Audience Générale du Mercredi 26 juin 2019

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 26 juin  2019


Frères et sœurs, avec la puissante effusion de l’Esprit Saint sur la première communauté chrétienne, environ trois mille personnes sont entrées dans cette fraternité, habitat des croyants et ferment ecclésial de l’œuvre d’évangélisation. Ainsi, leur vie quotidienne, par la chaleur de la foi et le don de l’Esprit, est devenue l’espace de la manifestation du Christ vivant, à travers des signes et des prodiges avec l’aide des Apôtres. L’évangéliste Luc nous le raconte, en nous présentant l’Église de Jérusalem comme le paradigme de toute communauté chrétienne, l’icône d’une fraternité qui séduit et attire, et cela sans qu’elle ne soit idéalisée ni minimisée. A l’inverse de la société humaine, la communauté des croyants bannit l’individualisme pour favoriser le partage et la solidarité. Car la grâce baptismale révèle le lien intime entre les frères en Christ, appelés à partager, à donner selon les besoins de chacun. L’Église est donc cette communauté capable de partager avec les autres non seulement la Parole de Dieu mais aussi le pain. Et le choix de la voie de la communion et de l’attention aux pauvres fait que l’Église, cette fraternité, peut vivre une authentique vie liturgique. C’est ce que nous montre saint Luc dans le récit des Actes : une liturgie vécue, où le croyant apprend à se connaître en vérité, d’une manière pascale, comme fils de Dieu qui porte la vie au monde.

Je suis heureux de saluer les pèlerins venus de France et d’autres pays francophones, en particulier les jeunes de Neuilly, ainsi qu’un groupe de femmes catholiques du Burkina Faso. Demandons à l’Esprit Saint de nous aider à faire de nos communautés des lieux où la vie nouvelle en Christ est accueillie et pratiquée par le partage et la solidarité. Qu’il nous aide aussi à vivre dans nos communautés des liturgies qui soient une vraie rencontre avec Dieu et une source de communion entre frères et sœurs. Que Dieu vous bénisse !




Solennité du Saint Sacrement (Luc 9, 11-17) :     « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » (Francis Cousin)

 « Donnez-leur vous-mêmes à manger. »

C’est la réponse que fait Jésus aux apôtres qui lui demandent de laisser partir la foule qui était venue pour l’écouter et être guérie, de manière à ce que chacun puisse aller dans les villages pour acheter à manger car ils étaient « dans un endroit désert ».

Évidemment, stupeur des apôtres, car la foule est nombreuse : cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants ! (Entre parenthèses, cela veut dire qu’il y avait des enfants qui écoutaient Jésus, venus seuls ou avec leurs parents. C’est d’ailleurs un enfant qui donnera son repas pour que Jésus le multiplie, d’après saint Jean 6,8-9). Les apôtres se rebiffent : « On n’a que cinq pains et deux poissons, c’est même pas suffisant pour nous. Et acheter de la nourriture pour tout ce monde, on n’a pas assez d’argent ». Alors Jésus, ayant fait asseoir les gens, « prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. ».

On retrouve ces mêmes verbes dans la bouche de Jésus lors du repas pascal, la veille de sa mort : « Ayant pris du pain et rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant :Ceci est mon corps, donné pour vous’ » (Lc 22,19), de même pour le vin. Ces mêmes paroles sont redites par le prêtre à chaque messe lors de la consécration, comme l’avait dit Jésus : « Faites cela en mémoire de moi » (2° lecture).

Ce n’est que là que l’on peut comprendre la parole de Jésus : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. ». Car si c’était impossible pour les apôtres le jour de la multiplication des pains, dès la Pentecôte, les chrétiens se rassemblent pour « le partage du pain » présidé par les apôtres ou ceux qui ont reçu l’imposition des mains par les apôtres, et ainsi de suite jusqu’à maintenant. Et ainsi chacun peut communier à la vie de Jésus, ainsi qu’il l’a dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. » (Jn 5,56). Ce que pouvait dire d’une manière un peu poétique Marthe Robin : « Divine Eucharistie ! … Jésus en moi ! Le cœur de mon Dieu bat dans le mien. ».

Mais la communion (union avec) n’est pas seulement entre chaque chrétien et Jésus, elle est aussi entre les chrétiens eux-mêmes, et même entre les chrétiens et les non-chrétiens, car la participation à l’Eucharistie ouvre notre cœur à l’ensemble du monde, et n’est pas réservée à une petite catégorie de personnes, mais à tous : juste avant la communion proprement dite, le prêtre dit : « Heureux les invités au repas du Seigneur ! », sans restriction aucune (Il est d’ailleurs regrettable que quelques prêtres utilisent parfois une formule du genre « Heureux sommes-nous aujourd’hui d’être invités au repas du Seigneur » qui donne à penser que l’approche de la communion est réservée aux seules personnes présentes à la messe), ce qui ne veut pas dire que tout le monde est apte à communier : il faut d’abord être baptisé, en état de grâce (CEC 1415), et se souvenir que «  Celui qui aura mangé le pain ou bu la coupe du Seigneur d’une manière indigne devra répondre du corps et du sang du Seigneur. On doit donc s’examiner soi-même avant de manger de ce pain et de boire à cette coupe. Celui qui mange et qui boit mange et boit son propre jugement s’il ne discerne pas le corps du Seigneur. » (1 Co 11,27-29), et cela est une question de foi. Mais tous les humains sont invités au repas du Seigneur.

C’est pourquoi « l’Église recommande vivement aux fidèles de recevoir la sainte Eucharistie les dimanches et les jours de fête, ou plus souvent encore, même tous les jours. » (CEC 1389).

Dans la communion, c’est Jésus qui se donne, comme il s’est donné le vendredi saint en rémission de nos péchés, « pour la vie du monde », afin que, dit Jésus, « celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » (Jn 6,51.54), par amour pour les hommes.

Pour cela, il a fallu à Jésus une grande humilité, lui, le Maître et Seigneur, pour accepter de se faire Serviteur des hommes et mourir sur la croix. De même, nous aussi, nous devons avoir de l’humilité pour nous reconnaître pécheurs et indignes de ce don de Jésus de venir, avec le pain et le vin consacrés, demeurer en nos cœurs. C’est pourquoi nous ne pouvons que reprendre la prière du centurion romain et dire : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri ».

