Rencontre autour de l’Évangile – 15ième Dimanche du Temps Ordinaire

” Jésus appelle

les Douze et les envoie deux par deux “

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons (Mc 6, 7-13)

Après avoir été mal accueilli dans sa patrie, Nazareth, Jésus est allé dans les villages voisins pour sa mission, et pour la première fois il va associer le groupe des Douze à sa mission.

Le sens des mots

Jésus appelle : Ce verbe « appelle » est particulièrement important dans la foi des chrétiens : Pourquoi ?

Les Douze ? Qui étaient ces Douze ? Pourquoi Jésus les avait-il choisis ? Quelle était leur place parmi les disciples ?

Il les envoie : Quelle est l’importance de ce mot pour l’Église, pour nos communautés de chrétiens, pour chacun de nous ?  A quel sacrement il nous fait penser ? 

Deux par deux : Pourquoi Jésus organise ainsi la mission : Que veut-il nous faire comprendre ? 

Il leur donnait pouvoir sur les esprits mauvais : Que signifiait l’expulsion des démons par Jésus ?

Ne rien emporter pour la route : Que signifie cette consigne donnée par Jésus à ceux qu’il envoie ?

« Un bâton…des sandales » : Que signifient ces objets que les missionnaires peuvent prendre avec eux ?

Hospitalité – accueillir- écouter : En quoi ces mots nous indiquent la condition dans laquelle les apôtres doivent exercer leur mission ?

« En secouant la poussière de vos pieds » : Quel peut-être le sens de ce geste ?

Se convertir : Que signifie « se convertir » dans la prédication de Jésus et des apôtres ?

Chassaient beaucoup de démons : Que signifie pour l’Église, pour nous aujourd’hui,  cette action de chasser les démons ?

Faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades : Ce geste est-il encore pratiqué aujourd’hui dans l’Église ?

Pour l’animateur

Jésus appelle : Notre Dieu, le Dieu des chrétiens, est un Dieu qui appelle. Dieu appelle l’homme à vivre en amitié et dans le bonheur avec lui (Genèse), il appelle Abraham, Moïse, les prophètes… Jésus appelle « viens, suis-moi ». Parmi les disciples, Jésus appelle un groupe  « pour  être avec lui » : c’est le groupe des « Douze », qui rappelle les douze tribus d’Israël, sur lequel Jésus va fonder le peuple de la nouvelle alliance. Il passera du temps à former ce groupe d’intimes.

Jésus les envoie : Quand Jésus appelle c’est pour envoyer.  Jésus initie ses compagnons à la mission.

Il les envoie deux par deux : le témoignage de deux personnes était important pour être entendu dans un procès. De plus, Jésus indique que la mission n’est pas une affaire individuelle, mais une démarche communautaire, une action d’équipe.

Il partage avec eux son pouvoir sur les esprits mauvais. L’expulsion des démons était signe de la venue du Royaume.

Ne rien emporter pour la route : Il leur donne des consignes de dépouillement, de pauvreté ; pour leur subsistance, les apôtres sont dépendants de l’accueil qui leur est fait.

Hospitalité-accueillir-écouter : La mission ne consiste pas à imposer, mais à annoncer. La réussite dépend  également de l’accueil qui est fait à la Bonne Nouvelle.

Le bâton et les sandales : Ce qu’il faut pour aller sur les routes. Les missionnaires sont itinérants.

Secouer la poussière des pieds, était un geste symbolique fort qui marquait la rupture avec l’endroit qui avait refusé d’accueillir les apôtres.

Se convertir : L’appel à la conversion faisait partie de la prédication de Jésus  « Le Royaume de Dieu s’est approché. Convertissez-vous ». Se convertir, signifie se détourner d’un genre de vie pour donner à sa vie une orientation nouvelle en accueillant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu qui est là avec Jésus son Envoyé.

Ils chassaient beaucoup de démons : selon la croyance populaire du temps de Jésus, toutes les manifestations du mal (maladies physiques et mentales) étaient attribuées à la présence du démon. Lutter contre ces manifestations prenait souvent la forme d’un exorcisme.

Tous les combats que l’Église engage aujourd’hui pour libérer l’homme de l’esclavage du mal sous toutes ses formes font partie de la Mission et toutes les victoires sont des signes du Royaume. Il ne s’agit pas de voir le démon partout et de multiplier les exorcismes, mais plutôt d’accueillir ceux qui sont encore sous l’emprise de la peur et des chaînes du mal et de leur faire connaître Celui qui nous apporte la réconciliation avec Dieu, la vraie liberté, la paix du cœur.

L’onction de l’huile a un effet bénéfique lorsqu’elle pénètre le corps humain. Dès le début de l’Église, l’Onction des Malades a été pratiquée dans les communautés chrétiennes pour la guérison  corporelle et spirituelle. C’est le sacrement des malades.

 

 

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Seigneur Jésus, tu comptes sur nous depuis que tu nous as envoyés en mission, pour porter la Bonne Nouvelle de l’Amour du Père, là où nous vivons. Pardon de ne pas être fidèles ; de ne pas être à la hauteur de la confiance que tu nous fais. Fais de nous des apôtres pour notre temps, nourris de ta Parole, forts contre le mal, artisans d’un monde plus juste et plus fraternel.

 

TA PAROLE DANS NOTRE VIE

Depuis notre confirmation, nous sommes des envoyés en mission : Comment sommes-nous témoins du Christ et du Royaume de Dieu dans notre vie de tous les jours ? 

Ce que Jésus veut, ce sont des apôtres disponibles, pas encombrés. Qu’est-ce qui est possible de faire avec nos petits moyens là où nous vivons ? Croyons-nous suffisamment à la force de l’Esprit Saint qui agit en nous et par nous ? 

L’Envoyé de Jésus doit instaurer un monde plus juste, plus humain, plus fraternel : Est-ce que nous prenons notre part dans l’annonce de la Parole  (catéchèse, préparation au baptême, au mariage, témoignage), dans le combat contre les forces du mal (les  divisions, les mensonges, les injustices, les méchancetés…) 

Quel accueil réservons-nous à la Parole de Dieu quand elle appelle à la conversion ?

 

ENSEMBLE PRIONS   

Tous :  Tu nous appelles à t’aimer

            Ou

            Sur les routes des hommes (carnet paroissial p. 313)

 

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15ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER (Mc 6, 7-13)

” L’envoi en mission…”

(Mc 6, 7-13)

 

          En ce temps-là,  Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs,  et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture.  « Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. »   Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ. Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. » Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir. Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient.

