Rencontre autour de l’Évangile – 28ième Dimanche du Temps Ordinaire

“ Relève-toi et va :

ta foi t’a sauvé ”

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Lc 17, 11-19)

N’oublions pas que Jésus est en route vers Jérusalem où il va donner sa vie pour nous guérir de nos péchés et nous réconcilier avec le Père.

Et soulignons les mots importants 

Lépreux : Réalisons-nous quel était le sort des lépreux dans la société juive du temps de Jésus ?

S’arrêtèrent à distance : Pourquoi ?

Crièrent : Quel est le sens de ce cri ?

Prends pitié de nous : Quand est-ce que l’Eglise nous fait faire cette supplication des lépreux ?

Allez-vous montrer aux prêtres: Jésus ne dit rien d’autre aux lépreux, il ne fait aucun geste de guérison. Et les lépreux suivent ses instructions  et en cours de route ils sont purifiés : qu’est ce que cela nous apprend de la Parole de Jésus, et de la foi des lépreux ?

Purifiés : De quelle purification s’agit-il ?

La face contre terre  aux pieds de Jésus : que signifie ce geste? Qu’est-ce qui est admirable chez cet homme qui fait demi-tour et revient vers Jésus ? Pourquoi Jésus est surpris ?

Samaritain : Jésus dit de lui : “cet étranger ” : est-ce que nous nous rappelons pourquoi ?

Que veut souligner Jésus en admirant la reconnaissance du Samaritain ? Est-ce que cela ne nous rappelle pas une parabole ?

Rendre grâce, Rendre gloire à Dieu : Ces deux expressions expriment deux attitudes importantes des chrétiens. A quel moment surtout nous les exprimons ?

Ta foi t’a sauvé : Seul le Samaritain entend  cette parole de Jésus.  Etre guéri et être sauvé : quelle différence ?

 

Pour l’animateur 

  • Les lépreux : c’était les exclus les plus malheureux de l’époque, considérés comme des pécheurs maudits par Dieu, des hommes impurs. Ils devaient avoir les habits déchirés, les cheveux dénoués et crier “ impur ! impur !” quand ils rencontraient quelqu’un. La lèpre n’était pas considérée comme une simple maladie, mais comme une impureté religieuse liée à une vie de péchés. Ils vivaient en dehors de la communauté d’Israël.

  • La guérison d’un lépreux s’appelaitpurification et la loi juive chargeait les prêtres de faire un constat de guérison pour tout lépreux purifié de sa lèpre.

  • Pourtant Jésus ne fait aucun geste de guérison et la purification n’est pas instantanée. Jésus se soumet docilement aux autorités de son pays. Il faut donc déjà beaucoup de foi (confiance) à ces dix malades pour se rendre au Temple et faire constater une guérison qui ne s’est pas encore produite.

  • Saint Luc souligne aussi la puissance de la Parole de Jésus. Et la purification signifie également que ces hommes  sont désormais en paix avec Dieu.

  • Alors que neuf continuent leur marche vers le Temple pour se soumettre aux prescriptions de la Loi, un seul juge plus urgent d’aller d’abord remercier Dieu et Jésus. Il manifeste ainsi la vraie foi. Et surprise ! cet homme qui vient se prosterner devant Jésus et le remercier Jésus en glorifiant Dieu, c’est un Samaritain, un étranger, que les juifs méprisaient comme hérétiques. Nous pensons à la parabole (Lc 10, 29…) : c’est un samaritain qui est cité en exemple.

  • Et Jésus déclare que seul le Samaritain reconnaissant a été sauvé : car le salut est bien plus que la guérison. Car la guérison ne débouche sur le salut complet de tout l’être humain que s’il reconnaît l’initiative gratuite de Dieu à son égard,  et s’il répond en s’engageant dans une relation avec Jésus : voilà  la vraie foi. Se contenter de jouir de la guérison corporelle, c’est s’arrêter en chemin.

  • Dans l’Eucharistie, nous crions vers le Christ “Jésus, Prends pitié de nous” parce que nous sommes atteints par la “lèpre ” du péché, et nous glorifions le Père et nous lui rendons grâce parce que nous sommes purifiés et sauvés par Jésus qui s’offre pour nous. A chaque fois, Jésus nous dit : “ Relève-toi, va ta foi t’a sauvé ! ” Glorifier Dieu et rendre grâce, c’est l’attitude essentielle du sauvé !

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Jésus n’est jamais indifférent aux détresses humaines. Il est le Dieu plein de d’amour pour ceux qui souffrent. Il voit. Il entend. Il répond. Avec toute l’humanité souffrante, nous crions : “ Jésus, Maître, prends pitié de nous ”. Il voit plus loin que nos maladies corporelles. Il veut guérir notre cœur du péché,  ce mal qui le défigure, comme la lèpre défigure le visage. Le salut nous est acquis et offert par Jésus. Encore nous faut-il le reconnaître et l’accueillir.

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS

La Parole aujourd’hui dans notre vie 

  • Savons-nous comme ces lépreux nous avancer vers Jésus et crier vers lui notre misère de pécheurs ? Comment vivons-nous cette supplication de l’assemblée adressée au Christ au début de chaque eucharistie ? Comment vivons-nous le sacrement de Réconciliation qui nous ramène vers le Sauveur ? Quelle est le niveau de notre confiance en Jésus Sauveur ?

  • Nous sommes tous des hommes guéris par le Christ de la lèpre de nos péchés : comment lui manifestons-nous notre reconnaissance ? Quelle est la qualité de notre merci ? Le mot Eucharistie veut dire “Action de grâce ” : comment vivons-nous nos eucharisties ? 

  • On ne compte plus aujourd’hui les groupes qui prétendent faire des guérisons, et nombreux sont ceux qui font le tour de ces groupes pour chercher une guérison miraculeuse ! Où est la foi au Christ dans tout cela ? 

  • “ Relève-toi”, dit Jésus au samaritain guéri : en quoi cette invitation nous concerne, nous,  aujourd’hui ?

