Rencontre autour de l’Évangile – La Sainte Trinité

“L’Amour de Dieu a été répandu 

dans nos cœurs par l’Esprit-Saint 

qui nous a été donné ”

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Jn 16, 12-15)

Et soulignons les mots importants

Son Père : Sans Jésus, le  mot “ Dieu ” reste un mot vague qui est employé par beaucoup de gens. Mais sa véritable identité, seul Jésus peut nous la révéler : pourquoi ?

Beaucoup de choses à vous dire : Est-ce que Jésus n’aurait pas tout révélé durant sa vie terrestre ? “ Que veut dire ce “ beaucoup de choses ” ?

Vous n’avez pas la force de les porter : lui, l’Esprit de vérité : quand nous disons “ lui ” en parlant d’une personne, nous parlons de quelqu’un.

Et quand Jésus dit “ lui ” en parlant de l’Esprit Saint, qu’est-ce qu’il nous révèle ?

la vérité tout entière : Est-ce que Jésus n’aurait pas dit toute la vérité sur Dieu et sur ses intentions ?

ce qui va venir : Que veut dire Jésus ? Est-ce que le rôle de  l’Esprit-Saint serait d’aider à prédire l’avenir ?

il redira tout ce qu’il aura entendu ;  il reprendra ce qui vient de moi : Quelle est l’action de l’Esprit Saint par rapport à celle de Jésus ?

Tout ce qui appartient au Père

Est à moi

Ces paroles de Jésus nous révèlent le lien qui unit les trois personnes divines et la place centrale du Christ dans la révélation de Dieu.

 

Pour l’animateur 

Au terme de la vie terrestre du Christ, les apôtres n’étaient pas encore capables de comprendre sa place centrale dans l’œuvre du salut. Il fallait pour cela qu’il leur donne l’Esprit. 

En disant “ lui ” en parlant de l’Esprit Saint, Jésus le révèle comme quelqu’un, une personne. L’Esprit Saint (ou le Saint Esprit) n’est pas une chose, force aveugle, une puissance vague, c’est quelqu’un, c’est l’Amour en personne qui transforme nos vies, qui nous fait aimer le Père comme Jésus Christ et avec Jésus Christ. C’est lui qui nous fait pénétrer dans la famille même de Dieu.

Jésus a donné l’essentiel de sa révélation. Simplement l’Esprit fera comprendre tout ce qui s’est passé, en particulier la signification de la mort et de la résurrection du Christ pour le salut de tous les hommes.

L’Esprit va donc conduire vers la vérité tout entière : il fera entrer les apôtres et tous les croyants dans la profondeur du mystère de Jésus, il leur fera comprendre la Bonne Nouvelle et la manière de la mettre en pratique. Ainsi il aidera l’Eglise à découvrir toute la richesse du Message de l’Evangile tout au long de son histoire.

En fait, l’Esprit-Saint poursuit ce que Jésus a fait : révéler aux hommes le mystère de Dieu et son projet d’amour pour tous les hommes.

L’Esprit-Saint fera connaître ce qui va venir, non en prédisant l’avenir ou en apportant une nouvelle révélation, (inutile après Jésus) mais en éclairant l’avenir à l’aide du mystère de Jésus : toute l’histoire présente et future prend son sens véritable grâce à la résurrection du Christ et la promesse de son retour dans la gloire.

C’est dans la personne du Christ que le mystère de Dieu se dévoile. Nous sommes au sommet de la Révélation et au cœur de la foi chrétienne.

TA PAROLE DANS NOS COEURS

Méditation silencieuse.

Dieu est Amour. Une Famille d’Amour. Dieu est Père,Fils et Esprit. Un seul Dieu. Pas un Dieu solitaire, mais solidaire. C’est une “ communion ”. Le Père n’a qu’un désir : réunir tous les hommes, de tous les temps et de tous les pays dans sa famille. Depuis notre baptême nous sommes déjà dans sa famille. Nous disons à Dieu “ Père ”. A Jésus Christ, nous disons : tu es notre “ Frère ”. A L’Esprit Saint, nous disons “ Tu es l’Amour ” dans nos cœurs. L’Eglise est une famille, une “ communion ” qui prend sa source dans la “ communion trinitaire ”.

 

L’Evangile aujourd’hui dans notre vie

C’est progressivement que les apôtres ont découvert qui était Jésus : d’abord un prophète, un maître en religion, puis le Messie, et enfin le Fils de Dieu révélé dans sa mort et sa résurrection (On peut faire chercher par le groupe).

Et ce fut pareil pour leur découverte de Dieu : grâce à l’action de l’Esprit-Saint ils sont passés de  l’intimité de Jésus avec Dieu à la découverte de sa relation filiale avec le Père.

La Trinité, c’est le grand secret sur la vie intime de Dieu que Jésus nous a révélé. Sans Jésus, le Fils, ce secret serait resté inconnu des hommes. Ce grand secret d’amour, c’est ce qu’on appelle “ mystère ”. Il a été révélé pour que nous en vivions. Il reste encore inconnu aujourd’hui de beaucoup de croyants : pour quelle raison ? 

Et nous, quelle relation vivons-nous avec ce Dieu révélé par Jésus-Christ ?

-Est-ce que nous réalisons que depuis notre baptême nous vivons à l’intérieur de la famille divine, nous partageons la vie intime du Père et du Fils grâce à l’Esprit-Saint qui nous a été donné ?

– Comment ai-je découvert que Dieu est un Père pour moi ? (faire partager)

– Quand nous prions, quelle sorte de  relation vivons-nous avec le Père ? Quelle relation avec le Fils Jésus-Christ ? Quelle relation avec l’Esprit Saint qui nous guide ?

– Qu’est-ce que cela changerait dans notre vie de tous les jours si nous vivons une vraie relation avec chacune des personnes divines: notre vie de famille, nos relations avec les personnes de notre entourage, de notre groupe, de notre équipe… ?

– Quelle est notre manière de parler de Dieu quand nous partageons notre foi avec d’autres ?Ne parlons-nous pas trop facilement de “ Dieu ”, du “ Seigneur ” ou du “ Bon Dieu ”  sans nommer vraiment chaque personne par son nom ?

 

ENSEMBLE PRIONS   

  • Dieu Père, nous te louons et nous te bénissons parce que tu es le Père de Jésus, et que tu veux être aussi notre Père selon ton amour et ta miséricorde.

