Fiche N°29 : La Passion de Jésus (1) : Jn 18,1-19,16.

Jésus se laisse arrêter (Jn 18,1-11)

 

            Jésus avait une mission : laquelle d’après Jn 1,18 et Jn 17,6, en se souvenant que le nom, dans la Bible, renvoie à l’identité profonde de celui qui le porte et dit « quelque chose » de son Mystère ? Préciser la réponse précédente avec 1Jn 4,8 et 1Jn 4,16. Si Dieu est ainsi, quelle est donc, envers et contre tout, son unique attitude vis-à-vis des hommes qu’il a créés (cf. Jr 24,6 ; 32,40‑41 ; 33,9) ? Jésus sera fidèle à cette mission jusqu’au bout… « Le Fils de l’homme va être livré aux mains des pécheurs ». Il va « beaucoup souffrir » de leur part, « être rejeté, tué » (Mt 26,45 ; Mc 8,31), mais face à toute cette violence, cette méchanceté, cette cruauté, Jésus ne répondra que par l’amour. Il ne cessera d’aimer ceux qui lui font tant de mal, ne cherchant et ne désirant que leur bien le plus profond… La Passion est ainsi le sommet de la Révélation du Mystère de ce Dieu Amour qui, de toute éternité, n’est qu’Amour et recherche continuelle du bien le plus profond de tous les hommes qu’il aime, quels qu’ils soient…

            « Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même » (Ste Thérèse de Lisieux). Retrouver ce principe pour Jésus en Jn 15,13 et Rm 5,6-8. Et quels sont « ses amis » d’après Jn 3,16‑17 ? Mais si Dieu est, depuis que le monde existe, « ami des hommes » (Sg 1,6 ; 7,23), ami de tous les hommes, quels qu’ils soient, toute amitié, pour être réellement vécue, demande, espère, implore la libre réciprocité… Voilà donc tout ce que Dieu attend de nous : reconnaître son Amour indéfectible et sans réserve, l’accepter, l’accueillir, et lui répondre dans le même registre. « Ses disciples » ont commencé à le faire (1Jn 4,19), une réponse que Dieu désire et attend de tout homme…

            La Passion sera donc le sommet de la révélation de Dieu « Amour ». Telle était toute la mission de Jésus. Il lui sera fidèle jusqu’au bout, non sans difficultés ni combats (Lc 22,39-46), ce qui nous montre une fois de plus, et à quel point, il était humain ! A tout ce mal que les pécheurs lui feront, et quel mal, il ne répondra que par l’Amour, et la recherche continuelle de leur bien, acceptant de mourir sur une croix pour qu’un jour, ils soient tous sauvés, s’ils l’acceptent !

            Cette attitude demande une force qui dépasse nos capacités humaines… Jésus l’implora de son Père : qu’il soit fidèle jusqu’au bout à manifester que « Dieu est Amour » et qu’Il n’Est qu’Amour… « Père, l’heure est venue, glorifie ton Fils afin que ton Fils te glorifie » (Jn 17,1 ; cf. Jn 12,27-28) en ne répondant au mal que par l’Amour et la recherche continuelle du Bien de tous, et notamment de ceux qui le tueront… Et de fait, une fois ressuscité, que se proposera-t-il de faire à leur égard (cf. Ac 3,25-26) ?

            Marie, la Mère de Jésus, ne vivra pas la Passion… Mais elle sera « auprès de la Croix de Jésus » (Jn 19,25), toute proche, le soutenant par sa prière, son acceptation, son offrande, par amour de Dieu et des hommes… « Toi-même, une épée te transpercera l’âme », lui avait annoncé Syméon, prophète en cet instant, lui « sur » qui « reposait l’Esprit Saint » (Lc 2,35 ; 2,26). Ce qui nous est dit ici sur Marie, peut nous aider à percevoir, tant soit peu, ce que Dieu le Père a vécu en son cœur… Et il l’a accepté par amour pour tous les hommes… « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, l’Unique-Engendré, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle » (Jn 3,16).

