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6ième Dimanche de Pâques – par Père Rodolphe EMARD

Homélie du 6ème dimanche de Pâques

Dimanche 22 mai 2022

 

Lectures de référence :

Ac 15, 1-2. 22-29 ; Ap 21, 10-14. 22-23 ; Jn 14, 23-29

Frères et sœurs, les textes de ce sixième dimanche de Pâques nous donnent de réfléchir sur le mystère de l’Église : sa réalité, ce à quoi le Christ l’appelle et ce à quoi elle est destinée.

Dans la première lecture, tirée des Actes des Apôtres, saint Luc relate les premières difficultés rencontrées par la communauté chrétienne. Certains chrétiens, de courant pharisien, affirmaient que les disciples du Christ doivent être circoncis « selon la coutume qui vient de Moïse » pour « être sauvés ». 

Luc souligne que cela « provoqua un affrontement ». Paul, Barnabé, Jude et Silas sont mandatés par les « Apôtres et [les] Anciens » pour résoudre le conflit : La circoncision n’est pas une obligation pour être sauvé. Le Salut est pour tous les peuples et toutes les cultures. L’intégration de tous doit primer. L’universalité est ici à relever.

Les conflits dans l’Église ne datent pas d’aujourd’hui mais depuis ses origines. Les scandales qui défigurent le visage de l’Église accentuent ces conflits. Cette première lecture nous donne de ne pas oublier que notre Église quelle qu’elle soit est fondée sur les Apôtres.

« L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé… » : Cette expression manifeste bien l’autorité des Apôtres instituée par le Christ. Une autorité en vue d’exprimer la volonté de Dieu. Restons attachés à l’enseignement des Apôtres et à la Tradition de l’Église qui nous ramènent à ce qui est essentiel : Le Christ. Si chacun fait ce travail personnellement, nul doute que les tensions s’atténueront…

L’Évangile est le prolongement de celui de dimanche dernier où Jésus nous a donné le commandement de l’amour mutuel. Dans notre passage, Jésus annonce son départ à ses disciples. Il leur laisse de précieux conseils pour la bonne marche de l’Église à naître. Jésus évoque six attitudes que nous devons considérer, nous qui formons son Église d’aujourd’hui :

  • Jésus invite d’abord à l’aimer. Si nous l’aimons, le Père nous aimera. Tous deux feront alors leur demeure chez nous.

  • Jésus exhorte à garder sa Parole, Parole qui mène à la Vie et qui permet de ne pas s’égarer.

  • Jésus nous demande de ne pas être « bouleversé ni effrayé ». Jésus nous invite à fuir les attitudes de peur…

  • Jésus nous veut dans la joie !

  • Jésus nous demande encore d’accueillir sa paix. La paix du Christ ne signifie pas que nous serons épargnés par les difficultés de la vie. La paix de Jésus c’est l’assurance de sa présence à nos côtés. Dans toutes les circonstances de nos vies, il est là ! La paix du Christ apporte une force, une sérénité, une espérance qui aident à affronter les épreuves que nous rencontrons.

  • Jésus nous demande enfin d’accueillir l’Esprit-Saint. Jésus évoque une fonction principale de l’Esprit Saint : « l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » C’est l’Esprit Saint qui nous fait entrer dans l’intelligence des Écritures, qui nous aide à comprendre les paroles de Jésus.

Invoquons-nous suffisamment l’Esprit Saint dans le quotidien dans nos vies, dans nos multiples occupations ? L’invoquer de façon régulière nous permettra de sortir de nos gestes automatiques dans nos différentes pratiques.

À la messe, certains gestes sont devenus presque automatiques : le signe de la croix, nos postures, le « Notre Père » qui n’est pas toujours prié mais plutôt récité, la communion est parfois banalisée… Nous avons besoin de l’Esprit Saint pour ranimer notre foi, pour nous réveiller de nos tiédeurs.

Dans nos relations quotidiennes, nos salutations sont pour certaines devenues quasi automatiques : on zappe ou on ne s’attarde pas, le strict minimum en matière de cordialité… Les gestes barrières, pour le coup, facilitent les choses, pour garder la distance. Nous avons besoin de l’Esprit Saint pour combler ces séparations, pour resserrer nos liens sociaux, pour inventer nos relations à venir…

Sans l’Esprit Saint, nous ne parviendrons pas au but : la Jérusalem céleste dont parle saint Jean, dans la deuxième lecture, extraite de l’Apocalypse. Jean, dans sa vision, décrit la « Ville sainte » comme étant splendide. Il utilise les plus belles images de son époque pour décrire cette Ville illuminée par la gloire de Dieu : la Ville sainte « avait en elle la gloire de Dieu ; son éclat était celui d’une pierre très précieuse, comme le jaspe cristallin. »

Jean entrevoit la Jérusalem céleste comme le lieu de rassemblement des « douze tribus des fils d’Israël ». Cette référence symbolise la terre entière. Jean souligne aussi que les murailles de cette Ville Sainte repose sur les douze Apôtres. L’importance des Apôtres est à nouveau affirmée ici.

Jean dit enfin que cette Ville sainte « n’a pas besoin du soleil ni de la lune pour l’éclairer, car la gloire de Dieu l’illumine : son luminaire, c’est l’Agneau. » Voilà un beau verset pour exprimer la Vie éternelle qui nous attend. C’est pour cela que nous devons œuvrer, ne passons pas à côté !

Que l’Esprit Saint souffle sur nous ! Qu’il ranime en nous les dons de Dieu que nous avons reçu pour mieux faire Église et mieux nous attacher à elle.  Amen.

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs
et envoie du haut du ciel
un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres,
viens, dispensateur des dons,
viens, lumière de nos cœurs.

(Extrait de la Séquence de la Pentecôte)

Père Rodolphe Emard




6ième Dimanche de Pâques – par Francis COUSIN (Jn 14, 23-29)

« Si quelqu’un m’aime … »

 

« … il gardera ma parole. », c’est-à-dire tout ce que Jésus a dit et fait lors de son passage sur terre … sa Parole dite et écrite … et sa Parole faite, mise en action, rapportée par les Évangiles.

« Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. » … Pourquoi le pluriel ?

Peut-être pour signifier des personnes qui gardent seulement quelques paroles et qui négligent ou en refusent d’autres … ?

Et peut-être que nous sommes souvent parmi ceux-là ?

Nous prenons quelques paroles de l’évangile, et celles-là on les connaît, on les applique … sans problème … et les autres, … celles qui demandent un effort …, qui demandent que l’on change quelque chose en soi-même, qu’on modifie nos habitudes … alors celles-là, on les regarde d’un peu plus loin …

On n’est pas contre … mais on n’a pas envie de faire l’effort pour être pour …

On se fie sur ma miséricorde de Dieu …

« Avec tout ce que j’ai fait de bien, … Dieu m’acceptera bien dans son Paradis ! »

Peut-être … mais c’est un pari risqué !

