieu est son Père et notre Père et qu’en nous quittant, il nous laisserait l’Esprit : la raison humaine recule dans ce Dieu trois tellement unis par l’amour qu’ils sont « un ». Mais il est possible cependant d’en saisir quelque chose, nous les hommes, justement, parce que nous sommes créés à l’image de Dieu.

Par notre expérience de l’amour : aimer, pour nous, aimer quelqu’un, c’est vouloir être tellement uni à l’autre que nous ne fassions plus qu’un avec lui mais en respectant sa personne et la mienne. L’amour veut à la fois l’unité et la distinction.

Or, justement, ce que nous pouvons comprendre de la Trinité, c’est qu’elle est trois générosités qui se donnent l’une à l’autre. Dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit, il y a l’impossibilité absolue de repliement sur soi, pas de traces de propriété de soi-même. Chacun est un pur don de soi pour les deux autres, un total oubli de soi pour les autres. C’est leur amour qui fait leur unité et c’est parce que Dieu est amour qu’il est unique et que nous pouvons dire : « Je crois en un seul Dieu ».

Jésus nous a rappelé que nous aussi, nous sommes bâtis sur le plan de Dieu, « à son image ». Il nous dit à son tour que, nous les hommes, nous devons nous aimer les uns les autres jusqu’à créer cette unité entre nous et avec lui et nous insérer dans ce mouvement d’amour qui est le sien ! On se demande parfois ce qu’est le ciel, ce que nous y ferons. Vous n’avez qu’à contempler la Trinité et vous le saurez.

Nous serons tellement unis les uns aux autres dans un même amour, celui de Dieu, amour tellement fort que nous devenons d’abord communauté-unité tout en ne perdant rien de notre personnalité, qui, au contraire, sera d’autant plus épanouie qu’elle sera aimante et aimée. Jamais l’unité, fruit de l’amour, ne détruit les êtres particuliers ; au contraire, elle les valorise.

 Nous savons d’ailleurs par expérience que notre personnalité ne s’est jamais autant épanouie, ouverte, déployée que par l’amour que les autres nous ont porté. Nous sommes tous des fruits de l’amour. Rappelons tout ce qu’ont fait les autres : père, mère, frères et sœurs, éducateurs, école, mouvements, Eglise pour que nous en arrivions à ce que nous sommes devenus ! Quelle somme d’amour il a fallu ! Ce Dieu, Trinité c’est-à-dire communauté d’amour est notre avenir. Il se tourne vers nous et nous attire à lui. Dieu Trinité, cela veut dire : amour et présence. Dieu vers nous = le Père ; Dieu avec nous = Emmanuel, Jésus ; Dieu en nous = l’Esprit-Saint.

Parce qu’il est Trinité, Dieu ne reste pas enfermé sur lui-même. IL est attentif aux hommes, il se tourne vers eux. Le Père est venu à nous par son Fils qu’il nous a envoyé et depuis la Pentecôte, le Père et le Fils viennent à nous, par l’Esprit-Saint qui habite en nos cœurs. Rappelons-nous les dernières paroles de Jésus : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » et à son tour Jésus déclare : « Il vous est bon que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, l’Esprit ne viendra pas en vous ».

Voilà, j’allais dire, le travail, le bilan de la Sainte-Trinité de Dieu : une plénitude d’amour qui a suscité la descente de Dieu vers les hommes et qui les accompagnera toujours. AMEN




L’icône de la Trinité d’Andreï Roublev : explication, interprétation

Andreï Roublev a peint cette icône entre 1422 et 1427… Qui sont ces Personnages ? Que signifient les couleurs de leurs vêtements, leur posture, et les divers éléments représentés? Nous vous proposons ici quelques points de repère…

Icône de la Trinité

Remarquons tout d’abord que les trois personnages représentés sont jeunes, image de la jeunesse éternelle de Dieu. Ils ont l’apparence des trois « anges » qui ont rendu visite à Abraham, au chêne de Mambré (Gn 18). Or, la figure de l’Ange est souvent utilisée dans l’Ancien Testament pour renvoyer à Dieu Lui-même. Exemple en Ex 3,2 où « l’Ange de Yahvé » apparaît à Moïse, et ensuite, c’est « Yahvé » lui-même qui « vit que (Moïse) faisait un détour pour voir » (Ex 3,4)…

Tous les trois ont un cercle de lumière, identique, qui illustre leur gloire, identique. Le Fils la reçoit du Père de toute éternité en « Unique Engendré » : « Et le Verbe s’est fait chair et il a dressé sa tente parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient du Père comme Unique-Engendré, plein de grâce et de vérité » (Jn1,14). L’Esprit Saint la tient tout à la fois du Père et du Fils dont il procède : « il reçoit même adoration et même gloire » (Crédo)…

            Ils se laissent deviner par ce qui est peint au dessus d’eux :

– A gauche, le Père, avec au-dessus de lui, une maison :

Le Père - Roublevla Maison du Père (Jn 14,22). Il porte dessous un vêtement bleu ciel, signe de sa nature divine. Un autre, presque transparent, le recouvre quasiment entièrement : le Père est invisible pour nous, insaisissable, mystérieux… « Presque transparent », car à travers lui, le bleu ciel se laisse bien deviner, mais cet autre vêtement est aussi légèrement de couleur dorée, en harmonie avec celle des ailes et plus largement avec celle de l’atmosphère qui les entoure tous les Trois : « Dieu est Lumière », « Splendeur et Majesté ».

Et le Père, dont le Fils est engendré en « Lumière née de la Lumière » (Crédo), et dont l’Esprit procède (Crédo), a cette primauté de « Lumière » dans l’Amour qui les unit… Cet attribut, lui convient donc tout particulièrement…

– Au centre, le Fils 

Le Fils - RoublevIl regarde vers le Père, car « il est né du Père avant tous les siècles » (Crédo) : il se reçoit du Père en Fils de toute éternité… « Engendré, non pas créé, il est de même nature que le Père » (Crédo), d’où le vêtement bleu ciel qu’il porte lui aussi. Mais ce dernier est posé sur un autre de couleur rouge, symbole du sang, et donc de sa nature humaine de chair et de sang : le Christ est tout à la fois vrai Dieu (bleu ciel) et vrai homme (rouge sang). Mais si le bleu ciel est sur le rouge sang, c’est pour signifier que le Mystère de sa divinité se reconnaît sur la base de son humanité, par son humanité, en regardant bien cette humanité assumée par Celui qui est Fils, « l’Unique Engendré » (Jn 1,14.18) de toute éternité… Le calice est lui aussi rempli de « rouge » en signe de l’offrande que le Christ fera de lui-même en son humanité lors de sa Passion, pour notre salut… « Tandis qu’ils mangeaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna aux disciples en disant : Prenez, mangez, ceci est mon corps. Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna en disant : Buvez-en tous ; car ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés » (Mt 26,26-28).

Calice Roublev

           Remarquer aussi que les contours extérieurs des personnages de gauche et de droite dessinent un calice, avec le Christ au centre, offert…

Et si le Fils est bien la victime, « l’Agneau immolé » (Ap 5,6), qui « enlève le péché du monde » (Jn 1,29) par son sacrifice, il est aussi le Prêtre parfait (Hb 2,17 ; 3,1 ; 4,14-15 ; 5,5-6 ; 6,20 ; 7,26…), symbolisé ici par l’étole jaune qu’il porte sur son vêtement rouge, et ce jaune est de même couleur que le jaune des ailes des trois personnages, et du fond plus clair : « Dieu est Lumière » (1Jn 1,5), et le Prêtre est justement celui qui fait le lien entre le ciel et la terre… « Voilà ce qui est bon et ce qui plaît à Dieu notre Sauveur, lui qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Car Dieu est unique, unique aussi le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui-même, qui s’est livré en rançon pour tous » (1Tm 2,3-6). Cette étole est d’ailleurs posée sur son vêtement rouge, comme l’est la cape bleu ciel… C’est donc une nouvelle fois par son humanité que le Christ se révèle être le Prêtre parfait, l’unique « médiateur » entre Dieu et les hommes…