                     

      Parmi ses disciples, Jésus en avait choisi Douze « pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher avec pouvoir de chasser les démons » (Mc 3,13-19). Aujourd’hui, les Evêques sont leurs successeurs. Leur mission première, avec toute l’Eglise locale dont ils ont la charge, est donc de « prêcher » à la suite du Christ : « Le Royaume de Dieu est tout proche : repentez-vous et croyez à l’Evangile » (Mc 1,15). Et c’est bien ce qu’ils font ici : « Ils partirent et proclamèrent qu’il fallait se convertir. Ils chassaient beaucoup de démons »…

Les Douze ont ainsi commencé par rencontrer le Christ « Lumière du monde » (Jn 8,12), et dans la Lumière de son Amour, ils ont pris conscience de leur besoin d’être sauvés : « Eloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur », lui dit un jour Simon-Pierre. Et c’est justement à ce moment-là que le Christ le confirma dans sa vocation : « Tu seras pêcheur d’hommes » (Lc 5,1-11).

Attirés, enveloppés et soutenus par la Tendresse et la Miséricorde du Père, les Douze ont consenti à faire la vérité dans leur vie. Ils ont alors reçu le pardon de toutes leurs fautes et la force de se détourner petit à petit du mal pour trouver, avec le Christ, la Plénitude de cette Vie éternelle que le Père veut offrir à tous les hommes, ses enfants. Ce qu’ils ont vécu avec le Christ, voilà donc ce qu’ils doivent annoncer au monde entier en « témoins ». C’est pour cela que le Christ « les envoie deux par deux » car en ce temps-là, « toute affaire devait être instruite sur la base de deux ou trois témoins ». L’annonce de l’Evangile est une aventure vécue en équipe : « Pierre et Jean », « Paul et Barnabé », « Jude et Silas »…

De plus, en cet apprentissage de leur mission future, Jésus veut qu’ils fassent l’expérience de la Providence du Père. Aussi les envoie-t-il sans « pain, ni sac, ni pièces de monnaie ». Et à leur retour, ils constateront par eux-mêmes qu’ils n’ont jamais manqué de rien (Lc 22,35)… Dieu était là et il veillait sur eux… Plus tard, ils partiront sur les routes du monde avec ce qu’ils auront, mais si un jour ils venaient à manquer du nécessaire, ils n’oublieront jamais que le Père est là et s’occupe très concrètement d’eux jusques dans les moindres détails de leur vie. DJF




14ième Dimanche du Temps Ordinaire – par Francis COUSIN

Évangile selon saint Marc 6, 1-6

 

« N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie ? » 

Les relations humaines sont bien compliquées. Quelque soit l’environnement dans lequel nous évoluons (famille, collègue de travail, équipe de sport, associations diverses, paroisse …), nous trouvons toujours quelque chose à dire contre une, deux, voire plus … personnes que nous trouvons inintelligentes, maniérées, pédantes, m’as-tu vues, lèche-bottes, incapables, sournoises, incompétentes, etc … . Et nous sommes d’autant plus dures avec elles que nous les connaissons mieux. On trouve toujours un défaut à ces personnes, qui est souvent subjectif (grosse, planche à pain, mal habillée …) mais qui parfois se base sur des éléments contre lesquelles les personnes concernées ne peuvent rien, notamment les personnes handicapées moteurs (elle ne travaille pas assez vite, elle profite de son handicap pour ne pas faire ceci ou cela, elle n’a pas de rendement, …) ou mentales (il ne comprend jamais rien, il est ’’lourd’’, …).

Est-ce cela qu’on appelle la charité chrétienne ?

D’autant qu’il faut bien se douter que, si nous disons des choses comme celles-là sur les autres, ces autres doivent en dire autant sur nous !

C’est là qu’il faut se rappeler une phrase de l’Évangile : « Quoi ! Tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ; et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? » (Mt 7,3). Ou ce proverbe bien connu : « Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’ils vous fassent. », que Jésus à prononcé autrement, dans un sens positif, qui est encore plus difficile à mettre en œuvre : « Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux. » (Mt 7,12).

Ou encore d’autres phrases du pape François, qui reviennent régulièrement dans ses interventions, comme celle-ci : « Comprenez bien : pas de commérages, le terrorisme des commérages. Car celui qui colporte les rumeurs est un terroriste. C’est un terroriste dans sa propre communauté, car il jette comme une bombe ses paroles contre telle personne ou telle autre, et puis il s’en va tranquillement. Cela détruit ! Celui qui fait cela détruit, comme une bombe, et lui s’éloigne. » (Pape François, catéchèse du 25 septembre 2013).

Cette manière de faire (ou de dire !) est d’autant plus gênante que bien souvent nous sommes plus enclins à trouver des excuses aux personnes que l’on connaît peu, ou qu’on rencontre pour la première fois !

C’est un peu la même chose qui est arrivé à Jésus quand il revint à Nazareth, et qu’il s’exprima dans la synagogue, où il était connu de tous.

Saint Marc ne nous donne que la réaction des gens, d’abord enthousiastes : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? ». C’est la surprise, l’étonnement ! … puis ils se rappellent tout ce qu’ils connaissent de Jésus : « Mais je le connais bien, lui ! On a joué aux billes ensemble quand nous étions petits ! On a joué à cache-cache ! On a ramassé du bois ensemble pour faire la cuisine ! … Je connais bien ses parents … C’est lui qui a construit ma maison ! … ».

Il faut dire que Jésus n’avait pas utilisé la langue de bois ! Saint Luc nous raconte l’objet de son discours : « ’’L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.’’ Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : ’’Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre.’’ » (Lc 4,18-21).

Dire cela, c’est affirmer qu’on est le Messie, l’envoyé de Dieu qui vient sauver son peuple. Et on peut penser que, dans la mentalité des personnes, ce Messie viendrait d’on ne sait où (du ciel, comme un extra-terrestre …), déjà adulte et prêt à proclamer son message, dans avoir une histoire personnelle.

Ce n’est pas ce que voulait Dieu : Jésus n’est pas un extra-terrestre, mais au contraire bien un terrestre, comme tous les enfants : « Il a prit chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme » (Credo de Nicée).

C’est cette proximité que Dieu a voulu avec les hommes qui n’a pas été comprise : « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. » (Jn 1,11).

Gardons-nous bien de faire comme les gens de Nazareth : ne pas reconnaître Jésus pour ce qu’il est. Parce que c’est ce que nous faisons à chaque fois que l’on fait des ’’commérages’’ sur ceux qui nous entourent. Jésus nous l’a bien dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. » (Mc 9,37). Il suffit de remplacer un enfant par mon prochain.

Dire des commérages, du mal des autres, cela revient à ne pas accueillir Dieu qui vient chez nous !

Alors, comme le dit le pape François : « S’il te prend l’envie de dire quelque chose contre un frère ou une sœur, de jeter une bombe de commérage, mords-toi la langue ! Fort ! » (catéchèse du 25 septembre 2013).

 

Seigneur Jésus,

comme nous sommes prompts

à critiquer et dire du mal des autres.

Nous avons souvent tendance

à nous croire supérieurs aux autres,

alors que …

Fais que nous soyons plus humbles,

et que nous sachions

te reconnaître dans les autres,

toi qui t’es fait homme comme nous.

