Audience Générale du Mercredi 14 Avril 2021

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 14 Avril 2021


Catéchèse – 29. L’Eglise, maîtresse de prière

Chers frères et sœurs, bonjour!

L’Eglise est une grande école de prière. Beaucoup d’entre nous ont appris à prononcer les premières prières assis sur les genoux de leurs parents ou de leurs grands-parents. Peut-être conservons-nous le souvenir de notre mère et de notre père qui nous enseignaient à réciter les prières avant d’aller dormir. Ces moments de recueillement sont souvent ceux pendant lesquels les parents écoutent leurs enfants faire quelques confidences personnelles et peuvent leur donner un conseil inspiré de l’Evangile. Ensuite, sur le chemin de la croissance, on fait d’autres rencontres, avec d’autres témoins et maîtres de prière (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, nn. 2686-2687). Cela fait du bien de les rappeler.

La vie d’une paroisse et de chaque communauté chrétienne est rythmée par les temps de la liturgie et de la prière communautaire. Nous nous apercevons que ce don que nous avons reçu dans l’enfance avec simplicité est un grand patrimoine, un patrimoine très riche, et que l’expérience de la prière mérite d’être toujours davantage approfondie (cf. ibid., n. 2688). L’habit de la foi n’est pas amidonné, il se développe avec nous; il n’est pas rigide, il grandit, également à travers des moments de crise et des résurrections; d’ailleurs, il ne peut pas grandir sans des moments de crise, car la crise te fait grandir: entrer en crise est une manière nécessaire pour grandir. Et le souffle de la foi est la prière: plus nous apprenons à prier plus nous grandissons dans la foi. Après certains passages de la vie, nous nous apercevons que sans la foi nous n’aurions pas pu y arriver et que la prière a été notre force. Pas seulement la prière personnelle, mais également celle de nos frères et sœurs, et de la communauté qui nous a accompagné et soutenu, des gens qui nous connaissent, des gens à qui nous demandons de prier pour nous.

C’est également pour cela que dans l’Eglise fleurissent sans cesse des communautés et des groupes consacrés à la prière. Certains chrétiens ressentent même l’appel à faire de la prière l’action principale de leurs journées. Dans l’Eglise, il y a des monastères, il y a des couvents, des ermitages, où vivent des personnes consacrées à Dieu, qui deviennent souvent des centres de rayonnement spirituel. Ce sont des communautés de prière qui font rayonner la spiritualité. Ce sont des petites oasis où l’on partage une prière intense et où l’on construit jour après jour la communion fraternelle. Ce sont des cellules vitales, non seulement pour le tissu ecclésial, mais pour la société elle-même. Pensons, par exemple, au rôle qu’a eu le monachisme dans la naissance et la croissance de la civilisation européenne, et également dans d’autres cultures. Prier et travailler en communauté fait avancer le monde. C’est un moteur.

Tout dans l’Eglise naît de la prière, et tout grandit grâce à la prière. Quand l’ennemi, le Malin, veut combattre l’Eglise, il le fait tout d’abord en cherchant à assécher ses sources, en les empêchant de prier. Nous le voyons par exemple dans certains groupes qui se mettent d’accord pour effectuer des réformes ecclésiales, des changements dans la vie de l’Eglise… Il y a toutes les organisations, il y a les médias qui informent tout le monde… Mais la prière ne se voit pas, on ne prie pas. «Nous devons changer cela, nous devons prendre cette décision qui est un peu forte…». La proposition est intéressante, elle est intéressante, seulement avec la discussion, seulement avec les médias, mais où est la prière? La prière est celle qui ouvre la porte à l’Esprit Saint, qui est celui qui inspire pour avancer. Les changements dans l’Eglise sans prière ne sont pas des changements d’Eglise, ce sont des changements de groupe. Et quand l’Ennemi – comme je l’ai dit – veut combattre l’Eglise, il le fait avant tout en cherchant à assécher ses sources, en les empêchant de prier, et [en la poussant à] faire ces autres propositions.  Si la prière cesse, il semble pendant un moment que tout puisse continuer comme toujours – par inertie – , mais peu de temps après, l’Eglise s’aperçoit qu’elle est devenue comme une enveloppe vide, qu’elle a égaré son axe central, qu’elle ne possède plus la source de la chaleur et de l’amour. Les femmes et les hommes saints n’ont pas une vie plus facile que les autres, au contraire, ils ont eux aussi leurs problèmes à affronter et, en plus, ils sont souvent l’objet d’oppositions. Mais leur force est la prière, qui puise toujours au «puits» intarissable de notre  mère l’Eglise. Par la prière, ils alimentent la flamme de leur foi, comme on le faisait avec l’huile des lampes. Et ainsi, ils avancent en marchant dans la foi et dans l’espérance. Les saints, qui souvent comptent peu aux yeux du monde, sont en réalité ceux qui le soutiennent, non pas avec les armes de l’argent et du pouvoir, des moyens de communication et ainsi de suite, mais avec les armes de la prière.

Dans l’Evangile de Luc, Jésus pose une question dramatique qui nous fait toujours réfléchir: «Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre?» (Lc 18, 8), ou trouvera-t-il seulement des organisations, comme un groupe d’ «entrepreneurs de la foi», tous bien organisés, qui font de la bienfaisance, beaucoup de choses…, ou trouvera-t-il la foi?. «Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre?». Cette question se trouve à la fin d’une parabole qui montre la nécessité de prier avec persévérance, sans se lasser (cf. vv. 1-8). Nous pouvons donc conclure que la lampe de la foi sera toujours allumée sur la terre, tant qu’il y aura l’huile de la prière. La lampe de la vraie foi de l’Eglise sera toujours allumée sur la terre tant qu’il y aura l’huile de la prière. C’est ce qui fait avancer la foi et qui fait avancer notre pauvre vie, faible, pécheresse, mais la prière la fait avancer avec sécurité. C’est une question que nous, chrétiens, nous devons nous poser: est-ce que je prie? Prions-nous? Comment est-ce que je prie? Comme des perroquets ou bien prions-nous avec le cœur? Comment est-ce que je prie? Je prie en étant certain d’être dans l’Eglise et je prie avec l’Eglise, ou est-ce que je prie un peu selon mes idées et je fais que mes idées deviennent prière? Il s’agit-là d’une prière païenne, pas chrétienne. Je le répète: nous pouvons conclure que la lampe de la foi sera toujours allumée sur la terre tant qu’il y aura l’huile de la prière.

Et il s’agit d’une tâche essentielle de l’Eglise: prier et éduquer à prier. Transmettre de génération en génération la lampe de la foi avec l’huile de la prière. La lampe de la foi qui illumine, qui arrange les choses vraiment comme elles sont, mais qui ne peut avancer qu’avec l’huile de la prière. Autrement, elle s’éteint. Sans la lumière de cette lampe, nous ne pourrions pas voir la route pour évangéliser, nous ne pourrions même pas voir la route pour bien croire; nous ne pourrions pas voir le visage de nos frères à approcher et à servir; nous ne pourrions pas éclairer la pièce où nous rencontrer en communauté… Sans la foi, tout s’écroule; et sans la prière, la foi s’éteint. Foi et prière, ensemble. Il n’y a pas d’autre voie. C’est pourquoi l’Eglise, qui est maison et école de communion, est maison et école de foi et de prière.


Je salue cordialement les personnes de langue française.

Frères et sœurs, demandons au Seigneur de répandre son Esprit sur les familles chrétiennes afin qu’elles deviennent des églises domestiques où les enfants sont formés par la prière, à un authentique témoignage de vie empreinte de foi, d’espérance et de charité.

Que Dieu vous bénisse !