Reprenons la parabole de cet homme qui avait organisé un grand diner et invité beaucoup de monde ; quand le diner fut prêt, il le fit savoir à ses invités. Mais beaucoup d’excusèrent : « J’ai acheté un champ, et je suis obligé d’aller le voir ; je t’en prie, excuse-moi. » ; « J’ai acheté cinq paires de bœufs, et je pars les essayer. » ; « Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne peux pas venir. ». Alors l’homme se mit en colère, et envoya chercher « les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux » car « aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner. » (Lc 14,16-24).

Jésus parlait du repas dans le royaume de Dieu !

Alors il me semble que cela est clair : il ne faut pas garder des paroles de Jésus, mais toute la Parole de Jésus ! Et c’est exigeant !

Une autre question est de savoir si les phrases de Jésus sont réflexives, c’est-à-dire si on peut inverser les deux termes de la phrase : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole. » et « Si quelqu’un garde ma parole, il m’aimera. ». Peut-être pour celle-là, mais pour l’autre ?

« Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. », et « Celui qui ne garde pas mes paroles ne m’aime pas. ». Alors là, c’est un peu dur pour ceux qui ne gardent pas toutes les paroles de Jésus … parce que, même si on ne garde pas toutes les paroles de Jésus … on l’aime quand même ! Ou tout au moins, c’est l’impression que l’on a …

Mais est-ce vrai ?

D’autant que cette Parole de Jésus a donné, et donne encore maintenant à ses disciples, dont nous, n’est pas vraiment de lui, mais c’est celle du Père …

Et bientôt, cette parole, quand Jésus sera mort, sera rappelée par le « défenseur », l’Esprit Saint que « le Père enverra en mon nom » (de Jésus), pour enseigner et rappeler, pour que la Parole continue de vivre au fil du temps.

Le Père parle par le fils, le fils parle et rappelle par l’Esprit Saint qui nous est envoyé par le Père au nom du fils … donc l’Esprit-Saint nous parle maintenant intérieurement la Parole du Père par le fils (cf Jn 16,13-15).

Et si le Père et le Fils sont UN (Jn 10,30), il en est de même avec l’Esprit.

Jésus va ’’partir’’ : « Je m’en vais, et je reviens vers vous ».

Jésus ne veut pas laisser les apôtres tout seuls ; c’est la troisième fois depuis le début de ce ’’discours’’ qu’il le dit (Jn 14,3 ; Jn 14,19), et il le redira encore ensuite (Jn 16,16).

Pourquoi cette insistance sur son départ et son retour ? Sans doute l’ambiance ne devait pas être au ’’top’’ dans le cénacle pendant ce long discours …

Juste après, Jésus dit : « Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père. »

« Si vous m’aimiez » … C’est un peu comme un reproche … Jésus a-t-il des doutes sur leur amour, c’est-à-dire sur le fait qu’ils gardent, ou pas, sa Parole ?

En fait, les apôtres sont décontenancés, un peu perdus …

Il leur faudra attendre la Pentecôte et la venue de l’Esprit Saint, le défenseur … pour leur rappeler toutes les paroles et les actions de Jésus afin qu’ils puissent annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus ressuscité, annoncer cette parole qu’ils ont entendue …

Ce que nous devrions tous faire … dans la joie …

Seigneur Jésus,

Toi qui est tout amour,

comme ton Père,

tu veux que notre relation avec toi

soit basée sur l’amour

qui est la condition pour que nous gardions

ta Parole, ton enseignement.

Toute ta Parole.

Et pas seulement un peu …

ce qui nous arrive souvent …

Aide-nous à garder toute ta Parole.

 

                                                                                   Francis Cousin

Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le lien suivant : Image dim Pâques C 6°




6ième Dimanche de Pâques – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Jean Jn 14, 23-29)

« Tous appelés à la Vie,

par le Don gratuit de l’Esprit »

(Jn 14,23-29)…

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ;
mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »
Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.
Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi.
Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.

 

 

 

            Les premières paroles de Jésus sont ici : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole »… Mais avec St Jean, ce n’est pas seulement un exercice de mémoire… En effet, « celui que Dieu a envoyé prononce les paroles de Dieu, car il donne l’Esprit sans mesure » (Jn 3,34) et « c’est l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63). Autrement dit, « garder la Parole » de Jésus, l’envoyé du Père, c’est garder le Don de l’Esprit qui se joint toujours à elle, et donc, avec lui, le Don de la Vie… C’est veiller à vivre dans la foi, tourné de cœur vers Lui, du moins autant que notre faiblesse le permet… Et dès que nous constatons un égarement, offrons le vite à l’Amour, qui, de son côté, n’a jamais cessé de nous aimer et donc de désirer pour nous le meilleur. Et aussitôt, il accomplira en nous son œuvre de Sauveur : « enlever le péché du monde » (Jn 1,29)… Alors, « si le salaire du péché, c’est la mort, le don gratuit de Dieu c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus » (Rm 6,23) par le Don de « l’Esprit qui vivifie »…

            « « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole, et mon Père l’aimera », mais c’est déjà fait : « Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés le premier » (1Jn 4,10), et il l’a fait notamment en nous créant par le Don, en nous, de son Souffle de Vie (Gn 2,4b-7), de son Esprit de Vie. Et nous retrouvons avec cet acte fondateur un geste d’amour, car pour Dieu, aimer, c’est tout donner, tout ce qu’il a, tout ce qu’il est : « Le Père aime le Fils et il a tout donné en sa main » (Jn 3,35), « tout ce qu’il a » (Jn 16,15 ; 17,10), tout ce qu’il est… « Dieu est Amour » (1Jn 4,8.16), le Père est Amour ? « Tu es mon Fils Bien-Aimé », dit-il à son Fils, « en toi, j’ai mis tout mon amour » (Mc 1,11), tout ce que je Suis (Ex 3,14), toute ma vie : « Comme le Père a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d’avoir la vie en lui-même » (Jn 5,26), gratuitement, par amour. Et c’est aussi ce qu’il s’est passé au jour de la création de chacun d’entre nous : Dieu a fait de nous des créatures spirituelles (1Th 5,23), « des âmes vivantes » (Gn 2,7), par le Don gratuit, par amour, de son Souffle de Vie, de son Esprit de Vie… Et c’est cet homme « esprit » que Dieu veut combler de son Esprit pour lui donner, tout aussi gratuitement, par amour, de participer à la Plénitude de sa Vie, de sa Lumière et de sa Paix. Tel est le cadeau du médecin à ses malades (Lc 5,31-32), du Sauveur aux pécheurs que nous sommes : « La Paix soit avec vous. Recevez l’Esprit Saint » (Jn 20,22), car « Dieu vous a choisis dès le commencement pour être sauvés par l’Esprit qui sanctifie » (2Th 2,13)…                                                                                                                                                                     DJF




6ième Dimanche de Pâques – Homélie du Père Louis DATTIN

L’Eglise

 Jn 14, 23-29

En ce dimanche, les textes de la parole de Dieu nous invitent à une méditation sur l’Eglise. C’est, sans doute, ce dont nous avons le plus besoin pour assurer notre foi. Que nous ayons la foi, que nous ayons l’amour, que nous soyons animés d’une espérance sans faille, que nous sachions bien prier et nous remettre sans cesse à l’écoute de la Parole de Dieu, tout cela ne servirait pas à grand- chose, si toutes ces activités chrétiennes ne s’exerçaient pas dans le cadre de l’Eglise.

