4ième Dimanche du Temps Ordinaire (Luc 4, 21-30) : « Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin. » (Francis Cousin)

 « Mais lui, passant au milieu d’eux,

allait son chemin. »

 

Deux remarques que l’on pourrait faire … Entre autres bien sûr …

La première concerne les exemples de l’Écriture que cite Jésus.

Nous n’en sommes qu’au début de sa vie publique (et on n’a pas encore parlé des évènements de Capharnaüm dont il parle …), et les exemples cités par Jésus concernent des étrangers parce que « aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. ». Il aurait très bien pu ne parler que de « ce qui s’est passé à Capharnaüm », mais non, il parle d’étrangers, de non-juifs …

Et le premier exemple qu’il donne, celui de la veuve « de Sarepta, au pays de Sidon », nous fait penser à l’épisode de la femme de Sidon, une syro-phénicienne, qui demande la guérison de sa fille, et qui se fait répliquer de façon cinglante par Jésus : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » (Mt 15,24). Il faudra la vivacité d’esprit de cette femme pour répondre à Jésus qui lui parle du « pain des enfants jeté aux petits chiens » : « mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » (Mt 15,27). Et jésus loua sa foi et sa fille fut guérie.

Luc est le seul des évangélistes synoptiques à ne pas parler de cet épisode. Il faut dire que Luc est lui-même un étranger, parlant grec, un païen qui semble s’être converti en écoutant saint Paul, l’apôtre des Nations, dont il fut un proche et peut-être son secrétaire. Il sait donc très bien que le développement de la pensée de Jésus, sa Bonne Nouvelle, se fait aussi avec les « païens », et ne veut pas en rajouter.

Ainsi, dès le début de son évangile, l’universalité de la mission de Jésus est annoncée.

Après avoir donné ces deux exemples, « dans la synagogue, tous devinrent furieux ». Tous ces gens sont sûrs d’eux, sûrs de leurs droits. Ce sont tous des gens ’’religieux’’ : la preuve, ils sont tous à la synagogue le jour du sabbat … Dieu a fait alliance avec le peuple juif, il leur a donné la Loi par Moïse (qu’ils respectent à la lettre … !). Ce sont eux qui sont dans le ’’vrai’’ : « Le salut vient des juifs ! » (Jn 4,22), Dieu ne peut pas se préoccuper davantage des étrangers, des non-juifs, que d’eux ! Dieu est avec nous ! (ou ’’Gott mit uns’’, tristement célèbre !) …

Mais leur certitude est basée sur un sentiment de supériorité. Dieu est avec eux … mais eux ne sont pas avec Dieu …

Alors la phrase de Jésus : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » qui sonnait pour eux comme un sacrilège et qui doit être punie, et maintenant la non-reconnaissance de la primauté des juifs pour le Salut, c’en est trop. Ils veulent supprimer Jésus et l’entraînent sur un escarpement pour le tuer, « Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin. ». On peut penser au Golgotha, un petit escarpement où Jésus mourra … mais là encore, il ‘passa’ son chemin, ressuscitant pour accomplir sa mission …

Un chemin d’amour, de compassion, de pardon. Un chemin pour aller toujours plus avant, vers la perfection …

Alors, nous, on peut réfléchir sur notre manière d’être chrétien.

Quel est le chemin que nous prenons ?

Celui des juifs de Nazareth ? Le chemin de nos suffisances, de nos certitudes, de notre faire-valoir, de notre argent … qui ressemble davantage à un rond-point où on ne cesse de tourner en rond parce qu’on ne sait pas quel chemin prendre, parce qu’on n’a pas de but (on se sent bien, on a tout ce qu’il nous faut …) ? ou sinon revenir en arrière, d’où l’on vient … s’appuyer sur le passé … comme l’on fait les juifs de Nazareth ?

Ou on peut prendre le chemin que nos propose Jésus … avec ses écueils, ses doutes … mais avec la certitude que nous avançons vers lui, qu’il est avec nous, et que nous sommes avec lui … ?

Un chemin où on ne sait pas toujours où il nous emmène … mais qu’importe … puisque Dieu est avec nous, tout est possible, … il nous aidera à dépasser nos croix et à avancer sur ce chemin qui mène vers lui, sur ce chemin de sainteté

Seigneur Jésus,

face à la foule en furie

qui ne cherche pas vraiment à savoir qui tu es,

une seule chose te préoccupe :

remplir la mission que t’a confiée ton Père.

 Alors tu vas ton chemin,

le chemin que tu nous invites à prendre à ta suite.

Francis Cousin

 

 

 

 

Pour télécharger la prière illustrée  , cliquer sur le titre suivant:

Prière dim ord C 4° A6

 

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