Fiche n°8 : L’ultime témoignage de Jean-Baptiste (Jn 3,22-36)

Comment les interlocuteurs de Jean-Baptiste lui présentent-ils le Christ en 3,26, comme un allié ou comme un concurrent ? Le regard des Pharisiens en 12,19 est-il différent ? Jean-Baptiste adhère-t-il à cette vision des choses ? Quelle attitude adopte-t-il (cf. tout particulièrement 3,28 et 3,30) ?

A qui Jésus est-il comparé en 3,29 ? Avons-nous déjà rencontré ce thème en St Jean ? A quelle réalité renvoie-t-il (cf. Is 54,1-10 avec une attention particulière aux versets 5 et 10 ; lire, pour le plaisir, Is 61,10-62,5) ? Comment Jean-Baptiste se situe-t-il par rapport à Jésus en 3,29 ? Est-il heureux ainsi ? Quelle réalité est à la source de sa joie ? A la lumière de Jn 3,34 ; Jn 3,8 et 1Th 1,6, peut-on préciser la portée de l’expression « voix de l’époux » et ce qui est à la racine de la joie de Jean-Baptiste ? Et comment tout disciple de Jésus est-il invité à se situer par rapport à lui (cf. Jn 15,14-15) ? A quoi sommes-nous donc tous appelés (cf. Mt 25,21.23 ; Jn 3,29 ; 15,11) ? Et comment notre amour pour le Christ se manifestera-t-il par la suite (cf. Jn 15,27 ; Mt 10,18) ? Et qui nous épaulera (cf. Mt 10,19-20 et Ac 4,29-31) ?

Quelle portée a l’expression de Jean-Baptiste sur Jésus : « il est au dessus de tous (ou de tout) » ; que signifie-t-elle pour le Christ (cf. Jn 20,28) ? Retrouver la réponse avec les trois derniers versets de Ph 2,6-11. Même idée en Ep 1,19-23 ; comment St Paul appelle-t-il le Christ dans ce dernier texte ?

Lorsque Jésus « témoigne de ce qu’il a vu et entendu », que fait le Père à son égard (cf. Jn 5,37) ? Et par qui le fait-il (cf. Jn 15,26 ; et la fin de 1Jn 5,6 avec 1Jn 5,9) ? Conclusion : que fait celui qui accueille le témoignage du Fils (cf. Jn 3,33 ; le cas contraire est évoqué en 1Jn 5,10) ? Et de quel ordre est ce témoignage au cœur de celui qui l’accueille (cf. 1Jn 5,11-12) ?

Jn 3,34-36 redit tout ceci autrement ; d’après la traduction de la Bible de Jérusalem pour la fin de Jn 3,34[1], que donne Jésus en donnant les Paroles qu’il a reçues de son Père ? Que transmet à son tour ce don par sa simple Présence dans les cœurs (cf. Jn 6,63 ; Ga 5,25) ? Et par quelle Personne divine ce don nous rejoint-il très concrètement (cf. Jn 14,15-17) ? Conclusion (cf. début de Jn 3,36) ?

Enfin, d’après Jn 3,36, l’expression « colère de Dieu » renvoie-t-elle vraiment à Dieu en tant qu’il se mettrait en colère ? Que désigne-t-elle en fait (cf. Rm 2,4-11 ; 5,611 ; Ep 2,3-10 ; 5,1-11 ; 1Th 1,9-10 ; 5,9-10) ?

Ce dernier thème de « la colère de Dieu » est tout particulièrement important, et il mérite que nous nous y arrêtions un peu… Comme il nous est difficile en effet de lire tous ces textes, notamment dans l’Ancien Testament, où nous voyons un Dieu qui frappe, qui châtie, qui punit celui qui fait le mal… Disons-le tout de suite : tous ces passages appartiennent à ce qui, dans l’Ancien Testament, est, selon les termes du Concile Vatican II, « imparfait » et « caduc » (Dei Verbum, & 15) :