Le curé d’Ars disait : « La communion, vous n’en êtes pas dignes, mais vous en avez besoin ». Et le pape François, dans « La joie de l’Évangile » nous dit aussi : « L’Eucharistie, même si elle constitue la plénitude de la vie sacramentelle, n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles» (EG 47) Et nous sommes tous faibles au regard de Dieu.

Et le pape ajoute : « Sortons, sortons pour offrir à tous la vie de Jésus-Christ. (…) Je ne veux pas une Église préoccupée d’être le centre et qui finit renfermée dans un enchevêtrement de fixations et de procédures. Si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience, c’est que tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l’amitié de Jésus-Christ, sans une communauté de foi qui les accueille, sans un horizon de sens et de vie. Plus que la peur de se tromper j’espère que nous anime la peur de nous renfermer dans les structures qui nous donnent une fausse protection, dans les normes qui nous transforment en juges implacables, dans les habitudes où nous nous sentons tranquilles, alors que, dehors, il y a une multitude affamée, et Jésus qui nous répète sans arrêt :’’ Donnez-leur vous-mêmes à manger’’ » (EG 49)

Seigneur Jésus,

Tu nous demandes

de donner à manger à nos frères,

nourriture corporelle

pour ceux qui sont dans le besoin,

mais aussi nourriture spirituelle,

où là aussi les besoins sont immenses.

Et tous les chrétiens sont concernés.

Viens dans nos cœurs

 par ton Saint Sacrement

pour que nous vivions par toi.

Francis Cousin   

  

 

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Image dim Saint Sacrement C

 




Le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Luc 9, 11b-17)

Le Corps et le Sang de Jésus

donnés pour notre Vie (Lc 9,11b-17)

En ce temps-là, Jésus parlait aux foules du règne de Dieu et guérissait ceux qui en avaient besoin.
Le jour commençait à baisser. Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert. »
Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. »
Il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. »
Ils exécutèrent cette demande et firent asseoir tout le monde.
Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule.
Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ; puis on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers.

        

        

 

            Jésus vient d’envoyer les Douze en mission « annoncer la Bonne Nouvelle » du Royaume de Dieu « et faire partout des guérisons » (Lc 9,6). Et c’est à leur retour, après avoir parlé une fois de plus du « Règne de Dieu » et « guéri ceux qui en avaient besoin », qu’il va vivre avec eux cette multiplication des pains qui annonce l’institution de l’Eucharistie : son corps et son sang donnés pour la vie du monde… Jésus sent que sa fin approche… Et de fait, juste après, lors de sa Transfiguration, Moïse et Elie, « apparus en gloire, parleront de son départ qu’il allait accomplir à Jérusalem » (Lc 9,31). Jésus annoncera alors par deux fois sa Passion (9,22.44), et il invitera ses disciples à « se charger de leur croix chaque jour, à sa suite » (9,23). Puis il prendra « résolument le chemin de Jérusalem » (9,51) pour se livrer aux pécheurs, et mourir, de leurs mains, pour leur salut…

            La Fête du Corps et du Sang du Christ est donc, une fois de plus, celle de l’Amour. Jour après jour, la célébration de l’Eucharistie actualise en effet le don de Jésus « jusqu’à l’extrême de l’amour » (Jn 13,1). Il va « prendre sur lui nos infirmités, il va se charger de nos maladies » (Mt 8,17), il va « souffrir pour nous » en « portant lui-même nos fautes dans son corps » (1P 2,21-25). En silence, sans un mot, il va « enlever le péché du monde » (ce péché qui nous écrase, nous opprime, nous blesse et nous tue) en le prenant sur lui ! « Pour nous, c’est justice, nous payons nos actes », disait un des deux criminels crucifiés avec lui. « Mais lui n’a rien fait de mal… Jésus, souviens-toi de moi lorsque tu viendras avec ton Royaume ». Et il lui dit : « En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis » (Lc 23,39-43). La prophétie d’Isaïe s’accomplissait : « Il a été compté parmi les criminels, alors qu’il portait le péché des multitudes et qu’il intercédait pour les criminels » (Is 53,12).

            Ouvrir aux criminels repentants les portes du Royaume ! Tel est le Mystère qui se renouvelle en chaque Eucharistie où nous commençons tous par nous reconnaître pécheurs. Puis nous écoutons la Parole de Vie, la Bonne Nouvelle du Salut, et nous recevons gratuitement de l’Amour, le corps et « le sang de Jésus versé pour la multitude en rémission des péchés », ce sang qui symbolise sa Vie… Alors, purifiés par l’Esprit « Eau Pure » (Ez 36,25-27 ; 1Co 6,11), nourris de sa Vie par « l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63 ; 2Co 3,6), nous repartons fortifiés dans la vie pour mieux mener avec Lui le combat de la Vie !                                                                          DJF




Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité – Homélie du Père Louis DATTIN

Transformation des cœurs

Lc 9, 11-17

 

Avez-vous remarqué, frères et sœurs, toute l’importance que notre époque, accorde, à tort ou à raison, au corps, corps humain que notre siècle précédent, le XXe, avait méprisé, le soupçonnant d’être à l’origine de toutes nos fautes. Et nous savons, et nous avons à nous en souvenir, combien notre corps peut tourmenter, souiller, avilir, quelles lourdes pensées, quels tristes désirs, quelle lamentable curiosité, quelles avidités sourdes, il peut engendrer.

 Aujourd’hui, il semble que le corps soit exorcisé et que non seulement il est accepté, mais plus encore, glorifié, soigné, exalté.

Allez dans un magasin de revues hebdomadaires et comptez tous les magazines qui, d’une façon ou d’une autre, s’intéressent au corps : elles sont en majorité. Nous n’en sommes plus au temps de Verlaine qui disait : « Seigneur, donnez-moi de pouvoir contempler mon corps et mon cœur, sans dégoût ».

Les mannequins, top-modèles de la mode, sont actuellement payés plus cher que les actrices de cinéma : indice et signe que notre génération tient le corps pour une valeur primordiale.

Plus une civilisation est matérialiste, plus ce sera le ‘’corporel’’ qui prendra de la valeur. Les valeurs de l’intelligence, de l’affectivité, de la spiritualité seront reléguées au dernier plan. En fait, nous le savons bien, notre corps ne mérite ni cet excès d’honneur ni ce dégoûtant mépris.

