Rencontre autour de l’Évangile – 23ième Dimanche du Temps Ordinaire

“Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux.”

 

 

 TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons (Mt 18, 15-20)

La chapitre 18 de l’Evangile de Matthieu est intitulé « Discours sur l’Eglise ». L’évangéliste a regroupé certains enseignements de Jésus pour que la communauté chrétienne présente un visage qui soit conforme à l’image que « le Père qui est au cieux » se fait d’elle. Dans le passage que nous allons méditer, il est question de la « correction fraternelle ».

Soulignons les mots importants

Faire lire une première fois, puis une deuxième fois le passage. Chacun note ce qui le frappe.

Pour entrer dans le texte :

  • Si ton frère a commis un péché : Puisqu’il s’agit de la communauté « Eglise», comment les chrétiens doivent se traiter entre eux ? et de quel péché parle Jésus ?

  • Quelles sont les différentes étapes indiquées par Jésus pour pratiquer la correction fraternelle ?

  • Quand on a tout essayé, que faire quand un tel frère devient insupportable ?

  • Pourquoi l’expression « comme un païen et un publicain» ?

  • Les mots « lier/délier» qui étaient utilisés pour exprimer l’autorité de Pierre sont appliqués à qui dans ce passage ?

  • Qu’est-ce que Jésus demande à la communauté pour que la correction fraternelle réussisse ?

  • Quelle assurance Jésus donne-t-il à la communauté dans les questions difficiles ?

 

Pour l’animateur  

Les péchés envisagés par Jésus ne sont pas ceux de ce qui se passe dans le secret des consciences, mais ceux, qui à l’intérieur, perturbent la vie communautaire ou à l’extérieur, entraînent les « la di la fé » sur le groupe. En fait il s’agit de comportements scandaleux qui nuisent à l’Eglise. Il s’agit donc d’une communauté locale bien concrète qui vit dans un monde imparfait.

Les principales étapes de la démarche pour essayer de « ramener » tel frère dans le droit chemin sont

  • dans la discrétion, « seul à seul », un frère lui fait les remontrances nécessaires.

  • Si le frère échoue, un nouvel entretien avec « deux ou trois témoins». L’apôtre Paul dit que cela se pratique dans la communauté de Corinthe (cf 2Co 13,1)

  • Si ces démarchent n’aboutissent pas, on prend alors toute la communauté à témoin : « dis-le à la communauté de l’Eglise». La communauté mettra le frère devant ses responsabilités.

  • Si rien n’y fait, c’est l’exclusion. Le frère devra comprendre que son comportement est étranger à la communauté de Jésus, comme celui d’un païen (qui ne connaît pas Dieu) ou un publicain (symbole de celui qui n’a pas sa place dans la communauté).

La communauté qui pratique la correction fraternelle en respectant ces étapes se voit approuvée par Dieu dans sa décision : l’exclusion (ce qu’elle lie) ou la réintégration (ce qu’elle délie). C’est donc une lourde responsabilité qui incombe à la communauté puisque son autorité s’exerce avec l’aval du Père qui est aux cieux.

Dans son difficile dialogue avec le pécheur, l’Eglise n’agira pas en se fiant à sa propre sagesse : elle se mettra à l’écoute de Dieu en priant pour que la correction fraternelle réussisse.

Parce que c’est Jésus, son nom, qui rassemble les chrétiens et dans la mesure où ils se réunissent justement pour agir en son nom dans les questions difficiles, ils sont assurés de sa présence active et efficace.

Matthieu tient donc pour un devoir des communautés chrétiennes à la pratique de la « correction fraternelle ». Il insiste sur le climat de prière et sur la volonté d’agir « au nom » du Christ qui doivent souder ensemble tous ceux qui s’impliquent dans cette démarche.

 

TA PAROLE DANS NOS CŒURS :

Seigneur Jésus, tu nous invites à nous comporter comme des frères d’une même famille. Et tu nous demandes de nous aimer jusqu’à pratiquer entre nous la correction fraternelle. Tu as vu toi-même comment cela était difficile dans ton groupe d’apôtres. Ce que tu nous demandes est difficile. C’est pourquoi tu insistes pour que la communauté prie afin que ce soit ton Esprit qui nous anime, et non nos propres sentiments. Merci de nous assurer de ta présence.

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS :

La Parole aujourd’hui dans notre vie  

Jésus dit : si « ton frère » a commis une faute …Dans la pensée de Jésus, comment les chrétiens doivent se considérer entre eux ? Où en sommes-nous dans nos groupes de chrétiens ou dans nos communautés chrétiennes ?

Est-ce que la « correction fraternelle » peut se pratiquer aujourd’hui : où ? à quelle condition ?

Aujourd’hui, le sacrement de réconciliation avec la confession personnelle à un prêtre garde la trace de ce schéma de réconciliation avec la communauté représentée par le prêtre.

Quelle place tient ce sacrement dans notre vie ?

Avons-nous ce respect pour le pécheur, qui est le premier geste de l’amour sauveur qu’à Jésus Christ pour nous ?

Prions-nous pour nos frères pécheurs ?

 

Ensemble prions 

Seigneur, fais de moi un instrument de votre paix

Là où il y a la haine, que je mette l’amour

Là où il y a l’offense, que je mette le pardon

Là où il y a la discorde, que je mette l’union.

Là où il y a le doute, que je mette la foi.

Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité.

Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance

Là où il y a les ténèbres, que je mette votre lumière

Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

 

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23ième dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN

La communion des Saints

Mt 18, 15-20

Le plus souvent, frères et sœurs, lorsque nous écoutons l’Évangile, nous avons l’impression que Jésus s’adresse à chacun d’entre nous, que c’est ” personnellement ” qu’il nous adresse tel conseil ou tel enseignement et c’est encore personnellement que nous réfléchissons et que nous prenons décision de modifier tel ou tel aspect de notre vie.

Aujourd’hui, Jésus s’adresse à la communauté, en tant que telle, à l’Église, famille de Dieu, au groupe de chrétiens qui vit ensemble et il nous rappelle tout d’abord que le chrétien est quelqu’un qui “vit ensemble”, avec d’autres, dans une communauté, qu’il est solidaire de ceux qui vivent avec lui et qu’il doit se sentir responsable de ceux qui sont à côté de lui. Jamais un chrétien ne peut et ne doit se sentir un isolé ; s’il l’est, c’est :

– soit de sa faute parce qu’il se coupe des autres ;

– soit de la faute de sa communauté qui ne le considère pas assez comme un membre à part entière du groupe dont il fait partie.

Nous sentons-nous responsables des autres dans toutes les communautés dont nous faisons partie : travail, quartier, immeuble, famille, paroisse, associations ou activités dans lesquelles nous sommes engagés ? Attention : ce n’est pas facultatif pour un chrétien.

Depuis notre Baptême, depuis que, ensemble, si souvent, nous communions au Christ : nous sommes tous branchés sur le Christ et nous sommes tous branchés les uns sur les autres, même ceux qui l’ignorent, même ceux qui n’y croient pas !