« L’Ancien Testament avait pour raison d’être majeure de préparer l’avènement du Christ Sauveur du monde, et de son royaume messianique, d’annoncer prophétiquement cet avènement (cf Luc 24,44 ; Jean 5,39 ; 1Pierre 1,10) et de le signifier par diverses figures (cf 1Cor 10,11). Compte tenu de la situation humaine qui précède le salut instauré par le Christ, les livres de l’Ancien Testament permettent à tous de connaître qui est Dieu et qui est l’homme, non moins que la manière dont Dieu dans sa justice et sa miséricorde agit avec les hommes. Ces livres, bien qu’ils contiennent de l’imparfait et du caduc, sont pourtant les témoins d’une véritable pédagogie divine. C’est pourquoi les chrétiens doivent les accepter avec vénération : en eux s’expriment un vif sens de Dieu ; en eux se trouvent de sublimes enseignements sur Dieu, une bienfaisante sagesse sur la vie humaine, d’admirables trésors de prières; en eux enfin se tient caché le mystère de notre salut ».

Regardons rapidement ce qui a conduit les Auteurs de l’Ancien Testament à présenter Dieu comme se mettant « en colère » devant le mal, pour ensuite « punir, châtier » celui qui l’a commis, et non seulement lui, mais encore ses descendants… Cette conception se retrouve jusques dans le cœur de la Loi de Moïse, « le Décalogue », « les Dix Paroles » :

Ex 20,5-6 : « Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux », les idoles, « et tu ne les serviras pas, car moi Yahvé, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux qui punis la faute des pères sur les enfants, les petits-enfants et les arrière-petits-enfants pour ceux qui me haïssent, mais qui fais grâce à des milliers pour ceux qui m’aiment et gardent mes commandements ».

Dans la traduction grecque de ce texte réalisé par la communauté juive d’Alexandrie vers le 3° siècle avant Jésus Christ, nous avons : « Tu ne te prosterneras pas devant eux et tu ne leur rendra pas un culte ; car moi, je suis le Seigneur ton Dieu, Dieu jaloux qui reporte les péchés des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération, pour ceux qui me haïssent, mais qui fait miséricorde sur des milliers, pour ceux qui m’aiment et pour ceux qui gardent mes prescriptions ».

Le poids de la miséricorde, « pour des milliers », apparaît déjà bien plus « lourd » que les « trois » ou « quatre générations » sur lesquelles le péché est « reporté »… Mais allez dire cela à ceux qui se croient punis par Dieu…

Remarquons simplement l’incohérence du texte : « faire miséricorde » suppose le pardon des fautes commises, la prise en compte de la faiblesse d’autrui, un regard de compréhension, de compassion… « Reporter le péché » sur les générations suivantes est une attitude contraire à celle de la miséricorde, d’autant plus qu’elle touche des personnes innocentes ! Le roi David s’insurgera face à une telle décision (2Sm 24,10-17). Comment Dieu peut-il donc se présenter comme un Dieu de Miséricorde, pour ensuite faire tout le contraire ?

De telles incohérences apparaissent ailleurs, par exemple :

Dt 32,39 : « Voyez maintenant que JE SUIS (cf. Ex 3,14) et qu’il n’est pas de Dieu excepté moi ! C’est moi qui fais mourir et qui fais vivre ; quand j’ai frappé, c’est moi qui guéris (et personne ne délivre de ma main) ».

Il frappe et il guérit ! Il vaudrait mieux ne pas frapper du tout…

Le pire est peut-être Dt 28,63, qui présente un Dieu qui prend plaisir à récompenser, mais qui prend aussi plaisir à punir ! Un Dieu sadique…

Dt 28,63 : « Autant Yahvé avait pris plaisir à vous rendre heureux et à vous multiplier, autant il prendra plaisir à vous perdre et à vous détruire. »

Nous le voyons à l’évidence, toutes ces paroles sont bien contraires à celles du Christ qui, lorsqu’il parle de son Père, le présente comme « Celui qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes » (Mt 5,45). Il nous faut donc apprendre à lire l’Ancien Testament comme St Luc, soit en laissant de côté ces passages « imparfaits et dépassés », soit en les réinterprétant… En effet, quand Jésus commence son ministère à Nazareth, St Luc met dans sa bouche un texte du prophète Isaïe, mais il s’arrête au milieu d’un verset…

« L’Esprit du Seigneur est sur moi », lit Jésus, « parce qu’il m’a consacré par l’onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur » (Lc 4,18-19 citant Is 61,1-2a)

Et le prophète Isaïe poursuit : « et un jour de vengeance pour notre Dieu » (Is 61,2b), ce que St Luc n’a pas cité. Il a bien compris en Jésus Christ que Dieu n’était pas un Dieu vengeur…

Gérard Von Rad (Théologie de l’Ancien Testament) a bien mis en lumière le lent cheminement de l’Ancien Testament vers la « vérité tout entière », Jésus Christ.

