4ième Dimanche de Pâques – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Jean 10, 27-30)

Le Christ Bon Pasteur

(Jn 10, 27-30)

En ce temps-là, Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent.
Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main.
Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père.
Le Père et moi, nous sommes UN. »

 

 

            « Mes brebis écoutent ma voix », dit Jésus.

Or en St Jean, le thème de la voix est lié à l’action de l’Esprit Saint, cette Troisième Personne de la Trinité qui travaille avec le Fils à l’accomplissement de la volonté du Père : le salut de tous les hommes. « L’Esprit souffle où il veut, et tu entends sa voix », dit Jésus (Jn 3,8). Et c’est ainsi qu’il rend témoignage à la Parole donnée par Jésus : il joint sa voix à la sienne. « L’Esprit de vérité me rendra témoignage » (Jn 16,26). Et comment fait-il, quel est donc le ‘contenu’ de sa voix ? Il est de l’ordre de la Vie. L’Esprit Saint parle en communiquant à celles et ceux qui écoutent la Parole de Jésus « quelque chose » qui est de l’ordre de la Vie éternelle : « C’est l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63 ; 2Co 3,6). Ecouter la voix de Jésus, c’est donc vivre de sa Vie… Jésus est en effet « le Chemin, la Vérité, et la Vie » (Jn 14,6). Il est le Chemin qui, par la Vérité qu’il nous dit, conduit à la Vie, car « l’Esprit de Vérité » rend témoignage à cette Vérité révélée par Jésus en communiquant justement la réalité de cette Vie que Jésus évoque par ses Paroles…

            Bien sûr, l’Esprit de Vérité ne rendra jamais témoignage à quelqu’un qui serait en désaccord, de cœur, avec cette Vérité. Jésus, « les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix » : elles vivent avec lui « quelque chose » qui est de l’ordre de la Vie, grâce à l’action de l’Esprit Saint dans leur cœur. Mais rien de tel pour « les étrangers » : « Elles ne suivront pas un étranger ; elles le fuiront au contraire, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers »… Avec eux, pas de « Vie »…

            Ce Mystère de Vie est en fait un Mystère de Communion qui existe en Dieu de toute éternité. Le Père est Plénitude de Vie, et gratuitement, par amour car « Dieu Est Amour », il ne cesse de donner cette Vie à son Fils, l’engendrant ainsi en Fils « né du Père avant tous les siècles ». « Je vis par le Père », nous dit Jésus. Etant ainsi « Dieu né de Dieu, vrai Dieu né du vrai Dieu », le Fils est lui aussi « Amour », et donc « Don de Lui-même ». Et du Don éternel du Père et du Fils « procède » l’Esprit Saint, comme nous l’affirmons dans notre Crédo. Les Trois vivent dans la Communion d’une même Plénitude, qui Est Amour, Lumière et Vie, le Fils la recevant du Père de toute éternité, l’Esprit Saint la recevant du Père et du Fils de tout éternité, en un Mystère d’Amour, de Don gratuit… Et Jésus affirme ici : « Moi et le Père, nous sommes un », bien différents l’un de l’autre, mais unis l’un à l’autre dans la Communion d’une même Lumière, d’une même Vie…                                                                                  DJF




4ième Dimanche de Pâques – Homélie du Père Louis DATTIN

Bon berger

Jn 10, 27-30

Ce dimanche, vous le savez sans doute, mes frères, est celui de la journée mondiale de prière pour les vocations. Méditons ensemble sur ces deux belles images du “Bon Berger” et des “Brebis de son pâturage”, pour mieux supplier Dieu qu’il nous fasse lever de nouveaux prêtres pour l’Eglise de demain.

L’image du “mouton” ou du “troupeau” aurait facilement aujourd’hui un sens péjoratif. On répète aux gens : « Ne soyez pas comme des moutons passifs », « N’ayez pas l’esprit grégaire », et nous avons, dans l’arrière fond de notre mémoire, l’histoire des “Moutons de Panurge”. Pourtant, cette image biblique, que Jésus réemploie après tant de prophètes, a une signification extrêmement moderne. Les verbes actifs utilisés par Jésus sont au contraire très personnalisant.

Le 1er verbe, c’est écouter : et voilà une des attitudes de base, disposition essentielle pour permettre la relation de deux êtres. L’écoute de l’autre est une des attitudes déterminantes dans toute communication, à plus forte raison dans la vie chrétienne qui, justement, n’est que le dialogue entre le chrétien fils et son Dieu-Père.

L’écoute de l’autre est la 1ère manifestation de l’intérêt que l’on porte à celui qui nous parle. C’est un signe d’amour authentique qui requiert une attitude éminemment active : que penserions-nous de deux fiancés qui ne s’écouteraient pas ?

On veut tout savoir de celui que l’on aime et l’on écoute, avec attention et avec avidité, ce qu’il est en train de nous confier.

Supposez deux époux qui ne s’écouteraient pas ! Quel drame ! Quelle impasse ! Quel échec de l’amour ! Apparemment, ils vivent ensemble sous le même toit mais, en fait, ils sont seuls, chacun enfermé dans sa propre personne, isolé : parce que sans écoute de l’autre, en imposant toujours son “point de vue”, sans écouter l’avis de l’autre, ne demandant à l’autre que son obéissance passive. On ne parle plus parce qu’on sait que l’autre n’écoute plus ! Le désir le plus fort de l’amour, c’est le contraire : ce désir de “tout mettre en commun”, et ce que nous souhaitons au plus profond de nous-mêmes, c’est l’attention de l’autre, son écoute.

Combien de fois, pas seulement les prêtres, mais aussi le professeur  dans  sa  classe, un père  dans sa famille,  un  enfant, a eu l’impression (et ce n’était pas seulement qu’une impression) de parler dans le vide parce que personne autour de lui n’écoutait !

Que de fois, même dans un groupe, autour de la même table, même dans un soi-disant dialogue, nous ne savons pas vraiment écouter l’autre, préoccupé à l’avance de lui donner notre réponse, notre point de vue, à nous ! Nous ne savons pas vraiment écouter. Combien de fois avons-nous dit: « Écoutez, mais écoutez donc ! »  « Je vous parle mais vous ne m’écoutez pas! »

Ce qui se passe en famille, en paroisse, dans la vie professionnelle, se passe aussi dans ma vie spirituelle, dans ma relation à Dieu.

Est-ce-que j’écoute vraiment Dieu ?

Suis-je assez attentif à ce qu’il va me dire, à ce qu’il veut me dire ?

Que de prières avons-nous commencé où tout de suite nous avons parlé, exposé nos motifs, dit à Dieu nos besoins, sans avoir même auparavant, fait un peu de silence en nous, pour l’écouter, pour nous mettre à son écoute et nous rendre attentifs à ce qu’il pourrait nous dire, lui !

Faisons-nous d’abord de notre prière, une écoute de ce que Dieu désire nous confier ?

J’ai des choses à dire à Dieu, c’est bien, c’est normal mais, lui, Dieu, n’a-t-il pas aussi, et en priorité, un message à nous donner, des consignes à passer, un mot tendre pour nous encourager ?

Dans votre prière, combien de temps consacrez-vous à l’écoute de la Parole de Dieu ? Ou bien n’êtes-vous encombrés que de ce que vous voulez confier au Seigneur ?

Jésus affirme : « Mes brebis écoutent ma voix », est-ce bien vrai pour nous ?

Faisons-nous assez de silence dans notre vie, dans notre prière pour nous mettre à son écoute ?