3ième Dimanche de Pâques (Lc 24, 35-48) – Francis Cousin

« Paix à vous ! »

Nous voici revenu au soir du ’’premier jour de la semaine’’ après la mort de Jésus, le soir de sa résurrection.

Jésus était apparu à quelques disciples au long du jour. Il y avait donc grande effervescence dans la chambre haute, qu’on appelle maintenant le cénacle.

Les deux disciples d’Emmaüs étaient arrivés pour annoncer qu’ils l’avaient vu, eux aussi, et qu’ils l’avaient reconnu à la fraction du pain.

On discutaillait dans tous les coins de la résurrection de Jésus, surtout après l’arrivée des pèlerins d’Emmaüs …

Et soudain, Jésus est là ! (Saint Jean précise même : « Alors que les portes … étaient verrouillées par crainte des juifs. » (Jn 20,19)).

« Paix à vous ! »

C’est sûr qu’il y a de quoi être affolé de cette situation ! Et les disciples le furent : ils croyaient voir un fantôme !

Voyons comment Jésus d’y prend pour les convaincre que c’est bien lui qui est là. Il ne dit pas : « C’est moi, Jésus, je suis ressuscité ! ».

Au contraire, il prend soin d’eux : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ? »

Il n’attend pas de réponses … que les disciples auraient d’ailleurs été bien incapables d’exprimer, mais il montre qu’il connaît le trouble que sa présence met dans leurs cœurs. Cela les calme.

Puis il passe aux choses concrètes : « Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! », avec la marque des clous …

« Touchez-moi … je suis fait de chair et d’os … je ne suis pas un esprit ! »

Mais ils ne sont pas encore vraiment convaincus …

« Avez-vous ici quelque chose à manger ? » … et il mangea devant eux le morceau de poisson grillé qu’ils lui présentèrent … Son corps fonctionnait normalement, comme tous les corps !

Les disciples sont alors rassurés …

Alors seulement, il commence à leur parler de la mission que le Père lui a confiée, mission préparée et annoncée par les écrits de la Bible : « Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. », puis de ce qu’il leur avait dit : « Il devait souffrir, mourir et ressusciter le troisième jour … ».

Et il finit en disant : « À vous d’en être les témoins. »

C’est le même schéma que lors de la discussion avec les disciples d’Emmaüs : d’abord la mise en confiance, puis les explications de l’Écriture, et enfin, après le repas, devenir témoins. (Mais pour les disciples d’Emmaüs, il n’a pas eu à le leur dire : ils l’ont compris tout seul).

Alors pour nous, qui avons été baptisés, grâce au témoignage de ceux qui nous ont précédés, où en sommes-nous de notre relation à Dieu, à la résurrection de Jésus ?

– Sommes-nous dans le doute vis-à-vis de la résurrection de Jésus ?

    Un sondage assez ancien révèle que seulement 13 % de catholiques français croient en la résurrection de Jésus, 31 % chez les catholiques pratiquants, et seulement 57 % chez les pratiquants réguliers, alors que ce devrait être 100 % ! ; et la tendance est à une diminution continue au profit de la réincarnation ! Il paraît que c’est ’’tendance’’ ?!!

    Pourtant, saint Paul le dit très clairement : « Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur » (1 Co 15,17).

– Sommes-nous au clair dans la connaissance et la garde des commandements de Jésus ?

    Saint Jean nous le dit : « Celui qui dit : ’’Je le connais’’ [Jésus], et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur : la vérité n’est pas en lui. » (Première lecture).

– Sommes-nous conscients que nous avons à être des témoins de la Résurrection de Jésus ?

– Sommes-nous conscients que, par le baptême, le Christ est présent en nous à chaque instant de notre vie ?

Le Seigneur nous dit encore aujourd’hui : « Paix à vous ! ». Paix dans notre cœur, avec la foi en la résurrection de Jésus, dans la connaissance de son enseignement, dans la volonté d’être témoin de sa Parole, conscient qu’il est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde.

Seigneur mon Dieu,

Beaucoup demandent :

« Qui nous fera voir le bonheur ? »

Sur nous, Seigneur,

que s’illumine ton visage !

Dans la paix, moi aussi,

je me couche et je dors,

car tu me donnes d’habiter,

Seigneur,

seul, dans la confiance.

                                               (Psaume 4)

Francis Cousin      

 

 

Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le titre ci-après:

Image dim Pâques B 3°




3ième Dimanche de Pâques – par le Diacre Jacques FOURNIER (Luc 24, 36-48)

 “Les Apôtres, témoins du Ressuscité

pour le salut de tous”

(Lc 24,36-48)

En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.
Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit.
Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?
Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. »
Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
Ils lui présentèrent une part de poisson grillé
qu’il prit et mangea devant eux.
Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures.
Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
À vous d’en être les témoins. »

 

           Le Christ Ressuscité apparaît ici à ses disciples et leur dit, une fois de plus : « La paix soit avec vous ! » Dans le langage de la Bible, le mot « paix » est synonyme de « plénitude » et il renvoie ici à la Plénitude même de Dieu. « En Lui », le Christ, « habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité, et vous vous trouvez, en lui, associés à sa Plénitude » (Col 2,9). En effet, si « Dieu est Esprit » (Jn 4,24), « il vous a fait le don de son Esprit Saint » (1Th 4,8). « Cherchez donc dans l’Esprit votre Plénitude » (Ep 5,18) ! Et elle sera avant tout « paix » au plus profond du cœur : « Que la paix du Christ règne donc dans vos cœurs : tel est bien le terme de l’appel qui vous a rassemblés en un même Corps » (Col 3,15). Cette Paix, synonyme de silence intérieur et de repos, est le premier critère de l’action du Ressuscité en nos vies : tout ce que fait « le Dieu de la Paix » par son Fils « doux et humble de cœur » (Rm 15,13 ; Mt 11,29) se réalise très concrètement dans la douceur et dans la paix : « Le fruit de l’Esprit est amour, joie, paix, douceur » (Ga 5,22-23)…

            Mais les disciples, ici, sont « frappés de stupeur et de crainte », une réaction qui ne va pas durer et que le Christ va apaiser ! En le voyant, « ils croyaient voir un esprit », « l’esprit » d’un mort, et ils ont peur, bien sûr, de ce monde des morts, source inépuisable de tant de superstitions… Mais non, Jésus n’est pas un mort venu les chercher pour les entraîner dans la mort… Il est le Vivant venu leur offrir la Plénitude de sa Vie, de sa Paix et de sa Joie par le Don de l’Esprit Saint (Jn 14,27 ; 15,11). Et les disciples commencent à l’accueillir : « Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire »…

            Alors, pour bien les convaincre qu’il est « le Premier-Né d’entre les morts », le même et pourtant « le tout autre » dans sa chair glorifiée, il va les inviter à le toucher : « Voyez mes mains et mes pieds », ils ont encore les marques de la Passion, signes de sa victoire sur la mort. « Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os, et vous constatez que j’en ai. » Et il mangera devant eux « un morceau de poisson grillé »…

            Une fois apaisés, il pourra leur expliquer le sens de sa mort et de sa résurrection annoncées depuis bien longtemps par les prophètes. Par amour, il a voulu « porter lui‑même nos fautes dans son corps » (1P 2,21-25) : il a vécu ce que vivent les plus grands pécheurs, pour que nous tous, pécheurs, nous puissions vivre ce que Lui vit de toute éternité : cette Plénitude de Vie, de Lumière et de Paix et qu’il reçoit du Père avant tous les siècles. C’est pourquoi il enverra ses Apôtres en « témoins » de sa Miséricorde et du Pardon des péchés donné en surabondance à quiconque se repent de tout cœur !