« Nul n’est une île ». Cette solidarité spirituelle, cette fraternité qui nous lie parce que nous sommes tous de la même famille par notre Baptême, que nous vivons de la même vie et de la même nourriture par l’Eucharistie, cela s’appelle la ” communion de Saints “. Vous le dîtes chaque dimanche dans le “Je crois en Dieu” : « “Je crois à la communion des Saints” ». Le pécheur donne la main au Saint et le Saint donne la main au pécheur et tous ensemble, l’un tirant l’autre, ils remontent jusqu’à Jésus : “Celui qui ne donne pas la main n’est pas chrétien”. Autrefois, vous avez chanté : « Je n’ai qu’une âme qu’il faut sauver ».

Non ! C’est faux ! Nous n’avons pas qu’une âme à sauver, la nôtre, mais aussi celle des autres, autour de nous. C’est ensemble, en groupe, en famille, en Église que nous nous sauverons, ou pas du tout ! Un chrétien ne peut pas retirer son épingle du jeu : il fait partie d’une famille qu’il doit aider et qui doit l’aider : les deux à la fois.

Je dois pouvoir compter sur l’aide des autres, tout comme ils peuvent compter sur la mienne.

– Il ne faut pas sauver son âme comme on sauve un trésor. Il faut se sauver ensemble et faire arriver le bateau jusqu’au port malgré la tempête, grâce à l’énergie et au concours de tout l’équipage, depuis le capitaine jusqu’au plus jeune des mousses.

– Le chrétien ne se définit pas par le niveau de ses vertus ou de ses mérites, mais par sa faculté de communion avec les autres dans tous les groupes dont il fait partie. Notre rôle n’est pas de juger nos frères, encore moins de les condamner, mais de leur tendre la main. 

Un jour, le Seigneur ne me demandera pas « Est-ce-que tu t’es assez isolé des méchants et des mauvais pour ne pas te contaminer et garder ta vertu intacte ? ». Par contre, il me dira : « Qu’as-tu fais de ton frère ? »

Ai-je le souci d’aider les autres, plus encore que de progresser moi-même ? C’est ensemble, avec les autres, en communion, en communauté avec toute l’Église que j’ai quelque chance d’accéder à cet amour de Dieu qui est d’abord ‘’oubli de soi’’, “vie offerte”, au profit de son peuple. Jésus n’hésite pas à mourir seul pour tous.

« Il y a plus de joie dans le ciel pour un homme qui retrouve l’Église, c’est-à-dire la communauté que pour les 99 qui s’y trouvent déjà ».

Avons-nous la hantise des autres à sauver, à aider ? Ce souci-là est-il plus fort en nous que le souci de notre propre salut ?

 

Écoutons de nouveau ce que Dieu dit à Ézéchiel : « Je fais de toi ‘’un guetteur ’’ pour la maison d’Israël ». Oui, nous devons devenir des guetteurs, être à l’affût, des hommes et des femmes clairvoyants sur ce qui se passe autour de nous, des chrétiens attentifs à toute souffrance à soulager, attentifs au voisin qui a besoin d’aide, au collègue de travail qui subit une injustice ; un homme prêt à discerner les pièges où l’on risque de se laisser prendre et il y en a tant à notre époque, tant d’occasions de se laisser piéger :

 

  • par les médias,

  • par les slogans,

  • par les idées toutes faites,

  • par une mentalité païenne à laquelle on ne réagit plus parce qu’on oublie les exigences de l’Évangile.

Très souvent, nous manquons d’esprit critique à propos de tout ce qui se dit autour de nous, à propos du racisme, à propos des victimes du chômage, de la drogue ou du sida, par rapport à cette mentalité individualiste qui actuellement se répand partout et qui nous pousse au ‘’chacun pour soi’’.

Être un guetteur, c’est sentir tout cela et avoir le courage d’avertir les autres, de rappeler la direction à prendre, d’apporter un peu de lumière à ceux qui n’y voient plus.

« Si tu ne dis rien au pécheur, si tu ne l’avertis pas, si tu n’as pas le courage de lui rappeler où est le bon chemin, il mourra de son péché. Mais, à toi aussi, je demanderai compte de sa vie. Par contre, si tu as eu le courage et assez d’amour pour le mettre en garde, tu pourras le sauver et, toi aussi, tu auras sauvé ta vie ».

N’oublions pas ce qu’est le péché “d’omission” : tout ce que nous aurions pu faire pour les autres, pour les aider, pour les sauver et que nous n’avons pas fait en bien pèsera peut-être plus lourd devant Dieu que ce que nous avons fait de mal.

C’est sur ce positif de notre vie et le bien que nous avons pu faire aux autres que nous serons sauvés, beaucoup plus que par le mal que nous n’avons pas fait et qui nous a gardé, peut-être aseptisés, mais sans rien à présenter au Seigneur qui soit “actes d’amour”. Surtout ne croyons pas que ce souci des autres soit facultatif. St-Paul dans la 2e lecture nous rappelle que c’est un devoir, et il dit plus : « C’est une dette », c’est même la seule dette que nous devons avoir avec les autres.

« Ne gardez aucune dette envers personne, sauf la dette de l’amour mutuel », « car celui qui aime les autres a parfaitement accompli la loi ».  AMEN

 




23ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER

Travailler, ensemble, à “gagner nos frères”

(Mt 18, 15-20)

  En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.
S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins.
S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain.
Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.
Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux.
En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »

                    

             « Libre à l’égard de tous », écrivait St Paul, « je me suis fait l’esclave de tous, afin de gagner le plus grand nombre… Je me suis fait faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous, afin d’en sauver à tout prix quelques-uns » (1Co 9,19‑22), car « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés » (1Tm 2,4-6)…

            Alors, « si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul », pour lui éviter d’être humilié devant les autres, « et montre lui sa faute » sans jamais oublier que nous sommes tous pécheurs, d’une manière ou d’une autre. Et « s’il t’écoute » avec simplicité et humilité, « tu auras gagné ton frère », et alors quelle joie ! Et un jour peut-être, c’est lui qui, à son tour, viendra te « gagner »…

            Aussi, « frères, même dans le cas où quelqu’un serait pris en faute, rétablissez-le en esprit de douceur, te surveillant toi-même, car tu pourrais bien toi aussi être tenté. Portez les fardeaux les uns des autres et accomplissez ainsi la Loi du Christ. Car si quelqu’un estime être quelque chose alors qu’il n’est rien, il se fait illusion » (Ga 6,1-3)…

            Et « s’il ne t’écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes » en espérant que le poids « plus lourd » de votre charité commune pourra percer l’écorce de son cœur… S’il refuse encore, que « toute l’Eglise » unisse ses forces et sa prière, car, « nous tous qui avons été abreuvés d’un même Esprit, nous ne formons qu’un seul Corps » (1Co 12,13). C’est pourquoi, si un membre est malade, c’est le Corps tout entier qui souffre (1Co 12,26). Et si un membre manque à l’appel, il manque à tous, car nous avons tous besoin les uns des autres pour que l’Eglise soit pleinement elle-même…