ENSEMBLE PRIONS 

Seigneur, souvent nous sommes ingrat envers Toi : nous prions, nous communions, nous agissons, nous mangeons, nous jouissons d’une bonne santé, nous avons rencontré un bon médecin…mais nous savons si peu contempler, ni remercier…

Chant : Le Seigneur est notre secours (p.186 carnet des paroisses, c.1, 2, 4, 5)

 

On peut aussi inviter à une action de grâce spontanée avec le refrain : “ Tu nous as sauvés, Seigneur, nous te rendons grâce à jamais. ” (p.312)

 

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28ième Dimanche du Temps Ordinaire

 




Audience Générale du Mercredi 2 Octobre 2019

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 2 Octobre 2019


La mort d’Etienne, premier martyr du Christ, fut suivie d’une persécution contre l’Eglise de Jérusalem. Celle-ci constitua l’occasion concrète qui poussa beaucoup de chrétiens à fuir de Jérusalem et à se disperser dans d’autres endroits de la Judée et en Samarie. La persécution fait partie de la vie des disciples et est source génératrice de l’évangélisation. Chassés de Jérusalem, les disciples se transforment en missionnaires itinérants comme le diacre Philippe qui évangélise les villes de la Samarie avec des signes de libération et de guérison. Aussi, l’Esprit Saint marque une nouvelle étape dans le voyage de l’Evangile dans cette rencontre de Philippe avec un haut fonctionnaire de la reine d’Ethiopie. Le dialogue entre Philippe et l’Ethiopien nous instruit sur l’importance de la compréhension du sens de la Parole de Dieu. Il faut donc être disponible à sortir de ses propres limites pour rencontrer Dieu et se conformer au Christ, Parole vivante du Père. Voyant l’incompréhension de son interlocuteur, Philippe lui donne la clé de lecture. Il lui annonce le Christ qui, avec sa Pâques, illumine l’existence de tout homme. L’Ethiopien baptisé renaît à une vie nouvelle et devient membre à part entière du corps du Christ. Après le baptême, l’Esprit Saint remplit la vie de l’Ethiopien en le marquant du sceau de la joie.

Je salue cordialement les personnes de langue française, en particulier les pèlerins de la paroisse de Villeneuve, le Collège Maitrise de Massabielle de Pointe-à-Pitre, le Collège Saint-Joseph de Oyonnax et le groupe de pèlerins du Diocèse de Québec. La rencontre de Philippe avec l’Ethiopien nous révèle l’importance de la compréhension de la Parole de Dieu et des sacrements pour une vie nouvelle en Dieu. Et la joie est la caractéristique de tout chrétien disciple du Christ mort et ressuscité. Que l’Esprit Saint fasse de nous des hommes et des femmes amoureux du Christ et joyeux dans l’annonce de son message d’espérance. Que Dieu vous bénisse !




27ième Dimanche du Temps Ordinaire – par Francis COUSIN (St Luc 17, 5-10)

« Augmente en nous la foi. »

 

Voilà une demande bien surprenante, car comment peut-on augmenter quelque chose que ne peut pas se mesurer, parce qu’elle est du domaine abstrait.

Certains pensent avoir la foi … mais ceux qui les voient vivre ne s’en rendent pas compte !

D’autres pensent avoir perdu la foi, un peu comme on perd ses clefs. Est-ce toujours vrai ?

La réponse de Jésus est extraordinaire : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : “Déracine-toi et va te planter dans la mer”, et il vous aurait obéi’’. ». Il dit aux apôtres : « Si vous aviez la foi aussi petite que la plus petite graine, une foi minuscule, vous pourriez faire un miracle énorme, que nul homme ne peut faire ! »

En gros, il ne s’agit pas d’augmenter la foi. Car quel miracle pourrait-on faire avec plus de foi ? La foi, on l’a ou on ne l’a pas.

Au père d’un enfant envahi par un esprit mauvais qui lui demandait s’il pouvait faire quelque chose, Jésus a répondu : « Si tu peux”… ? Tout est possible pour celui qui croit. » (Mc 9,23).

Il est vrai que dans la vie courante on utilise souvent cette expression. Mais peut-être qu’on se trompe de vocabulaire. Avoir foi en Jésus, c’est croire en lui ; et comment se manifeste cette croyance, cette foi ? Dans la confiance qu’on a en Jésus, en Dieu.

La question de la foi se pose pour nous généralement quand il nous arrive des difficultés, et on se dit : « Pourquoi m’arrive-t-il cette chose ? », « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Ps 22,2), « Dieu oublierait-il d’avoir pitié ? » (Ps 76,10).

Et ces questions-là portent davantage sur la confiance qu’on a envers Dieu. Et on pourrait les remplacer par : « Mon Dieu, aide-moi à te faire confiance malgré tout. »

C’est ce que Jésus reproche à ses apôtres, le manque de confiance, lors de la tempête apaisée : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » (Mc 4,40).

Marie, « celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » (Lc 1,45), a permis un grand miracle : la conception de Jésus parle Saint Esprit.

D’autres saints ont été à l’origine de grands miracles par leur totale confiance en Dieu.

Confiance en Dieu, mais pas seulement : aussitôt après, Jésus parle du service comme une habitude à prendre : « Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir. ».

Qui sommes-nous devant Dieu ? Pas grand chose ! Nous devons accepter l’humilité de se reconnaître petit devant Dieu, et nous mettre à son service.

Croire, c’est avoir confiance en Dieu, et se mettre totalement au service de Dieu.

C’est ce qu’ont fait la plupart des missionnaires, ceux qui ont permis l’implantation de la Parole de Dieu dans de nouvelles contrées.

Ils ont mis leur confiance en Dieu pour oser partir dans ces régions inconnues, vers des gens qu’ils ne connaissaient pas, avec des langues inconnues et des manières de vivre inconnues.