Mon corps est neutre : il peut me permettre de faire un bien énorme et aussi de faire le mal le plus répugnant. Tout dépendra de la façon dont l’homme en fera usage. Il ne doit y avoir ni mépris, ni exaltation de ce corps qui m’est donné par Dieu pour accomplir ma destinée terrestre.

C’est à cause de cette bivalence et de cette importance de notre corps  que Dieu, le plus aimant, le plus pur, le plus tendre des êtres a voulu, en s’incarnant, c’est-à-dire en prenant à son tour un corps humain, nous livrer, nous rassasier à jamais d’un corps, de son corps.

Il a voulu que son corps soit une fête, un festin, une pure joie.

Jusque-là, dans la vie spirituelle, tout était trop dur pour nous, trop compliqué, trop abstrait : Jésus ne voulait pas que notre religion soit trop cérébrale, ce Dieu devant lequel il fallait rassembler ses idées pour y penser, qu’il fallait raisonner pour le connaître.

 

Dieu a voulu que la religion soit simple. Il a fait une religion pour des gens simples. Il a mis la religion à notre portée : à portée de mains, à portée de lèvres ; c’est cela l’incarnation.

C’est pour cela que cette fête du Corps du Christ, que nous célébrons aujourd’hui ‘’Et Verbum caro factum est’’ : ‘’le Verbe, la Parole de Dieu s’est faite chair’’, la révélation de Dieu, sa manifestation consiste en ce que nous l’avons vu de nos yeux, nous l’avons entendu, nos mains l’ont touché, lui, le Verbe de Vie et cette incarnation continue dans les sacrements. Les sacrements, c’est le corps, c’est la chair, c’est la voix de Jésus, étendu, perpétué jusqu’à nous pour nous atteindre.

L’incarnation, les sacrements :

– c’est Dieu qui entre en nous par les sens,

– c’est Dieu qu’on avale et qu’on boit,

– c’est Dieu qui nous envahit par le chemin le plus ordinaire, le plus fréquenté, le plus apte à nos capacités et à nos goûts.

Ces gens, trop simples, trop pauvres, Dieu a voulu les enrichir avec une prodigalité joyeuse. Quelle joie de pouvoir refermer ses mains comme Siméon, sur ce qu’il y a de meilleur au monde !

Dieu est là, le plus actif, le plus agissant, le plus aimant de tous les êtres. Dieu est devenu quelqu’un qu’on peut toucher, à qui on peut s’accrocher, à qui le curé d’Ars disait, en étreignant l’hostie entre ses mains et ses pauvres doigts raidis :

« Ah ! Si je savais que je dusse être damné, séparé de vous pour l’éternité, je ne vous lâcherais plus ! »

Dieu est devenu quelqu’un qu’on peut aimer, contre qui on peut se blottir, sur qui on peut fermer ses mains et ses yeux : ce que la pauvre femme  païenne  a pu  faire, en une seconde, dans la bousculade  de la foule :

« Si je  touche seulement  un pan de son manteau, je serai guérie ».

Nous pouvons le faire, nous, sans cesse et encore et toujours : c’est là, notre chance à nous. Tant de messes où nous pourrons l’entendre dire : « Ceci est mon Corps » ! Tant de communions à venir, de confessions à répéter : « Il est là, mon pèlerinage est fini, je n’ai plus rien à faire d’autre que de l’aimer ». Il est là pour l’éternité ! Mieux penser à ce que l’on fait, à ce que l’on va faire, à celui qui est là.

« Venez voir, venez, vous tous, tourmentés, affamés de corps brutaux et violents, dans vos désirs où vous précipitent fureurs et dégoûts. Venez-vous rassasier d’un Corps : il vous est offert, livré pour vous. Osez étreindre ce Corps, et voilà que votre Corps s’apaise, se purifie, s’adoucit, devient léger, délicat, tendre et pur ».

Ce Corps que vous mangez est une chair surnaturelle, une chair mortifiée, purifiée, glorifiée, qui a fait le grand passage : elle est ‘’ressuscitée’’, pénétrée de lumière, soulevée de joie, remplie d’Esprit Saint. Quand vous mangez ce Corps, vous mangez la mort et la vie de Jésus.

Pendant que vous mangez ce Corps, meurt en vous tout ce qui doit mourir et ressuscite en vous, tout ce dont vous devriez vivre. La présence réelle sera l’occupation réelle de votre chair et même votre solitude sera peuplée, comblée, vivante.

Simplement quelqu’un sera là qui comble toute la capacité de votre être. Vous continuerez votre vie ; on lit, on travaille, on cause avec un ami, mais un moment de recueillement suffit. C’est comme une main furtivement pressée, un bref regard d’amour, un clin d’œil, un signe de connivence. Il est là et me place dans une miraculeuse sécurité.

Si vos communions deviennent sérieuses, conscients que vous êtes, de la merveilleuse présence de Jésus en vous, vous ne serez jamais plus le même : un autre s’est mis à vivre en vous, avec vous et il vous ouvre aux autres, qui, eux aussi, l’ont reçu à leur tour. Vous retrouvez en lui :

– tous ceux que vous croyiez avoir quittés,

– tous ceux que vous aimiez si mal auparavant,

– tous vos morts dont vous pensiez être séparés.

Voilà que dans la communion, nous nous retrouvons tous ouverts, transparents, accessibles comme un fleuve qui circule d’eux à vous et de vous à eux.

 

Comme le pain qui est sur l’autel est fait de froment dont les épis étaient auparavant épars sur les collines, comme le vin qui est sur l’autel est fait de grains de raisins clairsemés sur les coteaux et réunis maintenant en un seul vin, un seul pain, ainsi tous ceux qui communient sont rassemblés en un seul Corps devenant le Corps du Christ vivant, le grand Corps des enfants de Dieu.

Et quand vous serez devenus ce Corps, quand vous aurez pris votre place et votre vie dans ce Corps, voilà que vous comprendrez à votre tour que ce Corps mystique du Christ, il faut de nouveau l’offrir, le donner, le livrer aux autres qui ont besoin, eux aussi, de se purifier, de se consoler, de se convertir.