Le Seigneur emploie ici un langage de vrai amoureux : quand on aime quelqu’un, on l’écoute avec plaisir, on lui fait confiance. Rappelez-vous, Marie-Madeleine, assise aux pieds de Jésus, elle l’écoutait, elle buvait ses paroles et Jésus dit à Marthe :

 

« Marie a choisi la meilleure part ».

La foi, c’est d’abord cela : une écoute humble, confiante de la Parole de Dieu. Que répondent les prophètes et les serviteurs de Dieu lorsqu’ils sont interpellés par Dieu ? « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ».

Mais “écouter” ne suffit pas. Après avoir été attentifs à la Parole de Dieu, il faut, comme dit Jésus, la “mettre en pratique”.

“Les brebis écoutent ma voix” et elles me suivent.

Le 2e verbe est “Suivre” : voilà encore un verbe d’action, qui n’a rien de passif. Il exprime une attitude libre : “s’engager à sa suite”, c’est l’adhésion d’une personne qui veut partager sa vie avec une autre qu’elle aime et qu’elle admire. Suivre :

  • c’est s’attacher à un autre que soi, se mettre dans le sillage de quelqu’un avec qui on veut partager sa vie ;

  • c’est aimer quelqu’un jusqu’à lier sa vie à la sienne : « Désormais ils ne feront plus qu’un » ;

  • c’est se lancer à deux dans une aventure commune. Là encore, nous nous retrouvons dans le registre de l’estime mutuelle de l’intimité amoureuse, de la communion de deux êtres et c’est bien de cela qu’il s’agit dans notre vie chrétienne : vivre avec le Christ, le suivre, partager sa vie et son destin.

Nous aimons tellement le Christ que nous décidons de partager sa vie, sa mentalité évangélique, sa manière de vivre.

Quand Jésus aime quelqu’un et qu’il le choisit, que dit-il ?

« Viens, suis-moi ». A chacun de nous, il dit cela !

Et que dit celui ou celle qui entend cet appel d’amour ? « Je te suivrai jusqu’au bout du monde ».

L’écoute doit déboucher sur la pratique : mettre ses pas dans les pas de Jésus. Sans pratique, la foi, n’est pas vérifiée.

A quelqu’un qui dit : « Je crois, mais je ne suis pas pratiquant », il est possible de réponde : « Tu dis, mais tu ne fais pas ! », « Tu parles, mais tu n’agis pas ».

La pratique du chrétien est la vérification de sa foi. Une foi sans action, sans pratique, nous rappelle St-Jacques, c’est une foi morte et inutile : « A quoi bon dire que tu es chrétien, si tu ne fais rien pour le faire voir et le mettre dans ta vie ». « C’est très beau de dire au Seigneur “Je t’aime, je t’aime”… encore faut-il le prouver et essayer de vivre comme lui ! »

Le chrétien croyant non-pratiquant est comme celui qui déclare : « Moi, j’aime le football »

« Ah bon ! Tu es dans quelle équipe ? A quelle place joues-tu ? »

« Ah non ! Je ne joue pas, je ne pratique pas ! Je regarde à la télé, dans mon fauteuil ».

Il croit au foot, mais il ne pratique pas. Beaucoup croient en Jésus Christ, mais ils ne le suivent pas.

Pour finir, après avoir vu les brebis :

1e – écouter le berger

2e – suivre le berger,

Voyons le bon pasteur lui-même. Jésus nous dit : 

« Je connais mes brebis ».

Jésus nous connaît, chacun d’entre nous. Il sait qui tu es, comment tu es, il te connaît comme s’il t’avait fait et de fait, c’est lui qui t’a créé et non seulement il nous connaît, mais il nous aime et il n’attend qu’une chose : c’est que nous nous confions à lui. Dieu nous connaît encore mieux que nous ne nous connaissons nous-mêmes.

Bien des personnes me disent : « Mon père, je vis seul, je suis dans la solitude ! » Comment un chrétien peut-il dire cela ! Un chrétien n’est jamais seul, il est toujours avec quelqu’un qui l’aime, qui l’accompagne, qui est toujours présent à sa vie.

Le Père de Foucault, ermite, en plein Sahara, n’était jamais seul, il vivait avec Jésus qu’il adorait pendant des heures, au pied du Tabernacle ou présent dans son cœur.

Le bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis. Non seulement Jésus nous aime, mais il a été, rappelez-vous le Vendredi Saint, jusqu’à donner sa vie pour nous ! Mes brebis, jamais, elles ne périront : « Personne ne peut les arracher de ma main ».

Le Bon Pasteur est capable de défendre chacun de nous contre les bêtes sauvages du péché : il s’expose à la mort pour nous sauver.

En cette journée pour les vocations, Seigneur, donne-nous des bons pasteurs.  AMEN




Rencontre autour de l’Évangile – 4ième Dimanche de Pâques

“Je suis le bon Pasteur”

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Jean 10 27-30)

Le texte est très court. Mais il est très riche. Comme nous le verrons, tous les mots sont importants. Faire la lecture très lentement. On peut le lire ensemble une deuxième fois.

Au début du chapitre 10, Jésus vient d’exposer longuement l’image du bon Pasteur pour parler de sa mission et des rapports particuliers qui l’unissent à tous ceux qui veulent le suivre et faire partie de son troupeau.

Les paroles de Jésus provoquent la division parmi les auditeurs de Jésus. Certains vont même jusqu’à le traiter de possédé, parce qu’il laisse entendre qu’il est Dieu comme son Père.

Soulignons les mots importants

Je suis : Jésus emploie souvent ces deux mots pour dire qui il est et pour dire sa mission. Citer quelques expressions qui commencent par “ je suis ”. Rapprocher ces deux mots du nom que Dieu révèle à Moïse.

Le bon pasteur : Cette image devait trouver un écho très fort dans le cœur des juifs. Pourquoi ?

Mes brebis : Quel est lien existe-t-il entre Jésus et chacun de nous ?

Ecoutent ma voix : Pourquoi le mot “ écouter ” est-il un mot qui revient souvent dans Bible ?

Je les connais : de quelle manière Jésus connaît chacun de nous ?

Elles me suivent : On pourrait définir ce qu’est un chrétien avec ce mot. Le chrétien c’est celui qui suit le Christ. “ Viens suis-moi ”

La vie éternelle : Quelle est cette vie éternelle dont parle Jésus ?

Jamais elles ne périront 

Personne ne les arrachera de ma main

Mon Père : Seul Jésus peut ainsi parler du Père. Pourquoi ?

La main du Père : Quand Jésus parle de sa main et de la main du Père, c’est pour faire naître en nous quel sentiment ?

Nous sommes UN :  Que nous révèle Jésus ?

 

Ensemble regardons Jésus

Avec les yeux du cœur !

Il est vivant parmi nous. Chaque matin, il est là, Soleil de notre vie. Attentif à notre situation. Il nous invite à reprendre notre difficile travail de témoins, de “ pêcheurs d’hommes ”. Parfois notre cœur est loin de lui. Nous ne le reconnaissons pas toujours. Sans lui nos efforts sont stériles. Si nous obéissons à sa parole, c’est lui qui assure le succès de notre témoignage.

 

Pour l’animateur

  • Quand Jésus emploie l’expression “ Je suis ”, par exemple “ je suis la lumière du monde, ”(Jn9,5, “ je suis le chemin ”,(Jn14,6) “ je suis le pain de vie ”(Jn6,35) “ je suis le bon Pasteur ”(Jn 10 11), il se met à la hauteur de Dieu, il applique à sa personne et à sa mission le Nom de Dieu révélé à Moïse, au désert, dans la Buisson ardent. Les juifs qui l’entendent sont alors choqués. Il est homme et il se dit Dieu.