Il y a peu de temps encore, certaines personnes âgées considéraient leur religion comme une affaire privée, personnelle, individuelle et n’allaient guère à l’église que pour ressourcer et nourrir leur dévotion intime. Le cadre de leur vie spirituelle, c’était leur chambre, leur prie Dieu, leur gros missel, quelques images pieuses sur leur table de nuit et la messe elle-même n’était considérée que comme station-service purement individuelle. Bien que très pieuses et de parfaite bonne foi, ces personnes, et c’était l’époque qui les y portait, n’avaient pas pris conscience, qu’elles faisaient partie, qu’elles étaient partie prenante, d’une Famille spirituelle, d’une communauté, d’un réseau intérieur et extérieur qui nous établit entre nous, comme des frères et sœurs d’une même Famille dont Dieu est le Père, Jésus-Christ : le Fils aîné, l’Esprit-Saint : l’animateur et dont nous sommes tous, tant que nous sommes, des membres plus ou moins actifs.

Si nous l’avions oublié, la Parole de Dieu à cette messe, est là pour nous le rappeler vigoureusement.

Que voyons-nous dans la 1ère lecture ? Un groupe, une communauté d’apôtres réunis ensemble à Jérusalem pour prendre des décisions. Au 1er concile, celui de Jérusalem, il s’agit de prendre une décision grave : « Allons-nous nous enfermer dans nos petites pratiques d’autrefois et rester entre nous, frileusement installés dans nos dévotions d’hier ou d’avant-hier, ou allons-nous ouvrir toutes grandes les portes de l’Eglise, à des non-Juifs, incirconcis, quitte à bouleverser nos mentalités et à faire passer un grand courant d’air dans notre Cénacle ? »

Sous l’action de l’Esprit, qui ne l’oublions pas, apparaît sous le signe d’un vent violent, d’une tempête (rappelez-vous la Pentecôte), les apôtres décident l’ouverture : ils quittent le port bien abrité du judaïsme pour se lancer en haute mer et c’est l’aventure de l’Eglise, sous le souffle de l’Esprit, avec Pierre, le 1er pape, à la barre de l’Eglise et nous avons entendu, dans la 1ère lecture, cette phrase surprenante :

« L’Esprit-Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous des obligations judaïques, notamment  la circoncision ». « l’Esprit-Saint et moi-même ».

Dès le 1er concile, dès sa sortie du port, la barque de l’Eglise est dirigée par qui ? L’Esprit-Saint et moi-même : c’est-à-dire c’est par le pape qui, lui-même est à l’écoute de l’Esprit qui lui souffle la conduite qu’il faut tenir, le cap qu’il faut prendre.

Si vous allez dans un port d’une station touristique vous verrez le long des quais, deux sortes de bateaux.

Les 1ers sont destinés à une promenade en mer. Il y a un capitaine à la barre et puis partout sur le pont  ou les entreponts, des bancs où les touristes pourront s’asseoir, installer leurs affaires, tirer leurs jumelles pour inspecter le paysage, tous assis, inactifs, bavardant  ensemble.

Un  seul  travaille  dans ce navire: celui qui est à la barre et tous ceux qui sont  autour de lui, font, ce qu’on appelle « une promenade en mer » ; le bateau, la direction, son énergie, sa navigation, ça ne les intéresse pas, ils ne  sont là  que pour se faire  véhiculer  d’un point à un autre : est-ce là une image de l’église ? A certains moments, j’ai bien peur que oui : quelques responsables avec une foule de consommateurs inactifs, assis et attendant qu’on les mène au bout.

Au port, il y a aussi, un autre bateau, pas un rafiot avec des bancs, mais un beau bateau effilé, racé, plein de cordages, de poulies, d’amarres, d’instruments de navigation et dans celui-ci, ce n’est pas un homme mais tout un équipage, actif, attentif, chacun à sa place, chacun ayant son rôle, paré à virer au moindre commandement du barreur. Ah si ce navire-là pouvait être l’Eglise ! Où chacun a un rôle actif, chacun a sa fonction, sa place à tenir, une Eglise qui ne soit pas un magma de touristes passifs, mais un équipage sous les ordres du skipper, prêts à manœuvrer d’une façon coordonnée et efficace pour le lancer en haute mer !

Ce bateau, vous l’avez reconnu, c’est l’Eglise avec son pilote : le pape, son équipage : nous tous, à notre place, sortant vers le large, sous l’impulsion de l’énergie de l’Esprit.

La seconde lecture, elle, nous donne une autre image de  l’Eglise, très belle, elle  aussi : une ville qui descend du ciel, la Jérusalem glorieuse, resplendissante, une ville lumière, mais sans soleil ni lune. C’est la gloire de Dieu qui l’illumine et sa source de lumière, c’est  l’Agneau Jésus-Christ, lumière du monde. Elle  avait  une grande  et  haute muraille : une muraille qui nous protège, mais qui ne nous enferme pas. La preuve : elle possède douze portes : l’Eglise n’est pas un ghetto, ni un château-fort avec pont-levis.

Elle reste ouverte et accueillante à tous, aux quatre points de l’horizon : trois portes à l’orient, trois portes au nord, trois au midi, trois à l’occident.

La muraille de la cité reposait sur douze fondations : les douze apôtres de l’Agneau, l’Eglise fondée sur les apôtres et ses successeurs, le pape et les évêques. Peut-être êtes-vous étonnés, que dans cette ville-là, il n’y a pas de temple, pas d’église. C’est toute la ville qui est l’Eglise, car son temple, c’est Jésus-Christ. Plus besoin d’église de pierres, de rassemblement pour le culte, nous sommes déjà tous unis autour de l’Agneau, autour de Jésus-Christ, notre soleil, source de notre lumière.

Là encore, cette ville, image de l’Eglise, c’est une vie ensemble, une communion de tous avec Jésus-Christ, protégée par les hautes murailles de la Garde de Dieu, éclairée par la lumière du Christ, fondée sur le roc de la foi des apôtres: « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise », c’est-à-dire : « Je construirai l’unité de ma famille, animée par mon Esprit, conduite par mon Fils, aimée et protégée par le Père ».

Dans  cette  cité  sainte, sommes-nous  des  citoyens  à  part entière ?

Des bâtisseurs, des ouvriers de paix travaillent-ils à l’unité de cette cité ?

Travaillons-nous à la sainteté de l’Eglise ?

Quelle est la place de l’Eglise dans notre prière ?

Savons-nous rayonner d’un amour qui rassemble, avec la joie d’être ensemble ?

Avons-nous conscience d’être le Peuple de Dieu, le Peuple où il se trouve ?

C’est l’Evangile d’aujourd’hui qui nous fait sentir le mieux, après le 1er concile de Jérusalem et la vision de l’Apocalypse, la cité nouvelle. Quelles sont les sources de cette unité des chrétiens, de cette vie d’Eglise ?