Et une fois sur place, ils se sont fondus dans la vies des gens, en leur rendant service, au niveau sanitaire (création de dispensaires, puis d’hôpitaux), au niveau éducation (création d’écoles), et puis ils ont pu leur parler de Dieu, de celui qui les faisaient vivre, de celui qu’ils priaient, de celui qu’ils aimaient …

Confiance en Dieu, service des autres, amour de Dieu et des autres : c’est tout ce qu’il faut pour être missionnaire … même encore maintenant, dans nos familles, dans nos quartiers … parce que la mission n’est jamais terminée.

Seigneur Jésus,

Souvent nous crions comme les apôtres :

augmente en nous la foi !

Mais ce n’est pas toi qui peut le faire pour nous.

C’est à nous de faire les efforts

pour avoir une confiance totale en toi,

pour nous mettre à ton service,

pour t’aimer comme tu nous as aimés.

Nous allons essayer !

 

Francis Cousin

 

 

PRIONS: Père Céleste, Toi qui sonde les reins et les cœurs, Tu sais que bien souvent, même si notre orgueil nous pousse loin de Toi, nous voulons t’aimer.

   

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Prière dim ordinaire C 27°




27ième Dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN

Augmente en nous la foi

Lc 17, 5-10

Il semble bien que cette fois, les apôtres, qui pourtant ne comprennent pas toujours les paroles de Jésus, aient tapé dans le mille. Souvent, ils posent des questions à côté, souvent, ils interprètent mal. Souvent, ils ne comprennent pas et là, j’allais dire,  “pour une fois”, ils semblent poser la bonne question, la bonne demande : « Seigneur, augmente en nous la foi ! » Voilà le point central de notre vie chrétienne : tout dans notre vie devrait être régi, suscité, conduit par la foi.  A tel point qu’un chrétien qui baisse les bras, avoue aux autres : «  Je n’ai plus la foi », tandis qu’un autre qui redécouvre le Christ va dire : «  J’ai retrouvé la foi ». Seule la foi nous ouvre à cet autre monde dont nous sentons bien qu’il est déjà présent en nous et autour de nous. Elle nous ouvre à ces réalités divines et transcendantes, au-delà de toute rationalité scientifique et cette foi-là, il faut bien le reconnaître, elle n’est pas facile, elle n’est pas évidente et même telle ou telle personne de bonne volonté que nous avons rencontrée à côté de nous, nous a dit parfois : « Je cherche, je suis en recherche, mais je n’ai pas encore la foi ».

Car, voyez-vous, cette foi-là, elle ne vient pas de nous. Elle est un don, un don gratuit de Dieu. Elle ne peut être que la réponse de Dieu à une prière humaine : « Seigneur, donne- nous la foi », « augmente en nous la foi ». Regardez ces apôtres, comme dans l’évangile, ils nous paraissent lamentables ! Arrivistes, jaloux les uns des autres, peu intuitifs, lourdauds, pleins de dérobades et de reniements! Qui, sinon Dieu, les a rendus “témoins courageux”  jusqu’au  martyr ?

La  foi  n’est  pas  une évidence, la foi n’est pas non plus une conquête, c’est l’humble accueil d’un don, d’une grâce : cela ne veut pas dire que l’homme n’a rien à faire, mais l’essentiel, pour lui, c’est être accueil. Accueillir est un acte humain éminemment actif. L’homme n’est pas la lumière, mais s’il ouvre les volets, la lumière viendra jusqu’à lui. Si au contraire, il décide de laisser les volets fermés, il n’y aura pas de lumière en lui, le soleil n’y peut rien. Il ne peut entrer dans une pièce que si on lui ouvre, tout grand, portes et fenêtres.

La foi, c’est d’abord l’humble accueil d’un don, d’une grâce. La foi est un soleil : il faut simplement s’y ouvrir, qu’elle puisse pénétrer, nous envahir, nous éclairer, nous faire voir toute chose dans sa vraie dimension, sous sa vraie couleur : un don de Dieu toujours offert à tous, mais il faut s’y ouvrir. Voilà pourquoi, la foi doit être sollicitée : « Seigneur, augmente en nous la foi », « donne-nous plus de lumière pour nous mettre dans la vérité, pour nous faire voir avec les yeux de la foi, tout ce monde spirituel dans lequel nous vivons, dans lequel nous sommes immergés, mais que nous ne soupçonnons parfois même pas ! » C’est vrai que la lumière, on ne la voit pas, c’est elle qui nous fait voir.  Entre une pièce qui est dans le noir et une pièce qui est dans le jour, il n’y a aucune différence, elles sont toutes deux semblables, mais l’une, on la voit, l’autre pas ! C’est la lumière qui nous fait voir qu’elle existe. De même, c’est la lumière de Dieu qui nous fait voir Dieu dans le cœur des hommes, dans les événements, dans la beauté des choses.

Nous vivons souvent comme des aveugles : nous sentons, nous palpons, nous devinons, mais nous ne voyons pas vraiment. Avec la lumière de la foi, au contraire, nous ne voyons plus le monde tel qu’il nous apparaît avec nos yeux de chair, mais tel qu’il est, en réalité, avec la lumière de Dieu qui nous fait voir les choses et les gens : autrement.

« Seigneur, augmente en nous la foi, mets en nous et autour de nous cette lumière qui nous fera voir toutes choses, non pas dans son apparence, mais dans sa réalité ».

La foi est le soleil et la prière est la fenêtre que l’on ouvre à la lumière de Dieu. C’est  pourquoi  les apôtres font cette prière :

« Augmente en nous la foi ». Il faut nous ouvrir au don de Dieu : « Seigneur, donne-moi la foi ! » A celui qui n’a pas la foi ou qui n’en a pas assez, on ne peut que lui conseiller la prière : « Seigneur, faites que je voie », « Va ta foi t’as sauvé » et Jésus nous répond comme aux apôtres : « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde (c’est-à-dire une des plus petites graines qui existent) vous diriez au sycomore que voici (le sycomore étant l’arbre le plus difficile à déraciner), déracine-toi et va te planter dans la mer et il vous obéirait ».