D. Jacques Fournier




3ième Dimanche de Pâques – Homélie du Père Louis DATTIN

Jésus ressuscité parle à ses apôtres

Luc 24, 35-48

Peut-être, frères et sœurs, avons-nous du mal à réaliser et à prendre conscience de l’importance de la Résurrection du Christ pour nos vies chrétiennes. Nous avons parfois tendance à mettre cette fête au niveau des précédentes et des suivantes… un épisode de la vie du Christ que nous célébrons au même titre que les autres, selon la chronologie de la vie du Seigneur et son application liturgique : il y a eu Noël , la Présentation du Christ au Temple , l’Annonciation, le 25 mars. Après Pâques, il y aura l’Ascension puis la Pentecôte et n’oublions pas ces fêtes auxquelles l’Eglise a donné beaucoup de solennités : le 15 août, celle de la Vierge Marie, la fête de tous les saints, le 1er novembre.

Attention ! Ne mettons pas la fête de Pâques au même niveau ! Ne l’inscrivons pas seulement dans la succession des fêtes de l’Eglise.

Pâques, c’est “LA FÊTE”. Pâques, c’est “l’ÉVÉNEMENT”. Pâques, c’est le tournant décisif pour le salut et l’histoire des hommes, à tel point que l’on peut dire, sans majorer la fête de Pâques, qu’il y a 2 histoires du monde :

avant Pâques, où les hommes étaient animés d’une grande espérance, période de recherche, d’attente, de yeux levés vers un horizon où tout se révèlera. C’est cette période qui correspond à ce que nous appelons “l’Ancien Testament”, la Bible et son peuple élu et puis …

après Pâques, où tout le sens du monde et son explication devient, à la lumière de la Résurrection, un autre univers :

le même et pourtant absolument différent ! Par Jésus-Christ, mort et ressuscité, c’est l’entrée dans un monde nouveau où l’homme peut accéder à la vie divine, pénétrer dans un autre univers, “devenir” la famille de Dieu « et nous le sommes vraiment » insiste St-Jean. L’espoir devient réalité, l’attente devient le désir comblé, la recherche devient découverte. Les yeux n’ont plus à se lever vers un horizon lointain et irréel, mais à fixer les cicatrices du Ressuscité devant lesquelles nous n’avons plus qu’à dire, à genoux devant le Christ : « Mon Seigneur et mon Dieu ».

Pâques, c’est le retournement, le changement absolu, cet instant inouï et éblouissant qui fait que, d’un coup, l’univers est autre, que le monde n’est plus le même et qu’il ne sera jamais plus comme avant !

            Vous avez certainement eu, dans votre vie, un moment privilégié, un événement extraordinaire qui vous a marqué définitivement, si bien que lorsque vous vous référez à votre histoire, vous vous dîtes : dans ma vie, il y a avant ce moment-là… et après : de ces grandes joies ou grandes peines fulgurantes qui ne nous laissent pas intacts mais qui nous marquent définitivement, même à notre insu. Pâques, c’est la charnière des deux volets de l’histoire de l’Humanité. Tout d’abord, il y eut cette lente montée de la vie de l’esprit, millénaire après millénaire, jusqu’à ce que l’homme soit capable de concevoir, plus loin et plus grand que lui. Aidé par la révélation, il s’engage dans toutes sortes de pistes, à la recherche de l’absolu. Un peuple, élu, y arrive et Moïse pose la question fondamentale : « Qui es-tu ? ». Dieu lui révèle : « Je suis qui je suis », c’est-à-dire l’indicible, source et racine de toute existence « mouvement et être ».

Cette quête de Dieu n’est encore qu’extérieure à nous-mêmes. Arrive le moment où celui qui aime ne veut plus faire qu’un avec l’être aimé, où Dieu choisit d’être l’un de nous, parmi nous, homme parmi les hommes, levain de la pâte humaine pour la transformer et la diviniser à tel point qu’un jour, les hommes puissent dire à Dieu « Notre Père » et que ce Père, à son tour, puisse dire à chacun, comme au Christ lui-même : « Celui-ci est mon fils bien-aimé ».

 C’est ce que Dieu a pu dire de vous, le jour de votre Baptême, à chacun de vous : « Celui-ci est mon fils, ma fille bien aimé ». Grâce à la mort et à la Résurrection du Christ, vous mourrez au péché avec lui, et vous ressuscitez, vous aussi, avec lui, pour être introduit dans une vie nouvelle dont nous avons bien du mal à réaliser l’importance et la grandeur.

Pâques : point de départ d’une Humanité nouvelle, naissance d’un peuple de Dieu, l’Eglise en marche, à son tour, vers une autre “Terre promise” : le Royaume de Dieu, Royaume qui se construit déjà et qui, dans une gestation plus longue encore que celle du Messie, deviendra, un jour, la société idéale, “la Cité nouvelle” que nous annonce St-Augustin, la Cité enfin réconciliée, sous la conduite de son nouveau Moïse : Jésus-Christ Ressuscité dans “la Jérusalem céleste”.

Frères et sœurs, avec un tel langage, avec de tels objectifs, peut-être sommes-nous pris pour des rêveurs, des utopistes, des irréalistes, un peu comme St-Paul annonçant la Résurrection à Athènes et à qui les Grecs, en ricanant, répondent : “Nous t’entendrons là-dessus une autre fois”. Au mot de “Résurrection”, les uns se moquaient, les autres le quittaient ». “Résurrection”, c’était pourtant le mot-clé, l’événement central, la seule vraie mutation de l’Humanité.

Peut-être ces Athéniens avaient-ils pour excuse de croire que ce n’était qu’un événement. “Pour demain”, “Nous t’entendrons plus tard”, disent-ils et là, ils se sont trompés, comme nous-mêmes, à notre tour, nous faisons erreur. Le Royaume de Dieu, il n’est pas “pour demain“.  Il est pour aujourd’hui, il est actuel. Il est déjà en chantier. Le Royaume de Dieu, nous répète le Christ, il est déjà , au milieu de vous. Cette Résurrection du Christ, elle a déjà eu lieu ; elle nous a, nous-mêmes, déjà changés à notre Baptême ! Nous sommes morts et ressuscités avec le Christ, depuis Pâques, c’est-à-dire le “passage”. Nous sommes déjà passés dans le Royaume. La Mer Rouge est derrière nous. “La Cité nouvelle, la Jérusalem Céleste” est déjà en chantier.

Il ne s’agit pas pour nous d’un au-delà, mais d’un déjà-là à mettre en place, à construire, à faire grandir et à développer selon les plans de l’Evangile. Ne faisons pas comme si le plan de cette Humanité nouvelle n’existait pas. N’agissons pas comme si l’homme idéal n’était pas encore venu. Jésus-Christ, Ressuscité, prototype de l’Homme, de tout l’homme, à la fois modèle et chef de chantier de la société future et définitive, nous conduit et nous structure en société idéale, déjà existante, déjà embryonnaire, mais que nous avons, au cours des siècles, génération après génération, à mettre en place.

Le Royaume de Dieu est une œuvre de longue haleine. Et, nous chrétiens, que nous soyons de simples citoyens, des élus, des responsables ou des hommes d’état, n’oublions pas, qu’à l’instar de ces ouvriers des cathédrales qui ne voyaient jamais leur œuvre achevée, mais qui savaient qu’elle le serait un jour, nous avons, nous aussi, à notre niveau, à bâtir, à construire cette Cité de Dieu, cette Jérusalem Céleste, ce Royaume de Dieu dont nous sommes déjà, depuis la Résurrection du christ, des citoyens à part entière. AMEN




2ième Dimanche de Pâques (Jn 20, 19-31) – P. Rodolphe EMARD

Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité !

Nous le rappelons souvent frères et sœurs, le cœur de la foi chrétienne c’est la Résurrection. Cependant, la foi en la Résurrection n’est pas automatique, loin de là ! Nous n’y adhérons pas tous de la même façon.

Il s’agit d’un grand mystère qu’il faut constamment accueillir dans notre vie, à l’instar de Thomas. Thomas est fort sympathique, il est sans doute celui qui a vécu une expérience religieuse proche de la nôtre.

Le soir de Pâques, il n’est pas avec les autres disciples lorsque Jésus ressuscité fait son apparition. Ses amis lui rapportent la Bonne Nouvelle : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais Thomas a une réponse bien ferme : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »

La réaction de Thomas est proche de celle de beaucoup de nos contemporains. On dit parfois : « Je ne crois qu’à ce que je vois ! » On en reste qu’à ce qu’on peut toucher de nos mains ou voir de nos yeux de chair. Si on prend ce dicton à la lettre, au final, on croit en peu de choses !

Car il y a bien des choses que nous ne voyons pas et qui pourtant existent et ont des effets sur nous : l’air, les ondes, les rayons ultraviolets, les microbes, la Covid-19 que nous ne voyons pas mais qui ravage sérieusement notre quotidien…

Ce n’est pas parce qu’on ne voit pas que ça n’existe pas ! Il en est de même pour les affaires de la foi. Antoine de Saint-ExupérY disait ou faisait dire au Petit Prince : « L’essentiel est invisible pour les yeux » ; « On ne voit bien qu’avec le cœur ».

 

Or, Jésus a bien dit cela : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » La Résurrection n’est pas de l’ordre d’une expérience scientifique mais de l’ordre d’une expérience spirituelle, de l’ordre des « yeux du cœur » : il s’agit d’une rencontre, celle de Jésus ressuscité ! C’est lui qui est à l’origine, la cause et le but de notre foi. C’est en ayant vécu et après avoir seulement vécu cette rencontre avec Jésus ressuscité que nous serons capables de poser un acte de foi, à l’image de Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Thomas passera de l’incrédulité à la foi et notons qu’il donne une profession de foi la plus poussée concernant le Christ : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus est Seigneur et il est Dieu !

Dans l’Évangile, nous ne savons pas comment Jésus rejoint ses disciples qui font une réelle expérience de sa présence. La présence de Jésus n’est ni fantomatique, ni ésotérique. Ce n’est pas un fantôme !

C’est le même Jésus, le Verbe de Dieu qui a pris chair de la Vierge Marie, qui a séjourné sur les routes de la Palestine, qui a subi la Passion et qui est mort sur la croix. D’ailleurs, il montre à ses disciples les marques de la croix dans ses mains et dans son côté. Mais il est ressuscité et par la force de sa Résurrection, Jésus est dans une condition radicalement nouvelle, dans une condition glorieuse.

Il me semble frères et sœurs que pour nous disciples de 2021, deux appels nous sont faits ce matin :

  • La foi nous l’aurons compris est une rencontre avec le Christ ressuscité, une rencontre vivifiante qui communique la Vie de Dieu. Jésus nous donne :

  • L’Esprit-Saint pour dépasser nos doutes, nos craintes. L’Esprit-Saint qui nous vivifie et nous purifie de l’intérieur pour nous révéler la vérité du Christ.

  • « La paix soit avec vous ! » (À trois reprises dans le récit). Jésus nous donne sa paix. C’est ce dont nous avons le plus besoin. Quand nous en faisons réellement expérience, cette paix nous rassure, elle annule la peur. Cette paix ne supprime pas, comme par magie, les difficultés et les tempêtes de la vie mais elle nous aide à les surmonter sereinement, avec plus de confiance. Nous ne sommes pas seuls, le Christ ressuscité est avec nous, il nous donne l’Esprit-Saint : « Recevez l’Esprit Saint. »

  • Jésus nous donne son pardon qui restaure, qui nous relève et nous pousse à ne pas nous résigner de nos épreuves et de nos échecs. Le pardon du Christ peut nous faire rebondir si nous l’accueillons vraiment dans nos vies, dans nos relations, dans nos engagements…

  • N’oublions pas que chaque dimanche est le lieu où le Christ se laisse « toucher » pour nous communiquer sa vie de ressuscité. C’est dans le rassemblement de la messe que s’établit et se renforce notre foi.

Demandons au Seigneur d’augmenter en nous la foi en sa Résurrection.

  • Thomas est proche de nous, il nous est semblable sous bien des aspects. Il a ses qualités, il est concret, plein de bon sens et il n’a pas envie de se faire avoir. Qui le voudrait ? Alors, il veut vérifier par lui-même : « Si je ne vois pas (…) si je ne [touche pas] (…) non, je ne croirai pas ! »

Thomas apprendra à ne pas se fier qu’à lui-même. Sa foi s’appuiera aussi sur celle de ses frères disciples : « Nous avons vu le Seigneur ! »

Je terminerai sur ce point frères et sœurs. Oui ! Que le Seigneur augmente en nous la foi ! Et qu’il nous préserve de ne pas fabriquer une « foi zembrocal », une foi qui nous arrangerait, une foi de sélections (je prends tel ou tel élément, d’ici ou d’ailleurs…)

Notre foi repose sur le témoignage, sur la foi des Apôtres. Le tombeau vide ne prouve rien ! Gardons-nous de nous séparer cette tradition apostolique. Pour nous baptisés catholiques, hors de l’Église, point de Salut ! Que le Seigneur nous donne de chérir cette tradition apostolique.

Belle fête de la divine Miséricorde à tous. Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité ! Amen.

                                                                                                             P. Rodolphe Emard




Audience Générale du Mercredi 7 Avril 2021

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 7 Avril 2021


Catéchèse – 28. Prier en communion avec les saints

Chers frères et sœurs, bonjour!

Je voudrais aujourd’hui m’arrêter sur le lien entre la prière et la communion des saints. En effet, quand nous prions, nous ne le faisons jamais seuls: même si nous n’y pensons pas, nous sommes plongés dans un fleuve majestueux d’invocations qui nous précède et qui se poursuit après nous.

Dans les prières que nous trouvons dans la Bible, et qui retentissent souvent dans la liturgie, on trouve la trace d’antiques histoires, de libérations prodigieuses, de déportations et d’exils tristes, de retours émouvants, de louanges prononcées devant les merveilles de la création… Et ainsi, ces voix se transmettent de génération en génération, dans un mélange incessant entre l’expérience personnelle et celle du peuple et de l’humanité à laquelle nous appartenons. Personne ne peut se détacher de sa propre histoire, de l’histoire de son peuple, nous portons cet héritage dans nos habitudes et également dans la prière. Dans la prière de louange, en particulier dans celle qui naît du cœur des petits et des humbles, retentit quelque chose du chant du Magnificat que Marie éleva à Dieu devant sa parente Elisabeth; ou de l’exclamation du vieux Siméon qui, prenant l’Enfant Jésus dans les bras, dit ceci: «Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix» (Lc 2, 29).

Les prières – celles qui sont bonnes – se “diffusent”, elles se propagent dans cesse, avec ou sans messages sur les “réseaux sociaux”: à partir des chambres d’hôpital, des moments de retrouvailles festifs, comme de ceux où l’on souffre en silence… La douleur de chacun est la douleur de tous, et le bonheur d’une personne se déverse dans l’âme des autres personnes. La douleur et le bonheur font partie de l’unique histoire: ce sont des histoires qui deviennent histoire dans notre propre vie. On revit l’histoire avec ses propres mots, mais l’expérience est la même.