            « De l’autre côté du torrent du Cédron, il y avait là un jardin dans lequel Jésus entra ainsi que ses disciples »… St Jean ne nomme pas le jardin où il se rend ; quel est-il d’après les autres évangiles (Mt 26,36 ; Mc 14,32) ? D’après Jn 18,4, est-ce que ce sont les soldats qui viennent vers Jésus et mettent la main sur lui ? Que se passe-t-il en réalité (cf. Jn 10,17-18 : « Je dépose ma vie, pour la recevoir. Personne ne me l’enlève ; mais je la dépose de moi-même. J’ai pouvoir de la déposer et j’ai pouvoir de la recevoir de nouveau ; tel est le commandement que j’ai reçu de mon Père. »). Et quelle en est la raison profonde (1 – Jn 14,31 ; 2 – Jn 13,1) ?

            Souvenons-nous… Au tout début de son ministère terrestre, deux disciples de Jean-Baptiste s’étaient mis à suivre Jésus. Que leur avait-il demandé (cf. Jn 1,38) ? Et il leur avait répondu : « Venez et voyez », c’est-à-dire, dans le vocabulaire de St Jean, « croyez » et « posez sur moi un regard de foi » qui vous permettra de reconnaître que « je suis dans le Père et que le Père est en moi » (Jn 14,10-11), « un » avec le Père (Jn 10,30), uni au Père dans la communion d’un même Esprit (Jn 4,24), d’une même Lumière (1Jn 1,5), d’un même Amour (1Jn 4,8.16)…

            Jésus est donc « l’Unique Engendré » du Père (Jn 1,14 ; 1,18 ; 3,16 ; 3,18), « le Fils bien-aimé » du Père (Mt 3,17 ; 12,18 ; 17,5 ; cf. Jn 3,35 ; 5,20 ; 10,17 ; 15,9 ; 17,23-26), « le Fils de Dieu » (Jn 1,49), Celui qui est auprès du Père avant tout commencement (Jn 1,1-2). Et à la fin de son ministère, Jésus pose une question semblable, mais cette fois à ceux qui viennent l’arrêter (Jn 18,4). Et que répondent les gardes ? Quel est en fait le contenu de leur réponse (cf. Jn 6,42 ; Mt 13,53-58 ; Mc 6,1-6) ? Et Jésus, lui, que répond-il ? Derrière nos traductions, qui tiennent compte du contexte relationnel dans lequel Jésus s’exprime, quel grand Mystère s’offre en fait aux gardes (se souvenir de Jn 4,26 ; 6,20 ; 8,24 ; 8,58 ; Ex 3,14) ? Et combien de fois cette expression intervient-elle dans notre passage (Se souvenir que le chiffre « trois » dans la Bible renvoie souvent à Dieu en tant qu’il agit) ? On peut supposer qu’en cet instant, au moment où Jésus prononçait ces paroles, « quelque chose » de l’épisode raconté en Mc 9,2-8 s’est réalisé pour ces gardes ; un élément supplémentaire, allant dans le même sens, leur est d’ailleurs offert en Jn 18,6 : quel est-il et que signifie-t-il ? Mais pour reconnaître ce Mystère, quel regard doivent-ils porter sur Jésus (cf. Jn 6,40 avec la note de la Bible de Jérusalem : « “ Voir ” le Fils, c’est discerner et reconnaître qu’il est réellement le Fils envoyé par le Père, cf. Jn 12,45 ; 14,9 ; 17,6 » ; situation semblable en Jn 9,35-38) ? Mais que suppose en fait ce regard (De tout cœur : 1Is 45,22 ; 2Mt 3,2 ; 4,17 ; Ac 2,38 ; 3,19 ; 17,30 ; 20,21 ; 26,20Ap 2,21 ; 16,9-11 ; 3Ac 16,14 ; 14,27) ? Et si tel est le cas, puisque Dieu est tel qu’il est décrit en Jr 2,13 et 17,13 lu avec Jn 7,37-39, que se passera-t-il aussitôt (cf. Lc 1,15 ; 1,40 ; 1,67 ; 4,1 ; Ac 2,4 ; 4,8) ? Et en mettant ensemble Jn 4,24 et 1Jn 1,5, qu’est-ce qui pourra alors être vécu (cf. Ep 1,18 ; Ps 36(35),10) et donc affirmé (cf. 1Co 12,3) ? Mais ces gardes ouvrent-ils leur cœur à Dieu et au témoignage qu’il ne cesse de rendre à son Fils par l’Esprit Saint (Jn 15,26 ; 1Jn 5,5‑12) ? Et pourtant, que se passera-t-il encore par la suite (Jn 18,10) d’après Lc 22,50-51 ? Si autrefois leur cœur s’était entrouvert, s’ils avaient perçu « quelque chose » de son Mystère, s’ils n’avaient pas pu alors l’arrêter (Jn 7,45-47), maintenant, hélas, « son heure est venue » (Jn 7,30 ; 8,20 ; 12,23-24.27 ; 13,1 ; 17,1)… Ils vont mettre la main sur lui (Mt 26,50), se saisir de lui, l’arrêter et l’emporter… Mais ce ne sont pas les pécheurs qui, à travers Jésus, mettent la main sur Dieu… C’est Dieu qui se donne à eux tout entier, pour leur salut…