Jésus, bien sûr, ne nous conseille pas ici, de demander des miracles sensationnels, il n’a jamais, lui, transplanté des sycomores dans la mer et il a souvent refusé les signes merveilleux qu’on lui demandait. Mais il nous rappelle, avec force, par cette image, que la foi nous ouvre à l’impossible, que la foi nous ouvre à Dieu, autrement : le plus petit bout de foi est plus fort que toutes les entreprises humaines et nous vérifions cela avec les apôtres justement, après Pâques, après la Pentecôte. Eux, ces pauvres gens sans influence, sans pouvoir, sans moyens financiers, sans organisation, sans journal, sans télévision, sans rien, ils ont, de fait, changé le cours de l’histoire et transformé définitivement la mentalité du monde, en s’appuyant sur la seule foi, à laquelle on s’ouvre, par la prière.

* Regardez tout est changé par la foi : la Vierge attend un enfant, un homme est né de Dieu, le ciel est parmi nous, le peuple n’est plus seul.

* Il ne faudrait qu’”un brin de foi” et vous verriez les arbres dans la mer, les mendiants qui sont rois, les puissants renversés, les trésors qu’on partage.

* Regardez : l’eau se change en vin, le vin devient du sang, les pains se multiplient, le peuple n’a plus faim ; il ne faudrait qu’un brin de foi.

* Regardez : l’infirme peut marcher, l’aveugle voit le jour, les sourds entendent, le peuple n’a plus mal et vous verriez les arbres dans la mer, les bourreaux sans travail, les menottes rouillées, les prisons inutiles…

*  Il ne faudrait qu’un brin de foi, gros comme une graine de moutarde, pour voir les découragés qui reprennent espoir, les pécheurs qui se redressent, les chemins sans issues qui s’ouvrent, les guerres qui s’arrêtent, l’amour qui renaît, les montagnes déplacées : nos montagnes de peur, d’égoïsme, d’anxiété et de lâcheté.

*  Le monde est en crise, l’Eglise est en crise, la famille est en crise, l’école est en crise, l’économie est en crise ; la mort triomphe, mais la Croix est vide et nue, mais le tombeau du Christ est vide et nos tombes, un jour aussi, et l’homme se tient debout, le peuple n’a plus peur.

*  Il ne faudrait qu’un brin de foi et vous verriez les arbres dans la mer, les fusils enterrés, les armes au rebut et les montagnes qui dansent.

*  Si nous avions un brin de foi, nous en ferions des choses ! Les trésors du monde seraient pour tous, les bombes et les fusées inutiles. “Utopie” dira-t-on ! A quoi ça sert de dire cela ?

Alors que devant moi, pillages et violence, disputes et discordes se déchaînent !

« Si vous aviez un peu de foi ! » A quoi bon la foi ? Combien de temps faudra-t-il encore croire sans voir ? Appeler au secours sans que rien n’arrive. On le comprend : les lectures de ce jour lèvent de lourdes questions. Mais ce que dit le Seigneur, ce ne sont pas seulement des mots ; ce qu’il dit, c’est Jésus fait chair.

Je comprends que cet arbre planté dans la mer, c’est d’abord l’arbre de la Croix dressé au milieu des souffrances de l’homme (la mer, chez les juifs, c’est l’empire du mal). Si nous avions un peu de foi, nous verrions déjà que cet arbre de mort a refleuri et qu’il est le signe d’une victoire annoncée sur le mal.

Si nous avions un peu de foi, à la suite du Christ, nous aussi, nous planterions au milieu de ce monde ces signes faibles, mais nécessaires qui annoncent la victoire de Jésus sur le mal.

29« Ce n’est pas un Esprit de peur »  que Dieu nous a donné, nous rappelle  St-Paul, « mais un Esprit  de force, d’amour et de raison ».  Alors, animé par un tel Esprit, l’Eglise peut planter, au cœur des puissances de mort, la victoire pascale de Jésus : l’Arbre de vie dressé sur la mer du péché.  AMEN




27ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Luc 17, 5-10)

Oser la confiance en l’Amour Tout Puissant (Lc 17,5-10)…

En ce temps-là, les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! »
Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : “Déracine-toi et va te planter dans la mer”, et il vous aurait obéi. »
« Lequel d’entre vous, quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes, lui dira à son retour des champs : “Viens vite prendre place à table” ?
Ne lui dira-t-il pas plutôt : “Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et boive. Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour” ?
Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres ?
De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : “Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir.” »

        

« Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit : « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’, et il vous obéirait ». Mais cela, Jésus ne l’a jamais dit, et rien de tel n’est jamais arrivé dans sa vie ! Un arbre est fait pour pousser dans la terre, et l’action de Dieu ne peut aller contre la nature qu’il a Lui-même créée, avec ses lois qu’il lui a données et que nous découvrons petit à petit… Cette parabole n’est donc pas à prendre au pied de la lettre ! Son message rejoint ce qu’il disait un jour au père d’un enfant épileptique : « Tout est possible à celui qui croit » (Mc 9,23).

            « Tout est possible », mais pas n’importe quoi ! « Tout est possible » par l’Amour Tout Puissant, et cela pour le « meilleur » de la personne aimée… Le démon, lui, comprend autrement cette Toute Puissance, notamment dans la seule perspective ‘d’en mettre plein la vue’, et cela pour la seule gloire, orgueilleuse, de la personne concernée… « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi du haut de ce Temple, car il est écrit : « Il donnera pour toi des ordres à ses anges, afin qu’ils te gardent ». Et encore : « Sur leurs mains ils te porteront » » (Lc 4,9-11 ; Ps 91,11-12).

            De plus, nous dit Jésus, « le Fils ne peut rien faire de Lui-même, il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement… Moi, je ne peux rien faire de moi-même » (Jn 5,19-20.30). Jésus vivait donc parfaitement la foi au Père, il avait une totale confiance en Lui (Jn 11,41-42), il le laissait accomplir ce qui ne pouvait qu’être le meilleur pour cette mission qu’il ne s’était d’ailleurs pas donnée à lui-même, mais qu’il avait aussi reçue de son Père. Et, dans le contexte de l’époque, le Père a accompli des merveilles pour rendre témoignage à son Fils : « Les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres » (Mt 11,5).

