3ième Dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN
Semaine de l’unité
Mt 4, 12-23
Ce dimanche, mes frères, est situé à la fin de la semaine de l’unité : semaine de prières pour que les chrétiens, qu’ils soient catholiques, protestants, orthodoxes ou anglicans, puissent raviver dans leur cœur ce désir exprimé par le Christ à la fin de sa vie :
« Père, qu’ils soient un, comme toi et moi, nous faisons un ».
Nous venons d’entendre la parole de St-Paul aux Corinthiens :
« Mettez-vous tous d’accord ; qu’il n’y ait pas de divisions entre vous ; soyez en parfaite harmonie de pensée et de sentiment. On m’a dit qu’il y avait des disputes entre vous. Chacun prend parti. Les uns disent : « Moi, je suis pour untel » ; « Moi, je suis pour tel autre »… Le Christ est-il donc partagé ? N’a-t-il versé son sang que pour quelques- uns d’entre nous ? Est-ce un tel ou tel autre qui a été crucifié pour vous ? Non, c’est le Christ lui-même, qui est mort pour tous ».
– Ce message de St-Paul ne s’adresse pas seulement aux Corinthiens, il s’adresse à nous aujourd’hui. N’y a-t-il pas aussi, dans nos communes, dans nos paroisses mêmes, dans nos familles, des divisions, des rivalités, des dissensions qui devraient être surmontées entre nous :
. parce que nous sommes chrétiens
. parce que nous disons dans le ‘’Notre Père‘’ : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés »
. parce que dans le cœur d’un chrétien, l’amour doit être toujours plus fort que la haine
. parce que voulant imiter Dieu lui-même, nous voulons oublier, effacer tout le mal qui nous a été fait
Pas d’unité possible sans amour, sans bienveillance à l’égard des autres. Il serait hypocrite de proclamer que nous sommes pour l’unité avec les protestants, les orthodoxes, les anglicans, si, en même temps, nous sommes brouillés avec un voisin, si l’on ne se parle plus avec un habitant du quartier, pire encore, avec sa belle-sœur, sa belle-mère parfois entre parents et enfants. Tant que nous serons divisés entre nous qui vivons ensemble ici, à St-Denis, nous avons bonne mine de prêcher l’unité entre les différentes familles chrétiennes de l’Orient et de l’Occident, du Nord et du Sud.
Comment cette division s’est-elle introduite ? Vous le savez bien : par le péché ; tout comme l’unité ne peut se refaire que par l’amour, que par l’Esprit Saint : Esprit d’unité. Entre chrétiens, rappelons-le, il ne doit y avoir qu’un seul Corps, un seul Esprit : « Appelés par vocation à une espérance unique, nous rappelle Saint-Paul, il n’y a qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. Il n’y a qu’un Dieu et père de tous, qui est en tous ».
En fait, ce qui devrait nous unir, nous faire devenir des frères entre nous, est bien plus fort et bien plus important que les motifs de division qui peuvent nous séparer : telle ou telle dispute, différent, une réflexion un peu dure, des conflits matériels, des points de vue différents. Que de broutilles, de bagatelles, si nous nous situons à hauteur de Dieu !
« Les murs de la séparation ne montent pas jusqu’au ciel » a-t-on dit. Vus du ciel, ils doivent à peine apparaitre et pourtant nous nous butons, nous voulons avoir le dernier mot, nous voulons le dessus, avoir raison à tout prix.
– Pour faire l’unité, pour refaire l’union, nous n’avons pas à attendre que l’autre, ou les autres, reviennent vers nous. Nous avons tous à aller à la rencontre les uns des autres et si nous sentons comme Dieu, peut-être avons-nous à faire le premier pas, à prendre des initiatives, quitte à perdre la face.
– Mais Jésus, le premier, n’a-t-il pas perdu la face, la Sainte Face, pour nous sauver, nous réconcilier avec le Père, nous réconcilier entre nous ? Certes, il est facile de jeter la responsabilité sur les autres, de dire comme les enfants : « C’est lui qui a commencé ; c’est de sa faute ». Facile de jeter la pierre aux autres, mais cela reste stérile et ne fait rien pour nous rapprocher.
– C’est notre cœur à nous qui doit se convertir. Cherchons d’abord à nous purifier nous-mêmes, avant de purifier les autres, à nous convertir nous-mêmes avant de convertir les autres, à nous juger nous-mêmes avant de juger les autres, car s’il existe un orgueil et un égoïsme personnel, il existe également un orgueil et un égoïsme ‘’ de groupe ‘’, ‘’ de corps ‘’. Or, il n’y a que l’humilité qui peut nous ouvrir les routes barrées qui nous empêchent de nous rencontrer.
Il n’y aura jamais de réconciliation entre familles chrétiennes, tout comme entre nous, s’il n’y a pas un minimum d’humilité de part et d’autre, de reconnaissance de nos fautes respectives.
– Peut-être aussi, nous faisons-nous une fausse idée des autres. Nous avons d’eux une image qui ne correspond pas à la réalité : si nous les connaissions mieux, l’unité serait plus facile à établir.
Un des premiers efforts à faire, c’est de nous efforcer de mieux connaitre ceux qui nous entourent. Trop d’idées saugrenues circulent encore : il y a vingt -cinq ans, je n’avais sans doute jamais rencontré un protestant, encore moins un orthodoxe et je savais surtout que c’était des gens à éviter… et puis j’ai rencontré des hommes et des femmes à la foi transparente, à la charité sans limites, à l’esprit apostolique admirable. Puissent-ils, eux aussi, rencontrer des catholiques de cette qualité. Alors déjà, beaucoup d’idées toutes faites sur les uns ou sur les autres seront détruites, comme au premier temps de la chrétienté.
