Audience Générale du Mercredi 3 Avril 2019

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 3 Avril 2019


Frères et sœurs, je remercie le Seigneur pour mon voyage apostolique au Maroc, qui m’a permis de faire un pas de plus, à la suite de saint François d’Assise et de saint Jean-Paul II, sur le chemin du dialogue et de la rencontre avec les frères et sœurs musulmans, pour être “Serviteur de l’espérance”. Servir l’espérance aujourd’hui signifie surtout jeter des ponts entre les civilisations. C’est ce que nous avons fait avec le Roi Mohammed VI, en réaffirmant le rôle essentiel des religions dans la défense de la dignité humaine et la promotion de la paix, de la justice et de la protection de la création. Et, dans cette perspective, nous avons signé ensemble un Appel pour Jérusalem, pour que la Cité sainte soit préservée comme patrimoine de l’humanité et lieu de rencontre pacifique, notamment entre les fidèles des trois religions monothéistes. A l’occasion d’une rencontre avec les migrants, j’ai pu remercier l’Église au Maroc qui, par son engagement à leurs côtés, manifeste, au-delà des programmes d’assistance, cette ouverture aux différences sous le signe de la fraternité humaine, en mettant en œuvre la parole du Christ : « j’étais un étranger et vous m’avez accueilli » (Mt. 25,35). J’ai eu aussi la joie de visiter le Centre Rural des Filles de la Charité à Témara, qui offre divers services à la population locale, en accueillant notamment des enfants. Enfin, j’ai encouragé l’Église au Maroc, en soulignant que ce n’est pas la quantité qui compte, mais qu’il s’agit d’être un sel qui a de la saveur, une lumière qui brille, pour rendre témoignage au Christ là où nous sommes, en vivant de son amour les uns avec les autres. Et cette joie de la communion ecclésiale a trouvé son fondement et sa pleine expression dans la belle célébration eucharistique de dimanche, épiphanie du Peuple de Dieu !

Je suis heureux de saluer les pèlerins venus de France et d’autres pays francophones, en particulier la Faculté de droit canonique de Leuven. Et Je salue aussi les nombreux jeunes présents. Que le Seigneur nous aide à être des serviteurs de l’espérance, là où nous vivons, en devenant des constructeurs de ponts entre les hommes. Que Dieu vous bénisse !

 




5ième Dimanche de Carême (Jean 8, 1-11) :  « Dieu nous tourne vers l’avenir… » (Francis Cousin)

« Dieu nous tourne vers l’avenir… »

 

Mais il semblerait que nous ayons peur de cet avenir, parce que nous ne le connaissons pas. Et que nous préférons regarder ce que nous connaissons, parce que c’est réel…

Nous ne sommes pas les premiers à réagir ainsi. Au temps des apôtres, quand Jésus était encore avec eux, par trois fois il leur a annoncé sa mort et sa résurrection (que nous célébrerons dans quinze jours), mais ils n’y croyaient pas vraiment … cela leur paraissait impossible !

Tous les textes de ce dimanche nous poussent à regarder vers l’avenir … vers un « pays où coule le lait et le miel », promesse terrestre qui devient avec Jésus promesse spirituelle … même si c’est en disant de ne pas regarder en arrière.

Dieu dit, par la bouche d’Isaïe : « Ne faites plus mémoire des événements passés, ne songez plus aux choses d’autrefois. Voici que je fais une chose nouvelle … un chemin dans le désert, des fleuves dans les lieux arides … » ( 1° lecture).

Texte qui nous fait penser au passage de l’apocalypse : « Alors j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés et, de mer, il n’y en a plus. (…) « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur : ce qui était en premier s’en est allé. » Alors celui qui siégeait sur le Trône déclara : ’’Voici que je fais toutes choses nouvelles’’. » (Ap 21,1-5).

La terre nouvelle, c’est la vie éternelle dont nous a parlé Jésus, lui qui est le chemin. Mais pour lui, le chemin qu’il nous propose, contrairement à tous les chemins où on peut aller et venir, dans un sens ou un autre, ce chemin n’a qu’un sens : celui qui mène au Père, un chemin fléché, à sens unique … mais qu’il nous arrive parfois de prendre à contre-sens …

Alors Jésus nous dit : « Regardez votre passé, ce que vous avez fait. Il est temps de changer, de tourner votre tête vers l’avenir. Convertissez-vous, regardez vers moi qui suis le chemin et le bout du chemin ».

C’est ce qu’a fait saint Paul, qui peut écrire aux Philippiens : « À cause de lui, j’ai tout perdu ; je considère tout comme des ordures, afin de gagner un seul avantage, le Christ, et, en lui, d’être reconnu juste, non pas de la justice venant de la loi de Moïse mais de celle qui vient de la foi au Christ. (…) Oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut. » (2° lecture), vers la Vie Éternelle.

Dans l’évangile où une femme adultère est présentée à Jésus, les scribes et les pharisiens regardent en arrière pour accuser la femme, et surtout pour la condamner : « Dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. ». Mais ils oublient de regarder en eux leur manière de vivre, et surtout leurs propres manquements à la loi de Moïse. C’est ce que leur rappelle Jésus en disant : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. ». Alors seulement ils se rendent compte qu’ils ne sont pas meilleurs que la femme adultère, et ils s’en vont les uns après les autres.,

Là, Jésus leur demande de regarder en arrière, non pas pour y retourner, mais pour, à partir de leur propre histoire, avancer sur le chemin vers Dieu son Père, sur le chemin de la justice.