La  1ère  source, c’est  la   fidélité  à  la  Parole  de  Dieu : « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole » et dans ce cas : le  Père aime  l’Eglise  et  ajoute  Jésus : « Nous  irons demeurer en elle ».

La présence de Jésus à l’Eglise est provoquée par notre fidélité à écouter et à mettre en pratique ce qu’il nous dit, ce qu’il nous demande et cette parole-là, elle n’est pas seulement de lui, elle est du Père qui l’a envoyé.

Mais cela ne suffit pas : notre fidélité, le Seigneur, le sait par expérience, est bien faible, bien fragile, souvent clignotante, aussi nous envoie-t-il le Défenseur : l’Esprit-Saint qui est à la fois notre moniteur, notre éducateur et qui nous rappelle toutes les consignes de Jésus et c’est la 2e source de l’unité de l’Eglise et de sa croissance. Rappelez-vous ce que dit le prêtre au début de la messe : « Que la communion de l’Esprit Saint soit toujours avec vous ». Nous ne sommes vraiment unis entre nous, nous ne formons l’Eglise, nous ne faisons « Eglise » que si l’Esprit Saint est là pour nous réunir, nous unir, nous lier ensemble autour de Jésus-Christ, c’est lui le rassembleur.

Frères et sœurs, le ciel, qu’est-ce-que c’est ?

C’est l’Eglise rassemblée définitivement autour du Père qui nous comble de sa tendresse, du Fils qui nous a sauvés et de l’Esprit qui assurera définitivement notre unité dans la joie et dans la paix.   AMEN




Rencontre autour de l’Évangile – 6ième Dimanche de Pâques

« Si  quelqu’un  m’aime

il  restera  fidèle  à  ma  Parole »

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Jean 14, 25-27)

Dans le discours après la Cène, Jésus vient d’annoncer la mission de l’Esprit qui le rendra présent dans l’Eglise. A ceux qui gardent sa Parole, son Père et lui se feront connaître : ils habiteront en eux comme dans un temple. Et l’Esprit les conduira vers la vérité toute entière. Dès maintenant Jésus leur lègue la paix qui sera le fruit de sa victoire sur le péché et sur la mort.

Soulignons les mots importants

Si quelqu’un m’aime : Jésus dit clairement c’est quoi l’aimer.

Fidèle à ma parole : Que signifie ce mot « fidèle» appliqué à la parole de Jésus ?

Nous viendrons chez lui : De qui Jésus parle-t-il en disant « nous » ?

Demeurer  auprès de lui : Comment comprendre ce mot « demeurer » ? Qu’est-ce qu’il nous dit d’important de la vie du chrétien ?

Du Père qui m’a envoyé : Jésus dit clairement qu’il a reçu une mission : de qui et dans quel but ?

L’Esprit Saint : Quel sera le rôle de cette Personne que Jésus révèle ?

La paix : C’est quoi cette paix que Jésus laisse à ses disciples

« Je m’en vais et je reviens » : Comment comprendre cette parole de Jésus ?

Le Père est plus grand que moi : Cette parole de Jésus est étonnante. N’est- il pas le Fils, en tout égal à son Père ?

 

Pour l’animateur 

  • Aimer Jésus, c’est essentiellement être fidèle à sa parole, garder sa parole, mettre en pratique l’Evangile : en un mot le commandement de l’amour. « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime » (Jn 14, 21). Il faudrait ici lire tout le Sermon de Jésus sur la Montagne (Mt Ch.5,6,7). Ce n’est pas une affaire de sensibilité. Ce n’est pas dire « Seigneur, Seigneur…Mt7,21) »

  • Etre fidèle à la parole de Jésus, c’est finalement être fidèle à Jésus lui-même et au Père qui l’a envoyé : ne pas s’écarter de lui, lui rester attaché de manière durable, même et surtout dans les moments difficiles. Cette fidélité n’est possible que par le don du Défenseur, l’Esprit de vérité.

  • Le résultat de cette fidélité à Jésus, c’est l’habitation de « la famille divine » en chacun des chrétiens : en disant « nous viendrons chez lui », Jésus nous révèle qu’il est intiment uni au Père et à l’Esprit dans le cœur du baptisé. Comme le dit l’apôtre saint Paul «  vous n’êtes plus des étrangers ni des hôtes…vous êtes de la famille de Dieu » (Ep 2,19)

  • Jésus se reconnaît comme l’Envoyé du Père : et il est en permanence en communion avec lui. Tout ce qu’il dit et tout ce qu’il fait exprime la parole et l’action de son Père. Cependant, dans la condition humaine, sa gloire de Fils éternel, égal au Père, est voilée : c’est ce que Jésus veut dire en disant « le Père est plus grand que moi. » Le Père est plus grand parce que tout vient de lui et tout va à lui : en particulier l’envoi du Fils et sa glorification. Cela montre combien Jésus se reconnaît vraiment l’un de nous, acceptant avec amour et soumission sa condition humaine.

  • Le soir de Pâques, en se montrant à ses disciples, la première parole qu’il leur dit c’est « Paix à vous » et il souffle alors sur eux en leur disant « recevez l’Esprit-Saint » (Jn 20, 19-22). Cette paix, c’est le salut (pardon et vie de Dieu) que Jésus a mérité par sa mort et sa résurrection, et qu’il communique par son Esprit. C’est la paix messianique annoncée par les prophètes et que Jésus donne à ses disciples pour toute la durée de l’histoire, quelles que soient les épreuves.

  • « Je m’en vais et je reviens vers vous » c’est ainsi que Jésus annonce sa mort et sa résurrection : il est désormais présent, mais d’une autre manière, de façon permanente auprès de ses disciples et cela doit être pour eux une source de joie.

 

Ensemble regardons Jésus

Jésus fait à ses amis, et à nous, des révélations très importantes sur lui, sa mission, sur Dieu, sur l’Esprit Saint, sur  la dignité du baptisé.

Chacun peut redire une parole de Jésus qui l’a touché, quelques mots importants du texte, répétés comme en écho.

 

L’Evangile aujourd’hui dans notre vie

  • Souvent nous cherchons Dieu en dehors de nous. Où est Dieu ?

Que nous révèle Jésus dans cet Evangile ?

Cela devrait entraîner des conséquences pour notre vie quotidienne ? pour notre prière.  (Cherchons ensemble)

  • Nous connaissons bien des bouleversements dans le monde et dans l’Eglise :

Pouvons-nous citer quelques-uns qui peut-être nous touchent de plus près ? Quelles sont nos raisons de ne pas désespérer ?

(Jésus lui-même  nous dit : nous avons un Défenseur. Il nous assure de sa présence : « Je m’en vais et je reviens vers vous ». Sa présence met notre cœur dans « sa paix »)

  • Jésus ne cesse de communiquer sa paix par son Esprit-Saint (lorsque  nous sommes en relation avec lui, dans un groupe de disciples, dans la prière, dans l’accueil de sa parole, dans l’eucharistie…)

Comment vivre de cette paix ?

Quels sont les lieux sur notre paroisse ou notre commune… où nous voyons des situations de « non-paix » ? Comment faire gagner la paix ?