            Jésus accepte donc la volonté du Père, mais en s’exprimant comme il le fait en Jn 18,11, à quel épisode fait-il allusion (cf. Lc 22,39-44) ? Si St Jean ne rapporte pas « l’agonie de Jésus à Gethsémani », nous constatons une fois de plus qu’il y fait souvent allusion (cf. Jn 12,27-28 ; 14,31 avec Mt 26,46)…

Jésus devant Anne et Caïphe. Reniements de Pierre (Jn 18,12-27).

 

            D’après les tableaux chronologiques de nos Bibles, quand Anne et Caïphe furent-ils « grands prêtres » ?

            Jn 18,14 rappelle Jn 11,45-54. Ainsi, avant même que le procès n’ait commencé, en connaît-on déjà l’issue (∆) ? Et d’après ce dernier texte, pour quel but Jésus accepte-t-il toute cette mascarade (voir aussi Jn 14,1-3 ; 17,24 avec la perspective de Jn 3,16-17 ; 1Tm 2,3-6 ; Ep 1,9-10 ; 2,18 ; 1Th 5,9-10 ; 1Jn 1,1-4) ?

            D’après les notes de nos Bibles, qui est très certainement cet autre disciple nommé en Jn 18,15 (cf. Jn 19,25-27 ; 13,23 ; 20,2 ; 21,7.20) ? Qu’indique sa présence en ce lieu et en une telle circonstance ? Et il fera entrer Pierre qui « se tenait près de la porte, dehors » en disant « un mot à la portière ». Qu’avait dit autrefois ce dernier (cf. Jn 13,37-38 ; Mt 26,30-35 ; Mc 14,26-31) ? En quoi se trompait-il ? Quelle douloureuse expérience fera-t-il par la suite (Mt 26,75 ; Lc 22,62) ? Mais à la lumière de Mc 10,21, que découvrit Pierre dans le regard de Jésus en Lc 22,61 ? En accord avec la prédiction de Jésus en Jn 13,38, combien de fois Pierre déclare-t-il ne pas le connaître en Jn 18,12-27 ? Or, « trois » dans la Bible, est le chiffre de Dieu en tant qu’il agit… Quelle interprétation le symbolisme de ce chiffre apporte-t-il donc à la scène (cf. Lc 1,51-52) ? Qu’apprend donc ici St Pierre (cf. 1P 5,5) ? Or, d’après cette dernière citation, quelle attitude de cœur est absolument nécessaire à l’accueil de cette grâce dont Dieu veut combler tous les hommes ? Quel but Dieu poursuivait-il donc à travers cette épreuve vécue ici par St Pierre ? Et quels fruits portera-t-elle encore en lui d’après 1P 3,8 ; Col 3,12 ; Ep 4,2 ? Noter particulièrement Ph 2,3 ; or, quelle était la vocation à laquelle Pierre était appelée (cf. Mt 16,18-19) ? Et de fait, en quelle position intervient-il dans les Evangiles chaque fois qu’il est nommé avec les autres disciples (cf. Mt 10,2-4 ; Mc 3,16‑19 ; Lc 6,13-16 ; puis Mc 4,18-22 ; Mt 17,1 ; 26,37…) ? Mais, tout en étant à cette place, comment devait-il se comprendre de cœur vis-à-vis de tous (cf. Mt 20,24-28 ; Mc 10,41-45 ; Lc 22,24-27 ; voir aussi Mt 11,11 ; Lc 9,48) ? En effet, « qui » est celui qui se proposait d’agir au cœur de sa vocation pour lui donner de porter du fruit (relire Mt 16,18-19) ? Et ceci est valable pour tous, quelque soit le service que nous pouvons accomplir en Eglise (cf. Jn 15,5)…