Vous aussi, par votre rayonnement, celui du Christ à travers vous, vous leur livrerez ce Corps du Christ et vous sentirez naître en vous les gestes d’amour et de générosité avec lesquels, lui, le premier, nous a rassasiés, enivrés, et accompagnés par son corps et son sang.   AMEN




Rencontre autour de l’Évangile – Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité

“ Ceci est mon corps qui est pour vous. ”

“ Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang. ”

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Lc 9, 11b-17)

Et soulignons les mots importants

Jésus parlait du règne de Dieu : Si nous avions à dire en quelques mots ce qu’est ce ‘Règne de Dieu’, qu’est-ce que nous dirions ?

Guérissait : Il est souvent question de guérison dans les évangiles : Quel rapport avec le Règne de Dieu ?

Renvoie cette foule : Pourquoi cette attitude des disciples ?

Donnez-leur vous-mêmes à manger : Comment interpréter cette parole de Jésus ?

Cinq pains et deux poissons 

Cinq mille hommes : L’évangéliste souligne la différence énorme entre les chiffres : qu’est-ce qu’il veut mettre en valeur ?

Faites-les asseoir par groupe : Dans l’organisation du repas, Luc souligne deux choses importantes, l’une concernant les “ Douze ”, l’autre concernant la foule : lesquelles ?

Levant les yeux au ciel : Que signifie cette attitude de Jésus ?

Jésus  « Prit… Bénit et rompit, Donnèrent » : A quoi nous font penser ces 4 verbes ?

Pour qu’ils les distribuent : Luc revient sur le rôle  des “ Douze ”.

Tous mangèrent à leur faim : Luc ne donne pas ce détail inutilement. Qu’est-ce qu’il veut faire comprendre de la mission de Jésus ?

Douze paniers : Chacun des Douze se retrouve avec un panier plein. Qu’est-ce que cela peut bien symboliser ?

 

Pour l’animateur 

  • Dans l’évangile de Luc, multiplication des pains se situe après la mission des Douze. Jésus reprend sa tâche spécifique, qu’il avait confiée un moment aux Douze : parler du Règne de Dieu qui vient, et les guérisons sont les signes de ce Règne. En effet, le Règne de Dieu, c’est pour les hommes une vie nouvelle, libérée du péché et de toutes les misères, conséquences du péché. Les guérisons physiques annoncent cette libération et le rétablissement complet des êtres humains dans la vie avec le Christ ressuscité. Parole et gestes, tout dans la vie de Jésus parle du Royaume de Dieu son Père, Royaume de vie en plénitude.

  • Jésus accueille la foule. Les Douze voudraient se débarrasser d’une responsabilité qui leur paraît trop lourde : « renvoie cette foule».

  • Jésus continue de leur faire confiance :  Donnez-leur vous-mêmes à manger”. Jésus ne fait rien sans ses disciples : Il veut les associer à son geste, il veut les faire participer ;  il prend en compte les quelques provisions dont ils disposent.

  • La différence entre les cinq pains et les cinq mille hommes souligne la grandeur du don fait par Jésus. Jésus est un prophète beaucoup plus grand qu’Elisée qui, lui aussi, avait multiplié le pain ( 2R 4,43).

  • Le miracle prend la forme d’un partage en groupe : c’est un détail important. Il ne s’agit pas d’une distribution à une foule de gens dans le désordre et l’anonymat. Les Douze sont chargés d’organiser le partage. Dans la pensée de Luc, il y a là une indication sur le rôle des apôtres dans l’Eglise.

  • Les quatre verbes qui décrivent les gestes de Jésus renvoient le lecteur directement à l’Eucharistie.

  • Les Douze paniers pleins des morceaux qui restent signifient qu’il en reste encore pour nourrir une multitude : Jésus est venu apporter la Vie en plénitude pour tous les hommes. (Douze tribus d’Israël = L’ensemble du peuple de Dieu. Douze Apôtres = mission universelle pour le nouveau Peuple de Dieu. Douze paniers = La vie pour tous.)

TA PAROLE DANS NOS COEURS

Contemplons Jésus. Regardons-le avec la foule. Ecoutons-le nous dire :  “ Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. ” (Jn 10,10) “ Ceci est mon corps donné pour vous ” (1Co 11, 23) Il est présent dans son Eglise. Il connaît la faim des hommes d’aujourd’hui.

Pensons à l’Eucharistie, le Repas du Seigneur, que Luc appelle aussi “ la Fraction du Pain ”. Pensons au ministère des évêques et des prêtres par qui aujourd’hui Jésus Ressuscité continue de multiplier le Pain du Ciel,  pour nourrir les foules : c’est le Pain du Royaume qui donne la vie éternelle.

 

L’Evangile aujourd’hui dans notre vie

Le Seigneur Jésus a voulu avoir besoin des hommes pour faire connaître le projet de Dieu son Père : faire participer tous les hommes à sa vie.

Comment j’accueille ce Projet ? Comment là où je suis  dans ma famille, dans mon quartier, dans mon travail, dans ma paroisse…) je me sens concerné par ce Projet, pour travailler au Règne de Dieu ?

Est-ce que je ne ressemble pas parfois aux apôtres : j’ai envie de fuir ma responsabilité, de me débarrasser de telle personne un peu gênante, ou pour laquelle  je ne crois pouvoir rien faire ? Je n’ai pas envie de participer à quoi que ce soit !

En nous disant “Donnez-leur vous-mêmes à manger ”, à quoi Jésus nous invite aujourd’hui ? (on peut chercher ensemble quels sont les besoins des gens pour lesquels le Seigneur nous demande de faire quelque chose.)

Nous devons faire aussi l’inventaire de nos moyens d’agir même s’ils nous paraissent très peu de chose. Est-ce que nous croyons qu’avec ce peu que nous mettons à sa disposition,  il peut faire un miracle ?

Si nous  “marchons ” avec Jésus, sa puissance se révèle à travers notre pauvreté et notre faiblesse : il lui faut notre cœur, nos bras, notre intelligence, notre foi pour qu’il fasse l’impossible.

A quoi nous engage de communier au Corps et au sang du Christ ? Ne serait-ce pas pour être unis très intimement à lui et avoir sa force, pour qu’avec lui nous puissions faire quelque chose pour répondre aux appels à toutes les faims des foules d’aujourd’hui ?

 

ENSEMBLE PRIONS   

Animateur :

Vois notre faim, Sauveur du monde

Partage-nous ta Parole et ton Pain.