            En effet, cette Eglise, du point de vue de Dieu, a en fait la dimension de l’humanité tout entière, cette famille incroyablement nombreuse de ses enfants « créés à son Image et Ressemblance » (Gn 1,26-28). Qu’un seul manque à l’appel, et Dieu « s’en ira après celui qui est perdu jusqu’à ce qu’il le retrouve » (Lc 15,4-7). Puisque l’Eglise est « le Corps du Christ », il est impossible qu’elle n’adopte pas la même attitude envers tous, et surtout envers les plus petits… C’est pourquoi Jésus a repris cette parabole de la brebis perdue pour l’appliquer, juste avant notre passage, à l’Eglise car «  on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu’un seul de ces petits se perde » (Mt 18,14). Quiconque prie le « Notre Père » en disant « que ta volonté soit faite », ne peut donc que travailler, d’une manière ou d’une autre, au salut de tous, sans aucune exception… DJF




Audience Générale du Mercredi 26 Août 2020

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 26 Août 2020


Chers frères et sœurs, bonjour !

Face à la pandémie et à ses conséquences sociales, de nombreuses personnes risquent de perdre l’espérance. En ce temps d’incertitude et d’angoisse, j’invite chacun à accueillir le don de l’espérance qui vient du Christ. C’est Lui qui nous aide à naviguer dans les eaux tumultueuses de la maladie, de la mort et de l’injustice, qui n’ont pas le dernier mot sur notre destination finale.

La pandémie a souligné et aggravé les problèmes sociaux, en particulier l’inégalité. Certains peuvent travailler à la maison, tandis que pour de nombreux autres, cela est impossible. Certains enfants, en dépit des difficultés, peuvent continuer à recevoir une éducation scolaire, tandis que pour de très nombreux autres, celle-ci s’est brusquement interrompue. Certains pays puissants peuvent émettre de la monnaie pour affronter l’urgence, tandis que pour d’autres, cela signifierait hypothéquer leur avenir.

Ces symptômes d’inégalité révèlent une maladie sociale ; c’est un virus qui vient d’une économie malade. Nous devons le dire simplement : l’économie est malade. Elle est tombée malade. C’est le fruit d’une croissance économique inique – voilà la maladie : le fruit d’une croissance économique inique – qui ne tient pas compte des valeurs humaines fondamentales. Dans le monde d’aujourd’hui, quelques  personnes très riches possèdent plus que tout le reste de l’humanité. Je répète cela parce que cela nous fera réfléchir : quelques personnes très riches, un petit groupe, possèdent plus que tout le reste de l’humanité. C’est une pure statistique. C’est une injustice qui crie au ciel ! Dans le même temps, ce modèle économique est indifférent aux dommages infligés à la maison commune. On ne prend pas soin de la maison commune. Nous allons bientôt dépasser un grand nombre des limites de notre merveilleuse planète, avec des conséquences graves et irréversibles : de la perte de biodiversité et du changement climatique à l’élévation du niveau des mers et à la destruction des forêts tropicales. L’inégalité sociale et la dégradation de l’environnement vont de pair et ont la même racine (cf. Enc. Laudato si’, n. 101) : celle du péché de vouloir posséder, de vouloir dominer ses frères et sœurs, de vouloir posséder et dominer la nature et Dieu même. Mais cela n’est pas le dessein de la création.

« Au commencement, Dieu a confié la terre et ses ressources à la gérance commune de l’humanité » ( Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 2402). Dieu nous a demandé de dominer la terre en son nom (cf. Gn 1, 28), en la cultivant et en en prenant soin comme un jardin, le jardin de tous (cf. Gn 2, 15). « Alors que “cultiver” signifie labourer, […] ou travailler, “garder” signifie protéger, [et] sauvegarder » ( LS, n. 67).  Mais attention à ne pas interpréter cela comme une carte blanche pour faire de la terre ce que l’on veut. Non. Il existe « une relation de réciprocité responsable » ( ibid.) entre nous et la nature.  Une relation de réciprocité responsable entre nous et la nature. Nous recevons de la création et nous donnons à notre tour. « Chaque communauté peut prélever de la bonté de la terre ce qui lui est nécessaire pour survivre, mais elle a aussi le devoir de la sauvegarder » ( ibid.). Les deux choses.

En effet, la terre « nous précède et nous a été donnée » (ibid.), elle a été donnée par Dieu « à tout le genre humain » (CEC, n. 2402). Il est donc de notre devoir de faire en sorte que ses fruits arrivent à tous, et pas seulement à quelques-uns. Et cela est un élément-clé de notre relation  avec les biens terrestres. Comme le rappelaient les pères du Concile Vatican II, « l’homme, dans l’usage qu’il en fait, ne doit jamais tenir les choses qu’il possède légitimement comme n’appartenant qu’à lui, mais les regarder aussi comme communes : en ce sens qu’elles puissent profiter non seulement à lui, mais aussi aux autres » (Const. past. Gaudium et spes, n. 69). En effet, « la propriété d’un bien fait de son détenteur un administrateur de la Providence pour le faire fructifier et en communiquer les bienfaits à autrui » (CEC, n. 2404). Nous sommes administrateurs des biens, pas les propriétaires. Administrateurs. « Oui, mais ce bien est à moi ». C’est vrai, il est à toi, mais pour l’administrer, par pour le garder de façon égoïste pour toi.

Pour assurer que ce que nous possédons apporte de la valeur à la communauté, « l’autorité politique a le droit et le devoir de régler, en fonction du bien commun, l’exercice légitime du droit de propriété » (ibid., n. 2406)  (Cf. GS, 71; Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Sollicitudo rei socialis, n. 42; Lett. enc. Centesimus annus, nn. 40.48). La « subordination de la propriété privée à la destination universelle des biens […] est une “règle d’or” du comportement social, et le premier principe de tout l’ordre éthico-social » (LS, n. 93) (Cf. S. Jean-Paul II, Lett. enc. Laborem exercens, n. 19).

Les propriétés, l’argent sont des instruments qui peuvent servir à la mission. Mais nous les transformons facilement en fins, individuelles ou collectives. Et lorsque cela a lieu, on porte atteinte aux valeurs humaines essentielles. L’homo sapiens se déforme et devient une espèce d’homo œconomicus – dans le mauvais sens du terme – individualiste, calculateur et dominateur. Nous oublions que, étant créés à l’image et ressemblance de Dieu, nous sommes des êtres sociaux, créatifs et solidaires, avec une immense capacité à aimer. Nous oublions souvent cela. De fait, nous sommes les êtres les plus coopératifs parmi toutes les espèces, et nous nous épanouissons en communauté, comme on le voit bien dans l’expérience des saints (« Florecemos en racimo, como los santos »: une expression commune en espagnol). Il y a un dicton espagnol qui m’a inspiré cette phrase, et qui dit :  Florecemos en racimo, como los santo. Nous nous épanouissons en communauté, comme on le voit dans l’expérience des saints.

