16ième Dimanche du Temps Ordinaire (Matth 13, 24-43) – Francis COUSIN)

« L’ivraie … »

 

L’ivraie, qui est une céréale de mauvaise qualité et qui apparemment n’existe plus à notre époque, est écrite dans l’évangile de Matthieu, en grec, ζιζανιον, qui a donné en français le mot zizanie.

Dans la parabole, le maître du champ, celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme, c’est-à-dire Jésus. Il fait tout ce que son Père fait : « Le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement. » (Jn 5,19). Or Dieu est amour et miséricorde, « lent à la colère et plein d’amour » (Psaume) …

Quand l’ennemi de Dieu, le Malin, sème dans son champ de l’ivraie, le semeur, toujours miséricordieux, préfère attendre le temps qu’il faut pour que cette ivraie, cette zizanie semée par le Diable, puisse se transformer de mauvais esprit en bon esprit. Dieu pense toujours que l’homme peut devenir bon.

C’est pourquoi le maître demande à ses ouvriers d’attendre la moisson : « Au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, ramassez-le pour le rentrer dans mon grenier.” »

Dieu veut laisser à l’homme le temps de changer d’état d’esprit.

Mais il ne faut pas attendre que ce changement ne vienne que de celui qui est ’’mauvais’’. Tout seul, il ne peut pas y arriver, le Mal est trop fort … et encore faut-il qu’il se rende compte qu’il est dans le mal …

Il faut aussi que ceux qui sont ’’bons’’ (tout est relatif … il ne faut pas non plus s’enorgueillir …) fassent ce qu’il faut pour les aider, en leur parlant ainsi que le conseille Jésus : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. » (Mt 18,15), mais aussi en priant pour eux, comme l’a demandé la Vierge Marie à Lourdes : « Priez Dieu pour la conversion des pécheurs. » ou comme l’a fait Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus pour Pranzini. La prière, quand elle est pure, est le plus puissant des remèdes contre les maux du monde.

Nous qui sommes dans le monde, comme semés dans le champ … sommes-nous sûrs que nous soyons du bon grain ?

Sommes-nous sûrs que ceux que nous n’aimons pas ou qui nous semblent mauvais soient vraiment du mauvais grain, de l’ivraie, qui sèment la zizanie … ?

Que n’entendons-nous pas souvent, ou même que nous le disions … « Celui-là, c’est un bon à rien ! », … « Il n’y a rien à en tirer ! », … « Avec ce qu’il a fait, on ferait mieux de le tuer !! » … ou d’autres choses aussi innommables … et in-évangéliques.

Dire des choses comme celles-là, n’est-ce pas se prendre pour Dieu, pour le maître de la moisson ? Celui qui dira, au jour venu, « Viens à ma droite, toi qui est béni de mon Père, car tu as fait œuvre de miséricorde … et toi, maudit, pars loin de moi dans le feu éternel. » (cf Mt 25,31ss). « [les anges] les jetterons dans la fournaise, là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. ».

Prenons plutôt l’attitude du pape François qui disait : « Qui suis-je pour te juger ? ».

Nous sommes tous à certains moments du bon grain, et à d’autres de l’ivraie, nous mettons de la zizanie.

À chacun de nous de brûler dès maintenant cette zizanie, cette ivraie qui est en nous, de manière à faire apparaître le bon grain, la semence d’amour que le Père a mis en nous.

 « Mes frères, si l’un de vous s’égare loin de la vérité et qu’un autre l’y ramène, alors, sachez-le : celui qui ramène un pécheur du chemin où il s’égarait sauvera son âme de la mort et couvrira une multitude de péchés. » (Jc 5,19-20)

Et prions pour la conversion des pécheurs !

Seigneur Jésus,

comme il est difficile de vivre ton évangile !

Trop souvent, nous nous comparons aux autres,

et bien sûr, nous nous considérons

comme meilleurs qu’eux …

Donne-nous l’humilité de nous reconnaître

pécheurs tout comme eux,

et aide-nous à prier pour eux !

Francis Cousin

 

 

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Prière dim ordinaire A 16°