Au dessus du Christ, nous voyons « l’arbre de vie », qui, dans le récit de la Genèse, symbolise le don de la vie éternelle (Gn 3,9), un don offert gratuitement, par amour, en surabondance : « Yahvé Dieu fit à l’homme ce commandement : « Tu peux manger à satiété de tous les arbres du jardin. Mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas, car le jour où tu en mangeras, de mort tu mourras » (Gn 2,16-17). La notion de connaissance renvoyant dans la Bible à celle d’expérience, Dieu invite donc ici l’homme à ne pas faire l’expérience du mal, car son fruit immédiat sera « la mort » au sens de privation d’une plénitude de Vie symbolisée par le fruit de l’arbre de vie… Notons le terme « commandement » employé ici ; Jésus le reprendra en disant : « Je sais que son commandement », le commandement du Père, « est vie éternelle » (Jn 12,50). Autrement dit, Dieu nous « commande » de vivre, un verbe qui insiste très fortement sur « sa volonté », son « désir profond », et c’est pour cela qu’il nous presse de choisir la vie et non la mort : « Je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je te propose la vie ou la mort… Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez, aimant Yahvé ton Dieu, écoutant sa voix, t’attachant à lui ; car là est ta vie » (Dt 30,15-20). « Choisir », un verbe qui renvoie à notre liberté que Dieu respecte infiniment tout en nous suppliant de faire le bon choix, car il ne désire qu’une seule chose, notre vie. Il nous a tous créés pour que nous participions à la Plénitude de sa Vie éternelle…

Mais dans cette parabole du jardin d’Eden, Adam et Eve, qui nous représentent tous, vont faire le mauvais choix, et, par suite de leur désobéissance, ils vont se priver eux-mêmes de l’accès illimité à l’arbre de vie, et à tous les autres arbres du jardin… Mais tout ce que nous avons perdu par suite de nos fautes, nous le retrouvons gratuitement, par amour, grâce à Celui qui est venu nous rejoindre en notre humanité pour que nous puissions retrouver avec Lui le fruit de « l’arbre de vie », qui représente la Plénitude de cette vie éternelle pour laquelle nous avons tous été créés… Dieu nous a tous en effet lancés dans l’aventure de la vie pour que nous soyons nous aussi, et cela selon notre condition de créature, ce que Lui Il Est de toute éternité… Il Est « le Vivant » par excellence ? Il veut, de toute la force de son Être, et il est infini, que nous soyons à notre tour des « vivants », en ayant part, gratuitement, à sa Plénitude même ! Ainsi va « l’Amour » (1Jn 4,8.16)… Et puisque l’Amour ne supporte pas de voir la souffrance de l’être aimé sans réagir, l’Amour vient, jour après jour, en Jésus Christ à la rencontre des pécheurs que nous sommes, pour nous proposer et nous proposer encore la Plénitude de sa Vie. Grâce à elle, nous retrouverons ce Bonheur profond qui est Paix et Joie, une Paix et une Joie que nous avions perdues par suite de nos fautes… « Souffrance et angoisse à toute âme qui fait le mal » (Rm 2,9)… « « Viens, suis-moi ». Mais le jeune homme riche s’en alla, tout triste, car il avait de grands biens » (Lc 18,18-23)… Hélas, ces biens-là n’apportent pas le vrai bonheur… Seul le Don de Dieu, ce Don gratuit que le Père veut faire à tout homme, par Amour, peut nous l’apporter… « Je conclurai avec eux une alliance éternelle : je ne cesserai pas de les suivre pour leur faire du bien… Je trouverai ma joie à leur faire du bien, de tout mon cœur et de toute mon âme » (Jr 32,39-41). Telle est donc la volonté de Dieu : que nous « soyons » bien, au sens fort, en participant à sa Plénitude, comme Lui-même « Est » bien (Ex 3,14), de toute éternité… « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite » (Jn 15,11). Alors, si « le salaire du péché, c’est la mort » avec son cortège de souffrance, de détresse, de tristesse (Rm 2,9 ; 5,12) « le don gratuit de Dieu », par Amour puisqu’Il n’Est qu’Amour, « c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 6,23). « Le voleur ne vient que pour voler, égorger et faire périr. Moi, je suis venu pour qu’on ait la vie et qu’on l’ait surabondante » (Jn 10,10).

Et cet arbre de vie penche vers la Maison du Père, il indique la Maison du Père… Toute vie, en effet, vient du Père et retourne au Père qui est la Source première, éternelle, de la vie, celle du Fils et de l’Esprit Saint, de toute éternité, et la nôtre… « Comme le Père a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d’avoir la vie en lui-même… Et de même que le Père qui est vivant m’a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange », celui qui me recevra par sa foi, « lui aussi vivra par moi… En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit a la vie éternelle » (Jn 5,26 ; 6,57 ; 6,47)…

– A droite, le Saint Esprit, 

L'Esprit Saint - RoublevIl a lui aussi un vêtement bleu, en signe de cette nature divine qui est également pleinement la sienne. Mais si le Fils regarde vers le Père de qui il se reçoit de toute éternité en « Fils Unique Engendré » (Jn 1,14 ; 1,18), l’Esprit Saint regarde tout à la fois vers le Père et vers le Fils de qui il se reçoit à son tour comme « celui qui procède du Père et du Fils » (Crédo)… Son vêtement vert est de même couleur que l’herbe verte du sol sur lequel repose le Trône de Dieu. « Ainsi parle Yahvé : Le ciel est mon trône, et la terre l’escabeau de mes pieds » (Is 66,1). Dieu est présent partout, au ciel et sur la terre… « La Gloire de Yahvé remplit toute la terre » (Nb 14,21 ; Ps 72,19), « de l’Amour de Yahvé la terre est pleine » (Ps 33,5). Cette identité de couleur entre ce vêtement de l’Esprit Saint et la terre ne peut que souligner son lien avec cette terre et son action envers elle… « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements ; et je prierai le Père et il vous donnera un autre Paraclet, pour qu’il soit avec vous à jamais, l’Esprit de Vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas ni ne le reconnaît. Vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous; et en vous il sera » (Jn 14,15-17), par ce Don qu’il ne cesse de faire de Lui-même. Toute l’œuvre de l’Esprit Saint, Troisième Personne de la Trinité, consiste en effet à nous communiquer « l’Esprit Saint – nature divine » (« Dieu Est Esprit » (Jn 4,24), Dieu est « Saint » (cf. Is 6,3)), cette nature divine que le Fils reçoit du Père de toute éternité, cette même nature divine que Lui, Troisième Personne de la Trinité, reçoit du Père et du Fils de toute éternité. « Lui me glorifiera », nous dit Jésus, « car c’est de mon bien qu’il recevra et il vous le communiquera. Tout ce qu’a le Père est à moi. Voilà pourquoi j’ai dit que c’est de mon bien qu’il reçoit et qu’il vous le communiquera » (Jn 16,14-15). Ce lien entre l’Esprit Saint et la terre rejoint l’explication habituelle de la couleur verte en contexte chrétien : couleur de l’espérance qui est le fruit de l’action concrète de l’Esprit Saint dans les cœurs. Et qu’y fait-il ? « L’Esprit vivifie » (Jn 6,63), « l’Esprit donne la vie » (Ga 5,25), et en nous communiquant cette vie, il nous donne un avant goût, un « quelque chose » (Elisabeth de la Trinité), un « je ne sais quoi » (Ste Thérèse de Lisieux) de la vie même du Ciel, qui ne peut que nous faire désirer d’y participer pleinement… Et ce sera, nous l’espérons, ce jour où nous verrons notre Rédempteur de nos yeux de chair, dans la Lumière de l’Esprit, et cela pour toujours… « Que le Dieu de l’espérance vous donne en plénitude dans votre acte de foi la joie et la paix, afin que l’espérance surabonde en vous par la puissance de l’Esprit Saint » (Rm 15,13). « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie » (Ste Thérèse de Lisiers), la Plénitude de la vie…