Les hommes croiront s’ils peuvent dire des chrétiens : « Voyez comme ils s’aiment ».
C’est notre unité, notre solidarité entre nous, notre communauté paroissiale, unie et vivante, qui fera envie aux autres et les décidera à venir avec nous.
Tout est possible, si d’un seul cœur et d’une seule espérance, nous demandons au Père cette grâce de l’unité : « Père que ton règne vienne», « que ton amour unisse tous tes enfants ». AMEN
3ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER (Mt 4, 12-23)
Jésus, Lumière et Vie …
Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste, il se retira en Galilée.
Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali.
C’était pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe :
‘Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations !
Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée.’
À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »
Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela.
Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent.
Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.
Jean-Baptiste quitte la scène comme tant de prophètes avant lui : persécuté, emprisonné, exécuté… Jésus prend le relais… Le moment est venu pour lui de manifester le désir de Dieu qui « veut que tous les hommes soient sauvés » (1Tm 2,3-6). Alors, même si la Bonne Nouvelle devait être d’abord annoncée à Israël (Mt 15,24 ; 10,6), le Peuple de l’Alliance et des Promesses (Ep 2,12), Jésus va s’installer non pas à Jérusalem, la capitale, mais à Capharnaüm (en hébreu : ‘Village de Nahum’, ‘Nahum’ signifiant ‘Dieu console’), une petite ville frontière au nord de la Galilée juive, entourée de provinces païennes : la Syro-Phénicie, la Trachonitide et la Décapole. Nous sommes vraiment ici à « un carrefour », avec d’un côté les régions Juives de « Zabulon et de Nephtali », et de l’autre « la route de la mer et le pays d’au-delà du Jourdain », le pays des païens… Ce « peuple » qu’évoque St Matthieu juste après est donc l’humanité tout entière constituée des Juifs et des païens. Et tous « habitent dans les ténèbres », ce qui signifie, Dieu étant Lumière (1Jn 1,5), que les hommes lui ont fermé la porte de leur cœur et de leur vie. Ils vivent sans Lui… Or, la Lumière de Dieu est tout à la fois Esprit (Jn 4,24) et Vie (Jn 1,4 ; 8,12). Être privé de cette Lumière, c’est vivre en étant privé d’une Plénitude de Vie spirituelle : c’est être spirituellement mort… « Habiter dans les ténèbres », c’est donc « habiter le pays de l’ombre et de la mort »…
Le ministère public de Jésus commence donc par une allusion à ce péché qui touche tout homme. « Tous ont péché et sont privés de la Gloire de Dieu… Et le salaire du péché, c’est la mort ; mais le Don gratuit de Dieu, c’est la Vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 3,9-26 ; 6,23). Et St Matthieu, en quelques mots, va nous résumer ici tout l’Evangile. Dieu, tout en ne cessant jamais de respecter notre liberté, car il n’y a pas d’amour vrai sans liberté, s’est fait homme, avec le Fils et par le Fils, pour nous rejoindre dans nos ténèbres et nous appeler à passer avec Lui des ténèbres à la Lumière, de la mort à la Vie. Telle est bien la démarche de Celui qui Est Amour (1Jn 4,8.16), de Celui qui n’est qu’Amour et qui ne pense, ne veut, ne désire que notre bien : « Je ne cesserai pas de les suivre pour leur faire du bien. Je trouverai ma joie à leur faire du bien, de tout mon cœur » (Jr 32,40-41). Alors, avec Jésus, le Fils, « vrai Dieu né du vrai Dieu, Lumière née de la Lumière », et aussi vrai homme, « le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande Lumière ». « Je suis la Lumière du monde », dira-t-il. « Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jn 8,12), gratuitement, par amour, alors que nous en étions tous privés par suite de nos fautes. « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » ? « Père, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour que là où je suis, eux aussi soient avec moi » (Jn 17,22-24), pour toujours…
DJF
Rencontre autour de l’Évangile – 3ième Dimanche du Temps Ordinaire
« Venez derrière moi,
et je vous ferai pêcheurs d’hommes.»
TA PAROLE SOUS NOS YEUX
Situons le texte et lisons (Mt 4, 12-23)
Après avoir repoussé le Tentateur qui voulait lui faire prendre d’autres chemins que celui de son Père pour sa Mission de Sauveur, Jésus commence son ministère en Galilée, où il s’est retiré après la mort de Jean Baptiste par Hérode Antipas.
Et soulignons les mots importants
Galilée : Comment Isaïe appelle cette région ? Est ce que cela nous donne une indication sur la mission de Jésus ?
Il quitta Nazareth pour Capharnaüm au bord du lac : Quel sens Mathieu donne-t-il à ce déplacement de Jésus ?
Convertissez-vous : Cet appel précède l’annonce du Royaume : pourquoi ?
Le Royaume des cieux est tout proche. Comment dire en quelques mots ce qu’est le « Royaume des cieux ».
Jésus vit deux frères…il vit deux autres frères. « Venez derrière moi…Il les « appela » : Quelle est la vocation fondamentale de tout homme ? Dans toute vocation, qui est-ce qui a l’initiative ?
Pêcheurs d’hommes : Que veut dire Jésus ?
Laissant leurs filets…laissant leur barque
Ils le suivirent : Dans l’évangile, l’expression « suivre le Christ » veut dire quelque chose de précis : le savons-nous ?
Jésus enseignait : C’était une part importante du ministère de Jésus.
La Bonne Nouvelle du Royaume : En quoi le Royaume est une Bonne Nouvelle pour les hommes ?