Avoir ce regard résolument tourné vers l’avenir, un avenir hors du temps, éternel, est encore une demande qui est faite régulièrement, notamment par le pape François, quand celui-ci nous demande d’avancer sur le chemin de la sainteté, à l’image de Jésus, par des petits gestes simples. Comme d’arrêter les commérages, de s’occuper des affaires des autres … comme les scribes et les pharisiens de l’évangile. Oh, bien sûr, on ne demande jamais la lapidation … mais c’est parfois une forme de lapidation morale …

Posons-nous la question : Notre regard est-il tourné vers l’avenir, ou vers le passé ? Vers Dieu et la Vie Éternelle, ou vers nos petits problèmes ?

Ayons une vision positive, constructive. Comme Jésus, qui a toujours les yeux tournés vers son Père, et qui nous incite à faire de même : « Va, et désormais ne pèche plus. »

Seigneur Jésus,

Tu ne cesses de nous parler de ton Père,

du Royaume des cieux, de la Vie Éternelle,

de ce que nous devons faire pour y parvenir …

et nous restons avec nos petits problèmes terre à terre,

à nos commérages …

Bouscule-nous !

Nous en avons bien besoin !

 

Francis Cousin

 

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Image dim carême C 5°

 




5ième Dimanche de Carême – Homélie du Père Louis DATTIN

 La  femme  adultère

 Jn 8, 1-11

Elle est là, cette femme, prostrée aux pieds de Jésus, silencieuse, en péril de mort : elle sait ce qui l’attend, selon la loi de Moïse, elle doit être lapidée, tuée à coups de cailloux, de galets.

« C’est la Loi qui l’a dit » ; «  On n’a qu’à appliquer la Loi  ».

Mais si les ennemis de Jésus l’ont amenée devant le Christ, ce n’est pas pour la sauver, c’est pour le perdre, lui, Jésus. On va faire, c’est le cas de le dire, “d’une pierre deux coups” : on tue cette femme, bien sûr, et, en même temps, Jésus. Car s’il dit qu’il faut la laisser libre, il enfreint la loi de Moïse et il devient lui-même pécheur selon la loi ; et s’il dit qu’il faut la condamner, il est en contradiction avec sa doctrine de miséricorde et de pardon, il est disqualifié.

« Alors, toi, Jésus, qu’en dis-tu ? » Jésus ne dit rien, il se baisse et du doigt, il dessine sur le sol.  Rappelez-vous le grand silence de Jésus au cours de son propre procès. Refus de Jésus de prendre parti au niveau des analyses humaines, il se place à un autre niveau. N’est-ce-pas une dérobade, une démission ? Nous allons voir que non : Jésus a autre chose à dire, et nous-mêmes, quand nous sommes devant une situation concrète de péché : adultère, avortement, corruption, vols, calomnies, chantage, méchancetés, vengeance: que faisons-nous ? Comment réagissons-nous ?

Attention, frères et sœurs, nous sommes, le plus souvent, juges et parti : qui d’entre nous peut juger ?

Ou bien, ce péché, nous aussi, nous l’avons déjà commis et pour nous justifier, nous aurons tendance à l’excuser, à le minimiser : « Les autres le font, je l’ai fait. Alors, soyons indulgents. Tournons la page ».

Ou bien, à  cause  de  notre  éducation, du  contexte  social, notre  retenue   de   gens   civilisés,  nous  ne  l’avons  pas  commis   et volontiers, parce que nous ne nous sentons pas complices, nous condamnons en se protégeant de son propre mal secret en condamnant : « Ce n’est pas moi, c’est lui qui a commencé ! » et peut-être d’autant plus fort que l’on a été soi-même fort tenté et retenu par un fil, sur la pente du péché.

Ce que Jésus veut nous apprendre aujourd’hui, c’est que nous sommes tous solidaires du péché. Il n’y a pas, comme dans les films américains, d’un côté les méchants que l’on reconnaît rien qu’à leur tête, et de l’autre les bons qui eux ont l’air sympathiques. La réalité, elle, est plus compliquée. Il faut si peu de choses pour qu’un pécheur devienne un saint et qu’un saint, lui aussi, devienne un pécheur.

Rappelez-vous, Judas, le traître, était un apôtre de Jésus ; le malfaiteur pardonné, le bon larron, était un brigand ! A un certain niveau de profondeur, et c’est à ce niveau que se situe Jésus quand il garde le silence. Les pécheurs et les saints ne sont pas loin les uns des autres : la distance d’une “pelure d’oignon”, disait un maitre spirituel.  Et quand Jésus voit cette femme poussée devant lui, par ses accusateurs, il voit bien sûr, non pas seulement ce qu’elle a fait, mais aussi son cœur et il voit également l’indignation des défenseurs de la Loi de Moïse.

Il voit aussi leurs cœurs : ces cœurs pleins de haine à l’égard de cette femme, mais surtout à cause de Jésus qu’ils veulent compromettre  pour  le  supprimer.