  • L’Esprit Saint est le « maître intérieur » de l’Eglise et de chacun de nous. C’est lui qui enseigne à comprendre et à vivre l’Evangile aujourd’hui.

Quel temps donnons-nous à la prière personnelle, à la méditation de l’Ecriture, à notre formation chrétienne : dans les groupes de réflexion, dans les propositions de formation proposées par le diocèse ?

ENSEMBLE PRIONS   

Ta Parole Seigneur n’est pas dans les cieux

qu’il nous faille dire

« Qui montera nous la chercher

que nous l’entendions

pour la mettre en pratique ? »

 Ta parole est tout près de nous,

c’est ton Fils Jésus Christ,

Habitant en notre cœur.

O Christ, toujours vivant dans ton Eglise

Conduis-là par ton Esprit à la plénitude de la vérité.

Tous : Reste avec nous, Seigneur Jésus.

Tu veux habiter en nous avec le Père et l’Esprit-Saint :

Donne- nous le goût de la Parole

et aide-nous à la mettre en pratique. (Tous : reste …)

Par ta résurrection,  tu as vaincu la mort

et les forces du mal, et tu nous donnes ta paix :

soutiens notre combat

pour faire reculer la violence.

Chant : Seigneur, foyer d’amour p.115

Ou Donne à ceux qui demandent p.233

 

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6ième Dimanche de Pâques Année C

 

 




5ième Dimanche de Pâques – par Père Rodolphe EMARD

Homélie du 5ème dimanche de Pâques / Année C

15 mai 2022

Texte de référence : Jean 13, 31-33a. 34-35

Frères et sœurs, en ce cinquième dimanche de Pâques, Jésus nous donne un commandement : « Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

Resituons bien notre passage d’Évangile : nous sommes à la veille de la mort de Jésus, lors de son dernier repas avec ses disciples. Le commandement de Jésus est un véritable testament. Quel héritage ! Aimer ! Jésus fait de l’amour un commandement. Pourtant, on ne peut pas obliger personne à aimer.

L’amour est un don gratuit qui vient de Dieu. Un don qui doit être reçu pour être redonné constamment. Ce commandement de l’amour définit bien ce qu’est la vie chrétienne.

Aimer ! Un vaste programme et parfois « crucifiant » pour certaines relations. Il est plus facile quelques fois d’aimer des « étrangers » que les membres de sa propre famille. Nous connaissons les difficultés pour aimer…

Aimer demeure cependant une nécessité ! C’est ainsi que le monde nous reconnaîtra comme étant des disciples du Christ. C’est ainsi également que nous glorifions le Christ. En exerçant l’amour fraternel, c’est Dieu lui-même qui agit par nous. En nous aimant, nous faisons grandir le Règne de Dieu parmi nous.

Pour nous aimer les uns les autres comme le Christ nous a aimés, il y a trois « axes » à prendre en compte :

  • Il s’agit d’abord d’accueillir l’amour de Dieu en nous, nous laisser aimer par Dieu.

  • Accueillir cet amour de Dieu suppose de l’aimer en retour. C’est le premier des commandements : « Le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » (Dt 6, 4-5).

  • C’est ainsi que nous pourrons diffuser autour de nous cet amour que nous avons reçu de Dieu. Aimer notre prochain, tel est notre vocation chrétienne ! Chacun doit se rappeler que son premier prochain c’est lui-même : s’aimer déjà soi-même pour pouvoir aimer les autres. Comment aimer son prochain sans s’aimer soi-même ?

Laisser Dieu nous aimer, l’aimer en retour, s’aimer soi-même, aimer son prochain : voilà ce qu’est la vie chrétienne !

Aimer, un défi ! Les difficultés sont plus grandes lorsqu’on a été blessé. Le chemin peut être long si la blessure est profonde… Aimer va de pair avec pardonner. Tout comme l’amour, la miséricorde est un don de Dieu. Dieu seul est amour et miséricorde, de ce fait, sans lui, nous ne pouvons pas pardonner. Pardonner est bien une grâce à demander au Seigneur.

Tout comme l’acte d’aimer, celui de pardonner requiert aussi de prendre en compte deux « axes » :

  • D’abord, se laisser pardonner par Dieu, pour pouvoir vivre de sa miséricorde.

  • Savoir se pardonner pour pouvoir pardonner ou plus précisément, pour laisser Dieu faire son œuvre de pardon en nous et par nous.

Frères et sœurs, c’est bien la grâce que nous demandons au Seigneur au cours de cette Eucharistie : la grâce de pouvoir mettre en pratique le commandement de l’amour mutuel.

Le conflit entre la Russie et l’Ukraine nous fait bien percevoir que ce commandement de Jésus n’est pas reçu par toute l’humanité. La haine, la négation, le mépris du prochain sont d’obscures réalités. Le désamour habite aussi nos cœurs…

Que le Seigneur nous donne de croire en la force de l’amour et en celle du pardon. L’amour et le pardon du Christ peuvent renouveler les cœurs des hommes. Se savoir aimé de Dieu, en faire véritablement l’expérience, est une véritable force spirituelle.

C’est à chacun personnellement de s’impliquer pour que l’amour fraternel grandisse autour de lui. Que le Seigneur ressuscité nous donne son Esprit et sa force pour y parvenir. Amen.

Père Rodolphe Emard




5ième Dimanche de Pâques – par Francis COUSIN (Jn 13, 31-35)

« Une nouvelle alliance. »

 

Judas part … il quitte Jésus pour Satan qui entre en lui … mais il n’en a pas conscience … Il était juste déçu par Jésus … il attendait autre chose … une gloire terrestre pour Jésus … et pour lui … et il part dans la nuit, dans les ténèbres.

C’est le point de départ de la Passion …

« Jésus déclara : ’’Maintenant le Fils de l’homme est glorifié’’ ».

L’apôtre Jean avait déjà parlé de sa gloire dans le prologue : « Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. » (Jn 1,14).

« Dieu aussi le glorifierabientôt. »

Ainsi, Jésus est glorifié dans sa vie, dans sa naissance … dans sa mort sur la croix … et dans sa résurrection

Avec le départ de Judas, l’ancien monde s’achève … c’est la fin de l’ancienne alliance …

Un nouveau monde est en train de s’écrire, une nouvelle alliance entre Dieu et les hommes qui se fera sur le bois de la croix : « Un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. » (Jn 19,34), le « sang de l’alliance nouvelle et éternelle … ».

Et Jésus commence son dernier enseignement par ces mots « Petits enfants … », une formule familière et pleine d’amour envers ceux à qui il s’adresse, comme un père avec ses enfants.

Et la première chose dont il parle, c’est de l’amour : « Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. »

Avec une reprise de la première phrase pour bien montrer que c’est quelque chose d’important, qu’il faut bien retenir.

La nouveauté de cette phrase, ce commandement, tient dans la référence, dans le ’’comme …’’

Dans l’ancien testament, Dieu disait : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Lv 19,18), alors que maintenant, Jésus dit « Comme je vous ai aimés. ». La référence est l’amour de Jésus, c’est-à-dire de Dieu, puisque les deux sont UN.