Guérissait toute maladie et toute infirmité : Quelle est la signification de toutes ces guérisons dans l’annonce du Royaume de Dieu.
Pour l’animateur
Jésus se retire en Galilée, carrefour des nations païennes. Il s’installe à Capharnaüm, ville de pêcheurs : la maison de Pierre devient un peu sa maison. Nazareth était le village de son « Incarnation », de son « enfouissement » dans la vie humaine ; Capharnaüm devient la base de son ministère de missionnaire du Royaume. Mathieu voit dans ce déplacement la réalisation de la prophétie d’Isaïe.
Convertissez-vous : Jésus commence par faire cet appel, parce que l’efficacité du Règne de Dieu dépend de l’accueil que l’homme lui réserve. La proclamation de la Bonne Nouvelle du Royaume des cieux (ou du Règne de Dieu) sera le cœur, l’objet et la raison d’être de tout le ministère de Jésus : sa prédication, ses enseignements, ses attitudes, ses choix, ses gestes, ses miracles, sa Passion et sa mort. En sa personne, le Règne de Dieu s’est approché.
Jésus commence par « appeler » des hommes à le suivre. Dans toute la Bible, Dieu a l’initiative de l’alliance : il appelle (Abraham, Moïse, les prophètes…et finalement tout le peuple) et son appel met en mouvement. Jésus, l’Envoyé du Père, appelle : appel à la conversion, appel à le suivre, appel à collaborer à la venue du Règne de Dieu. Quelle puissance de séduction devait avoir le regard de Jésus et son appel, pour que des hommes acceptent de tout quitter, ce qu’ils ont de plus cher, (« leur père ») pour le suivre. Ils laissent leurs filets, leur barque, c’est à dire leur outil de travail pour devenir des « pêcheurs d’hommes » : C’est une annonce discrète de la mission chrétienne, l’engagement au service du Règne de Dieu parmi les hommes. Suivre le Christ, c’est devenir son disciple. C’est dans la mesure où l’on est disciple que l’on peut se prétendre missionnaire.
Ce Règne de Dieu pour autant n’était pas clair dans les esprits : de nombreux juifs du temps de Jésus espéraient que le Messie allait restaurer la royauté de la descendance de David en soumettant les peuples ennemis, d’autres espéraient que le Règne de Dieu viendrait des cieux dans un monde à venir car le monde présent est mauvais ; pour d’autres, la venue du Règne de Dieu supposait la conversion à la Loi.
Jésus apparaîtra tout au long de l’évangile de Mathieu comme le Maître qui enseigne, le nouveau Moïse. Les paraboles du Royaume seront nombreuses pour essayer de la faire comprendre.
Jésus annonce le Royaume et il fait des gestes qui font reculer tout ce qui fait du mal à la personne humaine : maladie et infirmité doivent disparaître totalement dans le Royaume de Dieu. Dès maintenant, il faut lutter contre toutes les misères humaines. Dieu Règne quand les hommes sont libérés de toutes les formes de mal.
TA PAROLE DANS NOS CŒURS
Seigneur Jésus, avec toi, le Royaume des cieux s’est approché de nous. Change toi-même nos cœurs pour que le Règne de Dieu ton Père s’installe au plus profond de nous. Fais de nous tes disciples, prêts à répondre à ton appel. Remplis nous de ton audace et de ton courage pour que nous proclamions, envers et contre tout, par nos paroles et par nos gestes, que Dieu aime tous les hommes et veut leur bonheur.
TA PAROLE DANS NOS MAINS
La Parole aujourd’hui dans notre vie
Nous vivons dans une société qui est de plus en plus un carrefour de croyants de toutes sortes, de toutes convictions, et aussi d’incroyants : une terre de mission.
Et nous sommes les disciples de Jésus dans notre famille, notre quartier, notre travail : comment avoir la même audace que Jésus pour annoncer l’Evangile ?
Croyons-nous que le Christ continue d’appeler des hommes à le suivre ? Nous mettons-nous à son service pour cette tâche ?
Quels sont les gestes que nous pouvons poser pour faire avancer le Royaume faces aux « maladies et aux infirmités » de notre monde.
Quelle est notre préoccupation pour les vocations : de prêtres, de religieux et religieuses, de laïcs engagés au service du Royaume ?
ENSEMBLE PRIONS
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Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité : pour que l’Evangile pénètre nos vies et nous aide à trouver le vrai visage du Christ, Prions le Seigneur.
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Pour que les peuples, avec leur culture, puisse reconnaître comme Sauveur, Jésus Fils de Dieu. Prions.
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« Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est là. » Pour que nous aidions les autres à découvrir le Christ dans tout ce qui est bon et bien. Prions.
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Pour que nous nous engagions dans la mission de l’Eglise avec assez d’enthousiasme pour dépasser les échecs, prions.
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3ième Dimanche du Temps Ordinaire
2ième Dimanche du Temps Ordinaire – par Francis COUSIN (Jn 1, 29-34)
« Et moi, je ne le connaissais pas. »
Quand on lit ce passage d’évangile, on est surpris par cette phrase que Jean-Baptiste dit deux fois : « Et moi, je ne le connaissais pas. ».
Cette répétition équivaut à un renforcement de ce qui est dit : « OUI, vraiment, je vous l’affirme : je ne le connaissais pas ! ».
On est d’autant plus surpris que l’on sait, grâce à saint Luc, que Marie et Élisabeth étaient apparentées, et de manière assez proche puisque on dit que Jésus et Jean-Baptiste étaient cousins … peut-être à la mode de Bretagne … mais cousins quand même.