            « Le grand prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine »… Pourquoi Jésus ne répond-il pas (cf. (∆) ; Jn 8,37.43-47 ; Mt 13,15 ; Ac 7,57) ? Et c’est lui qui va se mettre à interroger le grand prêtre (Jn 18,21) ! Dans ce contexte, à quoi renvoie sa question (cf. Jn 7,51 ; car Jn 3,20 ; et de fait n’oublions pas Mc 11,18 ; et pourtant, les Grands Prêtres et tous les responsables religieux auraient dû être les premiers à mettre en pratique Ex 20,13 !).

Jésus devant Pilate (Jn 18,28-19,16)

 

Ces « autorités religieuses » vont livrer Jésus à Pilate, l’autorité romaine en place. Mais ils ne vont pas entrer dans son palais « pour ne pas souiller »… En effet, quiconque ne pratique pas la Loi est considéré comme un être impur, lequel transmet son impureté à tout ce qu’il touche… C’est pourquoi il fallait pratiquer soigneusement toutes sortes d’ablutions rituelles au retour du marché, car on avait pu, sans la savoir, toucher quelqu’un d’impur… Ils n’entrent donc pas cher Pilate « pour ne pas se souiller ». Nous retrouvons ici un trait de cette « hypocrisie religieuse » dont le cœur n’est en fait qu’une recherche de soi par la mise en pratique des prescriptions religieuses… J’agis bien, donc je suis quelqu’un de bien… Une telle attitude intérieure ne peut que pousser à mépriser tous ceux et celles qui n’agissent pas de la même manière… « Le Pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : Mon Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères… Je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que j’acquiers » (Lc 18,11-12). « Mais cette foule qui ne connaît pas la Loi, ce sont des maudits ! » (Jn 7,49). Mais, « malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui acquittez la dîme de la menthe, du fenouil et du cumin, après avoir négligé les points les plus graves de la Loi, la justice, la miséricorde et la bonne foi; c’est ceci qu’il fallait pratiquer, sans négliger cela » (Mt 23,23). « Si vous aviez compris ce que signifie : C’est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice, vous n’auriez pas condamné des gens qui sont sans faute » (Mt 12,7). Et ces « guides aveugles » vont condamner Jésus de la même condamnation avec laquelle ils méprisaient tous ceux et celles qui ne pratiquaient pas leurs multiples préceptes « religieux »… « Guides aveugles » car « Dieu est Amour » (1Jn 4,8.16). La seule chose qu’il attend de nous, c’est que nous nous aimions les uns les autres, quelles que soient nos origines, notre couleur de peau, notre condition sociale… Tous les hommes en effet sont d’égales dignité, et Dieu ne regarde pas aux apparences, mais au cœur… La plus grande richesse en cette vie est ainsi faite de toutes les petites attentions et délicatesses que nous pouvons nous porter les uns envers les autres…

Que retrouvons-nous ici en Jn 18,31 (cf. (∆)) ? Mais les Romains avaient retiré aux Juifs le droit de mettre à mort. Si tel n’avait pas été le cas, comment Jésus serait-il mort (cf. Jn 8,59 ; 10,31 ; Ac 7,55-60) ? Mais était-ce ce que prédisaient les Ecritures (cf. Ps 22(21),17-19 : Si le texte hébreu a « comme pour déchiqueter », la traduction liturgique a suivi la traduction latine de St Jérôme (« la Vulgate ») : « Oui, des chiens me cernent, une bande de vauriens m’entoure. Ils me percent les mains et les pieds ; je peux compter tous mes os. Ces gens me voient, ils me regardent. Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement »…) ? Et Jésus les connaissait par cœur (Jn 3,14 ; Mt 21,42 ; 22,29 ; 26,30 ; 26,54 ; Lc 20,42 ; 24,44 ; Jn 5,39)… Il savait donc par quelles mains il allait mourir et de quelle mort (Mt 26,2 ; Lc 24,7), même s’il a découvert toutes les circonstances précises au moment où il les vivait…