  

Francis Cousin

                      

 

Pour accéder à une prière illustrée, cliquer sur le titre suivant : Prière dim ord B 14° A6

Si vous désirez une illustration du texte d’évangile commenté ce jour cliquer sur le lien suivant : Parole d’évangile semaine 18-27




14ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER (Mc 6, 1-6)

“Chercher la Vérité au-delà des seules apparences …..”    (Mc 6, 1-6)

 

          En ce temps-là,  Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent.
Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?
N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet.
Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. »
Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains.
Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

                   

Jésus est à Nazareth, le pays qui l’a vu grandir… Le sabbat, il va à la synagogue, comme autrefois. On lui demande de faire la seconde lecture et le commentaire qui suit. Il obéit et « se mit à enseigner ». Et là stupéfaction : ce sont « des paroles pleines de grâce qui sortent de sa bouche » (Lc 4,16-22), des paroles pleines de « l’Esprit de grâce » (Hb 10,29). En effet, « celui que Dieu a envoyé prononce les paroles de Dieu, car il ne mesure pas le don de l’Esprit » (Jn 3,34). Accueillir sa Parole de tout cœur, c’est accueillir avec elle le Don sans mesure de l’Esprit dont le fruit est vie (Jn 6,63 ; 2Co 3,6), Plénitude de vie (Ep 5,18 ; Col 2,9-10), bonheur profond… « Tu as les paroles de la vie éternelle », disait Pierre à Jésus (Jn 6,68), car il avait « accueilli, lui aussi, la Parole avec la joie de l’Esprit Saint » (1Th 1,5-6). « Heureux ceux qui croient » (Jn 20,29), car « tu mets dans mon cœur plus de joie, que toutes leurs vendanges et leurs moissons » (Ps 4).

« Père, les paroles que tu m’as données, je les leur ai données » (Jn 17,8)… Et l’on pourrait dire aussi : « Père, l’Esprit que tu m’as donné, et qui m’engendre en Fils de toute éternité, je le leur ai donné… Recevez l’Esprit Saint » (Jn 20,22), et avec lui, cette Plénitude de Paix, de Joie, de Vie que l’on ne peut expérimenter que dans le cadre d’une relation de cœur avec Dieu…  Ses auditeurs, ici, reconnaissent « la sagesse qui lui a été donnée ». Ils ont aussi entendu parler « des grands miracles qui se réalisent par ses mains ». Tout cela ne fait aucun doute… Et pourtant, leur question – « D’où cela lui vient-il ? » – restera sans réponse… Ils n’arriveront pas à aller plus loin que ce « fils de Marie » qu’ils croient si bien connaître, d’autant plus que ses « frères » et « sœurs », c’est-à-dire ses cousins et ses cousines, sont toujours parmi eux : « Jacques (le petit) et José », fils d’une autre Marie (Mc 15,40.47), « Jude et Simon »…

« Vous me connaissez », mais hélas, seulement selon les apparences, « et vous savez d’où je suis », ou du moins s’arrêtent-ils à Nazareth ; « et pourtant ce n’est pas de moi-même que je suis venu, mais celui qui m’a envoyé est véridiqueJe sais d’où je suis venu et où je vais, mais vous, vous jugez selon la chair » (Jn 5,28-29 ; 8,14-16). Quand donc leur cœur s’ouvrira-t-il pour accueillir cette Plénitude d’Amour et de Vie que le Père veut communiquer à tous les hommes, ses enfants ? Jésus offrira sa vie pour cela, et juste après sa mort, beaucoup partiront en se frappant la poitrine (Lc 23,48)… Enfin !

                                                                                                        DJF




Rencontre autour de l’Évangile – 14ième Dimanche du Temps Ordinaire

“Nul n’est prophète

dans son pays “

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons (Mc 6, 1-6)

« Le Maître revient à son village. Il semble ne pas y être retourné depuis le début de sa mission : son baptême par Jean-Baptiste (1,9). C’est Capharnaüm qui est devenu le point d’attache de son ministère itinérant. Nazareth, où il rentre, est le berceau de son enfance et de sa jeunesse. Là se trouvent sa famille et ses amis de voisinage. Les Evénements ont mis entre eux un certain éloignement. Que va-t-il se passer ? » (Jacques Hervieux, dans « Les Evangiles, textes et commentaires » ; Bayard Compact, p. 381).

Le sens des mots

  • « Jésus est parti pour son pays et ses disciples le suivent »… Relire l’appel des disciples en Mc 1,16-20 et Mc 2,13-14 : que retrouvez-vous ? Qu’est-ce qui caractérise donc avant tout un disciple de Jésus ? Que sous-entend une telle démarche ?

  • « Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue »… Le sabbat, notre samedi, était ce jour où l’on arrêtait toutes ses occupations habituelles pour se consacrer à Dieu. La communauté se rassemblait à la synagogue, priait, écoutait la Parole de Dieu : une première lecture extraite de « la Loi » (En hébreu, la Torah, constituée par les cinq premiers livres de la Bible), la seconde étant prise dans les prophètes. En St Luc (Lc 4,16-30), Jésus lit Isaïe 61,1-2. Puis, le chef de la synagogue pouvait inviter quelqu’un de l’assemblée à les commenter. C’est ce que fait ici Jésus… L’auditoire est-il sensible à son intervention ? Quel talent lui reconnaissent-ils ? Et qu’ont-ils par ailleurs entendu dire de lui ?

  • Ces points ayant été reconnus, sur quoi pourtant vont-ils buter ? Il faut bien comprendre ici le sens des mots « frère» et « sœur»… Que dit, depuis les tout premiers siècles, la foi de l’Eglise à ce sujet : Jésus a-t-il eu, de Marie et de Joseph, des frères et des sœurs de sang ? Comment Marie et Joseph ont-ils vécu toute leur vie ?

            Pourquoi « un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison » ?

  • « Là, Jésus ne pouvait accomplir aucun miracle… Il s’étonna de leur manque de foi»… Que diriez-vous de la foi, qu’est-elle en fait ? Pourquoi Jésus ne peut-il rien faire ici ? Avec lui et par lui, n’est-ce pas le Dieu Tout Puissant, le Créateur de l’univers qui est à l’œuvre ? Que révèle donc, du côté de Dieu, cette impossibilité d’agir ? On peut se souvenir « d’Ap 3,20 » où parle le Christ Ressuscité : « Je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui »…

Pour l’animateur

 

  • « Au bord du lac de Galilée, Jésus voit Simon et son frère André et il les appelle : « Venez à ma suite». Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent» De même pour « Jacques, fils de Zébédée et Jean son frère » : « Il les appela… et ils partirent à sa suite ». Être disciple de Jésus, c’est donc, de tout cœur, le suivre, avec son aide et son soutien… Le Christ a la première place et l’initiative : cela suppose obéissance, docilité, souplesse, détachement…