  • Dieu Fils, nous te louons et nous te bénissons parce que tu es le Fils de son amour, et que tu veux être aussi le frère premier‑né de tous les enfants de Dieu.

  • Dieu Saint‑Esprit, nous te louons et nous te bénissons parce que tu es l’amour du Père et du Fils jaillissant comme un feu de leur tendresse, et que tu veux aussi habiter en nos cœurs comme un brasier d’amour.

  • Dieu Père, Fils et Saint‑Esprit, nous te louons et nous te bénissons parce que tu esle Dieu au‑delà de toute louange et que tu acceptes cependant les balbutiements de notre adoration. A toi notre amour pour les siècles des siècles.

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Trinité Relu

 

 




Audience Générale du Mercredi 5 juin 2019

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 5 juin  2019


Chers frères et sœurs, en fin de semaine dernière j’ai accompli un voyage apostolique en Roumanie. A travers les diverses rencontres, j’ai développé le thème de ce voyage, « marcher ensemble ». En Roumanie, la plus grande partie des fidèles appartient à l’Eglise orthodoxe ; la communauté catholique quant à elle est vivante et active. L’union entre tous les chrétiens, encore incomplète, est fondée sur l’unique Baptême : elle est aussi scellée dans le sang et la souffrance subie ensemble dans les temps obscurs de la persécution. Avec le Patriarche Daniel et le Saint Synode de l’Eglise Orthodoxe, nous avons eu une rencontre très cordiale, où j’ai répété la volonté de l’Eglise catholique de marcher ensemble vers la pleine unité. L’importante dimension œcuménique du voyage a culminé dans la prière du Notre Père, patrimoine commun de tous les baptisés. Comme Communauté catholique, nous avons célébré trois Liturgies eucharistiques, à Bucarest, au sanctuaire de Sumuleu Ciuc, et à Blaj. Dans ce centre de l’Eglise Greco-Catholique en Roumanie, j’ai eu la joie de béatifier sept évêques martyrs, témoins de la liberté et de la miséricorde qui viennent de l’Evangile. La rencontre avec les jeunes et les familles, à Iasi, a été particulièrement intense et festive. La dernière étape du voyage a été la visite à la Communauté Rom de Blaj, où j’ai renouvelé l’appel contre toute discrimination et pour le respect des personnes de toute ethnie, langue et religion. Chers Frères et Sœurs, remercions Dieu pour ce voyage et demandons-lui, par l’intercession de la Vierge Marie, qu’il porte des fruits abondants pour la Roumanie et pour l’Eglise dans ce pays.

Je salue cordialement les pèlerins venant de France, en particulier les jeunes de Colmar, Paris, Vabre, les diocésains de Besançon et les membres de la pastorale des personnes handicapées du diocèse de Vannes. A quelques jours de la fête de la Pentecôte, je vous invite, vous aussi, à marcher ensemble sur les routes de la foi, et à accueillir la venue de l’Esprit Saint afin qu’il vous aide à être des témoins authentiques de l’amour du Seigneur pour tous. Que Dieu vous bénisse !




La Pentecôte ( Jean 14, 15-16.23-26) :  « La Pentecôte, une histoire d’amour. » (Francis Cousin)

 « La Pentecôte, une histoire d’amour. »

Les trois textes qui nous sont proposés aujourd’hui sont tous du nouveau testament. Normal, puisque la Pentecôte a eu lieu après la résurrection de Jésus.

La première lecture nous fait le récit de la réception de l’Esprit Saint par les apôtres et quelques disciples, dont Marie. La seconde lecture des conséquences de la présence de l’Esprit en nous dans notre manière de vivre. L’évangile nous relate l’annonce par Jésus de l’envoi de l’Esprit.

Généralement, c’est l’évangile qui est le texte le plus important. Mais ici, ce qui semble pour la plupart d’entre nous le plus important, c’est la première lecture, la manifestation de l’Esprit Saint et ses premières conséquences. Et c’est important, bien sûr, parce que cela a bouleversé la petite communauté réunie autour des apôtres.

Mais est-ce le plus important ?

Si on cherche la cause première de cette Pentecôte ’’nouvelle formule’’, elle est bien dans l’évangile : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. ». Si le Père et le Fils sont ensembles, alors obligatoirement l’Esprit, qui est la manifestation de l’amour du Père pour le Fils et du Fils pour le Père, est présent. Cela veut dire que si on aime Jésus en gardant sa Parole, Jésus, son Père et aussi l’Esprit feront chez nous une demeure. Ainsi, on comprend bien la parole de Jésus à la Samaritaine : « L’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. (…) Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité. » (Jn 4,21.23). C’est d’ailleurs ce que nous dit saint Paul : « Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » (1 Cor 3,16).

On peut donc bien dire que la Pentecôte est une histoire d’amour. D’amour entre Dieu, la Trinité toute entière, et chaque humain : le Père aime le Fils, et le Fils aime ses disciples qu’il appelle ses amis, et le Saint Esprit est la manifestation de cette amour en chacun de nous.

Et c’est par amour pour nous que Jésus demande à son Père de nous envoyer un autre défenseur, l’Esprit Saint. Et cet Esprit est présent en chaque être humain, qu’il en soit conscient ou pas, qu’il soit baptisé ou pas !

Quelles sont les conséquences sur les disciples de la réception de l’Esprit ?

Elles sont multiples, mais gardons-en trois qui se manifestent immédiatement :

Premièrement, cela a donné aux disciples le courage de sortir de la chambre haute, d’oser affirmer devant tous la résurrection puis l’enseignement de Jésus, avec notamment le discours de saint Pierre (cf Ac 2,14-36).

Deuxièmement, cela leur a donné une parole qui parle au cœur des auditeurs, qui a priori n’étaient pas trop enclins à les écouter (« Ils étaient tous dans la stupéfaction et la perplexité … D’autres se moquaient et disaient : « Ils sont pleins de vin doux ! » Ac 2,12-13). Le discours de Pierre énonce les choses telles qu’elles se sont passés, où transparaît l’amour de Dieu qui l’habite : ses paroles sont sans animosité, sans trace de désir de vengeance ; il ne cherche pas à blesser les gens, mais il parle avec son cœur, leur montrant la bonté de Dieu. Et les gens sont retournés en eux-mêmes, et ils se convertissent : trois mille rien que le premier jour !