Au dessus du Saint Esprit, l’auteur a figuré comme une vague de Lumière… Cette vague évoque sa Force (Ac 1,8 ; 2Tm 1,7) et sa Puissance (Lc 1,35 ; 4,14). Mais une vague ne peut que renvoyer à de l’eau, mais cette fois, il s’agit de l’Eau Vive (Jn 4,10-14 ; 7,37-39), Eau Vive qui vivifie (Jn 6,63 ; Rm 8,2 ; 2Co 3,6 ; Ga 5,25), mais aussi Eau Pure qui purifie (Ez 36,25-28 ; 1Co 6,11 ; Tt 3,4-7). Et cette vague est couleur de Lumière, car « Dieu est Lumière » (1Jn 1,5). L’Eau Pure qui purifie est cette Lumière qui nous purifie de toute forme de ténèbres : «  La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie » (Jn 1,5). Mais puisque « Dieu est Lumière » (1Jn 1,5), l’Eau Vive est également cette Lumière qui nous communique « la Lumière de la vie » (Jn 8,12), une Lumière qui est Vie… Alors, notre vocation à être « à l’image et ressemblance de Dieu » (Gn 1,26-28) en « reproduisant l’image du Fils » (Rm 8,29) sera pleinement accomplie : « En Lui était la Vie, et la Vie était Lumière » (Jn 1,4)… Il en sera de même pour nous… Cette vague exprime ainsi toute la mission du Saint Esprit : « Dieu est Amour » (1Jn 4,8.16), et « aimer, c’est tout donner et se donner soi-même » (Ste Thérèse de Lisieux ; cf. Jn 3,35 pour le Père et le Fils). L’Esprit Saint est ainsi tout particulièrement celui qui donne, qui nous donne, ce qu’Il Est de toute éternité… Et « Dieu Est Esprit » (Jn 4,24). Et « Dieu est Saint » (cf. Is 6,3). L’Esprit Saint Personne divine ne cesse donc de donner ce qu’Il Est Lui-même, et Il Est Esprit, et Il Est Saint : il donne ainsi « l’Esprit Saint » nature divine, cette nature divine que possède le Père de toute éternité, cette même nature divine que possède le Fils de toute éternité en tant qu’il la reçoit du Père en « Unique Engendré », « de même nature que le Père » (Crédo), cette nature divine que l’Esprit Saint, Troisième Personne de la Trinité reçoit du Père et du Fils en tant « qu’il procède du Père et du Fils » (Crédo), de toute éternité… Il est bien ainsi « le Seigneur qui donne la vie » (Crédo) en donnant « l’Esprit Saint – nature divine » qui est Lumière et Vie…

Cette vague lumineuse ne peut aussi qu’être symbole de Force, la Force de l’Esprit Saint : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous » (Ac 1,8). Cette Force est participation à celle-là même du Christ, Force de dire « je vous aime » à ceux-là même qui le tuent… « Ce n’est pas un esprit de crainte que Dieu nous a donné, mais un Esprit de Force, d’Amour et de maîtrise de soi » (2Tm 1,7). Grâce à lui, en comptant sur lui, en nous appuyant sur lui, le commandement de l’Amour devient possible… « Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous réservez vos saluts à vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,43-48), et la perfection du Père est celle de l’Amour, un Amour qui ne se laisse pas arrêter par le mal, et cela d’autant plus que le mal détruit, fait du mal à celui qui le commet : il ne peut que le plonger dans la souffrance (Rm 2,9). Et lorsque Dieu voit un des ses enfants souffrir, quelle que soit l’origine de sa souffrance, il est bouleversé de compassion jusqu’au plus profond de lui-même. Et son Amour se fait encore plus pressant pour celui qui, alors en a le plus besoin… « Là où le péché a abondé », et avec lui « souffrance et angoisse » (Rm 2,9), là aussi le remède a surabondé, « la grâce a surabondé » (Rm 5,20). A nous maintenant d’offrir toutes nos souffrances à Dieu, et de nous repentir avec son aide et son soutien. Alors, avec Lui et grâce à Lui, à nouveau, nous serons « bien »… « Soyez » donc, grâce au « Don de Dieu » (Jn 4,10 ; 1Th 4,8), au Don de son Esprit (Jn 20,22) et donc de son Amour (Jn 4,24 et 1Jn 4,8.16 ; Rm 5,5 ; Ga 5,22) « miséricordieux comme votre Père est Miséricordieux » (Lc 6,36 ; Bible des Peuples). « Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant » (Lc 6,36 BJ). « Soyez pleins de bonté comme votre Père est plein de bonté » (Parole de Vie). « Soyez généreux comme votre Père est généreux » (TOB)…

Icône de la Trinité

Notons aussi que les Trois sont assis sur un même trône, qui semble se confondre, du moins pour les personnages de droite et de gauche, avec la table de l’autel, un autel qui traditionnellement renvoie à la Présence de Dieu Lui‑même… Le trône, la table de l’offrande semblent être une seule et même réalité, et c’est bien en s’offrant sur la Croix, soutenu par le Père (Jn 17,1) et la Puissance de l’Esprit (Ac 1,8) que le Christ manifestera le Mystère de sa Royauté, non pas une royauté terrestre, mais une royauté divine, celle de l’Amour… Avec Lui et par Lui, l’Amour se révèle comme étant Tout Puissant : malgré les incroyables souffrances que les hommes lui ont fait subir, il n’y a jamais répondu par le mal ou la violence, mais par le silence habité par l’offrande de lui-même, et par ces Paroles : « Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font »… Amour des hommes… « Père, entre tes mains je remets mon esprit », Amour du Père… « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse ! » Mais non, « il faut que le monde reconnaisse que j’aime le Père et que je fais comme le Père m’a commandé », avait-il dit peu avant sa Passion (Lc 23,34 ; 23,46 ; Lc 22,42 ; Jn 14,31). Et le Père lui a demandé d’être fidèle jusqu’au bout à sa mission de manifester « les entrailles de Miséricorde de notre Dieu » (Lc 1,78), « jusqu’au bout » (Jn 13,1), jusqu’à l’extrême de l’amour toujours offert à ceux-là même qui le tuaient… Il faut être « fort » pour agir ainsi, incroyablement « fort » : telle est la Toute Puissance de Dieu, Toute Puissance de l’Amour, Toute Puissance de la Miséricorde, comme me chante la Vierge Marie : « Le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Saint est son nom, et sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent » (Lc 1,49-50). Et ressuscité, il reviendra bénir ceux-là même qui criaient « Crucifie le ! Crucifie le ! » (Lc 23,21) : « Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères a glorifié son serviteur Jésus que vous, vous avez livré et que vous avez renié devant Pilate, alors qu’il était décidé à le relâcher. Mais vous, vous avez chargé le Saint et le Juste; vous avez réclamé la grâce d’un assassin, tandis que vous faisiez mourir le prince de la vie. Dieu l’a ressuscité des morts : nous en sommes témoins… Vous êtes, vous, les fils des prophètes et de l’alliance que Dieu a conclue avec nos pères quand il a dit à Abraham : Et en ta postérité seront bénies toutes les familles de la terre. C’est pour vous d’abord que Dieu a ressuscité son Serviteur et l’a envoyé vous bénir, du moment que chacun de vous se détourne de ses perversités » (Ac 3,13-15 et 3,25-26).

Icône de la TrinitéEnfin, les Trois dessinent un cercle, en signe de perfection : perfection de Dieu, perfection de leur unité dans la Communion d’une même Lumière, d’un même Esprit, d’un même Amour… Si Jésus a dit « moi et le Père nous sommes un » (Jn 10,30), en tant qu’unis l’un à l’autre dans « l’unité de l’Esprit » (Ep 4,3), dans « la communion de l’Esprit Saint » (2Co 13,13), on pourrait dire aussi : « Moi, le Père et l’Esprit Saint, nous sommes un »…

Et dans cette unité de l’Amour, où chacun ne regarde que l’autre, ne vit que pour l’autre, le plus grand est le plus petit… En effet, le Père n’est pas en position centrale, mais sur le côté, tout comme l’Esprit Saint… Et au centre, le Christ, mais Lui et l’Esprit Saint ne cessent de regarder le Père et de dire ainsi par leur seul regard que c’est avant tout Lui qui compte… Sans le Père, le Fils et l’Esprit Saint ne Sont rien, ils ne peuvent rien… « En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui même, qu’il ne le voie faire au Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement… Je ne puis rien faire de moi-même » (Jn 5,19-20.30). « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » (Mt 11,29), et au même moment « Maître et Seigneur »… Mais un Maître et un Seigneur au pied de ses disciples, au pied de tout homme, pour le servir, le laver, et lui « donner la seule vraie nourriture qui demeure en vie éternelle » (Jn 6,27)… « Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Car c’est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j’ai fait pour vous. En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni l’envoyé plus grand que celui qui l’a envoyé. » « Or, je suis au milieu de vous comme celui qui sert ». « Sachant cela, heureux êtes‑vous, si vous aussi faites de même » à votre tour (Jn 13,13-17 ; Lc 22,27)…

D. Jacques Fournier

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Icône de la Trinité de Andreï Roublev




Rencontre autour de l’Évangile – La Sainte Trinité (Mt 28, 16-20)

 « De toutes les nations faites des disciples.