(Tous répètent)

Je suis le pain de la vie :

Qui vient à moi n’aura plus jamais faim, qui croit en moi n’aura plus jamais soif.

Tous : Partage-nous ta Parole et ton Pain.

Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle

Et moi je le ressusciterai au dernier jour.

Tous : Vois notre faim, Sauveur du monde

Partage-nous ta Parole et ton Pain

 

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Saint Sacrement

 

 




Audience Générale du Mercredi 12 juin 2019

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 12 juin  2019


Frères et sœurs, le « voyage » de l’Evangile, raconté dans le livre des Actes des Apôtres, commence par la Résurrection du Christ, évènement qui est la source de toute vie nouvelle. Les disciples attendent en prière, selon le commandement de Jésus, en présence de la Vierge Marie. Manque seulement Judas qui avait reçu la grâce de faire partie des intimes du Seigneur, mais qui, préférant la mort à la vie, a cessé d’appartenir de cœur à Jésus et s’est exclu de la communion avec lui et avec les siens. L’abandon de Judas a blessé le corps communautaire et il faut que la charge d’annoncer l’évangile passe à un autre, à un disciple qui a suivi Jésus depuis le début. Mattias est choisi : le corps des douze est reconstitué, signe que la communion est le premier témoignage que les Apôtres offrent au monde. En choisissant de vivre comme des frères dans l’unité, seul environnement possible du don de soi, les Apôtres révèlent un Autre, le Seigneur Jésus, qui vit désormais de manière nouvelle au milieu de son peuple.

Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier les personnes venues du Gabon et de France.

Alors que reprend le temps liturgique ordinaire, après la Pentecôte, efforçons-nous de témoigner jour après jour du Christ ressuscité dans notre vie, dans le don de soi et en communion avec nos frères.

Que Dieu vous bénisse.

 




La Sainte Trinité (Jean 16, 12-15) :  « L’Esprit de vérité vous conduira dans la Vérité toute entière. » (Francis Cousin)

 « L’Esprit de vérité vous conduira

dans la Vérité toute entière. »

Il ne faut pas se tromper sur le sens de cette phrase.

Il ne s’agit pas d’un constat, d’une chose automatique qui se fera quelles que soient les circonstances. Comme tout ce que nous promet Dieu, cela ne peut se réaliser que si nous le voulons bien. Parce que Dieu nous a doté d’une intelligence et nous a laissé le libre arbitre, l’Esprit ne pourra nous conduire quelque part que si nous acceptons de nous y laisser conduire par lui. C’est la première chose.

La deuxième est qu’il faut que nous soyons capables de reconnaître l’action de l’Esprit, ou de reconnaître les petits signes par lesquels il nous montre sa présence, nous incite à faire une action ou ne pas faire une autre, nous insuffle des conseils … Et pour cela, il faut être attentif à sa présence. Cela peut passer par la prière, mais aussi par des événements ou par des personnes.

Ce qui veut dire que nous pouvons, chacun de nous, être des ’’révélateurs’’ de la pensée de l’Esprit pour les autres.

L’Esprit Saint ne vient pas simplement pour nous, mais pour que nos actions soient bénéfiques aux autres aussi.

Trop souvent, quand on pense à l’Esprit Saint, on pense d’abord à soi : Esprit Saint, aide-moi à faire ceci … Esprit Saint, fais cela pour moi …

On pense qu’il vient pour m’aider, me consoler, me guider … et ce faisant, nous nous coupons du monde, nous devenons égoïstes.

L’Esprit Saint vient sur nous, nous guide, nous pas pour nous seulement, mais pour le Salut du monde, pour que nous puissions accomplir la mission qui est la nôtre non pas pour nous seuls, mais auprès des autres, pour être à notre tour une aide pour les gens, dans tous les domaines de la vie : familiale, professionnelle, économique, politique, associative, culturelle …

Quelle est notre mission en tant que chrétiens ? Suivre Jésus-Christ sur le chemin qui nous mène vers le Père.

Mais si, au bout du chemin, on arrive tout seul devant le Père, d’après vous, que nous dira-t-il ?

« Très bien ! Tu as gagné. Tu as distancé tous les autres. Bravo ! »

Ou bien : « Tu es là, mais où sont tous les autres avec lesquels tu as marché sur le chemin ? Pourquoi n’as-tu pas aidé ceux qui s’essoufflaient, …ceux qui avaient une charge trop lourde, … ceux qui étaient malades, désespérés, … ceux qui avaient faim, soif, qui étaient nus … ? » (cf Mt 25,31-46)

Et on pourrait ajouter toutes les autres œuvres de miséricorde, spirituelles et corporelles…

Je crois que tout le monde sait ce que dira le Père.

Parce qu’il l’a déjà dit par ses prophètes : « [Ce] qui me plaît, n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? » (Is 58,8). Il l’a redit par son Fils Jésus : « “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” (…) “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.” Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. » (Mt 25,40.45-46).

Et le pape François ne dit pas autre chose : « … Nous oublions que le critère pour évaluer notre vie est, avant tout, ce que nous avons fait pour les autres. La prière a de la valeur si elle alimente un don de soi quotidien par amour. Notre culte plaît à Dieu quand nous y mettons la volonté de vivre avec générosité et quand nous laissons le don reçu de Dieu se traduire dans le don de nous-mêmes aux frères. » (GE 104)

On n’est pas chrétien tout seul, et on ne nait pas chrétien tout seul. Il y a la famille, les autres chrétiens, les exemples et les témoins, les saints … et surtout il y a l’Esprit Saint …

Jésus nous a dit : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, [non pas parce que vous avez fait de grandes choses extraordinaires : construire une cathédrale, créer un nouvel ordre religieux … mais] si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13,35).

Et saint Paul nous donne une image simple à comprendre : « Vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps. …  Le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. … Il a voulu ainsi qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres» (1 Cor 12,27.12.25).

Alors, qu’elle est notre mission, avec l’aide de l’Esprit Saint ?

« … Ta propre mission est inséparable de la construction de ce Royaume [que le Christ est venu apporter] … Ton identification avec le Christ et avec ses désirs implique l’engagement à construire, avec lui, ce Royaume d’amour, de justice et de paix pour tout le monde. Le Christ lui-même veut le vivre avec toi, dans tous les efforts ou les renoncements que cela implique, et également dans les joies et dans la fécondité qu’il peut t’offrir. Par conséquent, tu ne te sanctifieras pas sans te donner corps et âme pour offrir le meilleur de toi-même dans cet engagement. » (Pape François, GE 25).