  • L’auditoire est touché par son enseignement. « Tous lui rendaient témoignage ; et ils s’étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche » (Lc 4,22). Ils reconnaissent donc « cette sagesse qui lui a été donnée » et ils ont entendu parler « de ces grands miracles qui se réalisent par ses mains». Noter comment St Marc s’exprime dans les deux cas : « la sagesse lui a été donnée» sous entendu par Dieu le Père, qui « réalise » aussi Lui-même « ces grands miracles » « par les mains » de Jésus, son Fils… Nous pressentons ici le grand Mystère de Jésus « Serviteur » du Père (Ac 3,13 ; 3,26 ; 4,27 ; 4,30) et donc de tous les hommes que le Père aime (Jn 3,16-17) et veut sauver (1Tm 2,3-6). Il dira ainsi clairement en St Jean : « En vérité, en vérité, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement » (Jn 5,19-20). La Parole de Jésus est celle du Père, les actes accomplis par Jésus sont « réalisés » par le Père…

  • « Frère» peut s’appliquer bien sûr aux frères de sang, comme l’étaient « Simon et André », et aussi « Jacques et Jean, fils de Zébédée » (Mc 1,16 ; 1,19). « Frère » peut aussi désigner « un demi-frère », par exemple Philippe et Hérode Antipas qui avaient le même père, le roi Hérode le Grand, et deux mères différentes, Cléopâtre et Malthacé (Mc 6,17). « Frère » peut encore s’appliquer à des cousins éloignés, comme ici « Jacques et José », fils d’une autre Marie qui sera présente elle aussi au pied de la Croix (Mc 15,40 ; 15,47). Enfin, « frères » peut désigner les disciples de Jésus (Mc 3,31-35) : c’est ainsi qu’il les appelle (Mc 3,31-35 ; Jn 20,17 ; Hb 2,11), et eux-mêmes, en se tournant vers leur Créateur et en l’appelant « Notre Père » comprennent que tous les hommes, quels qu’ils soient, sont « frères », enfants d’un même Père…

            Ici, les habitants de Nazareth croient bien connaître Jésus, « le fils de Marie », et tous ses cousins « Jacques, José, Jude et Simon »… Ils l’ont vu grandir, jouer, apprendre et exercer le métier de charpentier… Ils ne peuvent imaginer une seule seconde qu’ils ont, face à eux, le Fils Eternel de Dieu…

  • La foi est avant tout « relation à un Autre que soi-même », « Dieu », en qui l’on a reconnu l’Amour d’un Père plein de Tendresse (1Jn 4,7-16). Le premier fruit est alors la confiance en Lui… Que Jésus ne puisse rien faire ici manifeste le respect que Dieu nous porte : il ne nous forcera jamais à recevoir tout ce Bien qu’il veut nous donner… pour notre seul bien, pour notre vrai bonheur…

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

« Celui que Dieu a envoyé prononce les Paroles de Dieu car il donne l’Esprit sans mesure » (Jn 3,34). Ainsi, quiconque accueille ta Parole de tout cœur reçoit avec elle l’Eau Vive de l’Esprit qui lave, purifie, rafraîchit, apaise et donne la Vie… Avec ce Don de l’Esprit qui se joint toujours à elle, cette Parole est vraiment un « glaive » qui « pénètre jusqu’au point de division de l’âme et de l’esprit » (Hb 4,12), jusqu’au plus profond de nous-mêmes… Tous étaient dans l’étonnement en t’entendant, et ils en sont restés là… Garde-nous fidèles à cette Parole, jour après jour. Alors, avec elle et grâce à l’Esprit, nous grandirons dans cette Communion profonde à ta Vie, à laquelle tu nous appelles tous…

 

TA PAROLE DANS NOTRE VIE

            Seigneur Jésus, les habitants de Nazareth t’ont vu grandir au fil des années, toi et tes cousins, tes cousines… Tu as couru, joué dans les rues du village, tu es allé à la petite école de la Synagogue, tu as appris puis exercé le métier de charpentier… Tous te connaissaient si bien, ou du moins le croyaient-ils… Mais lorsque tu as commencé ton ministère, tout « rempli de l’Esprit Saint» (Lc 4,1) qui demeure « sur toi » depuis toujours et pour toujours (Lc 4,16-22 ; Jn 1,31‑34), tu as donné les Paroles que le Père t’avait données (Jn 17,8), tu as accompli en Serviteur « les œuvres de ton Père » (Jn 10,37 ; 5,36 ; 10,25). Mais ils n’ont pas su reconnaître que Dieu agissait en toi, avec toi et par toi.

            Et moi, aujourd’hui, suis-je capable de reconnaître que cette même Présence peut me rejoindre par les membres de ma famille, par mes voisins, par les frères et sœurs de ma communauté paroissiale ? L’Eglise n’est-elle pas « le Corps du Christ » (1Co 12,27) ? Nous croyons si bien nous connaître les uns les autres… Mais savons-nous, en regardant ce « Corps du Christ » que nous formons tous ensemble, en pécheurs pardonnés et réconciliés, reconnaître la Présence de Dieu au milieu de nous (Mt 18,20), avec nous (Mt 28,20), en chacun de nos cœurs (1Co 3,16-17 ; 2Co 4,6), un Dieu qui peut parler et agir pour nous par les uns et par les autres, quels qu’ils soient ?

           « Il ne pouvait accomplir aucun miracle »… « Il s’étonna de leur manque de foi »… Dieu ne fera jamais rien en nous sans notre « Oui ! »… Savons-nous lui donner ce « Oui ! » tel qu’il est, en comptant sur son aide et son soutien ?

 

ENSEMBLE PRIONS   

Dieu qui a relevé le monde par les abaissements de ton Fils, donne à tes fidèles une joie sainte : tu les as tirés de l’esclavage du péché ; fais-leur connaître le bonheur impérissable. Nous te le demandons par Jésus, ton Fils, notre Seigneur. Amen.

 

Pour lire ou imprimer le document en PDF cliquer ici : 14ième Dimanche Temps Ordinaire B

 

 

 

 




Audience Générale du Mercredi 27 juin 2018

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 27 juin 2018


Frères et sœurs, nous entrons aujourd’hui dans le texte du Décalogue qui commence par la proclamation que Dieu fait de lui-même et le rappel de sa bonté. Car le Dieu d’Israël sauve d’abord, et ensuite, il sollicite la confiance de son peuple. Ainsi, Dieu n’est pas un étranger : il est “ton” Dieu. Cette affirmation éclaire le Décalogue et révèle le secret de la vie chrétienne qui est avant tout la réponse reconnaissante à la bonté du Père, à l’image du Christ qui, aimé du Père, nous aime de cet amour. La formation chrétienne n’est donc pas basée sur la force de la volonté, ni sur le seul sens du devoir, mais sur l’expérience personnelle de la relation avec Dieu, l’accueil de son salut, et sur le fait de se laisser aimer. D’abord la Mer Rouge, puis le Mont Sinaï. La reconnaissance est un trait caractéristique du cœur visité par l’Esprit Saint. Pour obéir à Dieu, on a d’abord besoin de rappeler ses bienfaits. Nous sommes ainsi conduits à faire un exercice de mémoire et à reconnaître les belles choses que le Seigneur a faites pour nous ! Pourtant, certains peuvent avoir l’impression de ne pas encore avoir fait l’expérience de la libération de Dieu. Alors, comme le peuple élu, il nous faut crier vers Dieu et demander à être libérés. Dieu attend ce cri, parce qu’il peut et qu’il veut briser nos chaînes. Pour sa bonté, que notre Dieu soit toujours béni !