            Quel moyen les Chefs d’Israël avaient-ils trouvé pour accuser Jésus auprès des Romains (cf. Jn 19,12) ? Et en effet, s’il en avait bien été ainsi, quel aurait été le motif de sa condamnation (cf. Mc 15,7 ; Lc 23,18) ? Voilà ce que Pilate, responsable de l’ordre public et de la souveraineté de Rome sur la Palestine, va chercher à mettre en évidence ; quelle question pose-t-il donc immédiatement à Jésus (cf. Jn 18,33) ? A nouveau Jésus répond par une question ; et avec elle, que cherche-t-il, lui, à mettre éventuellement en évidence (cf. Jn 1,49-50 tout en se souvenant de Jn 6,44 ; 6,65 ; 1Co 12,3) ? Une réponse personnelle de Pilate aurait alors manifesté sa bonne volonté, son cœur ouvert à la vérité. Dans des circonstances normales, était-ce la peine pour lui de poser une telle question (cf. Jn 2,25) ? A travers cette question à Pilate, que pressentons-nous ici (cf. Jn 12,27 ; 13,21) ? Voilà ce que Jésus vit en cet instant au plus profond de lui‑même, et pourtant, que ne cesse-t-il de désirer pour ses disciples (cf. Jn 14,1.27) ?

            Une fois de plus, Jésus va se montrer fin diplomate… Répond-il directement à la question que lui pose Pilate en Jn 19,35 ? Que lui dit-il aussitôt ? Se présente-t-il comme un éventuel concurrent à l’autorité romaine ? Par contre, que s’était-il passé pour Barabbas (cf. Mc 15,7) ? Et qui finalement sera relâché ? Comble de l’injustice… Noter en passant combien de fois intervient le mot « royaume » dans la réponse de Jésus… Nous sommes ici à la fin de son ministère, et ce même mot était intervenu seulement deux fois auparavant, au tout début de son ministère, en Jn 3,3 et 3,5… A la lumière de Rm 14,17 et de Jn 6,63, redire ce qu’est « le Royaume des Cieux » pour St Jean (cf. 1Jn 1,3).

            Telle est « la vérité » à laquelle Jésus rend témoignage (Jn 18,37), une vérité qui prend sa Source dans le Père, « le seul véritable Dieu » (Jn 17,3), et qui est mise en œuvre dans le Fils (cf. Jn 5,26) par le Don que le Père lui fait de toute éternité de la Plénitude de l’Esprit, « l’Esprit qui vivifie » (Jn 6,63). Le Père Est « Dieu », et à ce titre, il « Est Esprit » (Jn 4,24). En donnant au Fils cette Plénitude de l’Esprit qui le constitue, il l’engendre « avant tous les siècles ». Le Fils est ainsi « Dieu Fils Unique » (Jn 1,18), « de même nature que le Père »… Il n’est pas le Père, mais cette même Plénitude de l’Esprit qu’il reçoit du Père depuis toujours et pour toujours le constitue lui aussi « Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu » (Crédo). Le Fils est ainsi le témoin de cette Communion qu’il vit avec le Père en tant qu’il la reçoit du Père par le Don de « l’Esprit qui vivifie ». Et il nous appelle tous à nous tourner nous aussi avec Lui vers le Père (Jn 1,18 ; Mt 3,2 ; 4,17) pour que nous puissions recevoir nous aussi ce que Lui reçoit du Père : « l’Esprit qui vivifie » et qui, seul, peut combler nos cœurs de la Vie (Jn 10,10), de la Paix (Jn 14,27) et de la Joie même de Dieu (Jn 15,11)… « Dieu Est Esprit », « Dieu est Amour »… « Le fruit de l’Esprit est Amour, Joie, Paix »…