Troisièmement, ils sont dans la paix et dans la joie. Même après avoir été arrêtés et mis en prison sur ordre du conseil suprême, une évasion rocambolesque, puis repris, « après les avoir fait fouetter, ils leur interdirent de parler au nom de Jésus, puis ils les relâchèrent. Quant à eux, quittant le Conseil suprême, ils repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus. » (Ac 5,40-41).

Alors, quand on voit tout ce que l’Esprit Saint a permis aux apôtres de faire, et qu’il a continué à faire avec leurs successeurs aux premiers temps de l’Église, et ensuite pendant longtemps, et qu’on voit la situation de l’Église à l’heure actuelle, on peut se poser la question : « Pourquoi ne retrouve-t-on pas cet esprit de Pentecôte dans chacune de nos paroisses ? », avec des gens qui n’ont pas peur de parler de leur foi, dont les paroles sont emplies de l’amour de Dieu, et qui sont toujours dans la paix et la joie ?

Peut-être parce que l’Esprit Saint nous pousse toujours à aller de l’avant, nous pousse à la nouveauté, à la remise en cause, à l’invention, … et dans un certain sens à une instabilité que nous supposons et que nous redoutons … ?

Mais si nous avions vraiment la foi, nous n’aurions pas peur de nous engager avec Dieu, parce que c’est justement lui qui va rendre stable ce qui est bancale.

Peut-être sommes-nous trop du monde, de ce monde dans lequel l’argent a pris trop de place, avec une course à la consommation parfois irraisonnée, de ce monde où il semble important de paraître … même si c’est au détriment des autres …

Certains en arrivent même à se demander si l’Esprit Saint souffle encore ?

Bien sûr que oui, sinon ce serait encore pire …

Mais est-ce que nous l’entendons quand l’Esprit vient nous bousculer ? …

Tout le monde chante « Viens, Esprit Saint … », mais est-ce qu’on est prêt à se laisser emporter au vent de l’Esprit ?

On a l’impression (que j’espère fausse) que, quand il vient vers nous, nous sommes pressés de fermer la porte de notre cœur par peur des courants d’air …

                                           par peur des courants d’Esprit …

parce que chacun sait que le vent, même le vent d’Esprit, on ne sait pas par où il veut nous faire passer … pour atteindre le but qui est le même pour tous : être en présence de Dieu le Père.

Demandons à Dieu d’accepter de nous laisser mener par l’Esprit !

Francis Cousin   

L’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse,

car nous ne savons pas prier comme il faut.

L’Esprit lui-même intercède pour nous

par des gémissements inexprimables.

Et Dieu, qui scrute les cœurs,

connaît les intentions de l’Esprit

puisque c’est selon Dieu

que l’Esprit intercède pour les fidèles.

Romains 8, 26-27

 

 

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Image dim Pentecôte C

 




La Pentecôte – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Jean 14,15-16.23b-26))

La venue de l’Esprit Saint

(Jn 14,15-16.23b-26)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements.
Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ;
mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

 

                     « Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de Vérité ».

            De tous les Évangiles, ce verset est un des plus clairs sur « l’Esprit Saint » Personne divine, appelé ici « l’Esprit de Vérité »… En effet, c’est le Fils, personne divine, qui s’adresse à ses disciples et leur déclare qu’il priera Celui qui, de toute éternité, a la primauté d’Amour dans son cœur : le Père, autre Personne divine. Il sait qu’il va bientôt mourir, ressusciter, vivre son Ascension et donc quitter cette proximité dans la chair qu’il vivait jusqu’à présent avec eux. Mais ils ne seront pas pour autant laissés à eux-mêmes… Bien au contraire, Jésus passe ici le relais à « un autre Défenseur », sous-entendu « que lui-même ». Et on ne peut comparer à une personne divine, le Fils, qu’une autre Personne divine, l’Esprit Saint, « l’Esprit de Vérité ». C’est Lui qui, désormais, les accompagnera, les gardera, veillera sur eux comme Jésus, le Fils, le faisait jusqu’à présent : « Père, je les ai gardés dans ton nom que tu m’as donné, j’ai veillé sur eux » (Jn 17,12).

            Puis Jésus poursuit : « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. » Or, il avait déclaré auparavant : « Celui que Dieu a envoyé », et il est « l’envoyé du Père », « prononce les Paroles de Dieu car il donne l’Esprit sans mesure » (Jn 3,34). Autrement dit, le Don de l’Esprit se joint toujours à la Parole de Dieu. « Rester fidèle à la Parole », c’est rester fidèle à ce Don de l’Esprit qui est tout à la fois « Lumière » (Jn 4,24 et 1Jn 1,5) et « Vie » (Jn 6,63 ; Ga 5,25). Cette expression de St Jean, « rester fidèle à la Parole » de Jésus, est donc équivalente à celle de St Paul : « N’éteignez pas l’Esprit » (1Th 5,19) ! Et donc, ne vous privez pas de la Plénitude de la Vie en vous laissant entrainer à faire le mal. En effet, « le salaire du péché c’est la mort », et cela Dieu ne le supporte pas, Lui qui veut le salut de tous les hommes, ses enfants (1Tm 2,3-6). Alors, il a envoyé son Fils parmi nous pour proposer à notre foi, à notre cœur, « ce don gratuit de Dieu qui est vie éternelle » (Rm 6,23). Or, ce « Don de Dieu » (Jn 4,10 ; Ac 8,20 ; 11,17), c’est « l’Esprit donné sans mesure », « l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63), « l’Esprit qui donne la vie » (Rm 8,2 ; 2Co 3,6) pour qu’enfin, « il soit notre vie » (Ga 5,25), c’est-à-dire Plénitude en nous de Vie, de Paix et de Joie.            DJF




La Pentecôte – Homélie du Père Louis DATTIN

L’Esprit Saint dans nos vies

 Jn 14, 15-26

Lorsque nous lisons, dans les “Actes des apôtres”, que les frères, c’est-à-dire les disciples de Jésus, étaient réunis, j’ai l’impression qu’ils ne devaient pas être bien fiers. Réunis pour se rassurer, par peur de se trouver seuls dans une aventure qui les dépasse. Quand on est ensemble, on peut se rassurer les uns les autres. Ils n’ont pas oublié ce fameux Vendredi, à l’avant-veille de Pâques : Jésus arrêté, jugé, bafoué, méprisé, mis à mort sur la croix. Bien sûr, ensuite, ils l’avaient vu ressuscité. Malgré tout cela, ils n’étaient pas encore bien rassurés. Jésus leur avait dit : « Je vous envoie une force venue d’en haut ».