 Jésus voit en même temps le péché et le pécheur, mais il ne veut pas et il ne peut pas faire l’amalgame entre les deux. Le péché, oui, il est là, c’est vrai, avec toute sa laideur et il ne faut pas le nier ! Il existe, il est virulent, il est une atteinte terrible à l’amour de Dieu.

En péchant, nous prenons parti contre lui. Imaginez, dans l’Evangile de dimanche dernier, l’enfant prodigue, la douleur du Père lorsqu’il partage ses biens et qu’il voit partir son fils au loin. Nous ne serons jamais assez sévères contre le péché : il dégrade l’homme, il blesse Dieu. Il fait du mal à l’un et à l’autre. Mais, le pécheur, lui, c’est d’abord une victime du péché. Il est la première victime du péché ! Comment lui en vouloir, à lui, qui s’est laissé prendre dans le filet ?

L’adultère de cette femme : jamais le Christ ne l’admettra, lui, le Dieu fidèle. Il est atteint de plein fouet par l’infidélité de cette fille de Dieu.

Mais la femme, elle-même, victime du péché, comment peut-elle être jugée par celui qui a dit : « Je ne suis pas venu pour juger mais pour sauver ? »

Que diriez-vous d’un médecin auquel un sidéen se présente et auquel, à la place d’une ordonnance pour essayer de le sauver, lui ferait seulement la morale et lui dirait que c’est bien fait  et qu’il n’a que ce qu’il a cherché et qu’il l’a bien voulu ?!

De grâce, frères, faisons toujours la différence entre le péché et le pécheur. Le péché est le mal, le pécheur n’est que la victime du péché.  De même que nous faisons bien la différence entre la maladie et le malade. Nous faisons tout pour éliminer le mal mais nous faisons tout aussi pour aider le malade à se sortir de sa maladie. Ne faisons pas d’amalgame.

Ne confondons pas le mal et le malade. De même, ne mettons pas dans le même sac : péché et pécheur. Le pécheur n’est que la victime du péché et nous ferons tout pour sortir le pécheur de son péché.               

Condamner, juger, cela veut dire : « Je ne peux plus rien pour toi. Il n’y a plus moyen que tu t’en sortes. C’est définitivement que tu es enlisé dans le mal ». Ne dit-on pas d’un malade pour lequel on ne peut plus rien “qu’il est condamné“. Un pécheur n’est jamais condamné par Dieu et il doit l’être encore moins par nous qui partageons son destin.

Faisons bien toujours la différence, frères et sœurs, dans nos jugements, entre le péché qui, lui est toujours condamnable et le pécheur, victime du péché qui, lui, peut être toujours sauvé.

La conversion est  toujours possible et cela jusqu’au bout !

Regardez le malfaiteur qui est à côté de Jésus sur la Croix.

Il entend dire, dans la bouche de Jésus : « Aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis ».

 Aussi, au bout d’un certain  temps, le temps de réfléchir un peu et  de se remettre  soi-même en cause, Jésus leur dit simplement :

« Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter sa pierre ». Jésus connait les reins et les cœurs de chacun : il sait, lui, qui nous sommes en vérité ; devant lui nous ne pouvons pas mettre de masque et de maquillage de sainteté. Ils ont bien senti cela, tous ceux qui avaient une pierre à la main, prêts à lancer…

Qui est juste ? Qui est saint ? Qui ? Lève le doigt qui peut dire qu’il n’a rien à voir avec le péché.

On entendit alors un bruit mat et sourd : les pierres tombent, les unes après les autres auprès des pieds de ceux qui les tenaient. Et Jean ajoute malicieusement : « Ils s’en allèrent les uns après les autres, en commençant par les plus âgés ! »

Les plus âgés, ceux qui ont le plus d’expérience de leur propre péché, de leur faiblesse, de leur fragilité : Dieu sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme ! Il nous reste à entendre, nous aussi :

« Femme, où sont-ils donc ? »

Plus que deux personnes sur le parvis du Temple : Jésus et la femme ! St-Augustin nous dit : « Face à face » ;  « la misère et la miséricorde ». Que se passe-t-il dans ce cas-là ?

La miséricorde fait disparaître la misère.

«  Personne ne t’a condamnée ? »

Elle répondit : « Personne, Seigneur ».

Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas.

Va et désormais ne pèche plus ».

A la célébration pénitentielle, à notre tour, Jésus nous dira la même chose : « Je ne te condamne pas, va et ne pèche plus ».  AMEN

 

 




Rencontre autour de l’Évangile – 5ième Dimanche de Carême

Jésus lui dit :

« Moi non plus, je ne te condamne pas.

Va, et désormais ne pèche plus. »

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Jn 8, 1-11)

Cette page d’évangile est bien connue. Mais en lisant lentement, en regardant les personnages, cette rencontre de Jésus avec la femme adultère est toujours bouleversante. Elle est Parole de Dieu pour nous.

Jésus est à Jérusalem. Il a participé à la fête des tentes, qui rappellent chaque année le séjour des Hébreux au désert et la dédicace du temple de Salomon.Jésus profite de l’affluence pour enseigner dans le temple.