« Comme je vous ai aimés »

Comment faire pour aimer comme Dieu ?

Cela nous semble impossible … !

Eux, ils sont parfaits … et ils ne sont qu’Amour !

Saint Jean nous dit : « Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés. » (1Jn 4,10).

Oui, Dieu nous aime … et il nous a aimés le premier …

Et il ajoute : « Dieu, personne ne l’a jamais vu.  Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection. » (1Jn 4,12).

Mais cela ne nous apprends pas comment aimer les autres … !

Parce qu’il n’y a pas de règles pour aimer comme Dieu …

Il n’y a pas de formules écrites ou à imiter … sinon de vivre totalement de l’Évangile

En se laissant aimer par Dieu …

Et ce n’est pas toujours facile de se laisser aimer par Dieu … parce que, finalement, c’est exigeant … et cela demande beaucoup d’humilité … parce que nous voulons tellement tout faire par nous-mêmes …

Seigneur Jésus,

Donne-moi beaucoup d’humilité

pour me laisser aimer par toi.

Je veux toujours faire ceci ou cela,

alors qu’il me suffit de se laisser guider par toi !

Et de faire ce que toi tu veux !

Fais de moi ce qu’il te plaira.

Je me remets entre tes mains !

 

                                                                                   Francis Cousin

Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le lien suivant : Image dim Pâques C 5°




5ième Dimanche de Pâques – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Jean 13, 31-33a)

Aimer comme Jésus

(Jn 13,31-33a.34-35)…

Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti du cénacle, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.
Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt.
Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. »
Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.
À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

 

                   « Qu’est-ce que la gloire de Dieu ? », écrit le P. Bernard Sesboüé ? « C’est Dieu lui-même qui manifeste au dehors de lui sa puissance, sa sainteté, son dynamisme ». Si « maintenant, le Fils de l’homme est glorifié, et si Dieu est glorifié en lui », c’est que, avec lui et par lui, le Mystère du Dieu « Amour » s’est pleinement manifesté…

            Juste avant cette déclaration, « il fut troublé en son esprit, et il attesta : « L’un de vous me livrera » » (Jn 13,21). Il le sait, Judas va le trahir… « Déjà, le diable avait mis en son cœur le dessein de le livrer » (Jn 13,2). Pourtant, il va lui donner la première bouchée du repas, le désignant ainsi à tous les convives comme son invité d’honneur (Jn 13,26)… A la trahison, Jésus répond par l’amour…

            Plus tard, Judas guidera les soldats au mont des Oliviers pour qu’ils puissent l’arrêter. L’un des disciples dégainera son glaive, frappera le serviteur du Grand Prêtre et lui enlèvera l’oreille droite. Mais Jésus leur dira : « « Restez-en là. » Et lui touchant l’oreille, il le guérira » (Lc 22,47-51). A la violence, Jésus répond par l’amour…

            Puis il sera crucifié, « ainsi que deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche ». Et Jésus dira : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,33-34). A la haine et à la cruauté, Jésus répond par l’amour…

            Ici, il invite ses disciples à faire de même : « Je vous donne un commandement nouveau : vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés. » Le « comme » est capital… Jésus est notre exemple. Lui, le Fils, il est toujours de cœur « tourné vers le sein du Père » (Jn 1,18), accueillant son Amour de Père, « demeurant en son amour » (Jn 15,10). Or, « aimer » pour Dieu est synonyme de « se donner soi-même », en tout ce qu’Il Est. De toute éternité, le Père Amour est ainsi Don de Lui-même au Fils qu’il aime, Don de tout ce qu’Il Est en Lui-même, et Il Est Dieu, Il Est Lumière… Le Fils est ainsi éternellement « Dieu né de Dieu, Lumière né de la Lumière ». Tout ce qu’Il Est, il le doit à son Père… Sans son Père, il n’est rien, il ne peut rien… « Je ne puis rien faire de moi-même » (Jn 5,19.30). Je ne peux donc « aimer » de moi-même. A la trahison, à la violence, à la haine et à la cruauté, je ne peux, par moi-même, répondre par l’amour… Et il en est de même pour nous : sans notre relation de cœur avec Jésus, tournés vers Lui dans la prière, sans ce Don d’Amour qui ne cesse d’être proposé à notre foi, nous ne pouvons rien par nous-mêmes…                               DJF




Rencontre autour de l’Évangile – 5ième Dimanche de Pâques

« Comme je vous aimés,

aimez-vous les uns les autres »

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Jean 13, 31-33a)

Ce passage fait partie du grand discours de Jésus à la Cène qui commence avec le chapitre 13 de l’évangile de Jean. Jésus, au moment de faire ses adieux à ses disciples, leur livre en quelque sorte son testament. Ce sont les dernières confidences et consignes, pourraient-on dire, de quelqu’un qui s’en va.

Soulignons les mots importants

Le Fils de l’homme : rappelons-nous pourquoi Jésus se nomme ainsi ?

Est glorifié : Pourquoi Jésus dit que son heure de gloire est arrivée ?

Mes petits enfants : Comment comprendre cette expression dans la bouche de Jésus ?

Un commandement nouveau : En quoi c’est un commandement nouveau puisque le commandement de l’amour existait déjà ?

Comme je vous ai aimés: Que veut dire ce « comme » ?

Ce qui montrera : Nous avons à montrer que nous sommes de « la bande à Jésus ». Par quel signe ?

Mes disciples : Que veut dire être  « disciples »

 

Pour l’animateur

 

  • Nous avons déjà rencontré l’expression « Fils de l’homme » : Jésus se donnait volontiers ce titre, qui correspondait à sa double identité. Il vient de la terre selon une ascendance humaine, mais il se reconnaît également dans le « Fils de l’Homme » qui vient « sur les nuées du ciel » annoncé par le prophète Daniel. 

  • Quelqu’un est glorifié dans la Bible, lorsque sa vie donne sa pleine mesure. Jésus est glorifié lorsque son amour est parfaitement révélé par son sacrifice et sa résurrection. C’est pourquoi, l’Heure où Jésus est élevé sur la croix est aussi l’heure où il révèle le secret de la valeur de toute sa vie. C’est son heure de gloire.

  • Dans l’attente du retour de son Maître, l’Eglise n’a pas d’autre règle de vie que l’amour. La communauté chrétienne est essentiellement fondée sur une présence, celle du Ressuscité.

  • Le signe des chrétiens, ce n’est pas d’abord un geste (comme le signe de la croix, ou une démarche religieuse) ; c’est l’amour qu’ils se témoignent les uns aux autres. C’est le signe fort que Jésus a laissé.

  • Le « comme»  je vous ai aimés n’est pas un simple « comme » de comparaison, mais un « comme » de participation. Le disciple aime de l’amour même de Jésus. C’est un commandement nouveau parce que c’est une nouvelle manière d’aimer, celle de Jésus qui nous communique son Esprit.