 

Malgré cela, ils étaient un peu comme nous, certains jours où nous sommes en train de nous dire : « Si Dieu était présent avec moi, je n’aurais pas peur. Je saurais ce qu’il faut faire mais là, je n’ose pas car je ne sais pas, je n’ose pas, j’ai peur ».

Eux aussi avaient peur, « ils avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient par peur des Juifs ». Ces apôtres étaient souvent comme nous, ils n’étaient pas bien courageux.

En les regardant vivre avec Jésus, on a bien l’impression qu’ils ne comprenaient rien à ce que disait Jésus : il leur arrivait même de comprendre à l’envers et Pierre va jusqu’à se faire traiter par Jésus de “Satan” !

Nous aussi, souvent, nous avons du mal à comprendre qui est Dieu, ce qu’il souhaite. Nous avons du mal à comprendre le mystère du mal et de la résurrection. Pour nous aussi, bien des questions nous laissent sans réponses. Non seulement ils ne comprennent pas, mais ils se disputent ensemble pour savoir qui était le plus grand, pour savoir qui serait le chef après Jésus.

On voit même une mère venir pistonner ses deux fils : Jacques et Jean, lui demandant les meilleures places pour eux !

Tout comme nous-mêmes, il nous arrive de nous heurter entre nous, à propos de méthodes de catéchisme, de types de messes, de liturgie, au lieu de mettre en pratique le « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Ces disciples peureux, qui ne comprennent pas grand-chose et à qui nous ressemblons comme deux gouttes d’eau, finalement, ils vont être envahis par l’Esprit et, du coup, ils vont changer : les voilà, maintenant, à la Pentecôte, qui non seulement n’ont plus peur, mais qui comprennent le message de Jésus et qui vont même jusqu’à l’expliquer ! Pierre, celui-là même qui avait renié Jésus, prend la parole devant des foules de toutes races, et eux, comprennent ce qu’il dit. On le verra répondre au tribunal des juifs avec une assurance et une clarté stupéfiante !

La Pentecôte, c’est cela ! C’est la transformation, par l’arrivée de l’Esprit-Saint, qui, non seulement, nous rassure, mais nous fortifie, nous fait comprendre, qui fait de nous des témoins.

Les apôtres ne sont plus des disciples seulement, ils deviennent des “apôtres”, c’est-à-dire capables de se faire comprendre du monde entier.

La  Pentecôte : ce  n’est  pas  simplement  pour eux, c’est pour nous aussi, aujourd’hui. L’Esprit Saint, si nous ne lui faisons pas barrage, est capable de nous transformer, nous aussi, de faire de nous des apôtres, nous qui sommes peureux pour dire notre foi, nous qui avons du mal à comprendre le mystère qu’est Dieu, nous qui sommes souvent divisés pour des bêtises, nous aussi, nous avons reçu l’Esprit Saint au Baptême, nous avons été affermis, confirmés, rendus fermes.

Accepterons-nous  de nous laisser envahir par l’Esprit Saint pour qu’il nous transforme ?

Est-ce-que nous croyons vraiment que Dieu peut nous changer? Qu’il peut nous faire sortir de nous-mêmes pour devenir différents ? Que sa force est suffisante pour que nous soyons autrement ? Et n’est-ce-pas  cela d’abord  notre peur ?

Peur qu’il nous bouscule : peur du changement, peur de l’aventure qu’il nous propose.

Ah ! Si notre petite vie, bien rythmée par nos emplois du temps, nos habitudes, nos routines, si tout cela allait être bousculé et qu’il entrait un grand vent dans notre vie qui balaie tout comme dans la pièce où se trouvaient les apôtres ! Est-ce-que nous sommes prêts à risquer notre  vie  au grand vent  de  l’Esprit ?

Ou bien notre religion n’est-elle qu’une sécurité de plus dans une vie spirituelle qui serait calculée, calfeutrée et à l’abri de toute bourrasque ? Oui, et c’est cela qui est exaltant dans notre vie avec le Christ, c’est qu’il y a “la Pentecôte” : ce grand vide où il faut nous jeter à corps perdu pour être pris en main par l’Esprit qui fait de nous ce qu’il désire.

L’Esprit, disait déjà Jésus à Nicodème « souffle où il veut (et pas où nous voulons) et nul ne sait d’où il vient, ni jusqu’où il nous emmènera ».

Jésus avait dit à Pierre, sur le bord du lac : « Un autre te mènera là où tu ne voudras pas  et celui qui consent à perdre son âme, c’est-à-dire à l’exposer au souffle de l’Esprit, à la brûler au feu de l’Esprit, celui-là la sauvera ».

Est-ce-que c’est nous qui nous nous dirigeons intérieurement ou bien est-ce l’Esprit Saint ?

Sommes-nous encore les maîtres de notre vie ou est-ce l’Esprit qui s’en est rendu le maitre ?

Est-ce-que c’est sa volonté qui est faite ou bien est-ce la nôtre ?

On ne peut posséder l’Esprit, c’est lui qui nous possède et c’est lui qui vous change.

Essayez de prendre dans vos mains, dans vos bras, de l’eau, du feu, un souffle, les trois symboles de l’Esprit Saint : impossible. L’eau, le vent, le feu, ça n’a pas de contours précis, définis, ça ne se prend pas, ça ne résiste pas à une pression, ce n’est pas solide, et pourtant l’eau laissée à elle-même se répand, le feu brûle et s’amplifie, le souffle passe et emporte tout sur son passage !

Julien Green notait au moment de sa conversion dans son journal : « Introduire le surnaturel dans sa vie, rompre la digue qui nous protège contre Dieu, c’est se vouer à une tragédie sans nom. Dieu est assiégeant ; le plus souvent, on lui oppose une invincible médiocrité, mais si on cède sur un point, alors c’est le ciel entier qui se rue en nous ».