            Et Jésus, uni au Père dans la communion d’un même Esprit, dit à tous ses disciples, appelés à vivre le même Mystère de Communion : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais » (Jn 14,12). En effet, ce qui est vrai pour le Fils l’est d’autant plus pour le disciple : c’est le Père qui agira de la meilleure façon qui soit pour le bien de tous…

            Et Jésus termine son invitation à la foi, à la confiance, par un appel à l’humilité. Que les disciples ne s’enorgueillissent pas de tout ce qui peut se faire avec eux et par eux ! Qu’ils n’oublient jamais qu’ils ne sont que les serviteurs de Celui-là seul qui peut accomplir de telles merveilles… « Nous sommes des serviteurs quelconques »…                                DJF




Rencontre autour de l’Évangile – 27ième Dimanche du Temps Ordinaire

« Nous sommes

des serviteurs quelconques »

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Lc 17, 5-10)

Après les enseignements exigeants de Jésus sur l’argent, le chapitre 17 de saint Luc commence avec un enseignement sur la gravité du scandale et la correction fraternelle. Les apôtres s’inquiètent des moyens de vivre un tel programme. Ils se tournent vers leur Maître pour lui adresser une demande importante.

Et soulignons les mots importants 

Apôtres : Que signifie ce mot par rapport au mot “ disciples ” ? Seigneur : Que signifie ce titre que les apôtres donnent à Jésus ?

Augmente en nous la foi : Que pensons-nous de cette demande des apôtres ?

Si vous avez de la foi : Comment comprendre cette foi dont parle Jésus ?

gros comme une graine de moutarde: Avons-nous déjà vu une graine de moutarde (comme une graine de chou de chine) ? C’est minuscule. Que veut nous dire Jésus ?

Déracine-toi : Jésus semble dire que la foi permet de réaliser des choses impensables! Qu’en pensons-nous ?

Serviteurs quelconques : Que veut nous faire comprendre Jésus dans cette parabole “du maître et de son serviteur ” ?

 

Pour l’animateur 

  • Les “ apôtres ” sont des “ envoyés ” du  “ Seigneur ”, chargés par lui de fonder des communautés qui doivent vivre le détachement par rapport à l’argent, l’amour des ennemis, le pardon sans fin…Cette mission leur paraît impossible.

  • Jésus ici est présenté par Luc, non plus seulement dans sa condition terrestre, mais comme le Seigneur de l’Eglise et les “apôtres” ce sont tous  les responsables de communautés  qui demandent au Seigneur comment faire pour vivre un programme aussi exigent. Ce qui explique leur prière Augmente en nous la foi ”.

  • Et Jésus leur répond que c’est justement une question de Et Jésus répond en donnant un exemple inimaginable, l’arbre qui se déracine et va se jeter dans la mer. Il veut enseigner à son Eglise que la foi contient une force que l’homme ne peut imaginer ; une puissance qui réalise des miracles : si un minuscule grain de foi peut déplacer des montagnes, combien plus l’homme qui, de toute sa foi, répond à Dieu dont l’amour est tout Puissant, peut réaliser avec lui des choses humainement impossibles.

Nous pensons à la foi de Marie au moment de l’Incarnation.

  • Les pharisiens s’imaginaient qu’ils étaient irréprochables et qu’ils avaient des droits sur Dieu pour l’avoir servi dans avec le plus grand soin, comme on sert un maître exigent !

  • Nous savons que Dieu est un Père, et non un Maître sévère et exigent : Mais cela ne nous donne pas le droit d’exiger de lui quoi que ce soit, même si nous croyons avoir rempli tous nos devoirs de chrétiens de façon irréprochable ! On ne met pas la main sur Dieu à coup de pratiques, de neuvaines, de chapelets…

  • C’est encore la foi, même gros comme une graine de moutarde, qui nous rend capables de nous mettre au service de Dieu, dans l’humilité. Si Jésus Christ veut avoir besoin de nous, c’est parce qu’il a pour nous une grande considération…Nous devons donc tout faire comme si cela dépendait de nous (pour ne rien négliger), mais tout en sachant que TOUT dépend de Dieu.

  • Nous comprenons alors que, selon la parole de Jésus,  nous ne sommes que des serviteurs quelconques ”.

 

TA PAROLE DANS NOS CŒURS

Oui, Seigneur, augmente en nous la foi. Nous en avons grandement besoin pour vivre selon ta Parole dans toutes ses exigences.

Si tu compares la foi à une graine de moutarde, c’est qu’elle est une force dans notre vie qui nous entraîne à dépasser nos limites humaines ; car ce qui est impossible aux hommes, est possible pour toi. Même très modeste, la foi peut produire de grandes choses : une démarche de réconciliation, un geste de  partage car c’est toi qui agis en nous, c’est ta puissance qui agis dans notre faiblesse.

Aide-nous à nous mettre à ton service, gratuitement, sans prétendre revendiquer un droit, ou mériter un honneur…

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS

La Parole aujourd’hui dans notre vie 

Il y a des “ arbres ” profondément enracinés dans notre cœur que seule notre foi en Dieu peut déraciner : une situation de péché, une vieille rancune, une injustice à réparer…  quoi encore ? Comment j’accueille aujourd’hui la parole de Jésus ? Quelle est ma foi ?

Nous sommes tous des serviteurs du Seigneur, comme parents dans notre famille, dans la paroisse comme animateurs de liturgie, de groupes, de catéchèse, de mouvementsEst-ce que nous ne cherchons pas parfois à faire valoir des droits à l’amour de Dieu pour nous ?

Peut-être même que nous nous croyons indispensables… peut-être que nous nous prenons tellement au sérieux que nous croyons que rien ne pourrait marcher sans nous… Peut-être que nous faisons parfois le compte de nos services rendus comme autant de mérites ?

