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« Feu, cendres et braises » (Mercredi des Cendres, Fr Manuel RIVERO O.P.)

En ce Mercredi des cendres, jour de prière et de jeûne, nous commençons notre marche vers le Jour de Pâques où nous célébrerons dans l’allégresse la résurrection de Jésus.

Le Carême tourne le cœur des chrétiens vers Jésus. Temps de prière, de partage et de pénitence, le Carême rassemble la communauté chrétienne pour demander pardon à Dieu pour le péché. Chacun de nous a besoin d’être libéré et purifié.

Nous allons recevoir l’imposition des cendres avec l’exhortation : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ».

Si nous avons mis Jésus de côté, qu’il soit au cœur de notre vie.

Si nous avons délaissé la communauté paroissiale, que l’Esprit Saint nous conduise à l’assemblée de prière.

C’est maintenant le temps favorable, le jour de grâce, présence aimante de Dieu.

Quel est le symbole des cendres ? Les cendres évoquent l’éphémère de nos projets, les échecs et les fautes de nos vies, la finitude de notre existence, la mort.

Les cendres rappellent des rêves brisés, des déceptions, l’échec de nos travaux, les risques et les dangers de la nature et de la nature humaine marquée par le péché, puissance de mort.

Mais avant les cendres, il y a eu le feu : le feu de l’amour, la flamme du don de nous-mêmes dans la famille, l’amitié, la vie scolaire et professionnelle ; le feu de l’Esprit Saint reçu à la Pentecôte et dans les sacrements ; nos cœurs brûlants de la Parole de Dieu à l’image des disciples d’Emmaüs.

Le Mercredi des Cendres n’est pas un jour triste. Il nous apporte la bonne nouvelle de la victoire de l’amour du Christ Jésus dans nos cendres. Là où la souffrance, la maladie et l’échec ont abondé, la grâce vient surabonder.

Nous ne sommes pas condamnés au désespoir. C’est Jésus lui-même qui vient nous sauver.

Les braises sont cachées sous les cendres. En ce temps de Carême, l’Esprit Saint souffle sur les braises de notre vie : la foi, la prière, le partage et la solidarité, les démarches de repentir et de réconciliation.

Le vent de l’Esprit Saint vient enflammer les braises de notre histoire personnelle et communautaire.

S’il fait froid en ton âme, l’Esprit vient réchauffer ton amour pour Dieu et pour le prochain. Dans ta solitude, l’Esprit Saint reçu dans la prière te met en communion avec Dieu et avec les autres. Si tu penses ne plus avoir d’avenir heureux, l’Esprit Saint vient t’ouvrir un chemin de lumière.

« N’éteignez pas l’Esprit Saint » (I Th 5,19), nous demande avec insistance l’apôtre saint Paul. N’éteins pas la foi de ton baptême ! N’éteins pas ton désir de servir et d’accomplir une œuvre utile pour les autres ! N’éteins pas ta confiance dans l’Église qui t’a donné la grâce de la Parole de Dieu et des sacrements du Salut.

Sur le rivage du lac de Tibériade, Jésus ressuscité a apprêté un bon déjeuner de poisson pour ses disciples découragés. Sur des braises, symbole de l’amour vainqueur de la mort, Jésus a grillé des poissons pour nourrir le corps et l’esprit des apôtres, Pierre, Jean et les autres.

N’arrête pas ton regard aux cendres, pense aux braises de ta vie, à ce qui te donne envie de vivre, de prier, d’aider et d’aimer. Laisse le Souffle Saint enflammer tes pensées et tes actions. « Parce que tu es tiède, ni chaud ni froid, je vais te vomir de ma bouche » (Ap 3,16), déclare le Seigneur dans le livre de l’Apocalypse.

Après la pandémie, les fidèles sont appelés à retourner à l’église. Notre Dieu n’est pas solitaire ni replié sur lui-même, il est relation, dialogue, communion.

Si l’Église qui est à La Réunion connaît des cendres, elle a surtout des braises : les braises de la foi et de la générosité des gramouns, une belle culture de la prière, du respect et du dialogue interreligieux, une espérance très forte en la Providence de Dieu sur les malades, les personnes détenues et l’avenir des enfants.

Il importe d’appeler l’Esprit Saint pour que notre Église s’élève vers Dieu comme les braises réveillées par le vent.

La liturgie du Mercredi des cendres nous fait penser à la célébration juive du Grand Pardon, Yom Kippour, jour de jeûne et pénitence pour nos frères juifs.

Le Carême vient nous apporter le pardon de nos péchés par le Sang du Christ versé sur la croix.

Nous pouvons comparer le péché à un jouet cassé. Enfants, nous avons connu la joie de recevoir un jouet tout neuf qui nous faisait rêver et créer des relations et des situations. Quelle tristesse que de découvrir ce jouet cassé ! Le péché aussi a brisé la joie de notre cœur.

Si notre vie semble cassée et triste, Jésus vient la réparer, l’améliorer, l’embellir et la transfigurer.

Recois les cendres. Reçois l’Esprit Saint, le feu de l’amour de Dieu !

Il y a les cendres, il y a le feu avant les cendres, il y a l’Amour de Dieu après les cendres.




Mercredi des cendres – Homélie du Père Rodolphe EMARD (Mt 6, 1-6.16-18)

Ce mercredi des Cendres marque le temps d’un nouveau Carême.

Le Carême est souvent perçu comme un temps d’efforts, de bonnes résolutions que nous avons du mal à tenir. Aussi, quand arrive la Semaine sainte, nous avons le sentiment que le Carême a passé à toute vitesse et que, du coup, une fois de plus, nous n’avons pas tenu toutes les promesses que nous nous étions faites. Il y a comme un sentiment de frustration qui pourrait nous donner à croire que le Carême ne servirait à rien. Loin de là !

Cette impression « d’échec », « de ne pas y arriver » est le signe qu’il y a des choses à faire pour changer nos habitudes de faire le Carême. Certaines résolutions ou certains efforts sont peut-être à revoir. Il convient aussi de bien comprendre quel est le sens du Carême.

Nous réduisons trop le Carême qu’à de simples privations, aussi importantes qu’elles soient. Dans le Carême, il y a bien la dimension du jeûne, nous y reviendrons. Le Carême est important, ne le doutons pas ! Des grâces peuvent découler si nous nous donnons les moyens de le vivre vraiment.

Le Carême nous prépare à célébrer le mystère pascal du Christ, sa mort et sa Résurrection pour le Salut du monde. Le Carême est avant tout un temps de conversion, un moment favorable pour rencontrer Dieu :

  • Le prophète Joël : « Maintenant – oracle du Seigneur – revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! »

  • Saint Paul : « Frères, nous sommes les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. »

Le Carême est un temps de conversion qui nous invite à nous reconnaître pécheur, personne n’est parfait ! C’est un temps où nous sommes invités à considérer nos propres péchés avant de voir ceux de notre prochain : « Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché. Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense. » (Psaume 50).