La Pentecôte, c’est cela. C’est cette irruption de Dieu en nous parce que nous l’avons laissé s’introduire dans notre existence.

Est-ce cela que nous allons essayer de faire aujourd’hui ?

L’Esprit sera-t-il assez fort ou plutôt notre égoïsme sera-t-il assez faible pour se laisser emporter par cette eau immergeante, par ce feu brûlant, par ce souffle purificateur ?

Sans l’Esprit, nous rappelle Ignace de Lattaquié :

  1. Dieu est loin,

  2. le Christ reste dans le passé,

  3. l’Evangile est une lettre morte,

  4. l’Eglise : une simple organisation,

  5. l’autorité : une domination,

  6. la mission : une propagande,

  7. le culte : une évocation et

  8. l’agir chrétien : une morale d’esclaves.

Mais, avec l’Esprit, en lui, tout change :

  1. Le cosmos est soulevé

et gémit dans l’enfantement du Royaume

  1. Le Christ ressuscité est là !

  2. L’Evangile devient puissance de vie

  3. L’Eglise signifie la communion trinitaire

  4. L’autorité est un service libérateur

  5. La mission est une Pentecôte

  6. La liturgie est mémorial et anticipation

  7. L’agir humain est déifié. AMEN

 

 

 

 

 

 

 

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Rencontre autour de l’Évangile – La Pentecôte

“ Un autre Défenseur sera toujours avec vous : c’est  l ‘ Esprit de Vérité ”

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Ac 2,1-11)

(Exceptionnellement nous partagerons sur le récit de la Pentecôte (l’Evangile est celui du 6ème dimanche de pâques)

Saint Luc,  qui a écrit les Actes des Apôtres, est le seul à nous raconter ce qui s’est passé le 50ème jour après Pâques, jour de la Pentecôte. Cette fête juive commémorait le don de la Loi au Sinaï : le peuple libéré de l’esclavage en Egypte (célébré lors de la Pâque juive) naissait alors comme peuple de l’Alliance.

50 jours après la Mort et la Résurrection du Christ, qui a été la véritable libération de l’humanité  par la Pâque du Christ, la Pentecôte, avec la venue de l’Esprit-Saint, célèbre la naissance du peuple de la “ Nouvelle Alliance ”.

Soulignons les mots importants

Les frères: Combien étaient-ils ? Luc le dit lors de l’élection de Matthias (Ac1,15) Que vous inspire cette manière de nommer les disciples ?

Réunis tous ensemble : Pourquoi saint Luc souligne cela ?

un violent coup de vent : Que signifie ce violent coup de vent ?

une sorte de feu : le symbole du feu dans la Bible est très  riche. (Faire chercher par le groupe)

Qui se partageait en langues : Un symbole !

Parler en d’autres langues 

Chacun entendait dans sa propre langue

Dans nos langues les merveilles de Dieu

Pourquoi saint Luc insiste-t-il sur le miracle des langues?

Se posa sur chacun : Quelle est l’importance de ce mot “ chacun ”?

Remplis de l’Esprit-Saint : que signifie cette expression ? 

De toutes les nations : Quelle est  la portée de l’événement de  la Pentecôte pour saint Luc?

 

Pour l’animateur 

  • Le miracle des langues est fortement souligné par saint Luc. La langue, c’est l’organe de la Parole. Lors de l’épisode symbolique de la Tour de Babel, la diversité des langues avaient provoqué la confusion et la division de l’humanité. On ne se comprenait plus. A la Pentecôte, l’Esprit Saint rétablit l’unité : le même message est compris dans la diversité des langues et des cultures. Luc souligne l’universalisme de l’Evangile que des gens de toutes langues peuvent recevoir et comprendre. (Ne pas confondre avec le “ parler en langues ”, phénomène de langage incompréhensible qui demande à être interprété)

  • Les Douze ne sont pas les seuls à vivre l’événement de la Pentecôte : ils étaient environ 120 “ frères ” : dès le commencement, aussi bien pour attendre la venue de l’ Esprit dans la prière autour de Marie, qu’au moment de la venue de l’ Esprit, les Douze apôtres et d’autres disciples forment une communauté de frères.  L’Eglise, dès le début, c’est “ l’être-ensemble ” de ceux qui croient au Christ et accueillent son Esprit.

  • Au Sinaï, c’est toute la Montagne qui tremblait quand Dieu se manifestait dans le tonnerre et le feu (Ex19,18). Ici, c’est toute la maison qui tremble au violent coup de vent: c’est un langage familier de la Bible pour décrire une intervention décisive de Dieu. La venue de l’Esprit Saint est un événement décisif pour l’Eglise et sa mission à travers les âges jusqu’au retour du Christ à la fin des temps.

On peut aussi voir dans ce violent  coup de vent le symbole de la force de l’Esprit qui secoue les disciples pour en faire des apôtres audacieux, qui secoue aussi l’Eglise à travers l’histoire pour la réveiller quand c’est nécessaire et la rendre audacieuse.

  • Quand Luc emploie l’expression “ remplis de l’Esprit Saint ” c’est toujours pour dire qu’il s’agit d’un événement exceptionnel : il l’emploie pour Jean Baptiste (Lc1,15), pour Elisabeth , au moment de la visitation (Lc 1, 41, pour Pierre devant le tribunal du sanhédrin (Ac 4, 1) etc…L’Esprit Saint à la Pentecôte est la puissance de l’amour divin  qui envahit le cœur des apôtres.

  • Luc signale la présence à Jérusalem d’une foule de juifs originaires de tous les pays connus à l’époque et venus sans doute en pèlerinage : son idée, c’est qu’à la Pentecôte, ces gens de partout préfigurent tous les peuples qui, à travers les âges, accueilleront la Bonne Nouvelle de Jésus Christ : l’Eglise à la Pentecôte apparaît déjà “ catholique ”, c’est à dire universelle.

TA PAROLE DANS NOS COEURS

Après la lecture et le partage, inviter les participants à faire silence, à réaliser qu’à la Confirmation ils ont été remplis de l’Esprit Saint pour participer à la Mission de l’Eglise, pour témoigner de Jésus Christ ressuscité, seul Sauveur dont le monde a besoin.

 

L’Evangile aujourd’hui dans notre vie

Nous sommes dans le temps de l’Eglise, le temps de l’Esprit, le temps de la Mission, le temps du témoignage.