L’attitude du vrai serviteur : se faire humble pour accomplir dans la foi ce qu’il peut et demander dans la prière ce qu’il ne peut pas encore.

Est-ce que nous faisons parfois la prière des apôtres : “ Seigneur, augmente en nous la foi ” ?

 

ENSEMBLE PRIONS 

Pour ton amour, Seigneur, nous peinons tout le jour, pour ton Royaume, nous luttons toute notre vie.

Et maintenant, tu nous dis, vous êtes des serviteurs quelconques.

Nous nous réjouissons, Seigneur,

D’être de tels serviteurs.

Car nous pouvons maintenant te prier :

Donne-nous ton Royaume pour rien,

c’est à dire simplement parce que tu nous aimes

et que Jésus Christ est notre frère. (L.Deiss)

 

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27ème Dimanche du Temps Ordinaire

 




Audience Générale du Mercredi 25 Septembre 2019

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 25 Septembre 2019


Frères et sœurs, poursuivant l’étude des Actes des Apôtres, nous découvrons les difficultés que rencontrent les premières communautés qui accueillent des personnes aux cultures et sensibilité différentes. Les tensions et les murmures apparaissent, les uns s’estimant désavantagés par rapport aux autres. Les Apôtres prennent alors davantage conscience de leur rôle de prédicateurs de la Parole. Ils désignent donc des diacres chargés d’être plus attentifs au service de la charité ; un partage et un équilibre qui seront d’une grande fécondité pour l’Eglise. Parmi ces diacres institués, Etienne est celui qui rencontre le plus d’oppositions. Ses adversaires ne trouvent d’autres moyens de le faire taire que ceux de la calomnie et du faux témoignage : un « cancer diabolique » qui atteint aussi parfois le corps de l’Eglise, lorsqu’il s’agit de salir quelqu’un qui gêne. Devant ses juges, Etienne dénonce l’hypocrisie avec laquelle les prophètes et le Christ lui-même ont été traités, par ceux dont ils sont les héritiers. Condamné à mort, Etienne ne cherche pas à fuir mais il s’abandonne entre les mains du Père, en pardonnant. Premier martyr, Etienne devient un autre Christ, un homme que l’Esprit Saint rend semblable à Jésus, capable de témoigner de l’amour de Dieu jusqu’à la fin.

Je salue cordialement les personnes de langue française, en particulier les pèlerins du diocèse de Tournai, accompagnés de leur Evêque Monseigneur Guy Harpigny. Etienne nous enseigne que ce ne sont pas les beaux discours qui révèlent notre identité de fils de Dieu, mais l’abandon de notre vie dans les mains du Père et le pardon des offenses. Demandons au Seigneur de pouvoir apprendre à vivre une vie pleine, acceptant le martyre de la fidélité quotidienne à l’Evangile et la configuration au Christ. Que Dieu vous bénisse !

 




26ième Dimanche du Temps Ordinaire – par Francis COUSIN (St Luc 16, 19-31)

 

« Ils ont Moïse et les prophètes, qu’ils les écoutent. »

La parabole d’aujourd’hui nous parle encore de riche (et donc d’argent) et de pauvre. Et elle nous parle encore de l’au-delà, mais pas de la même manière que la semaine dernière.

Deux parties :

La première, sur cette terre. On a un riche qui vit dans l’opulence, qui festoie, qui ’’profite’’ de la vie. Et on a un pauvre, que Jésus appelle Lazare, c’est-à-dire ’’Dieu a aidé, qui git devant chez le riche et qui n’intéresse personne, hormis les chiens.

La seconde se passe dans l’au-delà : le riche va en enfer, et le pauvre se retrouve auprès d’Abraham, donc dans le paradis.

Une analyse un peu trop rapide pourrait nous amener à dire que, quand nous mourrons, on a un retournement de situation :

– celui qui vit bien et est heureux sur terre se retrouve en enfer,

– celui qui vit mal et qui est malheureux sur terre se retrouve au paradis.

Et donc qu’il vaut mieux être pauvre et malheureux pour aller au paradis.

Cette analyse pourrait aussi s’appuyer sur une fausse interprétation des béatitudes : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.» (Mt 5,3) « Mais quel malheur pour vous, les riches, car vous avez votre consolation ! » (Lc 6,24).

Ce serait une erreur, car la richesse n’est pas un péché, et donc ne mérite aucun châtiment, car elle permet à certains de faire du bien vis-à-vis des autres, notamment des pauvres. Et la pauvreté n’est pas en soi une vertu, et donc ne mérite rien de particulier d’autant que certains pauvres peuvent être amenés à faire beaucoup de mal, et de biens mauvaises choses.

D’autant que cette manière de penser pourrait amener certains à une autre conclusion qui n’est certainement pas bonne : Puisque les pauvres sont sûrs d’aller au paradis, ne faisons rien pour eux car on risquerait de leur ôter le paradis !!

Alors, que faut-il retenir de cette parabole ?

Il peut nous arriver, quand nous pensons à nos aïeux qui sont morts, de nous demander s’ils sont en enfer ou au paradis, ou peut-être plus souvent de nous demander où nous irons après notre mort.

Et c’est peut-être cela le but de cette parabole : nous faire nous poser des questions, non pas tant sur le lieu de notre vie future (ce n’est pas nous qui jugeons, mais le fils de l’homme), mais sur la manière dont nous vivons sur cette terre : « Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! » (Mt 25,35-36).

Parce que c’est la manière dont nous vivons maintenant et jusqu’à notre mort qui va influencer le jugement nous concernant.

Qu’est-ce qui est reproché au riche ? Certainement pas sa richesse ! mais le fait qu’il n’ait jamais fait attention au pauvre qui était à sa porte !

Il vivait sa vie, avec ses amis. Mais sa richesse ne lui permettait pas de voir le pauvre qui était à sa porte, tout près de lui !

Sa richesse l’avait rendu aveugle !