Baptisez-les au nom du Père,

et du Fils, et du Saint Esprit. »

 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

 Situons le texte et lisons (Math 28, 16-20)

Le passage que nous allons méditer est la finale de l’Evangile de Matthieu. C’est le couronnement de son évangile ; il comprend :

  • Une révélation : Jésus est Seigneur du ciel et de la terre,

  • Une mission : allez, enseignez, baptisez,

  • Une promesse : « Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde ».

Soulignons les mots importants

 Les Onze disciples : Dans l’évangile de Matthieu il est toujours questions des « disciples » : Qu’est-ce qu’un disciple ? Après le départ de Judas, le groupe est réduit : que fera Pierre après l’Ascension de Jésus et la Pentecôte ?

En Galilée : A quel moment Jésus a-t-il donné rendez-vous à ses disciples ? (Rappelez-vous ce que Jésus a dit aux femmes le matin de Pâques). Quelle a été l’importance de la Galilée dans le ministère de Jésus ?

La montagne : Quel est le sens symbolique de la montagne ? (citer quelques montagnes célèbres de la Bible)

Ils se prosternèrent : Que signifient ce geste des disciples ?

Certains eurent des doutes : Comment cela peut-il se faire ?

Jésus s’approcha : Pourquoi cette démarche de Jésus ?

Tout pouvoir…: De qui Jésus a-t-il reçu son pouvoir ? Quel est ce pouvoir ? (on peut se rappeler ce que le diable promettait à Jésus lors de sa tentation)

Allez donc : Que pensez de cet envoi ? A qui s’adresse-t-il ?

De toutes les nations : Quelle est l’importance de cette parole quand on sait que Matthieu écrivait son évangile pour des chrétiens d’origine juive ?

Baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit : Quelle est la volonté de Dieu pour ce monde ? Quelle est la mission pour Matthieu ?

Apprenez-leur à garder tous les commandements : Quel est la loi qui résume tous les commandements de Jésus ?

Et moi, « Je suis » avec vous … Rapprocher cette parole avec le nom qui est donné à Jésus dans l’Annonce à Joseph (au début de l’évangile de Mt).

 

Pour l’animateur  

 Les onze disciples : Matthieu parle des « disciples » et non des « apôtres », parce que pour lui, au moment de l’envoi, ils sont toujours des « élèves ». Après la Pentecôte, Pierre aura le souci de rétablir le groupe des « Douze » par le choix de Matthias.

Au matin de Pâques, les femmes furent envoyées comme messagères pour dire aux apôtres que Jésus Ressuscité leur donnait rendez-vous en Galilée. C’est là, dans ce carrefour où se croisaient des gens de partout, que Jésus avait commencé sa mission et c’est de là qu’il envoie ses disciples pour la mission universelle (« de toutes les nations »).

La « montagne », symbole de la rencontre avec Dieu, nous fait penser ici à la montagne où le démon montrait à Jésus tous les royaumes de la terre, à la montagne des béatitudes où le Maître proclamait la charte du Royaume, à la montagne de la Transfiguration où le Fils de l’homme manifesta sa gloire, et aussi au mont Nébo où Moïse fit ses adieux à son peuple avant son entrée dans la terre promise.

Jésus s’approcha : cette démarche de Jésus exprime que c’est toujours lui qui fait le premier pas et qui a l’initiative. Les disciples se prosternent : geste de foi ; pour certains la foi hésitante ; les doutes montrent bien que le cheminement de la foi n’est pas terminé ; la foi reste un risque et c’est en s’engageant dans la mission que leur foi va s’affermir.

« Tout pouvoir » : le pouvoir que Jésus a reçu du Père, c’est de donner la vie de Dieu à tous hommes. Tous les hommes sont invités à mettre leur existence sous son autorité pour devenir ses disciples.

Allez donc ! : cet envoi en mission s’adresse non seulement au Onze mais à tous les disciples qui vont naître de leur prédication. Pour Matthieu, la mission n’est pas une conquête. Elle consiste pour les disciples à faire d’autres disciples : des hommes et des femmes qui, grâce au témoignage des disciples, font l’expérience que l’enseignement de Jésus, changent leur vie et deviennent à leur tour ses disciples en vivant selon la loi d’amour, qui résume tous les commandements.

Et l’accueil du Maître et de ses commandements s’expriment par le baptême qui enracine le croyant dans une communauté d’appartenance « au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit ». Au début de l’Evangile, Jésus reçoit le nom « d’Emmanuel » : Dieu-avec-nous. En terminant son évangile, Jésus promet qu’il sera toujours l’Emmanuel, « Dieu avec-nous » – « Je suis » avec vous « jusqu’à la fin du monde ».

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Seigneur Jésus fais grandir notre foi en ta Résurrection et en ta présence avec nous jusqu’à la fin du monde. Que ton Esprit-Saint nous aide à vivre en vrais disciples, pour que, grâce à notre témoignage, d’autres disciples se lèvent et le suivent. Merci d’être avec nous tous les jours. Sans toi nous ne pouvons pas faire grand-chose ! Oui, reste avec nous.

TA PAROLE DANS NOTRE VIE :

Nous avons reçu la mission d’enseigner, puisque nous sommes l’Église, les disciples du Ressuscité : Enseignons-nous par notre exemple ? Ceux qui nous voient vivre peuvent-ils pressentir que nous vivons de la présence de Jésus et de l’amour du Père, du Fils et de l’Esprit ?

Enseignons-nous aussi par la parole ? L’Église a besoin de catéchistes formés, d’éducateurs de la foi, capables de témoigner de leur foi auprès des enfants, des jeunes, des adultes…

Nous avons été baptisés au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit : Qu’avons-nous fait de notre baptême : Vivons-nous de l’amour de la famille divine dans laquelle nous sommes plongés et qui est en nous. Quelle est la place du grand commandement de l’amour dans notre vie quotidienne ?

Jésus nous a promis d’être toujours présent à nos côtés : Que faisons-nous de sa présence ?

 

ENSEMBLE PRIONS  

Chant :   Reste avec nous  p. 320

               Dans la nuit se lèvera une lumière (Peuples de frères) p.514

 

 

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Dimanche de la Sainte Trinité (Mt 28, 16-20) – par Francis COUSIN

« Allez ! De toutes les nations faites des disciples. »

 

 Cette phrase est adressée par Jésus à ses disciples sur une « montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. ».

C’est Jésus qui convoque ses disciples …

Quand nous allons à la messe, avons-nous conscience que nous sommes ’’convoqués’’ par Jésus pour participer à l’Eucharistie, répondant à son invitation impérative « Faites ceci en mémoire de moi ! » (Lc 22:19) …

Qu’aller à la messe, ce n’est pas obéir à une obligation ou une convention sociale … mais c’est aller à la rencontre de quelqu’un qui nous y invite : Jésus … et que nous sommes heureux de rencontrer …

Cela devrait être une joie pour nous de répondre à cette invitation … Comme l’était la joie de Bernadette pour se rendre à la grotte de lourdes, aux voyants de Fatima pour aller près du chêne vert, et à ceux de Medjugorjé pour monter sur la colline du Podbrodo … C’était pour eux une nécessité de répondre à cette invitation, et cela malgré les interdictions diverses, familiales, politiques ou policières …

Comment fait-on pour ’’faire’’ des disciples ?

Faire comme Jésus : Enseigner la Parole de Dieu, annoncée par Jésus, et la mettre en pratique …

Et ensuite confirmer l’adhésion par le Baptême.

Mais pas le baptême de Jean-Baptiste, qui disait : « Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. » (Mt 3,11)

Il faut attendre la fin de l’évangile selon saint Mattieu pour voir en une seule phrase nommer les trois membres de la Sainte Trinité : « Baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. ».

Le baptême n’est pas l’affaire de Dieu le Père tout seul.

Le baptême n’est pas l’affaire de Jésus tout seul, même si parfois on parle du baptême de Jésus, par opposition au baptême de Jean-Baptiste.

Le baptême n’est pas l’affaire de l’Esprit Saint tout seul.