On ne sait pas s’ils se sont souvent rencontrés. Il faut dire que pour aller de Nazareth à Aïn-Karim, distants d’un peu moins de cent-cinquante kilomètres par la route actuelle … à pied et en suivant les sentiers d’alors, il fallait environ cinq jours de marche … et donc, pour un aller-retour, dix jours de marche …
On n’y allait pas pour une fin de semaine !
Il fallait une occasion importante pour faire le déplacement … comme le pèlerinage au Temple de Jérusalem pour la fête de la Pâque. Alors faire un petit détour de huit kilomètres, cela peut se faire … mais comme souvent, les gens d’un village se déplaçaient en groupe, il était difficile de quitter le convoi.
Cela réduit fortement les occasions de rencontre …
D’autant qu’on ne sait pas exactement quand Jean-Baptiste a commencé à proclamer son message de conversion. Saint Luc est le plus précis … mais reste sujet à interprétation …
Pour la plupart des gens, en se basant sur la durée entre le début de l’Avent et le baptême de Jésus, on a l’impression que la durée entre le début du message de Jean-Baptiste et le baptême de Jésus est relativement courte … quelques mois … alors qu’il faudrait plutôt parler d’années …
À l’époque il n’y avait pas d’internet ni de téléphone portable, on n’était pas dans le règne de l’immédiateté … Il fallait du temps pour que le discours de Jean-Baptiste commence à être connu … et reconnu … et que l’on vienne de « toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés. » (Mc 1.5), et même des gens de Galilée, comme André, Simon-Pierre, Nathanaël, Philippe … et Jésus (Jn 1).
Alors … Jean-Baptiste connaissait-il Jésus ?
On peut penser que oui, même si c’était épisodique …
Jean-Baptiste serait-il alors un menteur ?
Je ne pense pas … et il nous l’explique à la fin du passage de ce jour : « Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. ».
Il connaissait sans doute Jésus comme le fils de Marie et de Joseph … mais pas comme « Fils de Dieu ! », et c’est la vision qu’on lui avait annoncée : « Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint. » qui lui montre que Jésus est le Fils de Dieu ! Car qui peut baptiser dans l’Esprit Saint sinon Dieu, ou son envoyé, le Messie.
Alors, la question qu’on peut se poser maintenant : « Est-ce que moi, je connais Jésus ? », ou plus simplement « Qui est Jésus pour moi ? »
Est-ce un homme qui a existé il y a bien longtemps et qui a fait beaucoup de miracles ? ou, comme le dit Jean-Baptiste : « l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. », le fils de Dieu venu sur terre par amour pour nous pour nous réconcilier avec Dieu et nous offrir la Vie Éternelle ?
Peut-être que, comme Jean-Baptiste avant la venue de l’Esprit-Saint sur Jésus, nous ne connaissons pas vraiment qui est Jésus !
Peut-être avons-nous à passer de la connaissance ’’mondaine’’ de Jésus à sa connaissance spirituelle … ?
Seigneur Jésus,
il a fallu que l’Esprit-saint se pose sur Jésus
pour que Jean-Baptiste comprenne qu’il est
l’Agneau de Dieu qui enlève nos péchés.
Permet que nous passions d’une image formelle de toi
à une image aimante de toi, comme ton Père.
Francis Cousin
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Prière dim ord A 2°
2ième Dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN
Le Christ, vraie lumière
Jn 1, 29-34
Dans le livre » Mais il y a la mer « , Sullivan raconte la vie d’un cardinal. Il vient de prendre sa retraite après avoir été, pendant de longues années, chef et témoin de l’Eglise d’Espagne : assis au bord de la mer, ce cardinal regarde la vague dont l’écume s’éparpille sur le rivage depuis des milliers d’années. Soudain, devant l’indifférence des flots, il a le vertige, à la pensée de ce que fut son existence : « J’étais en représentation » constate-t-il, « je me suis trompé de vie ». » Il s’était trompé de vie » et il rencontrait sa propre image avec le sentiment de rencontrer un étranger.
» Se tromper de vie « , c’est sans doute la pire erreur que puisse faire un homme : faire fausse route, arriver à la fin d’une piste pour s’apercevoir qu’elle était fausse et ne menait à rien ! Et comme nous n’avons qu’une vie, très limitée, en fin de compte, de quelques dizaines d’années, s’apercevoir tout à coup alors qu’elle en est à son crépuscule, que la direction, désirée de tout notre âme, se trouve à l’opposé de ce que nous avons voulu, quel désarroi ! Quel sentiment de ratage ! « Je me suis trompé et je n’ai pas même une vie de rechange pour reprendre la bonne direction et le vrai chemin ! »
On se trompe sur soi-même – et c’est dramatique – mais se tromper sur Dieu, c’est encore pire : ce fut l’erreur fondamentale de tout l’Ancien Testament, et c’est pourquoi : ils n’ont pas su reconnaître Jésus-Christ.
Et le peuple juif attend encore celui qui est déjà venu à sa rencontre. Il attendait un Messie guerrier et justicier : Jean-Baptiste lui-même l’avait annoncé, comme le bûcheron dont la cognée allait frapper les arbres stériles. Et voici que ce Jésus-là, invitait à le suivre.
– Qui ? Des gens de piètre réputation : ceux dont justement, on pensait qu’ils allaient être éliminés et le voilà, ce Jésus, qui mange avec des pécheurs et pire encore, il parle, non pas d’un grand jour de revanche, mais de la tendresse de Dieu ! Jean, pourtant, connaissait le vieux poème insolite, égaré du livre d’Isaïe : « Voici mon serviteur bien-aimé ; comme l’agneau qui se laisse mener à l’abattoir, comme la brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche ».