Je suis heureux de saluer les pèlerins venus de France et de divers pays francophones. Je forme le vœu que cette période estivale qui commence soit l’occasion pour chacun d’approfondir sa relation personnelle avec Dieu afin de le suivre plus librement sur la voie de ses commandements. Que Dieu vous bénisse !




13ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER (Mc 5, 21-43)

” Dans son Amour, Dieu sait ce qu’il fait…”

(Mc 5, 21-43)

 

          En ce temps-là, Jésus regagna en barque l’autre rive, et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord de la mer.
Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds
et le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. »
Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait.
Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… –
elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré –…
cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement.
Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. »
À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal.
Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? »
Ses disciples lui répondirent : « Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?” »
Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela.
Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.
Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »
Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? »
Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. »
Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques.
Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris.
Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. »
Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui ; puis il pénètre là où reposait l’enfant.
Il saisit la main de l’enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! »
Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur.
Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne ; puis il leur dit de la faire manger.

                        

            Un papa nommé Jaïre est bouleversé par les souffrances et la maladie de sa petite fille… Il est bien ici « à l’image et ressemblance » du Dieu Père, bouleversé lui aussi par les souffrances des hommes, ses enfants… Lorsqu’ils refusent de l’écouter et s’engagent sur des chemins qui ne peuvent que les conduire à la catastrophe, il déclare par son prophète Osée : « Mon cœur est bouleversé, toutes mes entrailles frémissent » (Os 11,7-9)… Et la note de la Bible de Jérusalem précise à propos du mot « bouleversé » : « Le mot est très fort, précisément celui qui est employé à propos de la destruction », par suite du péché des hommes, « des cités coupables. Osée laisse entendre » que ces conséquences dramatiques « sont comme vécues par avance dans le cœur de Dieu ». Et ensuite, il se désole : « Toute la tête est mal-en-point, tout le cœur est malade, de la plante des pieds à la tête, il ne reste rien de sain. Ce n’est que blessures, contusions, plaies ouvertes, qui ne sont pas pansées ni bandées, ni soignées avec de l’huile » (Is 1,5-6). Description saisissante d’Israël blessée par suite de ses fautes, un portrait qui est aussi celui du Christ en Croix : avec Lui et en Lui, Dieu en personne est venu porter nos souffrances pour nous en libérer, il a été blessé de nos blessures pour les guérir ! « Par tes blessures, ô Christ, nous sommes guéris » (1P 2,21-25).

            Jésus, en effet, nous a « visités dans les entrailles de miséricorde de notre Dieu », écrit St Luc (Lc 1,76-79). Syméon attendait « la consolation d’Israël » ? Il reçoit l’enfant Jésus entre ses bras, car il est tout entier « consolation » offerte à l’homme qui souffre (Lc 1,25-32 ; 2Co 1,3-11)), même si cette souffrance est la conséquence de sa désobéissance ! Mais avec le soutien indéfectible du Christ, de Miséricorde en Consolation, il trouvera avec Lui la force de rejeter ce qui le fait souffrir, pour ensuite le suivre, pour son plus grand bonheur, sur un Chemin de Plénitude et de Vie !

« Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive », supplie Jaïre… Et Jésus obéira : « Il partit avec lui »… Ainsi va l’Amour qui ne peut rester insensible face à la souffrance de celles et ceux qu’il aime… Toujours il agit, toujours il répond, mais souvent il nous déroute, car « vos pensées ne sont pas mes pensées, et mes voies ne sont pas vos voies » (Is 55,8-9). Et quelle est la pensée de Dieu ? Envers et contre tout, le meilleur pour chacun d’entre nous, car Il n’Est qu’Amour (1Jn 4,8.16).

                                                                                                                      DJF




Rencontre autour de l’Évangile – 13ième Dimanche du Temps Ordinaire

” Talitha koum :

‘Jeune fille,

je te le dis, lève-toi’ “

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons (Mc 5, 21-43)

Juste avant notre épisode, Jésus était allé pour la première fois sur la rive Est du lac de Tibériade, en plein territoire païen, « au pays des Géraséniens. » Il y avait libéré « un homme possédé d’un esprit mauvais » qui vivait parmi les tombeaux, dans le royaume de la mort, et passait son temps « à crier et à se blesser avec des pierres »… Le Christ Sauveur revient ici en territoire d’Israël, certainement à Capharnaüm, pour continuer à manifester, en actes, sa victoire sur la mort. Le salut est donc offert à tout homme, qu’il soit Juif ou païen…

Le sens des mots

  • Jésus débarque à Capharnaüm. La synagogue est à moins de deux cents mètres. Une foule vient l’accueillir. Jaïre, « le chef de la Synagogue », la plus grande personnalité religieuse de la ville est là et, devant tout le monde, « il tombe aux pieds de Jésus et le supplie»… Quelle qualité de cœur manifeste-t-il ici ? « Viens»… Que fait Jésus ? Quelles qualités de cœur manifeste-t-il à son tour ?

  • Une femme avait des pertes de sang… Notez tous les éléments qui soulignent la gravité de son état. Or, on croyait à cette époque, que « la vie de la chair est dans le sang» (Lv 17, 11). Perdre son sang revenait à perdre sa vie et donc à être touché par la mort. Or tout ce qui tourne autour de la mort était considéré comme impur… Dans son état, la Loi permettait-elle à cette femme de toucher quelqu’un ? Mais quel désir l’habite ? Que fera-t-elle donc, pourquoi et comment ? Si un Pharisien l’avait su, quelle aurait été sa réaction à son égard ? Cela explique-t-il le fait que, découverte, elle se jette aux pieds de Jésus « craintive et tremblante, en lui disant toute la vérité » ? Mais Jésus, Lui, comment réagit-il ? Qu’est-ce qui est donc premier pour Lui ?

  • Dieu seul peut accomplir de telles guérisons… « Elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. Aussitôt, Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui »… Qui donc est Jésus ?

  • « Ta fille vient de mourir »… « Ne crains pas, crois seulement »… Au début, Jésus a obéi à Jaïre, et maintenant, qu’en est-il ? Qui prend les choses en main ? Pourquoi Pierre, Jacques et Jean sont-ils les seuls à pouvoir accompagner Jésus ?

            Notez la délicatesse et l’humanité avec lesquelles Jésus agit vis-à-vis du père, de la mère et de l’enfant… « Il pénètre là où reposait la jeune fille », dans le royaume de la mort, « il saisit la main de l’enfant », il établit le contact et lui dit : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! ». Quel unique moyen Jésus utilise-t-il ici ? Que vous rappelle cette manière d’agir ? De quoi ce miracle est-il le signe ? Que manifeste donc Jésus en tout ce passage ?

