Dimanche 17 mai, 6° Dimanche de Pâques (Jn 14,15-21)  – Messe télévisée sur RFO la 1° – Homélie de P. Pascal Mussard

Dans l’évangile, que nous venons d’entendre, Jésus prépare, enseigne ses disciples. Il sait que bientôt son heure va venir, qu’il va vivre la passion, la mort, la résurrection … et qu’il devra retourner vers son Père.

D’une certaine manière, il donne à ses disciples ses dernières consignes, son testament pour qu’ils puissent continuer la mission de son Père.

Il leur fait une promesse : je ne vous lâcherai pas, (non) je ne vous abandonnerai pas ! Je vous donnerai l’Esprit de vérité, l’Esprit Saint qui sera toujours auprès de vous, pour vous consoler, vous défendre, vous guider…

Pendant qu’il prononce ces paroles, Jésus ne pense pas seulement aux douze hommes qui l’ont accompagné tant bien que mal sur les routes de Palestine. Il pense aussi à chacun d’entre nous, à tous ceux qui souffrent, ceux qui cherchent une raison de vivre à laquelle s’agripper, notamment en cas de difficulté familiale, professionnelle ou de deuil.

Pour illustrer cette promesse de Jésus de toujours être avec nous, je voudrais vous partager le témoignage d’un prêtre.

« J’ai pu, dit-il, retrouver à quelques années de distance des parents qui avait perdu un enfant et dont la vie avait été brisée par le deuil. L’un d’eux m’a raconté  que les mois qui ont suivi ont été marqués par l’angoisse,  par un brouillard épais. Puis, lentement, un peu de calme entre dans le cœur. Non pas la sérénité, pas le bonheur, mais un peu de paix. Avec l’impression, de ne plus avoir peur de la mort non plus. Si je meurs un jour, en fin de compte, je ne meurs pas, je vais retrouver mon enfant. Je vis aujourd’hui intensément, je me dévoue pour les autres, pour ceux qui sont dans le besoin. »

Le Christ ne nous abandonne pas ! Il nous accompagne.

C’est le cas du disciple Philippe dans la 1e lecture qui s’en va en mission porté par l’espérance et par la foi ! Dans la 1ere lecture, Philippe fait partie du groupe des 7 diacres qui ont été appelé par les apôtres pour les aider dans leur mission. Il est envoyé, en terre étrangère, en Samarie, où il proclame le Christ ressuscité. Il fait comme Jésus l’a appris à ses disciples, il va vers les méprisés, il proclame la Parole, il enseigne, Il rassemble des foules, il délivre, il guérit et une grande joie envahit toute la ville.

 En écoutant ce récit, cela nous rappelle l’action de Jésus lui-même. Contempler Jésus, vivre ses commandements, annoncer le règne de Dieu, voilà la mission du disciple. Cette mission, il ne la vit pas seul, il la vit en communion avec les autres (disciples) et d’ailleurs (dans ce récit) Pierre et Jean, (les 2 apôtres) viennent imposer les mains à ces Samaritains pour que eux, aussi, puissent recevoir l’Esprit Saint, le Défenseur, l’Esprit de vérité et ainsi parfaire leur l’initiation à la foi.

Dans la seconde lecture, Pierre annonce le Christ avec beaucoup de zèle à des chrétiens qui se heurtent à la calomnie et à la persécution. Il leur rappelle que quelles que soient les épreuves et les difficultés, le disciple reste ferme dans la foi et qu’il doit toujours être prêt à rendre témoignage, avec douceur et respect, de l’espérance qui l’habite. La foi ne s’impose pas, elle se propose, avec douceur et dans le respect des personnes. Comme Jésus, Pierre nous rappelle que nous devons rejeter toute violence et agir pour le bien. Le Bien est d’une certaine manière l’ADN du chrétien, la signature des enfants de Dieu…

Je me souviens de cet homme de terrain qui était injustement accusé. Son directeur l’appel au téléphone et le convoque dans son bureau ! Cet employé conscient d’être dans son bon droit et se sentant injustement accusé se rend seul au bureau. En ouvrant la porte, on lui dit : « Oussa y lé out syndicat ! » Il répondit aussitôt : « Mon Syndicat c’est Jésus Christ ! »

Le Christ ne nous abandonne pas ! Il nous accompagne.

Les textes de ce dimanche nous invitent à méditer sur l’attitude du disciple du Christ. Le disciple répond à l’appel du maitre. Il accepte de se mettre à sa suite. Il l’accueille, il l’écoute, et il se laisse guider. Il aime son Seigneur, garde ses commandements et essaie de les vivre. Il prend conscience de sa fragilité, de sa pauvreté, mais aussi de ses qualités pour se mettre au service du Bien. Le disciple du Christ est celui qui rend témoignage de l’espérance, de la joie, de l’amour qui l’habitent.

Dans « la joie de l’évangile », le pape François, nous encourage à être des « disciples – Missionnaires ». Il dit : « Après avoir écouté et regardé comment Dieu agit, le « disciple – Missionnaire » se met lui-même à agir. Il invente de nouvelles routes, il est hardi, il ne se concentre pas sur lui mais sur ceux qui sont en dehors de l’Église, les incroyants, les pauvres, les marginaux. Il  n’y   va   pas avec un étendard, il n’est pas un propagandiste de l’Évangile, mais il cherche à rendre compte de la joie d’être chrétien.

Frères et sœurs, entendons-nous l’appel urgent, du pape François à être des « disciples – missionnaires » ?

Dieu notre Père, ravive en nous l’Esprit – Saint que nous avons reçu au baptême pour que nous soyons de vrais disciples du Christ, des disciples joyeux à faire le bien.

 Amen

                                                                                                      P. Pascal Mussard