« La vie n’a pas une mission, mais la vie est mission » (Xavier Zubiri, cité dans GE 27).

« La vie est mission », c’est le thème pastoral du diocèse cette année.

Esprit Saint,

Tu ne viens pas seulement pour nous,

mais pour que, ensemble,

 nous construisions une véritable Église,

faite d’amour, de justice et de paix,

fondée sur la Parole de Jésus.

Aide-nous à penser d’abord aux autres

avant de penser à nous.

Francis Cousin   

 

 

 

 

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Image dim Sainte Trinité C

 




La Sainte Trinité – Homélie du Père Louis DATTIN

Jésus est famille

Jn 16, 12-15

Une personne me disait, un jour : « Je suis passée du Dieu de la peur qu’on m’avait enseigné quand j’étais enfant, au Dieu de l’amour ». Cette fête de la Sainte Trinité, frères et sœurs, est justement, pour nous, l’occasion de méditer sur ce Dieu d’amour, car elle répond à l’une des attentes les plus profondes de tout homme.

Aujourd’hui, particulièrement, nous vivons dans un monde mécanisé, technicisé, aseptisé et l’on aspire, et c’est bien normal, à autre chose qu’à des voitures toujours plus performantes ou à ces gadgets qui, soi-disant, doivent nous rendre la vie plus belle et plus heureuse. Nous sentons bien que tout cela n’a rien à voir avec la vraie vie et le vrai bonheur.

Tous, en revanche, nous aspirons à la tendresse, à une vraie transparence dans nos échanges avec les autres. Nous désirons en un mot : l’amour, aimé et être aimé. Bien des jeunes, en particulier, voudraient y croire. Mais quand ils voient tout ce qui se passe, ils ne sont pas sûrs que ce soit possible ; et pourtant quand ils découvrent une famille où l’amour règne joyeusement entre parents et enfants, quand ils entendent parler de mère Theresa, de la sœur Emmanuelle, de Jean Vanier ou de l’abbé Pierre ou quand ils découvrent autour d’eux un groupe d’amis engagés au service des plus défavorisés, alors, ils se disent : « Oui, l’amour vrai, ça existe, c’est possible. L’amour vrai, ça existe !

Et ça existe d’abord en Dieu lui-même : c’est ce que nous révèle la Bible, non pas à la manière d’un catéchisme, mais en montrant comment Dieu s’est manifesté au cours de l’histoire. Dieu, dans l’Ancien Testament, c’est celui qui aime son peuple, qui fait alliance avec lui, qui l’épouse, en quelque sorte, pour en faire un peuple libre et qui l’accompagne tout au long de son parcours : « Tu seras mon peuple… et je serai ton Dieu ! », comme un jeune trouve sa joie dans son épouse, tu feras la joie de ton Dieu. Dieu, c’est le Père plein d’amour pour ses enfants et c’est l’époux qui sera toujours fidèle à ceux qu’il aime. Dieu. C’est aussi le créateur qui a multiplié les beautés de la nature devant lesquelles nous nous émerveillons : c’était tout le sens de la 1ère lecture.

Et voici qu’avec le Nouveau Testament, nous apprenons que ce Dieu qui nous aime a, avec lui, de toute éternité : un Fils, son Fils bien-aimé, le Verbe Jésus. C’est ce Fils éternel du Père qui s’est incarné dans notre histoire, il y a 2 000 ans et dont les évangiles nous rapportent les paroles : « Le Père et moi, nous sommes un. N’avez-vous pas compris que le Père est en moi et que je suis dans le Père ? »

Retenons bien cela : le Père et le Fils ne sont qu’un, tout en étant distincts. Ils sont liés l’un à l’autre par un même projet d’amour envers l’Humanité qu’ils veulent sauver et transfigurer à leur image. Et voilà qu’avant de passer de ce monde à son Père, Jésus promet à son tour aux apôtres de leur envoyer l’Esprit Saint, l’Esprit de Vérité, l’Esprit de force. Il sera comme  une nouvelle présence du Père et du Fils avec eux et tout au long du parcours de l’homme. Cet Esprit n’ajoutera rien à ce qu’a dit Jésus, mais il leur rappellera, il reprendra tout ce qui venait de Jésus et du Père « car, dit Jésus, tout ce qui appartient au Père est à  moi ».

L’Esprit, c’est donc un troisième si l’on veut, mais un troisième qui forme avec le Père et le Fils une communion parfaite d’amour et de volonté et qui poursuit dans l’Eglise la réalisation du projet de Dieu tout au long des siècles. Notre Dieu, qui se révèle dans la Bible, n’est donc pas une sorte de solitaire replié sur lui dans un ciel lointain et uniquement soucieux de sa gloire. Ce n’est pas “le grand architecte” de Diderot ou “l’horloger de Voltaire”. Le Dieu auquel nous croyons ne s’identifie pas au “Dieu des philosophes et des savants”. Que de définitions on a donné de Dieu ! Mais quand il s’agit de lui, nos mots nous trahissent, nos pensées aussi ! Pour moi, la vraie réponse, c’est celle d’une petite fille au catéchisme à la question :

«  La Trinité, qu’est-ce-que cela veut dire ? »

« C’est, parce que, quand on est tout seul, on ne peut pas partager ! » (En voilà une qui n’était pas loin de comprendre Dieu).

Le Dieu de la Bible, c’est un foyer d’amour, une communion de trois cœurs qui s’aiment, une harmonie de trois intelligences et de trois volontés unies dans une transparence totale au point de ne plus faire qu’un : la Sainte Trinité.

Tel est  le  Dieu  des  chrétiens : l’être  de  Dieu  est  indicible.

« Je suis qui je suis » pas plus, pas moins ; mais cependant, il s’est fait homme et de ce fait, j’ai une expérience de Dieu, une expérience de croyant. Je ne sais pas qui est Dieu, mais je sais, en plénitude, par Jésus, ce qu’il veut faire et ce qu’il veut nous dire.

 

Or que dit Jésus ?

Il dit que Dieu est Père, auteur de tout.

Il dit qu’il est Fils, en dépendance amoureuse et volontaire du Père.