Les prières renaissent toujours: chaque fois que nous joignons les mains et que nous ouvrons notre cœur à Dieu, nous nous retrouvons en compagnie de saints anonymes et de saints reconnus qui prient avec nous, et qui intercèdent pour nous, comme des frères et sœurs aînés qui sont passés par notre même aventure humaine. Dans l’Eglise, il n’y a pas un deuil qui reste solitaire, il n’y a pas une larme qui soit versée dans l’oubli, car tout respire et participe d’une grâce commune. Ce n’est pas un hasard si dans les églises antiques les sépultures se trouvaient précisément dans le jardin autour de l’édifice sacré, comme pour dire qu’à chaque Eucharistie participe, d’une certaine manière, la foule de ceux qui nous ont précédés. Il y a nos parents et nos grands-parents, il y a les parrains et les marraines, il y a les catéchistes et les autres éducateurs… Cette foi communiquée, transmise, que nous avons reçue: avec la foi a également été transmise la manière de prier, la prière.

Les saints sont encore ici, non loin de nous; et leurs représentations dans les églises évoque cette “nuée de témoins” qui nous entoure toujours (cf. He12, 1). Au début, nous avons entendu la lecture du passage de la Lettre aux Hébreux. Ce sont des témoins que nous n’adorons pas – bien évidemment, nous n’adorons pas ces saints –, mais que nous vénérons et qui, de mille manières, nous renvoient à Jésus Christ, unique Seigneur et médiateur entre Dieu et l’homme. Un saint qui ne te renvoie pas à Jésus Christ n’est pas un saint, pas même un chrétien. Le saint te rappelle Jésus parce qu’il a parcouru le chemin de la vie comme un chrétien. Les saints nous rappellent que dans notre vie également, bien que faible et marquée par le péché, la sainteté peut éclore. Dans les Evangiles, nous lisons que le premier saint «canonisé» a été un voleur et il a été « canonisé » non par un Pape, mais par Jésus lui-même. La sainteté est un parcours de vie, de rencontre avec Jésus, qu’elle soit longue ou brève, d’un instant, mais c’est toujours un témoignage. Un saint est le témoignage d’un homme ou d’une femme qui a rencontré Jésus et qui a suivi Jésus. Il n’est jamais trop tard pour se convertir au Seigneur, qui est bon et grand dans l’amour (cf. Sal 102,8).

Le Catéchisme explique que les saints «contemplent Dieu, ils le louent et ne cessent pas de prendre soin de ceux qu’ils ont laissé sur la terre. […] Leur intercession est leur plus haut service du Dessein de Dieu. Nous pouvons et devons les prier d’intercéder pour nous et pour le monde entier» (CEC, 2683). Dans le Christ, il y a une solidarité mystérieuse entre ceux qui sont passés à l’autre vie et nous qui sommes pèlerins dans celle-ci: du Ciel, nos chers défunts continuent à prendre soin de nous. Ils prient pour nous et nous prions pour eux, et nous prions avec eux.

Ce lien de prière entre nous et les saints, c’est-à-dire entre nous et les gens qui sont arrivés à la plénitude de la vie, ce lien de prière nous en faisons déjà l’expérience ici, dans la vie terrestre: nous prions les uns pour les autres, nous demandons et nous offrons des prières… La première façon de prier pour quelqu’un est de parler de lui ou d’elle à Dieu. Si nous faisons cela fréquemment, chaque jour, notre cœur ne se ferme pas, il reste ouvert à nos frères. Prier pour les autres est la première manière de les aimer et nous pousse à la proximité concrète. Même dans les moments de conflits, une manière de dénouer le conflit, de l’adoucir, est de prier pour la personne avec laquelle je suis en conflit. Et quelque chose change avec la prière. La première chose qui change est mon cœur, est mon attitude. Le Seigneur le change pour rendre une rencontre possible, une nouvelle rencontre et éviter que le conflit ne devienne une guerre sans fin.

La première manière d’affronter un temps d’angoisse est de demander à nos frères, en particulier aux saints, qu’ils prient pour nous. Le nom qui nous a été donné au baptême n’est pas une étiquette ou une décoration! C’est généralement le nom de la Vierge, d’un saint ou d’une sainte, qui n’attendent rien d’autre que de “nous donner un coup de main ” dans la vie, de nous donner un coup de main pour obtenir de Dieu les grâces dont nous avons le plus besoin. Si dans notre vie les épreuves n’ont pas été excessives, si nous sommes encore capables de persévérance, si malgré tout nous avançons avec confiance, peut-être devons-nous tout cela, plus qu’à nos mérites, à l’intercession de nombreux saints, certains au Ciel, d’autres pèlerins comme nous sur la terre, qui nous ont protégés et accompagnés, car nous savons tous qu’ici sur la terre il y des personnes saintes, des hommes et des femmes saints qui vivent dans la sainteté. Ils ne le savent pas, nous ne le savons pas non plus, mais il y a des saints, des saints de tous les jours, des saints cachés ou, comme j’aime à le dire, des «saints de la porte à côté», ceux qui partagent leur vie avec nous, qui travaillent avec nous et qui conduisent une vie de sainteté.

Que soit donc béni Jésus Christ, unique Sauveur du monde, avec cette immense floraison de saints et de saintes, qui peuplent la terre et qui ont fait de leur vie une louange à Dieu. Car – comme l’affirmait saint Basile – «pour l’Esprit, le saint est une demeure particulièrement adaptée, parce qu’elle s’offre pour habiter avec Dieu et qu’elle est appelée son temple» (Liber de Spiritu Sancto, 26, 62: PG 32, 184A; cf. CEC, 2684).


Je salue cordialement les personnes de langue française. Que, dans les épreuves de ce monde, le Christ ressuscité, unique Seigneur et Médiateur entre Dieu et les hommes, soit toujours votre joie et vous donne sa force pour l’annoncer autour de vous. Que Dieu vous bénisse !





2ième Dimanche de Pâques (Jn 20, 19-31) – Francis Cousin

 « Thomas … »

Un cas parmi les apôtres …

Un peu grande gueule aussi, comme saint Pierre … C’est lui qui dit : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! » (Jn 11,16) quand Jésus voulait retourner à Jérusalem …

Mais devant la réalité de la mort de Jésus, il a peur pour lui, pour sa vie …

Ses belles paroles sonnent faux dans le contexte de la Passion …

S’il ne renie pas Jésus, il l’abandonne à son sort … et il a honte de ses paroles vis-à-vis des autres apôtres …

Et il s’isole, s’éloigne du groupe des apôtres. Il a besoin de réfléchir.

Alors qu’il rencontre un des apôtres qui lui annonce que Jésus est ressuscité … il a une petite lueur d’espoir … mais il doute encore. Une question qui vient d’ajouter aux autres. Dans son esprit rationnel, il lui faut une preuve : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! ».

Mais il rejoint les apôtres.

Huit jours après sa première apparition, c’est-à-dire le premier jour de la semaine, le lendemain du sabbat, en tenant compte de l’habitude juive de compter les deux extrémités de l’intervalle pour indiquer l’amplitude de celui-ci, Jésus revient au cénacle.

On remarquera que les apparitions de Jésus sont nombreuses le lendemain du sabbat de Pâques, puis plus rien de la semaine, et quand Jésus revient le lendemain du sabbat suivant, il rassemble (écclésia) de nouveau les apôtres dans la joie de la Résurrection, donnant ainsi le rythme des rencontres de ceux qui croient en lui un lendemain de sabbat, notre dimanche.

Ce jour-là, Thomas est présent, et Jésus vient. Après les salutations d’usage : « La paix soit avec vous ! », il enchaîne tout de suite sur Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains … ».

