Fiche n°3 : Evangile selon St Jean Présentation du Christ et de son œuvre (Jn 1,19-51)

– Lire Jn 1,19-51 et relever tous les titres ou expressions (Jn 1,29.45[1]) donnés à Jésus. Conclusion : nous avons ici une vraie « carte de visite » de Jésus…

2 – Lire Jn 1,6-8.15.19.32.34 et repérer toutes les fois où intervient la notion de témoignage ; qui en est l’unique acteur ? Un témoin est celui qui a vu et entendu… Quel est le contenu de ce témoignage ?

3D’après Lc 3,15, quel était le grand danger vis-à-vis de Jean-Baptiste ? Ce danger apparaît-il en Jn 1,20 ?

Quelle était, à l’époque du Christ, une des grandes attentes du Peuple d’Israël (cf. Dt 18,15‑19) ? Jésus l’a-t-il accomplie (cf. Jn 4,19.44 ; 6,14 ; 7,40.52 ; 9,17) ?

Comment le prophète Elie a-t-il quitté cette terre (cf. 2R 2,11-13) ? Et qu’annonçait le prophète Malachie (Ml 3,22-24) ? Ces deux derniers textes permettent de mieux comprendre la question des prêtres et des lévites en Jn 1,21 : ils attendaient le retour d’Elie comme un signe de la venue du Jour du Seigneur, ce Jour où il agirait avec éclat… Et c’est bien ce qu’il fera par Jésus, le Messie promis… En ce Jour-là, « il ramènera le cœur des pères vers leurs fils et le cœur des fils vers leurs pères » (Ml 3,24). Grande œuvre de réconciliation entre les hommes qu’accomplira Jésus en réconciliant les hommes avec Dieu (cf. Rm 5,10-11 ; 2Co 5,16-21 ; Ep 2,14-18 ; Col 1,15-23 ; Mt 5,21-26).

Que répond Jean‑Baptiste à la première question posée en Jn 1,21 ? St Jean insiste donc sur le fait que Jean‑Baptiste n’est pas Elie. Telle est sa perspective, mais les autres Evangélistes auront à cœur de montrer que la prophétie de Malachie s’est malgré tout accomplie avec Jean-Baptiste. En effet, que dit Jésus à son sujet en Mt 11,14 ? Et de fait, à quoi pouvait faire penser le parallèle entre Mt 3,4 et 2R1,8 ? Mais pour bien comprendre ce parallèle entre Jean-Baptiste et Elie, quelle est d’après Lc 1,15 et Lc 1,17 la réalité qui les unit et qui nous permet de dire que la prophétie du retour d’Elie s’est malgré tout accomplie « quelque part » avec Jean-Baptiste ?

4 – Lire Is 40,1-11 : quelle nouvelle ère commence d’après les deux premiers mots de ce texte, qui la mettra en œuvre (Is 40,9) et comment (Is 40,10-11)? Dans le contexte de l’Ancien Testament, qui est le personnage principal évoqué en Is 40,3 ? Mais dans l’Evangile selon St Jean, qui est en Jn 1,23 « la voix » et qui est « le Seigneur » dont il faut « aplanir le chemin » ? Conclusion : avec le Christ, la venue de Dieu parmi les hommes, promise en Is 40,9, s’accomplit… En effet, si le Fils n’est pas le Père, si le Père n’est pas le Fils, les deux sont unis l’un à l’autre dans la communion d’un même Esprit. Alors, là où est le Fils, là est le Père (Jn 8,29)… Qui voit le Mystère du Fils voit celui du Père (Jn 14,9)… Qui écoute le Fils écoute le Père (Jn 12,50 ; 17,8)… Qui constate les miracles qui se font par les mains du Fils voit le Père à l’œuvre (Jn 5,19-20 ; 10,37-38 ; 14,10-11)…

Peut-on déjà, avec cette citation d’Isaïe qui renvoie notamment à Is 40,1 et Is 40,11, décrire ce que sera la mission principale de Jésus (cf. pour Is 40,1 : 2Co 1,5 ; 7,4 ; 2Th 2,16-17 ;  et pour Is 40,11 : Jn 10,11.14 ; Lc 15,4-7)?

5 – En Jn 1,19, commence, dans l’Evangile de Jean, ce que l’on pourrait appeler un récit de type historique sur Jésus… Et Jésus lui-même apparaît pour la première fois dans ce récit en Jn 1,29. Dans quelle attitude est‑il présenté au début de ce verset ? Remarquer que cela correspond à l’invitation d’Isaïe reprise par Jean-Baptiste : « Rendez droit le chemin du Seigneur » pour que Jn 1,29 puisse s’accomplir pour chacun d’entre nous… Nous retrouvons ainsi indirectement l’invitation première de Jésus à être non pas parfaits, car nous sommes tous pécheurs, blessés, « malades », mais « droits » et « vrais ». Alors, si nous osons nous présenter en vérité au Seigneur tels que nous sommes, lui agira envers nous dans la vérité de ce qu’Il Est : Vérité de sa Tendresse, de sa Douceur, de son infinie Miséricorde… « Celui qui fait la vérité » dans sa vie « vient à la Lumière » (Jn 3,21) de la Miséricorde qui veut que nous soyons avec lui, dans sa Maison, dès maintenant et pour toujours (Jn 17,24)… Alors, heureux les cœurs droits !