Quand l’obsession de posséder et de dominer exclut des millions de personnes des biens primaires ; quand l’inégalité économique et technologique est telle qu’elle déchire le tissu social ; et quand la dépendance vis-à-vis d’un progrès matériel illimité menace la maison commune, alors nous ne pouvons pas rester impassibles. Non, cela est désolant. Nous ne pouvons pas rester impassibles ! Avec le regard fixé sur Jésus (cf. He 12, 2) et la certitude que son amour œuvre à travers la communauté de ses disciples, nous devons agir tous ensemble, dans l’espérance de donner naissance à quelque chose de différent et de meilleur. L’espérance chrétienne, enracinée en Dieu, est notre ancre. Elle soutient la volonté de partager, en renforçant notre mission en tant que disciples du Christ, qui a tout partagé avec nous.

Et cela, les premières communautés chrétiennes, qui comme nous, vécurent des temps difficiles, l’ont compris. Conscientes de former un seul cœur et une seule âme, elles mettaient tous leurs biens en commun, en témoignant de la grâce abondante du Christ sur elles (cf. Ac 4, 32-35). Nous vivons actuellement une crise. La pandémie nous a tous plongés dans une crise. Mais rappelez-vous : on ne peut pas sortir pareils d’une crise, ou bien l’on sort meilleurs, ou bien l’on sort pires. C’est l’option qui se présente à nous. Après la crise, est-ce que nous continuerons avec ce système économique d’injustice sociale et de mépris pour la sauvegarde de l’environnement, de la création, de la maison commune ? Réfléchissons-y.  Puissent les communautés chrétiennes du vingt-et-unième siècle retrouver cette réalité – la sauvegarde de la création et la justice sociale : elles vont de pair –  en témoignant ainsi de la Résurrection du Seigneur. Si nous prenons soin des biens que le Créateur nous donne, si nous mettons en commun ce que nous possédons de façon à ce que personne ne manque de rien, alors nous pourrons véritablement inspirer l’espérance pour faire renaître un monde plus sain et plus équitable.

Et pour finir, pensons aux enfants. Lisez les statistiques : combien d’enfants, aujourd’hui, meurent de faim à cause d’une mauvaise distribution des richesses, d’un système économique que j’ai évoqué auparavant ; et combien d’enfants, aujourd’hui, n’ont pas droit à l’école, pour la même raison. Que cette image, des enfants dans le besoin à cause de la faim et du manque d’éducation, nous aide à comprendre que nous devrons sortir meilleurs de cette crise. Merci

 




22ième Dimanche du Temps Ordinaire – par Père Rodolphe EMARD

Homélie (Mt 16, 21-27)

Frères et sœurs, le passage d’Évangile que nous venons de proclamer est la suite de celui de dimanche dernier. Souvenons-nous de cette belle profession de foi de Pierre en Jésus :

« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » (Mt 16, 16) ; Et ce que Jésus a déclaré de Pierre : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » (Mt 16, 18-19).

Dans l’Évangile de ce jour, le ton change, Jésus rabroue Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Il y a un contraste ! Pierre a très certainement tiré des leçons de cette réprimande de Jésus.

« Passe derrière moi, Satan ! » : Jésus ne rejette pas Pierre mais par cette injonction, il l’invite à reprendre sa juste place de disciple, à sa suite. Il lui demande de ne pas être un Satan, c’est-à-dire un adversaire de Dieu qui s’oppose à sa volonté. Jésus appelle à nouveau Pierre à le suivre, celui-ci est appelé à être une pierre de fondation et non pas une pierre qui fait trébucher.

Et pour suivre le Christ, Pierre doit convertir sa mentalité. Comme la plupart des Juifs de l’époque, Pierre pensait que le Messie annoncé dans les Écritures renverserait les romains qui étaient au pouvoir. Une conception purement terrestre !

Nous aimons beaucoup l’apôtre Pierre car il nous est si proche dans son côté zélé et fougueux. Comme lui, nous pouvons également avoir notre propre conception du Christ. Le risque est réel de créer un Christ selon nos idées, selon ce que nous voudrions qu’il soit… Dans la piété populaire réunionnaise, nous devons aussi relever certaines pratiques magico-spirituelles qui ne sont pas toujours bien ajustées à la foi chrétienne.

Jésus échappe à nos conceptions terrestres. Pierre nous l’a bien annoncé :  il est le Christ, le Fils du Dieu vivant. Il est bien le Messie mais un Messie qui devra passer par la souffrance et par la mort pour sauver l’humanité de la mort et du péché. Le disciple n’étant pas plus grand que le Maître, il doit prendre le même chemin.

Suivre le Christ c’est renoncer à soi-même, c’est-à-dire renoncer à nos projets et nos ambitions purement terrestres (la recherche exclusive du profit ou des biens matériels). Suivre le Christ, c’est aussi prendre sa croix, c’est accepter de passer par les souffrances et les épreuves qu’engendre le combat chrétien. Suivre le Christ, c’est s’engager à lutter, avec lui, contre le péché et cela ne se fait pas sans heurt.

Suivre le Christ, c’est enfin perdre sa vie à cause de lui, parce qu’il nous ouvre à l’espérance de la Vie éternelle. Le Messie souffrant et crucifié triomphera de la mort par la force de sa Résurrection.

Suivre le Christ, c’est vivre cette espérance que nos souffrances et nos épreuves n’auront pas le dernier mot. Pour accéder au Royaume des cieux, il n’y a pas d’autre chemin que celui du Christ.

Un dernier point que j’aimerais vous exposer. Avant de se faire reprendre par Jésus, Pierre avait invoqué Dieu de façon maladroite : « Dieu t’en garde, Seigneur ! » Dieu lui sert rapidement d’échappatoire. Invoquer Dieu ne signifie pas que Dieu va résoudre aussitôt nos problèmes, sans notre engagement. L’invoquer ne signifie pas qu’il va gommer ou effacer ce qui relève de la responsabilité humaine.

Là encore, nous sommes comme Pierre : on invoque Dieu pour bien des situations et on aimerait bien qu’il puisse tout résoudre sans notre implication. Dieu ne fera rien sans nous ! La prière est une réelle force mais elle n’est pas magique. Pour qu’elle puisse porter ses fruits, nous devons aussi nous impliquer.  Si nous souhaitons qu’une situation change, nous devons donner de nous-même.

Et bien frères et sœurs, demandons au Seigneur que nous puissions mieux comprendre sa volonté afin de pouvoir mieux le suivre. C’est l’appel même de saint Paul dans la deuxième lecture : « Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait. » (Rm 12, 2).

Que le Seigneur lui-même nous éduque, qu’il nous bénisse et qu’il nous garde dans son amour.

 

Père Rodolphe Emard.

 

 

 




22ième Dimanche du Temps Ordinaire (Matth 16, 21-27) – Francis COUSIN)

On oublie toujours quelque chose …

 

L’annonce par Jésus de son passion et de sa mort voulues par les « anciens, les grands prêtres et les scribes », et de sa résurrection le troisième jour a été pour les apôtres comme un coup de massue.