Nous ne sommes pas toujours mieux que les autres… quels sont ces obstacles, ces péchés qui nous empêchent de revenir à Dieu, de tout notre cœur ? Nous voyons que le Carême engage chacun personnellement et il exige persévérance et un vrai acte d’abandon au Christ. Sans lui, nous ne pouvons rien faire.

Le rite des cendres est un rite pénitentiel qui nous rappelle que nous sommes des êtres fragiles, pécheurs et que nous avons besoin de nous convertir. Pour l’imposition des cendres, deux versets sont proposés :

  • « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1, 15).

  • « Souviens-toi que tu es poussière, et que tu retourneras en poussière » (cf. Gn 3, 19).

Le Carême est aussi un temps pour mieux nous centrer sur notre prochain, retisser les liens blessés, compliqués avec certains de nos frères et sœurs. Si le Carême est un chemin de conversion, il s’agit bien d’entreprendre le chemin du pardon et de la réconciliation. Le sacrement du pardon peut nous aider à entreprendre ce chemin. Des célébrations pénitentielles seront proposées dans les paroisses, allons-nous y participer ?

Le Carême est encore un temps pour nous recentrer sur nous-même, pour mieux entrevoir nos priorités, ce qui est finalement essentiel dans notre vie. Cela est nécessaire au cours de ce tourbillon de la vie, avec nos rythmes effrénés, nos différentes préoccupations, sans doute légitimes, mais quel temps prenons-nous vraiment pour Dieu et notre prochain ? Quel temps prenons-nous pour nous ressourcer spirituellement pour être mieux disponible pour Dieu et pour les autres ? Il nous faut apprendre à  distinguer les choses importantes et les choses prioritaires…

Voilà le sens du Carême. Et l’Évangile nous donne trois moyens pour le vivre :

  • Prier, se tourner vers Dieu. Ce n’est pas sans rappeler l’importance de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie dans ce pilier de la prière.

  • Jeûner, c’est-à-dire se priver de ce qui n’est pas essentiel pour mieux nous centrer sur Dieu et sur notre prochain.

Quels seront ces efforts, ces gestes, ces attentions que nous prendrons pour soigner nos relations humaines (familiales, professionnelles, associatives, dans nos quartiers…) ? N’oublions pas trop vite nos relations humaines des plus « houleuses » …

  • L’aumône (ou le partage) va de pair avec le jeûne. Vivre la charité pour mieux nous rapprocher de Dieu et de notre prochain. Le partage nous invite à redécouvrir le sens de la gratuité, du désintéressement, comme nous l’enseigne Jésus : « Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.»

Il ne s’agit pas de voir la récompense de l’homme, ce que nous pouvons avoir en retour… mais voir, considérer la récompense que Dieu nous donnera pour l’éternité : « ton Père qui voit dans le secret te le rendra. »

Que le Seigneur nous donne la grâce de pouvoir vivre ce nouveau Carême. Que chacun puisse le demander sincèrement au Seigneur. Je termine avec cet appel de saint Paul : « Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut. » C’est maintenant et pour quarante jours ! Bon et saint Carême à tous !




1° Dimanche de Carême – par Francis COUSIN (Mat 4, 1-11)

« Tentation au désert. »

Le désert, lieu de solitude, lieu de ressourcement, où on est seul face à soi-même … C’est le moment de réfléchir à sa vie … celle qui est passée … et celle qui va suivre …

Et arrivent inévitablement les questions existentielles … qu’ai-je fait de ma vie … qu’est-ce qui est important … qu’est-ce qui me fait vivre … Et apparaît la question de Dieu …

Une question qui devait tarauder Jésus depuis son récent baptême … avec l’Esprit qui descend sur lui … et surtout les cieux qui se déchirent et la voix du Très-Haut qui annonce à tous ceux qui sont là : « Celui-ci est mon Fils bien aimé, en qui je trouve ma joie. » (Mt 3,17).

Et l’Esprit conduit Jésus au désert … « pour être tenté par le diable. » …

On peut être surpris par cette affirmation volontariste « pour être tenté »,  comme si c’était le but … On aurait pu s’attendre à « Et là, il fût tenté par le diable. » ; ce qui semble plus réaliste, parce que dès que l’on se pose la question de Dieu, inévitablement le diable apparaît pour essayer de nous attirer à lui plutôt qu’à Dieu …

« Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. »

Je crois que la plupart d’entre nous n’aurait pas attendu quarante jours pour avoir faim !…

Mais l’essentiel est dans le nombre quarante : c’est le nombre de jours et de nuits que Moïse passât sur le mont Sinaï quand il reçut les dix paroles : « Moïse demeura sur le Sinaï avec le Seigneur quarante jours et quarante nuits ; il ne mangea pas de pain et ne but pas d’eau. Sur les tables de pierre, il écrivit les paroles de l’Alliance, les Dix Paroles. » (Ex 34,28).

Moïse n’a pas eu faim, et ne fût pas tenté par le diable … du moins, on ne nous le dit pas.

Cela permet de nous indiquer que Jésus est le nouveau Moïse, celui dont il faut entendre les Paroles comme étant des Paroles de Dieu.

Première tentation : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. ». Le diable parle de besoins terrestres, immédiats, vitaux.

On est au ras du sol : faire des pierres du désert des pains à manger. Avoir ce qui nous manque …

Réponse de Jésus : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (cf Dt 8,3). Jésus passe du pain matériel au pain spirituel : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim. (…) Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » (Jn 6,35-54).

Deuxième tentation : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » (cf Dt 6,16).

On est cette fois-ci au sommet du temple de Jérusalem, on est monté en altitude, au-dessus de la maison de Dieu de l’ancien testament … C’est un défi qui est lancé à Jésus, et à Dieu. C’est vrai que sauter du haut du temple et atterrir en douceur, à la vue de tout le monde, on se fait tout de suite remarquer, ça fait « classe », … c’est la tentation du paraître, du prestige … du tape à l’œil … C’est la volonté de réduire la religion à du merveilleux, qu’on admire peut-être, mais qui n’a rien à voir avec Dieu, avec son amour pour les hommes, sa proximité …

Réponse de Jésus : « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. ».

Troisième tentation : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. ».

On est monté encore plus haut, au sommet d’une montagne permettant de voir toute la terre. Le diable veut atteindre Dieu dans son œuvre de création … et le mettre à néant. C’est le sommet de la volonté de pouvoir, se croire supérieur à Dieu …

Réponse de Jésus : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. » (cf Dt 6,13).