Nous venons de voir comment le Jésus « historique » apparaît pour la première fois dans l’Evangile de Jean en Jn 1,29. Retrouver cette présentation dans la parole de Nicodème Jn 3,2, puis en Jn 3,31 ; 5,43 ; 6,32.46 ; 7,28-29… Quelle est l’attitude correspondante que devraient avoir tous les hommes à son égard (cf. Jn 1,11-12) ? Telle est la base de la vie chrétienne… Quelle sera d’ailleurs la grande promesse que fera Jésus à ses disciples peu avant sa Passion (cf. Jn 14,3.18) ? Bien noter ce qu’il fera en Jn 14,3 : il nous prendra près de lui, afin que là où il est, nous soyons nous aussi… Or Jésus vit uni à son Père dans la communion d’un même Esprit… Voilà où il veut nous entraîner, et cette perspective s’accomplit dès maintenant dans la foi si, de tout cœur, nous le laissons faire… Alors nous vivrons au plus profond de nous-mêmes Jn 14,27…

6 – Jean-Baptiste proposait un « baptême d’eau » (ce baptême s’inscrivait dans la lignée des nombreux rites de purification qu’accomplissaient les Juifs à cette époque (cf. Mc 7,1-7 ; Jn 2,6)). Quel était le but premier d’une telle démarche (cf. la fin de Mt 3,5-6) ? Et quelle sera la mission principale de Jésus (cf. Jn 3,16-17 ; 4,42 ; il accomplira ainsi la volonté du Père : Jn 4,34 et 1Tm 2,4) ? Quel est donc le tout premier grand cadeau qu’il est venu offrir aux hommes (cf. Mc 2,5 ; Lc 1,77 ; Jn 1,29) ? Et ce cadeau sera très concrètement mis en œuvre par le don de l’Esprit Saint (1Co 6,9‑11) dans les cœurs de ceux et celles qui accepteront de le recevoir en « faisant la vérité dans leur vie ». Jésus donnera en surabondance cet Esprit « Eau Vive » (Jn 4,10 ; 7,37-39) qui, jour après jour, lavera les cœurs de toute trace de péché (Jn 1,29 ; Ez 36,24-28) et leur communiquera la vie de Dieu (cf. Ga 5,25)…

En Jn 1,29 Jean-Baptiste « voit » le Christ venir vers lui ; retrouver ce verbe « voir » en Jn 1,32.33 ; que s’agit-il de « voir » en ces deux derniers versets ? Mais cette réalité peut-elle se voir avec nos yeux de chair ? A quel type de regard St Jean fait-il donc allusion ici ?

Pourquoi Jean-Baptiste est-il d’ailleurs venu baptiser dans l’eau (cf. Jn 1,31) ? Et pourquoi le Fils de Dieu est-il venu en ce monde (cf. Jn 17,6 ; 1,18) ? A la suite de Jean‑Baptiste, à quel type de regard sommes-nous donc tous appelés nous aussi (cf. Jn 6,40) ?

7 – Le symbolisme de « l’agneau » renvoie notamment à la fête de Pâque (cf. Ex 12,1‑14). La veille s’appelait « le Jour de la Préparation ». Ce jour-là, on immolait au Temple de Jérusalem tous les agneaux qui devaient être mangés en famille lors de la célébration de la Pâque. D’après Jn 19,14.31, quand Jésus sera-t-il crucifié ? Quel sens prend alors sa mort à la lumière :

  1. a) de la libération de l’oppression d’Egypte rapportée dans le Livre de l’Exode (cf. Jn 8,31-36) ?

  2. b) de Lv 4,32-35 ; Hb 7,26-27 ; 9,26 ; 10,3-14 ?

  3. c) de Is 53,7 (cf. 52,13-53,12 ; texte repris en Mt 8,17), un texte qui renvoie à une mystérieuse figure qui intervient aussi en Is 42,1-7 (noter le terme employé au début de 42,1 ; texte repris en Mt 12,15-21) et Is 49,1-6 (noter le terme employé en 49,3 et 49,6). Jésus accomplit tous ces textes…