  • La Terre d’Israël est une terre où les troupeaux de moutons ont toujours fait partie du paysage. Ce sont des tribus de nomades avec leurs troupeaux qui ont formé peu à peu le peuple hébreu. Dieu s’est comparé au berger de son Peuple. Il le chantaient dans le psaume “  Le seigneur est mon berger”.(Ps 23) Par son prophète Ezéchiel (34,11) il a promis de venir prendre lui-même la tête de son troupeau.  David était berger quand il a été choisi pour devenir le roi-berger d’Israël. Jésus, le fils de David, réalise la promesse de Dieu  “  Je suis le Bon berger ”.

  • Nous sommes vraiment le troupeau qui appartient au Christ, par le baptême. C’est un lien tout à fait particulier, une relation d’appartenance, qui nous unit au Bon pasteur. Et par lui nous sommes dans la main du Père. Cela nous donne joie et sécurité. “ Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer”. “ Personne ne les arrachera de ma main ”.

  • Mais cela suppose que nous écoutionssa voix. Le premier commandement du Peuple d’Israël commence par le mot “ Ecoute ”. (Dt, 6,4) Notre Dieu est le Dieu Vivant. Le Christ est “ le Vivant ”. Il a parlé. Il nous parle. Donc il est important d’être à son écoute. Alors que “ les idoles ont une bouche et ne parlent pas. ”(Ps115, 5) Elles sont “ mortes ”. Le Christ, notre Bon pasteur, parce qu’il est Dieu nous donne la vie éternelle. Une vie qui ne meurt pas. C’est pourquoi Jésus dit “ jamais elles ne périront ”. “ Si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. ” (Jn 8, 51)

  • Jésus nous révèle qu’il a la même puissance que son Père, et mieux que cela, lui et son Père ne font qu’UN. Seul Jésus peut dire “ Mon Père ” car il est Dieu avec lui depuis toujours. Tandis que nous, nous devenons fils et filles du Père avec lui et en lui grâce à l’Esprit-Saint qu’il nous a communiqué au baptême.

L’Evangile aujourd’hui dans notre vie

  • Jésus Christ ressuscité, bon Pasteur, marche à la tête de son troupeau :

Avons-nous conscience d’être un peuple en marche ?

Comment je me sens dans l’Eglise ? A l’aise ? pas trop ? Quelles sont les choses qui me posent questions ?

  • Dans ce peuple, je ne suis pas quelqu’un d’anonyme pour le Seigneur Jésus : chaque brebis compte pour lui. Il me connaît, j’écoute sa voix, je le suis.

Est-ce que je vis ce temps pascal pour rechoisir le Christ ?

Est-ce que je vis ma vie de baptisé comme une réponse à l’appel du Christ ? Autrement dit, est-ce que j’ai conscience d’avoir une vocation ?

Ai-je  la confiance absolue que rien ne peut m’arracher de la main du Christ ?

  • Aujourd’hui, le Père appelle des hommes à être des “ signes vivants ” du Christ Bon Pasteur pour conduire son Eglise.

Quel regard portons-nous sur l’évêque et les prêtres, “ pasteurs ” de l’Eglise ? Comment parle-t-on du prêtre dans notre entourage ? dans nos familles ?

Quand un jeune homme exprime son désir devenir prêtre, quelles sont les réactions ?

Et quand une jeune fille pense à la vie religieuse ?

ENSEMBLE PRIONS   

Père saint, source intarissable de l’existence et de l’amour,

qui dépose dans son cœur la semence de ton appel,

fais que personne, par notre négligence, n’ignore ou ne perde ce don,

mais que tous puissent marcher avec grande générosité

vers la réalisation de ton Amour.

Seigneur Jésus, toi le Bon Pasteur,

as choisi et appelé les apôtres et leur as confié la tâche de prêcher l’Evangile,

conduire les fidèles, de célébrer le culte divin,

fais qu’aujourd’hui aussi, ton Eglise ne manque pas de prêtres saints,

qui portent à tous les fruits de ta mort et de ta résurrection.

Esprit Saint, toi qui sanctifies l’Eglise avec la constante effusion de tes dons,

mets dans le cœur des appelé(e)s à la vie consacrée

une intime et forte passion pour le Royaume,

afin qu’avec un “ oui ” généreux et inconditionné

ils mettent leur existence au service de l’Evangile.

Vierge très sainte, toi qui sans hésiter t’es offerte toi‑même au Tout‑Puissant

pour la réalisation de son dessein de salut, 

suscite la confiance dans le cœur des jeunes

afin qu’il y ait toujours des pasteurs zélés,

qui guident le peuple chrétien sur la voie de la vie,

et des âmes consacrées capables de témoigner

par la chasteté, la pauvreté et l’obéissance,

de la présence libératrice de ton Fils ressuscité. Amen

 

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4ième Dimanche de Pâques Année C

 

 




Audience Générale du Mercredi 1er Mai 2019

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 1er Mai 2019


Frères et sœurs, nous arrivons maintenant à l’avant dernière invocation du “Notre Père” : « ne nous laisse pas entrer en tentation » (Mt 6,13). Malgré les difficultés à traduire de manière exacte l’expression du texte grec des Évangiles, il existe un point de convergence : Dieu ne se tient pas en embuscade pour tendre des pièges à l’homme. Les chrétiens n’ont rien à voir avec un Dieu jaloux, qui s’amuserait à mettre l’homme à l’épreuve. Bien au contraire : le Père n’est pas l’auteur du mal et il se tient aux côtés de l’homme pour le combattre et l’en libérer. Et, c’est dans ce sens que nous prions le “Notre Père”. Ainsi, l’épreuve et la tentation ont été présentes dans la vie de Jésus lui-même. Dans cette expérience, Le Fils de Dieu s’est fait notre frère et en lui, Dieu s’est manifesté comme le “Dieu-avec-nous”. De fait, Jésus a déjà combattu pour nous la tentation du pouvoir absolu sur tout et sur tous. De même, à l’heure de l’agonie, si l’homme dort alors que Dieu, en Jésus, lui demande de ne pas l’abandonner, Dieu lui veille quand l’homme est confronté à cette épreuve. Il descend jusque dans nos abimes et nos souffrances. C’est notre réconfort à l’heure de l’épreuve : savoir que cette vallée n’est plus désolée, mais qu’elle est bénie par la présence du Fils de Dieu qui ne nous abandonnera jamais.

Je suis heureux de saluer les pèlerins venus de France et d’autres pays francophones, en particulier les pèlerins de Troyes, les membres de l’Aumônerie Hmong de France et ceux des Foyers de Charité, ainsi que les jeunes venus de Carcassonne, Laval, Montpellier, Paris. A l’heure de l’épreuve et de la tentation, que le Seigneur nous manifeste sa présence et qu’il nous aide à nous abandonner confiants dans l’amour du Père. Que Dieu vous bénisse !




Comme c’est beau ce que je vois !

Voici un témoignage du Père Hubert LELIEVRE :

“J’entre dans la chapelle et trouve un homme à genoux, effondré.

Je m’approche de lui. Il s’assoit. Je fais de même.

Je reste en silence.

Il pleure. Longuement.