Il est l’affaire des trois membres de la Trinité qui agissent de manière concomitante.

Cependant chaque membre de la Trinité a ses caractéristiques propres :

Le Père comme créateur de l’univers, Dieu d’Amour et de miséricorde,

Le Fils Jésus comme Verbe, Parole de Dieu faite homme,

L’Esprit Saint comme défenseur, Esprit de vérité, guide de nos âmes.

Mais dans la vie courante, ils agissent tous les trois ensemble sans qu’on puisse distinguer la part de chacun des trois …

« Nous sommes appelées à vivre notre relation avec Dieu non seulement dans le secret de notre chambre, comme Jésus nous y invite quand nous voulons prier, ni même seulement dans des communions eucharistiques qui seraient des démarches purement individuelles à laquelle l’existence de l’Église ne serait qu’un facteur adjacent, mais de façon sacramentelle. C’est-à-dire que nous entrons dans la plénitude de la communion avec Dieu trinitaire quand nous participons aux sacrements de l’Église tels que celle-ci a la mission de les célébrer et en a défini les normes. Ceci vérifie l’importance vitale, en plus du baptême et de la confirmation, de la participation régulière à la messe (…) ainsi qu’au recours au sacrement de réconciliation autant qu’il est nécessaire. » (Card. André Vingt-trois).

Seigneur Dieu,

Toi qui est tout Amour,

qui partage cet Amour avec

ton Fils et l’Esprit Saint,

et avec tous les humains,

nous te remercions pour cet Amour

que tu nous donnes,

et pour la compassion que tu as envers nous.

 

                                                                                              Francis Cousin

 

 

Cliquer sur le lien ci-dessous pour accéder à l’image illustrée : Image dim trinité B

 




La Sainte Trinité – par le Diacre Jacques FOURNIER (Mt 28, 16-20)

 « Dieu est Trinité éternelle… »

(Mt 28, 16-20)

 

          En ce temps-là, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.
Allez ! De toutes les nations faites des disciples : 20
apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

 

                  

 

               Le Crédo d’Israël était : « ECOUTE, Israël ! Le Seigneur notre Dieu est le Seigneur UN » (Dt 6,4). Le Nouveau Testament proclame lui aussi « le Dieu unique », soit en reprenant ce Crédo (Mc 12,29), soit par exemple, lorsque Jésus s’adresse à ses adversaires : « Comment pouvez-vous croire, vous qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique » (Jn 5,44). St Paul écrira lui aussi : « Nous savons qu’il n’est de Dieu que le Dieu unique » (1Co 8,4)…

            Mais, comme le précise Xavier Léon Dufour, « l’unicité de Dieu ne requiert pas sa réduction à celle d’un individu ». Telle sera la grande révélation du Nouveau Testament présentée par St Jean dès le premier verset de son Evangile : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu ». Le premier emploi du mot « Dieu » désigne « le Père », tandis que le second évoque le fait « d’être Dieu », c’est-à-dire de posséder pleinement ce qui est propre à Dieu et à Dieu seul, ce que Dieu est en lui‑même, sa nature divine. St Jean l’évoque en trois versets : « Dieu est Amour » (1Jn 4,8.16), « Dieu est Esprit » (Jn 4,24), « Dieu est Lumière » (1Jn 1,5).

            St Jean nous présente également les Trois Personnes divines (Jn 14,15-17) : « Si vous m’aimez », disait Jésus, « vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur », sous entendu que moi, et l’on ne peut comparer au Fils Personne divine (« Mon Seigneur et mon Dieu » (Jn 20,28)), qu’une autre Personne divine : « l’Esprit de Vérité », l’Esprit Saint, « qui sera pour toujours avec vous, car il demeure auprès de vous ».

            Ces Trois Personnes sont toujours en face à face, tournées l’une vers l’autre, et chacune est pleinement « Dieu » au sens où chacune est pleinement ce que Dieu seul est en lui-même : Amour, Esprit, Lumière… Et nous avons toujours à bien faire la distinction entre les Personnes divines, éternellement en face à face, chacune étant la seule à être « qui » elle est, et leur nature divine qui, elle, est partagée par les Trois… Petite précision supplémentaire : les mots « Esprit » et « Saint » peuvent être employés ou bien pour former un Nom propre, et désigner ainsi une Personne divine unique, « l’Esprit Saint » ou « le Saint Esprit », ou bien en tant que simples nom commun et adjectif pour évoquer ce que Dieu est en lui-même, sa nature divine : « Dieu est Esprit » (Jn 4,24), Dieu est Saint (Lv 19,2). Et voilà ce qu’il nous donne : « Recevez l’Esprit Saint » (Jn 20,22).

            Et les relations qui unissent les Trois sont des relations d’Amour, le Père ayant une primauté éternelle. « Le Père aime le Fils, et il donne tout en sa main », l’engendrant ainsi en Fils éternel, « avant tous les siècles », en « Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière »… Et c’est du Don commun du Père et du Fils, dans ce même Amour, que procède l’Esprit Saint : « Il reçoit ce qui est de moi », dit Jésus (Jn 16,15), une réalité éternelle… Et l’Esprit Saint « Seigneur », vrai Dieu, sera lui aussi Amour et donc « Don éternel de lui-même ». De toute éternité, il reçoit la vie du Père et du Fils ? « Je crois en l’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie », qui nous donne sa vie…

DJF




La Pentecôte (Jn 15, 26-27.16,12-15) – par D. Alexandre ROGALA

La semaine dernière, nous avons célébré l’Ascension de notre Seigneur. Depuis que dans son humanité, il est entré dans l’intimité de Dieu le Père, Jésus ne peut plus être perçu par nos sens. Nous ne le voyons plus avec nos yeux, nous ne l’entendons plus avec nos oreilles, et nous ne pouvons plus le toucher.

Cet enlèvement de Jésus d’auprès des disciples a interrogé Sainte Catherine de Sienne. Se souvenant que dans l’évangile selon Jean, dans son discours d’adieu, Jésus dit à ses disciples : «  je vous dis la vérité : il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous » (Jn 16, 7), sainte Catherine s’est demandé en quoi le départ de Jésus était quelque chose de positif pour ses disciples, et si le don de l’Esprit Saint était une compensation suffisante, pour ainsi dire, de l’absence physique du Seigneur.

Dans le livre des Dialogues qu’elle a écrit, elle s’appuie sur un autre passage du discours d’adieu de Jésus dans lequel, il dit aux disciples : « Je m’en vais, et je viens à vous » (Jn 14, 28). Sainte Catherine arrive donc à la conclusion que par le don du Saint Esprit, il est possible pour Jésus d’être présent de manière personnelle auprès de chacun de ses disciples, peu importe ou il habite. C’est pourquoi elle écrit que « le Saint Esprit ne vient jamais seul, mais il vient avec la puissance du Père et la sagesse du Fils ». (Dialogue XXIX). Pour le dire autrement, par le don du Saint Esprit, la présence du Fils de Dieu n’est plus limitée, ni à un lieu précis, ni à une époque.

L’intuition de sainte Catherine se vérifie dans les lectures de ce jour

Dans la première lecture tirée du livre des Actes des Apôtres, saint Luc nous raconte le récit du don de l’Esprit Saint le jour de la Pentecôte. Le terme Pentecôte vient du grec pentékostê (πεντηκοστή) qui signifie « cinquantième ». Pendant la période du premier Temple de Jérusalem construit par Salomon (cf. 1 R 5), le cinquantième jour après Pâque, les hébreux se rendaient en pèlerinage à Jérusalem pour présenter à Dieu les premiers fruits de la récolte, mûrie en sept semaines depuis la Pâque, comme le prescrivait la Loi. Dans la Bible hébraïque, cette fête est appelée Hag Shavouot (הַג שָׁבֻעֹת), ce qui signifie « fête des semaines ».

Par exemple, dans le livre du Deutéronome, après avoir donné des instructions pour la Pâque, le Seigneur dit : « Tu compteras sept semaines : dès que la faucille commence à couper les épis, tu commenceras à compter les sept semaines. Puis tu célébreras la fête des Semaines en l’honneur du Seigneur ton Dieu, avec l’offrande volontaire que fera ta main ; ton offrande sera à la mesure de la bénédiction du Seigneur ton Dieu » (Dt 16, 9-10, voir aussi Ex 34, 22 ; Lv 23, 15-20 et Nb 28, 26).