Déjà Jean apercevait le chemin sanglant de la croix : » Voici l’agneau de Dieu « .
On s’était trompé de Dieu encore pendant les quelques années qui mèneront Jésus du Jourdain au Calvaire. On ne cessera de faire erreur sur lui ! Et aujourd’hui encore, c’est la même chose !
« Je ne le connaissais pas , avoue Jean-Baptiste dans cet Evangile, “oui, je savais que c’était Jésus, le fils de Marie, le charpentier de Nazareth, mon cousin. Oui, je croyais le connaître mais je ne le connaissais pas jusqu’au moment où celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : » L’homme, sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est celui-là qui baptisera dans l’Esprit Saint » . Oui, j’ai vu et je rends ce témoignage : c’est lui, le Fils de Dieu ».
Et aujourd’hui encore, on se trompe sur son compte. Nous sommes des hommes de la rentabilité et du mesurable : comment pourriez-vous accorder quelque crédit au langage de l’amour ?
Comme on parlait à Staline de ce qu’avait dit le pape d’alors, à Noël, celui-ci répliqua : « Le pape, combien a-t-il de divisions blindées ? »
On se trompe de Dieu, lorsqu’on dit qu’il est « Tout puissant» alors que sa toute puissance, n’a rien à voir avec la force, rien à voir avec la violence mais que sa toute-puissance est celle d’un amour illimité ! Jésus-Christ n’a pas d’autres armes, il n’a pas d’autres langages : « Attention à ne pas nous tromper de Dieu ! »
Puissions-nous avoir, le plus tôt possible, cet étonnement, sans attendre le jour du jugement : quoi ! Ce malade, ce petit, ce prisonnier, ce réfugié, ce sans-abri, c’était donc toi ! Et moi qui croyais que Dieu était partout, sauf justement dans ces zones méprisables et misérables : » c’était donc toi ! « . Jésus sera pour toujours à démaquiller et les masques qui camouflent nos visages seront toujours à arracher : « C’était donc toi ! »
Oui, nous aurons sans cesse à laver notre regard, à purifier l’idée que nous nous faisons de Dieu et ce n’est que dans l’humilité de l’Evangile que nous pourrons avoir une petite idée de ce qu’il est en réalité : on se trompe de Dieu et on se trompe de vie. Dieu n’a qu’une vie d’homme pour parler à l’homme : celle de Jésus-Christ et pour que la parole du salut ne se dessèche pas, nous n’aurons jamais que quelques signes à interpréter, à partager et à construire.
Tout l’avenir de l’Eglise est là, et en ce premier jour de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, on peut dire que les églises aussi se sont trompées de vie quand elles se sont enfermées dans des rancunes sans fin et des querelles séculaires. En cette semaine de l’unité, les voici, ces églises, toutes appelées à la conversion pour retrouver Jésus démaquillé. Si tous cherchent le Seigneur en vérité et acceptent de dévoiler leur visage, ce sera, lui, le Christ, la source de notre unité.
Les foules, étonnées en écoutant l’enseignement de Jésus, se disaient : « Qui est cet homme ? » C’est sans cesse la question que nous devrions nous poser, au lieu de nous faire, trop vite et trop facilement, notre idée sur Jésus.
C’est une question que nous devrions sans cesse nous reposer :
« Oui, qui est-il donc cet homme ? Ce fils de charpentier qui guérit les lépreux et qui prétend remodeler le cœur de l’homme en le délivrant de son péché, qui est-il donc ? Et d’où vient cette prétention qu’il affiche ? »
« On vous a dit jusqu’ici, mais moi, maintenant, je vous dis » : « Qui donc est cet homme ? » Il ne faudra pas trop de toute notre vie pour découvrir son secret car désormais, et pour l’éternité, Dieu prend le nom d’un homme » Dieu de Jésus « . Dieu se marie avec l’existence d’un homme, dit ses paroles ; il fait ses gestes, il explique ses sentiments par lui. Toute la vie de Jésus, et toute ma vie à moi, pour découvrir qui est Dieu, car nous n’avons pas d’autre lieu pour connaitre Dieu, pas d’autre lieu que la vie de cet homme-là ! Pilate, devant cet homme en sang, moqué, bafoué, couronné d’épines, avec le manteau rouge des rois de comédie, ne croyait pas si bien dire quand il déclare : « Voici l’Homme », oui tout l’homme, toute l’humanité récapitulée en Jésus ! Qui est cet homme qui se laisse abattre tel l’agneau conduit à l’abattoir ? Oui, le voici, l’homme foulant aux pieds la mort, qui a fait triompher le soleil de Pâques : il s’est levé, lumière des nations et maintenant, nous autres, nous apprenons de lui, notre destin.
Le Ressuscité d’entre les morts, le vivant devient le modèle de la vie de tout homme !
Proclamons avec Jean-Baptiste : « Oui, je l’ai vu et je rends témoignage » : « C’est toi le Fils de Dieu ». AMEN
2ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER (Jn 1, 29-34)
La Mission de Jésus : donner l’Esprit
(Jn 1,29-34)…
En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ;
c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était.
Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »
Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui.
Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.”
Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »
Dans l’Evangile selon St Jean, c’est ici que Jésus entre en scène : « Jean-Baptiste voit Jésus venir vers lui », et c’est bien ce qu’il fait envers tout homme, pour son salut…
Dans ce cadre historique, la première phrase de Jean-Baptiste a une importance toute particulière : « Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », un titre qui sera le seul à apparaître deux fois en ce chapitre… L’agneau était l’animal immolé la veille de la fête de Pâque, « le jour de la Préparation », ce jour où Jésus sera cloué sur une Croix (Jn 19,14.31.42). Le sang de l’agneau immolé a protégé les Israélites du Fléau Destructeur (Ex 12,1-14), et juste après, la longue marche de l’Exode vers la Terre promise a commencé. Or, c’est par son offrande sur la Croix que l’Amour a vaincu la haine, que la Lumière de la vie (Jn 8,12) a triomphé des ténèbres de la mort, que Dieu a manifesté sa Victoire sur le Prince de ce monde, Satan (‘L’Accusateur’ en hébreu) : « Voici maintenant le salut, la puissance et la royauté de notre Dieu, et le pouvoir de son Christ ! Car l’accusateur de nos frères a été rejeté, lui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu. Et eux, ils l’ont vaincu par le sang de l’Agneau » (Ap 12,10-12). En effet, en accueillant le Christ Sauveur par leur foi, « ils ont lavé leur robe », ils ont purifié leur cœur et leur vie, « et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau » (Ap 7,13-17). Tel est bien « le sang versé pour la multitude en rémission des péchés » (Mt 26,28), ce « sang qui purifie notre conscience de toutes les œuvres mortes » que nous avons pu accomplir (Hb 9,14). Il est le témoignage, jusqu’à la fin des temps, de l’Amour infini du Christ pour chacun d’entre nous : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13). « Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né d’entre les morts, le souverain des rois de la terre : il nous aime, et nous a délivrés de nos péchés par son sang » (Ap 1,5)…
Le Christ a ainsi donné sa vie pour notre salut. Or que signifie être sauvé ? Nous avons tous été créés pour vivre en relation avec Dieu, notre Père à tous, un Père qui de toute éternité est Source de Vie par le Don éternel qu’il ne cesse de faire de Lui-même. « Dieu est Esprit » (Jn 4,24), et « l’Esprit est vie » (cf. Ga 5,25) ? Le Père est Esprit ? Il ne cesse de donner au Fils la Plénitude de son Esprit qui est vie, l’engendrant ainsi en « Dieu né de Dieu ». « Comme le Père a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d’avoir la vie en lui-même… Je vis par le Père » (Jn 5,26 ; 6,57). Jean Baptiste nous dit ici : « J’ai vu l’Esprit descendre et demeurer sur lui ». Cette affirmation renvoie en fait à une réalité éternelle. Et le Fils est tout simplement venu nous proposer de recevoir à notre tour ce que Lui reçoit du Père de toute éternité : l’Esprit Saint qui est vie, et qui nous introduira nous aussi dans la Plénitude des fils. DJF
Rencontre autour de l’Évangile – 2ième Dimanche du Temps Ordinaire
« Oui, j’ai vu, et je rends ce témoignage :
c’est lui le Fils de Dieu.»
TA PAROLE SOUS NOS YEUX
Situons le texte et lisons (Jn 1, 29-34)
Nous quittons un moment l’Évangile selon saint Mathieu pour lire dans l’Évangile selon saint Jean le témoignage de Jean-Baptiste. Le passage que nous méditons se situe après le baptême de Jésus que Jean ne raconte pas, mais qu’il évoque devant ses disciples.
Et soulignons les mots importants
Voici l’Agneau de Dieu : Nous connaissons bien cette parole de Jean Baptiste. Où est-ce que nous l’entendons ? Pourquoi Jésus est-il présenté comme « l’Agneau de Dieu » ?
Le péché du monde : En quoi consiste « le » péché du monde ?
Derrière moi vient « un homme » : Les yeux de chair de Jean Baptiste voient un homme : qu’est-ce qui lui permettra de voir en Jésus le Fils de Dieu ?
Avant moi il était : Que veut dire cette expression en parlant de Jésus ?
Je ne le connaissais pas : Deux fois Jean affirme qu’il ne connaissait pas Jésus. Pourtant Jean devait connaître Jésus qui était son cousin. De quelle connaissance il s’agit ici ?
J’ai vu l’Esprit descendre comme une colombe : Dans l’Evangile de Mathieu, qui est-ce qui voit l’Esprit descendre ? Qui est-ce qui révèle à Jean Baptiste la véritable identité de Jésus ?
Demeurer sur lui : Ce mot demeurer est cher à saint Jean. Que veut-il souligner ici par rapport à Jésus ?
C’est lui le Fils de Dieu : Est-ce que Jean-Baptiste était capable d’une telle profession de foi ?
Pour Saint Jean, le verbe voir est très important et revient souvent dans son évangile. Combien de fois est employé le verbe « voir » dans ce passage ? Le témoin, n’est-ce pas celui qui a vu ? Et alors quand nous disons que nous sommes « témoins » du Christ, quelle différence ?
Pour l’animateur
Jésus est identifié comme « l’Agneau de Dieu » : nous pensons à l’agneau dont parle Isaïe 53,7 « comme un agneau traîné à l’abattoir, comme une brebis muette devant ceux qui la tondent » : Jésus est le Serviteur souffrant qui prend sur lui la condition pécheresse du monde. On peut penser aussi à l’agneau immolé de l’Apocalypse, capable d’être victorieux du péché (Ap.5, 6 ; 14,10) ou encore à l’agneau pascal (Jean 19,14) : Jésus est sacrifié à l’heure où les prêtres commencent à sacrifier les agneaux pour la fête de Pâques. Il ne faut pas oublier que l’évangéliste écrit après Pâques pour les croyants, pour nous.
Notons que l’agneau et la colombe sont deux images de non-violence et de douceur qui correspondent bien à la personne de Jésus.