Il venait juste d’être reconnu comme le Messie, « le Christ, le Fils du Dieu vivant » !

Sans doute abasourdis, les apôtres se taisent …

Alors Pierre entraîne Jésus à part et lui souffle à l’oreille : « Cela ne t’arrivera pas ! ».

Il pensait réconforter Jésus … mais c’est une réponse virulente de la part de Jésus qui arrive : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute ».

Pourquoi ce reproche ?

Parce que Jésus doit aller jusqu’au bout de sa mission sur la terre, et l’aide humaine de Pierre et des autres apôtres ne s’inscrit pas dans la vision divine.

Mais aussi parce que, comme nous aussi le faisons souvent, Pierre n’a pas attendu et donc entendu la fin de la phrase de Jésus pour se faire son opinion : « … et le troisième jour ressusciter. »

Il en est resté aux souffrances infligées à Jésus … à ce qui est mal, et qui fait mal …

Peut-être aussi parce que la résurrection, certains juifs en parlaient, mais cela restait mystérieux, on ne savait pas trop ce que c’était, comment cela se passait … (encore maintenant …). Ce n’était pas un sujet qui passionnait les gens simples comme l’étaient les apôtres …

Ils n’avaient aucune expérience de ce que c’était. Même pour la fille de Jaïre, Jésus s’était défendu de la ressusciter ; il avait seulement dit : « Ne pleurez pas ; elle n’est pas morte : elle dort. » (Lc 8,52).

Ils ne comprendront vraiment ce que cela voulait dire que le jour de la résurrection de Jésus, même s’il en avait parlé plusieurs fois.

Nous aussi, nous sommes comme Pierre ou les apôtres : nous ne retenons souvent qu’une partie de la phrase que nous entendons, et nous occultons le reste.

Cela arrive souvent avec la Parole de Jésus dans les évangiles : nous acceptons ce que nous comprenons, ce qui nous semble ‘correct’, normal, à nos pensées humaines … mais nous oublions les autres.

Comme dans le passage de l’évangile de ce jour : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » …

On veut bien suivre Jésus, on est prêt à le faire … et souvent on en reste à « prendre sa croix » … et cela nous fait peur … parce qu’on ne sait pas quelle est cette croix, qui est individuelle, spécifique pour chacun …

Et quand arrive une situation difficile pour nous, on se dit : « Cela doit être ma croix ! », mais on n’en est jamais sûr … et on essaye de vivre avec en se disant : « Si je veux aller au ciel, il faut que je l’accepte » … mais en fait, on ne l’accepte pas, on la subit, et notre seul désir est qu’elle disparaisse …

Et il arrive que nous en voulions à Jésus de nous imposer cette croix … (« Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour … »)

Pourtant, il y a une autre phrase de Jésus qu’on oublie : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos (…) Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » (Mt 11,28.30)

Peut-être parce que c’est une phrase qu’on a du mal à comprendre … parce que nos « pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. », et que, bien que nous le désirions, nous avons du mal à sortir de notre condition humaine pour nous élever vers Dieu.

Et aussi parce qu’il y a une partie de la première phrase que nous avons occultée, celle qui est mise en premier : « qu’il renonce à lui-même ».

Et on l’occulte d’autant plus facilement qu’elle va à l’encontre de tout ce qui est véhiculé dans notre société actuelle où on met en avant l’individualisme, avec tout ce que cela comporte, à tous les niveaux : familial, social, travail, économique, politique, éthique …

C’est toujours « moi d’abord », avec dans les messages publicitaires : « Soyez le meilleur … », « Avec … soyez différents », « Distinguez-vous des autres … ».

On comprend qu’on oublie cette partie de la phrase, parce que renoncer à soi-même, d’une certaine manière, c’est renoncer à ce qu’on est intrinsèquement, renoncer à son « soi », … et cela n’est pas humainement naturel …

Parce que renoncer à soi-même, c’est accepter de mettre en premier quelqu’un d’autre, et pour nous, c’est Jésus, c’est Dieu … C’est mettre en avant la Parole de Dieu, ne vivre que pour elle, comme le fit saint Paul : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. » (Ga 2,20).

C’est accepter que cette Parole de Dieu « attire sur [nous] l’insulte et la moquerie. » (Première lecture), et cela arrive quand on défend la position des chrétiens, notamment dans les débats concernant la nouvelle loi de Bioéthique, entre autres …

Que cette Parole de Dieu soit pour nous, comme elle le fut pour Jérémie, « un feu brûlant dans [notre] cœur » qu’on n’arrive pas à « maîtriser » (Première lecture) … avec l’aide de Jésus qui est toujours là près de nous, pour nous aider à porter notre joug, à porter notre croix.

Seigneur Jésus,

on croit bien connaître ton évangile,

mais il y a toujours des passages qu’on oublie …

et ce sont souvent les plus importants,

ceux qu’on a du mal à suivre,

ceux qui nous coûtent,

parce qu’ils nous demandent beaucoup d’humilité …

et nous sommes trop fiers …

Pardonne-nous !

 

Francis Cousin

Pour accéder à la prière illustrée, cliquer sur le titre ci-après:

Prière dim ordinaire A 22°




22ième Dimanche du Temps Ordinaire – par le Diacre Jacques FOURNIER

« Un Christ crucifié, une Eglise crucifiée »

(Mt 16, 21-27)

  En ce temps-là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter.
Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. »
Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera.
Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?
Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. »

                    

         A la question de Jésus, « Pour vous, qui suis-je ? », Pierre vient de bien répondre : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ». Mais à l’époque, pour un Juif, le Messie ne pouvait qu’être une sorte de sur-homme allant de réussites en réussites… Aussi, Jésus va-t-il s’attacher à corriger tout ce que cette réponse avait d’imparfait. Et le choc sera rude…

            Oui, il est bien le Messie, et pourtant, il va apparemment connaître l’échec. Les plus hautes autorités d’Israël, « les anciens, les chefs des prêtres et les scribes », refuseront de croire en Lui. Et Lui, de son côté, ne fera pas tomber sur eux le feu du ciel, il respectera leur choix. Il se laissera arrêter sans opposer de résistance. Il se livrera aux mains des pécheurs, pour leur salut. « Il souffrira beaucoup » et sera finalement « tué »…

            Pour Pierre, ces paroles sont insupportables. Aussi va-t-il prendre Jésus à part et lui « faire de vifs reproches » ! Sa réaction si humaine rejoint toute l’humanité de Jésus, Lui qui ressentira « tristesse et effroi » face à la mort, Lui qui pleurera sur Jérusalem, Lui qui savourera son dernier repas avec ses disciples… Comme il aurait aimé que Pierre ait raison ! « Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi. Et pourtant, non pas ce que moi je veux, mais ce que toi tu veux ». Pierre ne le sait pas, mais ce qu’il vient de dire à Jésus est pour lui une terrible tentation qu’il combat aussitôt : « Passe derrière moi, Satan, tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes »…