Soulignons les mots importants

Jésus est assis et enseigne : Jésus est présenté comme le maître qui interprète la Loi avec autorité et sagesse. C’est pourquoi on lui présente un cas à résoudre selon la Loi de Moïse.

Adultère : Que signifie exactement ce mot? Comment nous l’exprimons dans le langage courant?

Jésus s’était baissé et traçait des traits sur le sol ? :

Que signifie cette attitude? (il fait durer le silence)

 Les plus âgés partent les premiers : Pourquoi eux ?

 Jésus seul avec la femme en face de lui : “ la misère et la miséricorde ” ( St Augustin).

Je ne te condamne pas. Va ne pèche plus.

La femme était enfermée dans un cercle de mort. Que fait Jésus ?

 

Ensemble regardons Jésus

Il est assis. Il baisse les yeux. Il se tait. Il trace des traits sur le sol. Silence qui appelle à la réflexion. Il est le nouveau Moïse. A la Loi qui condamne la faute, il apporte la miséricorde du Père pour le pécheur. Il reste seul avec la femme. Il la regarde. Il lui parle. Il la remet debout et la fait repartir vers une vie nouvelle.

Pour l’animateur 

Selon le livre du Lévitique (Lv 20,10) l’infidélité conjugale était punie de mort (pour les deux) par lapidation. A l’époque où Jean écrit son Evangile, au début de l’Eglise, l’adultère était considéré comme un des rares péchés pour lesquels une pénitence publique était nécessaire et qui ne pouvait être remis qu’une fois dans la vie. En face de cette rigueur extrême, l’indulgence de Jésus remet les choses à leur juste appréciation.

Les prophètes ont comparé souvent l’infidélité du peuple envers son Dieu à un adultère.

On ne saura jamais si Jésus a écrit des mots sur le sol. L’évangéliste dit qu’il traçait des traits. Mais Jésus est le nouveau Moïse : il écrit la Loi du pardon et de l’amour : Tu aimeras comme ton Dieu t’aime.

Si les plus âgés se retirent les premiers, c’est peut-être parce qu’ils sont plus sages pour reconnaître leur condition de pécheurs.

Jésus parle à la femme et lui permet de sortir de l’enfermement de son péché. Cette femme est devenue quelqu’un qui a un avenir. Jésus ne nie pas la gravité de la faute. Mais son pardon libère la femme et lui donne une nouvelle chance.C’est la manière d’aimer de Dieu.

 

L’Evangile aujourd’hui dans notre vie

Le comportement et les pensées des scribes et des pharisiens nous font réfléchir sur notre comportement à nous quand nous nous trouvons devant des cas semblables.

  • Ne serions-nous pas tentés de juger et de condamner sans laisser aucun espoir de changement ou de nouveau départ ?

  • Ou au contraire ne serions-nous pas portés à minimiser la gravité de la faute parce que c’est, hélas, devenu chose courante ?

  • Comment nous apparaît Jésus dans cette scène d’évangile?

  • Que nous inspire l’attitude de Jésus pour notre vie personnelle et pour nos communautés chrétiennes ?

Jésus n’enferme jamais le pécheur dans son péché. Son amour qui pardonne ouvre toujours un avenir à celui qui reconnaît sa faute : “ Va, et désormais ne pèche plus. ” Il faut reconnaître que notre société pousse au désordre dans le domaine de la vie conjugale, et en même temps elle ignore le pardon et encourage les solutions extrêmes et faciles comme le divorce.

Et nous disciples de Jésus, là-dedans ?

 

ENSEMBLE PRIONS   

Seigneur Jésus, en agonie au jardin des Oliviers, envahi par la tristesse et l’effroi, réconforté par un ange :

Pitié, Seigneur, pitié pour nous

Seigneur Jésus, trahi par le baiser de Judas, abandonné par tes apôtres, livré aux mains des pécheurs,

Pitié, Seigneur, pitié pour nous

Seigneur Jésus, accusé par de faux témoins, condamné à mourir sur la croix, souffleté par les valets, couvert de crachats,

Pitié, Seigneur, pitié pour nous

Seigneur Jésus, renié par Pierre, ton apôtre, livré à Pilate et à Hérode, mis au rang de Barrabas,

Pitié, Seigneur, pitié pour nous

Seigneur Jésus, portant ta croix au Calvaire, consolé par les filles de Jérusalem, aidé par Simon de Cyrène,

Pitié, Seigneur, pitié pour nous.