Dans les temps les plus anciens, les peuples voisins d’Israël, croyaient en ce que l’on appelle souvent « Le Principe de Rétribution selon les actes ». Cette croyance était totalement païenne, au sens où les dieux n’intervenaient pas. Elle est très certainement née de l’expérience, mais la vision du monde qu’elle transmet est non seulement simpliste, mais encore erronée. Selon cette conception :

1 – Lorsque quelqu’un commet le mal,

2 – il déclenche une puissance malfaisante

3 – qui, tôt ou tard, retombera sur lui et sur son entourage.

Israël va accueillir cette croyance et l’intégrer dans sa foi encore toute jeune. Lors de la sortie d’Egypte, racontée dans le Livre de l’Exode, ils ont vu le Seigneur à l’œuvre avec une grande Puissance, et ils en ont déduit que cette Puissance ne pouvait qu’être celle du Dieu Créateur, ce Dieu Tout Puissant qui a fait surgir l’univers du néant. Et ils se faisaient une idée si grande de cette Toute Puissance de Dieu qu’ils pensaient que rien ne pouvait lui échapper, pas même le mal :

Am 3,6 : « Sonne-t-on du cor dans une ville sans que le peuple soit effrayé ?

                       Arrive-t-il un malheur dans une ville sans que Yahvé en soit l’auteur ? »

Réponse : « Non ! », Dieu en est toujours l’auteur !

Lm 3,38 : « N’est-ce pas de la bouche du Très Haut

                                                           que sortent les maux et les biens ? »

Réponse : « Oui ! », tout vient de Dieu, le bien comme le mal, le bonheur comme le malheur…

            Ces conséquences mauvaises qui, soi disant, retombent sur le pécheur ne pouvaient donc venir que de Dieu. « Le Principe de Rétribution selon les actes » a donc conduit Israël à s’imaginer que Dieu était un Juge qui, du haut du ciel, récompensait les justes et punissait ceux qui font le mal :

1R 8,32 : « Toi, écoute au ciel et agis ; juge entre tes serviteurs :

déclare coupable le méchant en faisant retomber sa conduite sur sa tête,

et justifie l’innocent en lui rendant selon sa justice ».

Ez 7,3 : « C’est maintenant la fin pour toi ;

                        je vais lâcher ma colère contre toi pour te juger selon ta conduite

                        et te demander compte de toutes tes abominations. »

Ez 22,31 : « Alors j’ai déversé sur eux ma fureur ;

                        dans le feu de mon emportement, je les ai exterminés.

                        J’ai fait retomber leur conduite sur leur tête, oracle du Seigneur Yahvé. »

Insistons bien sur le fait que cette conception appliquée à Dieu est fausse…

Ses grandes étapes sont donc :

1 – Un homme commet le mal

2 – Dieu, du haut du ciel, voit et juge…

3 – Et il châtie en envoyant sur le pécheur et sur son entourage

toutes sortes de maux…

Déjà, dans l’Ancien Testament, beaucoup réagissaient en trouvant injuste que Dieu fasse retomber sur la tête des enfants la conduite de leurs parents. Aussi, certains prophètes commencèrent à annoncer que seuls ceux qui ont commis une faute recevront le châtiment qui lui correspond :

Jr 31,29-30 : « En ces jours-là on ne dira plus :

            Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des fils sont agacées.

Mais chacun mourra pour sa propre faute.

Tout homme qui aura mangé des raisins verts, ses propres dents seront agacées. »

Ez 18,1-3 : « La parole de Yahvé me fut adressée en ces termes :

Qu’avez-vous à répéter ce proverbe au pays d’Israël :

Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des fils ont été agacées ?

Par ma vie, oracle du Seigneur Yahvé,

            vous n’aurez plus à répéter ce proverbe en Israël. »

Ez 18,20 : « Celui qui a péché, c’est lui qui mourra !