Pour l’animateur 

  • Jésus n’avait fait aucune étude religieuse de renom, contrairement à St Paul, élève du prestigieux Gamaliel à l’école des Rabbins de la capitale, Jérusalem (Ac 22,3). Aux yeux de tous, il est simplement « le fils du charpentier » (Mt 13,55), originaire d’une petite ville sans importance : « De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ?» (Jn 1,46). En tombant à ses pieds devant tout le monde, Jaïre, « le chef de la synagogue », manifeste son humilité et l’absence de tout ‘respect humain’… Sa démarche est authentique : elle vient du plus profond de son cœur, par amour pour sa petite fille…

                « Viens »… Jésus est toujours « bouleversé » de compassion « jusqu’au plus profond de lui-même » devant les souffrances des hommes (Lc 7,13 ; 10,33 ; 15,20). Touché au cœur lui aussi, il obéit à Jaïre et le suit… 

  • La Loi interdisait à cette femme de toucher qui que ce soit… Mais son désir de vivre est le plus fort ! Aussi va-t-elle « toucher » le vêtement de Jésus, « par derrière », en cachette… Sa confiance n’est pas déçue : en cet instant précis, elle vit ‘quelque chose’ d’unique et comprend qu’elle est « guérie de son mal. » Dans les Évangiles, les guérisons physiques sont toujours les signes visibles d’une guérison plus profonde, spirituelle, qui concerne toute la personne : cœur, âme et esprit… La maladie était comprise à tort à l’époque comme un châtiment du péché. Le péché sépare de Dieu ? « Guérie de son mal » et de toutes ses conséquences, elle lui est réconciliée… Il prive du Don de la Plénitude de sa Vie et plonge dans un état plus ou moins intense de mort spirituelle ? Elle est à nouveau vivifiée de l’intérieur par le Don de « l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63). En un mot, « elle est sauvée » dès maintenant par sa foi et dans la foi, et cela pour toujours si elle demeure fidèle à Jésus Sauveur. Heureusement, à la prière du Fils, le Père nous « garde du Mauvais », uni à Lui, tout contre Lui, « dans son Nom», grâce à sa Miséricorde toujours offerte dès que nous trébuchons (Jn 17,11-15)… Il suffit alors de tout lui offrir et de le laisser agir…

                Cette femme a désobéi à la Loi ? Un Pharisien se serait mis en colère et l’aurait sévèrement reprise. Jésus, Lui, ne lui fait aucun reproche. Bien au contraire, il la confirme dans sa démarche… Cette Loi, dénaturée par quantité de traditions humaines, était devenue « inhumaine ». Or la Loi a été faite pour l’homme, pour le guider et le soutenir dans l’épanouissement de sa vie, comme le fait un tuteur pour une plante. Jésus veut rendre à la Loi sa vocation première, toute au service de l’homme… Ce sera l’œuvre de « la loi de l’Esprit qui donne la Vie dans le Christ Jésus » (Rm 8,2), Esprit d’Amour et de Tendresse donné aux cœurs ‘de pierre’ pour qu’ils deviennent ‘de chair’, « humains » (Ez 36,26).

  • Jésus prend les choses en main… Pierre, Jacques et Jean l’accompagnent car Jésus veut faire d’eux ses témoins. Il ramènera à la vie la petite fille par sa seule Parole, à laquelle se joint toujours l’Esprit de force et de puissance. Son action est créatrice, comme dans la Genèse : « Il dit et cela fut ». Signe de la capacité de Dieu à ressusciter d’entre les morts, ce miracle manifeste la victoire de Dieu sur la mort… C’est ce que Jésus a fait en tout ce passage…

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Seigneur Jésus, tu es toujours bouleversé devant les souffrances des hommes. Si elles sont les conséquences de nos mauvais choix, tu ne cesses, pour notre seul bien, de nous inviter au repentir et à la conversion. Et dans tous les cas, tu frappes à la porte de nos cœurs et tu te proposes de porter avec nous nos fardeaux. Ainsi, grâce à toi, à ta Présence, ils deviendront légers et nous trouverons paix et soulagement pour nos âmes. Bien plus, ton seul désir est que nous participions dès maintenant à ta Vie en attendant ce Jour où par delà notre mort, nous te verrons. Nous te rendons grâces pour ta Miséricorde toujours offerte. Elle seule, en nous relevant et en habitant nos efforts de l’intérieur, nourrit notre espérance de partager un Jour ta Plénitude…

 

TA PAROLE DANS NOTRE VIE

  • Jésus n’est jamais insensible à la souffrance des hommes, et il répond toujours aux appels qui lui sont faits… Et nous, que pourrions-nous faire pour aller davantage vers celles et ceux qui souffrent, déjà dans notre famille, nos proches, mais aussi parmi nos voisins, vers les malades ou les personnes seules, âgées peut-être, de notre quartier ?

  • Cette femme qui souffrait de pertes de sang avait foi en Jésus, et sa confiance n’a pas été déçue… Qu’en est-il, de cœur, de la nôtre ? Comment vivons-nous les contrariétés, les épreuves de notre vie, la mort de nos êtres chers ? Les rejetons-nous par notre mauvaise humeur, notre révolte, ou essayons-nous de nous tourner de tout cœur vers Jésus pour ensuite, quoiqu’il arrive, porter et supporter tout cela avec Lui dans la prière ?

  • Toute Loi, fut-elle religieuse, devrait être au service de l’homme. En avons-nous bien conscience ? Ne nous arrive-t-il pas parfois de critiquer, de juger, d’exclure peut-être quelqu’un parce que sa situation ne correspond pas à nos règles actuelles ?

ENSEMBLE PRIONS   

Dieu, Maître de la vie, toi qui as créé toutes choses pour qu’elles subsistent, nous te prions : ne laisse pas la mort l’emporter ; que Jésus, ton Fils, nous relève, que ton Esprit nous ranime, et nous serons à toi dès aujourd’hui, et pour les siècles des siècles. Amen.

 

Pour lire ou imprimer le document en PDF cliquer ici : 13ième Dimanche Temps Ordinaire B

 

 

 

 




Audience Générale du Mercredi 20 juin 2018

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 20 juin 2018


Frères et sœurs, Jésus est venu accomplir la Loi et non pas l’abolir. En quel sens cela peut-il être compris ? Les dix Commandements ont assurément la forme extérieure d’une loi. Cependant la Bible les désigne, non pas comme les « dix commandements » mais comme les « dix paroles » : Décalogue. Alors qu’un commandement n’appelle aucun dialogue, la parole, au contraire, est le moyen essentiel de la communication. Une chose est recevoir un ordre, autre chose est comprendre que quelqu’un cherche à parler avec nous. Depuis les origines, le Tentateur suggère l’image d’un Dieu jaloux et possessif. Or, le premier commandement donné à l’homme et à la femme, plus qu’une interdiction, était le moyen qu’un père donnait à ses enfants pour les protéger de l’autodestruction. Nous nous trouvons devant cette alternative : sommes-nous des esclaves ou bien des fils ? Dieu est-il un maître ou un Père ? Ses commandements sont-ils seulement une loi, ou bien contiennent-ils une parole ? L’esprit de Jésus que nous avons reçu nous empêche d’accueillir la Loi de manière oppressive. Le christianisme opère ce passage de la lettre de la Loi à l’Esprit qui donne la vie.