J’ai l’impression qu’à côté de moi le monde vient de s’écrouler sur les épaules d’un homme. Presque physiquement, le poids du monde semble ne s’être déchargé « que » sur ses épaules. Il est là. Totalement abattu, anéanti.

Je pose ma main sur son épaule et demeure en silence. Je prie.

Je demande à la Vierge Marie de l’envelopper de sa tendresse de Mère.

Après plus d’une demi-heure, j’entends le son de sa voix :

« Pour une nuit… Une nuit » martèle-t-il ! Il pleure à nouveau.

Puis il reprend : « Tu te rends compte ?… une nuit ! »

Avant de poursuivre : « Merci d’être là. »

Comment t’appelles-tu ?

« Luigi… Tu sais ce qui m’arrive ? »

Non.

« Depuis un moment, je n’étais pas bien. Alors j’ai fait des examens de sang. Et le médecin m’a proposé de faire le test du sida. Je l’ai fait. »

Et maintenant ?

« Je sors de chez le médecin. Il vient de m’annoncer que j’ai le sida. C’est terrible. Pour une nuit… Ça me coûte cher ! »

Luigi pleure à nouveau.

Veux-tu qu’on en parle ?

« J’avais 20 ans lorsque je me suis laissé entraîner un soir, dans une discothèque. Je m’ennuyais. Avant, je n’avais jamais été en discothèque. Et puis, j’ai bu un verre. Puis deux, trois, etc. Tu te laisses entraîner, tu sais. Tout est fait là dedans pour te détruire, t’entraîner même là où tu ne voudrais pas aller. J’ai eu tort d’y mettre un pied. En entrant, tu te dis « ça, je ne le ferai pas ! » Mais en fait, tu te laisses prendre par l’ambiance, les couleurs, la boisson, la musique à fond. Tu n’es plus toi-même. »

Peut-être y avait-il quelque chose au fond de ton verre…

« De la drogue ? »

Oui

« Pour d’autres c’est arrivé. On me l’avait raconté.

Pour moi, je ne pense pas. Je me suis retrouvé dans les bras d’une fille, entraîné, aliéné par l’alcool… puis dans un lit. Et, le lendemain matin, j’ai trouvé sur le pare brise de ma voiture une carte de visite. »

Qu’est-ce qui était écrit dessus ?

« Bienvenue au club ! » Je ne voulais pas y croire.

Maintenant, tout s’éclaire d’un coup.

Mon Père… c’est terrible. Je suis croyant. J’ai été baptisé. J’ai fait ma première Communion. Puis, très vite, plus rien. Tu te laisses prendre par la vie, les amitiés, etc. Mais au fond de moi, je crois. J’ai toujours cru en Dieu. Mais je ne vivais pas ma foi. J’ai cependant continué de prier, même si ça fait bien longtemps que je ne vais plus à la Messe. J’ai travaillé jusqu’à ce jour. Et puis, me voilà avec le sida. Pourquoi moi »

Alors, pourquoi toi, je ne sais pas.

« Quelle aurore pour vaincre la mort »

Tu sais, Luigi, cette aurore existe. Elle porte un nom. C’est une personne : c’est Jésus.

Cette aurore est le Matin de Pâques. Jésus ayant offert Sa vie détruit la mort par Sa propre mort, définitivement. Pour nous ouvrir à la vie. Définitivement. Sa Résurrection, même si je ne peux pas tout comprendre de ce Mystère, est un fait concret qui ouvre notre cœur, notre vie quotidienne à l’Espérance.

« Confesse-moi ! »

Cette aurore, ce matin : c’est pour toi, aujourd’hui…

« Maintenant ? »

Oui

« Avec mon sida ? »

Et alors ?

« Aide-moi à me confesser. Cela fait plus de 20 ans, je crois. Voilà, je m’accuse et demande pardon à Dieu du fond de mon cœur, pour »…

Va en paix.

« Merci mon Père. Comme je suis heureux.

Tu crois que ce sera beau au Ciel ? »

Oui, j’en suis certain.

Luigi aime passer de longues heures dans la Chapelle, chaque jour. Il prie son chapelet devant la belle statue de Notre-Dame portant l’Enfant Jésus dans ses bras.

Il restait cinq à six heures chaque jour pour l’Adoration Eucharistique. Un jour, je lui ai demandé pourquoi il restait autant de temps. Il m’a répondu :

« Il me guérit. »

L’état de santé de Luigi ne cesse de s’aggraver. Je lui porte désormais la Communion dans sa chambre.

Le 13 août, l’aube est à peine levée lorsque Luigi m’appelle. Il me dit :

« Aujourd’hui, j’irai au paradis, reste avec moi. »

En fait, je reste un moment avec lui puis je fais ma tournée du matin, car d’autres malades sont à l’agonie. Je reviens un peu plus tard.

Il est 11h30. Luigi me demande de prier le chapelet.

Trois membres de sa famille sont présents. Ave après Ave nous prions la Mère de Dieu, d’être présente « maintenant et à l’heure de notre mort ». Luigi murmure les Ave, lentement. Puis, le dernier « Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit. »

Les yeux de Luigi se ferment, paisiblement.

Son visage s’éclaire de la Lumière dont son âme est désormais revêtue.

Dans mon cœur, je l’entends me dire : « Comme c’est beau ce que je vois ! »

Dehors, les cloches sonnent.

C’est l’Angélus.”

 

Extrait du livre du Père Hubert LELIEVRE, “Je veux mourir vivant”, Editions de l’Emmanuel

Troisième prêtre d’une famille de 7 enfants, Hubert Lelièvre fait ses études en France et est ordonné prêtre pour le diocèse de Rome, par le Cardinal Ugo Poletti, en la fête du Rosaire, le 7 octobre 1989.
Il est nommé vicaire dans la paroisse Saint François d’Assise, dans le quartier romain d’Acilia, une paroisse pauvre et ouvrière, très touchée par la drogue. Ensuite il sera nommé vicaire dans le quartier de Cineccittà assurant les premiers pas d’une nouvelle paroisse. En septembre 1995, il rejoint l’hôpital romain des malades du Sida, et rencontre plus de 3000 visages rencontrés au cours d’une expérience unique.

Témoignage découvert et retranscrit par Noéline FOURNIER.




Rencontre autour de l’Évangile – 3ième Dimanche de Pâques

“ C’est le Seigneur ! ”

***

 “ Est-ce que tu m’aimes ? ”

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Jean 24, 1-19)

En lisant ce passage, repérons bien les différents moments de la scène. Faisons aussi attention aussi aux personnages : notons par exemple combien de fois on nomme Simon-Pierre.

Situons le texte

Nous sommes à la fin de l’Evangile selon saint Jean, après la mort de Jésus. Les disciples sont revenus en Galilée, et les pécheurs ont retrouvé leurs barques et leurs filets. Cette manifestation de Jésus ressuscité au bord du Lac se trouve seulement dans l’Evangile de Jean. C’est l’apôtre lui-même ou l’un de ses disciples qui a ajouté ce récit, tellement important, nous verrons pourquoi.

Soulignons les mots importants

Jésus “se manifesta” aux disciples sur le bord du Lac.

Il y avait là Simon-Pierre : Notons combien de fois Simon Pierre  est nommé. Quelle est l’intention de l’évangéliste ?

 “Je m’en vais à la pêche” : Après la mort de Jésus, les apôtres ont repris leur métier. Est-ce que tout serait fini ?

 “Ils passèrent la nuit sans rien prendre” : Quand Jésus est absent ou quand on le croit absent, est-ce que nous n’avons  pas l’impression que rien ne marche, que nos efforts sont inutiles ?