  • C’est en aimant leurs frères de l’amour même du Christ pour eux, que les disciples montreront (manifesteront) la présence de Celui qui est présent dans leur communauté et les fait vivre de la vie nouvelle. En eux on reconnaît l’amour même du Christ qui peu à peu transforme le monde jusqu’à ce que Dieu, qui est Amour, soit « tout en tous. » « On peut bien être « pilier d’église »…(faire un tas de choses dans l’Eglise), rien de tout cela ne distingue les fils de Dieu des fils du diable,  hormis la charité » (Saint Augustin)

  • Le disciple, c’est celui qui se met à l’écoute de son maître, qui suit ses enseignements et son exemple, qui est en union de cœur et d’esprit avec lui. Etre disciple de Jésus, c’est tout cela et plus encore. C’est s’efforcer de lui ressembler, de l’imiter. C’est l’aimer. C’est lui appartenir.

 

Ensemble regardons Jésus

C’est le regard du cœur sur Jésus au milieu de ses amis. Il les aime jusqu’au bout, malgré la trahison de Judas. Il leur parle avec affection.

Il est au milieu de nous maintenant. « Lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là.

Ses paroles sont pour nous maintenant ? Quel écho elles ont dans mon cœur ? Au milieu d’eux ».Ses disciples aujourd’hui, c’est toi, c’est moi, c’est nous. Quel disciple je suis ?

 

L’Evangile aujourd’hui dans notre vie

On n’a jamais autant parlé d’amour. C’est une aspiration profonde de tout être humain. Mais que de déviances, que de malfaçons dans nos manières d’aimer ! Jésus est venu nous apprendre à aimer.

  • Comment vivre l’amour à la manière de Jésus ?

(Accueillir l’autre tel qu’il est, offrir un regard bon sur toute personne humaine, dire des paroles qui font du bien, pardonner, se réjouir avec ceux qui sont dans la joie, compatir avec ceux qui pleurent, servir, donner sa vie…)

  • Quand on parle de réussir sa vie, pour soi ou pour ses enfants, à quoi pense-t-on ? à une vie donnée et généreuse ? à quoi ?

Jésus donne comme premier signe de reconnaissance de ses disciples l’amour fraternel.

  • Est-ce que nous prenons cela au sérieux ? Qu’en est-il dans nos paroisses, dans nos groupes d’Eglise, dans nos quartiers…(Jésus ne parle pas de gestes religieux, de pèlerinage, ou de quantité de prières ou de dévotions. « S’il me manque l’amour… » dit saint Paul. « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour » (St Jean de la croix) 

  • Peut-on dire encore de nos familles, de nos équipes, de notre communauté chrétienne : « Voyez comme ils s’aiment !»

Que pouvons-nous faire pour que cela soit vrai ?

ENSEMBLE PRIONS   

Esprit de Jésus, tu verses l’amour de Dieu en nos cœurs,

Nous te prions :

embrase toute notre vie du feu de ton amour. (tous reprennent)

Esprit-Saint, tu  ressuscitas  le Christ Jésus d’entre les morts,

Nous te prions :

Mets en nous le sceau de la vie éternelle.(tous)

Esprit de Jésus, toi qui es notre vie,

Nous te prions : donne-nous d’agir en fils et filles du Père,

De suivre le Christ Jésus, premier-né d’une multitude de frères. (tous)

 

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5ième Dimanche de Pâques Année C

 

 




4ième Dimanche de Pâques :« Mes brebis écoutent ma voix… »

          « En ce temps-là, Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN » » (Jn 10,27-30).

            1- Lorsque Jésus, le Verbe fait chair, nous donne les Paroles qu’il a lui-même reçues du Père (Jn 8,28 ; 12,49-50 ; 17,7-8), il nous les donne avec sa voix d’homme, dans la chair, comme chacun d’entre nous…

          2-  Mais lorsqu’il nous parle ainsi, un autre joint sa voix à la sienne pour lui rendre témoignage, l’Esprit Saint, l’Esprit de Vérité, la Troisième personne de la Trinité : « C’est l’Esprit qui rend témoignage parce que l’Esprit est la Vérité » (1 Jn 5,6).

          3-  Où rend-il témoignage ? Dans nos cœurs… « Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage en lui » (1Jn 5,10)…

          4-  Quelle est la nature de ce témoignage ? « Et voici ce témoignage : c’est que Dieu nous a donné la vie éternelle ». Ce témoignage est donc « Vie » (1Jn 5,11).

          Ainsi, Lorsque Jésus parle :

                    1 – Nous entendons sa voix d’homme avec nos oreilles de chair.

                  2 – Si notre cœur est ouvert, l’Esprit-Saint joint sa voix à la sienne, et elle est vie, vie éternelle. Autrement dit, en écoutant Jésus, l’Esprit-Saint nous donne la vie éternelle, de telle sorte que nous vivons « quelque chose » d’unique. Telle fut l’expérience de Pierre lorsqu’il dit un jour à Jésus : « A qui irions-nous Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68).

  Nous disons dans notre crédo : « Je crois en l’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie »… Telle est bien « la voix de l’Esprit » : elle est vie, et elle se joint toujours à celle de Jésus pour lui rendre témoignage. Ainsi, quiconque écoute Jésus de tout cœur, avec foi, reçoit ce Don de la vie, la vie éternelle, la vie même de Dieu… Il vit comme il n’avait jamais vécu auparavant : il vit pleinement, intensément, ayant bien du mal à trouver les mots pour le décrire…

          Jn 6, 47 : « En vérité, en vérité, je vous le dis. Celui qui croit à la vie éternelle »…

          Et Jésus parle aux pécheurs, pour les sauver, ces pécheurs qui sont blessés  « à mort » par suite de leurs fautes… « Le salaire du péché, c’est la mort » (Rm 6, 23). Jésus est donc venu parler à « des morts », des femmes et des hommes spirituellement « morts », et cela pour les inviter à la vie.

        Jn 6, 24-25 : « En vérité en vérité je vous le dis,

celui qui écoute ma Parole

et croit en celui qui m’a envoyé a la vie éternelle.

En vérité, en vérité je vous le dis, l’heure vient – et c’est maintenant – 

Où les morts entendront la voix du Fils de Dieu

et ceux qui l’auront entendu vivront. »

« Les morts », les pécheurs qui ouvrent grands leur cœur à Jésus – ce qui suppose au même moment la décision de se repentir, de se convertir, et donc de renoncer au mal – entendent la voix du Fils de Dieu et accueillent au même moment la voix de l’Esprit qui se joint à elle, une voix qui est vie : « ils vivent »… Il ne peut en être autrement…

C’est ce qui se passe ici : « Mes brebis écoutent ma voix… Je leur donne la vie éternelle » par la voix de l’Esprit Saint qui est vie et qui se joint toujours à la mienne… Et donc… « jamais elles ne périront »…

Reconnaître cette vie avec son intelligence, en toute conscience, c’est cela « connaître » en St Jean : telle est l’intelligence de la foi, qui peut se résumer en deux mots « aimer, comprendre ». Aimer, de tout cœur, en ouvrant son cœur à Jésus, et comprendre  « en vivant » ce « quelque chose » que l’Esprit Saint communique et qui est vie… Telle est « la lumière de la vie » (Jn 8,12), la lumière de « l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63 ; 2Co 3,6), la lumière qui, écrit St Paul , « illumine les yeux du cœur pour faire voir » (Ep 1,15-23)« Heureux vos yeux pour qu’ils voient » disait Jésus à ses disciples (Mt 13, 16) : « A vous, il a été donné », par le Don de l’Esprit de lumière et de vie, de « connaître » les mystères du Royaume de Dieu (Mt 13, 11)«  Je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît et que je connais le Père, et je dépose ma vie pour mes brebis » (Jn 10,14‑15). Et la Bible de Jérusalem écrit en note : « Dans la Bible, (cf. Os 2, 22), la “connaissance” procède, non d’une démarche purement intellectuelle, mais d’une “expérience”, d’une présence (comparer Jn 10,14-15 et 14,20, 17, 21-22 ; cf. 14,17,   17,3 ; 2Jn 1-2) ; elle s’épanouit nécessairement en amour (cf. Os 6, 6 et 1Jn 1, 3) ».