Il y a en gros deux manières de se situer dans la communauté – Eglise :

– être un membre actif de la communauté, participer à sa vie, me rendre utile, aimer l’Eglise, faire en sorte qu’elle devienne peu à peu une communauté de frères, éviter de critiquer à tort et à travers et participer à la mission par le témoignage dans la vie de tous les jours…

– ou bien me comporter en chrétien “ assisté ”, passif, consommateur, exigeant, critiquant sans bouger le petit doigt, en prétendant avoir des droits, sans jamais me demander si j’ai des devoirs…

Et moi, où est-ce que j’en suis ?

La Confirmation, qui a été le sacrement de la Pentecôte pour nous, a donné à notre baptême sa dimension missionnaire : qu’avons-nous fait de notre Confirmation ?

Au milieu de nos doutes ou des obscurités de notre foi, prions-nous l’Esprit de nous éclairer, de nous enseigner ? Le prions-nous pour ceux qui ont mission d’éveiller ou d’enseigner la foi : prêtres, diacres, catéchistes, laïcs responsables des mouvements, etc. ?

 

ENSEMBLE PRIONS   

Esprit de Jésus, répandu en langues de feu sur les disciples

Le jour de la Pentecôte, nous te prions :

Embrase le cœur des chrétiens pour qu’ils annoncent dans toutes les langues du monde les merveilles du salut de Dieu.

Esprit Saint

Tu assistas Pierre devant le sanhédrin

tandis qu’ il rendait témoignage au Christ Jésus,

nous te prions : Donne-nous d’annoncer avec assurance

la Bonne Nouvelle de Jésus Christ.

Chant : Eglise des peuples p. 167 (carnet des paroisses)

 

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Pentecôte 

 

 




Audience Générale du Mercredi 29 Mai 2019

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 29 Mai 2019


Frères et sœurs, nous commençons aujourd’hui un parcours de catéchèses sur les Actes des Apôtres. Ce livre biblique écrit par Saint Luc décrit la merveilleuse alliance entre la Parole de Dieu et l’Esprit Saint, qui inaugurent le temps de l’évangélisation. Seul l’Esprit, qui a oint et soutenu le Fils de Dieu dans sa mission, rend efficace notre parole humaine, porteuse de vie, capable d’enflammer les cœurs, d’élargir les frontières du peuple de Dieu. L’Eglise reçoit la surabondance de vie du Ressuscité, Seigneur du temps et de l’histoire, qui invite les siens à attendre avec confiance l’accomplissement des promesses. Le don de Dieu est gratuit et il advient en son temps : c’est le Père qui dynamise les cœurs des disciples par son Esprit pour les rendre capables de témoigner jusqu’aux périphéries du monde. Cette attente, les Apôtres la vivent dans la prière persévérante, comme s’ils ne faisaient qu’un. A leur suite, avec Marie et les femmes présentes qui ont témoigné de la fidélité de l’amour, prions pour que nos cœurs s’ouvrent à la communion qui vainc toute crainte.

Je salue cordialement les personnes de langue française, en particulier les pèlerins du diocèse de Pontoise, accompagnés de leur Evêque, Monseigneur Stanislas Lalanne, ainsi que les jeunes venus de France et de Suisse, et les Ecoles de Charité et de Mission. A l’exemple des Apôtres et de Marie réunis au Cénacle, demandons au Seigneur la patience d’attendre ses pas, et de ne pas vouloir fabriquer nous-mêmes son œuvre. Qu’il nous aide à rester dociles en priant l’Esprit Saint et en cultivant l’art de la communion ecclésiale. Que Dieu vous bénisse.




7ième Dimanche de Pâques ( Jean 17, 20-26) :  « Père… » (Francis Cousin)

 « Père … »

Jésus a beaucoup prié, et quand il prie, il s’adresse à son Père. À Dieu, qu’il appelle « Abba », Papa, Père.

Et quand les apôtres lui demandent une prière, il leur dit : « Dites : ’Notre Père’… », nous donnant le droit d’appeler son Père ’Notre Père’, avec un adjectif possessif collectif.

Rien que dans le passage de l’évangile de ce jour, en sept versets, Jésus dira quatre fois Père, dont deux fois en ajoutant une épithète : « Père saint … Père juste … », mots qui concerne la perfection.

Dans cette prière qu’il adresse à son Père le jeudi saint, sachant que sa fin de vie terrestre est proche, il fait comme un compte-rendu de son action sur la terre.

Pour qui prie-t-il ?

– pour ceux qui sont là autour de lui, ses apôtres, et sans doute aussi quelques disciples.

– pour ceux qui ne sont pas encore de ses disciples, mais qui le deviendront ensuite par sa Parole transmise par ses disciples, de tout temps, jusqu’à nous, et après nous à ceux à qui nous transmettrons sa Parole …

Que demande-t-il ?

– que tous soient UN. Et Jésus le répète quatre fois, pour bien montrer l’importance que cela a pour lui. Avec chaque fois une petite différence, mais le fond reste le même. Non pas une unité de façade basée sur un ou deux principes communs acceptés par tous, mais une unité totale, fusionnelle : « Que tous soient UN, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. » ; « Qu’ils soient UN en nous, eux aussi… » ; « pour qu’ils soient UN comme nous sommes UN » ; « Qu’ils deviennent ainsi parfaitement UN … ». Quatre fois en trois versets, on ne devrait pas pouvoir passer à côté, ça devrait être mis en œuvre, depuis deux mille ans ! Et pourtant …

Dans quel but ?

Là encore, cela est dit deux fois, avec encore une petite différence :

– « Pour que le monde croie que tu m’as envoyé. » ; « Afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. »

Et plus loin, il dit en parlant de ses apôtres : « ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. ».

Jésus ne se met pas en avant. Il est là comme un serviteur de son Père pour faire ce que son Père lui demande, « pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »

Il y a quinze jours, dans l’évangile Jésus disait : « Tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13,35) « Comme je vous ai aimés » (Jn 13,34).

Mais avec ce passage, on va plus loin : l’amour qu’on a (ou qu’on devrait avoir) ne vient pas seulement de l’amour de Jésus pour ses disciples, mais il vient de l’unité entre Jésus et son Père : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. ». Il vient de l’amour entre le Père et le Fils, initié par le Père, et qui sera répandu sur tous par l’Esprit Saint donné à la Pentecôte.