« Alors le diable le quitte. »

Ces trois tentations que Jésus a subies sont un peu les archétypes de toutes les tentations, dans leur gradualité.

La première, c’est la tentation de l’avoir, … de plus en plus … et alors apparaît la deuxième tentation, celle du paraître, … de plus en plus … qui amène à la tentation du pouvoir, … de plus en plus … et on arrive à l’injustice et toutes ses dérives …

Toutes ces tentations étant alimentées par l’égoïsme … entre autres …

Ce n’est pas ce que nous voulons, en tant que chrétiens …

« À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13,35).

Seigneur Jésus,

tu t’es fait homme, et comme nous aussi,

tu as été tenté par le diable.

Mais toi, tu as pu lui clouer le bec facilement.

Aide-nous à résister à ses assauts,

et à ne pas entrer en tentation.

 

Francis Cousin    

   

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Image dim Carême A 1°




1° Dimanche de Carême – par Claude WON FAH HIN (St Mt 4, 1-11)

Commentaire du  Dimanche 26 Février 2023

 

Genèse 2.7–9; 3.1–7 ; Romains 5.12–19 ; Matthieu 4.1–11

Les textes d’aujourd’hui nous parlent de grâces divines, de tentation, de péché et de leurs conséquences. La Genèse nous dit que Dieu a créé Adam et Eve. Il a créé Adam en état de sainteté avant qu’il ne pèche. Pour avoir une idée de l’importance des actes d’Adam avant son péché, voici ce que nous dit Luisa Piccarreta qui a écrit 36 volumes de son œuvre, un dialogue avec Jésus, intitulé « le Livre du Ciel », dont le contenu a été vérifié en 1997 par deux théologiens hautement qualifiés et intégralement approuvé en 2010. Dès Janvier 1996, le cardinal Joseph Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, devenu Pape Benoit XVI en 2005, signe le document du Vatican permettant l’ouverture de la Cause de Béatification de Luisa Piccarreta. Tout cela, pour vous donner une idée du sérieux de ses écrits. Avant son péché, Dieu a donc donné à Adam ce qu’il voulait donner à chaque créature humaine : le don de la « Divine Volonté ». Jésus dit à Luisa :  « Notre Volonté s’est mise à sa disposition (à la disposition d’Adam) pour lui donner toute l’aide dont il aurait besoin. Nous lui avons communiqué notre Volonté comme vie première et acte premier de toutes ses œuvres. Afin de grandir en grâce et en beauté, il avait besoin d’une Volonté Suprême qui allait non seulement coopérer avec sa volonté humaine, mais suppléer aux œuvres de toutes les âmes…Adam possédait une sainteté telle, lorsqu’il fut créé par Dieu, que ses actes, même les plus petits, avaient une valeur telle qu’aucun saint, ni avant ni après ma venue sur la terre, ne peut se comparer à sa sainteté. Et tous les actes de tous les saints n’ont pas la valeur d’un seul acte d’Adam, car il possédait, dans ma Divine Volonté, la plénitude de la sainteté, la totalité de tous les biens divins. Si Adam avait un tel don avant son péché, imaginez les dons que Marie peut avoir. Saint Louis-Marie Grignion de Monfort nous dit que Jésus a donné à Marie, par grâce, tous les mêmes droits et privilèges qu’il possède en nature. – Le texte de la Genèse nous montre combien le serpent est menteur, et il essaiera de tromper Le Christ comme il a trompé Adam et Eve. Le serpent vient discuter avec Eve. Il lui dit : « Alors, Dieu a dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin? ».

La première erreur d’Eve est de répondre à l’Esprit du Mal. On ne discute pas avec le démon. Lorsque dans un foyer, éclate une dispute, il y a toujours un qui commence en premier à dire du mal de l’autre. L’idéal est de ne pas répondre parce que celui qui dit du mal, son esprit n’est pas celui de Dieu mais de l’Esprit du Mal. On ne discute pas avec le démon qui dit toutes sortes de mots mortifères, contraires à la Vie et capables de provoquer la mort. La mort est le but premier de l’Esprit du mal, mort provoquée par le péché. Et pour nous amener au péché, le mensonge est l’arme absolu du l’Esprit du Mal. Et voilà qu’Eve lui répond : « Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin. 3 Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sous peine de mort ». Réponse du serpent qui continue de mentir : « Pas du tout, vous ne mourrez pas…vous serez comme des dieux ». Et Eve se met à écouter et en quelque sorte à obéir au serpent. Elle va commettre son péché : désobéir à Dieu. Le but du serpent est d’amener Eve au péché, celui de la désobéissance à Dieu. Tout péché est une désobéissance à Dieu. Et faisons attention à notre propre imagination qui agit comme la télévision dans notre tête avec toutes sortes de films : violence, révolte, mensonge, cupidité, sexualité, désunion, le chacun pour soi, dureté de cœur, écrasement des autres etc…Adam et Eve devaient nous transmettre cette plénitude de la sainteté, mais c’est finalement le péché que l’humanité va hériter. La Divine Volonté dont nous parle Luisa Piccarreta n’est rien d’autre que l’obéissance à Dieu toujours et partout, qui permet d’accomplir en permanence la volonté de Dieu parce que nous dit Luisa Piccarreta « La Divine Volonté, c’est Dieu qui vit dans l’humain non seulement de façon spirituelle, mais charnelle » comme nous le dit Saint-Paul : « Ce n’est plus moi qui vis mais le Christ qui vit en moi ».