            Un fils ne portera pas la faute de son père ni un père la faute de son fils :

                        au juste sera imputée sa justice et au méchant sa méchanceté. »

C’était déjà mieux, mais les croyances ont la vie dure : la question des disciples de Jésus cinq siècles plus tard le prouve ! Le Christ balaiera d’une phrase une telle conception de Dieu. Non, Dieu n’est pas un juge qui punit et nous fait du mal parce que nous-mêmes avons mal agi.

Jn 9,1-3 : « En passant, Jésus vit un homme aveugle de naissance.

            Ses disciples lui demandèrent : Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents,

                                                                                              pour qu’il soit né aveugle ?

            Jésus répondit : Ni lui ni ses parents n’ont péché,

                        mais c’est afin que soient manifestées en lui les œuvres de Dieu. »

Certes, Dieu est Juge en tant qu’il nous invite à faire la vérité dans notre vie. Cette première étape est identique à celle de la justice humaine. Mais si cette dernière condamne en cas de culpabilité, Dieu, Lui, pardonne et libère. La vérité est inséparable chez Lui de son Amour et de son infinie Miséricorde. Lorsque Dieu veut nous faire prendre conscience de notre péché, il nous révèle toujours en même temps son Amour :

Is 1,2-4 : « Cieux écoutez, terre prête l’oreille, car le Seigneur parle.

J’ai élevé des enfants, je les ai fait grandir,

mais ils se sont révoltés contre moi.

Le bœuf connaît son possesseur, et l’âne la crèche de son maître,

Israël ne connaît pas, mon peuple ne comprend pas.

Malheur ! nation pécheresse ! peuple coupable !

race de malfaiteurs, fils pervertis !

Ils ont abandonné le Seigneur, ils ont méprisé le Saint d’Israël,

ils se sont détournés de lui. »

 

Is 1,15-18 : « Quand vous étendez les mains, je détourne les yeux ;

vous avez beau multiplier les prières, moi je n’écoute pas.

Vos mains sont pleines de sang : lavez-vous, purifiez-vous !

Otez de ma vue vos actions perverses !

Cessez de faire le mal, apprenez à faire le bien !

Recherchez le droit, redressez le violent !

Faites droit à l’orphelin, plaidez pour la veuve !

Allons! Discutons! dit le Seigneur.

Quand vos péchés seraient comme l’écarlate, comme neige ils blanchiront ;

quand ils seraient rouges comme la pourpre, comme laine ils deviendront. »

Le Psalmiste commence donc par regarder la Miséricorde de Dieu, puis, à cette Lumière, il regarde son péché :

Ps 51,1-2 : « Pitié pour moi, Dieu, dans ton amour,

            Selon ta grande miséricorde, efface mon péché,

            Lave-moi tout entier de ma faute,

            Purifie-moi de mon offense ».

Jésus dira de même :

Jn 3,21 : « Celui qui fait la vérité vient à la Lumière »…

Or, « Dieu est Lumière » (1Jn 1,5) et il est aussi « Amour » (1Jn 4,8.16). Cette Lumière est donc celle de l’Amour qui veut notre bien plus que nous-mêmes et qui fait tout son possible pour nous libérer de tout ce qui sème du malheur dans notre vie, ce que nous appelons « le péché »… Mais pour qu’il puisse « enlever ce péché », il faut librement que nous acceptions de le lui donner. Et avant de le donner, il faudra bien le reconnaître… Ainsi est Dieu qui ne fait rien pour nous sans nous, dans le respect infini qu’il a de notre liberté… Alors, ce n’est que petit à petit qu’il va nous montrer ce qui ne va pas dans notre vie pour que nous puissions aller à lui sans peur et lui offrir toutes nos misères. Voilà ce qu’Il attend. Et il enlèvera bien vite tout ce qui nous empêche d’être pleinement en relation avec lui et avec nos frères…

Ps 103(102),11-12 : « Comme est la hauteur des cieux sur la terre,

            puissant est son amour pour qui le craint ;

            comme est loin l’orient de l’occident, il éloigne de nous nos péchés. »

Puis, il nous purifiera et il nous rétablira par le don de son Esprit dans cette Communion avec Lui pour laquelle il nous a créés !