Le péché du monde dont Jésus nous libère, c’est l’état de rupture du monde dans sa relation à Dieu, rupture due à l’orgueil de l’homme qui refuse de reconnaître son Créateur, qui veut être lui-même son dieu. Jésus, par son obéissance jusqu’au don de sa vie, est venu remettre notre monde dans la grâce de Dieu.
Jean Baptiste avec ses yeux de chair voit Jésus, un homme, son cousin, qu’il connaît de manière humaine comme le fils de Marie. Mais il ne connaissait pas sa véritable identité. Il a fallu une révélation venant du Père qui par son Esprit lui a ouvert les yeux du cœur (c’est Jean baptiste qui voit l’Esprit descendre) : il a vu en Jésus le Fils de Dieu, celui qui existe depuis toujours, en qui l’Esprit habite. Ce que Jean Baptiste a vu, c’est ce qu’il a cru ; pour saint Jean, voir, c’est voir avec le cœur ou croire.
Bien des gens ont vu le Christ durant sa vie terrestre, les pharisiens ont mangé avec lui… Mais ils ne l’ont pas rencontré. Pour qu’il y ait rencontre avec le Christ, il faut que le cœur ait le désir profond de la vie divine.
Nous aussi nous pouvons être témoins de ce que nous avons « vu » : en voyant des vrais croyants, de vraies communautés chrétiennes, nous « voyons » le Christ vivant, c’est à dire que nous croyons qu’il est là (« lorsque deux ou trois…) et nous sommes ouverts à sa présence. Nous pouvons dire à ceux qui nous interrogent « venez et voyez ».
TA PAROLE DANS NOS CŒURS
Jésus, tu es le Fils de Dieu. Avec Jean Baptiste et toute l’Eglise, nous reconnaissons en toi « l’Agneau de Dieu », qui a été immolé, le Serviteur Souffrant sur qui l’Esprit demeure, qui a pris sur lui toute l’humanité pécheresse, l’Agneau vainqueur.
Prends pitié de nous pécheurs. Tu as dit « je vous envoie comme des agneaux au milieu de loups », « soyez candides comme des colombes ». Donne-nous de pouvoir témoigner aujourd’hui par toute notre vie : « Jésus est le Fils de Dieu ».
TA PAROLE DANS NOS MAINS
La Parole aujourd’hui dans notre vie
Il y a bien des façons de connaître Jésus. Un personnage de l’histoire. Un sage. Un grand qui fait des miracles…
Il y a une manière de le connaître qui consiste à entrer le plus possible dans le mystère de sa personne.
Quel Jésus connaissons-nous ?
Qui peut nous aider à entrer dans une véritable connaissance de Jésus ?
Nous récitons facilement des formules apprises au catéchisme : Jésus est le Fils de Dieu, il est venu nous sauver, etc… Mais qu’est-ce que nous connaissons de sa présence et de son action dans notre vie et dans le monde ?
Pouvons-nous dire comme Jean Baptiste : « J’ai vu et rends ce témoignage : c’est lui le Fils de Dieu » ?
(Inviter les membres du groupe à partager une expérience où ils ont été témoins de Jésus comme d’une Bonne Nouvelle ?)
« Quand Jésus-Christ survient dans la vie d’un homme, il comble toutes ses aspirations au bonheur, à la joie et à la sainteté » (Jean Lafrance « Demeurer en Dieu »)
ENSEMBLE PRIONS
Puisque tu as été baptisé dans la Pâque du Christ,
sois attentif aux murmures de son Esprit qui habite ton cœur.
C’est lui qui est ta lumière et ta vigilance intérieure
et qui fait de toi un veilleur dans la nuit.
Ecoute l’Esprit, sois un veilleur:
tu accueilleras les sources de la vie,
de la paix et de la joie
et tu discerneras la face cachée et lumineuse des êtres et des choses.
Ecoute l’Esprit, sois un veilleur:
tu entendras, dans le jardin de ton cœur, les pas discrets du Seigneur qui te cherche et tu pourras entrer dans son amoureuse Alliance dans la nouveauté de chaque matin.
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2ième Dimanche du Temps Ordinaire
Epiphanie – par Francis COUSIN (Mtth 2, 1-12)
« Où est le roi des juifs qui vient de naître ? »
Des mages venus de loin, d’orient, qui arrivent à Jérusalem après avoir suivi une étoile, annonciatrice de la naissance d’un nouveau roi …
Mais l’étoile a disparu … et ils ne savent plus que faire …
Ils étaient venus pour se prosterner devant lui … ils avaient amené des cadeaux pour ce nouveau-né : de l’or, de l’encens, de la myrrhe … des cadeaux de riches …
Sans le savoir, ils accomplissaient la prophétie d’Isaïe : « Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi, vers toi viendront les richesses des nations. En grand nombre, des chameaux t’envahiront, de jeunes chameaux de Madiane et d’Épha. Tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens ; ils annonceront les exploits du Seigneur. » (première lecture).
Une étoile qui guide les mages vers le Seigneur Jésus, « la lumière [qui] brille dans les ténèbres » (Jn 1,4) et qui sera notre guide pour aller vers le Père : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. » (Jn 14,6).
On retrouve la lumière qui entoure les bergers lors de l’annonce de la naissance de Jésus : « L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. » (Lc 2,9).
Mais à part la lumière, et l’adoration du nouveau-né, rien de commun entre les deux manifestations …
Dans saint Luc, l’annonce est faite à des bergers, des gens simples, démunis, pauvres …
Dans saint Matthieu, l’annonce est faite à des personnes qui habitent loin, qui ne sont pas juifs, mais qui se déplacent quand même …
« Dieu a ses préférences, et il les honore : ce sont les plus démunis et ceux qui sont au loin. » ( André Louf )
On retrouve ces mêmes types de personnes dans la pensée du pape François : « L’Église est appelée à sortir d’elle-même et à aller vers les périphéries, pas seulement géographiques, mais également celles de l’existence : celles du mystère du péché, de la souffrance, de l’injustice, celles de l’ignorance et de l’absence de foi, celles de la pensée, celles de toutes les formes de misère. » (George-Marie Bergoglio, congrégation générale, mars 2013).