            Et « le disciple n’est pas au-dessus du maître ; tout disciple accompli sera comme son maître. » Alors, « si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ». Renoncer à soi‑même, à son égoïsme, renoncer à pouvoir quelque chose pour soi-même, comme « sauver sa vie » en pensant que « gagner le monde entier » pourrait combler une vie, voilà le chemin que le Christ nous invite à emprunter… Une fois de plus, nous n’y arriverons jamais par nous-mêmes. Mais le Ressuscité est « avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » pour porter avec nous le fardeau de nos misères et de nos difficultés. Alors, avec lui et grâce à lui, il devient « léger et facile à porter. » Le péché nous plonge dans la souffrance ? « C’était nos souffrances qu’il portait », pour nous arracher à la mort et nous donner sa vie, gratuitement, par amour. Voilà comment Dieu « rend à chacun selon sa conduite »… DJF




22ième dimanche du Temps Ordinaire – Homélie du Père Louis DATTIN

La Croix nécessaire

Mt 16, 21-27

Vous l’avez bien compris, frères et sœurs, si vous avez écouté ces 3 textes, ce n’est pas un message de bonheur, de confort ou de réussite qui vous est donné aujourd’hui par l’Église et celle-ci serait infidèle au message du Christ, si, sans cesse, elle parlait de la Résurrection sans parler jamais de la Passion qui la précède et qui devient une condition “sine qua none” pour aboutir au jour de Pâques. Souvent, je vous l’ai dit et aujourd’hui je le répète, et c’est mon devoir de prêtre de le répéter : « Il n’y a pas de Pâques sans passion, sans souffrances, sans mort à soi-même, tout comme il n’y a pas de douleurs, d’échecs, d’épreuves qui n’aboutissent à leur tour, à la Résurrection de notre vie avec celle de Jésus-Christ ».

Mais, bien naturellement, nous avons tendance à supprimer, à gommer l’un des 2 termes. Nous sommes tous pour la réussite, le succès, la vie contre la mort, la victoire de la lumière sur les ténèbres et c’est normal : puisque créés à l’image de Dieu, nous aspirons au Royaume décrit par Jésus, où « il n’y aura plus ni larmes, ni cris, ni deuil », Royaume de Bonheur sans fin, sans difficultés, sans conflits, où la paix du cœur sera établie définitivement.

C’est bien l’autre bout de la chaîne qui nous gêne, la condition préalable à ce bonheur : cette passion, cette souffrance dont nous acceptons assez facilement que le Christ la prenne sur lui pour nous, mais que nous rejetons dès qu’il faut l’assumer soi-même, pour être fidèles à celui qui nous a demandé de le suivre, pas seulement dans le bonheur, mais aussi dans l’épreuve.

Et c’est bien la réaction de Jérémie, le prophète, (rappelez-vous la première lecture), « chaque fois, Seigneur, que j’ai à dire ta parole, que je dois proclamer : difficultés, souffrances, violence, pillages, je suis en butte à la moquerie ; tout le monde se moque de moi : la parole de Dieu attire sur moi les quolibets. Tout le monde me « moucate ». Alors, je me suis dit : Je ne penserai plus à Dieu, je ne parlerai plus de lui, ni en son nom, je laisse tomber ».

Mais, en fin de compte, Jérémie reconnaît : « Tu as mis en moi un feu dévorant ; je m’épuise à le maitriser : je n’y arrive pas ! Ta grâce en moi est plus forte que moi. Je me suis laissé séduire par toi ! Tu es plus fort que moi ! ».

Et c’est vrai, aussi au 21e siècle : il est difficile d’annoncer le message de la Croix à un monde gorgé de publicités, où l’on ne parle que de confort, de bien-être, de plaisirs, de fêtes, de vie facile, d’égoïsme individuel ou collectif. Dieu veut à tout prix nous sortir de notre vie tranquille pour nous lancer dans une aventure difficile où les épreuves ne manqueront pas et devant ce projet, tout notre être dit : « Non ! ». « Seigneur, je veux bien te suivre tant que tout va bien, que ce n’est pas trop difficile, si je n’ai pas trop à en souffrir, mais si tu m’emmènes avec toi à Jérusalem pour y souffrir, être tué, très peu pour moi ! ».

Et c’est bien ce que le Seigneur annonce à ses disciples, il le dit devant Pierre, encore tout fier, (rappelez-vous dimanche dernier), d’avoir proclamé la divinité du Christ, tout fier de s’être entendu dire : « Tu es Pierre et sur cette Pierre, je bâtirai mon Église ».

Alors, Pierre, tout gonflé de sa nouvelle importance, prend Jésus à part (vous savez, la confidence entre gens informés et intelligents, celle que l’on ne dit pas à la foule de ceux qui n’y comprennent rien) : « Dieu t’en garde, Seigneur ! Non ! Cela ne t’arrivera pas ! ».

Le Royaume, oh oui ! On en veut bien mais la souffrance, les épreuves pour y arriver, l’agonie, la mort, non, Seigneur, très peu pour nous !

Et nous voyons le Seigneur blêmir, se retourner et dire à Pierre : « Passe derrière-moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route ».

Voilà que la pierre sur laquelle Jésus devait bâtir son Église, devient la pierre d’achoppement, celle contre laquelle on bute et qui vous fait tomber : Pierre de scandale, Pierre qui fait trébucher, et non plus le roc solide. « Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ».

C’est vrai qu’on veut bien de la Résurrection, mais sans passion ; de la réussite, mais sans efforts ; du succès, mais sans entraînements ; de l’oasis, mais sans désert ; d’une réussite à un examen, mais sans travail ; d’être sur le sommet d’une montagne, mais en hélicoptère ; des résultats, mais sans fatigue. « Nous sommes tous d’accord, Seigneur, si tu nous mènes à la gloire, nous sommes tous derrière toi, tu peux nous embaucher, et même, nous sommes tous volontaires si c’est une croisière ». Alors, là, Jésus est on ne peut plus clair : « Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa Croix et qu’il me suive ».

« Ah ! Alors là, Seigneur, permets-nous de réfléchir « perdre sa vie », nous, on veut bien la sauver, mais pas la perdre, gagner sa vie : nous, on veut bien, mais nous voulons jouer sur les deux tableaux, mais te suivre, s’il y a du grabuge, des efforts, des souffrances, une mort à soi-même, non ! »

. Vous comprenez maintenant pourquoi il y a si peu de chrétiens ?

. Vous comprenez maintenant pourquoi il y avait une foule à la multiplication des pains et personne au pied de la Croix ?

. Vous comprenez maintenant pourquoi on voulait le faire roi quand il faisait des miracles et pourquoi ensuite, à la Passion, on ne lui a posé qu’une couronne d’épines ?

. Pourquoi, aux Rameaux, il est porté en triomphe et que cinq jours plus tard, la même foule dira : « Nous n’avons pas d’autres rois que César ! ».