Le don de la Divine Volonté, Marie l’a aussi puisqu’elle a les mêmes dons que son Fils par grâce de Dieu alors que le Fils les a par nature. Et nous voyons les capacités de Marie dans nos vies et ses actions dans le monde entier. Paul l’explique bien quand il dit : « il n’en va pas du don comme de la faute. Si, par la faute d’un seul (Adam), la multitude est morte (l’humanité connait la mort par le péché), combien plus la grâce de Dieu et le don conféré par la grâce d’un seul homme, Jésus Christ, se sont-ils répandus à profusion sur la multitude ». Il suffit de lire la vie des saints pour comprendre l’importance de la grâce que Dieu leur a offerte. « Et il n’en va pas du don comme des conséquences du péché d’un seul : le jugement venant après un seul péché aboutit à une condamnation », autrement dit, un seul péché peut ruiner toutes nos bonnes œuvres, un peu comme Judas qui a perdu sa vie pour avoir trahi Jésus-Christ, et ainsi donc, un seul péché peur suffire à notre condamnation et à l’inverse, un seul pardon de Dieu suffit pour effacer tous nos péchés et nous conduire au Royaume de Dieu : « l’œuvre de grâce à la suite d’un grand nombre de fautes aboutit à une justification », c’est ce que nous dit aussi Sœur Faustine quand elle dit : «§1697. J’accompagne souvent les âmes agonisantes et je leur obtiens la confiance en la miséricorde divine, …. La miséricorde divine atteint parfois le pécheur au dernier moment, d’une manière étrange et mystérieuse. A l’extérieur c’est comme si tout était perdu, mais il n’en est pas ainsi ; l’âme éclairée par un puissant rayon de la grâce suprême, se tourne vers Dieu avec une telle puissance d’amour, qu’en un instant elle reçoit de Dieu le pardon et de ses fautes et de leurs punitions, et à l’extérieur elle ne nous donne aucun signe de repentir ou de contrition, car elle ne réagit plus aux choses extérieures. …Mais il y a aussi des âmes, qui volontairement et consciemment rejettent cette grâce et la dédaignent. Bien que cela soit déjà l’agonie, Dieu miséricordieux donne à l’âme ce moment de clarté intérieure, et si l’âme le veut (il faut donc choisir volontairement de suivre Dieu, pas de faux dieux ou des idoles), elle a la possibilité de revenir à Dieu. Mais parfois, il y a chez les âmes un tel endurcissement, qu’elles choisissent consciemment l’enfer (ou les faux dieux) ; elles font échouer toutes les prières que d’autres dirigent vers Dieu à leur intention, et même les efforts de Dieu… « Ceux qui reçoivent avec profusion la grâce et le don de la justice (pour qu’ils soient purifiés, alignés, ajustés sur Dieu en permanence) régneront dans la vie par le seul Jésus Christ ».

C’est pourquoi, Jésus Christ doit être au centre de notre vie de tous les jours. Et il nous donne l’exemple pour ne pas être complice de l’Esprit du Mal lors des tentations. Une tentation n’est pas un péché, mais elle risque de nous mener au péché. Elle vient de manière subtile dans notre vie et toujours sous forme de bonnes choses, comme lorsque l’on met du miel pour attraper les mouches. Jésus est emmené au désert par l’Esprit Saint pour être tenté par le diable. Autrement dit, la tentation peut être une bonne chose puisque voulu par Dieu le Saint-Esprit. C’est une épreuve pour chacun de nous, appelé à rester fidèle au Christ, comme le Christ est resté fidèle à son Père, en luttant contre le démon qui nous tente en permanence.

Première tentation venant juste après que Jésus ait jeûné pendant quarante jours et qu’il eut faim: « le tentateur lui dit : Si tu es Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains ». En disant « si tu es Fils de Dieu », alors qu’il sait parfaitement bien qu’Il est Dieu, le tentateur veut amener Jésus à douter de sa condition divine, et l’amener à fournir une preuve qu’il est bien Fils de Dieu. Et Jésus ne lui donnera aucune preuve qu’Il est bien le Fils de Dieu, car s’il le faisait, cela signifiera que Jésus aura fait ce que le tentateur lui a demandé, qu’il lui a en quelque sorte « obéi » en voulant lui donner cette preuve, et donc qu’Il aura obéi au démon. On n’obéit pas au démon sinon c’est le péché assuré. Et Jésus lui répond en citant une parole de la Bible : « Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Et en même temps, c’est une invitation qui nous est faite : nous nourrir de la parole de Dieu, c’est-à-dire du Christ lui-même. Ne laissons pas nos bibles se couvrir de poussière: Parole de Dieu, parole de vie dont nous avons besoin pour vivre de la vie de Dieu. Et prenez au sérieux la Parole de Dieu : quand Il dit qu’il n’y a qu’un seul Dieu, c’est qu’Il n’y en a qu’un seul et il n’y a pas d’autres dieux à aller voir ailleurs. Dieu a condamné ceux qui, dans l’Ancien Testament, sont allés adorer d’autres dieux ( avec un petit « d »), dieux qui n’existent pas, et c’est de l’idolâtrie. Le pain c’est de la matière pour le corps, mais nous avons surtout besoin de la parole de Dieu pour notre âme, et Dieu, s’il le veut, comme il l’a déjà fait pour plusieurs saints ou saintes, peut nous enlever ce besoin de nous nourrir le corps: Marthe Robin a vécu cinquante-trois ans (1928-1981) sans manger sauf une hostie par jour ; à 17 ans (1882), Luisa Piccarreta a commencé à ne plus être capable de garder sa nourriture et elle a été obligée de garder le lit ; Thérèse Neumann, une stigmatisée aussi, cesse de manger en 1922 à l’âge de 24 ans, et en 1926, elle ne pouvait plus boire également. Jusqu’à la fin de sa vie, c’est-à-dire pendant trente-cinq ans, elle n’absorba aucune nourriture, ni solide, ni liquide mais comme les autres stigmatisées, elle ne vivait que par le Christ. Jésus-Christ est bien plus important que de boire et manger. Il est Vie et nous donne la vie. – A la deuxième tentation du Christ, le tentateur lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges (de te garder en toutes tes voies), et sur leurs mains ils te porteront, de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre ». Là aussi, le démon qui connait bien la Bible cite le Ps 91,11-12, tout en falsifiant un peu le verset 11 en omettant l’expression « 11 il a pour toi donné ordre à ses anges de te garder en toutes tes voies  ». Ce psaume est un psaume de confiance, de protection divine accordée au juste: si le juste connaît l’épreuve, Dieu l’en délivrera. C’est la parole de Dieu que l’on n’a pas à mettre en doute. Or le diable demande à Jésus de se jeter en bas, juste pour vérifier si Dieu va tenir ses engagements. En fait c’est un piège tendu à Jésus: Si Jésus se jette en bas, non seulement, il obéit à Satan, mais encore il met en doute la parole même de Dieu puisqu’il va essayer de voir si la parole de Dieu va être vraiment appliquée à cette situation, ce sera un moyen de vérifier la parole de Dieu, et donc on ne fait pas confiance en Dieu. Cette seconde tentation est la plus grave de toutes les tentations car il s’agit d’une perversion de notre relation à Dieu, d’une dégradation, d’un dérèglement de notre relation à Dieu. Cela s’appelle « tenter Dieu », c’est une manière de vérifier s’Il va réellement mettre en pratique ce qu’il a promis, vérifier si Dieu nous aime réellement, et c’est un manque de confiance en Dieu. De même, quand le catholique dit « je crois en un seul Dieu » du symbole de Nicée-Constantinople et qu’ensuite il va voir d’autres soi-disant « dieux » ailleurs, il y a manifestement un manque de foi en ce Dieu unique que Jésus-Christ nous a fait connaître. Ne pas croire en une seule parole de Jésus, c’est ne rien croire en la parole de Dieu tout court. On ne peut pas dire qu’on ne croit qu’à certaines paroles du Christ, ce n’est pas possible. Réponse du Christ : « Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu » – Dans la troisième tentation, le diable dit à Jésus : « je te donnerai tous les royaumes du monde si tu te prosternes à mes pieds ». C’est ainsi que Lucifer a péché : en voulant prendre la place de Dieu. Il voudrait que Jésus se prosterne devant lui, se prenant ainsi pour un « dieu », mais il n’est pas Dieu. Et ceux qui lui obéissent, les dirigeants du monde, les malfaiteurs, les violents, les ennemis de la paix vont finir par massacrer le monde puisque Satan amène toujours à la mort, à la division, alors que le Christ, Lui, ne donne que la Vie parce qu’il est Amour. Le diable veut qu’on désobéisse au Dieu unique et qu’on l’adore, lui, le diable, voulant ainsi amener le Christ au péché : d’abord, le premier commandement est « Tu adoreras Dieu seul et tu l’aimeras plus que tout », et le diable demande qu’on se prosterne devant lui ; ensuite, c’est Dieu qui donne tout à son Fils, pas le diable qui ne fait que mentir. Lc 10,22 : Tout m’a été remis par mon Père, …Ps 2,8 : Demande, et je te donne les nations pour héritage, pour domaine les extrémités de la terre. Le diable n’a aucun pouvoir, il n’a rien sinon que le mensonge, c’est Dieu qui a tous les pouvoirs du monde. Rappelons ce que Jésus disait à Luisa Piccarreta sur la sainteté d’Adam avant qu’il ne pèche : « Adam possédait une sainteté telle, lorsqu’il fut créé par Dieu, que ses actes, même les plus petits, avaient une valeur telle qu’aucun saint, ni avant ni après ma venue sur la terre, ne peut se comparer à sa sainteté. Et tous les actes de tous les saints n’ont pas la valeur d’un seul acte d’Adam, car il possédait, dans ma Divine Volonté, la plénitude de la sainteté, la totalité de tous les biens divins ». Remercions le Seigneur de donner à Marie d’être l’« Immaculée Conception », la plus grande sainte du monde et de tous les temps.