8 – Noter l’importance du regard en 1,35-51. Les figuiers, dans les vignes ou au bord des champs, donnaient non seulement des figues mais aussi de l’ombre ! Après le travail, c’est là qu’on mangeait et qu’on se reposait. On y priait aussi, et c’est très vraisemblablement ce qu’avait fait Nathanaël. Et dans sa prière, il avait rejoint ce Dieu Père, Fils et Saint Esprit, Trinité de personnes divines en communion dans l’unité d’un même Esprit. Jésus, le Fils, l’Unique Engendré, l’avait mystérieusement perçu au plus profond de lui-même (cf. Jn 1,48). On retrouve en ce verset le verbe « voir », avec son sens de « foi » caractéristique en St Jean, mais aussi le verbe « connaître » qui, très souvent, doit aussi être compris à la Lumière de ce Mystère de Communion dans lequel Jésus veut nous introduire. Le croyant « connaît » alors Dieu en tant qu’il lui est uni de cœur dans l’unité d’un même Esprit (cf. 1Co 6,17). « Connaître » renvoie alors à cette perception de foi qui est avant tout un « vivre de cœur » (cf. Jn 17,1-3 ; 10,14-15 à comparer avec 17,20-23). Ste Thérèse de Lisieux a une belle expression pour l’évoquer : un « je ne sais quoi », qui est de l’ordre de la vie… « La vie est bien mystérieuse. Nous ne savons rien, nous ne voyons rien, et pourtant, Jésus a déjà découvert à nos âmes ce que l’œil de l’homme n’a pas vu. Oui, notre cœur pressent ce que le cœur ne saurait comprendre, puisque parfois nous sommes sans pensée pour exprimer un « je ne sais quoi » que nous sentons dans notre âme »…

En Jn 1,36, Jean-Baptiste rend témoignage à Jésus. Quel effet a ce témoignage sur ses deux disciples ? D’après Jn 6,44.65, qui est à la source de leur démarche ? Et d’après Jn 15,26, qui joint son témoignage à celui de Jean-Baptiste ? Et par ce dernier, qui rend témoignage à nouveau au Fils (1Jn 5,6-9) ? Repérer ainsi l’action de Dieu en ces deux disciples…

En Jn 1,38, qui a l’initiative de la rencontre et du dialogue ? Dans la Bible, la notion de « face de Dieu » ou de « visage de Dieu », renvoie très souvent à Dieu Lui‑même en tant qu’il révèle à l’homme « quelque chose » de son Mystère dans la Lumière de l’Esprit Saint (cf. Ps 4,7 ; 13,2 ; 16,11 ; 27,8-9 ; 30,8 ; 31,16-17 ; 42,3 ; 44,4.25 ; 56,14 ; 67,2 ; 80,4.8 ; 89,16 ; 90,8 ; 105,4 ; 119,135). Avant que Jésus ne se retourne, que voyaient les deux disciples ? Et lorsqu’il se retourne, que voient-ils ? A la lumière de la remarque précédente, que fut cet instant pour eux (« Quelque chose » de semblable à Lc 9,28-36) ? A la question de Jésus, qui porte sur la nature même de la relation de ces deux disciples avec lui, ces derniers répondent par une autre question qui permettra à Jésus de lancer son invitation : « Venez et voyez ». En St Jean, le verbe « venir » prend très souvent le sens de « croire » : le retrouver grâce au parallèle employé en Jn 6,35. Nous avons vu aussi précédemment que, très souvent, le verbe « voir » a lui aussi un double sens en St Jean. A la lumière de ces constatations retrouver le double sens que l’on peut aussi donner au verbe « demeurer » en Jn 1,38-39 ( cf. 1° sens : Mc 1,29 ; 2° sens : Jn 14,10-11 ; 15,9-10) ? Où se retrouvera donc finalement celui qui répondra à l’invitation de Jésus : « Viens et vois » (cf. Jn 17,20‑21 ; 12,26) ? Ainsi, pour St Jean, cette petite partie toute simple au début de son Evangile est un clin d’œil lancé à toute l’œuvre de salut que Jésus désire accomplir pour que nous soyons tous là où le Père nous attend (cf. Lc 15,20), où le Fils lui-même veut que nous soyons (cf. Jn 17,24), et c’est Lui et Lui seul qui nous permettra d’atteindre ce but (Jn 14,1-3 ; 1Tm 2,3-7) grâce à sa Miséricorde Toute Puissante (Lc 1,46-50 ; 1Tm 1,12-17) et à l’action de l’Esprit Saint (cf. Ep 2,18)… St Jean le redira en 1Jn 1,1-4, et tout spécialement au verset 3 (cf. 1Co 1,9 ; 2Co 13,13 ; Ph 2,1 ; 1Jn 1,5-2,2).

Remarquer ensuite le jeu des rencontres et noter à chaque fois qui rencontre qui pour ensuite, peut-être rencontrer qui ? Conclusion : comment, dans notre vie quotidienne, la rencontre avec le Christ peut-elle également avoir lieu ?                      DJF

[1] Cette manière d’écrire renvoie aux versets 29 et 45 du chapitre 1° de l’Evangile selon St Jean.

Correction fiche N°3 :

corrige fiche 3

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