 

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5ième Dimanche de Carême Année C

 

 




5ième Dimanche de Carême – par le Diacre Jacques FOURNIER (Jn 8, 11)

« Je ne te condamne pas » (Jn 8,1-11)

En ce temps-là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers.
Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu,
et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre.
Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »
Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre.
Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.
Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? »
Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

 

            « Tu ne commettras pas d’adultère » (Ex 20,14 ; Dt 5,18). La Loi est formelle, d’autant plus que nous avons ici une des Dix Paroles données par Dieu à Moïse. A partir d’elles, les hommes avaient développé une justice très dure : « L’homme qui commet l’adultère avec la femme de son prochain devra mourir, lui et sa complice » (Lv 20,10). Ici, une « femme a été prise en flagrant délit d’adultère. » Mais qui dit « flagrant délit » dit deux personnes pour le commettre. Où donc est l’homme ? La Loi le concerne lui aussi… Une injustice se laisse pressentir…

            Les Pharisiens veulent mettre Jésus à l’épreuve. S’il invite à obéir à la Loi, il perdra sa réputation d’extraordinaire bonté, et avec elle son crédit auprès du Peuple. S’il conteste la Loi, ils pourront l’accuser auprès du Grand Prêtre, le condamner et le faire périr…

            Comment « le juge » Jésus va-t-il donc réagir ? Surprise : il se baisse et se met à tracer des traits sur le sol. Il semble se retirer de la scène, laissant face à face les Pharisiens et la femme adultère… St Ambroise, St Augustin et St Jérôme ont proposé d’interpréter ce geste à la lumière de Jérémie 17,13 : « Espoir d’Israël, Seigneur, tous ceux qui t’abandonnent seront honteux, ceux qui se détournent de toi seront inscrits dans la terre, car ils ont abandonné la source d’eaux vives, le Seigneur ». D’après eux, Jésus écrirait sur le sol le nom de ces Pharisiens. Formidable renversement : les accusateurs deviennent les accusés… En effet, par la dureté de leur cœur, ils manifestent qu’ils ont abandonné le Père des Miséricordes. Ils se croient justes ? Ils sont en fait dans les plus épaisses ténèbres…

            Et Jésus va les aider à en prendre conscience. Il se lève, prononce une seule phrase, solennellement appuyée par ce brusque retour dans le débat, puis il se retire de nouveau en se baissant… « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre ». Accusateurs et juges de la femme adultère, ils en viennent à devenir leurs propres accusateurs, et cette fois, ils se montrent des juges cléments à leur égard, bien obligés ensuite de faire de même pour cette femme… Mais elle seule recevra la Parole de libération : «  Je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus ». Ne te fais plus de mal, ni à toi, ni à ton prochain…                                       DJF




Audience Générale du Mercredi 27 Mars 2019

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 27 Mars 2019


Frères et sœurs, nous en venons aujourd’hui à la seconde partie du “Notre Père” dans laquelle nous présentons à Dieu nos besoins. Jésus nous enseigne à demander au Père le pain quotidien, en nous invitant à partir de cette évidence que nous ne sommes pas des créatures auto-suffisantes. Il nous enseigne à le faire, unis à tant d’hommes et de femmes pour qui cette prière est un cri qui accompagne l’inquiétude de chaque jour. C’est à ce niveau que commence la prière chrétienne : elle part de la réalité, du cœur et de la chair des personnes qui sont dans le besoin, ou de celles qui partagent leur condition. C’est pourquoi Jésus nous enseigne à demander ce pain, non pas seulement pour nous-mêmes, mais pour toute la fraternité humaine. Ainsi cette prière comprend une attitude de compassion et de solidarité. Et Jésus éduque son Église à porter à Dieu les besoins de tous. Car le pain que nous demandons au Seigneur a été offert pour l’humanité et il est destiné à être partagé. C’est ce que souligne le récit de la multiplication des pains, où le vrai miracle accompli par Jésus est celui du partage. Ainsi, l’enfant qui a offert ses cinq pains et ses deux poissons a compris la leçon du Notre Père, à savoir que la nourriture est un don de la providence à partager, avec la grâce de Dieu.

Je suis heureux de saluer les pèlerins venus de France et d’autres pays francophones. Je salue en particulier les prêtres du diocèse de Cambrai, avec leur évêque Mgr Dollmann, les membres de la Faculté de Droit canonique de Paris, les pèlerins d’Angers, ainsi que les nombreux jeunes venus de Paris, Rueil-Malmaison, Dreux, Aix-en-Provence, et d’autres lieux. Que la prière du Notre Père nous aide à demander le pain quotidien pour tous. Et que dans la recherche du pain quotidien, nous puissions témoigner que seule l’Eucharistie est susceptible de rassasier la faim d’infini et le désir de Dieu présents en chaque homme. Que Dieu vous bénisse !

 




Jésus de Nazareth et l’histoire, que sait-on ? Samedi 30 mars 2019 par Yannick LEROY

Jésus de Nazareth et l’histoire

Que sait-on ?

Par Yannick LEROY

Historien des origines du Christianisme

Intervenant auprès du SEDIFOP

Samedi 30 Mars 2019

à 14h00 à la Maison Diocésaine

Rue de Paris 97400 Saint Denis

Entrée libre

 

Pour afficher l’affiche cliquer sur le lien : Jésus de Nazareth et l’histoire Yannick LEROY




Rencontre autour de l’Évangile – 4ième Dimanche de Carême

“ Ton frère que voilà était mort,

et il est revenu à la vie. ”

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Lc 15, 1-3 ; 11-32)

On peut proposer au groupe une lecture dialoguée en répartissant les rôles : un narrateur, le fils prodigue, le père, le domestique, le fils aîné. Cette manière donnera plus de vie au texte et permettra de mieux situer chaque personnage de la parabole.