Progressivement à partir du premier siècle, la « fête des semaines » commence à être rattachée à l’histoire du salut. Une première évolution sera de rattacher cette fête à l’alliance conclue par Dieu avec Noé (Gn 9). Puis dans un deuxième temps, ce sens lié à l’alliance va encore évoluer, et les pèlerins venant à Jérusalem vont célébrer ce jour-là l’alliance avec Moïse et le don de la Loi.

Il est possible que saint Luc connaissait ce sens, puisque dans son récit de la Pentecôte du livre des Actes des Apôtres, les mentions du « bruit » et du « feu » qui accompagnent le don de l’Esprit Saint, font penser à la manifestation de Dieu sur le mont Sinaï qui précède l’alliance et le don de la Loi dans le livre de l’Exode (Ex 19).

Si vous êtes chrétiens depuis quelques années, vous avez surement déjà entendu la lecture traditionnelle de ce texte qui oppose le don de la Loi gravée sur les tables de pierre à la loi gravée dans les cœurs qu’est l’Esprit Saint.

Ce matin, je voudrai plutôt attirer votre attention sur un détail de ce texte qui me semble plus utile pour mieux comprendre qui est l’Esprit Saint. Tout à l’heure, nous avons dit que par l’Esprit Saint, il était possible pour Jésus d’être présent de manière personnelle auprès de chacun de ses disciples. Le terme important ici est : « personnel ».

Dans son récit de la Pentecôte, saint Luc nous dit à propos du bruit que « la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière » (Ac 2, 2) et à propos des langues qu’on aurait dite de feu qu’« il s’en posa une sur chacun d’eux » (Ac, 2, 3). Il semble que Luc veut signifier que l’Esprit Saint est à la fois un don collectif et individualisé. Il concerne tous les disciples réunis, et chacun d’entre eux individuellement.

De la même façon, « Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, (les pèlerins) se rassemblèrent en foule » et « chacun d’eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient » (Ac 2, 6). Par l’Esprit, Dieu s’adresse à toutes les nations, et en même temps à chaque personne en particulier. Par conséquent, l’Esprit s’adresse aussi à moi. Et que veut-il cet Esprit Saint ? Quel est son objectif ?

Dans le texte d’évangile, Jésus répond que « l’Esprit de vérité vous conduira dans la vérité tout entière » (Jn 16, 13). Jésus nous présente l’Esprit comme un guide qui doit conduire les disciples dans la vérité. Or nous savons que dans ce même évangile johannique, Jésus se présente lui-même comme la vérité : « je suis le chemin, la vérité et la vie » a-t-il dit à ses disciples un peu plus tôt dans ce même discours (14, 6). Donc l’Esprit Saint est comme un maître qui nous conduit sur la voie du Christ.

Mais il ne s’agit pas d’un changement instantané, et saint Paul nous le rappelle dans l’extrait de la Lettre aux Galates que nous avons entendu.

Au début de cet extrait, l’Apôtre écrit : « Frères, je vous le dis : marchez sous la conduite de l’Esprit Saint » (Ga 5, 16). Et à la fin, il répète : « Puisque l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit » (5, 25).

Saint Paul nous rappelle que la vie dans l’Esprit n’est pas une transformation magique, mais une marche pour intégrer progressivement l’Évangile et le mettre en application dans ma vie.

Dans l’évangile selon Matthieu, Jésus dit que « tout arbre bon donne de beaux fruits » (Mt 7, 17). Paul emprunte la même image, celle du « fruit » pour nous donner un critère de discernement pour savoir si ce que l’on fait vient de l’Esprit Saint. Je vous relis ce passage qui se passe de commentaire : « Mais voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi » (Ga 5, 22).

Chers frères et sœurs, en ce jour de la Pentecôte, comme nous exhorte saint Paul, « marchons sous la conduite de l’Esprit » ! Et puisqu’il parle à chacun d’entre nous personnellement et que « ce qu’il dit ne vient pas de lui-même : mais que c’est ce qu’il aura entendu du Père et du Fils » (cf. Jn 16, 13), à partir d’aujourd’hui et dans la suite de notre vie, prenons l’engagement d’être plus attentif aux conseils de ce divin guide. Amen.




Dimanche de la Pentecôte (Jn 15, 21-27 ; 16, 12-15) – par Francis COUSIN

« Marie était là, avec eux. »

 

Nous sommes dans le mois de mai, comme souvent au moment de la fête de la Pentecôte, Mois qui est dédié à Marie …

Marie et le Saint Esprit, c’est une histoire qui dure, une longue histoire entre la petite jeune fille de Nazareth et le Saint Esprit : trente-quatre ans, en comptant la grossesse de Marie …

Surprise de Marie d’avoir été choisie par Dieu pour être la mère du Sauveur…

Une première rencontre qui se déroule toute en douceur, avec une petite interrogation quant au géniteur … d’autant que rien ne laissait prévoir cette situation dans les textes des prophètes…

Et cette rencontre a permis la naissance de Jésus  , le fils de Dieu, qui nous a donné cette Bonne Nouvelle de l’amour inconditionnel de Dieu pour ceux qui l’aiment … et aussi pour ceux qui ne l’aime pas …

Un nouveau départ pour les juifs qui accueillent cette Parole : L‘Amour et sa miséricorde…

Marie était là, à Nazareth, discrète …, sans faire de bruit …

On retrouve Marie, dans l’évangile de Jean, avec Jésus, au début de sa vie avec quelques amis rencontrés après de Jean-Baptiste, une vie pas encore publique, mais où il y a du monde, lors d’un mariage à Cana …

Et là, c’est le drame …Plus de vin.

Marie était là, discrète … et en informe Jésus, qui ne pense pas que c’est son heure de se faire connaître.

Mais Marie, toujours discrète, dit en douce aux serviteurs : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. ». Ils le firent, et l’eau fut changé en vin …

Jésus « manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. ».

Grâce à Marie, les disciples crurent que Jésus était plus qu’un simple homme …

Le jour de la Pentecôte, dans la chambre haute où les disciples étaient rassemblés dans la peur des juifs, Marie était là, comme une simple disciple, discrète, comme toujours …

Et dans un grand bruit, l’Esprit Saint fut présent sous la forme de langue dites de feu …

Marie n’a rien dit … il n’y avait rien à dire … l’Esprit Saint était là !

Et à la foule, attirée par tout ce bruit, Pierre, empli de l’Esprit Saint, de met à la haranguer : « Hommes d’Israël, écoutez les paroles que voici. Il s’agit de Jésus le Nazaréen, homme que Dieu a accrédité auprès de vous en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes. Cet homme, livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez supprimé en le clouant sur le bois par la main des impies.  Mais Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, car il n’était pas possible qu’elle le retienne en son pouvoir. » (Ac 2,22-24)

Ce jour-là fut le premier jour de l’annonce de l’Évangile par les disciples, le premier jour de l’ère chrétienne.

Maintenant, Marie est toujours là, présente parmi nous …

Toujours discrète …

Et elle continue à promouvoir l’annonce de la Bonne Nouvelle, à sa manière, préférant apparaître à des enfants, ou à des pauvres gens, … ceux qu’on n’écoute pas a priori… mais elle arrive à faire passer son message, grâce à sa ténacité.

Seigneur Jésus,

ta mère était toujours présente,

non loin de toi.

Maintenant, c’est près de nous

 qu’elle est présente,

pour nous rappeler

ton message d’amour.

Merci Marie.

 

                                                                                  Francis Cousin

 

 

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La Pentecôte (Jn 15, 26-27.16,12-15) – par D. Jacques FOURNIER

 «L’Esprit de Vérité vous guidera

vers la Vérité tout entière ….»