 “Au lever du jour, Jésus était là, sur le rivage”. L’Evangéliste souligne que Jésus se manifeste “au lever du jour ” : quelle réflexion cela nous inspire ?

 “Les disciples ne savaient pas que c’était lui” : pourquoi Jésus ressuscité n’est pas reconnu par les disciples ?

 “Le disciple que Jésus aimait” : De qui Jean parle-t-il ?

Pierre “ se jeta à l’eau ” : Que penser de cette démarche de Simon Pierre ?

 “153 gros poissons” : pourquoi cette précision ?

 “Jésus prend le pain et le poisson et le leur donne” : A quoi fait penser ce repas ?

 « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » : Pourquoi Jésus pose  cette question à Pierre en trois fois ?

 “ Sois le berger de mes brebis ” : que signifie cette parole ?

 

Pour l’animateur

 

  • Jésus ressuscité se manifeste par un acte de puissance (la pêche miraculeuse) comme il s’est manifesté au début de son ministère en Galilée en changeant l’eau en vin (2,11). Il y a continuité entre le Jésus terrestre et le Jésus glorifié.

  • Dans cette scène, Simon-Pierre tient une place particulière. Jean centre son récit sur le rapport de Jésus à Simon-Pierre et sur sa réhabilitation après son reniement.

  • Le fait que les apôtres reprennent leur métier après la mort de Jésus montre bien que ce récit est indépendant et raconte la première apparition de Jésus après sa résurrection, tandis que pour les disciples avec la mort de Jésus tout était fini.

  • Le fait que Jésus ressuscité n’est pas reconnu signifie la transformation que la résurrection a opérée en lui. C’est le même Jésus, et pourtant il est tout autre !

  • Cette nuit de pêche sans rien prendre symbolise la désillusion et l’infécondité, la stérilité  de leurs actions en l’absence de Jésus.

  • Jésus se tient debout sur le rivage au lever du jour : Jésus ressuscité est le Soleil Levant. La nuit est finie. C’est le matin d’un monde nouveau

  • A l’époque, on avait répertorié 153 espèces de poissons. Ce chiffre peut signifier que la mission et le salut sont pour tous les peuples  “ De toutes les nations faites des disciples ”. La précision du chiffre (qu’on ne peut inventer !) veut aussi exprimer l’exactitude du témoignage.

  • La solidité du filet qui ne déchire pas accentue le miracle. Symbolise l’unité de l’Eglise. Comme la tunique de Jésus.

  • Le repas préparé par Jésus nous renvoie à l’Eucharistie qui prolonge et rend présent le Christ mort et ressuscité. Dès le début de l’Eglise, le pain et le poisson symbolisaient l’eucharistie.

  • La triple question de Jésus à Pierre reprend le triple reniement. Malgré la faiblesse de Pierre, Jésus lui confie l’autorité sur le troupeau. Il est clair ainsi pour Pierre qu’il n’est pas meilleur que les autres, et que son choix est un appel à servir et non une distinction pour ses mérites.

Ensemble regardons Jésus

Avec les yeux du cœur !

Il est vivant parmi nous. Chaque matin, il est là, Soleil de notre vie. Attentif à notre situation. Il nous invite à reprendre notre difficile travail de témoins, de “ pêcheurs d’hommes ”. Parfois notre cœur est loin de lui. Nous ne le reconnaissons pas toujours. Sans lui nos efforts sont stériles. Si nous obéissons à sa parole, c’est lui qui assure le succès de notre témoignage.

 

L’Evangile aujourd’hui dans notre vie

  • La foi chrétienne c’est reconnaître en Jésus “ le Seigneur ”

Suis-je prêt à me “ jeter à l’eau” pour aller vers le Seigneur et le suivre quand un témoin de la foi, quand l’Eglise me dit en parlant de Jésus : “C’est le Seigneur” ?

  • Pierre a eu son expérience, expérience de faiblesse, expérience de la puissance du Christ ressuscité, de son amour et de sa miséricorde dans sa vie.

Et nous ? Chacun de nous a son histoire : Le Seigneur Jésus la connaît et il me pose à moi la même question : …m’aimes-tu ? C’est moi qui suis questionné, c’est moi qui suis concerné. Est-ce que j’ai fait le choix de vivre une véritable expérience avec le Christ ?

  • Pierre a reçu sa charge après avoir fait une “ profession d’amour ”. Peut-on s’engager, avoir une responsabilité dans la communauté chrétienne sans cette “ profession d’amour ” du Christ ? Que vaut une “ profession de foi ” sans une profession d’amour ” ?

  • Comme Pierre, si j’ai une responsabilité, ce n’est pas que je mérite ou que je sois meilleur. C’est pour répondre un appel du Christ à servir.

  • L’Eglise primitive a reconnu le rôle principal de Pierre pour la foi et la conduite de l’Eglise. Et nous ? Comment nous comprenons le rôle du successeur de Pierre ? Comment accueillons-nous ses enseignements ? Est-ce que nous aimons cette Eglise que Jésus a confiée à Pierre et aux apôtres, malgré ses faiblesses ?

ENSEMBLE PRIONS   

Béni sois-tu, Seigneur,  Dieu notre Père !

  • Alors que nous étions morts dans notre péché tu nous fais revivre avec le Christ, avec lui tu nous ressuscites, avec lui tu nous fais régner dans le ciel.

  • Nous te prions : donne-nous de vivre désormais non plus comme des étrangers au Royaume, mais comme des familiers de la maison de Dieu.

  • Que toute notre vie de ressuscités annonce l’amour que tu offres à tous les hommes et la joie dont tu veux illuminer leur vie, par ton Fils Jésus Christ, notre vie et notre résurrection.

 

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3ième Dimanche de Pâques Année C

 

 




3ième Dimanche de Pâques ( Jean 21, 1-19) :  « Auriez-vous quelque chose à manger ? »(Francis Cousin)

 

« Auriez-vous quelque chose à manger ? »

Jésus est là, au bord du lac de Tibériade … mais les disciples ne le savaient pas. Ils avaient passé toute la nuit à pécher … sans rien prendre. Ils étaient dans l’échec.

Jésus les hèle : « Auriez-vous quelque chose à manger ? ». Ils répondent par la négative.

Jésus leur donne alors un conseil pour la pèche. Ils auraient pu l’envoyer balader : « De quoi se mêle-t-il, celui-là ? On est des pros ! y’a rien, point barre. ». Malgré tout, désabusés, ils suivent ses conseils …

Bonne initiative ! Le filet est plein !

Mais c’est anormal. Cela ne devrait pas arriver, surtout comme cela, tout de suite. Il n’y en a qu’un qui peut faire cela : « C’est le Seigneur ! ». Jean l’a compris, et le dit.

Pierre, toujours impétueux, plonge dans l’eau et nage vers le rivage … tandis que les autres ramènent péniblement la barque freinée par le poids du filet.

En arrivant au rivage, surprise ! celui qui demandait de quoi manger a déjà mis des poissons à griller sur le feu !! Et il y a même du pain !

Mais pour que cela ne gêne pas ceux qui viennent de pécher selon ses indications, Jésus demande aux disciples de lui donner quelques-uns de leurs poissons.

On ne sait pas ce qu’ont pensé les disciples en voyant cela. Peut-être certains se sont dit : « Il se moque de nous ! Il nous demande à manger, nous fait pêcher des poissons, et quand on arrive, il y en a déjà sur le feu ! ».