1er Dimanche de Carême – par le Diacre Jacques FOURNIER (Lc 4, 1-13)

Accepter de tout recevoir d’un Autre (Lc 4,1-13)…

En ce temps-là, après son baptême, Jésus, rempli d’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert
où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.
Le diable lui dit alors : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. »
Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain. »
Alors le diable l’emmena plus haut et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre.
Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux.
Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. »
Jésus lui répondit : « Il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte. »
Puis le diable le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ;
car il est écrit : Il donnera pour toi, à ses anges, l’ordre de te garder ;
et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
Jésus lui fit cette réponse : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »
Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé.

 

 

             « Dieu Est Esprit »  et « c’est l’Esprit qui vivifie », « qui donne la vie » (Jn 4,24 ; 6,63 ; 2Co 3,6 ; Rm 8,2 ; Ga 5,25). « Né du Père avant tous les siècles », le Fils est éternellement « engendré » à la Vie par le Don que le Père ne cesse de faire de Lui-même, le Don de l’Esprit qui vivifie… « Tourné vers le sein du Père » (Jn 1,18), le Fils est donc de toute éternité « rempli d’Esprit Saint » (Lc 4,1) par le Père, un Esprit qui « l’engendre » en Fils et le fait vivre… « Comme le Père a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d’avoir la vie en lui-même… Je vis par le Père » (Jn 5,26 ; 6,57). Et cette Vie, la Vie de Dieu, est Plénitude, surabondance (Jn 10,10 ; 7,37-39)…

            Après avoir jeûné quarante jours, Jésus a faim… « Le diable lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, dis à cette pierre qu’elle devienne du pain. » Nous l’avons vu, être Fils du Père, c’est tout recevoir du Père. Devenu vrai homme, Jésus va vivre ce principe à l’extrême, en témoin unique de l’Amour du Père. « Le Fils de l’homme n’a pas où reposer la tête » (Lc 9,58). Et lorsqu’il invitera à faire confiance à la Providence du Père, il le fera en témoin, car c’est ce qu’il vit lui-même : « Ne cherchez pas ce que vous mangerez, ne vous tourmentez pas. Votre Père sait que vous en avez besoin. Cherchez son Royaume, et cela vous sera donné par surcroît » (Lc 12,22-32). Telle est la dynamique que le diable cherche à détruire : non pas celle de l’amour qui attend tout d’un autre, mais celle de l’orgueil qui n’a besoin de personne et qui fait tout par lui-même et pour lui‑même. Réponse immédiate de Jésus : « Ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre ». Il le sait, lui qui reçoit sa vie du Père depuis toujours et pour toujours…

Puis le diable « lui fit voir tous les royaumes de la terre : « Je te donnerai tout ce pouvoir, si tu te prosternes devant moi. » Mais il se trompe. Dans sa soif de dominer, il raisonne en terme de « pouvoir ». Or « Dieu Est Amour » (1Jn 4,8.16), éternelle recherche du Bien de l’Autre, Don à l’Autre pour son Bien, tout au Service de l’Autre pour l’Autre… Lui obéir, c’est rester tourné de cœur vers Celui, qui de son côté, ne cesse de vouloir le meilleur pour celui, celle qu’il aime… Et « tout ce que Dieu veut, il le fait » (Ps 115,3). Telle est la certitude de Jésus vis-à-vis de son Père… Il restera donc « tourné vers le Père », « dans son amour » (Jn 15,10), se laissant aimer, combler et aimant à son tour dans le Don total de Soi pour l’Autre, pour tous les autres, pour chacun d’entre nous…             DJF




Mercredi des Cendres – par Francis COUSIN (Mat 6, 1-6.16-18)

« Ton Père qui voit dans le secret te le rendra. »

L’évangile de ce jour présente trois attitudes de la vie chrétienne qui nous semblent plus importantes de mettre en œuvre pendant le carême, … mais pas seulement pendant ce temps particulier …

– l’aumône, ou la partage avec les autres …

– La prière

– le jeûne, ou la pénitence

Ce qu’on a l’habitude d’appeler les trois P du carême …

Et pour chacune de ces attitudes, Jésus termine en disant : « Ton Père qui voit dans le secret te le rendra. »

Cela voudrait-il dire que la vie chrétienne doive être un secret entre Dieu et chacun de nous ? Que personne ne devrait savoir, ou essayer de savoir ce que chacun fait pour ces trois attitudes ?

Oui … et non ! …

Tout dépend de notre attitude vis-à-vis des autres …

Si nous le faisons pour nous-même, et même pour le partage avec les autres, l’aumône, il n’y a aucune raison que cela se sache, cela doit rester secret entre nous et Dieu.