Il dit qu’il est Esprit, donné pour aimer, témoigner, comprendre.

 

Ainsi, Jésus est Famille : trois et un, parce qu’il est amour et toute l’activité de Dieu, c’est de réunir l’Humanité à cette famille, et d’amener ainsi cette Humanité à son achèvement.

La vie de Dieu est un mystère que je ne puis saisir ; mais elle m’est  donnée. En  faut-il  plus  pour  être  émerveillé ? Mais  ce qui  nous  intéresse  le  plus, c’est  justement  que  Dieu  nous  a créés à son image.

Si donc, nous sommes à l’image de Dieu, foyer d’amour de trois cœurs qui s’aiment au point de ne plus faire qu’un, nous comprenons alors pourquoi nous ne cessons d’aspirer à l’amour, pourquoi nous avons toujours en nous ce désir d’harmonie dans nos relations avec tous ceux qui nous entourent. Puisque la nature de Dieu, c’est d’aimer, de donner, de se répandre pour tout illuminer. Alors, il en est aussi de même pour nous.

Aimer et être aimé, donner et recevoir, nous ouvrir aux autres dans un esprit d’accueil et de partage : voilà le secret de notre nature, voilà le sens de notre vie. Quand un juge a devant lui un inculpé qu’il doit acquitter ou condamner, que fait-il ? Il ne regarde pas seulement l’acte qu’il a commis : il essaie de le comprendre et pour cela, il va examiner d’où il vient, son hérédité, son enfance, ses conditions de vie, le milieu dans lequel il a vécu.

Si vous voulez vraiment comprendre l’homme dans sa réalité la plus profonde, il faut toujours vous souvenir qu’il a été créé à l’image de Dieu et que, par conséquent, il a besoin d’absolu, de lumière, de vérité et d’amour surtout. Et il est malheureux, insatisfait, il ne peut pas s’épanouir totalement s’il ne lui est pas donné de vivre à plein cet amour relationnel, à savoir conjuguer à tous les temps le verbe “aimer”, à l’actif et au passif.

Si la nature de Dieu, que nous possédons nous-mêmes, est d’aimer et de donner, de se répandre pour tout illuminer, il en est de même pour nous.

La  vraie  condition  du  bonheur  pour  l’homme, parce que lui aussi est fils de Dieu, créé par lui, ce sera de s’ouvrir aux autres dans un esprit d’accueil et de partage, solidarité avec les pauvres, ouverture à tous : tel est le chemin à suivre pour être pleinement homme à l’image de Dieu et pour vivre dès ici-bas quelque chose de la joie et de la vie de Dieu.  AMEN




La Sainte Trinité – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Jean 16, 12-15)

« Je crois en l’Esprit Saint

qui est Seigneur et qui donne la vie »

(Jn 16,12-15)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

 

         

          St Jean nous offre ici un des plus beaux textes, sinon le plus beau, sur l’Esprit Saint. Pour bien le saisir, il nous faut nous rappeler que cette expression « Esprit Saint » ou « Saint Esprit » peut être employée comme un nom propre pour désigner une Personne divine unique, la Troisième Personne de la Trinité. Mais ces deux mots, « Esprit » et « Saint » peuvent aussi servir à nous décrire ce que Dieu est en lui-même, sa « nature divine ». « Dieu est Esprit », nous dit Jésus (Jn 4,24). Autrement dit, le Père est Esprit, le Fils est Esprit, et l’Esprit Saint (nom propre) est Esprit lui aussi. De même, le Père est Saint, le Fils est Saint et l’Esprit Saint est Saint. Et si nous mettons tout ensemble, le Père (Personne divine) est « Esprit Saint » (nature divine), le Fils (Personne divine) est « Esprit Saint » (nature divine), et « l’Esprit Saint » (Personne divine) est « Esprit Saint » (nature divine).

            De toute éternité, ces Trois Personnes divines sont en face à face, le Père étant le seul à être le Père, le Fils le seul à être le Fils, et l’Esprit Saint, le seul à être l’Esprit Saint. Mais tous les Trois sont pleinement Dieu, au sens où ils vivent et s’expriment avec une seule et même nature divine. Mais puisque « Dieu est Amour » (1Jn 4,8.16), il existe en Dieu une primauté dans l’Amour. Et c’est le Père vers lequel tous les regards se tournent en premier, car c’est Lui qui engendre le Fils de toute éternité en se donnant totalement à Lui en tout ce qu’il est. Et le Père est Dieu, et le Père est Lumière. Le Fils, « né du Père avant tous les siècles », est donc « Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière », il est « de même nature que le Père » en tant qu’il la reçoit du Père depuis toujours et pour toujours. Mais le propre de l’Amour en Dieu est de se donner totalement, en tout ce qu’Il est. Le Père est Amour ? Il se donne en tout ce qu’il est au Fils et l’engendre ainsi en « vrai Dieu né du vrai Dieu ». Se recevant du Père de toute éternité, le Fils est Lui aussi Amour ? Alors il se donne lui aussi tout entier, avec le Père et comme le Père, et du Père et du Fils « procède » l’Esprit Saint, en fruit éternel de leur amour…

            L’Esprit Saint est ainsi pleinement Dieu, pleinement Amour, et donc à son tour pleinement Don de ce qu’il est en lui-même. Alors, dit ici Jésus, « il recevra de mon bien », et c’est de fait une réalité éternelle, « et il vous le communiquera ». Il reçoit du Fils la vie que le Fils reçoit lui-même du Père, et il nous la donne à notre tour. Il est vraiment « l’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie », la vie même de Dieu !

          DJF




Rencontre autour de l’Évangile – La Sainte Trinité

“L’Amour de Dieu a été répandu 

dans nos cœurs par l’Esprit-Saint 

qui nous a été donné ”

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Jn 16, 12-15)

Et soulignons les mots importants

Son Père : Sans Jésus, le  mot “ Dieu ” reste un mot vague qui est employé par beaucoup de gens. Mais sa véritable identité, seul Jésus peut nous la révéler : pourquoi ?

Beaucoup de choses à vous dire : Est-ce que Jésus n’aurait pas tout révélé durant sa vie terrestre ? “ Que veut dire ce “ beaucoup de choses ” ?

Vous n’avez pas la force de les porter : lui, l’Esprit de vérité : quand nous disons “ lui ” en parlant d’une personne, nous parlons de quelqu’un.