Je salue cordialement les personnes de langue française, en particulier les pèlerins venus de Haïti, les jeunes venus du Chablais, en Suisse, et de Nouméa, en Nouvelle Calédonie, ainsi que les pèlerins de Saint Brieuc accompagnés par l’Evêque, Mgr Denis Moutel. Frères et sœurs, rappelons-nous que le monde a besoin du témoignage de chrétiens à l’esprit filial et non pas d’esclaves de la loi. Donnons ce témoignage par notre comportement dans toute notre vie.

Que Dieu vous bénisse !




11ième Dimanche du Temps Ordinaire – Claude WON FAH HIN

11e dimanche ordinaire- Année B – Marc 4 26–34

Le thème de l’Évangile d’aujourd’hui est le Royaume de Dieu. Quand on parle de Royaume, le même mot grecque « basileia » désigne deux choses : il peut désigner un espace géographique, un territoire dans lequel on peut entrer, on va l’appeler le Royaume de Dieu, et il peut aussi désigner l’exercice d’une autorité qui gouverne un royaume, d’un pouvoir qu’on peut dénommer comme « royauté » ou encore « règne de Dieu » que l’on doit accueillir. Le Royaume dont parle Marc dans ce texte d’Évangile c’est d’abord cet espace dans lequel on peut entrer. Entrer non pas après la mort, mais maintenant. Toute personne peut entrer dans ce Royaume aujourd’hui même tout en étant encore vivant sur terre. Le Royaume de Dieu, qui est à notre portée de main, de notre vivant, porte en lui-même un principe de développement, une force secrète qui l’amènera à son complet achèvement.

« 26 Il en est du Royaume de Dieu comme d’un homme qui aurait jeté un grain en terre : qu’il dorme et qu’il se lève, nuit et jour, la semence germe et pousse, il ne sait comment. 28 D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, puis plein de blé dans l’épi ». La croissance silencieuse et continue de la semence échappe à l’observation. Pourtant, le semeur sait que la graine germera et portera des fruits, c’est ce qui se passe pour de nombreuses plantes qui n’ont pas besoin de grands soins et qui demandent même très peu d’eau. Autrement dit, le semeur a une totale confiance en la croissance de la plante qui, « d’elle-même produit d’abord l’herbe, puis l’épi, puis plein de blé dans l’épi ». Il attend donc patiemment le précieux fruit de la terre … jusqu’à la fin de la saison agricole, juste avant la nouvelle récolte. Cette parabole nous enseigne l’existence d’une force, secrète et mystérieuse, qui, quoi qu’il arrive, permet la croissance de la graine jusqu’à porter des fruits. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, puis plein de blé dans l’épi. Il y a donc des étapes et il faut de la patience. Dieu, dans sa générosité, sème partout sa Parole. Mais pour donner des fruits, il est nécessaire que la semence de Dieu, sa parole, tombe dans la bonne terre qui est la seule qui soit capable d’incorporer la semence et porter du fruit » (Mc 4,20). Chacun de nous doit travailler à devenir une bonne terre afin que la Parole de Dieu puisse pénétrer en nous et porter des fruits le plus efficacement possible, car la Parole divine est efficace et souvent agit dès qu’elle est dite. : « Dieu dit…et il en fut ainsi », « Silence! Tais-toi et la tempête s’apaise » (Mc 4,39), « lève-toi et marche » et le paralytique marche (Mc 2,9).

« …quand le fruit s’y prête, aussitôt il y met la faucille, parce que la moisson est à point ». La moisson symbolise l’établissement définitif du règne de Dieu qui, pour un individu, arrive à son terme au moment de la mort. C’est ainsi que la moisson peut arriver plus tôt que prévu parce que le fruit s’y prête comme nous l’explique Sg 4,7-14 sur la mort prématurée du juste, toujours douloureux pour les parents : « 7 Le juste, même s’il meurt avant l’âge, trouvera le repos. 8 La vieillesse honorable n’est pas celle que donnent de longs jours, elle ne se mesure pas au nombre des années; 9 c’est cheveux blancs pour les hommes que l’intelligence, c’est un âge avancé qu’une vie sans tache ». Et effectivement, c’est toujours difficile aux parents d’un jeune, ou d’un bébé, de comprendre pourquoi il est mort si jeune. D’où parfois la colère de certains parents qui s’élèvent contre Dieu et même perdent la foi. Le livre de la Sagesse (4,10-15) nous dit : « 10 Devenu agréable à Dieu, il a été aimé, et, comme il vivait parmi des pécheurs, il a été transféré. 11 Il a été enlevé, de peur que la malice n’altère son jugement ou que la fourberie ne séduise son âme; 13 Devenu parfait en peu de temps, il a fourni une longue carrière. 14 Son âme était agréable au Seigneur, aussi est-elle sortie en hâte du milieu de la perversité. Les foules voient cela sans comprendre, et il ne leur vient pas à la pensée 15 que la grâce et la miséricorde sont pour ses élus et sa visite pour ses saints ». Si un jeune meurt, ce n’est pas parce Dieu veut punir ni lui, ni ses parents, car jamais Il ne nous punit, au contraire Dieu veut que personne ne se perde. Dieu, dans sa miséricorde, a fait grâce à ce jeune de le prendre maintenant dans son Royaume afin de lui éviter d’être un jour corrompu par le péché s’il devait rester dans ce monde terrestre. Toujours, Dieu veut nous ramener à Lui. On a beau faire toutes les bêtises du monde, tous les péchés possibles, Dieu, parce qu’il nous aime d’un amour incompréhensible, sera toujours prêt à nous les pardonner, Il nous attend, les bras ouverts, comme Il l’a fait pour le fils prodigue ; si nous avons apostasié, renié l’Eglise et ses dogmes, renié notre propre foi, Dieu viendra encore pour nous ramener à Lui comme Il l’a fait pour Osée qui lui avait été infidèle et au lieu de lui faire du mal à celle qui lui a été infidèle, Dieu va de nouveau séduire Osée avec beaucoup de tendresse et d’amour jusqu’à ce qu’elle revienne à Lui. Parce qu’Il nous traite délicatement, Dieu est obligé de régler le degré ou la quantité d’amour qu’il nous accorde selon ce que notre cœur est capable de recevoir, car s’il nous donnait tout son amour, nous mourrons immédiatement sous le poids de son amour. C’est ce que nous dit aussi sœur Faustine (Petit Journal – §§717) : « Tu ne supporterais pas l’immensité de Mon amour si ici, sur la terre, Je te le découvrais dans toute sa plénitude…Mon amour et ma Miséricorde ne connaissent pas de bornes ». Dieu est si proche de nous, et souvent en nous, que nous avons du mal à nous en apercevoir. Si vous écoutez les musulmans qui se sont convertis au christianisme, ils découvrent qu’ils peuvent discuter directement avec Dieu – ce qu’ils ne peuvent pas faire dans l’Islam – et immédiatement presque sentir sa présence autour d’eux, en eux, dans leur corps comme dans leur âme, ils découvrent que Dieu est vivant en nous, que sa Parole agit, qu’il nous demande de pardonner, d’aimer son ennemi, tout cela n’existe pas dans leur religion. Nous avons de la chance d’être catholiques mais nous sommes souvent aveugles et sourds, et nous devons apprendre à redécouvrir les merveilles de Dieu en nous.  Chaque jour, Dieu nous accorde d’innombrables grâces, des signes de son amour, que nous finissons souvent par mettre à la poubelle, parce que nous sommes ou bien des ignorants, ou bien plongés dans le monde, le monde du plaisir, le monde orgueilleux, le monde de l’argent, du pouvoir et des honneurs. Il nous faut nous désencombrer de tout cela pour devenir une bonne terre. Nous devons apprendre à utiliser ce que Dieu nous donne : nos yeux sont faits pour voir les merveilles et les beautés du monde, création de Dieu, et en même temps pour dénicher nos propres défauts afin de nous en débarrasser pour ne causer de tort à personne ; notre langue, nous devons l’ouvrir pour annoncer la Bonne Nouvelle, rendre les gens heureux, louer le Seigneur, prier en toutes circonstances et non pas pour diviser les groupes, dire des mensonges et des calomnies comme le fait l’Esprit du Mal ; notre volonté doit faire place à la volonté divine par l’obéissance aux commandements de Dieu, faire ce que Dieu veut: aimer Dieu et son prochain, et ainsi de suite. Si nous méditons un peu chaque jour sur nos sens, notre intelligence, notre volonté, notre savoir, notre corps, notre esprit, notre intelligence et bien d’autres, nous finirons par comprendre que tout cela nous est donné par Dieu pour être à son service à travers notre prochain. Nous sommes créés par Dieu et nous retournons à Dieu. Et entre les deux, du début à la fin, nous avons le devoir du chrétien, enfant de Dieu, de fixer notre être entier, corps, cœur, âme, esprit sur le Christ afin de vivre dans la paix, la joie sereine, le plus simplement du monde. Nous avons le pouvoir, parce que Dieu nous donne la liberté, de choisir Dieu, en notre être et dans nos actes.