Vous allez dire : « Oui, mais pour l’aumône, celui qui reçoit le sait, ce n’est plus secret ! ».

S’il s’agit d’une pièce que l’on donne à quelqu’un que l’on risque fort de ne jamais revoir, cela ne pose pas de problème. On ne le connaît pas, et lui ne nous connaît pas. Cela reste secret.

Pour les autres dons, plus importants, il suffit de donner à une association, comme le Secours Catholique, Saint Vincent de Paul, ou autres … Le don ou l’argent est connu de l’association (qui est tenue à un devoir de réserve), mais pas de celui qui en bénéficie … Il n’y a aucun lien entre le donneur et le bénéficiaire.

Par contre, il peut arriver que nous fassions de la publicité pour telle ou telle association, en disant : « Tu peux y aller, c’est sérieux, l’argent est bien utilisé … J’en ai l’assurance … ». Et on peut faire la même chose pour la prière ou le jeûne (qui n’est pas seulement alimentaire … On peut jeûner d’internet, de réseaux sociaux, d’alcool, de cigarette etc …). On est alors dans un rôle d’incitation à faire … un rôle d’exemple à suivre … Tant qu’on ne se met pas en valeur, … c’est correct.

Reprenons la parabole du pharisien et du publicain, que tout le monde connaît et où on retrouve les trois mêmes attitudes. Que dit la pharisien dans sa prière : « Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne. » (Lc 18,11-12).

Il prie (soi-disant), en fait il se vante, se croyant supérieur aux autres. Il jeûne deux fois la semaine alors qu’une seule est recommandée. Il donne en aumône la dîme de tout ce qu’il gagne.

Il se croit parfait ! … Alors qu’en fait, il n’en est rien … Il n’est pas écouté par Dieu … alors que le publicain est reconnu juste par Dieu.

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus s’adresse à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. »

Humilité … Toujours l’humilité !

« Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » (Mc 9.35)

Seigneur Jésus,

apprend-nous à devenir humble de cœur,

à ne pas nous mettre en avant,

à ne pas faire le fanfaron,

mais à rester toujours derrière toi,

sur le chemin que tu choisiras pour nous.

 

Francis Cousin    

   

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Image dim Cendres A




Retraite de Carême 2023 sur jevismafoi.com

Pendant le temps du Carême, qui commence ce mercredi 22 février et jusqu’au Dimanche de la Miséricorde, le premier Dimanche après Pâques, le 16 avril, l’équipe du SEDIFOP vous propose une retraite sur jevismafoi.com. Chaque jour, si vous le désirez, vous recevrez par mail une petite méditation, sous forme écrite et audioLe thème de cette année est en harmonie avec celui de notre diocèse : « Porter sa croix pour trouver l’amour et la joie ».

Si l’aventure vous dit, il suffit d’aller sur jevismafoi.com. Vous verrez apparaître une petite enveloppe sur laquelle vous serez invités à écrire votre adresse mail. Et vous recevrez ainsi tous les matins la méditation du jour sous forme écrite et audio… Votre adresse mail, bien sûr, ne sortira pas de nos fichiers…

Chaque intervenant pourra nous partager ce qui lui tient à coeur… Nos différences, notre diversité ne peut qu’être source de richesse et de beauté… comme nous le chantons dans la liturgie… Bon et joyeux carême à vous…

Il vient en chantant, le peuple des sauvés;
immense fresque de joie, amour aux cent visages
qui forment ensemble, dans la lumière,
la seule icône de gloire: Jésus Christ !

R – Louange à toi, Seigneur de tous les vivants !

Tu as partagé leur épreuve,
dans la puissance de ta résurrection, ils chantent :

R – Louange à toi, Seigneur de tous les vivants !

Tu les as purifiés par ton sang répandu,
ils sont enfants du Père et te rendent grâce :

R – Louange à toi, Seigneur de tous les vivants !

Tu les as nourris du pain de la vie,
vainqueurs de la mort, ils t’acclament :

R – Louange à toi, Seigneur de tous les vivants !

 

Abbaye Notre Dame de Tamié, en Savoie

Si vous désirez voir l’affiche « en grand », il suffit de cliquer sur elle…

 




7ième Dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Rodolphe EMARD (Mt 5, 38-48)

Frères et sœurs, dans les lectures de ce septième dimanche, nous voyons qu’un appel nous est clairement fait, l’appel à la sainteté :

  • Dans la première lecture, du livre des Lévites : « Soyez saints,
    car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. »
    L’appel à la sainteté se fait déjà entendre dans l’Ancien Testament, dans la première alliance que Dieu a fait avec son peuple.

  • Dans l’Évangile, Jésus en ajoute une couche : « Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

  • Saint Paul, dans la deuxième lecture (première lettre aux Corinthiens), précise que « le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous. »

L’appel à la sainteté est bien limpide ce dimanche. Le concile Vatican II a rappelé que « nous sommes tous appelés à la sainteté ».

Dieu est saint et la sainteté à laquelle il nous appelle peut parfois nous dérouter. Pour devenir saint, il faut aimer son prochain. Jésus nous demande en plus d’aimer nos ennemis, ceux qui ne nous aiment pas, voire nous haïssent.

Il ne s’agit pas que d’aimer les personnes qui nous paraissent antipathiques mais également celles qui nous ont fait ou nous font du mal : « priez pour ceux qui vous persécutent ».

Nous sommes face à la radicalité de l’enseignement de Jésus. Quelle difficulté de vivre ce que Jésus nous demande ! il y a des offenses qui restent acerbes… il peut demeurer en nous comme un sentiment d’injustice qui nous a été infligé par untel… nos tribunaux ne désemplissent pas tant des ennemis, des persécuteurs existent…

Mais alors, comment atteindre la perfection qui nous est demandée ? Si nous nous focalisons à nouveau sur les textes, nous avons des pistes.

  • L’appel que Dieu nous adresse n’est pas optionnel ! C’est la clé même pour entrer dans l’éternité de Dieu. Dieu est saint, c’est pourquoi il est amour, miséricorde et pardon.

Le psaume 102 : « Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour ; il n’agit pas envers nous selon nos fautes, ne nous rend pas selon nos offenses. » La justice de Dieu n’est pas celle des hommes ! C’est pourquoi Jésus nous invite à dépasser la loi du talion : « Œil pour œil, et dent pour dent. » Dépasser cette règle de rendre l’équivalent du mal que l’on a reçu.

C’est ce que Dieu nous demande car il ne fait pas distinction entre ses enfants, malgré le péché commis : « il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. » Il nous faut consentir à cet appel à être saint !

  • Dans la première lecture, il nous est demandé de ne pas haïr son frère, dans son cœur, de faire preuve de correction fraternelle et de renoncer à la vengeance sous quelque forme que ce soit.