Cette parabole est la troisième des “ paraboles de la miséricorde ” qui forment le chapitre 15 de l’évangile selon Saint Luc. Les deux premières sont la parabole de la brebis perdue et retrouvée suivie de celle de la pièce d’argent perdue et retrouvée. Avec elles, c’est Dieu, le premier, qui part à la recherche du pécheur jusqu’à ce qu’il le retrouve. Dans la troisième, c’est le fils prodigue qui prend la décision de revenir… Mais le contexte général permet de dire que s’il en est ainsi, c’est que son Père l’a déjà retrouvé, et il a consenti à son appel de revenir de tout cœur à Lui en se repentant de ses fautes. Tout vient de Dieu, tout est Don de Dieu, mais nous sommes tous invités, en toute liberté, à consentir à sa Présence et à sa grâce, une grâce qui nous permettra de revenir à Lui, de nous convertir vraiment…

Regardons-réfléchissons-méditons

Les publicains : qui sont-ils et pourquoi sont-ils mis avec les pécheurs ?

Les pécheurs : ce sont tous ces gens qui sont considérés pécheurs parce qu’ils ne pratiquent pas parfaitement tous les préceptes de la Loi de Moïse, ceux qui sont considérés comme impurs parce qu’ils sont en contacts avec les païens, les infirmes.

Cet homme fait bon accueil… et mange avec eux : Cette fois, c’est Jésus qui accueille, sans doute chez lui (chez Pierre), à sa table.

Pourquoi cela provoque-t-il les réactions des pharisiens ?

Les personnages de la parabole :

Quels sont les mots importants de la parabole ? 

            – qui décrivent l’attitude du fils cadet ?

            – qui décrivent l’attitude du Père ?

            – qui décrivent l’attitude du fils aîné ?

Quel est le personnage central de la parabole ?

Qu’est-ce que Jésus nous révèle de Dieu son Père ?

 

Ensemble regardons Jésus

Jésus nous révèle le Père : par toute sa vie, son attitude à l’égard des pécheurs, de tous ceux que l’on méprise ou mis de côté. “ Qui me voit, voit le Père ” (Jn 14,9).

Pour l’animateur 

Les publicains étaient, au temps de Jésus, des juifs qui percevaient les impôts (le denier public) pour le compte des Romains qui occupaient le pays. Ils n’étaient pas rémunérés. Ils se payaient eux-mêmes en augmentant le montant de la taxe prévue. Non seulement ils travaillaient pour les occupants, des païens, mais ils avaient la réputation de s’enrichir sur le dos de leurs compatriotes. Ils étaient considérés comme des pécheurs publics, peu fréquentables. Parmi les Douze, Matthieu était un publicain. Nous connaissons aussi un autre publicain célèbre : Zachée.

            Inviter quelqu’un à sa table, c’est lui montrer de la considération et souvent, de l’amitié. De plus, chez les juifs, le repas avait toujours un caractère sacré. L’évangile nous montre souvent Jésus dans un repas : Noces de Cana, chez Simon le pharisien, chez Zachée, chez Marthe et Marie…On comprend que les pharisiens qui vivaient “ séparés ” pour se protéger et se considéraient comme des purs, étaient choqués de voir Jésus partager un repas avec des publicains.

                Les personnages de la parabole :

            Le plus jeune : “ il part pour un pays lointain – gaspille – vie de désordre – dans la misère – je meurs de faim – garder les cochons (la pire déchéance pour un juif) réfléchit – j’ai péché – partit pour aller vers son Père. ” Ce n’est pas tellement le regret d’avoir rompu avec son père qui le pousse à revenir. C’est la misère et la faim.

            Le Père (personnage central de la parabole). “ Son père l’aperçut (au loin), saisi de pitié, courut, se jeter à son cou, le couvrit de baisers…vite, le plus beau vêtement, une bague, des sandales, faisons la fête. Il sort et supplie son fils aîné. Ton frère était mort et il est revenu à la vie. ”

C’est en mesurant à quel point son Père l’aime et l’a toujours aimé, que ce fils mesure la gravité de son attitude et en même temps éprouve le bonheur d’être pardonné.

            Le fils aîné : “ Je suis à ton service, sans avoir jamais désobéi, ton fils que voilà ”.  Lui non plus, il n’a jamais fait l’expérience de la tendresse de son Père. D’ailleurs il se considère comme un serviteur, et non un fils. Il n’aime pas davantage son frère. C’est l’homme de la loi, qui se considère juste, irréprochable et méritant. Jésus vise les pharisiens qui d’ailleurs comprennent bien qu’il parle pour eux.

Jésus nous révèle un visage de Dieu étonnant : non seulement il ne fait aucun reproche, mais il offre généreusement sa tendresse au pécheur qui se présente avec sa misère et il fait la fête en pardonnant.

 

L’Evangile aujourd’hui dans notre vie

Quelle idée nous nous faisons de Dieu ? Quelqu’un qui nous surveille de haut et de loin ? Quelqu’un qui est prêt à nous punir ? Un Père qui souffre de voir un de ses fils ou l’une de ses filles loin de lui, se détruisant dans une vie de désordre ? Qui attend avec patience le retour du pécheur ? Qui accueille, pardonne et embrasse son fils ou sa fille qui était perdu et qui est retrouvé ?