            D’après Jn 18,38, Pilate a-t-il compris que Jésus ne représente aucun danger pour Rome ? Que désire-t-il pour lui ? Cela rejoint-il le désir des autorités d’Israël (∆) ? Pourquoi, à votre avis, Pilate va-t-il faire flageller Jésus ? Et nous retrouvons en cet épisode le motif de condamnation avancé par les autorités juives… Le mot « roi » intervient en St Jean en 1,49 ; 6,15 ; 12,13.15 ; 18,33.37.39 ; 19,3.12.14.15.19.21… En quelle circonstance est-il donc le plus souvent employé ? Conclusion : quand Jésus manifeste-t-il en toute clarté le Mystère de sa Royauté ? Que veut donc dire pour lui « être roi », de quelle royauté parle-t-on (cf. Ps 117(116)) ? Nous allons retrouver cette réponse à travers la présentation que Pilate fait de Jésus en Jn 19,5. A la lumière de Mt 8,17 qui cite Is 52,13-53,12 (cf. Is 53,4 d’une part, et Is 53,5-6.11-12), que voyons-nous ici à travers cet homme meurtri, souffrant, écrasé ? Quelle solidarité Jésus a-t-il donc voulu vivre et pourquoi (cf. 2Co 5,21 ; 1P 2,21-25) ? Voilà ce qu’est pour lui « être roi » et il ne l’est que « pour nous » (Rm 4,24-25 ; 5,8 car 8,31-32 ; 8,34 ; 1Co 1,30 ; 15,3-4 ; 2Co 5,21 ; Ga 1,3-5 ; 3,13 ; Ep 5,2 ; 1Th 5,9-10 ; Tt 2,11-14)… Sa résurrection manifestera sa victoire totale et définitive, une victoire qu’il veut mettre en œuvre dans notre vie (cf. Ap 2,7.11.17.26 ; 3,5.12.21 ; 21,6-7) si nous acceptons de nous abandonner entre ses bras tels que nous sommes, faibles, fragiles, pécheurs, blessés… Alors s’accomplira « pour nous » Jn 1,4-5 ; 16,33 ; Rm 5,20 ; 6,23 ; 8,35-39 ; 2Co 2,14 ; Ep 2,4-10 ; 1Jn 2,13‑14 ; 4,4 ; 5,3‑5 ; Ap 12,10-12 ; 17,14…

            Noter la condamnation portée par les autorités juives à Jésus en Jn 19,7 ; est-elle exacte (cf. Jn 8,54-55 ; 12,28 ; 3,16-18.35-36 ; 5,19-20 ; 5,21-23.26-27 ; 6,27.40 … et aussi Jn 1,49 ; noter aussi comment Jésus parlait de lui-même en Jn 1,51 ; 3,13-14 ; 8,28… une expression que nous pourrions tous reprendre à notre compte comme Ezéchiel : Ez 2,1.3.6.8…) ? Pilate posera alors en Jn 19,9 « la » question centrale de l’Evangile… La Bible de Jérusalem donne en note : « C’est-à-dire non pas : “ de quel pays es-tu ? ” mais : “ quelle est ta mystérieuse origine ? qui es-tu ? ”. Après les gens de Cana, 2,9, la Samaritaine, 4,11, les apôtres, la foule, 6,5, les chefs juifs, 7,27s ; 8,14 ; 9,29s, Pilate se trouve lui aussi face au mystère de Jésus, 16,28 ; 17,25, sujet de tout l’évangile »… Et pourquoi Pilate a-t-il en cet instant « pouvoir » sur Jésus (cf. Jn 8,20 ; se souvenir de Jn 18,6 et pourtant 18,12) ? A nouveau Pilate cherche à le relâcher… A nouveau, l’accusation de « se faire roi » lui est lancée… Mais la haine se déchaîne, poussant les autorités juives à aller jusqu’à la reconnaissance de l’autorité romaine, et donc celle de Pilate (Jn 19,15)… Le reste lui importe peu… « Alors il le leur livra pour être crucifié »…

D. Jacques Fournier.

 

Correction de la fiche N° 29

CV – 29 – Jn 18,1-19,16 Correction

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