Ne prenons pas le chemin de la haine ou celui de la vengeance ! Ces chemins mènent à la mort et à la destruction de soi et de l’autre. Fuyons ces chemins même si la tentation est forte !

Il s’agit d’aimer son prochain comme soi-même. Cela exige la nécessité de s’aimer soi-même pour aimer l’autre… Nous aimons à la mesure de l’amour que nous portons pour Dieu et pour nous-même…

  • Dans l’Évangile, Jésus revendique l’amour inconditionnel du prochain y compris des ennemis. Il y a ici un paradoxe : il n’est pas possible d’aimer un ennemi car à partir du moment qu’on a décidé de l’aimer il n’est finalement plus un ennemi mais un frère…

Ce point nous rappelle qu’en Dieu il n’y a pas d’ennemi mais la fraternité dans le Christ : « vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu » souligne saint Paul.

Lorsque Jésus dit : « Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. » Jésus nous invite par-là à proposer un geste de paix. Il s’agit d’une image symbolique.

La liturgie de la Parole de ce dimanche est rude mais c’est le seul chemin qui mène à la vraie liberté des enfants de Dieu. Demandons au Seigneur de nous venir en aide pour aimer nos ennemis.

Jésus nous invite à prier pour ceux qui nous persécutent… Le psalmiste nous invite à bénir Dieu, à dire du bien de Dieu parce qu’il est saint et parce qu’il est source de toute sainteté.

Prier pour nos ennemis n’est pas une chose aisée mais c’est en demeurant dans l’intimité du Christ, dans la prière, que nous saurons aimer nos ennemis, pas à pas, dans la persévérance.

Le Christ a pratiqué l’amour des ennemis, c’est ainsi qu’il a vaincu la mort et apporté la Résurrection. Avec lui le chemin est possible aussi difficile qu’il soit !

Confions au Seigneur ceux qui nous persécutent, dans le silence de nos cœurs…

                                                                    P. Rodolphe Emard




7ième Dimanche du Temps Ordinaire – par Francis COUSIN (Mat 5, 38-48)

   « Aimez vos ennemis ! »

Parole paradoxale.

Parce qu’un ennemi, c’est quelqu’un qu’on n’aime pas … ou quelqu’un qui ne nous aime pas … et même parfois les deux en même temps, surtout si la mésentente entre les parties dure depuis longtemps …

Aimer ceux qu’on n’aime pas, ou qui ne nous aiment pas …

A priori, équation insoluble … à notre perception humaine

Notons que Jésus ne nous dit pas : « N’ayez pas d’ennemis. ». Il connait notre condition humaine, puisqu’il est homme et en même temps Dieu

Et lui, qui est tout amour, à l’image de son Père, n’a fait que donner de l’amour lors de sa vie terrestre … et cela ne l’a pas empêché d’avoir des ennemis, à tel point que cela l’a amené à mourir sur la croix …

Mais cette mort sur la croix, il l’a subie, ou plutôt acceptée par amour pour les hommes, pour tous les hommes, y compris ceux qui l’ont poussé à la mort …

« Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux. » (Mt 26,39).

« Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. » (Ph 2,5-8).

« Aimez vos ennemis ! »

Pour ceux qui sont devenus nos ennemis à cause de nos convictions, de nos engagements, dans quelque domaine que ce soit, religieux, politique, social, … ou plutôt devrait-on dire « ceux dont nous sommes devenus des ennemis », des ennemis « passifs », parce que nos convictions nous obligent à ne pas aller dans leur sens, c’est encore relativement facile de les aimer, à condition de ne pas faire attention à certaines remarques désagréables … et de demander l’aide de Dieu pour le faire …

Mais il y a aussi ceux qu’on pourrait appeler les ennemis « actifs » parce que c’est de notre fait que nous soyons devenus ennemis … pour diverses raisons … qui tiennent souvent de l’égoïsme, de la jalousie, de la rancœur … ceux qu’on ne veut pas voir, dont on ne veut pas entendre parler … à cause d’une action passée où on s’est senti trahi, humilié, désavantagé, roulé … et où nous estimons être dans notre bon droit … souvent à juste titre …

Pour ceux-là, c’est très difficile de les aimer …

C’est pourtant ce que Jésus nous demande !

Et cela demande beaucoup d’humilité … que souvent l’on refuse, par crainte de passer pour un moins que rien, pour rester poli.

Alors reprenons l’évangile : « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? »

Devenir les fils de votre Père des cieux … ce que nous sommes devenus à notre baptême … en théorie … mais là, Jésus nous demande de le mettre en pratique : être vraiment

On retrouve ce qu’on entend depuis quelques semaines : Devenez semblables à Jésus … ou à Dieu …

« Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

Cela peut paraître un peu présomptueux … même beaucoup … Seul Dieu est parfait … et certainement pas nous, pauvres humains …

Alors prenons l’équivalent chez saint Luc … c’est aussi difficile … mais c’est plus audible … et on peut s’en approcher …

« Soyez donc miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Luc 6,36)

À cause de mes infidélités,

en raison de la tiédeur de ma foi

et du peu de zèle dont je fais preuve

dans l’exercice de mon baptême,

 je pourrais facilement, Seigneur,

être classé au nombre de tes ennemis.

Mais je te demande de m’aimer malgré tout,

de m’aimer malgré mes faiblesses,

mes manques de foi, mes trahisons.

Et ce que je demande pour moi-même,

comment pourrais-je le refuser aux autres ?

Au nom de quoi ?

Je veux apprendre à aimer comme toi,

Ô Christ.

Gratuitement.

(Christian Delorme)

 

Francis Cousin    

   

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Prière dim ord A 7°




7ième Dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN (Mt 5, 38-48)

Aller plus loin que la loi

Mt 5, 38-48

            En parcourant les lectures de ce dimanche, un souvenir me revient à la mémoire. C’était dans les Alpes, devant le refuge du « Glacier Blanc ». Des hommes, des femmes de tous âges étaient là, marquant la halte, restaurant leurs forces avant d’entreprendre, pour la plupart, une seconde étape qui va les conduire jusqu’au ‘’refuge des Ecrins’’.

– Ils contemplent ce spectacle grandiose d’un immense glacier bordé par deux crêtes de montagne se rejoignant à « la Barre des Ecrins ». A côté du refuge, il y a un énorme rocher de cinq ou six mètres de hauteur. Debout sur ce rocher, un adulte regardait en contre-bas du rocher : là, un tout jeune enfant, cinq-six ans, peut-être, ce devait son fils, s’agrippait et peu à peu, montait. Plaçant ses petites mains là où lui indiquait son père, centimètre après centimètre, il s’élevait et là-haut, son père le regardait, l’encourageait, le guidait et l’attendait.