(Jn 15, 26-27.16,12-15)

 

          En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement.
J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

 

                     

 

            Jésus sait que l’heure de sa mort est désormais toute proche. Bientôt, il reviendra au Père d’où il est venu. Mais que ses disciples se rassurent : ils ne se retrouveront pas tout seuls… « Je vous enverrai d’auprès du Père le Défenseur, l’Esprit de Vérité qui procède du Père »… « L’Esprit Saint », Troisième Personne de la Trinité, sera donc là, à leurs côtés… Un peu avant, il leur avait déjà dit : « Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. Moi, je prierai le Père et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous, l’Esprit de Vérité » (Jn 14,15-17)…

            Envoyés en mission dans le monde entier, ils auront à rendre témoignage au Christ mais là encore, ils ne seront pas seuls : « l’Esprit de vérité rendra aussi témoignage en ma faveur », leur dit Jésus. C’est notamment en agissant ainsi qu’il sera pour eux un « Défenseur », travaillant avec eux pour que l’Evangile soit accueilli, et ceci avec d’autant plus de force qu’ils pourront rencontrer des difficultés, des épreuves, des persécutions…           

            « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant, vous n’avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de Vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière », c’est-à-dire vers le Mystère de Dieu Lui-même, ce Dieu qui nous a tous créés pour que nous entrions nous aussi dans son Mystère éternel de Communion (1Co 1,9), dans l’unité d’un même Esprit (Ep 4,3 ; 2Co 13,13), un Esprit (Jn 4,24) qui est tout à la fois Amour (1Jn 4,8.16), Lumière (1Jn 1,5), Vie (2Co 3,6), Paix (Ga 5,25), Joie (1Th 1,6)… Comment l’Esprit de Vérité s’y prendra-t-il donc pour « faire connaître ce qui va ainsi venir » pour chacun d’entre nous ? « Il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître »… La TOB a traduit : « Il recevra de ce qui est à moi et il vous le communiquera ». Or, « ce qui est à moi », c’est tout ce qui fait que Jésus est « vrai Dieu » et il l’est en tant que Fils « né du Père avant tous les siècles, engendré non pas créé » (Crédo)… Autrement dit, Jésus reçoit de toute éternité du Père ce qu’Est le Père, sa « nature divine », ce qui fait qu’il est Dieu. Voilà pourquoi il peut dire : « Tout ce qui appartient au Père est à moi ». Et c’est justement « cela » que l’Esprit de Vérité nous « communiquera »…

            L’Esprit Saint « nous guidera ainsi vers la vérité tout entière, il nous fera connaître ce qui va venir » dans la mesure où il nous donnera d’avoir part dès maintenant, dans la foi et par notre foi, à ce qu’Est Dieu de toute éternité : une Plénitude d’Esprit, d’Amour, de Lumière et de Vie… Nous connaîtrons ainsi le Dieu Communion non pas de manière purement intellectuelle, mais en vivant dès maintenant ce Mystère de Communion, dans cet instant présent qui peut, grâce à Lui, prendre déjà parfois le goût d’éternité… Tel est le Trésor, la Perle de grand prix (Mt 13,44-46) qui est déjà offerte à notre foi (1Jn 2,8 ; 3,1-2 ; 5,13)… Aujourd’hui, « le Père des Miséricordes » (2Co 1,3) ne se donne pas à voir mais à vivre…                                                                   DJF

                                            




La Pentecôte (Jn 15, 26-27 ; 16, 12-15) – Homélie du Père Louis DATTIN

Recevez l’Esprit Saint

Jn 15,26-27 ; 16, 12-15

 

« Soudain, il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent. Toute la maison où ils se tenaient en fut remplie ». C’était la dernière chose à laquelle ils s’attendaient, ces douze hommes peureux, qui s’étaient enfermés, toutes portes closes et verrouillées. Ils étaient bien, là, tous ensemble, au chaud, calfeutrés dans une pièce du premier étage ; c’est plus sûr, avec toutes ces foules qui viennent pour la fête. Ils ne sont pas rassurés du tout : ils ont encore dans leurs oreilles, ces cris du vendredi Saint « A mort ! A mort ! Crucifie-le ! »

 

 

Pierre entend la servante lui reprocher : « Mais, toi aussi, tu étais avec Jésus de Nazareth ! »

« Non ! Non ! Je ne le connais pas ».

Quand on a peur, c’est bien connu, on se rassemble, on se réunit dans la même pièce et l’on se met à prier ensemble.

Et voilà, maintenant, cet énorme souffle qui secoue toute la maison, ce vent qui se moque des portes et des fenêtres…

Et les voilà, nos douze apôtres comme emportés par ce souffle.

Ils sont toujours là, non plus assis, mais debout ; non plus recroquevillés sur eux-mêmes, mais allant ouvrir portes et fenêtres et Pierre, le chef, va sur le perron qui domine la foule : il doit vouloir se sauver ! Mais non ! Il reste sur ce podium et se met à haranguer la foule, à rassembler tous ces étrangers qui montent vers le Temple et leur annoncer :

« Vous savez, ce Jésus que vous avez crucifié, il est ressuscité ! Il est vivant ! Convertissez-vous ! Recevez le Baptême et vous aussi, vous recevrez le Saint-Esprit ».

Ils furent trois mille ce jour-là qui se joignirent à eux. L’Esprit-Saint ne fait pas de détail, aussi bien par la force de son souffle que par le nombre des convertis !

Que s’est-il passé ? Un souffle, un énorme souffle, intérieur et extérieur, qui bouscule nos petites habitudes, nos calculs, nos beaux projets, nos courbes et nos statistiques, nos assurances-vie : vol, accidents, incendie et tierce collision !

Un vent, ce n’est pas palpable. On ne peut pas le garder dans sa main, on ne peut le retenir ; de plus, on ne sait pas d’où il vient, ni où il va ! On est environné par lui, il s’infiltre partout, immatériel, on est comme emporté par lui…

Ceux qui ont eu l’expérience d’un cyclone le savent bien, malgré toutes nos sécurités, on est bien peu de chose. Nous ne sommes plus les maîtres et c’est bien ce qui se passe à la Pentecôte ! Nous ne sommes plus les maîtres.

C’est l’Esprit désormais qui va nous emporter, nous diriger, nous pousser en avant dans une aventure qui nous dépasse et que nous n’avions pas prévue.

Emportée au souffle de l’Esprit, notre vie chrétienne est-elle comme ce grand voilier qui tend ses voiles au grand vent du large et qui, larguant ses amarres, a le courage de sortir du port pour affronter le grand large ? Ou bien n’est-elle que cette petite chaloupe désarmée, couchée sur le sable et solidement amarrée aux anneaux du quai ? « Oui, “le souffle de Dieu”, rappelait Jésus à Nicodème, “nous mène où il veut” et c’est le moment de le dire “Dieu sait où” » peut-être même dit Jésus à St-Pierre « là où tu ne voudrais pas ! »

« Si nous nous livrons au souffle de l’Esprit, notre vie n’est plus à nous-mêmes, nous rappelle St-Paul, mais au Christ et à Dieu ».

Julien Green, au moment de sa conversion, notait dans son journal : « Introduire le surnaturel dans sa vie, c’est rompre la digue qui nous protège contre Dieu, c’est se vouer à une tragédie sans nom. Or, toute notre éducation moderne tend à nous armer contre le spirituel, à déjouer les ruses de ce perpétuel assiégeant qu’est Dieu. On lui oppose une invincible médiocrité, mais si on cède sur un point, alors c’est le ciel entier qui se rue en nous ».

Au siècle des assurances, des « caisses de sécurité » et des « pensions de retraite », non seulement Dieu n’est pas une « assurance-vie », mais pire encore, nous ne sommes pas assurés contre lui ! L’Esprit-Saint, comme un souffle violent est un danger permanent : il est capable de balayer nos projets, de brûler nos plans, de démanteler notre petit « quant à soi ».

Les apôtres, et tant de chrétiens après lui, en ont fait la terrible, mais exaltante expérience ! Allons-nous nous amarrer et nous raidir pour résister au souffle de Dieu et maintenir tant bien que mal notre petit équilibre ? Ou bien nous laisser emporter dans une expédition spirituelle qui nous dépasse ? « Le vent, nul ne sait où il va », mais il fera nous dépasser nous-mêmes et mener une vie qui aura une toute autre dimension.

Telle est l’ambition de l’Esprit-Saint pour nous : vent violent et irrésistible comme l’ouragan, vent léger et discret comme un murmure insistant « On ne sait d’où il vient, on ne sait par quelles routes il nous pousse vers des continents nouveaux » :

  • le vent de Dieu jette Paul par terre sur le chemin de Damas, puis l’envoie dans tous les pays de l’Empire Romain

  • il pousse St-François Xavier jusque sur les rives de la Chine et du Japon

  • envoie Charles de Foucault dans le désert de Hoggar

  • va faire asseoir St-Vincent-de-Paul sur les bancs des galériens

  • oriente mère Theresa à Calcutta

  • le père Laval à Maurice

  • St-Thomas aux Indes et Ste-Thérèse dans un carmel.