Nous voulons une réussite sans échecs, sans efforts, sans don de soi, sans sacrifice, sans préparation, sans se donner du mal. Apprenez l’anglais en six semaines, ayez des muscles en 15 jours, maigrissez en mangeant comme avant et même une méthode dans un livre qui paraissait sérieux ” La culture physique sans mouvement “. Je n’ai pas regardé comment faire ? Mais soyons sérieux, avez-vous, frères et sœurs, dans votre vie, dans celle des autres, constaté de véritables réussites sans qu’il ait eu auparavant des efforts, des fatigues, du mal donné, un minimum de souffrances physiques et morales ? Et Dieu, qui nous respecte et qui veut notre bien en nous faisant participer, nous ferait faire l’économie de tout ce qui ferait notre mérite !

Jésus répond à Pierre aussi fermement qu’à Satan dans le désert : « Va-t’en, passe derrière moi ». « Que ces pierres deviennent des pains ». Est-ce que nous rêvons notre vie ? Ou est-ce-que nous nous décidons de la vivre avec des douleurs nécessaires ?

Le Christ n’enseigne pas à rechercher la souffrance ou à s’y complaire : les chrétiens ne sont pas des masochistes et le Christ (rappelez-vous Gethsémani) a eu peur comme nous avons peur. Il a voulu fuir cette souffrance comme nous voulons la fuir : la Croix n’est pas un but, elle n’est pas non plus l’étape finale, mais elle est un moyen, un moyen nécessaire de salut, de Résurrection. Il ne peut y avoir de Résurrection s’il n’y a pas de mort préalable. C’est la loi du grain de blé qui va mourir et germer pour produire 30 ou 60 pour un ; c’est l’itinéraire de Jésus et cela devient donc le nôtre.

Désirons-nous quitter Jésus ou, quand même, continuer à monter à Jérusalem avec lui ? Oui, « Souviens-toi de Jésus-Christ ressuscité d’entre les morts », c’est bien de chanter ce refrain. Il est réconfortant ! Mais n’oublions pas le couplet : « Si nous mourons avec lui, avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous souffrons avec lui, avec lui nous régnerons ». AMEN.




Rencontre autour de l’Évangile – 22ième Dimanche du Temps Ordinaire

“Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.”

 

 

 TA PAROLE SOUS NOS YEUX

Situons le texte et lisons (Mt 16, 21-27)

Le passage que nous allons méditer suit immédiatement celui où Pierre a confessé sa foi en disant au Christ « Tu es le Messie, de Fils du Dieu Vivant ». Mais il lui faudra découvrir que Jésus sera le Messie Serviteur souffrant.

Soulignons les mots importants

Après une lecture attentive du passage

 

Jésus « le Christ » : Pourquoi il est important de dire « Jésus Christ » ?

Montrer à ses disciples : quel sens a ici le mot « montrer » ?

Il lui « faut » souffrir, être tué et ressusciter le troisième jour » : A quelles paroles du « je crois en Dieu » nous renvoie ces paroles de Jésus ?

Pourquoi Pierre se révolte ?

Passe derrière-moi : que veut dire « marcher derrière Jésus » ? Qu’est-ce que Jésus demande à Pierre ?

Satan : que représente ce personnage ? A quel moment de la vie de Jésus nous renvoie ce rejet de Satan ?

Si quelqu’un veut…Qu’il prenne sa croix

Perdre/sauver sa vie : comment comprendre ces paroles de Jésus ?

Le Fils de l’homme : quel est son rôle ?

 

Pour l’animateur  

« Jésus le Christ », c’est le titre solennel qui donne l’identité exacte de Jésus. « Jésus », c’est le nom qui dit son origine terrestre, « Christ » le nom qui dit son origine divine.

Jésus dit qu’il lui « faut » souffrir, il ne parle pas d’un destin imparable, d’une fatalité, mais du Plan de Dieu qu’il a accepté et qu’il « montre », c’est-à-dire qu’il « dévoile » aux disciples.

« Ressusciter le troisième jour » : Matthieu écrit son évangile en faisant référence au credo des premières Églises « Christ est mort pour nos péchés…il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour » (1Co 15, 4). Jésus, en se nourrissant des Ecritures (Os 6, 2 ; ps.) avait foi en la résurrection des justes à la fin des temps. Pour l’heure, il s’en remettait totalement à son Père.

 Si Pierre se révolte, c’est que, malgré sa profession de foi en Jésus, malgré sa foi en la résurrection des justes, il n’accepte pas l’idée d’un Messie qui doit passer par l’humiliation et la mort.

Jésus le remet à sa place, c’est-à-dire sa place de disciple, celui qui doit « marcher derrière » Jésus, et non pas se mettre en travers de sa route prévue par le Père.  Pierre était déclaré « heureux » quand il a su dire sa foi ; mais il ne se plie pas encore aux vues de Dieu. Sa révolte sert les pensées de Satan, l’adversaire que Jésus a repoussé énergiquement lors de la tentation au désert. « Satan » désigne tout un ensemble de forces opposées à la mission du Christ.

Si quelqu’un veut… Jésus ne force jamais personne. La liberté, c’est la grandeur de l’homme selon Dieu. C’est Dieu qui a inventé la liberté de l’homme.

Prendre sa croix, pour les disciples, qui ont choisi de suivre le Christ, ce sera, tel le condamné obligé de traverser avec sa croix la foule hostile, se dépouiller de tout amour-propre en vivant sa foi dans un monde difficile, et trouver leur dignité dans leur ressemblance au Christ.

Celui qui se prend lui-même pour le centre de son existence, celui-là a perdu d’avance. Celui qui semble « rater » sa vie parce qu’il suit le Christ, celui-là réussira. Car la vie de l’homme ne s’identifie pas à son avoir, même s’il gagne le monde entier.

 

TA PAROLE DANS NOS CŒURS :

Jésus, tu es le Fils de l’homme, celui qui vient de la terre et du ciel. Tu es le Messie annoncé par les prophètes. Tu es le Fils unique du Père, le Dieu vivant, celui qui est le créateur de toute vie, et celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts. C’est la foi de Pierre, la foi de ton Église.

 

TA PAROLE DANS NOS MAINS :

La Parole aujourd’hui dans notre vie  

La souffrance et la mort restent une pierre d’achoppement qui détourne parfois les chrétiens de la foi. : Et nous ?

Renoncer à soi-même : Est-ce que nous acceptons de renoncer à vivre selon nous-même, selon nos idées pour nous mettre à vivre selon Jésus et les vues de Dieu ? (par exemple : accepter de renoncer à ma tranquillité et à mes aises pour accueillir quelqu’un qui me demande de l’aide !… Renoncer au plus mauvais de moi-même : moi, moi ! (le moi égoïste) pour développer le « moi » pour Jésus et pour mes frères.

Jésus est celui qui donne sa vie pour les autres : est-ce que nous sommes décidés à le suivre jusque-là ?