Ces simples mots sont suffisant pour Thomas … Il n’écoute pas la suite …

On pourrait dire : « Il vit, et il crut ! » …

Et il reconnaît son Dieu en Jésus ressuscité : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Une profession de foi, comme celle de Pierre … l’une avant la Résurrection pour annoncer que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et l’autre après la Résurrection, pour dire que le Messie est Dieu, au même titre que son Père …

Et Jésus conclut : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Dans notre monde que l’on dit cartésien, on veut tout voir, ou tout expliquer. On veut « continuer de ranger ses arguments en les ordonnant sous la bannière de la sacro-sainte logique. Ce qui ne se voit pas, ce qui dépasse l’entendement, ce qui se ressent, a du mal à se frayer un chemin dans l’esprit humain, d’autant plus que l’imaginaire, le symbolique, le poétique, le surnaturel, ne sont plus aujourd’hui considérés comme des passages où la vérité pourrait se glisser en se livrant… Le mieux n’est-il pas alors de s’engouffrer dans l’existence qui nous est offerte et d’en profiter sans l’obscurcir par de lourdes questions, en attendant que l’aurore, que l’on y croit ou non, se lève sur la nuit ? » (Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine).

Certains croient … mais cela ne les empêchent pas de douter … comme les apôtres le jour de l’ascension de Jésus …

C’est normal ! Parce que c’est l’une des techniques préférées de Satan que d’insinuer le doute en nous pour essayer de nous amener à lui…

On ne discute pas avec Satan. « Avec le diable, on ne dialogue jamais, il n’y a pas de dialogue possible. Uniquement la Parole de Dieu. » (Pape François, angélus 21-02-21).

Et si on ne connaît une parole de Dieu adéquate, on peut s’en sortir par la prière du Notre Père « Ne nous laisse pas entrer en tentation », ou par le Crédo.

Et puis prendre exemple sur la vie de saintes ou de saints. Eux aussi ont été tentés, mais ils ne se sont pas laissés faire … ils ont résisté.

Il est d’ailleurs dommage que la plupart des enfants actuels ne connaissent pas la vie de leur saint patron, ce qui pourrait les aider dans leurs questionnements … ou même qui ne savent même pas le nom du saint patron qui est associé à leur prénom … quand il existe ! … C’est un peu la faute des parents qui choisissent plutôt des prénoms originaux, pour ne pas faire comme tout le monde, plutôt que des saintes ou saints bien connus (ou moins connus) …

À nous qui doutons, nous ne trouverons peut-être pas les réponses dans les livres, mais certainement dans notre cœur, où Jésus est présent, si nous nous ouvrons à lui … et si nous l’écoutons.

Seigneur Jésus,

il nous est bien difficile

de ne pas avoir des moments de doute.

Satan s’y emploie à l’envie.

Mais tu es toujours présent dans mon cœur.

Je crois en toi, Seigneur Jésus,

et tu nous donnes la Vie, toi,

mon Seigneur et mon Dieu !

Francis Cousin      

 

 

Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le titre ci-après:

Image dim Pâques B 2°




2ième Dimanche de Pâques – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Jean 20, 19-31)

Vivre du Ressuscité 

(Jn 20,19-31)

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »
Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

   

          St Jean connaît la distinction entre « les Douze », les colonnes de l’Eglise, et « les disciples » (Jn 6,66-67). Cette manifestation du Ressuscité s’adresse ici aux disciples, c’est-à-dire à toute l’Eglise, et à travers eux, ce sont tous les disciples de tous les temps qui sont concernés, et donc chacun d’entre nous…

            Jésus accomplit ici ses promesses… Il avait dit : « Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai vers vous »… Ici, « Jésus vint »… Il avait dit : « Encore un peu de temps et le monde ne me verra plus. Mais vous, vous verrez que je vis et vous aussi, vous vivrez » (Jn 14,18-23). Ici, « il leur montra ses mains et son côté », une expérience fondatrice qui lancera l’Eglise sur les chemins de la mission universelle. Mais nous sommes tous appelés à vivre nous aussi une rencontre avec le Ressuscité. Certes, nous ne verrons pas « ses mains et son côté », mais « nous verrons qu’il vit ». Nous prendrons conscience, par une expérience qui engage toute notre vie, qu’Il est Vivant… Et cela se fera dans la mesure où « nous aussi, nous vivrons ». Autrement dit, c’est en vivant de la vie nouvelle du Ressuscité que nous pourrons reconnaître, sans le voir explicitement, qu’il est vivant.

            Cette vie nouvelle en nous sera le fruit de l’accueil par notre foi de l’Esprit Saint, le Souffle créateur et vivifiant de Dieu : « Le Seigneur Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant » (Gn 2,7). Le Christ Ressuscité reprend ici ce geste : « Il répandit sur eux son souffle et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint » ». Avec lui et par lui, le projet créateur de Dieu s’accomplit : l’homme participe à ce qu’Il Est, car « Dieu est Esprit » (Jn 4,24). Et grâce à ce Don, il vit dès maintenant, dans la foi, de sa vie car « c’est l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63).…

            Il aura fallu à Thomas l’expérience forte de la vision des plaies du Ressuscité pour entrer dans la foi. Mais St Jean sait que cette expérience est exceptionnelle. Par contre, il sait aussi que tous les disciples de Jésus sont appelés à vivre de sa vie, et par elle, à reconnaître sa Présence. Aussi conclut-il son récit par cette affirmation universelle : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! », car par leur foi, ils accueillent dès maintenant l’Esprit, source de la vraie vie et du vrai bonheur… DJF




2ième Dimanche de Pâques – Homélie du Père Louis DATTIN

Le souffle de Jésus

Jn 20, 19-31

Si vous avez écouté, mes frères, ces trois lectures aussi différentes et aussi riches les unes que les autres, nous en extrayons quatre thèmes principaux :

1 – Communauté ; 2 – Foi ; 3 – Amour ; 4 – Paix.

Tout d’abord, la “vie en communauté” des premiers chrétiens : « On mettait tout en commun et personne ne se disait propriétaire de ce qu’il possédait ». C’est ensuite St-Jean qui nous rappelle que ceux qui ont “la foi” sont nés de Dieu et que par conséquent, ils pénètrent dans l’univers de l’amour : celui du Père, celui des frères et puis, c’est Jésus-Christ, lui-même, dans l’Evangile, qui répète jusqu’à quatre fois aux apôtres ébahis et stupéfaits : « La paix soit avec vous ».

 

Message lancé dans un monde du “chacun pour soi”, où l’on ne croit plus à grand-chose, et qui sombre peu à peu dans ce que certains appellent la “morosité”, d’autres la “déprime” ou encore le “mal de vivre” qui est le contraire de cette paix souhaitée aux autres par Jésus-Christ ressuscité.

Un quotidien du soir titrait récemment : « Plus de sept millions de français souffrent du mal vivre » alors que le lendemain matin, un autre journal écrivait que pour beaucoup de français : « La vie, c’était d’abord la bonne soupe, les copains et un bon coup de rouge ». On comprend aisément qu’avec un idéal aussi limité et une vue aussi basse, on puisse verser dans la morosité et cela explique aussi probablement l’attrait rencontré actuellement par les sectes, les horoscopes, l’astrologie, le magnétisme et toutes les fariboles du même genre.

 Bien sûr, à l’origine de ce malaise, il y a aussi un certain nombre d’explications : une inquiétude devant les développements fabuleux de la science dont on pressent que les risques sont grands (ne serait-ce qu’au plan génétique : d’où le document des évêques “vie et mort sur commande” qui essaie justement de réfléchir sur ces risques).