  • Il arrache à la somnolence des rives, à la douceur des plages et fait se lever une foule immense, celle de l’Eglise en marche vers une terre nouvelle « car mes voies, dit le Seigneur, ne sont pas vos voies et mes pensées ne sont pas vos pensées ».

D’où la nécessité pour nous, de nous ouvrir à l’Esprit, sans arrière-pensées, sans manœuvres, sans résistances de notre part. Parce que Dieu est Dieu, on ne lui demande pas d’assurances, de garanties. Notre vie de chrétien est une aventure basée sur la foi en Dieu et la force de son Esprit.

L’ange disait à Marie : « Rien n’est impossible à Dieu ». Alors, elle a dit « Oui » à l’Esprit. Le lieutenant Dupouey écrivait à sa femme : « Si je venais à disparaître, ne te préoccupe pas du lendemain : certains combinent toute leur vie dans leur cervelle, ils n’ont pas, comme nous, partie liée avec Dieu ».

On a peut-être trop parlé de vie spirituelle mais pas assez du souffle de l’Esprit, du vent de Dieu. Nos voiles sont-elles tendues pour être gonflées par ce vent ? Ne sont-elles pas aussi mal orientées ? Y a-t-il plus de sagesse à les amener et à les plier qu’à les maîtriser ?

Plus que tout, il leur faut le vent de Dieu, vent de création et d’aventure, s’exposer au vent de Dieu, hisser les voiles pour les gonfler de son souffle de vie. AMEN




Rencontre autour de l’Evangile (Jn 15, 26-27.16,12-15) – La Pentecôte

« Quand viendra le Défenseur que je vous enverrai d’auprès du Père, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. »

 

TA PAROLE SOUS NOS YEUX 

Situons le texte et lisons ; (Jn 15,26-27) ; 16, 12-15 

Dans le discours après la Cène, après avoir prévenu ses disciples que leur mission dans le monde ne sera pas plus facile qu’elle n’a été pour lui, Jésus leur promet l’assistance de l’Esprit-Saint. 

Le sens des mots

Le Défenseur :

Pourquoi les disciples auront-ils besoin d’un défenseur ?

Que je vous enverrai d’auprès du Père ?

Pourquoi faut-il que Jésus soit auprès du Père pour envoyer l’Esprit-Saint ? 

J’aurai encore beaucoup de choses à vous dire :

Comment comprendre cette parole de Jésus ? 

L’Esprit de vérité :

Pourquoi Jésus nomme t-il ainsi l’Esprit ? 

Il rendra témoignage :

Quel sera le rôle de l’Esprit par rapport à Jésus ? 

L’Esprit vous guidera vers la vérité tout entière, Il fera connaître ce qui va venir : Que veut dire Jésus ? 

Il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître : Quel sera le rôle principal de l’Esprit Saint auprès des apôtres ?

 

Pour animateur 

L’Esprit, le Défenseur (15, 26-27). Les disciples doivent savoir que dans les persécutions, ils ne seront pas seuls ; Le Défenseur sera à leur côté, l’Esprit de vérité qui témoigne pour Jésus. Comme les disciples porteront le même témoignage, on peut en déduire que c’est par les croyants que l’Esprit pourra porter ce témoignage.

Jésus doit passer par la mort et être glorifié dans la résurrection et l’Ascension, pour pouvoir communiquer aux hommes l’Esprit Saint. Dans sa condition terrestre, Jésus n’a pas encore la plénitude de l’Esprit pour pouvoir le donner.

L’Esprit, guide des disciples (16, 12-15) Jésus a donné l’essentiel de sa révélation. La richesse de son message est inépuisable. Il y a encore beaucoup de choses à découvrir dans ce qu’il a dit. L’Esprit fera comprendre ce qui s’est passé. Il conduira vers la vérité en faisant découvrir au fur et à mesure tout le contenu de la Bonne Nouvelle et la manière d’en vivre, de la mettre en pratique, dans l’existence quotidienne. Évoquons simplement Philippe qui, guidé par l’Esprit, donne à l’eunuque de relier Is 53,7-8 à Jésus (Ac 8,29).

L’Esprit fera connaître ce qui va venir, non en prédisant l’avenir ou en apportant une nouvelle révélation inutile après Jésus, mais en éclairant l’avenir à l’aide du mystère de Jésus. 

En définitive, l’Esprit poursuit ce que Jésus a fait : révéler aux hommes le mystère de Dieu. Jésus a été le dernier mot de Dieu aux hommes : mais la personne de Jésus reste en partie une énigme pour les hommes, tant que l’Esprit ne nous ouvre pas à l’intelligence profonde de son mystère. L’Esprit reprend ce que le Fils a été et ce qu’il a apporté, et tout cela vient du Père. C’est dans le Christ, interprété par l’Esprit, que le mystère de Dieu se dévoile.

Plus que personne, les parents de petits enfants savent combien l’être humain est fragile. Un banal refroidissement, une infection, une indigestion, cela suffit parfois, le pire peut arriver. La Bible nous le rappelle : nous sommes faits d’une chair fragile, la vie ne tient qu’à un fil. Il en est de même pour nos sentiments, car l’amour, lui aussi, est fragile. Comment pouvons-nous triompher du mal, alors que nous sommes si exposés ?

Mais Jésus nous a donné un Défenseur, son Esprit, présent à tout son Peuple et à chacun de nous. L’Esprit nous ouvre l’intelligence à l’enseignement du Christ et nous rend capables de porter sa Parole et d’y trouver la Vérité de toute chose, qui est la présence du Dieu d’amour. 

La Pentecôte proclame ainsi que toute l’œuvre du Christ aboutit à une guérison de la faiblesse humaine. Lui-même a insufflé aux apôtres défaits le souffle d’une nouvelle création, son Esprit.

 

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

 Seigneur notre Dieu, nous te rendons grâce pour le don de ton Esprit. Qu’il nous aide à vivre selon la Parole de Jésus ton Fils. Qu’il nous conduise jour après jour à une meilleure connaissance et à un plus grand amour de Jésus. Que sa force nous permette de vaincre nos peurs pour que nous soyons en ce monde difficile ses témoins.

 

TA PAROLE DANS NOTRE VIE

Est-ce que je réalise que sans l’Esprit-Saint ma relation avec le Christ et avec son Père est impossible ? Sans l’Esprit-Saint je ne peux pas être « chrétien », c’est-à-dire appartenir au Christ et vivre de sa vie. 

Qu’est-ce que la « vie spirituelle » ? Un moment de prière par-ci par là, une cérémonie religieuse, telle dévotion… ? Et mon travail, ma famille, tout ce qui remplit mes journées… tout cela serait-il étranger à l’Esprit qui habite en nous ? C’est toute notre vie de baptisé qui doit être une vie « dans l’Esprit » : c’est toute notre vie alors qui est « spirituelle », si nous sommes dociles à l’Esprit qui nous inspire ce qui est bien, ce qui est vrai, ce qui est juste, ce qui est amour.

L’Esprit-Saint fait de nous des fils et des filles du Père, des apôtres, des témoins de Jésus. Où en sommes-nous ?

L’Esprit-Saint est l’âme de l’Église. Comment je considère l’Église ? Comme une simple organisation pour nos besoins religieux ou comme le Peuple de Dieu, le Corps du Christ et le Temple de l’Esprit ? 

ENSEMBLE PRIONS

Esprit-Saint, dès l’origine à l’œuvre sur la terre, tu parlais autrefois par la voix des prophètes. Puis tu vins sur Marie… C’est toi qui dirigeais tous les pas de Jésus. Par toi, Souffle de vie, Christ est ressuscité : les siens l’ont reconnu. Au jour de Pentecôte tu descendis sur eux dans le vent et le feu ; et le timide Apôtre Témoigne au monde entier de la gloire de Dieu. Tu a fais naître l’Église. Dans le cœur du croyant tu choisis ton séjour. Sans toi, nous ne pouvons nommer Dieu « notre Père », ni Jésus « le Seigneur ». Tu fais de nous des fils ; l’étranger devient frère et le monde est meilleur. En nous c’est toi qui pries, et par toi le disciple annonce Jésus Christ. Viens répandre ta vie. Viens ! Le temps de l’Eglise est le temps de l’Esprit.

 
 

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