Tout vient du Père,

                                Passe par Jésus,

                                                             Va vers les hommes, disciples ou non, par l’Esprit.

À quoi tout cela nous amène-t-il ?

D’abord, reconnaître que nous sommes aimés du Père. Cela peut paraître évident, mais dans les faits, on a bien souvent l’impression que Dieu le Père est lointain, qu’il ne s’occupe pas de nous : « Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ? » (Ps 8,5). La question ne date pas d’hier !

Reconnaître aussi que les autres humains sont aimés de lui, catholiques ou pas. « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. » (Mt 5,44-45).

Et puis peut-être réfléchir sur la manière dont nous prions, pour la mettre plus en adéquation avec la manière de prier de Jésus :

– pour qui prions-nous ? Davantage pour nous, ou davantage pour les autres ?

– Quel est l’objet de notre prière ? des demandes diverses … ou/et des remerciements ?

– Quelle est la forme de notre prière ? réciter des prières toutes faites …, parler avec notre cœur …, de l’adoration…, du silence (pour écouter Dieu parler) …, de la louange …, des chants…

Il n’y a pas une manière unique idéale de prier, mais toute prière, quelle que soit sa forme, son objet, doit toujours correspondre à un critère : puiser dans l’amour de Dieu pour demander de l’amour, par amour de Dieu, par amour des autres.

Rien que de l’amour !

On n’y arrive pas toujours … mais c’est un but à atteindre !

 

Seigneur Jésus,

alors que tu sais que tu vas mourir,

tu ne pries pas pour toi,

mais tu pries pour tes disciples,

présents et à venir,

pour qu’ils deviennent UN,

et qu’il reconnaissent l’amour de ton Père pour eux.

Aide-nous pour que notre prière soit,

à l’instar de la tienne,

une démarche d’amour pour Dieu

et pour les autres, quels qu’ils soient.

Francis Cousin    

 

 

Pour télécharger la prière illustrée  , cliquer sur le titre suivant:

Image dim Pâques C 7°

 




7ième Dimanche de Pâques – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Jean Jn 17, 20-26)

« Qu’ils soient un

comme nous sommes un »

(Jn 17,20-26)

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi.
Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.
Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN :
moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.
Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde.
Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé.
Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »

 

           La prière de Jésus s’étend ici non seulement à ses disciples qui l’entourent, juste avant sa Passion, mais aussi à tous ceux et celles qui « accueilleront leur parole et croiront en lui », c’est-à-dire à nous tous… Et que demande-t-il ? « Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi ». Jésus n’est pas le Père, le Père n’est pas Jésus. Mais dans son amour, le Père, de toute éternité, se donne au Fils. Et il lui donne tout, tout ce qu’il est… Et le Père « est Esprit » (Jn 4,24). Mais il est aussi « Lumière » (1Jn 1,5), une Lumière que la Bible appelle parfois « Gloire » : « La Gloire de Dieu est la splendeur de l’Être par excellence » (P. Placide Deseille). Donner la Gloire, c’est donc donner l’Être, c’est-à-dire l’Esprit, la Lumière, la Vie… C’est ce que Jésus affirme ici : Père, « parce que tu m’as aimé avant même la création du monde », « tu m’as donné la Gloire », tu m’as donné d’Être Dieu comme toi tu es Dieu… « Il est Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu », disons-nous du Fils dans notre Crédo… De toute éternité, le Père donne l’Esprit, le Fils reçoit l’Esprit. Le Père donne la Lumière, le Fils reçoit la Lumière. Le Père donne la Vie, le Fils reçoit la Vie. « Je vis pas le Père » (Jn 6,57). Bien que différents l’un de l’autre, tous les deux sont ainsi unis l’un à l’autre dans la communion d’un même Esprit, d’une même Lumière, d’une même Vie. Ils sont « un ».

            Mais Jésus est justement venu nous partager ce qu’il reçoit de son Père de toute éternité… « Je leur ai donné la Gloire que tu m’as donnée », c’est-à-dire, je leur ai donné l’Être que tu m’as donné, cet Être qui est tout à la fois Esprit, Lumière et Vie… Ainsi, avec moi et par moi, dit Jésus, « tu les as aimés comme tu m’as aimé ».

           Si nous consentons à cet Amour gratuit, nous recevrons tous le même Esprit, cet Esprit que le Fils reçoit du Père de toute éternité, et qui l’engendre en Fils, ce même Esprit qui nous engendrera à notre tour en fils et filles de Dieu à « l’image du Fils » (Rm 8,28-30). Telle est la vocation de tout homme sur cette terre : participer par grâce, et cela selon notre condition de créature, à cette « nature divine » que le Fils reçoit du Père depuis toujours et pour toujours, un Don qui l’engendre en Vrai Dieu né du Vrai Dieu… Toute l’œuvre de Dieu est ainsi que nous « participions », nous aussi, « à la nature divine » (2P 1,4), c’est-à-dire à ce qu’Il Est en Lui-même… Et Il Est Esprit, Lumière, Vie éternelle… « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu » (St Athanase), grâce à sa Miséricorde Toute Puissante, et infinie…            DJF

 




7ième Dimanche de Pâques – Homélie du Père Louis DATTIN

Unité des chrétiens

Jean 17, 20-26

                                                               

                   Nous avons écouté, par cet évangile, les dernières Paroles de Jésus. La Cène est finie, les apôtres ont communié et les voilà, tous les 11, qui prennent l’escalier qui descend la Vallée du Cédron et qui mène jusqu’au Jardin des Oliviers où Jésus va entrer dans son agonie et cet évangile est déjà et encore, une prière :

« “ Père, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont ce soir avec moi, mais encore pour tous ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi ” ».

Oui, Jésus a donc entrevu et prévu la multitude des chrétiens, l’immensité de l’église. Il voyait à l’avance ces foules de croyants : il a prié pour eux, il a prié pour chacun de nous ce soir-là et quel était le contenu de cette prière ? Qu’est-ce-que Jésus demande pour les croyants ? «“ Que tous, ils soient “un”.

Voilà le souhait fondamental de Jésus pour nous, non pas qu’ils soient “saints”, non pas qu’ils aient la foi ou qu’ils aient l’amour, non, « “ qu’ils soient “un” ” ».