Notons aussi une inquiétude devant la complexité du monde moderne, l’immigration, les nouveaux pauvres, la guerre des étoiles, le terrorisme, l’insécurité.

Relevons également la dégradation des mœurs et son cortège d’abandons, la disparition du sens civique, la perte de la morale naturelle et a fortiori surnaturelle et parfois même nous ressentons ce malaise jusque dans l’Eglise elle-même, elle, la porteuse du message de Pâques. Elle nous semble moins “sainte”, moins “catholique”, moins “apostolique”, tiraillée parfois entre des tendances divergentes.

Lorsque l’on écoute, comme à l’instant, le récit de la vie des premiers disciples du Christ « Les frères étaient fidèles à écouter “l’enseignement des apôtres” et à “vivre en communion fraternelle”, à “rompre le pain” et à “participer aux prières”, la crainte de Dieu était dans tous les cœurs. Ils mettaient tout en commun, prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité et tous les jours ils faisaient entrer dans la communauté ceux qui étaient appelés au salut », nous avons envie de nous pincer pour voir si nous ne rêvons pas… si c’est bien la même Eglise que la nôtre ?

 

Oui, c’est la même Eglise, c’est bien la nôtre ! Alors… des problèmes, certes, il y en a, et il y en a eu aussi dans la jeune Eglise et j’irai même jusqu’à dire que le Christ lui-même les a connus, ces problèmes, autour de lui, sous des formes peut-être différentes mais bien semblables quant au fond.

Il a rencontré l’injustice, l’esclavage, la bêtise qui est de tous les temps, les égoïsmes de classe, le goût immodéré de l’argent, les idoles. Tout cela, il l’a rencontré sur les chemins de Palestine et l’on peut même dire qu’il en a été “la victime” : celle du “Vendredi Saint”, mais le “Vendredi Saint” n’est que le Vendredi Saint et au-delà, trois jours plus tard, il y a la lumière de la Résurrection, celle de Pâques qui faisait dire à St-Paul : « Ô mort ! Où est ta victoire ? ». Si bien que toute cette bêtise humaine, toute cette masse de péché, produisant, génération après génération : angoisse, déprime, mal de vivre, dégouts et nausées, toutes ces ténèbres sont dissipées à la lumière de la Résurrection et le chrétien, depuis Pâques, depuis la Résurrection, est d’abord quelqu’un qui doit vivre en paix, qui doit vivre dans la joie, à l’abri, non pas de l’épreuve ou de l’anxiété. Il sait qu’il est déjà vainqueur, qu’il triomphe avec le Christ. Le baptême qu’il a reçu est pour lui l’assurance totale de son bonheur et de son succès.

C’est cela l’espérance chrétienne, basée sur la miséricorde de Dieu. C’est cela notre foi : nous savons bien que cela ne nous dispense pas de la lutte mais que nous sommes des vainqueurs à l’avance et le chrétien sait que, depuis Pâques, et il peut et il doit le dire : « C’est gagné ! ». Ne nous est-il jamais arrivé de voir le retour d’une équipe de foot, victorieuse après un match décisif et éprouvant, ils chantent : « On a gagné! On a gagné! ». C’est le chant des chrétiens qui se traduit en hébreu et que nous avons gardé depuis le début : Alléluia ! Alléluia !

Oui, le chrétien doit avoir une mentalité de gagneur parce qu’il sait que son entraineur, son coach, Jésus-Christ, le mènera forcément à la victoire et que, , , lui, est passé : il passera à son tour.

 

 

 

Les journalistes sportifs mettent de plus en plus l’accent sur le “moral” des sportifs : tout est dans le “mental” de celui qui aborde la compétition assurent-ils. Pour nous, c’est la même chose si nous avons l’esprit de Pâques, c’est-à-dire l’esprit de la victoire, de la compétition triomphante, du combat assuré, du résultat définitif, si nous savons que malgré les épreuves (« N’oublions pas quand même le Vendredi Saint »), il y a la victoire au bout, il y a le succès assuré : le triomphe de l’amour, de la joie, de l’unité !

Ces pauvres onze apôtres, verrouillés dans leur abri, crevaient de peur, avaient le moral à zéro. C’étaient des hommes battus et abattus, marqués par l’échec de celui en qui ils avaient cru… et puis, tout à coup, au milieu d’eux, un homme triomphant !… franchissant tous les obstacles et qui leur dit et leur répète : « La paix soit avec vous », cette paix intérieure, cette paix du cœur, qui est faite de confiance, de joie, d’optimisme, qui est le contraire de cette déprime et de cette morosité dont nous parlions tout à l’heure.

Oui, c’est cela que désire Jésus Ressuscité pour nous : cette joie profonde et forte, cette assurance intérieure que rien ne pourra nous arriver qui peut nous anéantir…Toute épreuve est devenue, depuis le Vendredi Saint, le prélude à ce qui doit arriver après : la joie, la victoire de Pâques.

Dans une tempête, si vous restez à la surface de l’eau : c’est le chaos, le déchaînement, la force aveugle. Plongez trois à quatre mètres en dessous, c’est le calme, la sérénité, le silence des grands espaces aquatiques.

Ne restons pas à la surface de nos vies. Pénétrons dans l’univers du Ressuscité qui vous dit : « La paix soit avec vous ». AMEN




Qu’est-ce que la Semaine Sainte ?

 

Qu’est-ce que le Triduum pascal ?

 

« Triduum » est un mot latin signifiant « un espace de trois jours ». Le Triduum pascal s’étend ainsi de la messe du soir du Jeudi saint au dimanche de Pâques inclus. Il est le cœur de l’année liturgique.

Du dernier repas de Jésus avec ses disciples, repas où il institua l’Eucharistie, à la Résurrection s’écoulent ces trois jours auxquels le Seigneur a souvent fait allusion dans l’Évangile et qui, ensemble, constituent le Mystère pascal.

Lors de ce dernier repas (la Cène), Jésus a offert son Corps et son Sang en nourriture à ses Apôtres. La célébration du Jeudi Saint fait aussi mémoire du Lavement des pieds qui eut lieu au cours de ce même repas. Mais seul St Jean nous le raconte (Jn 13). Les deux évènements, Institution de l’Eucharistie et Lavement des pieds, sont complémentaires : Jésus est venu, non pas pour être servi mais pour servir et offrir sa vie pour le salut du monde…

Le Vendredi Saint, nous méditons le mystère de la mort du Christ et nous adorons la Croix, sur laquelle l’œuvre du salut est accomplie.

Coffre où est conservé le Saint Suaire dans la cathédrale St Jean Baptiste à Turin

Suite à ce combat victorieux, l’Église contemple le Christ au tombeau, dans le « repos » du Samedi Saint. Elle est comme Marie, parfaite croyante qui conserva la foi et qui espéra contre toute espérance en la résurrection de Jésus.

Après la longue veille, samedi soir, dans l’obscurité de la nuit pascale, lors de « la Vigile pascale », l’Alléluia de la résurrection retentit. Le feu de l’amour de Dieu illumine la nuit : le Christ a vaincu la mort pour chacun d’entre nous… Si nous acceptons de le laisser agir dans nos cœurs et dans nos vies, sa victoire sera alors aussi la nôtre…

 

Qu’est-ce que la Messe Chrismale ?

 

La messe chrismale a lieu durant la Semaine Sainte : dans le rite catholique latin, la messe chrismale n’appartient pas, au sens strict, au Triduum pascal. Si elle a lieu le plus souvent le Jeudi Saint au matin, elle peut être transférée à un autre jour, pourvu qu’elle soit proche de Pâques. Beaucoup d’évêques, pour faciliter la participation des fidèles et des prêtres, choisissent un soir de l’un ou l’autre des jours saints, le lundi, le mardi ou le mercredi.