Le semeur est aussi moissonneur. Autrement dit, Dieu est le Semeur. C’est Lui qui sème dans notre cœur la graine qui va nous faire entrer et grandir dans le Royaume. La graine semée en nous c’est la Parole de Dieu, et la Parole c’est le Fils envoyé par le Père, Il est le Verbe incarné, Parole de Dieu devenue chair. Il est aussi la Résurrection et la Vie (Jn 11,25).  Jn 6,63 : « Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie ». La Parole divine contient en elle-même la Vie et l’Esprit qui met en mouvement. Une Vie divine qui va travailler en nous à la fois comme un extracteur de mauvaises herbes et une force vitale qui nous mène à porter des fruits. Ez 11,19 -20 : « 19 Je leur donnerai un seul cœur et je mettrai en eux un esprit nouveau : j’extirperai de leur chair le cœur de pierre et je leur donnerai un cœur de chair. 20 afin qu’ils marchent selon mes lois, qu’ils observent mes coutumes et qu’ils les mettent en pratique. Alors ils seront mon peuple et moi je serai leur Dieu. ». L’expression « ils seront mon peuple et moi je serai leur Dieu » n’est rien d’autre qu’un pacte entre Dieu et nous, et qui nous est offert gratuitement de sa propre initiative parce que Dieu connaît nos faiblesses, et dorénavant, il sera lui-même notre guide. Dieu, qui est Parole Vivante en son Fils incarné, est cette force secrète et mystérieuse qui fait pousser la plante qui paraît grandir d’elle-même parce qu’on ne voit pas l’action mystérieuse de Dieu en nous. Que l’on dorme ou qu’on soit actif, nuit et jour, la parole de Dieu fait son travail. Is 55,10-11 : « 10 De même que la pluie et la neige descendent des cieux et n’y retournent pas sans avoir arrosé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer pour fournir la semence au semeur et le pain à manger, 11 ainsi en est-il de la parole qui sort de ma bouche, elle ne revient pas vers moi sans effet, sans avoir accompli ce que j’ai voulu et réalisé l’objet de sa mission ». Nous sommes déjà, maintenant, dans le Royaume de Dieu. Si nous acceptons cette situation, quoi qu’il arrive dans notre vie, la Parole de Dieu fera son chemin et nous fera grandir, et d’elle –même, elle nous procurera des fruits. Alors ce sera la récolte : Dieu fera la récolte après avoir semé son Esprit dans notre cœur, et nous serons dans son Royaume, car c’est là qu’il engrange sa récolte.

Cette parabole est aussi une consolation pour ceux qui prêchent la Bonne Parole « dans le désert », car si la Parole de Dieu semble couler parfois comme « de l’eau sur feuille songe » pour certaines personnes rebelles à Dieu, qui n’entendent pas ou ne veulent pas entendre sa Parole, volontairement sourdes, parce qu’elles ne désirent pas les mettre en pratique, parce qu’elles ne veulent pas se convertir et changer d’attitude ou de vie, la Parole semée, comme un boomerang, atteindra efficacement sa cible tôt ou tard. La Parole de Dieu est toujours efficace.

Le Royaume de Dieu est encore comme un grain de sénevé qui, lorsqu’on le sème sur la terre, est la plus petite de toutes les graines qui sont sur la terre. C’est une toute petite graine qu’on peut à peine voir lorsqu’on vous la dépose dans le creux de la main. Eh bien, le Royaume de Dieu est comparable à ce grain de moutarde. Au début, ce Royaume de Dieu sur terre est tout petit, il paraît très fragile. Mais cette situation ne doit pas nous tromper. Il faut être patient et confiant car il est promis à une réussite exceptionnelle vu l’ampleur de la croissance: le grain de sénevé devient la plus grande de toutes les plantes potagères. Ainsi, malgré les faiblesses de l’Eglise primitive au temps de Jésus, elle est plus active que jamais et s’étend de plus en plus dans le monde entier. Personne ne pourra rien pour contrer l’œuvre de Dieu. On pourra le freiner mais pas l’arrêter.

Avec Marie, louons le Seigneur et remercions-Le de nous inviter à vivre par Lui, avec Lui et en Lui.