Quelle est notre attitude vis à vis de ceux qui sont partis ? Qui ont quitté la “ maison de famille ”. Quel est notre regard sur ceux qui sont loin ? Quel visage de Dieu je leur présente par mon attitude, par mes paroles ?

La parabole ne dit pas si finalement le fils aîné a répondu à la supplication du père en participant à la fête des retrouvailles : la parabole est ouverte. C’est à chacun de nous mettre à la place du fils aîné et de voir ce qu’il nous reste à faire.

Dans l’Eglise, nous sommes tous des pécheurs pardonnés. Ce qui nous unit dans la fraternité de l’Eglise, c’est bien que, tous, nous avons été réconciliés avec le Père et entre nous, grâce au sang de Jésus son Fils.

Mais vivons-nous vraiment en fils et filles bien-aimés du Père et en frères entre nous ?

La paroisse, c’est “ une maison de famille fraternelle et accueillante ” (Jean Paul II). Où en sommes-nous ?

 

ENSEMBLE PRIONS   

Nous voici devant toi Seigneur Jésus, comme le fils qui a dilapidé l’héritage : toi le Fils bien-aimé, conduis-nous vers le Père. (tous)

Nous voici devant toi comme la pécheresse accusée : toi qui es sans péché, donne-nous le pardon. (tous)

Nous voici devant toi comme Zachée le publicain : toi l’ami des pécheurs, apprends-nous à donner. (tous)

Chant : L’enfant prodigue p.184 (carnet paroissial)

ou “  Oui je me lèverai p.185 c.1,6,7, 8, 9

 

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 4ième Dimanche de Carême Année C

 




4ième Dimanche de Carême (Luc 15, 1-3.11-32) :  «« Il rentra en lui-même. » (Francis Cousin)

« Il rentra en lui-même. »

 

Tout le monde connaît la parabole du Fils prodigue … ou tout du moins en a entendu parler. On l’entend au moins une fois dans l’année, on l’entend à chaque récollection sur le pardon, sur la réconciliation, sur la miséricorde … Mais est-ce qu’on la connaît vraiment ? Est-ce que l’on est rentré en soi-même pour réfléchir dessus ?

Rentrer en soi-même, c’est ce que fit le fils prodigue quand il était au ’’bout du rouleau’’, quand il était seul, sans argent, sans nourriture, loin de tous ceux qu’il aimait (?) …

Rentrer en soi-même, c’est faire le point sur soi, voir ses bonnes et ses mauvaises actions, voir ce qui est bien dans sa vie, ce qui est mal, … et voir les décisions qu’il nous faut prendre pour aller dans la direction qui nous semble la bonne.

Mais rentrer en soi-même tout seul … on risque de faire fausse route. Il faut accepter de se faire aider, pas nécessairement par un directeur spirituel … qui deviennent de plus en plus rares, et très peu demandés … mais au moins (ou au plus) par l’Esprit Saint qui est toujours prêt à nous aider si on le lui demande. Ce qui veut dire : s’isoler, faire le désert autour de soi (virtuellement), et demander à l’Esprit Saint de nous éclairer.

La parabole dite du fils prodigue est la troisième parabole du chapitre 15 de saint Luc. Dans les deux premières, plus courtes, la brebis perdue ou la drachme perdue, la fin est la même : « Il assemble amis et voisins et leur dit :’’Réjouissez-vous avec moi, car je l’ai retrouvée la brebis (la drachme) qui était perdue. C’est ainsi, je vous le dis, qu’il y a de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent … ».

Dans ces deux premières paraboles, la brebis ou la drachme sont perdues. Sans plus.

Dans la troisième, c’est différent : le fils cadet demande sa part d’héritage, et décide d’aller dans un pays lointain … C’est une volonté expresse de sa part de vouloir prendre son indépendance et de quitter sa vie de tous les jours. Il veut créer son propre mode de vie.

Malheureusement pour lui, cela tourne au fiasco. Alors il se souvient de son ancienne vie, et il échafaude un stratagème, ou un repentir (?) …

Quand il revient dans son pays, c’est son père qui le voit le premier, comme s’il attendait chaque jour sa venue … et il l’accueille les bras ouverts. Il pardonne tout à son fils (et pourtant ! … pourrions-nous dire…), sans demander le détail de ce qu’il a fait pendant son absence. « Il y a de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se retourne vers Dieu » …

Il n’y a que Dieu pour réagir ainsi. Pas comme certains prêtres qui veulent le détail sur chaque péché lors des confessions, au risque de dégouter à tout jamais la personne qui vient vers lui ; pas comme certains parents qui veulent des explications sur les « mauvaises » actions de leur enfant.

Les trois protagonistes de cette parabole, le fils prodigue, le père, et le fils ainé, c’est nous, à un moment ou à un autre …

Le fils prodigue ! Bien sûr ! Et plus souvent qu’on ne le croit … ou que l’on voudrait … Combien de fois voulons-nous faire les choses par nous-mêmes, sans l’aide des autres, … parce que nous nous sentons capables, parce que … On ne peut pas reprocher cela à quelqu’un, sauf peut-être la manière … Mais est-ce que nous sommes capables de régulièrement entrer en nous-même pour faire le point ? Et reconnaître nos erreurs ? Et éventuellement demander pardon ?