 Prendre sa croix : Être disciple de Jésus, c’est le suivre, nous le savons : c’est facile quand tout va bien. Mais quand survient l’épreuve ? Quand nous rencontrons des oppositions ? Quand nous sommes tentés de tout quitter parce que c’est difficile d’être chrétiens ? N’avons-nous pas le même réflexe de Pierre quand il nous faut envisager la souffrance et l’incompréhension à cause de notre foi au Christ ?

Nous sommes bien obligés d’encaisser ce qui nous tombe dessus, à cause de notre volonté de suivre Jésus.

 

Ensemble prions

Chant : Je choisis de vivre, je choisis d’aimer p.260 c.1-2

Nous avons tous, Seigneur, des fardeaux à porter.  Cette maladie qui nous frappe, ce cancer qui ronge, ce deuil si lourd à vivre cet enfant handicapé…pourquoi Seigneur ?

Et toutes les injustices qui nous brisent ou nous révoltent : le chômage et la misère, la guerre et la violence, les privations et la faim de millions d’être humains… Pourquoi, Seigneur ?

Aide-nous, Seigneur à porter nos croix comme tu as porté ta croix. Et nos croix deviendront des actes d’amour, elles nous feront participer au Salut du monde… Alors, au milieu de l’obscurité, tout prend un sens. Que ta croix, Seigneur, soit notre lumière et notre prière.

 

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22ème Dimanche du Temps Ordinaire

 

 

 

 

 

 




21ième Dimanche du Temps Ordinaire (Matth 16, 13-21) – Francis COUSIN)

« Ce n’est pas la chair et le sang

qui t’ont révélé cela,

mais mon Père qui est aux cieux. »

 

Pierre aurait pu être fier. Il était le premier disciple à dire que Jésus est le Messie, « le Christ, le Fils du Dieu vivant ! ».

Mais Jésus le remet aussitôt à sa place : « Tout ce que tu as dit, ça ne vient pas de toi, mais de mon Père : bienheureux es-tu ! ».

Coup dur pour Pierre. Il aurait sans doute aimé, comme nous tous dans cette situation, être félicité pour sa clairvoyance … Mais non ! Jésus remet les choses dans l’ordre (et c’est vrai aussi pour nous, quand nous pensons avoir une idée géniale …) : Tout ce qui est bon nous est ‘soufflé’ par Dieu.

Tout vient de toi, ô Père très bon.

Apprentissage de l’humilité !

Sans doute Pierre devait l’avoir un peu mauvaise, alors quand aussitôt après Jésus annonce aux disciples sa passion et sa résurrection, essayant peut-être de se rattraper, il dit : « Cela ne t’arrivera pas », Jésus le reprend encore : « Passe derrière moi, Satan ! … Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » (Mt 16,22-23).

C’est la douche froide, une deuxième volée de bois vert !

Et celui qui a suggéré la phrase est clairement identifié : Satan.

Un coup, la pensée vient de Dieu ; le deuxième coup, elle vient de Satan !

Et il en est de même pour nous. Nos pensées viennent de Dieu ou de Satan. Peut-être quelque fois de nous … mais c’est pas sûr …

Tout vient de toi, ô Père très bon.

Mais seulement ce qui est bon ! Pas le reste ! Apprentissage de la clairvoyance !

Alors pour nous, qui est Jésus ? ou qui est Dieu ? La réflexion est la même qui revient à se poser la question : Quelle est notre relation à Dieu ?

Dans toute relation humaine, il y a deux axes. Avec Dieu, c’est pareil : de nous vers Dieu, et de Dieu vers nous.

Dans la relation de Dieu vers nous, c’est facile : Dieu est amour, vérité, justice et paix, et il nous donne tout de qui est bon et beau : le foi, l’espérance, l’amour, l’intelligence et tous les autres dons de l’Esprit Saint … mais il ne nous les impose pas. Il nous laisse libre de les accepter ou non.

Tout vient de toi, ô Père très bon.

Dans la relation de nous vers Dieu, c’est plus compliqué … à cause de notre nature humaine. Et chacun est différent des autres !

Mais on peut quand même se poser quelques questions.

Sommes-nous attentifs à Dieu ? Est-ce que nous avons des relations faciles et régulières ? Est-ce que nous ne faisons que de lui demander des choses pour notre satisfaction personnelle … et est-ce que nous le remercions quand il le faut ? Est-ce que nous l’entendons quand il nous parle par différents canaux : méditations, personnes, événements, livres … et surtout est-ce que nous mettons en pratique ce qu’il nous dit ?

Parce que c’est là que va intervenir Satan pour nous faire dévier du ’droit chemin’, le chemin qui nous est indiqué par Jésus, le chemin qui mène au ciel !

Et c’est là aussi que va intervenir l’Esprit Saint pour nous aider dans nos choix, pour nous apprendre la clairvoyance !

Et ces obstacles déposés sur le ’droit chemin’ sont nombreux. On en trouve plusieurs dans l’évangile : … je ne peux pas, je me marie … j’ai acheté des bœufs … je dois enterrer mon père … l’argent … le pouvoir … l’injustice … l’autosatisfaction : je ne suis pas comme …

Nous trouvons toujours des excuses pour ne pas écouter Dieu.

Tout comme Pierre, nous devons lutter contre le Démon qui veut nous écarter de Dieu. Et c’est possible. Car Pierre, malgré son reniement, aimait Jésus. Et c’est sur cette question-là que Jésus va lui confier l’Église à venir : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ?  … Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime … Sois le berger de mes brebis. » (Jn 21,17).

Et il y en a d’autres qui, comme Pierre, ont montré beaucoup d’amour dans une dimension de foi. Ce sont ceux qu’on appelle les saints … et ils sont nombreux …

Il y a ceux qui sont sur le calendrier. On connaît leur nom, ce qu’ils ont fait …

Mais il y en a encore bien plus dont on ne sait rien, comme le dit le chant : « Ils sont nombreux les bienheureux qui n’ont jamais fait parler d’eux et qui n’ont pas laissé d’image… Tous ceux qui ont, depuis des âges, aimé sans cesse et de leur mieux autant leurs frères que leur Dieu… » (W 72)

Ce sont tous ceux que le pape François appelle « Les saints de la porte d’à côté » (GE 7), ceux qu’il nous donne comme modèle pour que nous devenions comme eux …

Et nous pouvons le faire !

Mais pour cela, il nous faut beaucoup d’humilité pour devenir instruments entre les mains de Dieu, comme le dit le père Pierre Leplay : « Entre tes mains, Seigneur, comme mon stylo entre mes mains ».

Seigneur Jésus,

quelle leçon tu donnes à Saint Pierre !

Il donne une très bonne réponse à ta question,

mais tu ne veux pas

qu’il se croit supérieur aux autres,

tu veux lui apprendre l’humilité.

Et ce n’est pas toujours facile à accepter.

nous en savons quelque chose

nous qui voulons toujours paraître.

Apprends-nous à devenir humble

comme toi-même l’a toujours été !

 

Francis Cousin

 

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Prière dim ordinaire A 21°