Spectacle émouvant que de voir cet enfant s’accrocher à la moindre aspérité du rocher !

Spectacle émouvant que de voir l’enfant, enfin parvenu jusqu’à son père, se jeter dans ses bras avec un grand rire en réponse au sourire plein de tendresse de son père !

Etait-ce un spectacle banal ? Je ne sais pas et pourtant je ne l’ai pas oublié car il m’a fait réfléchir.

– Cet enfant, s’élevant peu à peu, collé au rocher, et regardant la surface un peu plus haut pour y poser sa main, n’est-ce pas l’image de notre condition : hommes et de femmes, agrippés à notre terre, pour la gravir, pour nous hisser plus haut, la dominer et devenir des hommes debout.

N’est-ce pas aussi l’image de notre Dieu, nous encourageant à nous mesurer avec notre condition humaine pour en tirer le meilleur et nous invitant à ce face à face où se révèle l’étrange ressemblance du Père et du fils ? Notre Dieu, aujourd’hui encore dans l’Evangile, nous donne des conseils, nous encourage, nous indique le chemin. Mais il se garde bien de nous empoigner et de nous hisser vers lui.

Non, notre Dieu nous aime trop, nous respecte trop pour agir à notre place, il nous sait capables de progrès. Il sait qu’avec ses indications, nous pouvons nous hisser nous-mêmes. Il nous croit capables d’avancer avec nos frères et il nous sait capables de confier à nos descendants les progrès accomplis.

            Ce qu’il y a d’admirable dans cet Evangile, c’est que Dieu a tellement confiance en l’homme, en sa capacité de monter et de s’élever vers lui, qu’il va nous demander des efforts que nous, nous croyons surhumains et trop difficiles à accomplir. « Soyez parfaits comme votre Père du ciel ».

Oui, vous êtes capables d’aller jusque-là ; or nous pensons qu’il n’y a rien de plus idéaliste et irréalisable que cette parole de Jésus. Retirer de son contexte, elle pourrait même paraitre dérisoire : nous demander de ressembler à quelqu’un que l’on n’a jamais vu et qui nous dépasse infiniment !

En fait, Dieu nous espère, Dieu attend l’homme… Un jour, il espère contempler en nous les traits de sa divinité : il espère faire de nous ses partenaires. Il n’en finit pas de nous créer et de nous recréer, de nous promouvoir. Vous le savez, tous les paléontologues nous le rappellent, l’homme vient de loin, de très loin. Il vient de l’infrahumain et tous les atavismes primitifs sont encore là, en nous, qui risquent même de nous faire retomber, loin en arrière. C’est ce qui risque de se passer à notre époque, comme à toutes les époques de décadence.

Mais, vaille que vaille, l’humanité reprend son chemin. On dirait qu’elle est toujours en travail de naissance, dès qu’elle se met à regarder de nouveau vers le haut, au lieu de regarder seulement d’où elle vient. Voilà pourquoi Dieu aujourd’hui, dans cet Evangile, nous semble terriblement exigeant.

Au début, il y avait la loi de Moïse avec ses dix commandements, ça allait encore. C’était raisonnable. C’était humain. Le niveau de cette loi se place au niveau de la justice et c’était déjà un progrès énorme. La loi du talion qui coupait la main à celui qui avait coupé la main de l’autre, c’était raisonnable ; cela empêchait qu’on ne lui coupe la tête dans la revanche d’une main coupée : une sorte d’équilibre s’installait.

Quel progrès déjà par rapport aux lois païennes où la condamnation était toujours plus forte que le délit !

 «Tu ne voleras pas, tu ne mentiras pas, tu honoreras ton père et ta mère ».

Pour certaines générations primitives, c’était déjà beaucoup demander, mais le commandement était assorti de peines importantes. La peur était là pour freiner nos pulsions. Mais, avec Jésus, avec l’Evangile, nous assistons à un renversement radical de toutes ces valeurs humaines.

Il n’est plus question de peur, pour nous conduire plus haut. Il y est question d’amour : l’attirance du cœur plus forte que les pulsions d’un homme qui monte vers Dieu parce qu’il sait qu’il est « fils » de ce Dieu qui l’attire vers lui et qui veut entreprendre le même itinéraire et les mêmes moyens que lui pour arriver jusqu’en haut. Désormais, il n’est plus seulement question de  » raisonnable « , plus question de justice ou d’équilibre, il s’agit d’une passion, d’un amour qui passe comme un cyclone sur les structures de la loi et qui emporte tout sur son passage.

C’est d’ailleurs pourquoi ces exigences du Christ nous paraissent si extravagantes : « Ne riposte pas au méchant, tends l’autre joue à celui qui t’a giflé. Donne ton manteau aussi à celui qui veut te prendre ta tunique. Fais deux milles pas avec celui qui t’a réquisitionné pour en faire mille avec toi. Donne à qui te demande. Ne te détourne pas de celui qui veut t’emprunter. Aimez vos ennemis ».

Si encore, c’était nos amis, ce serait normal, mais nos ennemis ?

  • « Priez pour ceux qui vous persécutent ».

Pourquoi, mais pourquoi donc demander aux hommes ce qui est si peu raisonnable, si injuste ? Pourquoi renverser les fondements de notre société et encourager nos adversaires et tous les parasites de la société ? Cela va encourager le mal chez les uns, sans pour cela bonifier les autres qui se sentiront frustrés ?

Réponse de Jésus : « … afin d’ être vraiment les fils de Votre Père qui est dans les cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, tomber la pluie sur les justes et les injustes ».

Ce qu’il nous demande aujourd’hui nous parait surhumain et de fait, ça dépasse l’homme dans ses réactions raisonnables : se laisser malmener sans se défendre, aller jusqu’à aimer ses ennemis, n’est-ce pas une aventure insensée ?

Rappelez-vous l’enfant sur son rocher, beaucoup ont dû se dire :

« Mais ce père est fou d’exiger et d’encourager ce petit bonhomme à monter jusqu’à lui. Cet enfant est « naïf » d’entreprendre cette ascension dangereuse. Assez naïf ? Ou assez simple, assez confiant pour écouter les conseils de son père qui lui indique ce qu’il faut faire ? L’esprit d’enfance ne serait-il pas la clé de cet Evangile ?

« Si vous ne changez pas et ne devenez comme des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux ».

Vous n’irez pas jusqu’en haut du rocher pour rejoindre votre Père.

Frères et sœurs, en face de toutes ces exigences qui nous paraissent si peu raisonnables, devenez comme un enfant : osez croire en Jésus, allez le rejoindre sans ménager votre peine, ni craindre le combat. « Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait ».

Le seul secret de l’amour véritable, c’est de faire comme Jésus qui a donné sa vie pour ses frères, les hommes. AMEN