Durant la messe chrismale, l’évêque bénit les huiles saintes et consacre le Saint Chrême.

Les huiles saintes sont :

1 – L’huile utilisée lors du « Sacrement des malades » : appliquée par un prêtre sur le front des malades, elle est le signe du Don de l’Esprit Saint qui vient apporter Force, Paix, Consolation, Réconfort… « Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les Anciens de l’Église et qu’ils prient sur lui après l’avoir oint d’huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera. S’il a commis des péchés, ils lui seront remis » (Jacques 5,14-15). Avec ce sacrement, le malade s’abandonne avec confiance entre les mains de celui qui a guéri tant de malades, comme nous le rapportent les Evangiles… Et « le Christ est le même, aujourd’hui comme hier, et comme il le sera à jamais » (Hébreux 13,8)… Avec Lui, tout est toujours possible…

2 – L’huile utilisée pour les Catéchumènes, c’est-à-dire les grands jeunes et les adultes qui ont demandé à recevoir le Sacrement du Baptême, qui ouvre à la vie chrétienne par le Don reçu de l’Esprit Saint, et les Sacrements de la Confirmation et de l’Eucharistie qui fortifient et nourrissent dans les cœurs ce Don de l’Esprit Saint… En recevant l’huile des Catéchumènes, ils sont encouragés et soutenus par ce même Esprit dans leur démarche de foi qui les conduira à la Plénitude du Baptême…

L’huile du Saint Chrême, quant à elle, est utilisée pour les Sacrements du Baptême, de la Confirmation, et de l’ordination des Prêtres et des Evêques. Elle symbolise encore et toujours l’action de l’Esprit Saint dans les cœurs, qui consacre les êtres à Dieu et leur donne d’accomplir le service auquel ils ont été appelés…

 

Au cours de cette messe chrismale qui manifeste l’unité de toute l’Église diocésaine rassemblée autour de son évêque, les prêtres renouvellent leurs promesses sacerdotales : vivre toujours plus unis au Seigneur Jésus, chercher à lui ressembler, renoncer à eux-mêmes, être fidèles aux engagements attachés à leur charge, célébrer les sacrements, annoncer la Parole de Dieu avec désintéressement et charité.

 

Qu’est-ce que le jeudi saint ?

 

Jésus prend son dernier repas avec les douze Apôtres dans la salle dite du « Cénacle », à Jérusalem. Saint Paul (1° Lettre aux Corinthiens, 11,23-25) et les évangélistes Marc (Mc 14,22-25), Luc (Lc 22,19-20) et Matthieu (Mt 26,26-29) rapportent les récits de ce dernier repas, « la Cène », au cours duquel, en prenant le pain et le vin, le Christ rend grâce et offre son Corps et son Sang pour le salut des hommes.

Au cours de ce repas, Jésus va aussi se mettre à genoux devant chacun de ses disciples et leur laver les pieds (Jean 13,1-20). Il prend la tenue de serviteur et dit : « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez vous aussi comme j’ai fait pour vous. » Au cours de la messe célébrée avec solennité, on répète le geste du lavement des pieds comme exemple de tous ces services que nous pouvons nous rendre les uns aux autres…

Après ce repas de la Cène, l’heure de l’épreuve approchant, le Christ se rend au jardin des Oliviers avec les apôtres pour veiller et prier.

Le Jeudi Saint, l’Église célèbre la messe « en mémoire de la Cène du Seigneur », puis le Saint Sacrement est déposé dans un lieu à part, appelé « le reposoir », l’autel est dépouillé, la croix est enlevée et voilée. Tout ce dépouillement symbolise le Christ entré dans sa passion, dépouillé de tout. C’est une nuit d’adoration. Les fidèles s’unissent à la prière du Christ ce soir-là, en veillant auprès du Saint Sacrement (le pain et le vin consacrés au cours de la messe) jusques tard dans la nuit.

 

Qu’est-ce que le vendredi saint ?

 

Trahi par son disciple Judas, le Christ est arrêté. Il est accusé de semer le désordre par ses enseignements et surtout d’usurper le titre de Messie, un mot qui vient de l’hébreu « mashiah », qui signifie « Oint, Celui qui a reçu l’onction ». Cette onction était tout simplement de l’huile versée par un prophète ou un prêtre sur la tête du nouveau roi pour signifier le fait que Dieu lui donnait la grâce de son Esprit pour qu’il puisse vivre au mieux sa fonction royale… A l’époque de Jésus, Israël attendait un nouveau Roi, le Messie, qui le délivrerait de l’occupant romain…

Interrogé par Ponce Pilate (gouverneur romain de la région), flagellé par les soldats, Il est condamné à être cloué sur une croix – supplice alors réservé aux criminels.

Chargé de la croix, le Christ gravit la colline du Golgotha (littéralement « Mont du crâne », appelé aussi « Calvaire ») et tombe plusieurs fois d’épuisement. Crucifié, Il expire au bout de quelques heures.

Descendu de la croix par ses proches, Il est enveloppé dans un linge blanc (le « linceul ») et mis au tombeau.

Les chrétiens sont appelés au jeûne (qui consiste à se priver de nourriture suivant l’âge et les forces du fidèle), démarche de pénitence et de conversion, expression de l’attente du Christ. L’office du Vendredi saint, appelé « célébration de la Passion du Seigneur », est centré sur la proclamation du récit de la Passion. Il est proposé aux fidèles un Chemin de croix qui suit les étapes de la Passion du Christ.

 

Qu’est-ce que la Vigile Pascale ?

 

La célébration de la nuit du Samedi Saint au dimanche de Pâques est « une veille en l’honneur du Seigneur » durant laquelle les catholiques célèbrent Pâques, passage des ténèbres à la lumière, victoire du Christ sur la mort.

C’est pourquoi, dans la nuit, le feu et le cierge Pâques sont allumés, puis la flamme est transmise aux fidèles.

C’est aussi durant cette veillée – ou Vigile pascale – que sont célébrés les baptêmes d’adultes. Ils sont l’occasion pour les fidèles de renouveler les promesses de leur baptême. À l’issue de leur chemin de catéchuménat, vécu depuis plusieurs années, cette nuit pascale constitue un sommet pour leur initiation chrétienne.

Au cœur de la vigile, les rites spécifiques aux sacrements d’initiation sont parlants : la plongée dans l’eau, qui symbolise la mort, puis la sortie de l’eau qui elle symbolise la naissance à une vie nouvelle… On est baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit (Matthieu 28,16-20).

Au sortir de l’eau, les nouveaux baptisés seront revêtus du vêtement blanc, une couleur qui renvoie à la Plénitude de la vie divine… Ils le porteront au cours de certaines célébrations du temps pascal. S’ils sont confirmés ce soir-là, il y aura le rite avec le Saint Chrême, la marque de l’Esprit Saint. Avec toute l’assemblée, ils recevront le cierge allumé, symbole de la Lumière de l’Esprit Saint. Tels des porteurs de la lumière de foi dans leur vie, ils participent à la liturgie eucharistique et communient pour la première fois.

Ce qui est beau à voir et non moins significatif, c’est la joie rayonnante de ces nouveaux baptisés. Cette émotion profonde et toute simple mais qui en dit long sur la transformation humaine et spirituelle qu’ils sont en train de vivre. Ils sont les mêmes hommes, les mêmes femmes qu’auparavant mais « tout autres » quand même puisque résolument disciples de Jésus de Nazareth.

 

Vous retrouverez tous ces éléments, avec, si vous le désirez, des petites vidéos pour chaque jour saint, sur le site de la Conférence des Evêques de France :

https://eglise.catholique.fr