Alors nous : Est-ce que nous sommes attentifs aux pauvres qui sont à côté de nous ? À tous les pauvres qui nous entourent, de toutes les pauvretés : pécuniaires, morales, familiales, au niveau du travail, de la santé, de la solitude, du logement …

Cela en fait du monde … qu’on ne voit pas, ou qu’on ne cherche pas à voir …

N’oublions pas ce que dit Abraham à la fin du texte : « Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! ». Et nous, nous en plus l’évangile de Jésus, tout le nouveau testament, les saints et les papes, dont le dernier, le pape François, qui a choisi son nom parce que son voisin lui avait dit : « N’oublie pas les pauvres ! » et qui nous dit à nous aussi : « N’oubliez pas les pauvres ! »

Seigneur Jésus,

encore une fois tu nous rappelles

que l’argent que nous avons doit être partagé

avec ceux qui sont dans le besoin,

mais aussi que nous devons être attentifs

à toutes les sortes de pauvreté.

’’Chaque fois que vous avez fait quelque chose

 pour l’un de ces plus petits de mes frères,

c’est à moi que vous l’avez fait.’’

 

Francis Cousin

   

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Prière dim ordinaire C 26°




26ième Dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN

Le riche et Lazare

Lc 16, 19-31

Si on lisait superficiellement ce récit, on pourrait simplement dire «  l’homme riche a eu tort de ne pas porter secours à Lazare  ».

Mais vous sentez bien que Jésus n’aurait pas raconté cette longue histoire tout simplement pour nous dire de nous occuper des malheureux…

Elle va beaucoup plus loin, cette parabole.  Je pense que la phrase-clé de ce récit est celle-ci : « Un grand abîme a été mis entre vous et nous » et qui l’a creusé ce grand abîme ? C’est le riche.

Jésus, lorsqu’il est venu sur la terre, n’avait qu’un désir : que tous les hommes soient “frères”, qu’ils soient tous sur le même pied. Il voulait établir une nouvelle alliance entre lui et nous, mais aussi entre nous : devenir des frères. Il a voulu faire œuvre de rassemblement et les prières de la messe nous le rappellent :

« Conduis-nous vers l’unité parfaite » dans une communion de cœur et d’esprit toujours plus profonde.

Si Jésus est le Rassembleur, l’argent, lui, est le diviseur.

La recherche perpétuelle du gain, du confort, du bien-être, nous rend sourds aux appels des autres et nous rend étrangers et même hostiles les uns aux autres.  Tenez : un petit exemple significatif. Dans une commune du Limousin, le maire a interdit le ramassage des champignons à ceux qui ne sont pas de la commune… les bagarres et les conflits que ça a pu faire ! Parce que ça rapporte… Dans cette commune, un homme a dénoncé son propre frère aux gendarmes, oui, son propre frère, et pour des  champignons, ça n’a pas de sens !

Oui, l’amour de l’argent est le grand diviseur, au point que, pour Jésus, c’est un peu comme un “anti dieu”. « Vous ne pouvez pas servir en même temps Dieu et l’argent ». Le “mur de l’argent” : obstacle à la fraternité.

Dans la parabole, on nous parle plutôt d’un fossé : un fossé permet de voir… mais empêche de passer et ce sera la conclusion dramatique  de l’existence  du riche. Pendant  sa vie, il y a eu les murs de sa belle maison, avec en plus, un barreau derrière lequel se tenait Lazare, mais il empêchait de voir.

On ne dit pas du riche qu’il était mauvais, on dit simplement qu’il n’a pas vu Lazare. Aveuglé par sa richesse, ses soucis d’argent, il n’avait pas remarqué, à sa porte, le pauvre qui souffrait. Sans s’en rendre compte, il vivait, enfermé dans son milieu social, c’était son univers.

Un abîme le séparait du reste du monde ; mais loin de l’excuser, c’est précisément cela qui le condamnait car cet abîme creusé entre lui et les autres était en même temps un abîme creusé entre lui et Dieu… C’est ce double abîme qui le jugeait… Ce n’est pas Dieu, (relisez la parabole), qui l’a condamné : Dieu ne fait que prendre acte de cette distance infranchissable que cet homme avait laissé s’établir entre lui et les autres.

Sans doute allait-il chaque Sabbat à la synagogue écouter Moïse et les prophètes. “Ça ne suffit pas”. Si quelqu’un ressuscitait d’entre les morts et revenait pour le leur dire… peut-être se convertirait-il ? C’est ce qu’a fait Jésus-Christ : il est ressuscité. Croyez-vous que pour autant, depuis la Résurrection du Christ, la richesse aveugle moins les hommes ?

A la messe, nous entendons Moïse et les prophètes, le Christ et ses apôtres témoins de sa résurrection : ne restons-nous pas encore aveuglés par notre souci d’avoir plus, notre profit, nos aises ; richesses, pas  seulement  de  notre  argent,  mais  aussi  de notre culture, de nos amis, de nos relations, alors que nous rencontrons, sans les voir vraiment, tant de “Lazares” autour de nous ? Lazare, aujourd’hui : c’est plus du tiers de l’humanité couchée à notre porte occidentale : tous ces migrants…Que faisons-nous ? Quel cri d’alerte poussons-nous ? Quel partage de nos biens avons-nous entrepris ?

            Pour ne pas rester sur une note pessimiste, je voudrais vous citer quelques gestes faits par des chrétiens pour les autres et qui nous feront voir qu’il ne nous est pas impossible, nous aussi, de nous  occuper des autres :

. Voici un faire-part de Baptême reçu, il y a quelques mois, de l’un de mes amis : « Nous sommes très heureux de vous annoncer la naissance de notre fils Pierre. Pierre est bien habillé, il a tout ce qu’il lui faut. Aussi, si vous aviez l’intention d’offrir un cadeau, vous pouvez en verser le prix à des enfants comme Pierre, dont la vie ne commence pas si bien. Au bas du faire-part, il y avait le N° du CCP de l’UNICEF, l’Organisation Mondiale qui s’occupe des enfants en détresse ».