Ez 36,24-28 : « Je vous prendrai parmi les nations,

            je vous rassemblerai de tous les pays étrangers

            et je vous ramènerai vers votre sol.

Je répandrai sur vous une eau pure et vous serez purifiés ;

de toutes vos souillures et de toutes vos ordures je vous purifierai.

Et je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau,

j’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair.

Je mettrai mon Esprit en vous

et je ferai que vous marchiez selon mes lois et que vous observiez

            et pratiquiez mes coutumes.

Vous habiterez le pays que j’ai donné à vos pères.

Vous serez mon peuple et moi je serai votre Dieu. »

Et c’est « là », « dans l’Esprit » (Ep 5,18), que nous trouverons la Plénitude du bonheur, de la vie et de la joie.

Ainsi, nous le voyons, cette conception d’un Dieu qui se met en colère, tape, frappe et punit le pécheur est né d’une foi encore balbutiante en Dieu influencée par les conceptions de l’époque face au bien ou au mal… Non, les réactions de Dieu face au mal ne sont pas celles des hommes, et surtout pas des hommes pécheurs…

Os 11,7-9 : « Mon peuple est cramponné à son infidélité.

On les appelle en haut, pas un qui se relève !

Comment t’abandonnerais-je, Éphraïm, te livrerais-je, Israël ?

Mon cœur en moi est bouleversé, toutes mes entrailles frémissent.

Je ne donnerai pas cours à l’ardeur de ma colère,

je ne détruirai pas Éphraïm

car je suis Dieu et non pas homme,

au milieu de toi je suis le Saint,

et je ne viendrai pas avec fureur. »

Dieu ne répond jamais au mal par le mal… Bien au contraire : il comblera de ses bienfaits celui qui fait le mal pour l’inviter, petit à petit, à cesser de faire ce mal qui le détruit et blesse tous ceux et celles qui l’entourent…

Ainsi, le mal détruit celui qui le commet… Telle est l’interprétation qu’il nous faut donner à tous ces textes de l’Ancien Testament qui nous montrent un Dieu qui tape, qui frappe ou qui punit… Derrière le thème de « la colère de Dieu » se cache en fait celui des « conséquences du péché des hommes ». Non, ce n’est pas lui qui fait venir tous ces malheurs, mais les hommes eux-mêmes dès lors qu’ils vivent dans l’injustice… Et c’est justement pour éviter toutes ces guerres, ces destructions, ces violences que Dieu va envoyer ses prophètes pour inviter les sociétés où ils vivaient à retrouver ses chemins de vérité, de justice, de droiture, et d’amour… Car une société qui ne vit pas ces valeurs ne peut que s’auto-détruire… L’Histoire ne cesse de nous donner des exemples de ces empires qui n’ont laissé derrière eux qu’un champ de ruines…

Jr 2,17.19 : « N’as-tu pas provoqué cela pour avoir abandonné le Seigneur ton Dieu,

            alors qu’il te guidait sur ta route ?

Que ta méchanceté te châtie et que tes infidélités te punissent !

Comprends et vois

            comme il est mauvais et amer d’abandonner le Seigneur ton Dieu »…

Alors, « cessez de faire le mal, apprenez à faire le bien »… Et c’est pour cela que le Père enverra son Fils dans le monde, « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », non pas pour le condamner, mais pour le sauver, pour l’arracher à tout ce qui en fait le détruit… Et c’est pour cela que « là où le péché a abondé, la grâce a surabondé », car c’est justement pas sa grâce que Dieu nous arrache à tous nos bourbiers… Et découvrir cette grâce de Miséricorde est le plus grand bonheur que nous pouvons nous souhaiter les uns aux autres…

« Tu mets dans mon cœur plus de joie,   

            que toutes leurs vendanges et leur moisson »…

Et Dieu sait si certaines vendanges sont bonnes !

D. Jacques Fournier

 

[1] Jn 3,34 (Bible de Jérusalem) : « Celui que Dieu a envoyé prononce les paroles de Dieu, car il ne mesure pas le don de l’Esprit ».

Correction de la Fiche N°8

CV – 8 – Jn 3,22-36 correction

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