En fait, ce n’était pas pour lui que Jésus demandait à manger, mais pour eux-mêmes. Jésus ne pensait pas à lui ; il pensait à eux. Comme il le fait tout le temps.

Jésus ne pense jamais à lui : il pense à son Père, et il pense aux hommes, pour donner aux hommes ce que son Père veut pour eux. Jésus fait un peu le rôle d’une interface entre le Père et nous … interface ô combien efficace … bien plus que nos modules d’ordinateur …

Puis Jésus les invite à manger : « Venez manger. ». Ils partagent le poisson grillé … et ils « partagent le pain » … que seul Jésus avait amené. Après la cène du jeudi saint, le pain partagé n’a plus tout à fait la même signification pour les disciples qu’avant …

Que retenir ?

Que Jésus est toujours là, présent, auprès de nous ; même quand on ne s’y attend pas. Même quand nous sommes au cœur de nos nuits, quand rien ne marche pour nous, quand nous sommes perdus, désabusés, déboussolés … Jésus est toujours à côté de nous … mais on n’y pense pas toujours, on l’oublie … ou alors on dit : « Seigneur, je n’en peux plus, viens m’aider, fait quelque chose pour moi ». Mais on ne l’entend pas quand il nous parle, nous donne des conseils … ou alors on les trouve superflus et inadaptés : « cela ne marchera jamais ». On attend que Jésus fasse pour nous, alors que c’est nous qui devons faire avec lui, selon ses conseils …

Que Jésus prend soin de nous, tout en nous donnant l’impression que c’est nous qui prenons soin de lui … et c’est parfois ce que nous pensons …

Que Jésus nous donne toujours plus qu’il ne faut. Il le fait par amour pour nous (Quand on aime, on ne compte pas !), et le don de Dieu n’est jamais du gaspillage. 153 poissons pour seulement 8 personnes ! C’est pareil que pour la multiplication des pains : douze paniers de restes ! Et c’étaient les mêmes ingrédients que pour ce repas-là : du pain et des poissons … même si les proportions ne sont pas les mêmes …

Que c’est lui qui nous invite à partager le repas, à l’Eucharistie, mais il nous demande de participer à l’apport des victuailles … fruits de la terre et du travail des hommes …

Jésus nous laisse une place. Il ne veut pas tout faire seul. Il veut que nous travaillons avec lui, pour lui. Que nous soyons véritablement co-créateurs. La venue du règne de Dieu sur terre, c’est notre affaire : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples … » (Mt 28,19) … enfin, pas vraiment car c’est lui qui fait presque tout, en nous aidant, en nous aiguillant, en nous aiguillonnant aussi parfois, … avec l’aide de l’Esprit Saint.

Sachons reconnaître son action, et n’ayons pas peur de dire, à l’instar de Jean, quand quelque chose d’inattendu nous arrive, qui nous guérit d’un travers ou nous sauve d’un accident (ou nous l’évite) : « C’est le Seigneur ! », ou « C’est la Providence ! Le Saint Esprit ! » … et ensuite de dire : « Merci Seigneur ! Merci mon Dieu ! »

Seigneur Jésus,

merci d’être toujours présent près de nous

dans nos nuits de désert, de tracas ;

de nous donner des conseils

tout en nous laissant libres de les suivre ;

de nous inviter à ta table maintenant

et au banquet des noces de l’Agneau.

Permet que nous entendions ta voix

et que nous te suivions.

Francis Cousin    

 

 

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Image dim Pâques C 3°

 

 




3ième Dimanche de Pâques – par le Diacre Jacques FOURNIER (St Jean 21, 1-19)

L’Eglise Missionnaire (Jn 21,1-19)…

En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples.
Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.
Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.
Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. »
Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons.
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau.
Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.
Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.
Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. »
Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré.
Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur.
Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson.
C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.
Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »
Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.
Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »
Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »

 

           Cet épisode résume la vie de l’Eglise, jusqu’à la fin des temps… Au début, les disciples partent à la pêche avec Simon-Pierre ; ils sont sept, un chiffre symbole de plénitude : c’est vraiment toute l’Eglise qui est évoquée ici, et c’est à elle que le Christ ressuscité va se manifester. Mais « ils passèrent la nuit sans rien prendre » car le Christ « Lumière du monde » n’était pas avec eux, et « la nuit, nul ne peut travailler » au salut du monde, car « sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 8,12 ; 9,4 ; 15,5) …

            Mais « au lever du jour, Jésus était là ». Le Ressuscité les a rejoints… Ce « lever du jour » évoque cette situation intermédiaire qui est la nôtre, dans la foi : « Les ténèbres s’en vont, la véritable Lumière brille déjà » (1Jn 2,8), mais Lui, nous ne le voyons pas encore. Pourtant, il est là, mais sa Présence n’est pas évidente. Au début, les disciples « ne savaient pas que c’était lui ». Mais St Jean saura leur donner l’exemple du regard de foi : « C’est le Seigneur ! »

            « Jetez le filet à droite de la barque et vous trouverez ». Ils obéissent, ils font tout simplement ce que le Ressuscité leur demande de faire. Ce filet peut symboliser la Parole de Dieu que l’Eglise, aujourd’hui encore, est invitée à lancer largement et par tous les moyens possibles jusqu’aux « extrémités de la terre » (Ps 2)… Et Jésus l’a promis, l’Esprit Saint rendra témoignage à cette Parole de Vie en communiquant justement à tous ceux et celles qui l’accueilleront « quelque chose » qui est de l’ordre même de la Vie éternelle… « L’Esprit me rendra témoignage, l’Esprit qui vivifie » (Jn 15,26 ; 6,63). St Pierre en a fait l’expérience : en écoutant Jésus de tout cœur, il vivait « quelque chose » d’unique, d’indescriptible, de formidable, une intensité de vie : « Tu as les Paroles de la vie éternelle ». De cette expérience est née sa foi : « Et nous, nous croyons et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu » (Jn 6,68-69).

            Les filets de la Parole sont donc lancés… Et ils se remplissent : « 153 gros poissons », un chiffre qui peut symboliser tout à la fois la Plénitude de l’humanité appelée au salut, et l’œuvre de Dieu. C’est en effet l’action de Dieu qui donne à la mission de l’Eglise de pouvoir porter du fruit, car « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés » (1Tm 2,3-6), et « tout ce que veut le Seigneur, il le fait » (Ps 135,6), avec son Eglise et par elle. A nous maintenant de semer sa Parole le plus largement possible, et nous nous émerveillerons des fruits du travail du Seigneur…           DJF




3ième Dimanche de Pâques – Homélie du Père Louis DATTIN

La foi

Jn 21, 1-19

Rappelons-nous, frères et sœurs, pour une meilleure écoute de cet évangile, que cette belle scène, au bord du lac, se passe en Galilée. La Résurrection, elle, a eu lieu en Judée. Mais Jésus avait dit à Marie Madeleine et aux apôtres :

« Partez en Galilée, c’est là que vous me verrez ».

Et Pierre retrouve son pays et ses vieilles habitudes et dit aux autres : « Je m’en vais à la pêche ».

Et les disciples lui répondent : « Nous allons avec toi ».

C’est Pierre qui prend l’initiative, c’est Pierre qui dirige la manœuvre tout comme c’est le pape qui donne les grandes impulsions et directives de l’église.

Hélas, « ils passèrent la nuit sans rien prendre ».