Le père ? Il faut bien reconnaître que pour la plupart des gens, nous réagissons rarement comme celui qui nous est présenté. Parce que nous pensons à notre égo, aux incidences matérielles, à la manière dont notre réaction sera perçue des autres … Au lieu de simplement réagir avec notre cœur.

Le fils ainé ? C’est vrai que dans la parabole, on ne sait pas quelle est sa réaction finale, après l’intervention du père :

– Accepte-t-il de « rentrer dans la danse », pardonnant par le fait les tribulations de son frère ?

– Restera-t-il dehors, buté, sûr de sa pensée, … comme les pharisiens qui n’acceptent pas (ou qui ne reconnaissent pas) qu’un pécheur puisse se convertir ?

Il semble que ce soit la deuxième solution qui soit à retenir, et alors, malheureusement, nous sommes souvent comme le fils ainé, qui a tout bien fait … et qui en est fier … et qui a du mal à accepter qu’un pécheur se convertisse, comme Zachée, comme celui-là qui distribue la communion, alors que tout le monde sait qu’il a eu une maitresse … Combien sont-ils ces pécheurs repentis dont nous n’arrivons pas à oublier leurs erreurs passées … alors que nous oublions bien vite les nôtres …

Il est facile de se mettre du côté des bonnes personnes … alors qu’en fait, nous ne le méritons pas …

Profitons de ce temps de carême pour entrer en nous-même, et regarder quelle est notre manière de vivre vis-à-vis de Dieu, et vis-à-vis des autres …

Seigneur mon Dieu,

Nous savons que tu nous aimes

depuis toujours, et pour toujours,

que tu es toujours prêt

à nous accueillir les bras ouverts,

parce que tu es miséricordieux

et que tu pardonnes nos fautes.

Permets que nous entrions en nous-même

et que nous revenions vers toi.

 

Francis Cousin

 

 

 

 

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Image dim carême C 4°

 

 




4ième Dimanche de Carême – par le Diacre Jacques FOURNIER (Lc 15, 1-32)

Consentir à ce Dieu et Père qui nous cherche tous

(Lc 15,1-32)…

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.”
Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.”
Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer.
Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.”
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !”
Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »

 

                   L’Evangile de ce Dimanche est à lui seul un condensé de la Bonne Nouvelle. Trois paraboles s’enchaînent : la brebis perdue et retrouvée (Lc 15,4-7), la pièce de monnaie perdue et retrouvée (Lc 15,8-10), le plus jeune fils qui, ayant choisi au début un chemin de perdition, décide enfin de se repentir et de revenir chez son Père (Lc 15,11-32). Et ce dernier dira en l’accueillant les bras grands ouverts : « Mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ».

            Trois récits, et pourtant, juste avant le premier, St Luc écrit : « Jésus leur dit cette parabole », au singulier… Autrement dit, tout ce qui suit est comme une seule parabole. Ces trois récits renvoient donc à une seule et même réalité…

            Or, dans les deux premiers, le pasteur et la femme sont deux images qui renvoient à Dieu, ce « Père » qui nous aime avec des « entrailles » de Mère (Is 63,15‑17). Entre Dieu et l’homme pécheur qui l’a abandonné et si souvent offensé, c’est Dieu qui a toujours l’initiative et qui ne cesse de le « chercher avec soin, jusqu’à ce qu’il le retrouve ». Voilà comment Dieu se comporte envers tout homme sur cette terre ! Nous sommes tous des « cherchés par Dieu », des « désirés par Dieu », des « voulus par Dieu », car Dieu est notre Père à tous, un Père qui aime infiniment chacun de ses enfants. Non, « ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils qui est la victime offerte pour nos péchés ». (1Jn 4,10). « La preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs » (Rm 5,8).

            « Je ne cesserai pas de les suivre pour leur faire du bien, je trouverai ma joie à leur faire du bien » (Jr 32,40-41). Voilà ce que fait Dieu vis-à-vis de l’homme qui se perd dans les ténèbres de son péché… Et quand ce dernier dresse enfin l’oreille de son cœur, il ne peut qu’entendre la Voix de Celui qui n’a cessé de le suivre pour lui offrir toute sa Tendresse, son Amour et sa Miséricorde infinie… S’il accepte de se laisser rejoindre, de se laisser aimer tel qu’il est, il s’entendra dire alors : « Je t’ai suivi jusqu’à maintenant dans tous tes errements. Maintenant, lève-toi, détourne-toi de tout ce qui en fait te détruit, et suis-moi ! ». Et Dieu au même moment lui offrira la Force de son Esprit sans laquelle il ne peut rien… Avec Elle et par Elle, c’est Lui qui le portera et le ramènera à la Maison (les deux premiers récits). Mais rien ne se fera sans le consentement libre et responsable de ce fils perdu, qui, une fois retrouvé par son Dieu et Père, décide de consentir à cet Amour qui le précède : « Je vais retourner chez mon Père, et je lui dirai : « Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi »… Et il se retrouvera aussitôt revêtu de la plus belle robe de la Maison du Père, celle du Père Lui-même, Robe de Splendeur, de Majesté, de Lumière et de Gloire…         DJF