Et quand Jésus dit “ lui ” en parlant de l’Esprit Saint, qu’est-ce qu’il nous révèle ?

la vérité tout entière : Est-ce que Jésus n’aurait pas dit toute la vérité sur Dieu et sur ses intentions ?

ce qui va venir : Que veut dire Jésus ? Est-ce que le rôle de  l’Esprit-Saint serait d’aider à prédire l’avenir ?

il redira tout ce qu’il aura entendu ;  il reprendra ce qui vient de moi : Quelle est l’action de l’Esprit Saint par rapport à celle de Jésus ?

Tout ce qui appartient au Père

Est à moi

Ces paroles de Jésus nous révèlent le lien qui unit les trois personnes divines et la place centrale du Christ dans la révélation de Dieu.

 

Pour l’animateur 

Au terme de la vie terrestre du Christ, les apôtres n’étaient pas encore capables de comprendre sa place centrale dans l’œuvre du salut. Il fallait pour cela qu’il leur donne l’Esprit. 

En disant “ lui ” en parlant de l’Esprit Saint, Jésus le révèle comme quelqu’un, une personne. L’Esprit Saint (ou le Saint Esprit) n’est pas une chose, force aveugle, une puissance vague, c’est quelqu’un, c’est l’Amour en personne qui transforme nos vies, qui nous fait aimer le Père comme Jésus Christ et avec Jésus Christ. C’est lui qui nous fait pénétrer dans la famille même de Dieu.

Jésus a donné l’essentiel de sa révélation. Simplement l’Esprit fera comprendre tout ce qui s’est passé, en particulier la signification de la mort et de la résurrection du Christ pour le salut de tous les hommes.

L’Esprit va donc conduire vers la vérité tout entière : il fera entrer les apôtres et tous les croyants dans la profondeur du mystère de Jésus, il leur fera comprendre la Bonne Nouvelle et la manière de la mettre en pratique. Ainsi il aidera l’Eglise à découvrir toute la richesse du Message de l’Evangile tout au long de son histoire.

En fait, l’Esprit-Saint poursuit ce que Jésus a fait : révéler aux hommes le mystère de Dieu et son projet d’amour pour tous les hommes.

L’Esprit-Saint fera connaître ce qui va venir, non en prédisant l’avenir ou en apportant une nouvelle révélation, (inutile après Jésus) mais en éclairant l’avenir à l’aide du mystère de Jésus : toute l’histoire présente et future prend son sens véritable grâce à la résurrection du Christ et la promesse de son retour dans la gloire.

C’est dans la personne du Christ que le mystère de Dieu se dévoile. Nous sommes au sommet de la Révélation et au cœur de la foi chrétienne.

TA PAROLE DANS NOS COEURS

Méditation silencieuse.

Dieu est Amour. Une Famille d’Amour. Dieu est Père,Fils et Esprit. Un seul Dieu. Pas un Dieu solitaire, mais solidaire. C’est une “ communion ”. Le Père n’a qu’un désir : réunir tous les hommes, de tous les temps et de tous les pays dans sa famille. Depuis notre baptême nous sommes déjà dans sa famille. Nous disons à Dieu “ Père ”. A Jésus Christ, nous disons : tu es notre “ Frère ”. A L’Esprit Saint, nous disons “ Tu es l’Amour ” dans nos cœurs. L’Eglise est une famille, une “ communion ” qui prend sa source dans la “ communion trinitaire ”.

 

L’Evangile aujourd’hui dans notre vie

C’est progressivement que les apôtres ont découvert qui était Jésus : d’abord un prophète, un maître en religion, puis le Messie, et enfin le Fils de Dieu révélé dans sa mort et sa résurrection (On peut faire chercher par le groupe).

Et ce fut pareil pour leur découverte de Dieu : grâce à l’action de l’Esprit-Saint ils sont passés de  l’intimité de Jésus avec Dieu à la découverte de sa relation filiale avec le Père.

La Trinité, c’est le grand secret sur la vie intime de Dieu que Jésus nous a révélé. Sans Jésus, le Fils, ce secret serait resté inconnu des hommes. Ce grand secret d’amour, c’est ce qu’on appelle “ mystère ”. Il a été révélé pour que nous en vivions. Il reste encore inconnu aujourd’hui de beaucoup de croyants : pour quelle raison ? 

Et nous, quelle relation vivons-nous avec ce Dieu révélé par Jésus-Christ ?

-Est-ce que nous réalisons que depuis notre baptême nous vivons à l’intérieur de la famille divine, nous partageons la vie intime du Père et du Fils grâce à l’Esprit-Saint qui nous a été donné ?

– Comment ai-je découvert que Dieu est un Père pour moi ? (faire partager)

– Quand nous prions, quelle sorte de  relation vivons-nous avec le Père ? Quelle relation avec le Fils Jésus-Christ ? Quelle relation avec l’Esprit Saint qui nous guide ?

– Qu’est-ce que cela changerait dans notre vie de tous les jours si nous vivons une vraie relation avec chacune des personnes divines: notre vie de famille, nos relations avec les personnes de notre entourage, de notre groupe, de notre équipe… ?

– Quelle est notre manière de parler de Dieu quand nous partageons notre foi avec d’autres ?Ne parlons-nous pas trop facilement de “ Dieu ”, du “ Seigneur ” ou du “ Bon Dieu ”  sans nommer vraiment chaque personne par son nom ?

 

ENSEMBLE PRIONS   

  • Dieu Père, nous te louons et nous te bénissons parce que tu es le Père de Jésus, et que tu veux être aussi notre Père selon ton amour et ta miséricorde.

  • Dieu Fils, nous te louons et nous te bénissons parce que tu es le Fils de son amour, et que tu veux être aussi le frère premier‑né de tous les enfants de Dieu.

  • Dieu Saint‑Esprit, nous te louons et nous te bénissons parce que tu es l’amour du Père et du Fils jaillissant comme un feu de leur tendresse, et que tu veux aussi habiter en nos cœurs comme un brasier d’amour.

  • Dieu Père, Fils et Saint‑Esprit, nous te louons et nous te bénissons parce que tu esle Dieu au‑delà de toute louange et que tu acceptes cependant les balbutiements de notre adoration. A toi notre amour pour les siècles des siècles.

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Trinité Relu