Notre activité apostolique, à nous aussi, est bien vaine, bien improductive si nous nous mettons au travail sans la présence du Seigneur. Sans lui, ils sont bredouilles, ils ne prennent rien. Au lever du jour, la jeune Eglise est fatiguée, démoralisée surtout, pas à prendre avec des pincettes, quand un inconnu pose la question, justement celle qu’il ne faut pas poser à des pêcheurs qui n’ont rien pris :

« Oh ! Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? »

C’est la honte. Sèchement, ils répondent : « Non, rien ! »

Et voilà le pire : cet étranger qui veut leur donner des conseils, à eux, les professionnels ! Mais de quoi se mêle-t-il !

« Jetez le filet à droite de la barque, vous trouverez ! »

Malgré toute leur rancœur, leur lassitude, ils le font cependant.

C’est Jésus qui dirige l’Eglise. C’est Jésus qui en est son inspirateur et l’Eglise, même Pierre, n’a qu’à obéir aux inspirations de l’Evangile, aux désirs de l’Esprit Saint, s’ils veulent faire de l’Eglise un instrument efficace au service du salut.

A chaque fois que l’Eglise n’a pas écouté les conseils de Jésus, à chaque fois qu’elle n’a pas fait exécuter les inspirations de l’Esprit Saint, elle est bredouille, elle ne prend rien, elle s’agite en vain. Mais dès qu’elle obéit à son Seigneur et Maître, l’Eglise peut tirer son filet, il est plein : ces poissons multiples qu’ils n’arrivent même pas à ramener sur le rivage, tous ces hommes sauvés que l’Eglise a bien du mal à tirer jusqu’au Royaume de Dieu, en proximité de Jésus, tellement il y en avait.

C’est Jean qui identifie le premier Jésus : Jean, c’est l’amour qui devine, l’amour intuitif, qui va au-delà des apparences :

« Cet inconnu, mais, c’est le Seigneur ! Ce ne peut être que lui ».

De même, ce n’est pas toujours l’autorité de l’Eglise, mais plutôt les prophètes, les charismatiques, les contemplatifs, qui discernent dans les “signes des temps”, la présence du Seigneur et ses nouvelles directives. Mais c’est le rôle de Pierre de les authentifier, de les déclarer divines. Dès que Pierre entend Jean, il se jette à l’eau pour aller à la rencontre du Seigneur.

Pierre, le pape, en tête de l’Eglise, est le premier à se mouiller, à prendre position officiellement pour reconnaître dans le maquis du monde actuel, ce qui est divin et ce qui ne l’est pas, ce qui mène vers Dieu ou ce qui l’en écarte.

Les disciples suivent en barque, amenant sur le rivage du ciel, tous ces hommes rassemblés dans le filet de l’Eglise sous la conduite des apôtres, pêcheurs d’hommes. Arrivés sur la rive, Pierre voit un feu déjà préparé par Jésus avec du poisson posé dessus. Tous les hommes ne sont pas sauvés par l’Eglise : ils sont d’abord sauvés par la Croix du Christ et sa Résurrection. Mais Jésus veut faire participer les apôtres à cette œuvre de salut :

« Apportez donc de ce poisson que vous venez de prendre ».

L’homme a l’honneur de participer à l’œuvre de Dieu et d’y apporter sa part, sa contribution. Il y avait aussi du Pain ! Rappelez-vous, le pain d’Emmaüs, le pain du Cénacle, le pain de la Cène, le pain qu’il va rompre et qui est le signe, non seulement du partage mais aussi de la Révélation.

Il y a “Eglise”, dès qu’il y a partage : repas avec Jésus, pain rompu, repas fraternel. Le filet est tiré à terre, c’est la mission de l’Eglise : pouvoir présenter à Jésus l’ensemble de l’Humanité, rassemblée dans les filets de Pierre et des apôtres à la gloire du Père.

« Il y en avait 153 ». Peut-être êtes-vous intrigués par ce chiffre : St-Augustin a jonglé avec et en a fait toute une mathématique spirituelle. On nous dit plus simplement que l’antiquité connaissait 153 espèces de poissons, si bien que ce chiffre indique la totalité, la plénitude. C’est toute l’Humanité qui doit être sauvée par le Christ et par l’église.

« Et le filet ne s’était pas rompu ». Ce n’est pas la quantité des disciples qui menace l’unité de l’Eglise, c’est leur discorde, leurs tiraillements et divisions intérieures.

Et les voilà maintenant qui déjeunent avec Jésus : un déjeuner avec une ambiance toute particulière, un déjeuner dans la foi.

Personne n’ose demander au Seigneur : « Qui es-tu ? »

Ils savaient que c’était le Seigneur et, en même temps, ils savent que c’est une certitude intérieure, mais pas uniquement visuelle, ni évidente.

Nous aussi, à certains moments de notre vie, nous avons dit :

« C’est le Seigneur », nous en étions sûrs, sans en avoir une évidence visuelle. Après ce travail d’Eglise accompli sur l’ordre de Pierre, mais aussi sur le conseil de Jésus, tout comme aujourd’hui, où l’Eglise travaille toujours sous les ordres de Pierre, mais aussi sur le conseil du Seigneur, Jésus estime qu’il est temps de donner à Pierre son investiture, de le faire pape c’est-à-dire de lui donner la primauté qu’il lui avait annoncée quelques temps auparavant :

« Tu es Pierre et, sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise ».

            Mais une ombre persiste, un mauvais souvenir : personne n’a oublié le triple reniement de Pierre, comme personne n’a oublié la vie de certains papes dans l’histoire de l’Eglise.

On a beau être pape, investi par le Seigneur d’une mission capitale, on en est pas moins un homme avec ses faiblesses, ses lâchetés, ses humiliations, tout comme notre Eglise elle-même, dont nous faisons partie, n’est pas toujours la fiancée sans ride et sans tâche que le Seigneur voudrait présenter au Père. Heureusement nous dit St-Jean :

« Dieu est plus grand que notre cœur et notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu balaie tout par son amour ».

Et de fait, c’est bien d’amour qu’il s’agit, malgré nos faiblesses. C’est pourquoi le Seigneur va poser à Pierre la triple question opposée au triple reniement. Il n’est plus question maintenant de demander à Pierre s’il connaît Jésus. Mais le Christ lui demande : « M’aimes-tu ? »

Connaître Jésus, c’est bien, mais l’aimer, c’est tout autre chose ! Et notre service, celui du pape, comme le nôtre, n’est pas la base de connaissance du Christ (bien qu’il faille le connaitre toujours un peu mieux) mais l’amour, pour celui qui, le premier, nous a aimé sans mesure.

Trois fois de suite Jésus pose la question, nous pose la question, à nous aussi, ce soir (ce matin) :

« Toi, Pierre, Jean, Georges ou Madeleine, m’aimes-tu ? »

Qu’allons-nous répondre à notre tour ? Nous n’avons pas de meilleure réponse que d’emprunter à notre tour, la réponse de Pierre, nous aussi pauvres pêcheurs :

« Seigneur, tu me connais et même tu me connais bien mieux que je ne peux me connaître moi-même, alors tu le sais bien »

« Oui Seigneur, oui Seigneur, je t’aime ».

Et cependant, parce qu’il avait renié trois fois, une fois de plus et une fois encore, le Seigneur lui demande :

« Simon est-ce-que tu m’aimes vraiment ? »

Pierre fut peiné par cette troisième demande :

« Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t’aime vraiment ».