Pourquoi  cette  prière  plutôt  qu’une  autre ? Parce  que  Jésus

a pressenti que le grand drame des croyants, ne serait ni leur manque de foi, ni leur égoïsme, ni leur orgueil mais la “Division“. Or, la Division, c’est le contraire de Dieu : « “ Je crois en un seul Dieu ” ».  Dieu, avant tout, est “un”. Dieu vit de l’unité, par l’unité de ses personnes, dans l’unité qui est communion totale, sans confusion : c’est l’unité de plusieurs personnes distinctes, se respectant les unes les autres. Et parce que, nous-mêmes, nous  sommes  créés  à  cette image de Dieu,

nous rêvons, au fond de notre cœur, de cette unité souvent perdue, toujours à refaire.

Que de fiancés ont rêvé à l’unité de leur couple, à la fusion totale de leurs deux êtres !

Que de familles ont fantasmé la famille idéale, du Père, de la Mère et des Enfants : unis en étroite communion !

Que de cités, que de pays, ont, eux aussi, imaginé cette unité idéale de tous les citoyens sous la conduite d’un seul chef, élu et choisi par eux !

Ce que craint Jésus, pour son église, avant tout, c’est le sectarisme, la scission, les fanatismes, les intolérances.

Que d’unions brisées! Que de haines, dans le monde et parfois aussi, il faut bien le dire, dans l’église !

Mais, nous avons eu, parfois, n’est-il pas vrai, à certains moments, un avant-goût de ce que pourrait être le ciel, tous les croyants tournés vers le Père, tous, vivants entre frères ?

C’est cette unité-là, mais absolue et définitive, que demande Jésus pour nous !

Dans le “Je crois en Dieu”, nous disons «“ Je crois en l’église ”» avec 4 qualités : “une”, “sainte”, “catholique” et “apostolique”.

Quel est l’adjectif qui arrive en tête ? Ce n’est pas la sainteté, ni qu’elle soit catholique, ni même qu’elle soit apôtre. C’est d’abord son unité. Si l’église est “une”, c’est-à-dire unie, communiante, communauté d’amour, alors seulement, elle pourra devenir sainte, alors seulement elle pourra devenir catholique, alors seulement elle pourra devenir apostolique.

Mais, il ne s’agit pas, bien sûr, de n’importe quelle unité : ce n’est pas une “vague bonne entente” entre des copains, il ne s’agit  pas  non  plus  d’une  honnête   tolérance  réciproque.

Ce n’est pas non plus une “coexistence pacifique”. Non, le modèle de l’unité n’est pas là : le modèle d’unité donné par Jésus aux chrétiens, c’est la Trinité , « “ A plusieurs ne faire qu’un ” ».

Nous rêvons parfois d’une unité facile, qui serait, que les autres, qui ne pensent pas comme nous, nous rejoignent. Ce n’est pas cela la véritable unité. Ne confondez pas l’unité avec l’uniformité. En Dieu, au contraire, les personnes restent totalement distinctes et se respectent les unes les autres. C’est l’unité de plusieurs avec leurs légitimes différences, leur originalité. Un africain, un indien, un bouddhiste, un animiste doit, même dans la foi catholique, surtout dans la foi catholique, ne rien perdre de ses valeurs personnelles et retrouver, en outre, toutes celles qui sont offertes par Jésus-Christ.

Aujourd’hui, on parle beaucoup de “pluralisme”… En fait, allons-nous vers une écoute et une acceptation réelle de nos différences, vers un échange de nos richesses, vers un partage de nos cultures  ou voulons-nous imposer notre choix à tous les autres ? Jésus nous dit d’être “un“, comme lui avec les 2 autres personnes divines. Ce sera cette unité-là qui sera à l’origine de la foi des autres. C’est parce qu’ils nous verront unis que les autres auront envie de vivre comme nous : pourquoi ? Parce que tout homme, qu’il soit chrétien ou non, a, au fond de lui-même, un désir, un vieux projet d’amour, de fusion, d’unité avec Dieu ou avec les autres. Projet vrai ou désir nostalgique ? Ce que vivent les uns doit être envié par les autres pour qu’à leur tour, ils entrent dans la ronde.

Tout homme possède en lui, un sentiment de solitude et un désir de “vivre avec” et il ne sera heureux que lorsque cette solitude  est  évacuée  et  ce  désir  d’unité  comblé. Ce n’est pas  pour rien qu’il est créé à l’image de Dieu:« “ Tel père…Tel fils ” » et le fils n’a, au fond de lui-même, qu’une seule ambition : vivre avec le Père : en aimant et en étant aimé.

En réalisant cette unité, il n’aura plus faim et soif d’autre chose, il sera vraiment heureux et ne sera pas en recherche de bonheurs factices ou de paradis artificiels parce qu’il vit déjà à l’avance ce bonheur qui sera définitivement le sien : l’unité de l’église vécue dans l’unité de la Trinité Sainte.

St-Cyprien, évêque de Carthage (autour de l’an 250), disait :

« L’église est un peuple qui tire son unité de l’unité du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».

L’église doit être le sacrement visible c’est-à-dire le signe sensible de l’unité de Dieu.

Maintenant, en 2016, avec les “médias”, nous possédons les techniques les plus avancées, les plus sophistiquées pour communiquer, mettre en relation, rassembler. Avec ces techniques, l’homme se sent pourtant beaucoup plus seul que dans un village du Moyen-Age. Peut-être parce que, en plus des techniques de communication, il faut autre chose : l’amour dans l’unité. C’est l’unité qui rassemble les hommes. C’est l’unité qui évangélise : « “ Voyez comme ils s’aiment ” ». Alors la foi devient attirante : « “ Qu’ils soient “un”, afin que le monde croie que tu m’as envoyé ” »

Si notre unité devient visible pour les autres, s’ils la sentent, s’ils l’envient, alors l’église devient l’icône de la Trinité. C’est notre modèle, notre programme : unité dans nos cités, notre profession, nos groupes, notre paroisse, tous nos amours.

 « “ Père, ceux  que  tu m’as  donnés,

je veux” que  là où je suis, eux aussi soient avec moi ” ».

C’est le seul “Je veux” de tout l’Evangile et ce “Je veux”- là, c’est pour l’unité…

                                                                     AMEN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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