. Voici une lettre reçue par le CCFD d’un chanteur assez connu et qui touche de gros cachets : « Je vous envoie une somme de 9 000 euros pour la campagne de Carême. Cette somme correspond à ce que j’ai reçu pour avoir donné deux récitals de mes chansons à Grenoble. Si mes chansons servent déjà à ça, ce n’est pas si mal ? »

. Le propriétaire d’une entreprise anglaise “Scott Bader Commonwealth” a mis toute son usine en copropriété avec tous les  ouvriers  et  employés ; elle  se  porte  bien, elle dégage  des bénéfices : une partie est réinvestie.

Tout le reste distribué non seulement en salaires, mais à des organisations extérieures. Ils refusent que les bénéfices soient attribués à un tout petit nombre de personnes : c’est aller à contre-courant mais c’est possible.

. J’ai lu l’histoire d’un homme, en Vendée, qui apprend, qu’une femme veuve et ayant trois enfants à charge, allait être licenciée, alors qu’elle n’avait aucune ressource : il a offert sa démission pour permettre à cette femme de continuer à travailler à sa place.

. Paul, marié, deux enfants de cinq ans et quatre mois, avec une maison neuve sur le dos à payer pendant vingt ans ; il a eu un double salaire puisque sa femme travaille elle aussi. Il réfléchit puis, à 14 heures, il téléphone à sa femme et, un peu ému, lui dit ce qu’il désire faire. Elle savait que ça le travaillait depuis quelques jours ; elle lui a simplement répondu : « Si tu es sincère, fais-le ». Paul va chercher un autre travail, même temporaire en attendant un stage de formation professionnelle.

. Dernier fait : deux jeunes mariés des “Deux-Sèvres” ont fait part récemment à leurs parents et amis qu’ils refusaient leurs cadeaux  de  mariage, mais que chacun pouvait mettre dans une enveloppe la somme qu’il comptait consacrer à cet heureux événement. Il était précisé que le montant des cadeaux serait affecté à ceux qui ne possédaient rien. Ce jeune ménage a adressé au Secours catholique de Niort, un chèque de 2 500 euros.

Ce sont tous ces gestes qui fondent une véritable fraternité. Dans tous ces cas, il n’y a plus d’abîme, de distance entre nous et les autres, plus de fossé, plus de mur. Alors, nous serons tous ensemble dans le Royaume où le Seigneur accueillera, non seulement tous les “Lazares” du monde, mais aussi tous ceux qui auront lié solidarité avec eux.

AMEN




26ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Luc 16, 19-31)

Aimer son frère, c’est aimer Dieu

(Lc 16,19-31)

En ce temps-là,  Jésus disait aux pharisiens : « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux.
Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères.
Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères.
Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra.
Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui.
Alors il cria : “Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise.
– Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance.
Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.”
Le riche répliqua : “Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père.
En effet, j’ai cinq frères : qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture !”
Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent !
– Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.”
Abraham répondit : “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.” »

        

           En invitant à « se faire des amis avec l’Argent trompeur » (Lc 16,1-13), Jésus s’adressait juste avant aux « Pharisiens, amis de l’argent » (Lc 16,14). Et pourtant, ils avaient la réputation d’être des hommes religieux : « Vous êtes, vous, ceux qui se donnent pour justes aux yeux des hommes ». Mais tout cela n’était qu’apparence : « Malheureux êtes-vous, scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous ressemblez à des tombeaux blanchis à la chaux : à l’extérieur ils ont une belle apparence, mais l’intérieur est rempli d’ossements et de toutes sortes de choses impures. C’est ainsi que vous, à l’extérieur, pour les gens, vous avez l’apparence d’hommes justes, mais à l’intérieur vous êtes pleins d’hypocrisie et de mal » (Lc 16,15 ; Mt 6,2 ; Mt 23,27-28).

            Pourtant, ces Pharisiens étudiaient la Loi de Moïse et les Prophètes tous les soirs, après leur travail… Et il est pourtant bien écrit, dans le Livre du Deutéronome, le Livre de la Loi par excellence : « Se trouve-t-il chez toi un pauvre, d’entre tes frères, dans l’une des villes de ton pays que le Seigneur ton Dieu t’a donné ?  Tu n’endurciras pas ton cœur ni ne fermeras ta main à ton frère pauvre, mais tu lui ouvriras ta main et tu lui prêteras ce qui lui manque ». Notons que le texte ne parle ici que de « prêter », mais peu après, il lance une invitation libre à aller plus loin, à donner, avec la perspective d’une récompense, pour encourager à l’action : « Quand tu lui donnes, tu dois lui donner de bon cœur, car pour cela le Seigneur ton Dieu te bénira dans toutes tes actions et dans tous tes travaux ». Quoiqu’il en soit : « Tu dois ouvrir ta main à ton frère, à celui qui est humilié et pauvre dans ton pays » (Dt 15,7-11).

            Or Jésus met ici en scène « un homme riche », nouvelle allusion aux Pharisiens, « qui portait des vêtements de luxe  et faisait chaque jour des festins somptueux. » Et « couché devant son portail, couvert de plaies », gisait « un pauvre Lazare » que cet « homme riche » ne pouvait que voir et revoir lorsqu’il sortait de chez lui ou y rentrait. Et il ne lui donna jamais rien ! Fermé à son prochain, son cœur ne pouvait qu’être aussi fermé à Dieu, une attitude qui demeure au moment de la mort… Incapable de recevoir cette Plénitude que Dieu veut donner à tout homme, il souffre terriblement : il lui manque le vrai Bonheur, d’autant plus que dès lors, il n’a plus accès à ses « vêtements de luxe » et à ses « festins somptueux »… Et pourtant, s’il avait vraiment écouté Moïse et les Prophètes (Am 6,1-7 ; Ez 16,49 ; Za 7,10), des Paroles de Dieu reprises par Jésus, il serait avec le pauvre Lazare, tous les deux comblés par cette Joie que le Père veut voir régner en tous ses enfants !                                                DJF