Il lui dit alors :

« Sois le berger de mes brebis »,

Comme il nous dit à nous aussi :

« Puisque tu dis que tu m’aimes vraiment, deviens apôtre, deviens ouvrier de l’Eglise, moissonneur dans le champ du Père, pêcheur d’hommes dans la mer du péché ».

Pape, évêques, prêtres ou laïcs, nous sommes tous embauchés pour ramener le filet de l’Humanité jusqu’à la rive de Dieu. AMEN




Rencontre autour de l’Évangile – 3ième Dimanche de Pâques

“ C’est le Seigneur ! ”

***

 “ Est-ce que tu m’aimes ? ”

TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons  (Jean 24, 1-19)

En lisant ce passage, repérons bien les différents moments de la scène. Faisons aussi attention aussi aux personnages : notons par exemple combien de fois on nomme Simon-Pierre.

Situons le texte

Nous sommes à la fin de l’Evangile selon saint Jean, après la mort de Jésus. Les disciples sont revenus en Galilée, et les pécheurs ont retrouvé leurs barques et leurs filets. Cette manifestation de Jésus ressuscité au bord du Lac se trouve seulement dans l’Evangile de Jean. C’est l’apôtre lui-même ou l’un de ses disciples qui a ajouté ce récit, tellement important, nous verrons pourquoi.

Soulignons les mots importants

Jésus “se manifesta” aux disciples sur le bord du Lac.

Il y avait là Simon-Pierre : Notons combien de fois Simon Pierre  est nommé. Quelle est l’intention de l’évangéliste ?

 “Je m’en vais à la pêche” : Après la mort de Jésus, les apôtres ont repris leur métier. Est-ce que tout serait fini ?

 “Ils passèrent la nuit sans rien prendre” : Quand Jésus est absent ou quand on le croit absent, est-ce que nous n’avons  pas l’impression que rien ne marche, que nos efforts sont inutiles ?

 “Au lever du jour, Jésus était là, sur le rivage”. L’Evangéliste souligne que Jésus se manifeste “au lever du jour ” : quelle réflexion cela nous inspire ?

 “Les disciples ne savaient pas que c’était lui” : pourquoi Jésus ressuscité n’est pas reconnu par les disciples ?

 “Le disciple que Jésus aimait” : De qui Jean parle-t-il ?

Pierre “ se jeta à l’eau ” : Que penser de cette démarche de Simon Pierre ?

 “153 gros poissons” : pourquoi cette précision ?

 “Jésus prend le pain et le poisson et le leur donne” : A quoi fait penser ce repas ?

 « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » : Pourquoi Jésus pose  cette question à Pierre en trois fois ?

 “ Sois le berger de mes brebis ” : que signifie cette parole ?

 

Pour l’animateur

 

  • Jésus ressuscité se manifeste par un acte de puissance (la pêche miraculeuse) comme il s’est manifesté au début de son ministère en Galilée en changeant l’eau en vin (2,11). Il y a continuité entre le Jésus terrestre et le Jésus glorifié.

  • Dans cette scène, Simon-Pierre tient une place particulière. Jean centre son récit sur le rapport de Jésus à Simon-Pierre et sur sa réhabilitation après son reniement.

  • Le fait que les apôtres reprennent leur métier après la mort de Jésus montre bien que ce récit est indépendant et raconte la première apparition de Jésus après sa résurrection, tandis que pour les disciples avec la mort de Jésus tout était fini.

  • Le fait que Jésus ressuscité n’est pas reconnu signifie la transformation que la résurrection a opérée en lui. C’est le même Jésus, et pourtant il est tout autre !

  • Cette nuit de pêche sans rien prendre symbolise la désillusion et l’infécondité, la stérilité  de leurs actions en l’absence de Jésus.

  • Jésus se tient debout sur le rivage au lever du jour : Jésus ressuscité est le Soleil Levant. La nuit est finie. C’est le matin d’un monde nouveau

  • A l’époque, on avait répertorié 153 espèces de poissons. Ce chiffre peut signifier que la mission et le salut sont pour tous les peuples  “ De toutes les nations faites des disciples ”. La précision du chiffre (qu’on ne peut inventer !) veut aussi exprimer l’exactitude du témoignage.

  • La solidité du filet qui ne déchire pas accentue le miracle. Symbolise l’unité de l’Eglise. Comme la tunique de Jésus.

  • Le repas préparé par Jésus nous renvoie à l’Eucharistie qui prolonge et rend présent le Christ mort et ressuscité. Dès le début de l’Eglise, le pain et le poisson symbolisaient l’eucharistie.

  • La triple question de Jésus à Pierre reprend le triple reniement. Malgré la faiblesse de Pierre, Jésus lui confie l’autorité sur le troupeau. Il est clair ainsi pour Pierre qu’il n’est pas meilleur que les autres, et que son choix est un appel à servir et non une distinction pour ses mérites.

Ensemble regardons Jésus

Avec les yeux du cœur !

Il est vivant parmi nous. Chaque matin, il est là, Soleil de notre vie. Attentif à notre situation. Il nous invite à reprendre notre difficile travail de témoins, de “ pêcheurs d’hommes ”. Parfois notre cœur est loin de lui. Nous ne le reconnaissons pas toujours. Sans lui nos efforts sont stériles. Si nous obéissons à sa parole, c’est lui qui assure le succès de notre témoignage.

 

L’Evangile aujourd’hui dans notre vie

  • La foi chrétienne c’est reconnaître en Jésus “ le Seigneur ”

Suis-je prêt à me “ jeter à l’eau” pour aller vers le Seigneur et le suivre quand un témoin de la foi, quand l’Eglise me dit en parlant de Jésus : “C’est le Seigneur” ?

  • Pierre a eu son expérience, expérience de faiblesse, expérience de la puissance du Christ ressuscité, de son amour et de sa miséricorde dans sa vie.

Et nous ? Chacun de nous a son histoire : Le Seigneur Jésus la connaît et il me pose à moi la même question : …m’aimes-tu ? C’est moi qui suis questionné, c’est moi qui suis concerné. Est-ce que j’ai fait le choix de vivre une véritable expérience avec le Christ ?

  • Pierre a reçu sa charge après avoir fait une “ profession d’amour ”. Peut-on s’engager, avoir une responsabilité dans la communauté chrétienne sans cette “ profession d’amour ” du Christ ? Que vaut une “ profession de foi ” sans une profession d’amour ” ?

  • Comme Pierre, si j’ai une responsabilité, ce n’est pas que je mérite ou que je sois meilleur. C’est pour répondre un appel du Christ à servir.

  • L’Eglise primitive a reconnu le rôle principal de Pierre pour la foi et la conduite de l’Eglise. Et nous ? Comment nous comprenons le rôle du successeur de Pierre ? Comment accueillons-nous ses enseignements ? Est-ce que nous aimons cette Eglise que Jésus a confiée à Pierre et aux apôtres, malgré ses faiblesses ?

ENSEMBLE PRIONS   

Béni sois-tu, Seigneur,  Dieu notre Père !

  • Alors que nous étions morts dans notre péché tu nous fais revivre avec le Christ, avec lui tu nous ressuscites, avec lui tu nous fais régner dans le ciel.

  • Nous te prions : donne-nous de vivre désormais non plus comme des étrangers au Royaume, mais comme des familiers de la maison de Dieu.

  • Que toute notre vie de ressuscités annonce l’amour que tu offres à tous les hommes et la joie dont tu veux illuminer leur vie, par ton Fils Jésus Christ, notre vie et notre résurrection.

 

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3ième Dimanche de Pâques Année C