15ième Dimanche du Temps Ordinaire (Luc 10, 25-37 ) :    « Va, et toi aussi, fais de même. » (Francis Cousin)

 

   « Va, et toi aussi, fais de même. »

La parabole du bon Samaritain est bien connue de tous. Il n’empêche qu’il est important de la réentendre de temps en temps.

Cela commence par un docteur de la loi qui veut mettre Jésus à l’épreuve : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »

Dire en héritage, c’est déjà biaiser le problème : l’héritage, c’est quelque chose que l’on reçoit, mais qui a été construit par d’autres ; cela de dépend pas de soi. Alors dire « que dois-je faire » pour obtenir quelque chose qui ne dépend pas de moi, c’est qu’on n’a pas envie de faire quoi que ce soit.

Jésus l’a bien compris puisqu’il répond : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? ». Il y a l’écrit, et ce que l’on en fait. ’’Comment lis-tu ?’’, c’est une manière de dire : ’’Comment le comprends-tu ? Qu’est-ce que cela change dans ta manière de vivre ?’’ Et cette question que Jésus pose au docteur de la loi, elle concerne aussi chacun de nous ! Lire, d’écouter l’évangile, la Parole de Dieu, ne suffit pas : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique ! » (Luc 11,28). « Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique. » (Première lecture).

Le docteur de la loi, comme tout bon juif, répond en citant les passages où on parle de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain. Jésus répond : « Fais ainsi et tu vivras. », sous-entendu dans la vie éternelle, puisque l’homme est déjà vivant.

Mais le docteur de la loi pose une nouvelle question : « Et qui est mon prochain ? »

Sans doute voulait-il essayer de limiter la portée de l’amour du prochain afin de diminuer les exigences permettant d’obtenir la vie éternelle. Limiter l’amour, surtout quand l’amour est à la demande de Dieu, lui qui est tout amour, ce n’est pas possible. Dieu ne nous demande jamais l’impossible, mais il nous demande de faire tout ce qui nous est possible, avec son aide : « Cette loi que je te prescris aujourd’hui n’est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte. » (Première lecture).

Jésus entend bien la question, mais il va la modifier. À la fin de la parabole, il demande au docteur de la loi : « Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? ».

On assiste à un renversement : pour Jésus, ce n’est plus ’’qui est mon prochain ?’’, mais ’’de qui suis-je le prochain ?’’, ’’de qui est-ce que je me fais le prochain ?’’

Le prochain, ce n’est pas l’autre qui l’est, c’est moi qui le devient, c’est moi quand je fais un pas vers l’autre, quand je me préoccupe de lui, quand je prends part à ses problèmes, quand j’ai de la compassion pour lui.

Le prochain, ce n’est pas celui qui est le plus proche de moi, comme la prochaine station de bus, mais celui dont je me fais proche.

  Être le prochain n’est pas une situation géographique (même si ça peut être le cas), mais une position intellectuelle et spirituelle. L’exemple le plus accompli du prochain est sans doute sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui est devenue la patronne des missions, sans jamais quitter son carmel de Lisieux.

Être le prochain, c’est mettre en application les œuvres de miséricorde, qu’elles soient corporelles ou spirituelles.

Et il n’est pas nécessaire d’être baptisé pour cela : Dieu a mis son amour dans le cœur de tous les humains, et chacun peut répondre à cet amour en aimant les autres à son tour, en se faisant le prochain des autres. « Des Samaritains au cœur dilaté par l’amour, la planète en compte des millions, bénis de Dieu et de son Fils, quelle que soit la couleur de la foi qui les revêt. » (Père Zanotti-Sorkine).

Alors, « Toi aussi, fais de même. »

Seigneur Jésus,

Trop souvent nous nous conduisons

comme si la Vie Éternelle

nous était donnée en héritage.

Alors que tu nous demandes

de faire aux autres

comme si c’était toi qui étais là.

Tu nous demandes d’avoir

de la compassion pour les autres,

de nous faire le prochain de ceux-ci.

Et donc d’aller vers les autres.

Tous les autres.

Francis Cousin   

 

 

 

Pour télécharger la prière illustrée  , cliquer sur le titre suivant:

Prière dim ordinaire C 15°

   

  

 

 

image_pdfimage_print

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Question antispam * Time limit is exhausted. Please reload the CAPTCHA.

Top