Cet Esprit qui vivifie et éclaire les cœurs est aussi victorieux de toutes formes de ténèbres : « La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie » (Jn 1,5).

« Jésus remplit d’Esprit Saint » de toute éternité par le Père (Lc 4, 1) peut ainsi dire : « Sur moi, le Prince de ce monde n’a aucun pouvoir » (Jn 14, 30). Et il en est de même pour tous ses disciples qui reçoivent ce même Don de l’Esprit. « Personne ne les arrachera de ma main », personne ne les arrachera de ce Mystère de Communion qu’elles vivent avec Jésus dans l’unité d’un même Esprit (Ep 4, 1). Et puisque Jésus vit lui-même ce mystère de communion avec le Père de toute éternité, « moi et le Père nous sommes un », il peut aussi dire : « Mon Père est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi nous sommes un », en face à face, mais unis l’un à l’autre « dans la communion du Saint Esprit » (2 Co 13, 13).

C’est ce Mystère que le Christ Sauveur est venu offrir aux pécheurs, en les appelant à la conversion et en leur offrant « l’Esprit qui sanctifie » (2Th 2,13) : « Recevez l’Esprit Saint » (Jn 20,22), eau pure qui purifie : « Vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés,  vous avez été justifiés par le nom du Seigneur Jésus Christ et par l’Esprit de notre Dieu » (1Co 6,11). La promesse de Dieu en Ezéchiel est accomplie : « Je vous prendrai parmi les nations », en « bon pasteur qui cherche sa brebis perdue jusqu’à ce qu’il la retrouve » (Lc 15,4-7), « je vous rassemblerai de tous les pays étrangers et je vous ramènerai vers votre sol. Je répandrai sur vous une eau pure et vous serez purifiés; de toutes vos souillures et de toutes vos ordures je vous purifierai. Et je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau, j’enlèverai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon Esprit en vous et je ferai que vous marchiez selon mes lois et que vous observiez et pratiquiez mes coutumes » (Ez 36,24-27). Et ce Don est pour tous : « « J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » En entendant cela, les païens étaient dans la joie et rendaient gloire à la parole du Seigneur » (Ac 13,47-48), et « les disciples », eux aussi, « étaient remplis de joie et d’Esprit Saint » (Ac 13,52).

 

C’est aussi ce que dit le Livre de l’Apocalypse (Ap 7,9.14b-17) en présentant cette « foule immense » aux dimensions de l’humanité tout entière, « innombrable » ; en effet, l’auteur emploie quatre termes pour la décrire, un chiffre qui symbolise l’universalité (cf. les quatre points cardinaux) : « une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues» Ils viennent « de la grande épreuve », cette vie sur la terre, parsemée jour après jour de toutes sortes de souffrances… « Ils ont lavé leur robe », un vêtement qui, dans la Bible, renvoie à la personne qui le porte et qui, par ce Don de l’Esprit, a pu « laver » son cœur, « le blanchir par le sang de l’Agneau »… L’offrande du Christ sur la Croix, renouvelée à chaque Eucharistie, atteint son objectif de salut, de purification, de vivification par le Don de l’Esprit qui se joint toujours à elle : « La chair – et le sang – ne sert de rien », nous dit Jésus, « c’est l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63).

  Cet Esprit « eau pure qui lave et purifie » est au même moment « eau vive » qui « vivifie » : « Si tu savais le don de Dieu », disait Jésus à la Samaritaine, « et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c’est toi qui l’aurais prié et il t’aurait donné de l’eau vive » (Jn 4,10-14). « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et il boira, celui qui croit en moi! selon le mot de l’Écriture : De son sein couleront des fleuves d’eau vive. Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui avaient cru en lui » (Jn 7,37-39), « l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63 ; 2Co 3,6), « l’Esprit qui donne la vie » (Rm 8,2), « l’Esprit qui est vie » (Ga 5,25)

Ce Don comble quiconque consent à le recevoir, car nous avons tous été créés pour participer, avec lui et grâce à lui, à la Plénitude même de Dieu (Col 2,9-10 ; Ep 5,18). Alors, nous dit encore le Livre de l’Apocalypse, « ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif » (cf. Jn 6,35)… Ce même Don est encore consolation et réconfort dans l’épreuve, douceur et force dans notre faiblesse : « Ni le soleil ni la chaleur ne les accablera » et « Dieu essuiera toute larme de leurs yeux »…

  Telle est ainsi toute la Mission du Christ Sauveur du monde : nous conduire tous, jour après jour, encore et encore, de pardon en pardon, de miséricorde triomphant de notre misère en miséricorde, « aux sources des eaux de la vie », c’est-à-dire à Dieu Lui-même… « Ils m’ont abandonné, moi, la Source d’eau vive » (Jr 2,13), se privant ainsi eux-mêmes de la seule Plénitude susceptible de les combler ? Si nous y consentons de tout cœur, nous la retrouvons, gratuitement, par amour, grâce au Christ « Bon Pasteur » de nous tous, qui nous cherche tous « jusqu’à ce qu’il nous retrouve », « nous mettant ensuite sur ses épaules », par le Don de l’Esprit Saint qui nous porte et nous soutient dans notre faiblesse, et nous « ramenant » ainsi « à la maison » (Lc 15,4-7), cette « Maison du Père » (Jn 14,1-4) qui est Mystère de Communion avec Lui dans « l’unité d’un même Esprit » (Ep 4,3), Esprit eau pure qui purifie, Esprit eau vive qui vivifie, Esprit Saint qui sanctifie et accomplit ainsi la volonté de Dieu à notre égard à tous… « C’est ainsi qu’Il nous a élus en lui, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l’amour, déterminant d’avance que nous serions pour Lui des fils adoptifs par Jésus Christ. Tel fut le bon plaisir de sa volonté, à la louange de gloire de sa grâce, dont Il nous a gratifiés dans le Bien-aimé. En lui nous trouvons la rédemption, par son sang, la rémission des fautes, selon la richesse de sa grâce » (Ep 1,4-7), selon la richesse de « l’Esprit de la grâce » (Hb 10,29)…

Jacques Fournier