« Où est le roi des juifs ? … » ou plutôt, comme on l’entend souvent maintenant « Où est-il ton Dieu ? » …
Nous aussi, nous devons cheminer avec l’étoile de la Foi …
Oh, ce n’est pas une étoile visible, comme souvent quand il s’agit de foi !
C’est plutôt la Parole de Jésus qui doit être notre étoile …
« Où est-il ton Dieu ? »
Il est là …
Là où tu es … là où tu vis … parmi tous ceux que tu rencontres …
Il est là … dans l’église bâtiment … dans l’Église … mais surtout ailleurs …
Il nous faut faire comme les mages … regagnez notre chez nous … mais par un autre chemin … c’est-à-dire avec une autre manière de voir ceux qui nous entourent, nos proches, ou ceux dont nous nous faisons proches …, ceux qui sont un peu plus loin … ceux qu’on n’a pas l’habitude de voir … pour leur donner un peu de l’amour que Dieu nous a donné le premier …
« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25,40).
Alors seulement nous pourrons avoir « la claire vision de [la] splendeur [de Dieu]. » (Oraison de l’Épiphanie).
Après les humbles bergers,
ce sont les savants mages
venus de fort loin
qui viennent vers toi …
Pauvres ou riches, proches ou lointains,
tous sont invités à se prosterner devant toi.
Aide-nous dans notre mission
de les amener devant toi.
Francis Cousin
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Image dim Epiphanie A
Épiphanie du Seigneur, Solennité – par le Diacre Jacques FOURNIER (Mt 2, 1-12)
« Dieu veut que tous les hommes
soient sauvés »
Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalemet demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ.
Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :
‘Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël.’ »
Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant.
Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.
Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Mi-savants, mi-magiciens, les « mages » de l’Antiquité pratiquaient la divination et l’astrologie… Or la Loi était claire : « On ne trouvera chez toi personne qui pratique divination ou magie » (Dt 18,10) « car c’est une rébellion le péché de divination, c’est de la présomption ! » (1Sm 15,23). Mais ces mages ne connaissaient pas encore leur Dieu et Père, Celui qui s’est révélé à Abraham, à Jacob et à Moïse… Ils ont été élevés dans la culture de leur pays, avec ses croyances, ses idoles… Mais ils sont de bonne volonté, ils cherchent la vérité… Aussi, Dieu va-t-il leur parler un langage qu’ils peuvent comprendre : une « étoile » nouvelle s’est levée dans le ciel… Aussitôt, ils l’interprètent selon leurs habitudes comme annonçant la naissance d’un grand roi et décident d’aller lui rendre hommage. Le Livre de la Sagesse présentait déjà l’exemple de ce marin païen qui s’engage sur les flots en « invoquant à grands cris un bois plus fragile que le bateau qui le porte » : son idole qu’il a sculptée à l’avant ou à l’arrière. « Mais c’est ta Providence, ô Père, qui le conduisait », comme ici pour les mages (Sg 14,1-3).
Magnifique visage d’un Dieu Père de tous les hommes, qui s’occupe de tous avec Amour et leur parle le langage qu’ils peuvent comprendre… « La divine Providence ne refuse pas les secours nécessaires au salut à ceux qui ne sont pas encore parvenus, sans qu’il y ait de leur faute, à la connaissance claire de Dieu et s’efforcent, avec l’aide de la grâce divine, de mener une vie droite. En effet, tout ce que l’on trouve chez eux de bon et de vrai, l’Eglise le considère comme un terrain propice à l’Évangile et un don de Celui qui éclaire tout homme, pour qu’il obtienne finalement la vie » (Concile Vatican II, LG 16).
Guidés par l’étoile et l’Esprit de Lumière qu’ils n’ont pas encore reconnu, les mages ont marché vers le Christ « Lumière du monde », « Astre d’en Haut venu nous visiter pour nous donner de connaître le salut par la rémission de nos péchés » (Jn 8,12 ; Lc 1,76-79)… Les Ecritures leur donneront le lieu précis où il est né : Bethléem (Mi 5,1). Et l’étoile le confirmera en s’arrêtant au dessus du lieu où le Christ se trouvait. L’Esprit leur donnera alors d’éprouver une très grande joie… Et par sa Lumière, ils verront la Lumière de Dieu rayonner de cet enfant… Ils tomberont à genoux, ils se prosterneront, ils adoreront et offriront de l’or au Roi, de l’encens à Celui qui tout en étant vrai homme est vrai Dieu, et de la myrrhe, une gomme-résine aromatique qui annonce déjà sa Passion : les soldats lui en proposeront sur la Croix, mélangée à du vin, et Nicodème apportera pour sa sépulture « un mélange de myrrhe et d’aloés d’environ cent livres » (330 kg ; Mc 15,23 ; Jn 19,39)…
Cette fois, ils vivent le précepte de la Loi : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et à lui seul tu rendras un culte » (Dt 6,13). Ils étaient venus en mages idolâtres, guidés par une étoile. « Ils regagneront leur pays par un autre chemin », celui de la confiance et de la foi en ce Dieu Père de tous les hommes qui vient de se révéler à eux dans son Fils, et qui leur parle désormais en songe, un des multiples dons de l’Esprit Saint… DJF